Histoire de l'institut Supérieur de Commerce de l Etat à Anvers
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- Xavier Vincent
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1 Cercle Kring des Anciens Etudiants van de Oudstudenten de l'iscea der RHHSA Centre Universitaire Rijksuniversitair de l Etat à Anvers Centrum Antwerpen Rue des Fuchias, 20 Fuchiastraat, Bruxelles 1080 Brussel Histoire de l'institut Supérieur de Commerce de l Etat à Anvers par le Professeur A. GRUNZWEIG 1
2 Chers Amis, Depuis la suppression de l Institut Supérieur de Commerce de l Etat à Anvers, notre Cercle ne bénéficie plus d aucun recrutement. Il vieillit et nos rangs s éclaircissent. La présente étude, réalisée après de longs mois de recherches par Monsieur Grunzweig qui fut professeur en section française, constitue une sorte de testament de notre Cercle centenaire. Nous en publions ci-après la première partie. La suite sera diffusée ultérieurement. C est avec émotion que nous remercions le professeur Grunzweig d avoir bien voulu réaliser ce témoignage de l'histoire du plus ancien institut universitaire de sciences commerciales du monde on furent formés des hommes et des femmes qui, pendant des générations, portèrent le rayonnement économique et culturel de la Belgique jusque dans les pays les plus lointains. A. GAUTIER président octobre
3 La création de l'institut (29 octobre 1852) L'année 1847 a constitué un des grands tournants de l'histoire politique de la Belgique au siècle passe. La révolution de 1830 avait triomphé grâce à l'union des catholiques et des libéraux. Mais, une fois l'indépendance acquise et consolidée, cette union nationale, qui avait fait la force des Belges, perdit peu à peu, après 1839, de son importance et les partis catholique et libéral se formèrent à partir de ce moment. D'abord d'accord pour constituer des gouvernements de coalition qui continuaient l'unionisme, ils en arrivent à une rupture totale. L'année 1846 est marquée par le grand congrès constitutif du parti libéral et les élections du 8 juin 1847 donnent aux libéraux une victoire écrasante; le 12 juin le ministère de Theux (catholique homogène) est forcé de démissionner. Mais deux mois entiers s'écoulent avant que, le 12 août 1847, le ministère libéral de Charles Rogier ne soit nommé. Durant ces deux mois le ministère démissionnaire est censé n'expédier que les affaires courantes. Et c'est précisément le moment où le ministre des Affaires Etrangères, Adolphe Dechamps, reprend l'idée d' <un honorable négociant d'anvers> ( 1 ) et envoie à la province et à la ville d'anvers le texte d'un avant-projet de loi sur la création d'un Institut 1 Cette institution, comme nous venons de le dire, existe en projet. L'idée première et a été conçue par un honorable négociant d Anvers. Le précédent ministère l avait faite sienne et l avait même soumise à l'appréciation du conseil provincial et du conseil communal d Anvers. Nous ne doutons pas que le cabinet actuel ne tienne à honneur de la mettre à exécution...». Ainsi s exprime, en octobre 1847, le docteur François Jean Matthyssens dans sa brochure (imprimée à Anvers chez J.E. Buschmann et éditée à Bruxelles par A. Decq) : Enseignement universitaire. Projet d'organisation d'une université belge de commerce et d'industrie. 3
4 Supérieur de Commerce et d'industrie dans cette ville (25 juin 1847). Il n'est donc pas étonnant que cette initiative ait suscité les plus grands soupçons chez les libéraux tant à cause du moment où elle s'est produite qu'à cause de la personnalité de celui qui la prenait. Il y avait d'abord le piégé tendu aux libéraux de les amener à refuser cette extension de l'enseignement officiel parce que l'initiative en venait de Dechamps, adversaire résolu de tout enseignement public. Il y avait ensuite le danger que l'institut préconisé ne serve à restreindre une création efficace par la timidité du plan mis en avant. Nous n'entrerons pas dans les détails de la polémique qui suivit jusqu'au 12 août suivant. L'accession de Rogier au pouvoir à cette date y mit d'elle-même fin peu après. Il fallut néanmoins encore cinq ans de travaux préparatoires et de discussions techniques pour mettre sur pied l'arrêté royal organique du 29 octobre Nous savons sur quelles bases la nouvelle institution supérieure a débuté avec un grand succès parce qu'elle correspondait à un besoin réel du pays. En octobre 1847 le docteur Matthyssens avait publié une brochure ou il préconisait de donner à cette nouvelle école un caractère complétement universitaire. En voici l'essentiel: «Il y a quatre universités chargées de nous fournir d'avocats, de médecins, de philosophes; plusieurs académies nous forment des peintres et des statutaires; une haute école militaire nous donne de bons officiers; nos ingénieurs se recrutent à l'école du génie civil et à celle des mines; mais nos négociants et nos manufacturiers ne 4
5 jouissent d'autre enseignement que de celui qu'ils peuvent puiser dans la pratique des comptoirs et des fabriques... Une institution universitaire spécialement consacrée aux hautes études économiques serait en tout temps utile à un pays; dans les circonstances actuelles, elle est indispensable au nôtre». C'était un personnage très remuant que le docteur Matthyssens. L'ambition sociale semble l'avoir animé. On le voit se porter partout où il pouvait se faire valoir. Né é Anvers le 22 décembre 1811, il avait fait son doctorat en médecine à l'université de Gand en 1833 ( 2 ). IL fut alors chargé du cours de physiologie à l'ecole de Médecine attachée à l'hôpital Sainte Elisabeth d'anvers. Mais cette Ecole cessa d'exister peu après 1835, en vertu de la loi qui organisa alors l'enseignement supérieur. En 1834, il avait fondé, avec sept de ses collègues, la Société de Médecine d'anvers. IL en est le secrétaire peu après. Lors de la création de l'académie Royale de Médecine en 1841 il en devint membre correspondant (29 octobre 1842). Il avait publié, en 1837, un <Précis élémentaire de médecine légale>, ouvrage de plus de pages; il fut peut-être médecin légiste car il a écrit aussi deux articles sur des questions médico-légales. Quand les commissions de statistique dans les provinces sont créées en 1843, il devient membre de celle d'anvers. En 1845 il y lit un rapport <De la prostitution dans la ville d'anvers> et, avec le docteur Corneille Broeckx, de l'hôpital Sainte Elisabeth, il publie une 2 P. Génard, Anvers à travers les âges, vol. II, p. 127, note 4. 5
6 <Statistique nosologique des décès dans la ville d'anvers en 1842>. Avec le même docteur Broeckx il participe aussi, en à la mise sur pied de l'académie d'archéologie de Belgique, fondée à Anvers, le 14 octobre 1842, par un troisième médecin, le vicomte J. de Kerckhove de Tervarent, qui en est le président, tandis que Matthyssens en est le secrétaire-adjoint et le docteur Broeckx chargé des publications, puis (1844) le bibliothécaire. Mais Matthyssens en démissionna dès l'année suivante, pour une question de personnes. Et, en 1847, c'est la brochure qu'il publie, le 12 octobre, après le changement de ministère, sur un projet dont l'idée première avait été conçue par < un négociant d'anvers> resté anonyme et qui l'avait suggérée, quelques mois plus tôt, au ministère catholique de Theux: fonder à Anvers une université commerciale. A cause de son amitié pour Henri Conscience, Matthyssens avait contribué à créer, contre la société <De Olyftak> ( 3 ), la société <Voor Taal en Kunst> (octobre 1846) ( 4 ). Peu après (23 août 1848) il allait être élu, sur la liste libérale, membre du conseil communal d'anvers; il le resta, une première fois, jusqu'en Sa brochure, Matthyssens la présenta au conseil communal le 14 octobre Une commission de cinq 3 Il était cependant le président de cette Chambre de Rhétorique en Mais il y eut «du grabuge», cette année-là, dans la société; J.B. Van Mol, Les élus d Anvers depuis 1830, p En 1851 il en est le président, avec Henri Conscience comme 2 ème président. 6
7 membres, dont le grand armateur Cateaux-Wattel et le juriste Oostendorp, est nommée; elle fait un rapport favorable, dont Oostendorp est l'auteur (21 février 1848). Le 26 octobre 1849 le bourgmestre d'anvers, F. Loos, présente au conseil communal un programme déraillé des études à l'institution à créer. Mais, au ministère, Charles Rogier est alors tellement absorbé par la bataille autour de la loi qui doit organiser l'enseignement moyen qu'il n'a pas le temps de s'occuper d'autre chose. Enfin, en 1850, la loi organique de l 'enseignement moyen est acquise et, le 28 novembre, Rogier reçoit, en tant que ministre de l'intérieur ayant l'instruction publique dans ses attributions, la note que le bourgmestre Loos avait présentée, l'année précédente, au conseil communal. Finalement, le 23 octobre 1852, le conseil communal d'anvers autorise, à l'unanimité, le collège des échevins de ratifier, pour la ville, la convention dont Charles Rogier avait envoyé, la veille, le texte et qui prévoyait la collaboration de l'etat et de la ville en vue de mettre sur pied la nouvelle institution. Six jours plus tard, l'arrêté royal organique était signé. Le règne de la commission directrice de l'institut ( ) L'enseignement spécial des sciences commerciales, théoriques et appliquées, était créé à Anvers. Restait à déterminer l'organisation du nouvel établissement, pour 7
8 lequel la ville d'anvers avait acheté, le 3 janvier une propriété, rue du Chêne ( 5 ). Pour cela une commission directrice fut nommée. Elle comptait, sous la présidence ex officio du bourgmestre d'anvers, Jean François Loos, six membres, deux nommés par l'etat, deux nommés par la Ville et deux par la Chambre de Commerce ( 6 ). Tandis que Loos avait été luimême dans les affaires comme propriétaire de messageries, cinq des six commissaires étaient parmi les plus grands hommes d'affaires de la ville : en 1852, Ch. Agie était président du tribunal de commerce et consul de Russie: J. Fuchs était membre de la Chambre de Commerce et consul-général d'oldenburg; Jean Cateaux-Wattel, très grand armateur ( 7 ), était président de la Chambre de Commerce et membre du conseil communal. Il était aussi membre du conseil d'administration de l'ecole de Navigation d'anvers. Gros banquier, Constantin Joostens- Elsen, qui avait été directeur de la Caisse d'epargne en 1828 et membre de la Chambre de Commerce et de la direction de l'entrepôt Royal en 1831, était conseiller communal depuis 1848 et devint échevin en 1858 et sénateur en Quant à Henri-François Matthyssens, membre de la Chambre de Commerce et, un peu plus tard, consul-général de Costa-Rica, il a été facilement confondu 5 Van Mol, p De plus les séances de la commission auxquelles le gouverneur de la province d Anvers assistait étaient présidées par celui-ci. 7 Le 15 mai 1847 un de ses navires revint à Anvers chargé d objets de Chine d'importation directe ; de même le 20 mai 1849 ; Van Mol, pp. 99,
9 avec son parent François-Jean, le médecin ( 8 ). Si ce dernier, l'auteur de la fameuse brochure, n'a pas été membre de cette commission organisatrice, l'impression qui s'en dégage est que son ambition était différente: devenir professeur dans le futur Institut, ce qui se produisit effectivement et aurait été impossible s'il avait été l'un de ceux qui attribuaient les chaires. Le sixième membre de la commission, Gérard-Jean Oostendorp, était juriste, et non homme d'affaires, il est vrai, mais il venait de quitter, après douze ans de service, les fonctions de greffier du tribunal de commerce ( 9 ). Sa nomination à ce poste (14 mars 1840) lui avait même coûté, pour cause d'incompatibilité, les fonctions d'échevin qu'il avait remplies depuis le 1 er janvier 1834 d'une façon brillante ( 10 ). Il était néanmoins resté constamment conseiller communal d'anvers et il siégeait souvent au conseil provincial. Inscrit au tableau de l'ordre le 15 juillet 1830, il était maintenant revenu au barreau après cette interruption de 1840 à Il a aussi été quelques années (vers 1850) membre de la commission de statistique pour la province d'anvers. 8 Par exemple, I.S.C.A., , p. 9, n. 1, où le prénom reste prudemment omis. Henri François a écrit quelques articles dont De l'agrandissement du port d'anvers (1853). En juin 1846 il fut, avec Cateaux- Watel délégué des libéraux d'anvers au Congrès Constitutif du parti, à Bruxelles. 9 Son successeur an greffe, J. Conard, fut nommé le 5 mai En 1858 il avait été le rapporteur de la commission des chemins de fer instituée par la ville d'anvers sur la question de la localisation de la gare intérieure dc la ville. 9
10 Enfin la commission avait un secrétaire, Léon Vercken, docteur en droit et en sciences politiques et administratives. En théorie c'est par roulement avec d'autres que ces cinq grands hommes d'affaires siégeaient au tribunal de commerce et à la Chambre de Commerce. En fait ils y alternaient et on y trouvait plusieurs d'entre eux quasi en permanence ( 11 ). C'étaient, dans l'ensemble, des hommes remarquables, bien choisis pour l'œuvre qu'ils devaient accomplir. Il n'est donc pas étonnant que l'école que des hommes aussi compétents, aussi au courant des besoins concrets d'un tel enseignement supérieur, construisirent a été une innovation radicale dans l'europe économique et scientifique du milieu du 19 ème siècle. Aujourd'hui, après qu'elle eut été copiée un bon nombre de fois, et après que le progrès des connaissances économiques eut amené dans sa suite des améliorations et des innovations notables, chez nous et ailleurs, dans le programme des cours de 1853, il n'est pas étonnant que notre vieille Iscea ait perdu la primauté dont elle a longtemps joui. Il reste que sa création marque une date très importante dans l'histoire de l'enseignement, non pas simplement professionnel, mais 11 Ainsi, par exemple, Cateaux-Wattel était membre de la Chambre de Commerce jusqu'au 31 décembre 1849, après en avoir été trois ans le président ( ). En 1852 il en était de nouveau président, ainsi que juge an tribunal de Commerce. D'autre part le président de la Chambre de Commerce était Agie en 1851, Cateaux-Wattel en 1852, Fuchs en On pourrait prolonger de telles listes pour les années suivantes. 10
11 vraiment scientifique, des grandes affaires. Il fallait des Anversois, aussi fiers d'être de grands négociants que d'autres peuvent l'être d'être des médecins, des juristes ou des ingénieurs, pour penser à la nécessité d'un tel enseignement supérieur. J.F. Matthyssens, tout médecin qu'il était, n'en appartenait pas moins à ce patriciat commercial qui a distingué Anvers durant de longs siècles. Il n'y a qu'à relire le passage, que nous avons cité plus haut, de sa brochure. Il respire la fierté d'être d'une famille de marchands, profession parfaitement libérale aux yeux d'un Anversois. Il y avait déjà un enseignement commercial ailleurs ( 12 ). Mais ce n'étaient que des écoles pratiques, sans aucune des caractéristiques d'une école supérieure véritable. Le but de leurs élèves était de sortir de l'école le plus vite possible, en peu de mois, et de gagner tout de suite le plus d'argent possible (surtout aux Etats-Unis). Le programme des cours de l'institut en faisait, au contraire, «l'équivalent d'une véritable université» par «le côté éminemment élevé» de ces cours ( 13 ); économie politique, statistique, géographie commerciale et industrielle, histoire des produits négociables, éléments du droit civil, droit commercial, législation douanière comparée, histoire du commerce, l'enseignement de tous ces cours constituait une nouveauté, dont l'institut d'anvers eut l'initiative. On a tenté de faire de l'institut Saint Ignace d'anvers une institution aussi ancienne, et mémé plus, que notre Institut. On peut lire dans le catalogue de l'exposition 12 L Ecole spéciale de Commerce de Paris, créée en 1820, par Laffitte, par exemple ; Simonin l attribue par erreur in Adolphe Blanqui. 13 L. Simonin, Les écoles de commerce en l 'rance et à l'étranger (revue des Deux Mondes, t. 98, 1872, pp ). 11
12 Antwerpen, , p. 230, que Saint Ignace fut créé le 5 janvier 1852 (erreur répétée dans Antwerpen, , pp ). Mais l'ouvrage Institut Supérieur de Commerce d'anvers, , dit clairement, pp : < Voici, avec la date de leur fondation, la liste (des écoles qui se sont largement inspirées de l'exemple d'anvers):... Ecole Supérieure de Commerce Saint Ignace, Anvers, 1901>. C'est d'ailleurs la date ou la liste des directeurs de Saint Ignace débute. Auparavant il n'y avait qu'un collège Saint Ignace. La commission directrice de notre Institut fut installée par le gouverneur le 5 janvier Elle tint sa première séance le 28 janvier suivant. Les résultats concrets de ses travaux se trouvent dans l'arrêté ministériel du 13 octobre 1853, qui leur donne la force exécutive. Il organisait l'institut de la façon suivante: La commission directrice était maintenue, telle quelle, à la tête de l'institut. Elle était nommée pour 4 ans et, tous les deux ans, elle était renouvelée par moitié; mais les membres sortants étaient rééligibles ( 14 ). L'arrêté organique prévoyait un directeur pour <la surveillance immédiate> de l'institut. Il était choisi, <autant que 14 Ils ne se firent pas faute de se réélire les uns les autres de longues années durant: Agie en resta membre jusqu en octobre 1863; Fuchs, jusqu'en décembre 1866; H.F. Matthyssens jusqu en décembre 1860; Joostens jusqu en avril 1863; Cateaux-Wattel jusqu'en mai 1860; Oostendorp mourut en fonctions le 26 août Il fut remplacé par G.A. Cornelis--Lysen, membre de la Chambre de Commerce et du conseil communal. Ce dernier eut l avocat J. Fink comme successeur (avril 1865). 12
13 possible>, parmi les professeurs de l'institut. Ses attributions étaient précisées au chapitre 2 du règlement d'administration er d'ordre intérieur de l'institut, ou il était d'ailleurs tenu de résider. Mais la commission déclara qu'elle <s'est trouvée dans l'impossibilité de rencontrer un homme réunissant toutes les qualités qu'elle désirait; elle a cru d'ailleurs que le cachet pratique de l'enseignement serait mieux conservé sous la direction successive de commerçants que sous la direction permanente d'un seul professeur; en conséquence elle s'est réservée à elle-même, sous l'approbation du gouvernement, la direction de l 'établissement, en déléguant à tour de rôle un de ses membres pour veiller de plus près à la marche des études> ( 15 ). Au surplus, Léon Vercken, qui restait le secrétaire de la commission directrice, devenait maintenant aussi secrétaire de l'institut. De ce fait il recevait la charge de tout le travail administratif qui aurait été celui du directeur. < La besogne administrative toute entière est, aux termes des règlements, laissée au secrétaire, ainsi que la formation, la conservation, de la bibliothèque et du musée d'échantillons annexés à l'institut> ( 16 ). Comme il était tenu 15 Mémorial administratif de la province d Anvers, session de 1856; Exposé de la situation administrative de la province, Annexe du chapitre V. C'est donc par erreur que le catalogue officiel de l'exposition Antwerpen, , p. 230, fait du docteur Matthyssens le premier directeur de l Institut ( ). Cette erreur est répétée dans Antwerpen, , p Loc. cit. Ce Musée d'echantillons de produits naturels et fabriqués commerçables» commença par n être qu'une collection très à l'étroit dans les locaux de la rue du Chêne. Mais, en 1856, on espérait 13
14 d'avoir son bureau A l'institut, rue du Chêne, il était tout indiqué pour jouer le rôle administratif du directeur. Il était d'ailleurs, en outre, secrétaire de la Chambre de Commerce et il devint consul de Perse en 1861 quand ce consulat fut créé à Anvers, pour ainsi dire en sa faveur. Parce que Anvers n'était pas une capitale et était, par conséquent, dépourvue d'un corps diplomatique, la grande ressource pour la fierté de ses gros négociants a été de devenir consul honoraire, c'est-à-dire aux fonctions gratuites, mais tenant localement, pour cette raison, une place de premier rang dans le domaine protocolaire et mondain. Nous avons vu que trois des six membres de la commission directrice étaient aussi consuls: Agie (Russie), Fuchs (Oldenburg) et H.F. Matthyssens (Costa-Rica). L'enseignement complet de l'institut était donné en deux ans. Le 30 novembre 1853 les premières nominations de professeurs furent effectuées. Le docteur F.J. Matthyssens recevait le cours d'étude des produits commerçables: les produits naturels en première année, les produits fabriqués en seconde ( 17 ). La chimie commerciale fut ajoutée à ses attributions en que, grâce aux constructions que la ville venait de commencer, l'institut ne tardera pas à renfermer dans son sein un vaste musée industriel, un bazar, une exposition permanente de tout ce qui peut intéresser l industrie et le commerce» ; même Exposé, Annexe du chapitre VII, pp A cette date un tel musée était unique en son genre. Il fut bientôt imité un peu partout. 17 Il publia, en 1866, un Manuel de matière commerçable ou traité des marchandises, 663 pages. 14
15 1862. La géographie économique (1 ère année) et l'histoire générale du commerce et de l'industrie (2 ème année) étaient attribuées à l'avocat J. Finck, qui y renonça cependant dès le 18 mars suivant. Il recevait, le 15 mai 1854, un successeur éminent dans la personne du grand économiste Gustave de Molinari, un des chefs du mouvement libre-échangiste et pratiquement le premier qui, en Belgique, fut un théoricien de la science économique ( 18 ). Vers 1844 il était allé à Paris, ou il s'était créé une position en vue dans la presse radicale, se spécialisant dans l'étude des questions industrielles et commerciales. En 1847 il avait commencé à donner un cours d'économie politique à l'athénée, ou <Société Académique des Sciences et des Arts>, cercle qui donnait à l'usage du public mondain de Paris des cours et des conférences fort goûtés. Mais la révolution de février 1848 avait <brusquement interrompu> ce cours ( 19 ); et, après le coup d'etat, le décret organique du 17 février 1852 avait réglé le régime de la presse d'une façon qui supprimait toutes les libertés acquises en France depuis Mettant au-dessus de tout le droit de s'exprimer librement ( 20 ), Molinari était alors revenu en Belgique. 18 Encyclopédie Belge (Bruxelles, 1936), p Molinari, Cours d économie politique, 2 ème éd., vol. I, p. x (dédicace 5 Charles de Brouckère). 20 Charles Dunoyer, dans son rapport : l Académie des Sciences Morales et Politiques (séance du 16 février 1856), le dit avec prudence: «C'est notamment un ami par excellence des idées d ordre, d autant plus dévoué à ces idées qu il ne les sépare pas des idées de liberté». 15
16 Il y trouva un mouvement libre-échangiste très actif : <L'Association belge pour la liberté commerciale> y avait été fondée en 1846 par Charles de Brouckère, par le comte Arrivabene et par quelques autres libéraux progressistes comme Adolphe Le Hardy de Beaulieu. Grâce à elle Bruxelles avait été, en septembre 1847, le siège d'un congrès économique international. Ce fut une période d'expansion pour la doctrine du libre-échange. Charles de Brouckère, qui avait été le premier professeur d'économie politique de l'u.l.b. ( ) et qui était devenu bourgmestre de Bruxelles en 1848, procura à Molinari l'occasion de reprendre au Musée de l'industrie le cours qu'il avait professé à Paris, à l'athénée ( 21 ). Aussi est-ce à lui que Molinari dédia son Cours d'economie Politique, en octobre Entretemps il avait reçu à l'institut Supérieur de Commerce à Anvers les chaires de géographie économique et d'histoire économique. Celle d'économie politique était, en effet, déjà occupée par l'un de ses plus ardents partisans, le chevalier Charles de Cocquiel de Ter Herle ( 22 ). C'est peut-être lui qui avait contribué a sa venue à Anvers. Docteur en droit, de Cocquiel avait reçu dès le début le cours d'économie politique générale (1 ère année). Il tint cette chaire sans interruption pendant la durée étonnante de cinquante ans. Molinari, Op. cit., vol. I, p Sous le Second Empire l Institut était un des bastions de l'opposition libérale. 21 Le conseil communal de Bruxelles y rouvrit en 1851 des cours publics. Cinquante ans de liberté, vol. IV, pp , Annuaire de la Noblesse, année 1890, vol. II, p
17 Son départ, le 26 septembre 1903, fut l'occasion pour le Cercle des Anciens Etudiants de le fêter comme il convenait; il survécut encore jusqu'au 15 février De Cocquiel avait aussi eu, dès le début, la chaire de législation douanière des principaux pays, qu'il abandonna en décembre 1890 et, le 1 er novembre 1869, il avait reçu le cours d'histoire économique générale, peu après le départ de Molina ri, cours qu'il professa aussi jusqu'au 26 septembre En 1887, il avait été président de la Ligue Commerciale d'anvers (vice-présidents: Louis Strauss et Crombecq) ( 23 ). Egalement juriste, François Haghe s'était vu confier les cours des éléments de droit civil (1 ère année) et de droit commercial (2 ème année) ainsi que du droit des gens (2 ème année) ( 24 ). Mais le noyau de l 'enseignement de l'institut, sa grande innovation ( 25 ), était le bureau commercial qui lui était annexé pour traiter d'une maniéré simulée et pratique les affaires de commerce et de banque. On y faisait aussi la correspondance commerciale en français, en allemand, en anglais, en espagnol et en italien. Dans ce but le bureau commercial était divisé en plusieurs sections. Chacune d'elles était censée établie dans un pays diffèrent et traitait avec les autres des affaires d'importation, de change, etc., avec la correspondance commerciale nécessaire, dans la 23 Van Mol, Op. cit., p Il donna, le 25 mai 1867, à la Société des Etudiants de l Institut une conférence sur Le droit, la guerre et l'athéisme. 25 Cette méthode avait déjà été utilisée par les Américains, mais pas d une façon intégrale comme à Anvers ; Simonin, p
18 langue appropriée. Ce système fut remplacé par la suite par celui d'une grande maison de commerce unique. Ainsi l 'enseignement de l'institut était double, à la fois théorique et pratique. Les différents cours théoriques étaient donnés le matin et le soir, avant l'ouverture et après la fermeture du bureau commercial de l'institut et des bureaux particuliers des commerçants de la ville; ainsi un jeune homme venant à l'institut y rencontrait tous les avantages de fréquenter en même temps le bureau d'un commerçant et les cours d'une faculté de commerce. P. Fontaine fut nommé chef du bureau le 23 janvier 1854 et le resta jusqu'a sa mort (8 janvier 1860). A ce titre il dirigea bien vite le bureau en 2ème année seulement et reçut (le 20 janvier 1857) trois sous-chefs pour le diriger en première ( 26 ). Il était, de plus, assisté par J.F. Reinemund et par Charlier, respectivement pour la correspondance allemande et pour la correspondance anglaise, par Marc d'araoz pour l'espagnol et par G. Podesta pour l'italien. En 1859 le règlement organique de l'institut fut modifié, (vote du conseil communal le 14 janvier 1859), en particulier pour permettre à la correspondance allemande et a la correspondance anglaise, qui jusque-là avaient été provisoirement annexées au programme de l'institut (dans 26 Van Criekinge, Ed. Berré et P.J. Smidts. Van Criekinge mourut le 26 décembre 1857 ; il fut remplacé par J. Belleroche (arrêté du 3 février 1858). 18
19 l'ensemble du bureau commercial), de faire partie officiellement de son enseignement régulier ( 27 ). En même temps la commission directrice reçut le nom de <commission supérieure administrative> et un conseil de perfectionnement fut créé. Par arrêté royal du 21 juin 1858 un cours de construction et d'armements maritimes fut créé en 2 année et attribué à Emile Guiette, ingénieur de la marine royale et inspecteur des écoles de navigation de l'etat (Anvers et Ostende). Lors de la création de la ligne Ostende-Douvres, il avait été chargé de surveiller les travaux de construction de la première malle-poste (1845); il eut la même mission avec les deux suivantes, lancées en Guiette donna son cours a l'institut jusqu'à sa mort (10 janvier 1864) ( 28 ). En mai 1862 une chaire nouvelle fut ajoutée aux cours de l'institut, celle d'arithmétique financière; F. Mertens la tint jusqu'en octobre A cette époque la réputation de l'institut était devenue telle dans le monde qu'il servit de modèle pour la création d' < universités commerciales> analogues à l 'étranger. En janvier 1855 Molinari créa l' < Economiste Belge> et se chargea de l'édition de ce périodique. Le Un arrêté du 31 décembre 1859 titularisa J.F. Reinemund et W. Taylor en cette qualité. Taylor, admis à la pension, cessa ses fonctions en octobre Sa biographie dans Biographie Nationale, t. 35, col Son parent, Robert Guiette, a été professeur de littérature française à l Institut. 19
20 septembre suivant le comte Arrivabene fonda la <Société Belge d'economie Politique> et en fut le premier président. Le Comité comprenait H.F. Matthyssens comme l'un des deux vice-présidents, et comme secrétaire de Cocquiel; Molinari en fut membre ( 29 ) Parallèlement, à Bruxelles, on fonda l' < Association pour la réforme douanière> dans le but de faire de l'agitation publique. Molinari en était l'archiviste; cette association mit sur pied un congrès international du libre-échange, qui eut lieu en septembre 1856 à Bruxelles. C'était l'époque ou une certaine agitation commença à se manifester à Anvers au sujet des nouvelles fortifications de la ville. Une <commission des servitudes militaires de la 5 ème section> avait été constituée en janvier 1854 sous la présidence du baron John Cogels-Osy, tandis qu'une des deux vice-présidences allait à H.F. Matthyssens. En octobre 1855 le gouvernement fut amené à nommer une commission mixte (civile et militaire) pour étudier les réclamations antimilitaristes sur la question de l'agrandissement de l'enceinte d'anvers; H.F. Matthyssens, membre de la Chambre de Commerce et un des chefs du mouvement d'opposition (le <Meeting> ), en fut membre ( 30 ). 29 Biographie d Arrivabene par R. Van Nuffel, professeur A l'institut, dans Biographie Nationale, t. 29, col ; et Annuaire de l'iscea, 1957, pp Selon Wils, Meeting, pp , le fondateur fut Molinari. 30 Wils, p. 43. Aux élections du 13 juin 1855 Rogier n'avait pas été élu par Anvers à la Chambre. Charles de Brouckère, avec l accord de ses électeurs, lui céda son siège à Bruxelles. Aux élections de 1857 Rogier redevint député d Anvers. 20
21 Une autre question, très controversée dans ces années, était celle du monopole des organismes officiels en matière de bienfaisance ou du maintien de la liberté des fondations privées. Elle fut à l'ordre du jour de la séance du 8 mars 1857 de la «Société Belge d'economie Politique». La plupart des orateurs, parmi eux Arrivabene et Molinari se prononcèrent contre le monopole. La même année Molinari créa un hebdomadaire, <La Bourse du Travail>, dont le but était d'organiser l'emploi et de répandre, parmi les travailleurs, la pensée du droit de grève. Cette publication ne dura guère ( 31 ). Le 21 février 1858 la < Société Belge d'economie Politique> tint une séance où Molinari et d'autres parlèrent contre le service militaire ( 32 ). Toute cette activité dérangeait le gouvernement de Charles Rogier, qui avait repris le pouvoir a la fin de 1857 et dont le libéralisme était doctrinaire, et non pas radical. Aussi, après la sortie du numéro de novembre décembre 1858 de l'«economiste Belge», contenant un article intitulé <Décadence du Port d'anvers> ( 33 ), et après une réunion de l' <Association pour la réforme douanière>, le 10 décembre 1858, où la politique du gouvernement avait de nouveau été attaquée, Rogier convoqua Molinari et lui donna un avertissement: il était inconvenant qu'un professeur de l'etat attaquât publiquement le 31 P. Michotte, Etudes sur les théories économiques qui dominèrent en Belgique de 1830 à 1886, pp (Ecole des Sciences Politiques et Sociales de Louvain, 1904). 32 Wils, p. 90, n Au même moment (vers le 6 décembre 1858) la chambre de Commerce publiait une brochure intitulée aussi «Décadence du Port d Anvers», qui mécontenta fort le ministère. 21
22 gouvernement dont il dépendait (28 décembre 1858) ( 34 ). Là-dessus Molinari quitta l'institut pour garder sa liberté d'expression, tout comme il avait abandonné la France auparavant pour le même motif (2 février 1859) ( 35 ). Le 2 juin suivant il participa à Bruxelles. où le parti libéral s'était scindé, a un meeting électoral radical; il y parla contre le gouvernement er contre le service militaire; l' <Economiste Belge> attaquait maintenant constamment toutes les dépenses militaires. A la fin du compte, le 21 novembre 1859, L. Van den Bossche fut chargé de donner <à titre provisoire> les deux cours de Molinari : Rogier espérait ramener celui-ci a l'institut maintenant que la scission du parti libéral avait pris fin, après l'élection législative du 14 juin 1859, qui avait été favorable au gouvernement ( 36 ). Effectivement, le 5 octobre 1860, Molinari vint reprendre ses cours, toujours <à titre provisoire>, situation qui perdura jusqu'en juillet La nomination des premiers professeurs (arrêtés royaux des 13 octobre et 30 novembre 1853) rendit possible l'ouverture des cours et l 'inscription des premiers élèves (début de décembre suivant). Une bonne partie de ceux-ci, n'étant pas inscrits pour tous les cours, étaient des élèves libres. C'étaient des jeunes gens employés dans les 34 P. Michotte, p Wils, p. 80. Le 28 janvier 1859 il offrit sa démission des deux cours qu il donnait au ministre de l Intérieur (Rogier), qui n en demandait pas tant. Il consentit à rester provisoirement en fonction jusqu' à son remplacement; Exposé, 1859, p Rogier lui-même avait été réélu à Anvers, avec Loos et trois autres libéraux, à la Chambre ; et avec C. Joostens au Sénat. 22
23 maisons de commerce de la place, mais au début ils ne sont pas nettement séparés du nombre des élèves réguliers. Dès le premier examen de sortie de l'école (30 aout 1855) ( 37 ), toutefois, avec l'attribution du titre d' < élève diplômé>, on peut distinguer les élèves réguliers des autres. De plus les élevés étrangers viennent à Anvers dès Au début ce sont surtout des Allemands, puis, à partir de 1858, il s'y ajoute un bon nombre de Hollandais. Ces pays n'avaient pas encore d'école semblable à l'institut. Jules Cateaux-Piéron ( ) Le 8 janvier 1860 Jean-Pierre Fontaine, chef du bureau commercial et, en tant que tel, le principal professeur de l'institut, mourut. La question de sa succession amena la commission directrice à la conclusion <qu'il y aurait lieu de chercher à réunir les fonctions de chef du bureau à celles de directeur de l'institut, et d'arriver ainsi à combler la lacune qui existait dans le personnel de l'institut> ( 38 ). L'Etat et la Ville se déclarèrent d'accord et Jules Cateaux-Piéron, consul du Guatemala, fut nommé directeur de l'institut et chef du bureau commercial (arrêté du 12 mai 1860). Il avait été juge au tribunal de commerce d'anvers (nomination du 16 janvier 1857) ( 39 ) et était très probablement parent du puissant Cateaux-Wattel, qui était 37 A noter que le président de ce premier jury d examen était Arrivabene; Van Nuffel, loc. cit. Arrivabene le fut aussi en 1856, 1857 et Exposé de la situation administrative de la province d Anvers, 1860, p Exposé, 1857, p
24 précisément, une fois de plus, président de ce tribunal de commerce (arrêté royal du 28 janvier 1860) ( 40 ). Jules Cateaux alla donc s'installer rue du Chêne, a l'institut, dans l'appartement qui avait été prévu pour le directeur. En décembre 1860 Otto Günther, consul général de Prusse, succéda à la commission administrative à H.F. Matthyssens, dont le terme était achevé et qui mourut le 3 juillet Une mesure très apte à augmenter le pouvoir d'attraction de l'institut à l'étranger fut alors prise. Un cours préparatoire fut adjoint à l'institut pour les élèves étrangers, à partir du mois de mai jusqu'au mois d'octobre de chaque année (rentrée des cours). Cette école préparatoire s'ouvrit le 22 avril 1861 avec huit élèves. Un affréteur anversois, Max Gossi, critiqua ces cours comme indignes de l'institut: <c'e sont là de grossières amorces permises tout au plus aux aventuriers de l'enseignement> ( 41 ). Dans une série de lettres, non signées, au <Précurseur>, il critiqua, au courant de l'année 1861 ( 42 ), plusieurs autres particularités de la vie de l'institut, et notamment que les pères anversois n'y envoyaient pas leurs fils et que les cours de l'institut étaient presque exclusivement suivis par des < étrangers>, c'est-à- 40 Exposé, 1860, p Cateaux-Wattel était aussi conseiller communal d'anvers. Il cessa d être membre de la commission directrice et fut remplacé par William Good (mai 1860). Il mourut le 4 décembre Max Gossi, De l'éducation commerciale à Anvers (Lettre: extraite: du «Précurseur» ). Anvers, 1862, p Ces lettres ont paru, sans nom d'auteur, comme brochure en
25 dire par des non Anversois ( 43 ). Mais sa critique principale était que le souci de sa population scolaire amenait l'institut à être trop coulant dans les examens, de crainte de voir l'école tomber ou bien être transférée à Bruxelles. <Le gouvernement de son cote, ne voyant pas ses efforts aboutir au succès qu'il en avait espéré, s'impatiente et menace, dit-on, l'institut soit d'une suppression, soit (ce qui serait plus honteux encore pour Anvers) d'en transférer le siège à Bruxelles>. Il fallait des élèves < ayant fait un cours complet d'études moyennes, et le prouvant pat la production de certificats réguliers, ou par un examen sérieux. Eh bien! la grande faute commise dès l'ouverture de l'école et dans laquelle on a persévéré plus ou moins jusqu'à ce jour, c'est qu'on a fait fi de ce principe essentiel. On s'est d'abord contenté d'un certificat quelconque ou d'un examen quelconque... Il y a moins d'inconvénient à laisser [l'institut] chômer qu'a en faire un asile pour les fruits secs... Il fallait des élèves pour inaugurer les 'cours, sauf à se montrer plus difficile les années suivantes! Mais les années se sont suivies, sans qu'on ait pu encore en revenir à l'exacte observation du règlement... Le chiffre de la population m'importe assez peu en lui-même... Ecole spéciale supérieure, l'institut, par sa nature même, est destiné, au moins pour quelque temps, à avoir peu d'élèves> ( 44 ). Cependant le ministre des Affaires Etrangères inscrivit a son budget de 1862 une somme de F , destinée A tester annuelle et à être répartie entre les 43 «L Institut ouvert, qu avons-nous vu? Il n y est pas entré un seul élève d'anvers qui eût achevé ses études moyennes, il n y est entré qu un petit nombre d Anversois ayant fait des études très incomplètes» ; Op. cit, p Op. cit., pp
26 élèves diplômés <avec un grade> et qui auraient l'intention d'aller se fixer à l'étranger ( 45 ); ce ministre n'était autre que Charles Rogier, qui venait de remplacer à ce poste De Vriére (octobre 1861) et qui continuait à favoriser Anvers et l'institut. Un arrêté royal du 27 février 1862 rendit permanents ces subsides de voyage. En octobre 1863 Charles Agie, <qui avait rendu de grands services dans l'organisation de l'enseignement pratique du bureau commercial ( 46 ), mourut. La place qu'il avait tenue dans la commission depuis la création de l'institut fut attribuée à Ch. Péchait (arrêté ministériel du 8 février 1864). En même temps, le mandat de Constant Josstens étant expiré, il fut remplacé, en décembre 1864, par Hippolyte Selb De Coninck, conseiller communal ( 47 ). Le 23 mars 1865 Jules Cateaux mourut après avoir été le premier directeur de l'institut, mais durant un délai trop bref pour pouvoir faire preuve de toutes ses capacités ( 48 ). Quelques jours plus tard Léon Vercken démissionnait de son poste de secrétaire de l'institut. Le 21 juin 1862 il avait publié dans l' < Economiste Belge> un article de tête intitulé <La protestation anversoise et le déclassement des partis». Il reprit ce thème le 5 juillet; la rédaction de la revue fit de même, le 19 juillet en affirmant: il faut fonder en Belgique un parti de la liberté. Là-dessus un grand publiciste catholique, Prosper de Haulleville entama un 45 Exposé, 1861, pp Exposé, 1864, p C. Joostens mourut le 25 juin 1870 ; Van Mol, p Exposé, 1865, p
27 débat courtois avec Vercken à ce sujet dans cette revue ( 49 ). Il est vrai que les deux adversaires appartenaient à des horizons politiques diamétralement opposés. Par contre ils étaient tous deux acquis aux thèses du libre-échange et Haulleville était un personnage aussi important comme homme d'affaires que comme journaliste. Il avait été un des grands actionnaires des entreprises du gros banquier catholique Langrand-Dumonceau, mais il s'était écarté maintenant de ce groupe, qui allait bientôt être dans une fâcheuse situation ( 50 ), et avait fondé, en dehors de celui-ci, la Banque de l'union (20 décembre 1863) ( 51 ). Dans la presse, il avait acquis (1859) la direction de l' < Universel>, puis (1862) celle du <Journal de Bruxelles>, avant d'être l'un des fondateurs, en 1865, de la très importante <Revue Générale> qu'il dirigea de ( 52 ). A ce moment l'occasion de faire de grandes affaires se présenta a lui A Anvers. Il fonda la < Société Commerciale Belge>, approuvée par arrêté royal du 22 octobre 1864, et fut président de son conseil 49 Haulleville publia ce décat sous forme de livre: Les catholiques et les libertés institutionnelles, Bruxelles 1863 ; cf. L. Wils, Meetingspartij, pp. 183 n. 86, En septembre 1866 parut un ouvrage fort documenté: Galerie des financiers belges. Première série Les Invitations de M. Langrand-Dumonceau, qui révélait pour la première fois les embarras de ce groupe financier. L'auteur en était Eugène de Molinari, le frère de Gustave. Il était avocat et chroniqueur financier à l Echo du Parlement belge, organe officieux du gouvernement libéral Frère-Orban. Il publia aussi, en 1866, l'annuaire financier de la Belgique; Jacquemyns, vol. IV, pp. 265, A sa mort (17 avril 1871) il était secrétaire de la Chambre de Commerce de Bruxelles ; Biographie Nationale, t. XV, col G. Jacquemyns, Langrand-Dumonceau, vol. III, pp. 101, Encyclopédie Belge, pp. 738,
28 d'administration, qui compta trois membres de l'institut: le secrétaire en était G. de Molinari et deux autres administrateurs étaient William Good et Léon Vercken; trois autres personnalités complétaient le conseil ( 53 ). En mémé temps la <Banque de Crédit commercial était créée à Anvers par Haulleville comme organe de financement de la < Société Commerciale Belge> : Léon Vercken en était l'administrateur délégué ( 54 ). La <Compagnie des Docks, Entrepôts et Magasins Généraux> était englobée. tout naturellement, dans cet ensemble. Les entrepôts d'anvers avaient subi des désastres successifs. Le 28 octobre 1857 une partie du pavillon nord du grand entrepôt s'était écroulée, causant huit morts. Le 23 octobre 1858 il y avait eu un grand incendie et, de nouveau, le 2 décembre 1861, à l'entrepôt St Félix, chaque fois avec des morts ( 55 ). Le gouvernement commença par faire des travaux de reconstruction, puis, le 26 mars 1865, il céda l'entrepôt Royal (entrepôt général de commerce d'anvers)à la < Compagnie des Docks, Entrepôts et Magasins Généraux d'anvers>, au prix de F Les administrateurs de cette compagnie étaient Prosper de Haulleville et Léon Vercken; William Good en 53 Ch. Le Hardy de Beaulieu, économiste et l un des champions du libre-échange, se trouve parmi les commissaires. 54 Note sur la «Société Commerciale Belge» (Anvers, 1864), 26 pages. 55 Exposé, 1858, p. 262; 1862, p. 272 ; F. Prims, Geschiedenis van Antwerpen, vol. 28, pp
29 était l'administrateur délégué ( 56 ). Elle reprenait l'entrepôt Royal avec obligation de le reconstruire ( 57 ). Et Léon Vercken démissionna de l'institut (septembre 1865). Il ne fut jamais remplacé. Les attributions du secrétaire de l'institut furent désormais réunies à celles du directeur. <Toutefois un secrétaire, charge de la correspondance et de la rédaction des procèsverbaux Ge la commission administrative, a été attaché à celle-ci> ( 58 ). Ce personnage secondaire ne fut plus que le secrétaire de cette commission ( 59 ). La convergence entre libéraux radicaux et jeune droite que nous avons constatée avec Vercken et de Haulleville se retrouve un peu partout durant le lustre , qui a été marqué par une vive agitation politique en Belgique, et en particulier à Anvers. Quelques professeurs de l'institut. ainsi que des administrateurs, y ont joué un certain rôle. Le parti du <Meeting> s'était formé pour combattre les servitudes militaires et la construction de la citadelle du Nord. H.F. Matthyssens, le négociant, avait été, dès le début (1854), nous l'avons vu, un des deux vice-présidents de la <Commission de la 5 e section> ; il mourut le 3 juillet J.B. Van Mol, p Vercken touchait d ailleurs an monde financier; il était cousin du banquier Havenith ; G. Jacquemyns, vol. II, pp. 139 n Exposé, 1865, p. 249, le 24 février 1883 la ville d'anvers reprit cette compagnie. Le 1 er janvier 1884 elle devint propriétaire de l Entrepôt Royal ; Beetemé, vol. II, p Exposé, 1866, pp Les noms des titulaires se trouvent dans Institut de Commerce d'anvers , p
30 Son parent le docteur F.J. Matthyssens, continua dans la même ligne et il fut élu membre du conseil communal, pour le parti du Meeting, aux élections du 10 mars Ce furent des élections retentissantes; le conseil communal eut 27 nouveaux membres sur 31 et le bourgmestre Loos fut obligé de démissionner, ainsi que Joostens en qualité d'échevin et de membre, pour la Ville, de la commission administrative de l'institut. Le professeur Haghe fut alors également élu sur la liste du Meeting Quoique libéral de longue date, il avait maintenant quitté ce parti; le 18 mai suivant il fut aussi élu au conseil provincial pour le Meeting et. en août, il fut élu bâtonnier par les avocats d'anvers ( 60 ). Mais le 11 août 1864 le gouvernement Rogier remporta un grand succès aux élections législatives dans tout le pays et le mouvement du Meeting commença a décliner lentement à Anvers, même s'il y gagna encore les élections communales du 30 octobre L'avocat Haghe retourna au parti libéral (24 mars 1868) ( 61 ), lorsqu'il vit que les jours du Meeting étaient comptés. Quant au docteur Matthyssens il fut, en 1864, membre de la commission spéciale pour la direction des travaux communaux d'agrandissement de la ville. Sur son rapport le plan de Van Bever fut adopté par le conseil communal (5 janvier 1865). En 1865, il fut membre de la commission mixte chargée d'étudier la création d'une gare de marchandises à Anvers ( 62 ). Il resta au conseil 60 L. Wils, Meetingpartij, pp. 200, 214, n, 186; Van Mol, pp. 233, L. Wils, p. 268, n Bouwstoffen voor de Geschiedenis van Antwerpen in de XIX e eeuw, p. 136 ; (Genootschap voor Antwerpse Geschiedenis). 30
31 communal pour le parti du Meeting jusqu'a la fin de l'année 1869; le 19 mai 1870 il était mort ( 63 ). En même temps que le Meeting les radicaux libreéchangistes comme de Molinari, de Cocquiel et Vercken venaient aussi attaquer les positions politiques 'des doctrinaires, mais sous l'angle de la théorie économique, à laquelle ils donnaient la priorité sur les querelles de parti: l' < Economiste Belge> continuait sa campagne contre les fortifications d'anvers. Le 24 mars 1862 la <Société d'economie Politique> tint à Bruxelles une réunion au sujet de la question anversoise: de Molinari y prit la parole. avec d'autres. En juin c'était Vercken et l'article de tété qu'il publia dans l' < Economiste Belge> sur <la protestation anversoise et le déclassement des partis>, dont nous avons parlé plus haut. Durant les années de direction de J. Cateaux le nombre des élèves de l'institut monta quelque peu, jusqu'à environ 70, dont la moitié seulement était des élèves réguliers. Parmi ceux qui furent diplômés relevons Constant Sano (1861) et Louis Strauss (1862) ( 64 ). Les étudiants d'origine étrangère sont surtout des Allemands. Les deux principaux lauréats de l'examen de sortie d'août 1863, Eloi Castelot et Louis Van Keymeulen, d'anvers, eurent droit à un subside de 4 a francs, payable pendant trois ans, pour les aider à aller compléter 63 Genard, Anvers à travers les âges, vol. II, p Louis Strauss obtint du gouvernement une subvention de F, payable en trois ans, pour lui permettre de compléter ses études commerciales à l étranger; Exposé. 1865, p
32 leurs études à l'étranger. Le 24 août 1863, en séance solennelle du conseil communal, ils reçurent leurs diplômes et leurs bourses de voyage. Un arrêté royal (7 août 1863) avait désigné le jury d'examen qui était présidé par le président du conseil provincial, Jacques Cuylits, et qui comprenait J. Cateaux, G. de Molinari, Léon Vercken, William Good et deux autres ( 65 ). Deux des diplômés d'août 1865 obtinrent des bourses de voyage et le titre d' <élève consul> pour aller à l'étranger compléter leur instruction ou s'y fixer. Le crédit relatif à ces bourses était, en effet, inscrit chaque année au budget du ministère des Affaires Etrangères. Le gouvernement alloua, ensuite, un certain nombre de bourses de voyage aux diplômés de l'institut qui seraient disposés à accomplir un voyage autour du monde organise par la firme Cateaux-Wattel & Cie, armateurs. < < Leurs intentions favorables n'ont pu être remplies, les élevés qui s'étaient présentés mettant à leur acceptation des conditions que M. le ministre des Affaires Etrangères a cru ne pas pouvoir admettre». Gustave Metdepenningen ( ) J. Cateaux eut comme successeur Gustave Metdepenningen (arrêté ministériel du 16 septembre 1865). Trois mois plus tard, le 10 décembre 1865, Léopold 1 er mourut. La société des étudiants de l'institut prit le deuil 65 J.B. Van Mol, Les élus d'anvers, p. 246 ; Exposé, 1864, p. 108 ; Institut Superieur de Commerce d'anvers, , p
33 et envoya a la famille royale une adresse de condoléances ( 66 ). La chaire de constructions et armements maritimes, laissée vacante depuis deux ans par le décès d'e. Guiette, reçut, le 5 janvier 1866, un nouveau titulaire, G. Delcourt, également ingénieur de la marine. Un cours public et gratuit de sténographie fut ouvert en mai 1866 ( 67 ). Il eut évidemment un grand succès: 127 personnes vinrent le suivre sans être inscrites l'institut.. F. Mertens, professeur d'arithmétique financière, ayant été nommé professeur a l'université de Gand en octobre 1864, eut comme successeur Edmond Grandgaignage, professeur de sciences commerciales à l'athénée Royal d'anvers (25 mars 1866) ( 68 ). D'autre part, la mort du professeur d'italien G. Podesta (30 octobre 1866) amena G. Solari, de Venise, à être appelé à la chaire vacante (3 décembre 1866) ( 69 ). En ce même mois, J. Fuchs renonça à être membre de la commission administrative, à laquelle il avait appartenu depuis le début comme délégué du gouvernement; il fut remplacé par Jean Vander Linden, vice-président de la Chambre de commerce (17 avril 1867) ( 70 ). 66 Van Mol, pp Exposé, 1866, pp Depuis année académique le cours d arithmétique commerciale fut porté de trois à six heures par semaine; et les cours de langues le furent de quatre à six heures par semaine ; Exposé, 1867, pp Exposé, 1867, p Exposé, 1868, p. 122; Iscea, , p. 62, écrit par erreur «1868». 33
34 Cette année 1866 fut troublée pour les étudiants de l'institut. La guerre entre la Prusse et l'autriche obligea la dizaine d'étudiants prussiens à partir pour l'armée, où ils, étaient mobilisés (début mai); En même temps une épidémie éclata en Belgique; quelques autres étudiants furent rappelés par leurs parents pour ce motif. En France, cependant, le gouvernement de Napoléon III avait évolué vers l'empire libéral. Du coup Gustave de Molinari ressentit de nouveau toute la séduction d'être à Paris et de s'occuper de politique française. Hue nouvelle fois il donna, en septembre 1866, sa démission des deux chaires qu'il occupait a l'institut. Et une nouvelle fois le gouvernement, qui tennis v fort a conserver pour ces chaires un titulaire aussi réputé, ne pourvut A son remplacement que par des mesures provisoires: Edmond Kennis ne reçût que l'intérim de la géographie économique et de l'histoire économique et dut attendre jusqu'au 17 octobre 1868 pour être titularisé. Il garda alors la chaire de géographie économique, mais céda, après un an, celle d'histoire économique au chevalier de Cocquiel (1 er novembre 1869) ( 71 ). A Paris, Molinari entra presque immédiatement au «Journal des Débats», dont il devint bientôt le rédacteur en chef. Le 25 mars 1868 la loi sur les réunions publiques fut votée au Corps Législatif. Apres de nombreuses années de silence imposé ces réunions eurent un succès considérable. Les sujets politiques étant interdits, on se jeta sur les questions économiques et sociales. Au début les économistes tentèrent de canaliser les débats vers de 71 Exposé, 1868, p
35 calmes échanges fraternels d'opinion: Garnier, de Molinari, Frédéric Passy. Ils furent bientôt submergés par des démagogues bruyants ( 72 ). Molinari resta rédacteur en chef du Journal des Débats» jusqu'en 1876; il fut aussi a la tête du «Journal des Economistes» (1881). Le 28 mars 1874 il avait été élu correspondant de l'académie des Sciences Morales et Politiques ( 73 ). Il survécut jusqu'au 28 janvier Mais, avec le décès de J. Cateaux, avait disparu la belle unité organique, si vantée en 1860, des fonctions de directeur de l'institut et de chef du bureau commercial en une seule personne: Metdepenningen n'avait été nommé qu'a celles de directeur. Le bureau commercial resta sans chef durant trois ans, ce qui porta un préjudice évident aux études pratiques a l 'institut par le manque d'un pouvoir supérieur pour coordonner celles-ci. Enfin, le 2 octobre 1867, Edmond Grandgaignage, déjà professeur d'arithmétique commerciale, fut également chargé du bureau commercial. Pour l'anglais, la chaire, vacante depuis le départ de W. Taylor (octobre 1864), fut confiée, le 12 janvier 1867, a.w-m. Inman. A la commission administrative de l'institut I. Finck, qui y siégeait depuis avril 1863 au lieu de C. Josstens, fut remplacé (24 juin 1868) par Ed. Coremans; tous deux étaient avocats ( 74 ). 72 P. de la Gorce, Histoire du second Empire, vol. V, pp. 568, Molignati a écrit un livre ou il décrit ces réunions: Le mouvement socialiste et les réunions publiques avant le 4 septembre 1870, Paris, G. Vapereau, Dictionnaire des Contemporains (1880), au nom. 74 Coremans devint député à la même époque. Son mandat à la commission administrative expirait le 31 décembre 1970; Exposé, 1869, p Il fut renouvelé. 35
36 Le 7 mars 1868 le conseil communal d'anvers discutait le nouveau règlement général de l'institut, élaboré par la commission administrative. Le conseiller communal Louis Gerrits, qui était aussi député, littérateur et un des chefs du mouvement flamand, proposa de rendre l'étude du flamand obligatoire à l'institut pour les étudiants qui étaient nés en Belgique. Il se produisit «un grand mouvement» dans l'assemblée et la question ainsi soulevée resta à l'ordre du jour pendant quelques années ( 75 ) un arrêté ministériel du 14 octobre 1868 approuva tout le nouveau règlement, sauf les dispositions concernant le flamand, qui furent ajournées «jusqu'à ce que le gouvernement, le conseil communal et la commission soient d'accord sur la nature et l'importance du cours de flamand a inscrire au programme de l 'établissement» (76 76 ). A la fin un arrêté du ministre de l'intérieur du 30 aout 1872 approuva les modifications nécessaires du règlement; le 4 octobre 1872 J. F. Arents fut nommé. II fut le premier professeur à enseigner le flamand a l'institut ( 77 ). Le 14 octobre 1869 le gouvernement vendit les terrains de la Citadelle Sud a la compagnie Strousberg ( 78 ). Anvers allait ainsi acquérir tout un nouveau quartier, qui, tout en étant situé à l'intérieur de l'ex-enceinte du XVIe siècle, allait offrir un ample espace pour une urbanisation moderne. Diverses institutions allaient y trouver un cadre 75 Van Mol, p Exposé, 1869, p Exposé, 1873, p Van Mol, p. 284; G. Beetemé, Anvers, métropole du commerce et des arts, 2 ème éd., vol. II, pp. 266 et suivantes. Cette vente fut approuvée par la loi du 10 janvier
37 plus ample que celui de la vieille ville aux rues étroites : le Musée des Beaux-Arts, par exemple (1890). L'Institut de Commerce eut là la perspective de recevoir bientôt un bâtiment construit tout exprès pour ses besoins ( 79 ). Mais des désastres financiers successifs frappèrent M. Strouberg. Il négocia avec la Compagnie Immobilière de Belgique la reprise de sa concession. Le 22 décembre 1873 cette reprise fut conclue et, le 10 janvier 1874, une convention fut conclue dans ce sens entre l'etat et la Compagnie Immobilière de Belgique. Elle fut suivie, le 16 janvier, par un contrat entre le gouvernement et la ville d'anvers. Le 19 mai 1874 une société anonyme fut constituée pour la mise en valeur de ces terrains. Elle reprenait le contrat Strousberg, la ville et la Compagnie Immobilière de Belgique souscrivant par moitié a la majorité du capital. Le 16 août suivant la démolition de la Citadelle du duc d'albe fut entamée en grande cérémonie ( 80 ). L'année suivante un plan d'ensemble fut adopté pour ce nouveau quartier de la ville, le quartier du Sud. Le 10 juillet 1878 la gare du Sud fut ouvert au public. Le cadre enseignant du bureau commercial fut modifié par le fait que J. Belleroche cessa ses fonctions en août et que J. Smidts mourut le 26 septembre Le départ de deux des trois sous-chefs amena leur remplacement, le 10 octobre, par A. Timmermans et par G. Van Hengel. Les trois sous-chefs aidaient aussi leur chef, E. Grandgaignage, à donner le cours d'arithmétique 79 Le nouveau bourgmestre, Léopold de Wael, en parla dans son discours d installation (2 septembre 1872) ; Van Mol, p Beetemé, Op. cit, vol. II, pp ;
38 financière. D'un autre côté Ch. Angenot succéda, le 5 octobre 1869, à la chaire des produits commerçables, au docteur F.J. Matthyssens, qui mourut peu après (19 mai 1870) ( 81 ). Le 20 octobre suivant ce fut le tour de Marc d'araoz de mourir; sa chaire d'espagnol fut confiée ad interim au professeur Kessels jusqu'à la nomination de Ramon de Trobo (28 mai 1871). Jean De Winter, négociant, fut nommé (juin 1870) à la commission administrative, tandis que H. Selb y fut remplacé, en décembre, par Ch. Gilliot, négociant. Jean De Winter resta peu de temps à la commission; des décembre 1872 il céda sa place à Edouard Van Peborgh, dispatcheur. Mais peu après (mai 1873) il y revint pour remplacer Ch. Pécher, parti en février. Vers cette époque la renommée de l'institut dans le monde lui attira des demandes de renseignements pour organiser ailleurs des écoles similaires. La guerre francoallemande de 1870 joua ici un assez grand rôle. Une école supérieure de Commerce avait, en effet, été fondée en 1866 à Mulhouse sur le modèle de celles d'amérique et d'allemagne, mais surtout sur celui de notre Institut, et avait été richement dotée par Jacques et Jules Siegfried. A cause de l'annexion de l'alsace ces deux grands négociants avaient transféré leurs affaires de leur ville natale au Havre, ou ils provoquèrent l'ouverture d'une école semblable. Cette initiative fut immédiatement suivie dans d'autres villes françaises. Grace à des dotations provenant 81 Iscea, , pp
39 d'hommes d'affaires des Ecoles supérieures de Commerce furent ouvertes à Rouen, à Lyon et à Marseille, sur le modèle de celle d'anvers, c.à.d. des «facultés de commerce», ou le «bureau» jouait le rôle essentiel ( 82 ). La guerre de 1870 avait amené la chute du Second Empire. Le comte de Chambord, prétendant à la couronne royale de France, espéra pouvoir restaurer la royauté; une campagne légitimiste commença en France. Le 14 février 1872 le comte de Chambord vint à Anvers pour être plus près de ses partisans. Mais il y avait à l'institut quelques étudiants français et ils étaient pour la République. Ils allèrent faire un chahut Place Verte, devant l'hôtel Saint- Antoine, ou logeait le comte de Chambord (17 février) ( 83 ). Les passions politiques belges s'emparèrent de cet incident: des bagarres entre catholiques et libéraux, sous prétexte du prétendant, eurent lieu entre des milliers de personnes du 82 L. Simonin, Les écoles de commerce en France et à l étranger (Revue des Deux Mondes, t. 98, 1872, pp ). Louis Simonin, qui était né à Marseille en 1850, était un ingénieur civil des mines. Il enseignait la géologie à l Ecole Centrale d'architecture de Paris. Il eut une grande part dans les créations de l école de Marseille. - En 1875 une école est fondée à Tokio sur le modèle de la nôtre. 83 «Il y avait à Anvers un milieu facilement émotif, où les étrangers étaient nombreux et où les passions politiques s exagéraient encore de l'enthousiasme propre à la jeunesse. C'était l'institut Supérieur du Commerce. Déjà... une cinquantaine d élèves de cet établissement scientifique, étrangers pour la plupart, s'étaient réunis, le 17 février, devant l hôtel St. Antoine, faisant entendre le cri : «A bas Chambord». Mais cette manifestation n avait pas rencontré d écho et était bientôt dispersée, sans même que la police dût intervenir». Rapport confidentiel du général Lenens, gouverneur militaire d Anvers, au roi (28 février 1872), publié par Ch. Terlinden, Le comté de Chambord d Anvers (février 1872) dans Revue Belge de Philologie et d Histoire, vol. 1, 1922, PP
40 21 au 24. Ce soir-là un grand nombre d'étudiants accourus des quatre universités se mêlèrent aux troubles: ceux de Louvain pour le prétendant, les autres contre, de mémé que ceux de l'institut. Le 25 et le 26, suite des rixes. Le 27, le comte de Chambord, invité officieusement par Léopold II a partir de Belgique, quitta Anvers ( 84 ). En mars 1873 J.F. Peinemund quitta la chaire d'allemand que V. Hanquet reprit le 11 octobre Vient alors une date particulièrement mémorable, et dont nous venons de célébrer le centenaire, c'est le 3 mai 1873 que le Cercle des Anciens Etudiants fut fondé. L'Institut existait alors depuis vingt ans. Il avait diplômé assez d'étudiants pour que leur nombre suffise à constituer un cercle. L'idée en vint a l'un de ceux-ci, Louis Strauss, qui était sorti de l'institut en 1862 avec la plus grande distinction. Charles Rogier, ministre des Affaires Etrangères, l'avait nommé aussitôt vice-consul et lui avait confié des enquêtes en Allemagne, en l 'rance, aux Etats-Unis et au Canada ( 85 ). Son père, Adolphe Strauss, originaire de Somerhausen, en Bavière, s'était établi à Anvers comme armateur et avait tenté, en 1866, ainsi que Hiller, de New York, de mettre sur pied une ligne transatlantique à vapeur Anvers-New York, avec des vapeurs anglais affrétés. Le gouvernement nomma une commission sur la question de l 'intervention de l'etat dans la navigation transatlantique belge. Louis Strauss en fit partie comme délégué du 84 Terlinden, Op. cit, pp ; le Précurseur des 26 et 27 février Cercle des Anciens Etudiants de l ISCEA, , p
41 ministère des Affaires Etrangères; il venait de rentrer d'un voyage d'un an en Amérique. Charge de présenter un rapport a la commission, il conclut qu'il n'y avait pas lieu d'accorder l'aide de l'etat, ce que la commission approuva. Les lignes Hiller et Strauss cessèrent bientôt de fonctionner; seule celle de Lamport et Holt vers la Plata fut capable de continuer ses opérations ( 86 ). Louis Strauss fut ensuite consul de Belgique au Japon, où il resta de 1868 à Il quitta le corps consulaire pour se consacrer au négoce. Revenu a Anvers, il invita les anciens de l'institut, par une note insérée dans le «récurseur» et dans l'«opinion», a une réunion constitutive, qui eut lieu le 3 mai Le 17 août suivant les statuts du Cercle furent votes. Un de ses objectifs essentiels était de défendre les droits qu'accorde le diplôme de l'institut. Rappelons ici la splendide carrière de Louis Strauss. Il s'intéressait hautement a l'économie politique, collaborant aux grandes revues économiques, et il était devenu correspondant de l'académie des Sciences Morales et Politiques. En 1910 il avait présidé le 2 ème congrès du libre-échange, qui s'était tenu à notre Institut. La vie politique s'était entretemps ouverte à lui : conseiller communal d'anvers (1902); échevin (1908), fonction dans laquelle il s'occupa efficacement de 86 Beetemé, vol. II, pp Peu après, Adolphe Strauss reprit la liaison maritime Anvers-New York en collaboration avec la Red Star Line; Op. cit, vol. II, p
42 l'extension du port; député (1919), il eut une activité infatigable jusqu'a sa mort à l'âge de 82 ans (1926) ( 87 ). En décembre 1874 Ed. Coremans cessa d'appartenir à la commission administrative, ou Léopold Claeys, négociant, prit sa place. L'année 1875 fut marquée par le fait que la loi du 11 juin supprima les Chambres de Commerce. Il en résulta pour l'institut une modification dans la constitution de sa commission administrative ( 88 ). Elle était jusque-là désignée par tiers par l'etat, par la Ville et par la Chambre de Commerce; elle fut désormais nommée par moitié par l'etat et par la Ville. En 1875 également, M. Cusson, «voyageur belge», donna une conférence sur «le commerce de l'afrique centrale «à l'ensemble des étudiants (89 89 ). En cette même année 1875 parut le volume 3 de «Patria Belgica», œuvre entreprise deux ans plus tôt sous la direction d'eugène Van Bemmel, professeur à l'u.l.b., comme un «exposé méthodique de toutes les connaissances relatives à la Belgique ancienne et moderne, physique, sociale et intellectuelle». Dans ce volume 3 l'organisation de l'instruction publique à tous les degrés est décrite par Emile Greyson, directeur au ministère de l'intérieur. Ce haut fonctionnaire suit tout naturellement l'ordre de classement existant à son ministère. Il commence avec enseignement supérieur: deux universités de l'etat et deux universités libres. Il continue avec l'enseignement moyen et l'enseignement primaire. Puis vient 87 Cercle des Ancien, , pp ISCEA, , p Exposé, 1876, p
43 l'enseignement normal pour la formation de professeurs et d'instituteurs. D'autre part l'enseignement spécial englobe l'enseignement polytechnique (écoles spéciales annexées à la faculté des sciences d'une université); l'enseignement pour la formation au sacerdoce et l'enseignement militaire; l'enseignement commercial et industriel; l'enseignement maritime; l'enseignement agricole et celui des Beaux-Arts. Enfin les institutions diverses (comme l'institut de Messines pour les filles de militaires). Sous la rubrique «enseignement commercial et industriel» Greyson met naturellement en tête l'institut, qu'il décrit. Sa conclusion est: «C'est, en un mot, une véritable université commerciale» ( 90 ). Il n'en reste pas moins que les 23 écoles industrielles du pays et l'école professionnelle pour jeunes filles (Bruxelles) furent nécessairement englobées dans la même rubrique, ce qui marque le début d'une tendance a minoriser le rang de l'institut et à renier son caractère réellement supérieur. Le danger que cette situation recelait ne tarda pas à se manifester. La cause fondamentale en était le manque de statut légal de notre institution. Aussi la province d'anvers avait-elle beau, dans ses exposés annuels de la situation administrative de la province, classer l'institut dans l'«enseignement supérieur» ( 91 ). Plusieurs facteurs adverses étaient à l'œuvre: l'exclusivisme des quatre universités; la concurrence des autres écoles 90 Patria Belgica, vol. III, p A partir de l 'exposé de 1892 la province d Anvers ne pm-le plus d enseignement supérieur. Il n y a plus que des «écoles spéciales», depuis l'institut jusqu aux écoles ménagères. 43
44 supérieures de commerce créées en Belgique à partir de 1896 ( 92 ); et l'attitude négative de la droite envers l'enseignement officiel durant ces années. Mais il appartint aux successeurs de Metdepenningen de faire face a cette situation. Celui-ci mourut le 12 mars 1876, laissant l'institut en progrès constant quant au nombre de ses étudiants. De 1865 à 1875 ce nombre passa de 66 à 136, celui des étudiants belges montant de 31 à 74 et les étudiants étrangers venant d'aussi loin que le Mexique. En 1867 le gouvernement mit à la disposition de la commission administrative deux bourses de voyage de 250 francs en faveur des deux premiers pour leur permettre de visiter l'exposition Universelle de Paris, mais le jury de l'examen de sortie n'en accorda que une. En 1875 le Cercle des Anciens Etudiants conféra, pour la première fois, deux bourses d'études, l'une a un étranger, l'autre à un Anversois ( 93 ). Le ministère des 92 En 1896 les écoles supérieures de commerce annexées aux universités de Gand et de Liège, et l école supérieure commerciale et consulaire de La Louvière (transférée 5 Mons en 1890) ; en 1897 l école supérieure de commerce annexée à l Université de Louvain; en 1898 l'école des hautes études commerciales et consulaires de Liège; - en 1899 l Institut Supérieur de Commerce du Hainaut (jusqu en 1917 Institut commercial des industriels du Hainaut) ; en 1901 l'école supérieure de commerce St-Ignace à Anvers ; en 1904 l'école de commerce annexée à l U.L.B. ; et en 1923 l école supérieure des sciences commerciales et consulaires dépendant de l Ecole des Hautes Etudes de Gand. ISCEA, , pp Exposé, 1876, p
45 Affaires Etrangères donna en 1876 des bourses de voyage a deux diplômés de cette année-là. William Good, ad interim ( ) La nomination du successeur de Metdepenningen se fit attendre plus de deux ans, très probablement pour des raisons politiques: dès que le cabinet de Theux-Malou eut cédé la place au cabinet libéral Frère-Orban (19 juin 1878), Grandgaignage fut nommé dans les huit jours (27 juin 1878). En attendant l'intérim avait été assuré d'une façon très brillante par William Good. Ce grand homme d'affaires connaissait bien l'institut. Il était membre de sa commission administrative depuis plus de quinze ans (31 mai 1860) ( 94 ) et il était très souvent membre de la Chambre de Commerce d'anvers. Il présida le jury des examens de sortie de l'institut plus d'une fois (1861, 1864, 1865, 1869 et de 1871 à 1878). Edmond Grandgaignage, en tant que chef du bureau commercial, fut naturellement son assistant. En 1876 le Cercle des Anciens, dans le cadre de son programme de valorisation du diplôme, entreprit une campagne qui réussit à obtenir l'institution du grade de licencié en sciences commerciales comme couronnement des études à l'institut (arrêté du ministre de l'intérieur, 25 juillet 1876), Un autre arrêté de ce ministre (25 octobre 1876) accorda rétroactivement le bénéfice du même titre a tous les anciens diplômés de l'institut; ils n'avaient reçu 94 C est à tort que l'iscea, p. 61, indique décembre 1876 comme la fin de son mandat, que Good garda jusqu'à sa mort. 45
46 qu'un «diplôme de capacité» à leur sortie de l'école ( 95 ), Le 10 décembre 1876 le professeur d'espagnol, Ramon de Trobo, mourut. Vincente Valle le remplaça, d'abord à titre provisoire, ensuite définitivement (26 février 1877). A la commission administrative Felix Ceulemans, membre du conseil communal, remplaça Léopold Claeys, qui avait démissionné ( 96 ). La caisse centrale de prévoyance des instituteurs et des professeurs urbains ayant été supprimée depuis le 1 er janvier 1877 (loi du 16 mai 1876), le corps professoral de l'institut fut assimilé aux fonctionnaires du ministère de l'intérieur (arrêté royal du 25 avril 1877) ( 97 ). Léon Van den Hende remplaça, le 26 septembre 1877, A. Timmermans, qui avait quitté sa chaire d'arithmétique financière le 4 août précédent; et, comme sous-chef du bureau commercial, G.J. Van Hengel, démissionnaire à la même date ( 98 ). Le 29 octobre 1877 un congrès des anciens de l'institut eut lieu pour célébrer le 25 ème anniversaire de sa fondation. Il examina la question de la création d'une 3 ème année d'études ( 99 ). Edmond Grandgaignage ( ) 95 Exposé, 1877, p. 145 ; Iscea, , p. 88, confond les deux arrêtés 96 Exposé, 1377, p. 141 ; 1878, p Exposé, 1878, p: Ibid., p. 151 ; Iscea, , p Iscea, , p
47 Avec la nomination de Grandgaignage (27 juin 1878) la Situation qui avait existé du temps de Jules Cateaux fut rétablie: on se trouva de nouveau devant l'unité organique si utile entre la fonction de directeur de l'institut let celle de chef du bureau commercial, réunies en une seule et même personne. Cette unité persista jusqu'au 26 septembre 1903, jour où il cessa d'exercer ses fonctions. L'Institut participa à l'exposition universelle de Paris de 1878 en envoyant trois collections de produits, ainsi qu'un rapport général sur son activité depuis sa création. Il obtint, «dans la classe de l'enseignement supérieur commercial» un diplôme équivalent à la médaille d'argent, «bien que l'envoi à Paris ait été expose dans les conditions les plus fâcheuses, sans ordre ni soins» ( 100 ). La ville d'anvers donna 1500 franc, à répartir en cinq bourses de voyage aux meilleurs élèves de l'institut pour aller visiter l'exposition. De plus le gouvernement accorda à l'institut un subside de 1000 francs pour achat d'échantillons et pour les frais de route du professeur Angenot, chargé de faire ces achats ( 101 ). Un arrêté, royal du 16 octobre 1878 créa des bourses d'études en faveur des étudiants de l'institut peu fortunes; leur montant était de 600 francs. De plus la plupart des provinces créèrent aussi des subsides pour les jeunes gens dont le lieu de naissance ou de résidence se 100 Exposé, 79, pp Loc. cit. 47
48 trouvait sur leur territoire. La ville d'anvers eut une initiative analogue. Le 15 janvier 1879 William Good mourait. Il eut comme successeur a la commission administrative Eloi Castelot (arrête ministériel du 10 mars 1879). En même temps Edouard Pécher, consul général honoraire de Belgique, y prit la place dc Charles Gilliot, dont le mandat avait expire (arrête ministériel du 17 janvier 1879) ( 102 ). Un arrêté royal du 15 mai 1879 régla la situation des professeurs de l'institut du point de vue de leur pension. Cette situation fut «plus favorable que celle qui leur était faite antérieurement». Néanmoins elle les vexa profondément : un des considérants de l'arrêté disait que «l'institut, en vertu de son programme, peut être rangé parmi les établissements appartenant à l 'enseignement moyen» et l'arrêté lui-même en affiliait le corps professoral à la caisse de retraite de l'enseignement moyen. Une protestation indignée soulignait l'idée qui avait présidé à la création de l'institut, destiné à être le complément des études professionnelles des athénées royaux. «Si les cours de langues ne sont pas, comme à l'université, des cours de littérature puisque les diverses langues modernes sont enseignées au point de vue du commerce, les autres cours ne sont nullement d'enseignement secondaire». Ils se rattachent tous à l'enseignement supérieur. Ce programme n'est donc pas celui d'un enseignement moyen, mais bien plutôt celui d'un enseignement spécial, qui mérite d'être classe dans 102 Exposé, 1879, p. 140 ; 1880, p
49 l'enseignement supérieur, à l'égal des Ecoles de Gembloux et de Cureghem» ( 103 ). Parmi les conférences données alors aux étudiants, il y a lieu de relever celle de M. Neumann, qui présenta cette nouveauté, le phonographe; et celle de M. Burdo, «Voyageur africain», sur son voyage au Niger et au Bénué ( 104 ). De leur côté, les anciens étudiants adressèrent au ministre de l'intérieur une requête tendant à définir avec exactitude les droits et les avantages attaches au diplôme de licencie en sciences commerciales. En conséquence un arrêté royal du 2 décembre 1879 institua une commission chargée d'examiner les questions relatives au développement et au perfectionnement de l'enseignement des sciences commerciales, particulièrement dans la formation des élèves consuls er des professeurs de sciences commerciale. Cette formation devait être réservée en exclusivité a l'institut, telle était l'espérance de sa commission administrative ( 105 ). Mais les anciens avaient demandé, en même temps, qu'une loi organique soit élaborée à bref délai pour fixer le statut légal de l'institut. Ce fut en vain: cette revendication si simple et si légitime dut attendre 44 ans avant d'être exaucée ( 106 ). En septembre 1880 V. Hanquet démissionna de la chaire d'allemand, à laquelle Wilhelm Kufal fut appelé par 103 Exposé, 1880, p Loc. cit., p Exposé, 1881, p. 156 ; Iscea, , p Iscea, , p
50 un arrêté du ministre du 14 octobre A cette époque Eloi Castelot dut quitter la Belgique pour ses affaires: il fut remplacé à la commission administrative par Constant Sano, juge au tribunal de commerce (arrêté du 15 novembre 1880). Tant Castelot que Sano étaient des anciens de l'institut ( 107 ). En décembre 1880 Jean De Winter quitta à son tour, la commission administrative; Georges Berdolt y prit sa place (janvier 1881), mais il mourut peu après (20 septembre 1881) ( 108 ). Durant la période quinquennale la fréquentation de l'institut continua à osciller autour d'un total de 130 élèves, dont 53 réguliers. Il y eut une seule «plus grande distinction» : Charles Good (1878). Les étudiants belges étaient, en moyenne, 80 en nombre. Les étudiants étrangers, originaires de 22 pays, étaient surtout allemands (une vingtaine). Un des anciens élèves, qui avait rempli pendant plusieurs années les fonctions d'inspecteur dans la douane anglaise en Chine fut appelé (1878) aux Fonctions de consul ff. de consul général à Calcutta ( 109 ). En 1879 un diplômé de l'institut fut agréé commis de 2 ème classe au ministère des Affaires Etrangères (administration du commerce et des consulats) ( 110 ). Georges Berdolt, mort le 20 septembre 1881, fut remplacé à la commission administrative par Jules Van Beylen (janvier 1882), en même temps qu'alfred Havenith, 107 Exposé, 1881, p Exposé, 1882, p. 108; 1883, p Exposé, 1879, p Exposé, 1880, p
51 directeur de la Banque d'anvers, succédait à Edouard Pécher, dont le mandat venait d'expirer et qui avait manifesté l'intention de ne pas en accepter un nouveau ( 111 ). La chaire d'italien, rendue vacante par la mort de G. Solari, fut donnée, le 22 septembre 1881, a E. Heinzmann-Sairno. Belge de naissance, professeur à Naples depuis 1871 et diplômé en Italie ( 112 ). A son tour la chaire d'anglais devint vacante par le décès de W.M. Inman (16 novembre 1881); le professeur d'allemand, W. Kufal, en reçut l'intérim, qu'il exerça trois ans ( 113 ). Une loi du 9 août 1881 stipula que les arrêtés royaux qui avaient placé le personnel de l'institut sur le même rang que les fonctionnaires de l'etat seraient aussi applicables à tous les services antérieurs de ce personnel ( 114 ). Mais une autre loi qui aurait donné à l'institut un statut légal ne fut pas, par contre, votée malgré une pétition que le Cercle des Anciens envoya en 1881 aux Chambres ( 115 ). F.G. Haghe démissionna des cours de droit qu'il donnait (droit civil, droit commercial er maritime et éléments du droit des gens). Cette démission fut acceptée 111 Exposé, 1883, p Exposé, 1882, p Exposé, 1882, p. 108; 1883, p Annales Parlementaires, Sénat, Session de , p Iscea, , p
52 par un arrêté du 8 novembre 1882, qui conféra ces cours à son fils, Albert Haghe, avocat ( 116 ). P. Van Humbeeck, ministre de l'instruction Publique, créa des bourses de 600 francs et des primes d'encouragement de 300 francs en faveur des élèves des cours supérieurs des sections professionnelles qui poursuivraient leur études à l'institut (arrêté du 20 juin 1882) ( 117 ). Jules Duckerts, de Verviers, ancien étudiant de l'institut (classe de 1868), secrétaire de la Chambre de Commerce de Verviers, vint faire à l'institut des conférences sur l'industrie et sur le commerce de la laine en 1880, en 1882 et en 1883 ( 118 ). En même temps deux autres anciens établis à Melbourne, Huylebroeck (classe de 1876) et Vanderkelen (classe de 1879), furent les secrétaires de la commission belge de l'exposition internationale alors ouverte en cette ville ( 119 ). Le 26 février 1883 le ministre de l'instruction Publique autorisa la division du cours de néerlandais, qui fut désormais donné séparément aux élèves flamands et aux élèves wallons ( 120 ). La question du développement de l'institut avait été l'objet de résolutions que la nouvelle commission 116 Op. cit, pp. 69, 77; Exposé, 1883, p F.G. Haghe mourut le 21 juin Exposé, 1883, P Exposé, 1881, p. 157; 1885, p. 118; 1884, p Exposé, 1382, p Exposé, 1884, p
53 centrale de perfectionnement des sciences commerciales avait prises, mais qui allaient dans un sens assez défavorable à l 'avenir de notre institution. La commission administrative de l'institut demanda alors au ministre de l'intérieur, Rolin-Jacquemyns, une audience à ce sujet. Celle-ci eut lieu le 9 juillet La commission y plaida la reconnaissance du statut de l'institut par une loi, comme Gembloux et Cureghem, et l'assimilation de celui-ci aux écoles supérieures. Le ministre répondit négativement, en invoquant l'aggravation des charges qui devait en résulter pour le gouvernement. Le directeur de l'institut Grandgaignage, et un membre de la commission administrative eurent beau rétorquer qu'il ne s'agissait pas en l'occurrence d'une augmentation des crédits budgétaires, «mais bien d'une question de dignité pour l'institut dont le programme est au-dessus, et non au niveau de celui de l'enseignement moyen, et dont le diplôme doit recevoir des avantages qui lui sont déniés jusqu'ici, par exemple pour les fonctions consulaires». Sur ce dernier point Rolin-Jacquemyns promit de s'entendre avec son collègue des Affaires Etrangères, Frère-Orban, en vue de la création d'une Ecole Consulaire a l'institut. Il promit aussi de s'entendre avec le ministre de l'instruction Publique, Van Humbeeck, au sujet de l'éméritat des professeurs, «si l'institut était reconnu et classé par une loi comme appartenant à l'enseignement supérieur» ( 121 ). Si, en effet, l'accession des libéraux au pouvoir (juin 1878) avait eu pour conséquence la création d'un ministère 121 Exposé, 1884, pp
54 de l'instruction Publique, notre Institut était cependant resté sous la compétence du Ministère de l'intérieur, administration de l 'agriculture et de l'industrie. Et la chute des libéraux en 1884 fut suivie jusqu'en 1914 par une série ininterrompue de ministères catholiques, qui ne favorisèrent guère l'enseignement de l'etat. Pour commencer, le ministère de l 'Instruction Publique fut supprimé en pratique par sa fusion avec le ministère de l'intérieur, dont nous avions d'ailleurs toujours relevé. De plus un arrêté royal du 16 juin 1884 institua au contraire, un ministère de l'agriculture, de l'industrie et des travaux publics; l'institut dépendit désormais de celui-ci. En 1883 Louis Van Keymeulen, ancien élève de l'institut (1863), vint y donner une conférence sur Robert Owen et le communisme anglais ( 122 ). William Layton, «headmaster of the high school» de Kelso, en Ecosse, fut nommé professeur d'anglais le 8 décembre Mais il ne put entrer en fonctions que durant l'exercice suivant. Le 3 octobre 1884 Edouard Berré mourut après avoir été sous-chef du bureau commercial depuis Le même jour G. Van Hengel, un ancien de l'institut (1859) abandonna le cours d'arithmétique financière ( 123 ). L'année 1885 est mémorable dans l'histoire d'anvers par l 'inauguration des nouveaux quais de l'escaut 122 Op.cit., p Exposé, 1885, p. 168 ; Iscea, , p
55 et par l'exposition universelle qui fut organisée pour célébrer ce grand événement. Le cours de l'escaut devant la ville avait été rectifié. Un nouveau mur de quai avait été construit depuis 1878 et de nouvelles installations maritimes avaient modernisé le port, dont la capacité avait été fort augmentée ( 124 ). Les terrains non encore bâtis du nouveau quartier du Sud étaient tout indiqués pour y installer l'exposition. Celle-ci fut inaugurée le 2 mai Son thème était la marine, le commerce et l'industrie. La conséquence en fut que les élèves de l'institut ne firent cette année presque aucune excursion industrielle dans le pays puisqu'ils trouvaient tout sur place, et même en activité ( 125 ). Par contre, sans parler des commissaires généraux de divers pays a l'exposition qui profitèrent de leur présence à Anvers 'pour visiter l'institut, des étudiants vinrent chez nous du dehors, d'amsterdam par exemple, en excursion scientifique. Cette visite eut lieu le 8 mai 1885, six jours après l'inauguration de l 'exposition. Elle fut loin d'avoir un caractère exclusivement scientifique. Les étudiants d'anvers accueillirent 'avec beaucoup d'enthousiasme leurs seize collègues hollandais au local du «Club International des Etudiants d'anvers» et furent, à leur tour, fêtés dans un banquet, le lendemain. Revenus à Amsterdam, les étudiants de l'ecole Supérieure de Commerce y fondèrent sur le modèle de notre «Cercle des Anciens», une association analogue. Réunis le 18 juin 1885 en assemblée constitutive, ils 124 Beetemé, Op. cit., vol. II, pp. 235, Exposé, 1886, p
56 nommèrent, une semaine plus tard, leur association «Hou' en Trouw» ( 126 ). Une grande amitié a toujours persisté entre ce cercle et celui de nos anciens. L'Institut lui-même participa à l'exposition en y montrant un spécimen de ses collections dans la section du ministère des Affaires Etrangères. Il y obtint une médaille d'or dans la classe de l'enseignement supérieur et une autre dans celle de la bibliographie commerciale. Le directeur, Grandgaignage, et le professeur Delcourt (armements maritimes) siégèrent au comité technique de l'exposition, tandis que plusieurs professeurs furent appelés à participer à divers jurys ( 127 ). Le Cercle des Anciens, de son cote, prit part à un congrès international de droit commercial, qui eut alors lieu à Anvers ( 128 ). Le manque de place rendait la construction d'un local convenable pour l'institut d'autant plus urgente que son succès y attirait plus d'élèves: le musée d'échantillons le laboratoire, la bibliothèque étaient extrêmement a l'étroit. Malgré toutes les demandes à la ville d'anvers, a qui incombait tout ce qui concernait les bâtiments de l'école, rien ne fut fait pendant des années. W. Kufal, qui donnait le cours d'allemand et qui avait fait l'intérim du cours d'anglais pendant quelques années, aurait fort désiré être titularisé dans ce dernier cours. Mais la commission administrative était opposée en 126 Hou en Trouw, pp , 28; Cercle des Anciens, , pp Exposé, 1886, pp Iscea, , p
57 principe à un tel cumul de deux langues. Se voyant finalement désappointé par la nomination de Layton (8 décembre 1884), Kufal quitta, à la fin des vacances, «l'école et le pays, pour raisons de famille, sans avoir prévenu a temps l'administration communale de son intention pour permettre à celle-ci de le faire remplacer avant la réouverture des cours». Le 30 novembre 1885 P. Nitschke fut nommé professeur d'allemand ( 129 ). En 1886 un des anciens de l'institut fut chargé de l'enseignement commercial pratique à l'école de Tokio. Louis Strauss, consul honoraire, donna aux élèves de l'institut des renseignements sur la façon de préparer leurs rapports du point de vue économique et statistique ( 130 ). Le directeur Grandgaignage abandonna son habitation à l'institut pour en affecter une partie à la bibliothèque et a une salle de lecture, une autre partie à une salle de cours( 131 ). En 1889 le premier de la promotion fut Léon Dens, d'anvers. A cette date l'institut avait fourni vingt diplômés a divers postes consulaires ( 132 ). Sa direction continuait à se plaindre pour obtenir un local plus convenable: «toutes les écoles à Anvers, sauf l'institut, sont logées dans des bâtiments spacieux, bien éclairés, bien aérés» ( 133 ). Le 30 septembre 1889 J.F. Arents, professeur 129 Exposé, 1886, p Exposé, 1887, p Louis Strauss renouvela cette conférence en Le Cercle des Anciens publia alors ce tableau sut le mouvement commercial ainsi qu un recueil de rapports commerciaux. 131 Exposé, 1888, p Op. cit., p Op. cit, p
58 de néerlandais, demanda sa retraite. Il fut remplacé par A. Truyens (arrêté du 13 janvier 1890) ( 134 ). L'avocat Albert Haghe mourut le 14 septembre 1890; ses cours de droit civil, de droit commercial et de droit des gens furent donnés à l'ancien bâtonnier Gustave Stoop (arrêté du 31 décembre 1890). Quant au professeur de Cocquiel, il exprima à ce moment le désir d'être déchargé du cours de législation douanière; celui-ci fut attribué à l'avocat Maurice de Cock (5 janvier 1891) ( 135 ). Un ancien étudiant de l'institut était professeur de comptabilité a l'école professionnelle de Reims; il fut appelé à la direction de l'ecole de Commerce de Chauxdes-Fonds, en Suisse. Le 7 novembre 1890 la ville d'anvers réserva, enfin, un emplacement dans les terrains du Sud, près du Musée des Beaux-Arts, a la construction du nouvel Institut de Commerce. Les plans provisoires du nouveau bâtiment furent dressés par elle et elle porta a son budget de 1892 une première grosse somme pour le commencement des travaux ( 136 ). Mais ceux-ci subirent un retard d'un an par suite de la mise au concours des trois façades du futur local: rue des Peintres; rue De Vrière (musée de l'institut et habitation du directeur); rue Coquilhat (musée commercial de la ville). La superficie totale de l'ensemble, m 2, devait permettre d'installer enfin un laboratoire spacieux, accessible aux étudiants ( 137 ). Mais le 134 Exposé p Exposé, 1890, p Exposé, 1892, p. 189; 137 Exposé, 1893, p
59 conseil communal d'anvers décida, en 1893, d'incorporer dans l'enceinte de l'exposition universelle d'anvers de 1894 le terrain qui était destiné à l'institut. Cette concession de la ville retarda le début des travaux jusqu'au mois de mars 1895 au plus tôt ( 138 ). Comme on n'arriva pas a déterminer alors la part d'intervention du gouvernement dans cette construction, les travaux furent une fois de plus retardés. Ils ne furent entamés qu'en 1896 ( 139 ). En 1891 la ville d'anvers exprima au gouvernement deux vœux en faveur de l'institut. Voici la demande principale : «La régularisation de l'institut Supérieur de Commerce par une loi semblable à celle qui a donné le caractère légal à l'école agricole de Gembloux et à l'école vétérinaire de Cureghem, créées primitivement, comme l'institut, par arrêté royal. Le commerce, par son importance en Belgique, mérite, nous semble-t-il, de voir la seule école d'études commerciales supérieures qu'il possède, élevée au même degré que les écoles qui préparent nos ingénieurs agricoles et nos médecins vétérinaires» ( 140 ). En 1888 le Cercle des Anciens avait adressé à la Chambre une pétition pour la création d'une école consulaire annexée : l'institut; et, en 1889, une autre sur les droits à accorder, aux diplômés de l'institut, dans la carrière consulaire ( 141 ). Le sénateur Verbeke fit au Parlement des observations sur le recrutement de consuls; 138 Exposé, 1894, pp Exposé, 1895, pp ; 1896, p Exposé, 1892, p Iscea, , pp
60 la réponse du ministre des Affaires Etrangères fut favorable et permit d'espérer que l'institut allait bientôt être créé par une loi. Les cours d'élève-consul allaient faire l'objet d'une 3 ème année d'études (1893) ( 142 ). Le Conseil Supérieur de l'industrie et du Commerce fut alors chargé de fixer les bases du recrutement des consuls. Son rapport présenta des normes qui correspondaient dans l'ensemble au programme des cours de l'institut, plus le droit constitutionnel et administratif et le droit international privé; il exprimait le vœux de voir s'organiser un tel enseignement, tout en laissant au ministre des Affaires Etrangères le soin d'en régler les détails. Le Conseil Supérieur refusa toutefois de désigner le diplôme de l'institut comme diplôme d'entrée à l'école consulaire à créer ( 143 ). La question continua à être discutée en 1895 et en 1896: l'institut désirait répondre aux desiderata exprimés par le Conseil Supérieur en créant une 3 ème année d'études qui engloberait comme complément à son programme les branches que ce Conseil avait ajoutées ( 144 ). Il finit par recevoir gain de cause: une 3 ème année de cours fut ouverte en novembre 1896 pour la formation des futurs consuls ( 145 ). Les cours en furent donnés provisoirement par les divers professeurs, plus la langue russe, qui fut donnée a I. Taitsch (1891) par arrêté du 17 mars 1897 ( 146 ), et la technologie, que Ch. Angenot reçut (arrêté du 29 septembre 1897)( 147 ). 142 Exposé, 1893, p En France le décret du 22 août 1888 avait accordé 143 Exposé, 1894, pp Exposé, 1895, p Exposé, 1897, p Exposé, 1898, p Annuaire, 1907, p
61 A la commission administrative Constant Sano (1-23 avril 1891) eut comme successeur Jean De Winter, membre de la Chambre (arrêté du 8 septembre 1891); le mandat de celui-ci fut renouvelé jusqu'au 31 décembre Otto Gunther, décédé en février 1893, fut remplacé par l'échevin Georges Gits, dont le mandat fut renouvelé jusqu'au 31 octobre Mais Gits démissionna en juillet 1899 et eut l'avocat Charles Wauters comme successeur ( 148 ). G. Delcourt, professeur de constructions et d'armements maritimes, prit sa retraite a la fin de Il fut remplacé par E. Horta, ingénieur du génie maritime (4 février 1892), qui mourut en mars A. Pierrard, directeur général de l'administration de la marine, lui succéda le 27 novembre Au bureau commercial A. Timmermans se retira le 8 septembre 1892 et eut comme successeur Prosper Plouvier (1872), qui reprit aussi l'arithmétique financière a E. Berré. De 1881 à 1890 le nombre des étudiants a évolué entre 120 et 150 au total, mais le nombre d'élèves réguliers a progressé, par contre, de 61 a 101 et ceux d'entre eux qui furent diplômés comptaient des noms réputés comme J.A. Fischweiler, d'arlon, et E. Béduwé, de Liège, et E. Roost, A. Roost, Léon Dens et Robert Osterrieth, d'anvers. Du point de vue de leur origine ces étudiants étaient en majorité des Belges (de 70 à 85 environ, suivant les années). Une quinzaine d'allemands constituait le 148 Exposé, 1900, p. 162 ; Iscea, I852-I 927, p
62 groupe étranger le plus nombreux, puis venaient les Russes (et les Polonais) au nombre d'une dizaine. Ceux de la Suisse et de la Hollande, ayant maintenant leurs propres écoles de commerce, étaient moins nombreux. Il y avait enfin un ou deux étudiants venant de vingt pays différents, tels l'argentine, le Brésil, la Grèce, la Turquie et le Japon. Un diplôme de «licencié du degré supérieur en sciences commerciales et consulaires» avait été créé, en juillet 1896, aux universités. La commission administrative fit des représentations pour défendre les droits de l'institut dans ce domaine; l'arrêté royal du 12 janvier 1897 reconnut à l'institut le droit de délivrer le même diplôme ( 149 ). Ce nouveau diplôme fut conféré dès 1897 à sept candidats (dont cinq furent nommés vice-consul); dés 1898 ce furent 24 candidats qui reçurent ce titre et trois furent nommés vice-consul. Le 6 janvier 1898, le professeur E. Kennis mourut. Son cours de géographie économique fut attribué, le 24 mai suivant, à Félix Noel. Et le 18 avril 1898 le nouveau local, rue des Peintres, a été inauguré en grande cérémonie dès le lendemain, les cours y ont débuté dans les salles qui ont servi à l'institut jusqu'à l'heure où il a cessé d'exister en langue française ( 150 ). C'était précisément le moment pour le Cercle des Anciens Etudiants de célébrer son 25 ème anniversaire : il saisit cette occasion pour organiser, rue des Peintres, un Congrès international de l'enseignement commercial, du 14 au 16 avril ( 151 ). 149 Exposé, 1897, p. 182 ; 1898, p Exposé, 1899, p Iscea, , pp ; Cercle des Anciens, , p
63 Le bâtiment est construit dans le style pompeux pour lequel les Anversois ont une affection particulière. Surtout son pignon sur la rue De Vrière est remarquable pour ses lignes affectées, dans le style de la Renaissance tardive; il est l'œuvre de Ferdinand Truyman, architecte de la ville, auteur aussi du Pilotage ( 152 ). Durant la décade , la croissance de l'institut est restée constante du point de vue de sa force d'attraction. Le nombre total de ses étudiants a monté dc 197 pour l'année académique , dont 125 réguliers, à 251 pour l'année académique , dont 206 réguliers. Le nombre de ses diplômés, qui était de 43 en , est devenu 63 en Parmi ceux-ci, il y a lieu de noter les noms de H. Hessel, de Mannheim et de J. Eeckels, d'anvers, en 1891; de Willy Friling, de Bonn, en 1893; de Prosper Beniest, de Flessingue et de G. Wildiers, d'anvers, en 1898; de Paul Ramlot, d'ostende, et d'albert Moulaert, dc Bruges, en 1899; et de M. Theunissen, de Liège, en Le nombre d'étudiants belges, de 115 en 1890, parvint en 1899, après avoir atteint 153 en Parmi les étudiants étrangers, les Roumains (15), les Russes (15) et les Allemands (14) sont les plus nombreux en En 1900, les Russes sont devenus 53, suivis par les Bulgares (28), tandis que les Roumains ne sont plus que 7 et les Allemands 6. Le déplacement de la clientèle de l'institut vers l'est de l'europe devient maintenant notable et se maintiendra jusqu'en Les étudiants des Pays-Bas et de Suisse sont devenus, par contre, peu nombreux. 152 Bouwstoffen voor de Geschiedenis van Antwerpen in de XIX e eeuw (Genootsschap voor Antwerpse Gerchiedenis), pp. 264,
64 Léon Van den Hende, professeur de comptabilité et d'arithmétique financière, mourut le 17 janvier P.J. Eckels (1891) lui succéda le 15 octobre suivant ( 153 ). Une nouvelle chaire, celle de français, reçut Jules Davignon comme titulaire (4 mai 1900), tandis que H. Lahousse fut chargé du cours, nouveau aussi, de français pour les étrangers (9 novembre 1900) ( 154 ). En mai 1901, Ed. Van Peborgh mourut; son successeur à la commission administrative, en juin, fut Charles Good (1878) ( 155 ). En cette année 1901, le programme des cours de l'institut fut notablement élargi par la création de la section coloniale en 3 ème année (arrêté du 13 novembre 1901) ( 156 ) : le portugais fut attribué à N. Valle (50 décembre 1901), déjà professeur d'espagnol à l'institut; les cultures coloniales à A.J. Lalière (même date); l'hygiène coloniale au docteur H. Dupont (22 mai 1902); la langue commerciale congolaise à R. Depermentier (10 octobre 1902). Douze étudiants réussirent les examens de cette section en 1902, tandis que 19 réussirent ceux de la section consulaire. Le 29 octobre 1902, l'institut feta le 50"" anniversaire de sa création par une séance commémorative qui fut comme le couronnement de la carrière de Grandgaignage comme directeur_ Le 26 septembre 1903, un grand remaniement du personnel enseignant de l'institut eut lieu : sur leur demande, démission honorable de leurs fonctions fut 153 Exposé, 1900, P. 152; 1901, p. 141 ; Iscea, p Exposé, 1901, p. 141 ; Iscea, p Exposé, 1902, p Iscea, p. 10; Exposé, 1902, p. 147; 1903, pp De plus Ch. Michel fut chargé d un cours facultatif de chinois (7 février 1901). 64
65 accordée au directeur de l'institut et chef du bureau commercial, Edmond Grandgaignage ( 157 ); au professeur d'économie politique et d'histoire économique, Charles de Cocquiel; et au professeur d'espagnol et de portugais, N. Valle ( 158 ). Le même jour, la direction de l'institut fut confiée à Ernest Dubois, professeur de droit à l'université de Gand, tandis que la direction du bureau commercial était de nouveau scindée de celle de l'école et confiée A P. Plouvier; Fernand Deschamps reçut les cours d'économie politique et d'histoire économique, et Ramon Apalategui celui d'espagnol (le portugais restant sans titulaire jusqu'au 6 février 1904, ou Fernand Georlette, vice-consul du Brésil à Anvers, en fut chargé). J. Eeckels, second sous-chef, devint premier sous-chef du bureau commercial, et P. Beniest (1898) second sous-chef de celui-ci ( 159 ). Vers cette même époque, A.J. De Bray (1899) créa à Montréal une Ecole des Hautes Etudes Commerciales pour le Canada. Ernest Dubois [ ] Ernest Dubois prit énergiquement en mains la direction de l'institut, avec la volonté ferme d'en améliorer la structure dans le sens le plus moderne possible en vue de lui permettre de faire face victorieusement a la concurrence des diverses écoles supérieures de commerce, qui venaient de surgir en Belgique dans les dernières années, et de rester la première école du genre, maintenant qu'elle n'en était 157 Il mourut le 30 décembre 1916 à Breda; il s'était réfugié en Hollande au début de la guerre, Annuaire, 1920, p Celui-ci mourut le 4 février 1906 ; Exposé, 1907, p Exposé, 1904, pp
66 plus l'unique. Au début de sa direction, les innovations s'accumulent. Un arrêté ministériel du 25 avril 1905 créa la section maritime en 3 ème année de l'institut. Dans celle-ci, le cours d'étude comparée des ports nationaux et étrangers et celui de l'étude détaillée de l'exploitation commerciale du navire furent conférés 5 Marcel Theunissen (1901) le 7 novembre Le même arrêté du 25 avril 1905 donna aussi à l'institut le droit de conférer, après deux ans au moins de stage pratique ct la défendre d'une dissertation et de trois thèses annexes, le grade de < < docteur en sciences commerciales>> ( 160 ). A la section coloniale, un cours de topographie coloniale fut institué 1 L. Van Brabandt en fut chargé le 31 janvier Un cours de statistique fut aussi créé en 1 er année et A. Julin, directeur à l'office du Travail, le reçut (30 novembre 1905) ( 161 ). Le 17 mai 1906, Maurice De Cock, avocat, reçut, en 3 ème année, le cours de droit des gens ( 162 ); et les cours nouvellement créés de droit constitutionnel et administratif, d'éléments du droit international privé, des règlements consulaires, des institutions politiques des Etats étrangers, et du droit maritime. D'autre part, Charles Angenot, professeur de chimie commerciale et de technologie, s'étant retiré (30 septembre 1906), fut remplacé par A.J. Lalière; ingénieur 160 Annuaire de l Iscea, 1907, p Exposé, 1907, p Qu il reprit de G. Stoop. En 1905 ce cours avait passé du programme de la 2 ème année à celui de la 3 ème année. 66
67 agronome, qui donnait déjà le cours de cultures coloniales en 3 ème année. Un «Annuaire» de l'institut est maintenant publié et la Société Royale de Géographie d'anvers confia alors à l'institut sa bibliothèque. Ainsi l'institut était en expansion constante comme le constate, a ce moment, A. Schmidt, sous-directeur du Handels Museum de Vienne ( 163 ). Pour l'enseignement de l'allemand et de l'anglais, une réorganisation fut expérimentée : une convention fut conclue, à titre d'essai, le 26 septembre 1905, avec l'ecole Berlitz, qui s'engagea à mettre à la disposition de l'institut 4 professeurs d'allemand et 4 professeurs d'anglais, au lieu du système des cours uniques ( 164 ). Ainsi les professeurs Nitschke, qui avait quitté l'institut dès le 17 mars, et Layton y cessèrent leur enseignement ( 165 ). V Un arrêté ministériel du 17 juillet 1907 créa, en 3 ème année, la «section spéciale des sciences commerciales» menant au diplôme de «licencié du degré supérieure en sciences commerciales» ; elle était basée sur un approfondissement des cours du bureau commercial : c'était le cours d'organisation moderne des affaires (attribué à P.I. Eeckels dès le 17 mai 1906). De plus, un nouveau cours obligatoire fut créé en 5 ème année: «le développement économique actuel des grandes nations 163 Die Handelshochschulen am Beginne des XXen Jahrhunderts, p Annaire, 1907, p Le professeur Layton est mort à Brighton en 1918 ; Annuaire, 1920, p
68 contemporaines», et conféré au professeur Deschamps ( 166 ). Parmi les étudiants, il se constitua une nouvelle société, l' «Association Générale des Etudiants», groupement central et essentiellement neutre. Léopold II ayant décidé de venir officiellement à Anvers, il voulut que le, programme de son séjour comprenne une visite à l'institut. Celle-ci eut lieu le 26 juillet A ce roi grand homme d'affaires, le directeur Dubois rappela que deux des hauts fonctionnaires de l'etat indépendant du Congo avaient fait leurs études à l'institut: le baron van Eetvelde, Ministre d'etat de l'etat indépendant, et M. Droogmans, secrétaire général du département des finances de celui-ci ( 167 ). Le 5 janvier 1908-, Félix Ceulemans, membre de la commission administrative, mourait. Il eut comme successeur Auguste Bulcke, courtier et agent maritime, un ancien de l'institut. M. Hinzmann-Savino, atteint par la limite d'âge, fut remplacé par Alphonse Bayot pour le cours d'italien (arrêté ministériel du 8 octobre 1908); il reçut alors aussi une chaire à l'université de Louvain. La convention conclue avec l'ecole Berlitz arriva en 1908 à son terme normal de trois ans. Il fut décidé qu'il n'y avait pas lieu de la renouveler, mais de garder cependant la division en sections de l'enseignement de l'allemand et de l'anglais : par des arrêtés ministériels du 8 octobre 1908 furent nommés par conséquent, pour l'allemand, Jacques Strumpen, 166 Annuaire, 1908, p Annuaire, 1908, pp
69 directeur de l'ecole Berlitz ( 168 ), et Frédéric Rupp; et pour l'anglais, Edmond Courtoit et Georges C. Gale. A la commission administrative, Edgard Castelein et Paul Kreglinger, administrateur-directeur de la Banque Centrale Anversoise, remplacèrent, en avril 1909, Alfred Havenith, administrateur-délégué de la Banque d'anvers ( 169 ), et L. Van Peborgh. En janvier 1910, Albert De Winter succéda à Jean De Winter et, en janvier 1911, Julien Koch, sénateur, prit la place de J. Van Beylen. Dans le corps professoral, A. Truyens cessa d'enseigner le flamand et eut J. Persyn comme successeur (31 août 1909) ( 170 ). Les cours de droit de G. Stoop, qui quitta l'institut le 22 septembre 1911, passèrent à J. Wouters, également avocat, auquel fut au surplus confié un cours nouveau, celui de droit commercial comparé. Le même jour, le cours dc géographie économique, qui avait été donné par Félix Noel ( 171 ), fut repris par Charles Bihot, qui reçut, en outre, le cours nouvellement créé de géographie et d'ethnographie du Congo belge. Obligé par la maladie de cesser son enseignement, Jules Davignon fut prématurément mis à la retraite (29 février 1912) : son cours de français (pour les étudiants belges) passa à Léon Debatty. Le 30 septembre 1912, ce fut le tour de Prosper Plouvier de prendre sa retraite, mais 168 Il ne garda pas longtemps sa chaire. Dès le 15 janvier 1909 il cessa ses fonctions et Ph. Koch le remplaça le 23 avril suivant. 169 Il mourut au printemps de Truyens mourut le 27 septembre Félix Noel mourut le 26 octobre
70 pour lui il s'agissait de reprendre la carrière de négociant de sa jeunesse. Le professeur Eeckels, qui donnait, avec P. Beniest, le bureau commercial en 1 e année, lui succéda au même cours en 2ème année et à celui d'organisation des affaires en 3 e ; P. Beniest, tout en gardant le bureau (1 e année), succéda, en 3 e année, à P. Plouvier dans le cours de Science financière ct Banque et dans celui d'assurances. Il reçut comme collègue pour le cours de bureau commercial (1 e année) Albert De Groote, un ancien. Le chinois, donné par M. Michel, cessa alors de figurer au programme des cours, peut-être par manque d'élèves. Du 22 juillet au 10' août 1912, l'institut fut le siège du VI ème cours international d'expansion commerciale : conférences ( 172 ), visites, excursions (dont une sur l'escaut, organisée par le Cercle des Anciens). Le 18 mars 1911, la commission administrative reprit la question de la reconnaissance de l'institut par une loi. Elle demanda au gouvernement et à la ville clue, pour le 60 e : anniversaire de la création de l'institut (29 octobre 1912), une solution intervienne qui mette fin à la situation défavorable de celui ci parmi les autres établissements d'enseignement supérieur. Le collège des bourgmestre et échevins d'anvers donna, le 26 juillet 1911, sa pleine approbation, sous réserve de la sauvegarde de ses droits. Le 23 avril 1912, le comte de Ramaix prit la parole au Sénat pour recommander l'étude bienveillante de la question au 172 Elles ont été publiées sous le titre : Etudes Sur la Belgique. Bruxelles- Paris-Leipzig,
71 ministre de l'industrie et du Travail, A. Hubert. Celui-ci vint, le 11 mai 1912, faire une visite surprise à l'institut, puis il transmit la question à ses bureaux, où elle resta stagner. Le 18 novembre 1912, le conseil communal d'anvers vota, à l'unanimité, un vœu en faveur de la reconnaissance légale de l'institut; le 11 décembre suivant la Chambre de Commerce d'anvers transmit au ministre une déclaration unanime dans le même sens ( 173 ). Enfin, le 31 janvier 1913, Edouard Pécher et Gustave Royers, députés d'anvers, déposèrent à la Chambre une proposition de loi pour accorder la reconnaissance légale à l'institut. L'exposé des motifs en était vigoureux et invoquait l'exemple de Gembloux et de Cureghem pour «faire cesser une défaveur imméritée» ( 174 ). Ce fut en vain : le gouvernement n'appuya pas cette proposition de loi et lorsque la Belgique fut précipitée dans la guerre, le 4 août 1914, le régime précaire de l'institut n'avait pas été amélioré. Par un accord tacite, les universités et les écoles supérieures décidèrent de rester fermées aussi longtemps que durerait la guerre. Durant l'occupation, le professeur Debatty fut déporté en Allemagne pour son action patriotique; pour le même motif, le professeur Wauters fut mis en prison en Belgique. Une des salles de l'institut dut abriter le tribunal militaire allemand. Et, en mai 1918, l'administration activiste tenta de faire rouvrir les cours de l'institut, exclusivement en néerlandais, évidemment. Tout le personnel enseignant resté au pays refusa sa 173 Annuaire, 1913, pp Iscea, , pp
72 collaboration, à l'unique exception du professeur d'allemand, F. Rupp, qui était de nationalité allemande. Le 27 juillet 1918, le directeur Dubois fut révoqué, bientôt suivi par les professeurs. Puis on s'occupa de les remplacer, mais on n'en eut guère le temps et l'ouverture des cours du nouvel Institut ne parvint jamais à avoir lieu. En novembre, Anvers était libérée; le 10 décembre 1918, le directeur Dubois reprenait son poste. Pendant la guerre, Philippe Koch, professeur d'allemand, était mort a Utrecht le 29 septembre 1915 et Marcel Theunissen, qui donnait les deux cours d'étude comparée des ports nationaux et étrangers et d'étude détaillée de l'exploitation commerciale du navire, à Torquay le 13 juillet Par un arrêté du 3 mai 1919, le professeur Theunissen eut pour successeur G. Renier, capitaine au long cours et expert maritime, et le professeur Koch fut remplacé par Swagers. A la commission administrative, Paul Kreglinger était mort en 1916 et son fils, Richard Kreglinger, avocat, lui succéda (janvier 1919). L'année académique n'avait pu être ouverte que le 3 février De plus, les groupements universitaires avaient dû faire un rappel de plus d'un mois à la fin de mai: Les cours prirent néanmoins fin le 19 juillet 1919, après avoir été condensés sur quatre mois seulement. Des dispositions exceptionnelles favorisèrent les examens. Dans l'esprit antiallemand qui régnait à ce moment, l'allemand cessa d'être un cours obligatoire à l'institut, et ne fut plus que facultatif. Par conséquent, deux langues 72
73 étrangères, et non plus trois, furent désormais imposées par le programme. Le professeur de français pour les étudiants étrangers, H. Lahousse, fut mis à la retraite par un arrêté du 50 juillet 1919 ( 175 ); de même, le professeur Apalategui, celui-ci pour des raisons impérieuses de santé. Constant Eeckels fut chargé provisoirement de son cours d'espagnol par une dépêche Ministérielle du 13 septembre La situation du professeur de flamand, Jules Persijn, était douteuse. Réfugié en Hollande pendant la guerre, il avait penché, un moment, en 1916, vers le camp activiste et s'était déclaré prêt à revenir à Gand pour y reprendre ses cours à l'université flamandisée par ceux-ci. Il s'était repris 5 temps, mais, à la libération, il avait été tenu à l'écart par le ministère ( 176 ). Son cours à Anvers fut confié «à titre provisoire» à André De Ridder (arrêté du 9 décembre 1920). En novembre 1919, une imposante délégation de toutes les universités anglaises vint en Belgique pour prendre contact avec nos universités. Elle tint à visiter également l'institut, ce qui était un haut témoignage d'estime. De même, le 16 septembre 1920, une délégation vint visiter l'institut pour la nouvelle Université internationale que le sénateur Lafontaine et Paul Otlet voulaient alors créer à Bruxelles. 175 Il mourut le 27 mai Rijksuniversiteit Gent. Liber Memorialis, , Deel I, p A Gand il put reprendre ses cours en 1925, de même qu'à l' l Institut. 73
74 Le 10 juin 1920, un double mémorial fut inauguré à l'institut pour honorer la mémoire des anciens élèves tombés en combattant; l'un pour les Belges et l'autre pour les Alliés ( 177 ). Sur ce mémorial, le nom de Henri Van Bergen (1895) a été oublié. Il avait été premier interprète de la légation de Belgique en Chine. Il revint en Europe en 1914, se rendit au Havre et accepta la mission de rentrer en Belgique pour y fonder un réseau de renseignements. Mais il avait été arrêté le 4 août 1917 et, condamné à mort dans une des salles de l'institut, il avait été fusillé le 16 mars L'arrêté royal du 5 juillet 1920, réorganisant le corps consulaire, en modifia le système de recrutement. A la possession du diplôme de licencié en sciences commerciales et consulaires fut ajoutée l'obligation de satisfaire à un concours. Mais un autre arrêté royal (20 mars 1921) supprima bientôt cette nouvelle condition. Un arrêté royal du 11 janvier 1920 créa 5 Anvers l'ecole coloniale supérieure (plus tard Université coloniale). Elle était destinée à la formation du personnel administratif du Congo, alors que la section coloniale de l'institut avait un autre but : préparer des cadres pour le commerce privé et pour les sociétés coloniales du Congo. Le 27 septembre 1920, P. Beniest, trop occupé par ses affaires, abandonna son cours de bureau commercial (1 e année); Simon Paquet (1911) le remplaça. 177 I.S.C.A. - In Memoriam,
75 En septembre 1921 mourut Léon Van Peborgh, membre de la commission administrative et ancien sénateur. Il avait été président du Cercle des Anciens dc 1897 jusqu'à la guerre. En décembre, la commission administrative reçut deux nouveaux membres : Kamiel Huysmans, échevin de la ville, et le docteur A. Van de Perre; et en janvier 1922, un troisième: Henry Gylsen, directeur du Lloyd Royal Belge. A. Julin avait démissionné de son cours de statistique. Apres un certain intervalle, Albert Henry, directeur général au ministère de l'agriculture, reçut ce cours, à titre provisoire, par arrêté du 9 décembre Simon J. Paquet mourut le 28 juin 1922; son cours (bureau commercial, 1 e année) fut donné à Victor De Wasch (1904) par arrêté du 11 octobre Un ancien camarade d'études, resté anonyme, voulut honorer la mémoire de Paquet. Il créa une «Fondation Simon Paquet», chargée de conférer une bourse d'études au profit d'un ou de deux étudiants belges de l'institut. Ce prix disparut après 1929 sans aucune explication particulière; peut-être le capital en était-il épuisé.» Le cours d'hygiène coloniale et internationale (3 e année), donné par le docteur H. Dupont, atteint par la limite d'âge, passa, le 15 septembre 1922, au docteur Alphonse De Ruddere. Quant au cours de 3 e année intitulé «L'évolution économique contemporaine», il devint alors le cours d'«histoire des doctrines économiques modernes». 75
76 Le statut légal de l'institut, qui avait été le grand souci du député Edouard Pécher depuis des années, fut amené, une fois de plus, par lui devant le Parlement. Reprenant sa proposition dc loi de 1913 ( 178 ), il la déposa de nouveau, neuf ans plus tard, le 29 juin 1922, munie aussi de la signature de trois anciens de l'institut, devenus tous trois députés: Louis Strauss (Anvers), Th. Gollier (Bruxelles), P. Forthomme (Verviers). Celui-ci était, au surplus, ministre de la Défense nationale. Et la proposition de loi fut votée. Le 26 février 1923, le Roi la sanctionnait. En principe, tout au moins, l'enseignement de l'institut était mis sur le même pied que l'enseignement commercial des Universités de l'etat. Le 25 février 1925, le Cercle des Anciens de l'institut célébra son 50 me anniversaire, qui coïncidait avec le 60 me anniversaire du diplôme de Louis Strauss. Il créa, à cette occasion, la Fondation Louis Strauss en l'honneur de son fondateur. Chaque année, a partir dc 1924, un étudiant belge méritant qui se serait distingué aux examens de sortie de 2" année devait recevoir le Prix Louis Strauss. Une séance enthousiaste féta ce jour-là le double jubilé (178 bis). La loi de 1923 accordant le statut légal a l'institut nécessita une révision de son règlement organique. Celle-ci (contenue dans l'arrêté royal du 10 mars 1924) n'amena que peu de modifications à la situation existante. L'âge minimum d'admission à l'institut fut porté de 16 à 18 ans. Le régime d'étude des langues fut remanié : après que 178 G. Royers était mort entre-temps ; {178bis Louis Strauss est mort le 30 octobre 1926.} 76
77 l'allemand eut cessé, en 1919, d'être un cours obligatoire, l'anglais seul était resté obligatoire pour tous les étudiants, qui devaient de plus choisir une seconde langue étrangère (allemand, espagnol, italien, portugais ou russe). Maintenant, ils devaient choisir deux des six langues étrangères enseignées, mais l'une de ces deux langues devait être soit l'anglais, soit l'allemand. Enfin le diplôme de «licencié du degré supérieur en sciences commerciales» devint celui de «licencié en sciences commerciales et financières». A la commission administrative, les mandats d'edgar Castelein et de Charles Good étaient expirés; leurs successeurs (1 er janvier 1924) furent Prosper Plouvier (1872) et Frédéric Good (1906), consul général du Danemark et fils de Charles Good. Le docteur Van de Perre étant mort le 4 août 1925, L. Rigole lui succéda en décembre. Enfin comme Kamiel Huysmans, échevin de l'instruction publique, était devenu ministre des Sciences et des Arts, la ville délégua à sa place le docteur Spyers, qui avait succédé à Huysmans comme échevin. L'examen-concours pour l'admission au grade d'attaché de consulat fut rétabli par un arrêté royal du 50 novembre 1924 sur l'organisation de la carrière consulaire. Cet examen prévoyait une nouvelle matière : l'histoire diplomatique. Une décision ministériel, du 2 mai 1925, créa, par conséquent, ce cours à l'institut, en 3 e année, et Alois Stefens fut chargé de le donner (25 mars 1926). Fernand Baudhuin devint suppléant du professeur De Cock pour la législation douanière; et René De Jongh, avocat, pour le droit maritime. Tous deux furent titularisés 77
78 le 30 novembre 1927 et Baudhuin reprit, en outre, le cours d'économie politique (2 e année) de Deschamps. L. Debatty mourut le 25 octobre Ses cours de français furent confiés Fernand Desonay et a Camille Van Deyck (7 mai 1928). En raison du grand nombre d'étudiants étrangers en 1 e année, il était en effet devenu nécessaire de dédoubler le cours de français réservé aux étrangers. D'autre part, Jules Persijn, qui avait été tenu à l'écart de ses chaires de flamand, tant ici qu'à l'université de Gand, à cause du doute qui régnait sur ses sympathies activistes durant la guerre, fut/rétabli en 1925 dans l'ensemble de son enseignement. Par voie de conséquence, cet enseignement fut partagé entre lui (cours supérieur), et son remplaçant, A. De Ridder (cours inférieur). L'Institut avait atteint son 75 e anniversaire en Cet événement fut fêté les 4 et 5 mai en grande pompe. Le Cercle des Anciens y participa par la publication d'un beau livre jubilaire: L'Institut Supérieur de Commerce d'anvers ( ). Il y eut une séance académique et un banquet ainsi qu'une réception à l'hôtel de Ville. Le roi Albert vint honorer ces fêtes et y prononça un important discours, on il soulignait le rôle 'des élites dans la direction des affaires modernes. Il mettait en garde de ne pas se laisser envahir par la «médiocratie». Beaucoup prirent ces paroles pour une allusion au nombre trop grand d'écoles de commerce surgissant de tous côtés en Belgique, certaines de qualité fort médiocre et galvaudant le titre de licencié à tour de bras. 78
79 Le 9 juillet 1928, la commission administrative supprima le cours préparatoire. La cérémonie d'ouverture de l'année académique, le 20 octobre suivant, fut l'occasion de fêter en même temps, le jubilé du directeur Dubois, qui était en fonctions depuis 25 ans ( 179 ). Le 9 février 1928, Léon Van Brabandt, directeur général au ministère des Chemins de Fer, charge du cours de topographie coloniale en 3 e année, mourut, suivi, le 29 mars 1928, par René Depermentier, qui étai-ta charge du cours de langues congolaises. V M ' A Alfred Pierrard, directeur général a l'administration de la Marine, renonça à son enseignement à l'institut le 1er juillet 1928.» Son cours de 3 e année, «transports et tarifs» ; maintenant «politique des transports»,'fut conféré a H. Woestijn et celui de construction et armement maritimes ne fut plus enseigné. Un arrêté royal du 16 novembre 1928 supprima la section coloniale en 3 e année. Sa mission, telle qu'elle était conçue alors, consistait surtout à former du_ personnel pour le Congo belge. Seul le cours du docteur De Ruddere (hygiène coloniale et internationale) resta au programme, mais seulement en en section consulaire. D'autre part, les cours de cultures coloniales (Lalière) et de géographie du Congo (Bihot) devinrent des cours à option. Enfin, le cours de portugais fut supprimé et le professeur Georlette mus en disponibilité ( 180 ). Durant l'été de 1929, Auguste de Bray, secrétaire du Cercle des Anciens, fut appelé par le gouvernement du 179 Annuaire 1929, pp Il mourut en juin
80 Chili pour organiser la section commerciale de la Faculté de Santiago. Il n'était revenu en Belgique qu'après la guerre après avoir passé de longues années au Canada où il avait mis sur pied, à la demande du gouvernement canadien, l'ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal sur le modèle de notre Institut et l'avait ensuite dirigée ( 181 ). Lorsque Edgard Castelein quitta la présidence de la Chambre de Commerce d'anvers au printemps de 1931, celle-ci eut l'initiative de créer, en son honneur, une Fondation Edgard Castelein. Elle était chargée d'attribuer un prix Edgard Castelein, dans le but d'encourager les études commerciales, maritimes et coloniales, dans chacune des trois écoles, notre Institut, l'université Coloniale et l'ecole Supérieure de commerce St-Ignace. Le 22 juillet 1931 un arrêté royal approuva cette Fondation ( 182 ). A la Commission administrative W. Friling, président de la S.A. Bunge, et E.G. Van den Broeck remplacèrent H.M. Gylsen et P. Plouvier (1er janvier 1930). En juillet 1931 H. Heymann, ministre de l'industrie, du Travail et de la Prévoyance Sociale, décida en principe de créer à l'institut une section de cours en langue flamande, dans l'esprit de la politique générale tendant à donner l'occasion aux jeunes gens qui avaient fait leurs études moyennes en cette langue de poursuivre leurs études supérieures dans celle-ci. L'arrêté royal du 9 mai 181 Annuaire, année 1930, p Annuaire, année 1932, pp
81 1932 consacra cette décision ( 183 ). Le dédoublement de l'institut qui en résultait débuta en octobre 1932 avec les cours de la 1 ère année. Ceux-ci furent répartis comme suit (arrêté royal du 10 septembre 1932) : F. J. Grimbers bureau commercial P. Brusseleers droit civil J. Basyn économie politique De Vries produits commerçables Viaene géographie économique De Ridder statistique. Les étudiants belges avaient le choix de la section linguistique à laquelle ils voulaient s'inscrire. Ainsi l'institut, dès le début institution nationale unique au même titre qu'anvers était le port dc toute la Belgique, s'adaptait encore mieux à son rôle naturel. F. Desonay dut démissionner en 1931 de ses cours à l'institut, étant devenu full-time à l'université de Liège ( 184 ). L. Michel fut son successeur. Les professeurs Maurice De Cock et Joseph Eeckels obtinrent l 'éméritat (arrêté royal du 31 aout 1932) ( 185 ). Le professeur René De Jongh ajouta alors fa son cours de droit maritime ceux de droit constitutionnel] et d'institutions politiques des états étrangers; les autres cours de De Cock (éléments du droit des gens; éléments du droit international privé; règlements consulaires) furent confiés à Léon Gyselynck, avocat. Quant aux cours de J. Eeckels, ce 183 Annuaire, année 1933, pp Il est mort le 9 décembre De Cock est mort le 25 octobre
82 fut Albert De Groote qui les reçut (bureau commercial en 2 e année; comptabilités spéciales en 3 e année), ainsi que De Wasch (organisation des affaires) (arrêté royal du 29 novembre 1932). Georges Brandt (1927) prit la relève de De Groote pour le cours de bureau commercial (1 re année) (arrêté royal du 12 décembre 1932). La mort de G. Gale (20 juillet 1952] amena la nomination d'emile Van Langendonck à la chaire d'anglais (arrêté royal du 29 novembre 1932). A la commission administrative Deckers et Van Den Broeck furent remplacés par Prosper Plouvier er par E. Van Put, conseiller communal. Nous sommes arrivés ici au point culminant du chiffre de la population scolaire de l'institut. Au moment de se dédoubler, puis de se transformer complètement, notre vieille école compte, pour la période quinquennale , inscriptions d'étudiants, dont 529 Belges et étrangers, soit plus des 2/3 du total. Du point de vue de leur origine, ces étrangers sont surtout des Polonais (455) et des Roumains (220). Il y a ensuite les Grecs, les Grands-Ducaux et les Baltes. Mais il ne faut pas oublier que, durant ce quinquennat, l'année 1930 marque le début d'une décroissance quantitative notable, reflet de la crise économique mondiale qui commença en Apres la deuxième guerre, le rideau de fer a coupé et continue de couper, intellectuellement toute l'europe de l'est (jusqu'à la ligne Oder Neisse) de notre Institut, dont 82
83 la zone de recrutement à l'étranger dut se borner désormais aux pays non-communistes. C'est précisément aussi à partir de 1932 que, sous l'impulsion énergique du ministre de l'instruction publique, Maurice Lippens, débute une période de très grande activité en vue de réorganiser tout l'enseignement supérieur, entre autres celui des sciences commerciales. En quelques années, les lois et les arrêtés royaux se succèdent à une cadence rapide pour mettre de l'ordre et de la clarté dans ce domaine ou les institutions avaient grandi dans la confusion, un peu au hasard, chacune pour soi. Pour commencer, un arrêté royal d'une très grande importance (20 décembre 1932) mettait fin à une situation antinaturelle en faisant passer tout l'enseignement technique du ministère de l'industrie et du Travail a celui de l'instruction publique. Ce même arrêté instituait, dans ce dernier ministère, un «Office de l'enseignement Technique» charge dc coordonner le développement rationnel de cet enseignement. Ce nouvel office fut organisé par un arrêté royal du 9 mars un autre arrêté, daté du lendemain, y rattachait l'institut à dater du 1er avril 1933 ( 186 ). En ce moment-là l'institut paya le retard qu'il avait accumulé au cours -des ans pour faire consacrer, en dépit dc tous les obstacles que nous avons eu l'occasion d'énumérer, son appartenance à l 'enseignement supérieur de niveau universitaire. Il s'était laissé classer officiellement depuis longtemps dans l'enseignement technique. Maintenant il lui 186 Annuaire, année 1954, p
84 devenait lié d'une façon quasi indissoluble et le standing universitaire qui lui avait été reconnu en théorie par la loi de 1923 était bafoué. En juin 1933, le Cercle des Anciens fêtait son 60 e anniversaire par l'organisation, ensemble avec l'association des Licenciés sortis de St-Ignace, du 1er congrès de la Fédération des Associations de licenciés et ingénieurs commerciaux de Belgique. Le 10 octobre 1933, I. Persijn mourait : ses cours furent donnés à titre intérimaire par G. Meir (1 re et 2 e années) et V. Celen (3 e année). Les étudiants de la section flamande firent placer un mémorial dans la classe où il avait enseigné. A ce moment, la 2 e année de cours de la section flamande de l'institut fut organisée : F.J. Grimbers bureau commercial P. Brusseleers droit commercial E. De Vries produits commerçables E. Viaene géographie économique G. Craen économie financière et législation douanière J. Denucé histoire économique. Le bureau commercial (1 re année) passa de F.J. Grimbers in R. Schuyten. Un arrêté royal du 16 octobre 1933 accordait l'éméritat à F. Deschamps. Il fut remplacé par Jean Steels pour le cours d'économie politique (1 re et 3 e années d'études); par Charles Roger pour le cours pratique d'économie politique (2 e année) et par Henri Laurent pour l'histoire économique. 84
85 Deux autres arrêtés royaux du même 16 octobre 1933 ont, d'une part, accordé l'éméritat a E. Dubois comme directeur de l'institut ( 187 ) et, de l'autre, nommé a sa place L. Aen den Boom, préfet des études de l'athénée Royal d'anvers et attache au cabinet du ministre de l'instruction publique, Lippens. 187 Il mourut le 17 octobre
86 86 Louis Aen den Boom ( ) La loi du 11 septembre 1933 sur la protection des titres de l'enseignement supérieur eut cinq conséquences pour l'institut: 1) elle prévoyait un cycle de deux ans pour devenir «candidat», suivi d'un autre cycle de deux ans pour devenir «licencié», en quelque discipline que ce soit. Il en résulta la nécessité pour l'institut de porter son programme total de trois à quatre ans et de le remanier en conséquence; 2) elle réservait le droit de conférer le titre de «docteur» aux quatre universités. Par là l'institut perdit le droit, qu'il avait acquis en 1905, de créer des docteurs. Que personne n'en ait jamais fait usage ne change rien au fait que c'était la une prérogative précieuse de notre maison; 3) alors que le licencié en sciences commerciales, ancien régime, avait le droit d'enseigner dans les athénées et dans les collèges équivalents, elle réservait maintenant ce droit aux détenteurs de l'agrégation de l'enseignement moyen du degré supérieur en sciences commerciales, nouveau grade que seules les quatre universités pouvaient conférer; 4) elle créait le grade d'ingénieur commercial et le réservait également aux quatre universités; 5) l'examen d'admission à l'institut était supprimé. Pendant quatre ans, l'accès de l'institut ne passa plus que par les diplômes de l'enseignement moyen.
87 D'un cote, les écoles de commerce annexées aux deux universités de l'etat furent réformées suivant les normes contenues dans l'arrêté royal du 15 mai De l'autre, les autres Instituts de commerce, et aussi le nôtre, furent soumis à des règles différentes par les deux arrêtés royaux des 17 et 18 septembre 1934, le premier concernant le programme d'études pour le diplôme de licencié en sciences commerciales, le second le programme d'études pour le diplôme d'ingénieur commercial. Le droit de délivrer le diplôme de licencié en sciences commerciales avait été réservé aux Instituts supérieurs de commerce agrées à cette fin en vertu de l'article 5 de la loi du 11 septembre Notre Institut fut agréé par un arrêté royal du 15 mai 1934, avec habilitation de délivrer le diplôme de licencié en sciences commerciales spécialisées; par le même arrêté, son nom fut modifié par l'adjonction des mots «de l'etat» ( 188 ). Le programme de la candidature en sciences commerciales (arrêté royal du 17 septembre 1934) amena la nécessité de créer à l'institut trois nouveaux cours et d'en modifier légèrement d'autres. Le «bureau commercial», idée originale des créateurs de l'institut et qui fit sa réputation, portait un nom qui ne correspondait pas à la phraséologie de la loi: dans le rabotage rigoureux des termes qui caractérisait l'esprit de la réforme, il reçut un titre beaucoup plus pompeux: «Comptabilité générale; technique des opérations commerciales; documents 188 Sur cette réforme, Annuaire, année 1935, pp
88 commerciaux et correspondance commerciale». Le cours de statistique passa de 1 re en 2 e année et celui de législation douanière en licence. Les nouveaux cours de l re et de 2 e année furent: l'histoire contemporaine; la philosophie; les mathématiques En 2 e année, le cours d'histoire contemporaine (coloniale) fut attribué à A. Marzorati et le cours de mathématiques à A. De Groote, tandis que le cours de comptabilité générale recevait plus d'heures, qui étaient données à V. De Wasch à côté de l'ancien titulaire, A. De Groote. Devaux et De Vleeschauwer continuaient la philosophie en 2 e année (arrêté royal du 23 décembre 1935). En section flamande, ces nouveaux cours de 2 e année reçurent les titulaires suivants : Mathématiques : F. Grimbers Histoire contemporaine (coloniale): M. De Baer Italien (l re et 2 e années) : R. Van Nuffel, par intérim. Et, en 1 re année, A. Stefens reçut le cours d'histoire contemporaine. H. Woestyn fut obligé par des raisons de santé d'abandonner son cours de politique des transports; ce cours fut confié à G. Renier, qui l'enseignait déjà en section flamande. Le professeur d'allemand, F. Swagers, mourut dans un accident d'automobile (7 mars 1935); Oscar Vandoorsselaer reçut sa succession (arrêté royal du 17 mai 1935). Constant Eeckels, professeur d'espagnol, mourut en septembre 1934; il eut comme successeur Adhémar 88
89 Gehain, qui avait longtemps résidé en Bolivie comme directeur général de l'enseignement (arrêté royal du 16 février 1935 ( 189 ). A mesure que la section flamande de l'institut se constituait et que de nouveaux cours étaient introduits par le nouveau régime, d'abord en Ire année, le besoin de locaux se faisait progressivement plus pressant. La ville d'anvers y pourvut en faisant construire, rue de Vrière, six salles de classe supplémentaires dans l'immeuble qui avait été jusque-là habité par le directeur. Ces nouveaux cours de 1 re année furent attribués comme suit (arrêté royal du 16 janvier 1935) : section française section flamande histoire contemporaine : A. Stefens A. Stefens philosophie: Ph. Devaux H.De Vleeschauwer mathématiques : L. Aen den L. Aen den Boom Boom En 1934, le sénateur Léon Dens, grand armateur et ancien de l'institut, créa le prix Léon Dens pour récompenser l'étudiant qui se serait particulièrement distingué en obtenant sa licence dans la spécialité maritime. Ce fut maintenant la 3 e année de cours à être dédoublée. Les titulaires des nouvelles chaires de la section flamande furent: droit commercial comparé mathématiques appliquées technologie histoire des doctrines économiques P. Brusseleers F. Grimbers E. De Vries G. Craen 189 Annuaire, année 1936, pp
90 sciences financières et banques; assurances droit maritime; droit constitutionnel et administratif comptabilités spéciales; organisation moderne des affaires étude comparée des ports; politique des transports institutions politiques des états étrangers géographie économique spéciale le Congo belge P. Beniest De Jongh V. De Wasch G. Renier J.J.Van Tichelen E. Viaene M.M. De Baer. Le professeur C. Van Deyck n'enseigna plus désormais le français qu'en section flamande. De même le professeur De Wasch abandonna en 3 e année (section française) le cours d'organisation moderne des affaires, qu'il ne donna plus qu'en section flamande; A. De Groote lui succéda dans cette charge. Dans la commission administrative, l'échevin J. Somers remplaça, en 1934, l'échevin W. Eekeleers. Le Cercle des Anciens créa une fondation Alex Van Opstal, le 2 octobre 1936, dans le but de favoriser les études commerciales, maritimes et coloniales à l'institut. Le prix Alex van Opstal était destiné à récompenser un étudiant belge méritant ayant obtenu à l'institut le diplôme de candidat en sciences commerciales et qui se serait engagé à poursuivre ses études en licence à l'institut. Van Opstal, licencié de l'institut en 1895, était arrivé à être administrateur-délégué de l'agence Maritime Internationale, et de la Compagnie Maritime Belge. Il était mort en janvier 1936 ( 190 ). 190 Annuaire, année 1957, pp ; Annuaire du Cercle des Anciens, 1956, pp
91 Le 5 décembre 1936, le roi Léopold III accorda au Cercle des Anciens son haut patronage. Le Cercle avait institué le 5 mars 1934 un service de placement pour ses membres ; les résultats qu'il a obtenus sont bien connus De plus, l'activité des sections du Cercle à l'étranger a été remarquable en faveur de la cause de l'institut et de l'expansion économique de la Belgique. En 1937, il y avait sept sections du Cercle à l'étranger : Luxembourg, France, Pologne, Roumanie, Bulgarie. Grèce et Egypte. Le 1er octobre 1937, l'institut vit la mise en œuvre effective de sa quatrième année d'études (2 e licence) et la grande réforme de 1933 arriva enfin ainsi à son couronnement. Dans le nouveau régime, la 3e année (1re licence) gardait la plupart des cours communs aux trois sections de l 'ancienne 3 e année; la spécialisation ne commençait maintenant plus qu'en 4 e année, 91
92 Pour celle-ci les cours furent attribués comme suit : français néerlandais droit des gens L. Gyselynck L. Gyselynck droit international privé idem idem législation consulaire idem P. Brusseleers droit constitutionnel comparé R. De Jongh R. De Jongh droit maritime idem idem histoire diplomatique A. Stefens J. Van Tichelen exercices de style diplomatique E. Casteur E. Casteur théorie mathématique des opérations financières et des assurances H. Maurice M. Pigeolet politique commerciale des pays étrangers J. Steels G. Craen économie financière J. Steels A. De Ridder organisation et administration des entreprises De Groote V. De Wash comptabilité spéciale idem idem finances publiques idem idem législation financière idem idem déontologie Ph. Devaux De Vleeschauwer économie des transports G. Renier G. Renier géographie du Congo J. Van E. Viaene belge Asbroeck étude comparée des ports G. Renier J. De Cavel 92
93 Prosper Plouvier démissionna de la commission administrative de l'institut en février 1936 par suite de son âge avancé; il mourut le 6 septembre suivant. Son successeur fut Marcel Osterrieth, conseiller communal d'anvers. De plus, P. Ramlot succéda à F. Good à la commission (arrêté royal du 4 février 1937). A partir decette 'date, le Cercle des Anciens fut toujours représenté au sein de la commission administrative. En 1 re licence, par des arrêtés du 30 juin et du 16 septembre 1936, A. De Ridder reçût le cours de statistique appliquée, en section flamande, et A. Henry en section française; P. Beniest reçut le cours de législation des assurances dans les deux sections ; R, De Jongh fut charge du cours de législation sociale et industrielle, section française. Pour des raisons de santé, A. Bayot fut oblige de renoncer à ses cours d'italien, qui passèrent a R. Vannuffel ad interim, puis définitivement ( 191 ). A la séance d'ouverture des cours, le 17 octobre 1936, A. De Bauw, président du Cercle des Anciens, prononça un discours important. Il jeta un cri d'alarme devant le fait qu'il existait en Belgique le nombre anormal de 14 Instituts supérieurs de Commerce, alors que la Hollande n'en comptait que deux. Cela compromettait le succès de la réforme par la quasi impossibilité de recruter, pour tant d'écoles, un corps professoral compétent et d'un haut niveau, comme c'était le cas à l'institut. R. Gruslin, secrétaire du Cabinet du ministre de l'instruction publique Hoste, était présent. Il répondit 191 Bayot mourut en juillet
94 séance tenante: «Cette prolifération doit, selon moi, être regrettée. La dispersion entraine la stérilité des' efforts. Mais c'est un fait qui nous domine, suis-je tenté de dire, et croyez m'en, il faut dans les cabinets ministériels, déployer toutes les ressources de la stratégie moderne pour empêcher d'autres naissances supplémentaires que vous qualifieriez certainement d'illégitimes» ( 192 ). L'année 1937 était marquée par le 85 e anniversaire de l'iscea: la commission administrative décida de faire imprimer une brochure commémorative: «L'Institut Supérieur de Commerce de l'etat à Anvers, ». Cette brochure était surtout destinée à 'être répandue dans les pays d'où les étudiants étrangers venaient à l'institut. Elle vantait tout autant l'importance économique de la ville d'anvers comme port mondial comme centre industriel et comme grand marché que la grande utilité d'études commerciales supérieures faites en un lieu aussi privilégié, à l'institut Par une convention spéciale entre l'etat et la Ville, à partir du l er janvier 1937 les dépenses d'administration de l'institut ne furent plus réparties sur la base de trois quarts pour l'etat et d'un quart pour la ville d'anvers, mais furent à charge de l'etat, la ville n'intervenant plus que pour une somme forfaitaire à cause de la forte augmentation du budget de l'institut. A. Laliere fut admis à l'éméritat le 16 novembre 1936 (il mourut en 1952). Ses divers cours furent repris par E. De Vries. D'autre part, F. Baudhuin et H. Woestyn démissionnèrent en 1937: ils avaient, en dehors de l'institut, des fonctions importantes qui les absorbaient. Leurs cours passèrent respectivement a Ch. 192 Annuaire, année pp ,
95 Roger (législation douanière et législation fiscale) et à G. Renier par interim. En juillet 1937, Ch. Bihot mourut. Ses cours de géographie furent attribués a I. Van Asbroeck. Quant aux cours d'anglais (supérieur) et de russe, E. Courtoit (mort le 7 octobre 1950) et I. Taitsch (mort le 8 août 1942), ayant été admis à l'éméritat le 15 juillet 1937, y eurent comme successeurs E. Van Langendonck et Meir, d'un côté, et S. Kosman, de l'autre. L'arrêté royal du 24 septembre 1937 ouvrit, aux jeunes gens dépourvus de l'un des certificats exigés par le nouveau régime, la possibilité d'être néanmoins admis en 1 re candidature; il organisait dans ce but à Bruxelles une épreuve devant un jury central. Elle eut lieu pour la première fois en 1938 ( 193 ). Pour faire face à son extension constante, l'institut s'annexa les locaux contigus, occupés, rue Coquilhat, par le Musée de la Navigation et par le Bureau des Renseignements commerciaux. Ces locaux furentconvenablement aménagés en Leur premier étage fut réservé à la bibliothèque, qui grandissait tellement qu'elle manquait de nouveau d'espace. Le rez-de-chaussée fut transformé en salle des fêtes. Celle-ci fut inaugurée le 15 octobre 1938 a l'occasion de la séance: académique de réouverture des cours. Quelques toiles de maitres l'ornent, ce qui est dans l'habitude bien anversoise de joindre en tout le commerce et l'art ( 194 ). Qui se serait douté ce jour-là 193 Annuaire, année 1953, pp, Annuaire, armée 1959, pp,
96 que, pendant six années, cette salle n'allait plus être utilisée P La réforme de l'enseignement commercial supérieur avait pris quatre ans et venait précisément d'être achevée. Désormais, l'ancien Institut de Cateaux et de Molinari était une chose du passé ; le nouvel Institut n'avait plus, semblait-il qu'à couler des années paisibles et fécondes dans son cadre élargi et avec son nouveau programme. Mais la destinée ne lui accorda aucun répit. A peine un an plus tard, la deuxième Guerre Mondiale avait éclaté depuis un mois lors de la réouverture des cours; le 15 octobre 1939, la nouvelle salle des fêtes ne fut le siège d'aucune séance solennelle. Le ministre de l'instruction publique avait exprimé le désir que les cours reprennent sans aucune cérémonie, tant aux universités qu'à l'institut. De nouveaux bouleversements commençaient. En octobre 1938, la séance de réouverture avait été présidée par Camille Huysmans, président de la Chambre et bourgmestre d'anvers. En cette dernière qualité, il était aussi président de la commission administrative de l'institut. Dans son discours inaugural, il était revenu a la charge sur la question du trop grand nombre d'instituts supérieurs de commerce; aux 14 existants on voulait même en ajouter encore deux (un à Hasselt, un à Namur). En 1934, une faute avait été commise par le gouvernement: il avait agrée tous les 14 instituts existants, sans avoir vérifié, au préalable, s'ils répondaient ou non aux exigences de la nouvelle loi. L'Etat devait donc maintenant réduire le nombre des instituts agréés et revoir les montants des subsides prévus. D'autre part, Huysmans protesta contre la situation faite à Institut : le doctorat en sciences 96
97 commerciales et l'agrégation de l'enseignement moyen du degré supérieur ne pouvaient pas rester un privilège des quatre universités. «Créé le premier, l'institut... est riche de la plus longue expérience... Il est la «maison-mère». Mais on l'a amoindri et ce pour accorder des privilèges, peut-être à des enfants mineurs, en tout cas à des enfants ingrats» ( 195 ). A cette même séance, le directeur avait évoqué le rêve de «l'université d'anvers» Ce serait, pour commencer, une «Faculté commerciale, coloniale et maritime» groupant l'institut, l'université Coloniale et l'ecole de Médecine Tropicale. En février 1938, Frédéric Good et C. Jussiant, président de la Chambre de Commerce, prirent la place d'armand Grisar et de M. Osterrieth dans la commission administrative. Le 1er janvier 1939, l'échevin L. Delwaide, député, y succéda à l'échevin E. Van Put et Armand Grisar y revenait, prenant la place de W. Friling. Le Cercle des Anciens adressa en 1938 un appel en vue de mettre le capital de la fondation Louis Strauss mieux en rapport avec la personnalité éminente de celui-ci. La réponse fut généreuse: le capital fut doublé. La discrimination en faveur des écoles de commerce annexées aux universités, et au détriment de notre Institut, était invétérée en haut lieu. Elle se manifestait a toutes les occasions. Ainsi, quand le statut des agents de l'etat fut établi par les arrêtés royaux du Annuaire, année 1959, pp
98 octobre 1937 et du 30 mars 1939, les licenciés en sciences commerciales des écoles universitaires furent admis en 1 re catégorie, tandis que les licenciés de l'institut étaient classés en 2 e catégorie avec les diplômés de l'enseignement moyen (arrêté royal du 7 août 1939); de plus, seuls les licenciés des écoles de commerce universitaires recevaient le droit d'enseigner dans les sections normales moyennes (arrêté royal du 3 juin 1939). Le conseil académique de l'institut vota, le 13. janvier 1940, contre cette situation une protestation énergique, qu'il envoya au ministre de l'instruction publique, Soudan, en exprimant le vœu que les droits de l'institut soient reconnus comme équivalents à ceux des écoles de commerce annexées aux universités. La commission administrative alla même jusqu'à menacer de démissionner en bloc ( 196 ). L'arrêté royal du 18 mars 1940 donna une satisfaction partielle à cette revendication: les licenciés de cinq Instituts supérieurs de Commerce (dont le nôtre) étaient mis sur le même pied que les licenciés des écoles de commerce annexées aux universités pour l'admission en 1 re catégorie des agents de l'etat ( 197 ). Mais la discrimination subsistait en ce qui concernait la licence en sciences commerciales et coloniales (nouveau régime): l'institut avait eu le droit de la conférer, sous l'ancien régime, de 1901 à 1928, mais maintenant seules les quatre universités pouvaient l'accorder. Le 196 Annuaire, année 1940, pp Annuaire, année 1970, p
99 ministre ne pouvait faire aucune objection de principe à cette revendication légitime; il invoqua seulement «des raisons budgétaires» pour ne pas y accéder «en ce moment». Et l'arrêté royal du 19 novembre 1938 n'autorisa l'institut a délivrer les titres de licencié que dans les trois spécialisations consulaire, financière et maritime. Or il ne s'agissait plus de former des hommes d'affaires pour le Congo belge seulement, mais pour les pays tropicaux en général, dans le cadre de l 'expansion économique mondiale de la Belgique. Des lors, la suppression malencontreuse de 1928 ne se justifiait en rien. De plus, ni le doctorat ni l'agrégation de l'enseignement moyen du degré supérieur n'étaient accordés à l'institut. G. Renier avait atteint Page de l'éméritat; l'arrêté royal du 23 juin 1939 le lui accorda. Mais il mourut dès le 26 août, sans avoir pu connaitre la détente qu'il avait bien méritée. Le professeur P. Beniest fut admis A l'éméritat à partir du 1er octobre 1939 (arrêté royal du 11 juillet 1939). Mais, par un arrêté royal du 30 janvier 1940, il reprit ses cours «pour la durée de la mobilisation», qui touchait plusieurs professeurs de l'institut. Par la suite, il continua ses cours «jusqu'à disposition ultérieure», vraiment un bel euphémisme. Il dut toutefois partir pour de bon, pour raisons de santé, le 1er octobre 1941 : il est mort le 1er novembre
100 Des septembre 1939, neuf professeurs et beaucoup d'étudiants avaient été mobilisés. Les professeurs restés sur place donnèrent les cours des absents. Avec l'invasion de la Belgique (10 mai 1940), tous les autres étudiants belges furent appelés sous les drapeaux et le gouvernement décida de suspendre les cours de tout l'enseignement supérieur. La' capitulation (28 mai 1940) amena la possibilité d'une certaine 'reprise de l'activité de l'institut: à partir du 15 juillet 1940, les étudiants belges qui avaient été libérés du service militaire préparèrent leurs examens avec l'aide des professeurs présents; les étudiants étrangers n'étaient évidemment pas revenus. Le gouvernement étant parti de Belgique devant l'invasion, les ministères furent gérés, durant l'occupation, par les secrétaires généraux pour l'expédition de toutes les affaires administratives courantes. Celui de l'instruction publique avait décidé (30 juin 1940) d'autoriser l'organisation des examens. La session ordinaire de ceux-ci put ainsi se dérouler à partir du 2 septembre et la session extraordinaire à partir du 14 octobre Une session spéciale (janvier 1941) fut prévue pour les étudiants qui étaient rentrés tardivement de l 'rance et pour les ajournés dc la session d'octobre. Ainsi; au contraire de , l'enseignement supérieur continua en Belgique; durant la 2 e guerre mondiale, à l'institut et aux universités. A l'ouverture de l'année académique suivante (octobre 1940), Devaux, Van Langendonck et Vannuffel, trois des professeurs qui avaient été mobilisés, étaient encore prisonniers de guerre; M. De Baer se trouvait à l'étranger, chargé d'une mission officielle importante en pays libre; H. Laurent était mort en met (28 mai 1940) en 100
101 tentant d'atteindre l'angleterre ( 198 ). G. Craen était devenu directeur général au ministère des Affaires économiques, mais (par arrêté du S.G. du 25 février 1941) il conserva cependant ses quelques heures de cours à l'institut ( 199 )- Bref, les cours ne purent commencer que le 12 novembre Ph. Devaux rentra de captivité juste à ce moment pour donner le sien. A Henry fut admis à l'éméritat (arrêté du S.G. du 25 juillet 1940) ( 200 ); A. Dufrasne donna ses cours ad interim (décision du S.G. du 15 avril 1941). I. De Cavel fut chargé (arrêté royal du 19 décembre 1939) du cours d'étude comparée des ports (section française) qu'il donnait déjà dans la section flamande; il donna aussi, en français et en flamand, le cours d'économie des transports. N'ayant pas reçu le droit de reprendre son enseignement, J. Van Tichelen ne donna pas ses deux cours de 2 e licence; l'interim en fut assuré par R. De Jongh (droit constitutionnel compare) et par A. Stefens (histoire diplomatique). Ch. Verlinden reçût l'interim du cours de H. Laurent et A. Marzorati de ceux de M. De Baer (arrêté du S.G. du 31 janvier 1941). Enfin, H. De Vleeschauwer ayant été charge, ad interim, d'être directeur de l'enseignement supérieur au ministère, ses cours de philosophie furent donnés, ad interim, par A. Kriekemans (arrêté du S.G. du 23 janvier 1941). 198 Annuaire, année 1941, pp Annuaire, année 1946, p Annuaire, année 1959, 63, il mourut en
102 En effet, en l'absence des ministres 'du pays, aucune nomination définitive ne pouvait être faite puisque aucun arrêté royal ne pouvait être signé par le roi qui était prisonnier, ni contresigné par un ministre. Les secrétaires généraux parèrent aux nécessités urgentes en faisant des nominations ad interim, les seules qu'ils avaient le pouvoir de faire. C. Huysmans se trouvait à Londres ; l'échevin L. Delwaide exerça, durant l'occupation, l'interim de ses fonctions de bourgmestre et présida, par conséquent, la commission administrative de l'institut; W. Friling y prit sa place en tant que membre de la commission. E. Van Langendonck, rentré d'un Oflag, comme Devaux eut moins de chance que lui et ne fut admis a reprendre sa chaire que le 22 mars 1941 (arrêté du S.G. de cette date). Quant à R. Vannuffel, il dut rester en Allemagne, comme prisonnier de guerre, jusqu'au bout. Cependant, la commission administrative s'efforçait d'arriver au «rétablissement» de la licence en sciences commerciales et coloniales (mais du nouveau régime maintenant). Elle réussit d'abord à obtenir du ministère la décision de principe de rétablir l'enseignement du portugais a l'institut (lettre du S.G. du l er mars 1941). A la commission administrative, les mandats de P. Ramlot et de F. Good furent renouvelés par le secrétaire général le 7 juillet De son côté la ville d'anvers remplaça l'échevin I. Somers par L. Van Dyck, directeur général de la Bell Téléphone. Quant à A. Grisar, il eut pour 102
103 successeur L.G. Van De Steen, administrateur de la Banque d'emission. Joseph Wauters fut admis à l'éméritat (arrêté du S.G. du 31 juillet 1941) ; il est mort le 17 mars Sa succession fut donnée à W. Opsomer. Le prix Léon Dens ne fut pas conféré en 1941 parce qu'il n'y avait eu aucun étudiant dans la section maritime de l'institut. Par contre un fonds C. Jussiant fut alors créé. Les prix devaient en être attribués aux étudiants belges de l'université Coloniale, de notre Institut et de l'institut Supérieur de Commerce St-Ignace. Un concours annuel devait avoir lieu. à tour de rôle, parmi les étudiants de la section française et de la section flamande de l'institut qui étaient devenus licenciés durant les deux années académiques précédentes. L'accent était mis sur la clarté de la rédaction et la pureté de la forme du mémoire ainsi que sur l'élocution lors de sa présentation orale. Ce concours se déroula pout la première fois en Joseph Legrand reçût le cours d'exploitation du navire (arrêté du S.G. du 2. avril 1942), Joseph Rooman celui des expéditions maritimes (arrêté du 21 mars 1942). W. Plouvier celui de banque et finance (arrêtés du S.G. du 21 mars et du 23 mai 1942) et W. Van Walle celui d'économie des transports (mêmes arrêtés). Ces charges étaient ad interim en section française; mais elles étaient conférées à titre définitif en section flamande, ce qui était une violation de la loi. La section financière vit son programme accru par l 'introduction de la science des probabilités : en 1 re licence, 103
104 dans le cours de mathématiques appliquées; en 2 e licence, dans le cours de théorie mathématique des opérations financières et des assurances. H. Maurice en fut charge en français et M, Pigeolet en néerlandais (arrêté du S.G. du 6 mars 1942). Le même arrêté chargea A. Dufrasne dc l'interim du cours de statistique mathématique (2 e licence), tant en français qu'en néerlandais. Il confia aussi l'enseignement des principes de la conjoncture à C. Roger, en français, et à A. De Ridder, en néerlandais ( 201 ). J. Basyn reçut la technique et la législation des assurances, en section flamande (arrêté du S.G. du 2 avril 1942.); F. Waleffe reçût le même cours en français (arrêté du S.G. du 23 mai 1942). Le 30 avril 1942, Victor De Wasch mourut, épuisé et affaibli. Et A. De Groote fut, peu après, admis à l'éméritat (arrêté du S.G. du 1er mai 1942) ; il mourut le 7 novembre L'enseignement du portugais, rétabli en principe à l'institut, fut confié à Vasco da Fonseca, secrétaire du corps consulaire d'anvers et du consulat du Portugal a Bruxelles (arrêté du S.G. du 20 novembre 1942) ( 202 ). En 1943, la composition de la commission administrative aurait u être renouvelée en vertu du règlement organique de l'institut. Mais devant les difficultés matérielles d'observer strictement le statut de l'institut, le secrétaire général de l'instruction publique 201 Annuaire, année 1946, page Annuaire, année 1946, page
105 décida, le 13 mai 1943, de considérer la commission administrative comme l'un des corps constitués auxquels s'appliquait la loi du 7 septembre Cette loi avait précisément été faite, au début de la 2e guerre mondiale, pour faire face à de telles situations. Des lors, la commission administrative put continuer à fonctionner, sous l'occupation, sans plus avoir à modifier sa composition ( 203 ). Les gens de l'ordre nouveau voulaient alors supprimer la section française et ne garder que la section néerlandaise exclusivement. Mais la commission administrative s'y opposa et le secrétaire général décida d'autoriser «provisoirement» le maintien de la section française et de ne conférer les chaires qui deviendraient vacantes dans celle-ci qu'a des professeurs intérimaires nommés pour une seule année académique. Comme l'arrêté du secrétaire général du 16 novembre 1943 prolongea leur mandat pour une nouvelle année académique ( ), l'on parvint jusqu'au moment où] Anvers fut libérée (4 septembre 1944). Au contraire, les nominations dans la section néerlandaise avaient désormais eu lieu à titre définitif. Les locaux de l'institut se trouvaient dans le voisinage d'une industrie importante et étaient assez exposés aux raids de l'aviation alliée, dont l'activité était devenue considérable en La ville installa un abri convenable qui fut utilisé à chaque alerte et l'on décida de maintenir l'activité de l'institut sur place. 203 Annuaire, année 1945, p
106 En vue d'augmenter le nombre des professeurs «full time» de l'institut, les cours devenus vacants par les départs de A. De Groote et de V. De Wasch furent conférés a 'des charges de cours déjà en fonctions à l'institut. Cette répartition eut lieu comme suit (arrêtés du S.G. des 3 et 30 novembre 1942) : F. Grimbers section flamande organisation des entreprises comptabilités spéciales section française idem, mais ad interim R. Schuyten section flamande comptabilité générale (2 e candidature) technique des opérations financières (1 re candidature) section française idem, mais ad interim W. Plouvier section flamande comptabilité générale (l re candidature) M. Pigeolet les deux sections mathématiques (2e candidature et 1re licence) G. Brandt section française techniques des opérations financières (2 e candidature), mais ad interim. La vie des étudiants des universités et de l'institut connut des moments d'angoisse en C'était le grand 106
107 tournant de la guerre mondiale; le régime naziste, pour augmenter ses effectifs sous les armes, avait maintenant recours à la mise au travail obligatoire en Allemagne des jeunes gens des territoires occupés. Les étudiants de 1 re candidature furent obliges d'interrompre leurs études en mai Ils ne purent se présenter aux examens qu'en décembre 1943 et en janvier 1944, au lieu de juillet et d'octobre Des 124 étudiants qui se présentèrent 65 réussirent l'épreuve et furent régularisés comme étudiants de 2 e année. Par décision du secrétaire général, 25 des ajournés furent autorisés à suivre les cours de 2 e année comme élèves libres, en vue de leur éviter la réquisition. De même, durant l'année académique , les cours de 1 re candidature, tant aux universités qu'à l'institut, furent suspendus: aucun étudiant ne fut inscrit en 1 re candidature, afin d'échapper aux ordonnances allemandes sur le travail obligatoire. A cette époque, l'annuaire de l'institut ne put paraitre qu'avec la mention du numéro et de la date de l'autorisation de la «Propaganda Abteilung (Belgien)» et du numéro et de la date du bon de la «Papier Centrale». Cela ne rendit en rien ce papier meilleur. O. Vandoorsselaer, qui demeurait à Schaerbeek, y fut victime, le 7 septembre 1943, d'un raid aérien. Il y perdit tous ses biens et fut blessé. C. Bellefontaine fut chargé de l'interim de ses cours d'allemand pour la durée de son congé (jusqu'en février 1944). Un arrêté du secrétaire général, du 7 décembre 1943, chargea le docteur A. De Ruddere de donner en section flamande le cours d'hygiène coloniale et internationale qu'il professait déjà en section française. 107
108 Le 11 février 1944, J. Denucé mourut. Le cours d'histoire économique qu'il donnait en section flamande fut confié ad interim à C. Verlinden, qui avait déjà l'interim du même cours en section française. Louis Michel fut tué, le 19 juillet 1944, dans la gare d'alost par une attaque aérienne contre le train qui le ramenait de Gand, où il était aussi charge de cours à l'université. G. Meir fut tué, le 6 septembre 1944, à Anvers, deux jours après la libération de cette ville, par les éclats d'un des obus qui y tombaient alors de temps en temps: l'artillerie allemande la bombardait depuis Merxem ( 204 ). E. Van Langendonck assura l'interim de ses cours d'anglais en licence, tandis que R. Guiette recevait l'interim des cours de français de son collègue de Gand, Louis Michel ( 205 ). C. Van Deyck risqua d'être tué le 4 septembre 1944, lors de la libération d'anvers, pour son rôle dans la résistance ce jour-lé. Après ce jour, Anvers fut une des cibles principales des nouvelles armes allemandes, les V1 et les V2. La toute première «bombe volante» qui atteignit la ville tomba, le 13 octobre 1944, A 100 mètres de l'institut, qui subit des dégâts importants. Il y eut 32 morts et 46 blessés dans le voisinage. Bientôt l'enseignement devint impossible A l'institut. L'école de médecine vétérinaire de l'etat à Cureghem, offrit l'hospitalité aux cours de celui-ci dans ses 204 Annuaire, année 1946, pp Annuaire, année 1945, pp
109 locaux, de janvier 1945 au 8 mai suivant, jour de la Victoire ( 206 ). Dans son rapport annuel sur l'année académique , le directeur, L. Aen den Boom, déclare : «Durant quatre années nous avons lutté pour le maintien de la section de langue française à l'institut. Elle était menacée dans son existence par une conception étroite de certains complices de l'autorité occupante, qui ne voulaient pas en reconnaitre l'importance nationale et internationale. «Grâce à l'appui du secrétaire général de l'instruction publique, de l'administration centrale et de la commission administrative, nous avons été autorisé, d'année en année, à poursuivre les cours, à condition de conférer les chaires qui deviendraient vacantes en cette section à des professeurs intérimaires» ( 207 ). A la réunion du conseil académique du 31 janvier 1944, A. Marzorati avait présenté le projet de créer une fondation pour favoriser les études et les recherches intéressant l'expansion commerciale, coloniale et maritime. Il s'agissait de développer la vie universitaire d'anvers par la coopération de toutes les institutions d'enseignement supérieur de cette ville ou ces sciences étaient étudiées: une bibliothèque scientifique centrale, un centre commun de recherches économiques, une revue scientifique commune ( 208 ). 206 Annuaire, année 1946, pp. 58, Op. cit, pp Op. cit, pp. 55,
110 Avec la libération, C. Huysmans était revenu d'angleterre et avait repris ses fonctions de bourgmestre d'anvers et, par-là, de président de la commission administrative de l'institut. Par contre, L.G. Van De Steen cessa d'y appartenir ; comme directeur de la Banque d'emission, il avait participé à un organisme d'ordre nouveau. Pour un motif du même genre, A. Stefens fut écarté de ses cours d'histoire: C. Verlinden reçût l'interim de son cours d'histoire contemporaine (1 res candidatures française et flamande) et J. Van Tichelen de son cours d'histoire diplomatique (2 e licence). De même, H. De Vleeschauwer fut révoqué de ses cours de philosophie (section flamande) et de ses cours à l'université de Gand (arrêté du Régent du 7 février 1945) et alla s'établir en Afrique du Sud. Le cours d'étude comparée des ports de J. De Cavel, directeur de l'outillage du port d'anvers, fut confié ad interim, dans les deux 'sections, a G. Aertssen. Le 8 janvier 1945, Joseph Rooman, armateur fluvial, mourut; son cours d'expéditions maritimes, dans les deux sections, fut donné ad interim, par M. Wildiers, dispacheur. D'autre part, W. Alexander et P. Hoyaux remplacèrent ad interim I. Legrand dans ses cours. Ils auraient dû entrer, tous les trois, en fonctions pendant l'occupation, mais, en raison de leur attitude patriotique, ils avaient encouru l'interdit de l'autorité allemande. Ce n'est qu'après la libération qu'ils purent inaugurer leurs cours ( 209 ). Le 20 octobre 1945, la salle des fêtes de l'institut fut le théâtre de la séance de réouverture des cours. Cette 209 Annuaire, année 1949, p. 37: Paul Hoyaux mourut le 30 mai
111 séance était doublement solennelle : elle se déroulait dans l'émotion de la paix retrouvée après une lutte qui avait mis en danger les traditions démocratiques de l'occident: elle n'avait lieu dans ce cadre que pour la deuxième fois depuis Camille Huysmans, revenu à Anvers, présidait, en tant que bourgmestre, cette séance à laquelle assistaient R. Godding, ministre des colonies, et J. Basyn, ministre des dommages de guerre et professeur à l'institut. Huysmans reprit la revendication de son discours d'ouverture de 1938: la mise sur pied d'égalité complète de l'institut avec les écoles de commerce annexées aux universités, c'est-à-dire le droit de conférer aussi l'agrégation de l'enseignement secondaire pour les sciences commerciales et le doctorat en sciences commerciales ( 210 ). De plus, comme le ministre des colonies, R. Godding, était Anversois et très bien disposé envers le rétablissement de la section coloniale de l'institut, A. De Bauw, président du Cercle des Anciens, et lui-même un colonial, prit aussi la parole pour plaider cette cause ( 211 ). De son côté, le directeur Aen den Boom répéta les termes de son rapport de l'année précédente au sujet du danger de suppression qu'avait couru la section française, «menacée par la conception étroite de certains collaborateurs de l'occupant» ( 212 ), mais il n'eut plus le courage d'ajouter «qui ne voulaient pas en reconnaitre 210 Annuaire, année 1946, p Op. cit., pp Op. cit, p
112 l'importance nationale et internationale». Cela ne changeait d'ailleurs rien à un fait qui reste incontestable. La commission administrative fut alors remaniée totalement pour rétablir le roulement qui avait dû être abandonné sous l'occupation. En firent partie A. De Bauw, Ch. Speth, M. Baelde, l'échevin E. Van Put, C. Jussiant et M. de Tabuenca. Quant au corps professoral, il tombait sous le coup de la décision que le gouvernement de Londres avait prise par un arrêté-loi le 5 mai 1944: toutes les nominations faites pendant l'occupation, par les secrétaires généraux, étaient déclarées nulles et non avenues. Il y avait donc eu lieu de déclarer vacantes, à l'institut, toutes les chaires attribuées après le 10 mai Une partie de ces nominations fut ensuite confirmée par l'arrêté du Régent du 26 janvier 1946 qui, par ailleurs, nomma les nouveaux professeurs suivants : succédant à : C. Bellefontaine comptabilité générale ; technique des A. De Groote, opérations financières ; correspondance commerciale; documents commerciaux (1 re et 2 e cand. fr.) V. De Wasch J. Van den Bergh idem (1 re cand. fr.) G. Brandt R. Gilsoul français (1 re et 2 e cand. fr.) L. Michel R. Roels néerlandais (idem) G. Meir G. Bouckaert philosophie (cand. fl.) De Vleeschauwer déontologie (lic. fl.) idem A. Grunzweig histoire économique (2 e cand. fr.) H. Laurent J. Lebrun banque et finance (1 re lic. fr.) P. Beniest 112
113 L. Levy idem (1re lic. fl.) idem De plus, W. Mi- anglais (1 re et 2 e lic.) G. Meir les (par arrêté du Régent du 19 juin 1946) D'autre part, L. Charles reçût le cours d'économie des transports, en section française. Le prix Léon Dens, réservé à un étudiant méritant de la section maritime, cessa alors d'exister: son créateur, Léon Dens, était mort victime bombes volantes. La division blindée polonaise qui avait participé avec l'armée canadienne, en 1944, a la libération des Deux Flandres, était maintenant démobilisée. Mais ses soldats ne désiraient nullement retourner dans une Pologne occupée par les armées russes. Beaucoup d'entre eux avaient la qualification voulue pour entreprendre en Belgique des études supérieures. Ils allèrent a diverses universités, suivant leurs études antérieures; 54 Polonais (dont des jeunes filles) entrèrent aussi à l'institut, dans leurs uniformes (octobre 1945). Ils n'avaient pas encore de vêtements civils. Le Centre des Hautes Etudes Polonaises en Belgique s'occupa de leur bien-être. Aux sessions d'examen de 1946, 23 réussirent à passer en 2 e année et trois d'entre eux passèrent à la fois les examens de 1 re et de 2 e année ( 213 ). Le 4 mars 1947, W. Van Walle mourait, encore jeune. Son cours d'économie des transports (1 re et 2 e licences flamandes) fut donné à J. Vrebos, inspecteur 213 Annuaire, année 1947, p
114 général au ministère des Communications (arrêté ministériel du 4 juin 1947, confirmé par arrêté du Régent du 29 mars 1948) ( 214 ). H. Maurice ayant été nommé à l'université Libre de Bruxelles, démissionna et son cours (théorie mathématique des opérations financières et des assurances) en 2 e licence française passa à A R. Vliebergh ad interim, par arrête du Régent du 27 février 1947, puis, à titre définitif, à M. Pigeolet. Les cours de ce dernier (mathématiques générales, 2 e cand., er mathématiques appliquées, 1re lic., en section française) passèrent à R. Galens (arrêté du Régent du 29 mars 1948) ( 215 ). M. De Baer était devenu un personnage important dans des organisations internationales comme la commission des crimes de guerre des Nations Unies; il ne revenait plus guère en Belgique depuis son départ en mission en Il démissionna donc de son cours d'économie coloniale (1 re licence flamande). A. Marzorati reprit sa chaire (arrêté du Régent du 31 mai 1943) ( 216 ). Avec l'année académique , la licence en sciences commerciales et coloniales, enfin rétablie selon l'arrêté royal du 17 septembre mais sous une forme nouvelle, recommença à être. d'abord à l'essai pour un an, l'une des sections de la dernière année d'études. L'accent était mis maintenant non plus sur le Congo, mais sur l'expansion de la Belgique dans les pays tropicaux en 214 Annuaire, année 1948, p. 52 ; année 1949, p Annuaire, année 1948, p. 35 ; année 1949, p Annuaire, année 1950, p
115 général et la section se nommait «section du commerce d'outre-mer». Les nouveaux cours de celle-ci étaient : Géographie, géologie et ethnographie section fr. : J. Van Asbroeck coloniales section fl. : E. Viaene Politique coloniale comparée dans les deux sections : A. Marzorati Droit commercial colonial comparé idem: W. Opsomer Financement du commerce interna- section fr. : J. Lebrun tional et opérations bancaires avec section fl. :L. Levy l'étranger Assurances maritimes dans les deux sections : P. Wildiers Cultures coloniales idem : E. Stoffels Organisation des entreprises coloniales idem: A. Dralans ( 217 ). Un arrêté du Régent du 5 juin 1948 avait donc autorisé à l'essai, l'institut in délivrer le diplôme de licencié en sciences commerciales ct coloniales (section du commerce d'outre-mer). Le 13 février 1950, un autre arrête du Régent agréa cette section définitivement ( 218 ). Un arrête ministériel du 19 juin 1951 y ajouta un cours de linguistique générale : I. Larochette en fut chargé ( 219 ). En outre, la section financière fut dotée d'un cours de contrôle comptable, pour les étudiants désireux de devenir reviseur d'entreprises, une fonction qui venait d'être créée; G. Brandt en fut chargé en section française et F. Grimbers en section flamande ( 220 ). Eric Sasse étant 217 Annuaire, année 1949, p Annuaire, année 1951, p Annuaire, année 1946, pp ; année 1948, pp Annuaire, année 1948, pp ; année 1949, p
116 devenu l'échevin d'anvers le... l'occupation, les Allemands le révoquèrent (5 août 1941), ce que Romsée, secrétaire général (intrus) de l'intérieur fit à son tour, obséquieusement, par un arrêté du 29 décembre Les hommes du «De Vlag», séides de l'ennemi, vinrent chez lui le tuer le 8 février Le livre «Antwerpen », publication officielle de la ville d'anvers, ne parle pas de cela : il déclare seulement, avec hypocrisie, que, à cette date, Sasse est «mort» (page 32). Le 8 février 1948, pour le cinquième anniversaire de cette mort, une cérémonie d'hommage eut lieu. A cette occasion, un fonds Eric Sasse fut créé. Il attribue chaque année, à partir de 1949, deux prix à décerner, dans un esprit de concorde nationale à deux licenciés en sciences commerciales et maritimes, l'un de notre Institut, l'autre de St-Ignace, auteurs de mémoires concernant une question maritime ( 221 ). Le 8 mai suivant, c'était le 75e anniversaire de la fondation du Cercle des Anciens Etudiants. On inaugura d'abord à l'institut, un mémorial en l'honneur des 21 professeurs, anciens étudiants et étudiants morts pour la Patrie en On comptait 6 morts en bataille; 9 résistants fusillés et 6 civils. Dans cette émouvante cérémonie du souvenir, R. Roels parla au nom de la résistance, puis R. Vannuffel à celui des anciens combattants. 221 Annuaire, année 1948, pp Willy Koninckx a consacré un volume émouvant à la biographie d'eric Sasse. 116
117 Le lendemain, une séance académique eut lieu à l'institut. Pierre Forthomme, ambassadeur, président d'honneur du Cercle, y prononça un discours : «Le commerce dans le monde nouveau». Un banquet, une réception a la Maison de Rubens et un the a la Zoologie clôturèrent la journée. Un livre commémoratif fut fait pour garder le souvenir de ces manifestations: «Cercle des Anciens Etudiants de l'i.s.c.e.a ». Il était rédigé par A.- J. de Bray, ancien secrétaire du Cercle. Le but fondamental de ces journées était de revaloriser le capital de la fondation Louis Strauss, altéré par les dévaluations, et d'augmenter les ressources de cette fondation. L'appel qui fut lancé aux contributions volontaires à un fonds spécial fut couronné d'un grand succès. A la commission administrative A. De Bauw se vit oblige par ses occupations multiples en Belgique et au Congo de renoncer à son mandat pour le 31 décembre 1948, ainsi que d'ailleurs in la présidence du Cercle des Anciens. Le nouveau président de ce Cercle, Albert Moulaert (1900), ex-ministre plénipotentiaire auprès de l'union Sud-africaine, lui succéda aussi à la commission administrative ( 222 ). En octobre 1949, une cantine fut ouverte à l'institut pour la facilité des étudiants, qui administrèrent eux-mêmes ce nouveau service. Le cours d'armement 222 Annuaire. année 1950, pp
118 maritime, donné par feu P. Hoyaux, fut conféré, par arrêté du Régent du 25 février 1949, à G. Aertssen, déjà professeur à l'université de Gand, qui fut déchargé de l'interim du cours d'étude comparée des ports. Ce cours-là fut confié ad interim à L. De Kesel, directeur du service technique du port par arrêté ministériel du même jour ( 223 ). E. Viaene fut admis à l'éméritat (arrêté du Régent du 11 janvier 1949) ( 224 ). C'est F. Camerlinckx qui lui succéda (arrêté du Régent du 13 janvier 1950) pour enseigner la géographie économique en section flamande ( 225 ). A la séance d'ouverture de l'année académique, le 7 octobre 1950, le bourgmestre d'anvers, L. Craeybeckx, qui présidait, eut une phrase pleine de modestie pour parler de l'institut: «Nous ne sommes pas université, nous ne prétendons pas aux mêmes prérogatives que ces institutions d'enseignement supérieur». A la séance d'ouverture suivante (6 octobre 1951), au contraire, Aen den Boom eut les paroles suivantes au sujet de l'institut: «Il a tenu haut les traditions des disciplines universitaires» ( 226 ). La commission administrative avait vu la fin du mandat de M. de Tabuenca et de Ch. Speth. Ils eurent comme successeurs (janvier 1950) l'échevin F. Detiège et F. Good ( 227 ). 223 Idem, p Il est mort le 1 e février Annuaire, année 1951, pp Annuaire, année 1951, p. 29 ; année 1952, p Annuaire, année 1951, pp
119 Comme l'histoire Belgique ne figurait pas au programme de l'institut, les licenciés de la section consulaire devaient subir un examen préalable sur cette branche avant d'être admis à participer au concours du ministère des Affaires étrangères en vue d'entrer dans la carrière. Pour remédier a cet état de choses, un cours d'histoire de Belgique fut créé ; il fut attribué en 1951 à I. Bartier, en section française, et a T. Luykx, en section flamande ( 228 ). Du 16 au 24 avril 1950, l'institut organisa, en la salle des fêtes, une exposition du verre, la première d'une série d'expositions sur l'industrie d'exportation belge que l'institut mit sur pied pour quelques années. En 195l', ce fut le tour du caoutchouc et en 1952 les «Public Relations» ( 229 ). Le roulement au sein de la commission administrative amena, au début de 1951, M. Baelde et l'échevin E. Van Put a céder leur place a Leo Van Dyck, de la Bell Telephone Manufacturing Company, et a Mario de Tabuenca, de l'agence Maritime Internationale. Au début de 1952, C. Jussiant, non rééligible, eu comme successeur l'échevin E, Van Put ( 230 ). Ch. Verlinden fut déchargé, à sa demande, du cours d'histoire diplomatique, que J. Wullus reçût ad interim, par 228 Idem, pp ; Annuaire, année 1952, p Annuaire, année 1951, pp ; année 1952, pp ; année 1953, p Annuaire, année 1952, pp ; année 1955, pp
120 arrêté ministériel du 17 juin 1951; puis, devenu professeur ordinaire a l'université de Gand, Verlinden demanda aussi (février 1952) d'être déchargé de son autre cours, l'histoire économique (section flamande), ce que lui accorda l'arrêté royal du 12 mai 1952; Th. Luyckx lui succéda ( 231 ). Maurice Naessens, de la Banque de Paris et des Pays-Bas, fut chargé, en 2 e licence, d'un cours nouveau: le financement ( 232 ). D'autre part, A. Marzorati, atteint par la limite d'âge fut admis à l'éméritat ( 233 ) et, par arrêté royal du 9 février O. Vandoorsselaer ( 234 ). Les deux cours de licence de A. Marzorati furent conférés à J. Van Bilsen, chef de cabinet adjoint du ministre de l'instruction publique, et celui de candidature (histoire contemporaine, colonies) A J. Bartier (en français) et à Th. Luyckx (en flamand); quant aux cours d'allemand de Vandoorsselaer, ce fut J. Peiffer qui les reçût (arrêté royal du 30 janvier 1953) ( 235 ). A. Marzorati mourut le 11 décembre En vertu de l'accord culturel belgo-norvégien, Ch. Roger alla comme professeur d'échange A l'université d'oslo, dont le professeur W. Keilhau vint donner des conférences à l'institut en octobre Le centenaire de l'institut fut fêté les 11 et 12 avril 1953 d'une façon éclatante. Comme Léopold II et comme 231 Annuaire, année 1953, p Annuaire, année 1952, p D une façon fort discrète, A. Stefens, qui n avait plus été admis à donner cours après la libération, fut également déclaré émérite maintenant (arrêté royal du 4 décembre 1951). 234 Annuaire, année 1953, pp Annuaire, année 1954, p
121 le roi Albert l'avaient fait en 1907 et en 1928, le roi Baudouin vint à l'institut le 11 pour assister à la cérémonie commémorative. L'après-midi, il y eut une réception à l'hôtel de Ville et, le soir, une grande fête des étudiants se déroula à la Salle des Fêtes de la Ville. Le 12, une séance académique vit six professeurs de l'institut exposer «Cent ans de vie maritime A Anvers». Suivit un grand banquet à la Bourse ( 236 ). Un «Fonds du Centenaire» fut alors créé le 28 septembre Il était destiné à consolider les fondations d'études existantes et à promouvoir l'étude des sciences économiques, entre autres en publiant des travaux dans ce domaine. Les lauréats des prix Louis Strauss et Alex Van Opstal recevaient du Fonds du Centenaire un complément destiné. A revaloriser leur prix original ( 237 ). C'est en cette année 1953 que l'institut fut aiguillé sur une voie très discutable par ceux qui étaient à sa tête et qui lui voulaient du bien, surtout dans le sens de lui faire atteindre un standing pleinement universitaire, celui des 236 Annuaire, année 1954, pp Le «Livre Mémorial des Fastes du Centenaire» témoigne du bel effort qui fut accompli par l Institut en ces deux jours. Ce livre était destiné A souligner «la place effective qui lui revenait» dans l'enseignement Supérieur «en vertu des mérites du passé et au profit de l'œuvre de l'avenir». -- Les «mérites du passé» : avoir été le prototype d un genre nouveau d'enseignement. - «L œuvre de l avenir» (pour la section française) : Annuaire, année 1954, p L'annuaire du Cercle des Anciens, 1956, pp , donne le règlement du Fonds. 121
122 écoles de commerce des quatre universités. I ne s'agissait plus maintenant de plaider la priorité en date de l'existence de l'institut, ni un monopole quelconque de l'enseignement des sciences commerciales. Il s'agissait seulement de tenter de tirer les conséquences de la loi de 1923, qui plaçait, du moins en théorie, l'institut dans l'enseignement supérieur, et de rattraper le faux pas de 1935, quand l'institut fut, au contraire, classé dans l'enseignement technique. Mais cette entreprise ne fut pas limitée à l'institut; dans l'illusion de renforcer ses chances de succès, on lia son sort à celui de trois autres instituts plus ou moins analogues: St-Ignace à Anvers et le tandem parallèle à Mons. C'était un exemple du bel équilibre linguistique et politique si cher aux hommes d'etat belges, mais c'était reconnaitre de prime abord trois égaux à l'iscea. De plus, cette conception contenait en germe l'idée qui est devenue fatale à l'existence de la section française, noyau de toute l'institution: la parité linguistique entre Anvers et Mons. A la séance d'ouverture de l'année académique, le 3 octobre 1953, le gouverneur de la province d'anvers, R. Declerck, parla des aspirations de l'enseignement supérieur des sciences commerciales à Anvers. Ensemble avec son collègue E. Cornez, gouverneur du Hainaut, et avec les administrateurs de l'iscea et de l'institut St-Ignace, ainsi que des deux écoles de commerce de Mons, il avait insisté auprès du ministre de l'instruction publique pour obtenir que les conséquences logiques soient tirées du fait qu'en 1923 l'enseignement de l'iscea ( 238 ) avait été mis sur le 238 Ici le gouverneur fait une confusion volontaire en étendant la portée de la loi de 1925 aux trois autres instituts de commerce. 122
123 même pied que l'enseignement commercial des universités, mais qu'en 1935 on avait laissé de côté ces conséquences en rangeant les quatre principaux instituts supérieurs de commerce avec les écoles de l'enseignement technique ou l'on trouvait un grand nombre d'instituts de commerce d'un standing nettement inférieur. Le gouverneur demandait, par conséquent, que l'institut cesse d'être Déprécie, qu'il soit place sous le régime de l'arrêté royal du 15 mai 1934 (écoles de commerce annexées aux universités de l'etat) et de l'arrêté royal du 18 septembre 1934 (ingénieurs commerciaux); qu'il reçoive le pouvoir de conférer le diplôme d'agrégé de l'enseignement moyen du degré supérieur en sciences commerciales; et qu'il soit transféré à l'administration de l'enseignement supérieur et des sciences ( 239 ). A la même séance d'ouverture, le baron van der Bruggen, qui représentait P. Harmel, ministre de l'instruction publique, déclara, parlant du rayonnement de l'institut, en Belgique comme à l'étranger,: «Si je parle de l'étranger, c'est qu'il y a un effort considérable à poursuivre pour que votre institution, comme les autres institutions d'enseignement supérieur de ce pays, devienne a nouveau pour les étudiants étrangers un pôle d'attraction. La Belgique est certainement, à ce point de vue en perte de vitesse. Cela provient, sans nul doute, en bonne partie, de 239 Annuaire, année 1954, pp Le directeur Aen den Boom, parlant après le gouverneur, déclara: «Nous espérons que dans un avenir rapproché les Instituts supérieurs de commerce de Mons et d Anvers seront englobés dans l'enseignement supérieur pour le travail scientifique qu ils ont fait durant un siècle». Or seule l'iscea avait alors un siècle d âge. Les trois autres écoles dataient de 1896 et 1899 (à Mons) et 1901 (St. Ignace). 123
124 ce que la langue française recule comme langue mondiale au profit de la langue anglaise. D'autre part, et surtout pour notre haut enseignement commercial, il y a le fait que les pays d'europe orientale, qui nous envoyaient auparavant de nombreux étudiants, sont à présent coupés de nous». Il voyait le remède dans une propagande appropriée, au Proche Orient et en Amérique latine; et pour la section néerlandaise, en Afrique du Sud et en Indonésie ( 240 ). En fait, les étudiants étrangers ne furent plus jamais nombreux à l'institut après En 1952, on fit des statistiques à ce sujet à l'occasion des fêtes du Centenaire. Il en résultait que, durant ce siècle, l'institut avait diplômé étudiants, dont Belges et étrangers ( 241 ). Mais pendant l'occupation, il n'y eut pas d'étrangers à l'institut. Et après la libération, les chiffres ne donnent que de vingt à trente étrangers jusqu'en 1957, puis seize seulement par année. Etant devenu professeur full time à l'université de Liège, Ph. Devaux renonça a ses cours de philosophie à l'institut; G. Hennuy, un de ses disciples, en reçut l'interim. Puis, après que Devaux eut été officiellement déchargé (arrêté royal du 30 juin 1954), G. Bouckaert, qui enseignait la philosophie en section flamande, en reçut aussi la charge en section française ( 242 ). Le baron Casteur (1903) mourut le 1er octobre 1953, alors qu'il venait précisément d'être admis à 240 Annuaire, année 1954, pp Annuaire, année 1960, p Annuaire, Vannée 1955, pp
125 l'éméritat. J. Wullus reprit son cours de style diplomatique. En même temps, A. De Ridder était aussi devenu émérite ( 243 ). Les deux cours qu'il donnait en 2 e licence flamande furent conférés (arrêté royal du 7 avril 1954) à Victor De Ridder et ses deux cours de statistique a R. Dereymaeker. Le directeur L. Aen den Boom fut atteint par la limite d'âge. Un arrêté royal du 19 février 1954 l'admit a l'éméritat au titre de directeur, et aussi pour ses cours de mathématiques, tout en le chargeant de continuer ses fonctions jusqu'à la fin de l'année académique. Ses successeurs pour ses cours furent R. Galens, en français, et F. Mielants (1 re cand.) fl.) et R. Butstraen (2 e cand. fl.) et, comme directeur de l'institut, F. Camerlinckx ( 244 ). R. Vannuffel fut professeur d'échange en Italie et le professeur Gino Luzzatto, de l'institut universitaire des Sciences Commerciales et Economiques de Venise, la célèbre «Cà Foscari», vint, pat contre, a l'institut donner des leçons sur l'histoire économique de l'italie. Cet Institut de Venise avait été créé en 1868 suivant le modèle du nôtre ( 245 ). En deuxième licence consulaire, un séminaire fut créé pour l'étude des relations internationales et E. Coppieters, directeur de l'institut des Relations Internationales, en fut chargé ( 246 ). 243 Annuaire, année 1954, pp Annuaire, année 1955, p, Idem, page Idem, p
126 En même temps, la deuxième licence maritime fut dotée d'un séminaire s'occupant des problèmes concrets relatifs à l'enseignement de cette section; W. Alexander en reçut la direction ( 247 ). F. Camerlinckx ( ) F. Camerlinckx fut nommé directeur en février 1954 a un tournant des plus grave pour la destinée de la section française de l'iscea. Alors que celle-ci avait entamé si joyeusement, l'année précédente, son deuxième siècle d'existence, elle ne se doutait pas qu'il ne lui restait plus que onze années à vivre. Elle ne voyait que le progrès continu de l'ensemble de l'institution, elle ne voyait pas les périls qui la guettaient elle-même sur un autre plan. C'étaient en effet deux plans diamétralement opposés, le plan intellectuel, scientifique, d'un côté, et le plan politique, de l'autre. Sur le premier des deux plans, aucune crainte à avoir, rien que des succès en vue, une confiance que les politiques pouvaient trouver naïve. Sur l'autre, un avenir rapidement négatif, culminant dans la destruction totale à cause de l'évolution de toute la législation linguistique en Belgique de 1953 à Le 10 mars 1954, une brochure avait été publiée: Pour un statut universitaire de l'enseignement commercial supérieur dans les provinces de Hainaut et d'anvers. Les auteurs en étaient : d'une part, les deux gouverneurs E. Cornez (Hainaut) et R. Declerck (Anvers); de l'autre, Mgr. Himmer, évêque de Tournai, et le R.P. Dhanis, provincial 247 Idem, pp
127 des Jésuites. Le but de cet appel était limpide: par un effort soigneusement équilibré, politique, régional et linguistique, former un groupe de pression assez puissant pour conquérir, ensemble, le statut universitaire tant recherché pour les quatre instituts d'anvers et de Mons ( 248 ). Que les deux localités n'étaient en rien égales importait peu. Il importait encore moins que la moitié française de l'iscea, l'institution mère de toutes les autres, était irrévocablement sacrifiée dans ce jeu subtil qui ne recherchait que la parité locale, et non pas l'intérêt scientifique de l'ensemble du pays. La défense de la langue française n'intéressait les Hennuyers que chez eux : la culture, loin d'être une valeur mondiale, n'étant plus que régionale, il était oiseux de regarder plus loin. Ce qui comptait, c'était l'argument régional, dont était soulignée «toute la légitimité». Les provinces d'anvers et du Hainaut sont, «dans le domaine universitaire, réduites à la portion congrue», si l'on tient compte du chiffre de leur population et de leur position industrielle, de leur puissance vitale. En conclusion, les quatre auteurs de la brochure demandaient pour leur quatre écoles exactement les quatre points que le gouverneur Declerck avait déjà réclamés pour l'institut seul dans son discours du 3 octobre 1953 à la séance d'ouverture de l'année académique. Mais maintenant, il ne s'agissait plus de la seule Iscea, il s'agissait de la «consécration spirituelle» de deux provinces belges par des «centres de culture régionale». Et lors de la rentrée académique du 16 octobre 1954, en même temps que 248 Liège (Commercial et Consulaire) était nécessairement laissée de côté; il ne s agissait que d'équilibrer. 127
128 l'ancien directeur transmit ses pouvoirs au nouveau, on parla, pour la première fois, officiellement à l'iscea, de la création d'un centre universitaire à Anvers ( 249 ). En attendant cette consécration, une nouvelle étape de progrès était franchie par l'institut. La loi du 22 juillet 1955 (loi Rolland) lui accordait le droit de conférer le grade d'agrégé de l'enseignement secondaire du degré supérieur pour les sciences commerciales. Mais elle l'accordait aussi à St-Ignace, aux deux instituts de Mons et à l'ecole des hautes études commerciales et consulaires de Liège. Un arrêté royal du 14 janvier 1956 organisa les conditions de délivrance de ce diplôme ( 250 ). Les cours y relatifs furent organises comme suit (1er mars 1956) ( 251 ) : section section flamande française Histoire de la pédagogie A. Gerlo G. Hennuy Pédagogie expérimentale A. Gerlo G. Hennuy Méthodologie générale H. Williame J. Aertsens Méthodologie spéciale des sciences H. Williame J. Aertsens commerciales 249 Annuaire, année 1955, p. SS. Tout établissement d enseignement universitaire comptant moins que les cinq facultés prévues par la loi pour être une université n était qu'un «centre». 250 Annuaire, année 1956, pp La loi et son arrêté royal d exécution y sont publiés, pp Idem, p
129 A la commission administrative le décès de A. Moulaert (30 novembre 1954) amena son remplacement par F. Lison, président du Cercle des Anciens ( 252 ). L'accession de F. Camerlinckx à la direction de l'institut rendit vacantes les chaires de géographie en 1 re et en 2 e candidatures flamandes : Leo Peeters en fut chargé ad interim (1er décembre 1954). A. Dralans reçut les couts de technologie industrielle (1 re licence) et de distribution des marchandises en 2 e licence, dans les deux langues. Le docteur A. De Ruddere fut admis à l'éméritat ( 253 ). J. Steels ayant été admis également A l'éméritat, ses cours furent répartis entre L. Levy (économie financière), W. Calewaert (législation financière, législation fiscale, législation douanière), I. Van Offelen (politique commerciale des pays étrangers, 2 e licence) et G. Cajot (finances publiques) (3 octobre 1955) ( 254 ). En 1956, le Cercle des Anciens publia un annuaire où se trouvent les statuts et les règlements organiques du Cercle, le règlement des sections locales et du service de placement ainsi que des diverses fondations. On y trouve ensuite la liste des membres du Cercle classes par profession et par localité ainsi que dans l'ordre alphabétique. 252 Idem, p Idem, p. 31. Il mourut en Idem, pp
130 Le 5 avril 1956, un arrêté ministériel fit accomplir par l'institut le progrès suivant en vue de son statut universitaire. Il fut transféré, avec les quatre autres instituts reconnus comme lui, de l'administration de l'enseignement technique à celle de l'enseignement supérieur et des Sciences ( 255 ). La conséquence logique en fut la loi du 19 mars 1957 qui assimila les étudiants de l'iscea aux étudiants universitaires pour l'octroi des bourses d'étude ( 256 ). Pour progresser encore dans l'amélioration de son statut, l'institut Entreprit de faire de la recherche scientifique: sa commission administrative suggéra au ministère la création A Anvers d'un centre général de recherches en marchandises ( 257 ). A la séance d'ouverture du 12 octobre 1957, l'échevin Detiège, qui présidait, put annoncer que le conseil communal d'anvers avait décidé d'acheter un terrain de plus de trois hectares comme contribution de la ville a la construction d'un nouveau complexe de bâtiments pour l'institut en vue de l'extension matérielle et scientifique de celui-ci: entre autres, un home pour les étudiants et un centre de recherches dans l'économie des territoires belges d'outremer ( 258 ). 255 Annuaire, année 1957, p Annuaire, année 1958, p Annuaire, année 1957, pp Annuaire, année 1958, pp
131 L'éméritat atteignit en 1958 quatre professeurs: R. De Jongh, C. Van Deyck, P. Brusseleers et W. Miles. Ils furent remplacés comme suit: section française section flamande organisation des entreprises G. Van Romp coloniales législation sociale et industrielle L. Charles R. Van Lennep droit constitutionnel et admi- E. Debra M. Storme nistratif belge droit constitutionnel comparé R. Baeyens droit maritime et fluvial R. Roland R. Roland droit commercial comparé et J. Van den Heuvel droit industriel principes A. Kinsbergen généraux du droit civil (idem) du droit commercial I. Gunzburg législation et règlements con- I. Cortvriend sulaires français J. Larochette anglais (la portion qui était E. Van Langendonck E. Van celle de W. Miles) ( 259 ). Langendonck L'élection de J. Van Offelen au Parlement en juin 1958 l'obligea à démissionner de son cours à l'iscea (politique commerciale des pays étrangers) pour incompatibilité de fonctions. Ce cours fut conféré à R. De Ridder. Quant à I. Bartier, il quitta l'iscea parce qu'il était devenu professeur full-time a l'u.l.b.; il vit ses cours repris par R. Rifflet (1er octobre 1958). Les anciens de la section flamande de l'iscea, «N.S.K.-Senioren», célébrèrent le 25e anniversaire de cette section. A la séance académique tenue à cette 259 Annuaire, année 1960, pp
132 occasion, ils instituèrent un «Seniorenfonds» pour couronner un diplômé de cette section. Ils attirèrent aussi l'attention sur la contribution importante de celle-ci a la flamandisation de la vie économique de la Belgique ( 260 ). Un arrêté royal fut signé le 12 avril Il stipulait que les professeurs de l'iscea seraient désormais soumis aux mêmes règles de recrutement et de promotion que ceux des universités, c'est-à-dire n'être pas seulement licenciés, mais aussi docteurs. Une autre mesure rapprochant l'institut d'un standing vraiment universitaire fut le fait qu'un aspirant du F.N.R.S. lui fut attache; il s'agissait de Boris Essig, le premier à recevoir un tel mandat chez nous ( 261 ). En même temps, le centre de recherches fut créé avec le titre de «Centre anversois d'études et de perfectionnement pour commerce international», A.S.B.L., c'est-à-dire dans le cadre de l'iscea mais sans en faire partie (24 avril 1958). Il était dû à l'initiative du directeur Camerlinckx, de quelques professeurs et de quelques anciens et la commission administrative lui accorda son patronage. Son président fut le professeur R. Schuyten ( 262 ). Le professeur d'espagnol, A. Gehain, était mort le 30 novembre 1955; A. Doppagne fut son successeur (19 mars 1957). 260 Annuaire, année 1959, p Idem, p Idem, pp. 50,
133 Le 8 septembre 1956, ce fut le professeur de flamand dans la section flamande, V. Celen, qui mourut. Sa chaire fut reprise par R. Roels, dont le cours de flamand dans la section française passa à A. Serayen (1 er janvier 1957). Quant à A. Dralans, il reçut, au Congo Belge, de la Banque de Paris et des Pays-Bas, une mission qui l'amena à quitter l'enseignement. Ses cours à l'institut furent donnés à K. Van Lerberghe (technologie industrielle et distribution des marchandises, tant en français qu'en flamand), R. De Ridder (organisation des entreprises commerciales d'outremer, en français) et G. Van Rompu (le même cours, en flamand) (7 décembre 1956). Le cours d'hygiène coloniale du docteur A. De Ruddere, émérite, fut repris par M. Roland (2 mai 1957). L'année 1957 amena, dans le renouvellement de la commission administrative, le remplacement de L. Van Dijck, M. de Tabuenca et F. Good par R. Neefs, directeur général de l'agence Maritime Internationale, C. Jussiant et J. Van Luppen, directeur général de la Ford Motors Belgium. En 1958, F. Lison et E. Van Put eurent G. Erauw et Leo Delwaide comme successeurs ( 263 ). E. Bal et H. Noppen succédèrent (let octobre 1958) a L. Gyselynck, dans les deux sections, pour les cours de droit international; ses fonctions de président de la Banque d'anvers étaient devenues trop absorbantes pour lui. 263 Idem, pp
134 En face du groupe de pression Anvers-Mons, mis sur pied en mars 1954, un mouvement d'un autre genre se constitua en mai Il ne s'occupait que de la partie flamande du pays; il y voulait deux universités de l'etat, toutes deux flamandes, Gand et Anvers. Le professeur Gillis, alors recteur de l'université de Gand, lança cette idée A l'assemblée annuelle (1957) du Vlaams Economisch Verbond, où la situation arriérée de l'enseignement supérieur en Flandre était à l'ordre du jour ( 264 ). Le gouverneur Declerck, déjà lié au groupe Anvers- Mons, n'adhéra pas au nouveau mouvement, dont, par contre, le bourgmestre d'anvers, L. Craeybeckx, prit avec enthousiasme la direction. Il amena le député F. Grootjans à déposer à la Chambre une proposition de loi dans ce sens, proposition qu'il contresigna avec F. Detiège (20 mars 1958). Article 1. «Il y a trois universités aux frais de l'etat: une in Anvers, une à Gand et une à Liège» ; article à «L'ISCEA ainsi que l'inutom font partie de l'université de l'etat à Anvers» ; article 6. «L'Institut de Médecine Tropicale à Anvers est annexé à la faculté de médecine» ( 265 ); article 7. «L'Université de l'etat à Anvers est soumise au même statut que celle de Gand, à l'exception des écoles supérieures mentionnées aux articles précédents, qui conserveront leur statut actuel» ( 266 ). Cette proposition de loi ne fit jamais aucun progrès au Parlement. Il est trop tôt pour établir les circonstances 264 L. Craeybeckx, Universiteit Antwerpen nu, pp Article inexécutable : cet Institut est postgradué, c.-à-d. d un niveau supérieur à celui d une faculté. 266 Chambre, Documents, session , n 886. Que signifie ici le terme ambigu «statut»? Sous-entend-il «linguistique»? Ou plus? 134
135 exactes et les motifs de cette stagnation. Il faudrait que les correspondances les mémoires des hommes politiques de ces années récentes, les documents officiels soient publiés et étudiés pour pouvoir constater avec précision ce que l'on ne peut que présumer et qui appartient encore pour longtemps aux arcanes des coulisses du pouvoir. Rappelons, en tout cas, que le gouvernement de gauche A. Van Acker (9 socialistes, 7 libéraux) fut au pouvoir du 22 avril 1954 au 2 juin 1958 (Léo Collard A l'instruction publique). Il fut suivi par un gouvernement groupant 12 catholiques et 7 libéraux, sous Eyskens et Lilar (6 novembre mars 1961); cette fois ce fut Charles Moureaux qui eut l'instruction publique. Le 10 août 1959, Craeybeckx revint à la charge. Devant la section d'anvers de l'«algemeen Vlaams Oud- Hoogstudenten Verbond» (président W. Opsomer), il parla ( 267 ) d'une université à créer à Anvers «par paliers successifs», ajoutant: «il y a longtemps que notre Iscea mérite d'être élevé pleinement au rang d'université». Il réclama enfin pour l'iscea le droit de conférer le titre de docteur, c'est-àdire de devenir une faculté par une réforme structurelle appropriée ( 268 ). A la séance inaugurale de l'année académique (octobre 1959), l 'échevin Detiège, qui présidait, déclara qu'un rapport du groupe «Recherche scientifique» du Vlaams Economisch Verbond préconisait la création immédiate à Anvers d'une Ecole Supérieure Technique et 267 Le texte de son discours a été publié (Anvers, 1959), même en français, Pourquoi créer une université à Anvers? 268 Pourquoi?, pp. 53, n. 1, 60,
136 d'un Institut pour la Recherche Scientifique Industrielle, ce que les grandes firmes de l'industrie anversoise accueillaient avec faveur. Il répéta ce qu'il avait dit, à la même occasion en 1957: pour assurer l'expansion matérielle de l'iscea, la ville avait réservé des terrains d'environ 4 hectares, ou l'on pourrait construire des locaux pour ces nouveaux centres de recherche et un home pour les étudiants. La nécessité de ce home était justifiée par le fait que l'enseignement en français de l'iscea y attirait aussi des étudiants de la Wallonie et de l'étranger ( 269 ). A cette même séance, le directeur Camerlinckx déclara que, depuis 1956 surtout, il avait pu constater avec plaisir une reprise remarquable de la section française de l'institut. En fait, il y avait alors un total de 328 étudiants à l'institut, 123 dans la section française et 205 dans la section néerlandaise ( 270 ). L'annuaire suivant (1961) fut le dernier. Il contenait pour la dernière fois la partie intitulée «Régime linguistique» et affirmant le principe fondamental : «Le choix du régime linguistique est libre». A partir de 1962, il n'y eut plus d'annuaire. En août 1960 R. Neefs (1920), membre de la commission administrative, mourut; son successeur fut J. Sasse, tandis que J. Van Luppen, trop absorbé par ses fonctions de général manager de Ford International, avait dû se retirer (décembre 1959). Il eut comme remplaçant C. Van Rooy, directeur général de la Bell Téléphone 269 Annuaire, année 1960, pp Op. cit pp. 64,
137 Manufacturing Co. (comme l'avait été avant lui le baron L. Van Dijck qui avait aussi souvent siégé à la commission administrative) ( 271 ). En 1961, C. Jussiant céda sa place à F. Osterrieth ( 272 ). Au séminaire pour l'étude des relations internationales fut ajouté un cours sur le même sujet; E. Coppieters, qui était charge du séminaire, reçut maintenant ce nouveau cours. D'autre part, E. Bal étant passe à la carrière diplomatique, vit ses cours en section consulaire confiés ad interim a I. Cortvriend ( 273 ). Le cours de droit international privé fut conféré en 1961 à R. Pauwels (en français) et à A. Kinsbergen (en flamand); celui des règlements consulaires à J. Van den Heuvel. Pour commémorer le souvenir d'alfred Druart (1921), administrateur du Cercle des Anciens, une «Fondation Alfred Druart» fut instituée en 1960 par son frère, Joseph, qui affecta un capital de francs à la création, d'un prix annuel de francs. Ce prix devait récompenser le licencié de l'iscea qui aurait rédigé le meilleur mémoire sur un sujet relatif aux placements en valeurs mobilières ( 274 ). Le centre anversois d'études et de promotion du commerce international organisa, en mars-avril 1960, en collaboration avec le centre national pour l'étude des pays a 271 Annuaire, année 1961, pp C. Jussiant mourut en Annuaire, année 1961, pp Annuaire, année 1961, pp. 43, 59 (où «immobilières» constitue un lapsus; cf., en effet, le Bulletin d information du Cercle des nciens, janvieravril 1961, pp , qui contient le règlement de cette Fondation. 137
138 régime communiste (de l'institut de Sociologie Solvay), un cycle pratique d'études sur les relations commerciales avec les pays de l'est. En novembre 1960, une semaine d'études eut lieu concernant le commerce avec le Portugal et avec ses territoires d'outremer. En février 1961, le nom du Centre devint «Centre anversois d'études pour la promotion économique, a.s.b.l.» ( 275 ). Mais le fanatisme était alors aussi en train de s'étendre. Il est incroyable que ce soit «un membre de la commission administrative de l'institut» qui ait déclenché, en 1960, une campagne dans le but de supprimer la section française de celui-ci. Le président du Cercle des Anciens, F. Lison, de concert avec le directeur de l'institut, réussit «à faire tourner court» cette initiative incongrue, mais significative. «La suppression de la section française porterait un coup mortel au rayonnement international de celui-ci qui, est-il besoin de le dire, n'est déjà plus ce qu'il a été dans le passe» ( 276 ). La période qui va 'de occupe une place marquante dans l'histoire de Belgique comme étant une période de crise dans les domaines les plus divers, social, linguistique, colonial, entre autres. Dans le domaine social, les grandes grèves contre la loi unique (décembre 1960) amenèrent, le 26 mars 1961, des élections prématurées, qui résultèrent, le lendemain, dans la démission du gouvernement catholique-libéral Eyskens- Lilar, on Ch. Moureaux avait détenu le portefeuille de l'instruction publique. 275 Annuaire, année 1961, pp. 49, 61, Bulletin d information du Cercle des Anciens, janvier-avril 1961, pp
139 Le groupe de pression Anvers-Mons venait d'obtenir de Charles Moureaux la promesse d'accorder le statut universitaire a l'enseignement de l'interprétariat a Anvers ( 277 ). Le gouverneur Declerck avait amené (avril 1960) le conseil d'administration de l'iscea A demander au ministre d'y créer cette nouvelle section d'interprétariat (à enseigner en une section française et une section flamande). Et le conseil des ministres avait donné son accord le 16 septembre Le 1er mars 1961, un arrêté royal organisa ces études A partir du 1er octobre suivant: deux années pour le grade de candidat-traducteur, puis deux années pour celui de licencié-traducteur ou pour celui de licencié interprète ( 278 ). Warocqué trouva même important d'intituler ses nouveaux cours comme étant d'interprètes «internationaux». Le groupe Anvers-Mons avait cru atteindre, de la sorte, un enseignement d'interprétariat d'un niveau supérieur à celui de toutes les écoles analogues existantes puisqu'il ne serait pas 'donné par des institutions d'enseignement technique, mais pas des institutions d'enseignement superieur (Anvers et Mons). «Dans aucune institution de Belgique des études de niveau supérieur 277 Par ricochet (l'influence du groupe de pression?) l'institut de Commerce Warocquée, qui ne relevait pas de l Etat, mais seulement de la province, recevrait le même avantage. 278 Pasinomie, 7e série, règne de Baudouin, année 1961, pp
140 d'interprétariat ne sont encore organisées» déclara alors le directeur Camerlinckx ( 279 ). Mais justement, la jalousie qui règne si facilement entre une école et l'autre, et qui est particulièrement féroce entre chacune des universités et entre l'ensemble de cellesci et le reste des écoles n'a pas pu admettre qu'une profession comme celle d'interprète transcende l'enseignement technique et soit enseignée à un niveau supérieur. Dès le 24 juillet 1961, un nouvel arrêté royal modifia celui du 1er mars et remit l'enseignement de l'interprétariat, à l'iscea, au niveau technique A.5 «en faisant de cette «section» une «école» séparée.» Il est créé à l'iscea une section dénommée «Ecole supérieure de traducteurs et d'interprètes» ( 280 ). Par cette astuce, la «section» devenait «Ecole», tout en restant «section». Ainsi les grades en question étaient conférés à l'iscea, mais pas par l'iscea. Car ce n'étaient que des grades indignes d'une école universitaire ( 281 ). Il est vrai que le gouvernement avait changé. C'était maintenant un gouvernement catholique-socialiste Th. Lefèvre-Spaak et V. Larock avait repris a Moureaux le portefeuille qui ne s'appelait plus de «l'instruction publique 279 Annuaire, année 1961, p Pasinomie, année 1961, pp Malgré cette situation le professeur H. Pigeolet publia, dans le «Matin d'anvers» (11 janvier 1962), un article qui montre qu il n'a pas compris la portée réelle de cet arrêté royal. 140
141 », mais de l'education nationale et de la Culture» ( 282 ). A peine ministre, V. Larock avait déclaré, devant la presse anversoise, le 29 mai 1961: «Mon opinion est que l'université d'anvers doit être créée» ( 283 ). Le 7 décembre 1961, dans l'effort de soutenir la campagne du bourgmestre, une a.s.b.l. avait été constituée, «Stichting Rijksuniversiteit Antwerpen». L'un de ses buts était de veiller à l 'observation constante, dans le cadre de l 'université d'anvers, «de son caractère flamand et universel, du respect de la liberté philosophique et de la primauté des valeurs scientifiques». Ce groupement comptait 26 membres fondateurs, sous la présidence de L. Craeybeckx; il y avait la plusieurs conseillers communaux, plusieurs députés et trois professeurs de l'iscea: P. Brusseleers, W. Opsomer et F. Wildiers (en tant que directeur du Vlaams Economisch Verbond) ( 284 ). Dans le domaine colonial, l'année 1960 avait aussi apporté une moisson de déboires. Il n'avait pas suffi de laisser le Congo belge accéder, le 1 er juillet, à l'indépendance. En récompense, la Belgique, et surtout Anvers, avaient subi des avanies variées. Par divers côtés, comme la «Compagnie Maritime Belge», Anvers avait toujours été la porte la plus directe sur la colonie. C'est à Anvers que le «personnel d'afrique» avait été formé, à l'ecole coloniale supérieure. Celle-ci avait été dotée de la personnalité civile (loi du 8 mars 1920) pour la rendre apte à recevoir la belle donation que la C.R.B. voulait lui faire, à 282 Th. Luyckx, Politieke Geschiedenis van België, 3 e éd., pp L. Craeybeckx, Universiteit Antwerpen nu, p L. Craeybeckx, Op. cit, pp
142 ce moment; cette commission américaine avait terminé son œuvre de secours en Belgique et affectait le reste de ses fonds à divers objets universitaires. Cela avait été ici la construction, au Middelheim, de beaux bâtiments et le titre nouveau d'université Coloniale (toujours la marotte anversoise d'avoir une université), bientôt ramené à celui d'institut Universitaire des Territoires d'outremer (INUTOM), par la loi du 4 mai 1949 (toujours la même jalousie de haut niveau). Maintenant, l'école avait perdu son objet. Elle avait cessé toute activité. Il ne s'agissait plus de former du «personnel d'afrique» pour aller administrer le Congo, Restaient les bâtiments et un beau patrimoine propre; mais leur propriété par l'etat restait liée à la personnalité civile de l'inutom. On ne pouvait pas les donner, sans plus, à la future université d'anvers. En théorie, l'inutom fut donc maintenu jusqu'à ce qu'une loi puisse le dissoudre juridiquement. Par contre, les Congolais, devenus indépendants avaient besoin d'un personnel aborigène. L'urgente nécessité d'une formation rapide et adéquate fut l'occasion d'en charger, non pas l'inutom, mais l'iscea. «Attendu que la réorganisation de l'inutom n'est pas encore effectuée et qu'il est nécessaire d'y obvier par une mesure temporaire», l'arrêté royal du 12 janvier 1961 institua à l'iscea, exclusivement pour les étudiants étrangers, un cycle de cours menant, après deux années d'études, au diplôme de gradué du degré supérieur en sciences économiques, 142
143 commerciales et consulaires ( 285 ). Les Belges n'étaient exclus de ces études que parce qu'elles consistaient en des cours accélérés et simplifies par rapport au cycle normal et officiel; c'était un remède d'urgence pour une situation imprévue. Le Congo était resté unilingue français; il n'avait pas eu le temps de devenir bilingue. Il n'y eut donc pas lieu de prévoir une moitié flamande à la nouvelle section de l'institut. Elle ouvrit d'urgence et compta vite une centaine d'étudiants. En attendant, l'ancien «personnel d'afrique» belge fut autorisé à accepter au Congo (bientôt Zaire) des fonctions publiques, au titre de la «coopération technique dans les pays en voie de développement». De plus, J. Van Bilsen, qui avait, 'de longue date, été très proche de Kasavubu, se vit appelé comme conseiller officiel par celui qui venait de devenir le président de la nouvelle république. L'Institut accorda, pour ce motif, au professeur Van Bilsen, un congé d'un an de ses cours ( 286 ). 285 Pasinomie, année 1961, p. 18. Peu après, la loi du 25 juillet 1961 modifia, en théorie du moins, la portée de l'enseignement de l Inutom. Les grades, qu il avait conférés jusque là, de candidat et de licencié en sciences coloniales et administratives, devenaient candidat et licencié en sciences politiques et administratives appliquées aux pays en voie de développement ; Pasinomie, année 1961, pp Annuaire, année 1961, p. 57. Pour une raison inconnue cet annuaire est resté le dernier que l Institut a publié; il a vécu ses quatre dernières années en se passant d annuaire, peut-être à cause de la difficulté de répertorier officiellement le personnel enseignant des deux nouvelles sections (graduat, interprétariat), qui étaient encore dans une situation assez fluide. 143
144 Tout cela créait un nouveau problème, celui des locaux. Comment loger à côté de l 'enseignement commercial traditionnel de l'institut ces nouveaux cours du graduat et de l'école d'interprètes? Les locaux de la rue des Peintres étaient occupés au maximum. Mais il y avait ceux de l'inutom, au Middelheim, devenus vacants, nous l'avons vu. Le temps d'en retirer la plupart de la décoration congolaise et voilà des auditoires suffisants pour les étudiants de la section commerciale de l'institut. Quant aux nouveaux étudiants interprètes, les salles de la rue des Peintres reçurent l 'équipement approprié pour ce genre d'études. C'est ainsi que le noyau de l'ancienne Iscea émigra définitivement vers un cadre plus campagnard et plus distingué. Pour sa moitié flamande, ce fut l'installation dans la vie d'une future faculté ; pour sa moitié française, ce fut, sans qu'elle s'en doute, le premier pas vers la fin, loin du vieux nid de la rue des Peintres. En octobre 1961, la séance d'ouverture de l'année académique fut marquée par un discours du gouverneur R. Declerck où il montra l'importance de la nouvelle section d'interprétariat pour un enseignement orienté dans une direction internationale, vers les pays en voie de développement. Construire l'iscea, avec les autres institutions universitaires d'anvers, en une faculté internationale ou, en tout cas, en un complexe homogène d'enseignement supérieur, comme le plan en avait reçu l'accord du professeur Massart, président du Conseil National de la Politique Scientifique, ce serait un but élevé (286bis). 144
145 La fin de cette année 1961 fut marquée par le décès de l 'ancien directeur, L. Aen den Boom. En juin 1962, les professeurs G. Brandt et F. Grimbers devinrent émérites ( 287 ) et le professeur Gerlo quitta aussi l'institut ( 288 ). A ce moment. les Congolais qui suivaient à l'iscea les cours du graduat reçurent l 'occasion d'entrer, de plus, dans le personnel enseignant de leur pays. Le besoin d'un tel personnel était urgent: le manque de sécurité avait amené la fuite d'une grande partie des Belges, principalement des missionnaires (tant hommes que femmes), qui avaient donné cet enseignement. «Attendu qu'il y a lieu d'obvier d'urgence à la pénurie de personnel enseignant existant dans les pays en voie de développement», l'iscea reçut, par arrêté royal du 25 juillet 1962, le droit de conférer le certificat d'aptitude d'enseignement secondaire inférieur pour le français, les mathématiques et les sciences commerciales. Ce certificat ne conférait aucun droit en Belgique et n'était donné qu'aux porteurs du diplôme de gradué du degré supérieur en sciences économiques, commerciales et consulaires de l'iscea ( 289 ). Pour sa part, l'école d'interprètes de l'iscea vit son nom modifié par l'arrêté royal du 2 août Au lieu de s'appeler «Ecole supérieure de traducteurs et d'interprètes», elle s'appela désormais «Institut supérieur de l'etat pour 287 {286bis Bulletin d'information du Cercle des Anciens, janvier-mars 1962, pp } Nous ne pouvons plus prétendre désormais être aussi complet que nous l'aurions aimé. Nous nous sommes efforcé de faire face autant que nous l'avons pu à la regrettable carence d annuaire. 288 Bulletin d'information du Cercle des Anciens, novembre 1960, p Pasinomie, année 1962, p
146 traducteurs et interprètes» ( 290 ). Pourquoi P Probablement parce que «Ecole supérieure» faisait, en néerlandais «Hoogeschool», c'est-à-dire «université», alors que cet enseignement était classé comme technique. La séance d'ouverture de l'institut eut lieu le 2 octobre '1962. Le bourgmestre L. Craeybeckx parla du Centre universitaire qui allait être bientôt constitué en groupant l'iscea et l'institut Prince Léopold de médecine tropicale. C'est l'année ou il publia Antwerpen Universiteit Nu. C'est aussi l'année où l'iscea connut une ultime extension de son enseignement. Il fut décidé que, à partir du 1er octobre 1963, des études pour le titre d'ingénieur commercial y seraient ouvertes aux licenciés en sciences commerciales ( 291 ). Le programme des cours du graduat subit une légère modification par l'arrêté royal du 28 janvier 1963 ( 292 ). Celui du 17 mai 1963 s'occupa des cours de la candidature pour traducteurs et interprètes à l'iscea: pour donner la partie pratique de l'enseignement des langues, les auditoires peuvent être scindés lorsqu'ils comprennent au moins 25 étudiants réguliers ( 293 ). De plus, le programme des études pour les grades de licencié-traducteur ou de licencié-interprète était modifié (arrêté royal du 28 juin 1963 ( 294 ). 290 Pasinomie, année 1962, pp Bulletin du Cercle des Anciens, novembre 1962, p Pasinomie, 7e série, année 1963, p Op. cit., p Op. cit., pp
147 A l'institut, il y eut alors trois professeurs qui devinrent émérites: J. Basyn, J. Van Asbroeck et I. Wullus. Les professeurs M.' Naessens et H. Noppen quittèrent l'institut et, le 20 février 1963, le professeur J. Lebrun mourut. Leo Peeters succéda à J. Van Asbroeck (section française) en novembre 1963; il donnait déjà les mêmes cours en section flamande. L. Charles reçut, aussi en novembre 1963, le cours de droit constitutionnel compare (section française) qu'avait donné R. Baeyens. Mais un événement essentiel se produisit le 31 mai Le statut de l'iscea dans l'enseignement supérieur, déjà vieux de sept ans, fut enfin pleinement sanctionné par un arrêté royal concernant son nouveau règlement organique. «Vu la décision du 5 avril 1956 rattachant l'iscea à l'administration de l'enseignement supérieur, considérant qu'il importe de doter cet institut d'une organisation répondant à la mission d'un établissement d'enseignement supérieur», l'iscea comprend deux sections: 1) «l'institut supérieur de sciences économiques théoriques et appliquées» ; 2) «l'institut supérieur de traducteurs et d'interprètes» (article 1). Les autorités académiques sont le recteur, le prorecteur, le président de l'institut économique, le président de l'institut des langues (art. 14). Le recteur est nommé, par arrêté royal, pour quatre ans (art. 15). «Outre les sections déterminées a l'art. 1er, l'établissement comprend, à titre temporaire, une section de coopération internationale» (art. 64). Elle donne les cours se rapportant 1) au graduat du degré supérieur en sciences économiques, commerciales et consulaires; 2) au certificat d'aptitude à enseigner certaines matières de l'enseignement secondaire inférieur (art. 65). Le 147
148 directeur de l'iscea devient recteur pour quatre ans (art. 69) ( 295 ). A première vue, ce nouveau règlement organique comblait tous les vœux des amis de l'institut. Le directeur Camerlinckx devenait recteur (en principe jusqu'en juin 1967). Par surcroit la ville d'anvers donnait au rectorat une riche demeure, 52 avenue A. Goemaere. Notre école avait donc maintenant toute l'allure d'une Faculté. Mais, à y regarder de plus près, il y avait divers aspects aptes à soulever des doutes. D'abord, pourquoi le rattachement de l'iscea à l'enseigne ment Supérieur n'avait-il pas été suivi immédiatement du nouveau règlement organique nécessaire à son application et avait-il fallu plus de sept ans pour le rédiger? En 1924, il n'avait fallu qu'un an pour revoir le règlement organique dans le but de le faire concorder avec la loi de 1923 qui accordait le statut légal à l'institut ( 296 ). C'était l'indice visible de malveillances possibles, essentiellement politiques; les historiens -de l'avenir éclairciront tôt ou tard ce problème. En tout cas, il était frappant que les deux sections dans lesquelles l'école était divisée étaient, l'une rattachée à l'enseignement Supérieur depuis 1956 et indiscutable, l'autre (l'interprétariat) sans aucun lien avec cet Enseignement Supérieur sinon par l'article 1 de ce nouveau règlement organique. Il y avait là un facteur apte à tirer vers le bas la section des sciences économiques. 295 Pasinomie, année 1963, pp Cf. le présent historique, 2 e partie, p
149 Enfin, et surtout, il y avait le fait notable que le nouveau règlement ne mentionnait pas la langue de l'enseignement de l'institut. Si le règlement de 1924 ne l'avait pas non plus fait, cela tenait tout naturellement au fait que ce n'est qu'en octobre 1932 que l'iscea avait cessé d'être une école unilingue française. Mais répéter en 1963 cette omission n'était plus naturel du tout. Au mieux, cela pouvait n'être que de l'imprévoyance. Mais dans l'atmosphère intransigeante qui régnait en 1963 à propos de la francophonie, ce pouvait tout aussi bien être une perfidie. En deux ans, on a pu voir cette carence exploitée à fond politiquement. La loi de 1965 Après la «Commission Nationale pour le Progrès des Sciences», créée le 17 janvier 1957 sous la présidence de Léopold III et qui n'était arrivée, en deux ans, qu'à formuler quelques idées générales concernant la situation de la Belgique dans le domaine -scientifique, le C.N.P.S. avait été institué le 16 septembre En juin 1961, ce Conseil remit son premier rapport relatif à la question universitaire. Il ne trouvait pas opportune la création de nouvelles universités complètes. Sur la situation des écoles auxquelles s'intéressait le groupe Anvers-Mons, il déclarait: «Il pourrait être envisagé de regrouper les facultés et institutions existantes. On peut donc penser que les écoles et facultés isolées existant à Anvers et à Mons dans ces domaines pourraient être regroupées et complétées. Dans cette perspective, le complexe de facultés anversoises pourrait être orienté particulièrement vers les problèmes du 149
150 tiers-monde et de l'assistance technique internationale» ( 297 ). Grouper les institutions existant à Anvers, c'était bâtir avec des matériaux bien disparates, situés à des niveaux forts différents de l'enseignement allant du technique A.5 de l'école d'interprètes au postuniversitaire de l'institut de Médecine Tropicale Prince Léopold, en passant par l'ancêtre, l'iscea, appartenant à l'enseignement Supérieur non universitaire. Sans parler de l'inutom, qui n'existait plus en pratique, mais qui était maintenu théoriquement en vie à cause de, son beau patrimoine; comme «section des pays en voie de développement», son surgeon exotique, le graduat, n'était même pas pour les étudiants belges. C'était cependant un plein succès pour le groupe de pression Anvers Mons et un rude choc pour le groupe Craeybeckx qui aurait voulu ne s'occuper ni de Mons ni de St-Ignace. Le 19 janvier 1962, L. Craeybeckx fit un dernier plaidoyer pour ses idées devant le Verbond van Vlaamse Academici (président, W. Opsomer) ( 298 ). Dans l'ensemble, il pliait, nécessairement, devant les conclusions du rapport du Conseil National et y voyait même «un point de lumière» ( 299 ). Dès lors, il abandonna son idée d'une université flamande à Anvers pour se ranger, par discipline de parti, 297 Sénat, Session dc , Documents Parlementaires, n 162; p. 8 ;cannales Parlementaires, Séance du 16 mars 1965, pp Le texte en fut publié, en février 1962, dans Universiteit Antwerpen nu. 299 Op. cit., p
151 avec le quatuor Anvers-Mons, d'autant plus que les socialistes avaient remplacé les libéraux aux côtés des catholiques au gouvernement; il fut donc l'un des délégués socialistes aux conférences dites «de la Table Ronde», où les problèmes universitaires contestés trouvaient petit à petit des solutions de compromis qui se décidaient, à côté du Parlement, entre les partis de la majorité. C'était du donnant-donnant. «Un accord est d'abord cherché et conclu entre les partis, et c'est alors seulement que la question est portée devant le Parlement» ( 300 ). Pour sa part, Grootjans, libéral, exprima a la Chambre, lors de la discussion finale, son désappointement de ce que son plan primitif d'université (pluraliste) de l'etat ait été abandonné: «le texte présenté passe à côté du noyau du problème, qui a été converti en un problème politique, ou on prend et ou on donne» ( 301 ). En effet, le grand problème de la réorganisation de l'enseignement supérieur de toute la Belgique, après avoir connu une phase scientifique (Comité National de la Politique Scientifique), avait débouché sur une phase purement politique, après avoir traversé une dure phase linguistique. La loi du 24 juillet 1961 avait supprimé le recensement linguistique et imposé une conception exclusivement territoriale dc la langue. La loi du 8 novembre 1962 avait cliché la frontière linguistique (ce ne sont plus les Belges qui sont de l'une ou de l'autre langue, 300 Luyckx, Op. cit, p Annales Parlementaires, Chambre, session , 11 57, p
152 c'est la région). En 1963, la loi du 30 juillet avait réglé l'emploi des langues dans l'enseignement et celle du 2 août l'emploi des langues dans l'administration et dans les entreprises privées. Cette loi du 30 juillet 1963 ne s'occupait en rien de l'enseignement supérieur. Son article 1 dit explicitement: «Les établissements officiels d'enseignement gardien, primaire, moyen, normal, technique, artistique ou spécial et les mêmes établissements libres subventionnés ou reconnus par l'etat sont soumis aux dispositions de la présente loi» ( 302 ). Il est évident qu'une telle loi ne concernait en rien l'iscea, qui appartenait à l'enseignement supérieur. Celui-ci englobait fondamentalement les quatre universités. Mais l'université de Gand avait été flamandisée par la loi du 5 avril 1930 et celle de Liège subsista des lors comme seule université de l'etat de langue française. Les deux universités libres, Bruxelles et Louvain, se dédoublèrent. Mais Louvain français eut les avanies que l'on connait, pour des motifs extérieurs à la science. Donc, même si l'iscea française avait pu être maintenue à Anvers selon la loi de 1965, elle aurait pareillement dû émigrer. Mais le groupe de pression Anvers-Mons avait prévu qu'aucune migration scientifique ne pourrait assurer la survie de l'iscea française: la Faculté Economique de la Province du Hainaut (Warocqué) était désignée d'avance, par le plan équilibré, pour être reprise par l'etat et devenir l'héritière universelle de la section française de l'iscea. 302 Pasinomie, 7e série, année 1963, p
153 Le premier problème pour le gouvernement fut de dissimuler cette opération pour esquiver l'unique domaine dans lequel la loi de 1965, au lieu d'ajouter, détruisait. Pour commencer, l'intitulé: «Loi portant diverses mesures en faveur de l 'expansion universitaire». Non par dérision, mais par souci de camouflage. Mais le problème principal gisait ailleurs pour les deux partis de la majorité. Ce qu'ils discutèrent surtout durant des mois, ce fut l'«essaimage» de l'université de Louvain par la création à Courtrai d'une candidature en philosophie et lettres relevant de cette université. On finit par trouver la solution politique proprement équilibrée-: pour compenser Courtrai et l'enseignement universitaire libre, on créa pour l 'enseignement universitaire de l'etat une autre candidature, celle en sciences et on la localisa à Anvers. En avril 1964, Ch. Bellefontaine abandonna ses cours; il eut Valère Darchambeau comme suppléant. J. Wullus eut Th. Luyckx comme suppléant dans les exercices de style diplomatique et, le 30 septembre, W. Alexander devint émérite. Le 23 mars 1964, le Comité National de la Politique Scientifique avait présenté au gouvernement une recommandation admettant les revendications des régions d'anvers et du Hainaut en matière universitaire. Par la, le principe des deux centres universitaires était accepté. Dans ces conditions, le projet de loi peut enfin être annoncé au Parlement. Un groupe de travail, placé sous la présidence du premier Ministre, avait élaboré la déclaration que, le 25 juin 1964, Théo Lefèvre lut au Sénat, annonçant le programme du gouvernement à ce sujet. On était à la 153
154 veille des vacances parlementaires; la discussion du projet de loi correspondant a la déclaration gouvernementale fut donc remise à la reprise, c'est-à-dire a novembre Mais ce n'est que le 30 janvier 1965 que le Conseil d'etat fut saisi de ce projet. Il remit son avis le 9 février suivant ( 303 ). Entre le dépôt du projet et le rapport de la commission de l'education nationale du Sénat (4. mars 1965), il ne s'est passe que deux semaines ( 304 ). Maintenant, les deux partis de la majorité, s'étant enfin mis d'accord, souhaitaient seulement que le projet soit voté avant la fin de la législature, c'est-à-dire très vite. Dans l'exposé des motifs, le ministre Janne avait assuré que, pour les quatre instituts supérieurs de commerce d'anvers et de Mons, «l'équilibre idéologique et linguistique est donc assuré» en ayant bien soin de ne pas 'dire un mot de l'avenir de la section française de l'iscea, point qui restait soigneusement dissimulé. D'après l'analyse des articles, jointe à cet exposé des motifs, l'«institut Supérieur de Sciences Economiques théoriques et appliquées» selon son règlement organique de 1963, devient «Faculté des Sciences Economiques appliquées», de niveau universitaire (et non plus seulement de niveau supérieur). L'Inutom est supprimé maintenant (le terme technique est: «dissous» ). Il est absorbé, ainsi que la «section de coopération internationale» de l'iscea, dans un 303 Documents Parlementaires, Sénat, Session , n 111, pp Op. cit. no 117 (exposé des motifs, 17 février 1965) ; no 162 (rapport de la commission, 4 mars 1965). 154
155 «Collège des pays en voie de développement». «Cependant, sa sphère d'intérêt ne se limitera pas A l'afrique centrale, mais (s'étendra) A d'autres régions du tiers monde». Il sera d'un niveau post-gradué et sera divisé en deux instituts spécialisés, l'un de sciences administratives et l'autre d'économie agraire et de sociologie rurale. On aurait bien voulu y englober l'institut de Médecine Tropicale Prince Léopold; mais celui-ci avait été créé en collaboration avec les quatre universités en un cycle post-gradué. Il fut, des lors, impossible de le rattacher à la RUCA; il pouvait seulement y être associé, par contrat. D'autre part, à un moment donné, la «section de coopération internationale» de l'iscea avait cessé de fonctionner en pratique. L'absence d'annuaire nous voile, une fois de plus, la vérité et nous empêche de suivre le degré de fréquentation, année par année, du graduat. Mais il est significatif que ses diplômes disparaissent et ne sont plus énumérés parmi ceux que le «Collège» confère. Les graves conflits qui ont marqué les relations entre la Belgique et le Congo entre 1960 et 1965 permettent de deviner ce qui est arrivé. D'autre part, il n'y a aucune commune mesure entre les cours «accélérés» que l'on avait mis sur pied d'urgence en 1960, sorte de comprimés de cours ordinaires, et l'enseignement postuniversitaire que l'on se prépare maintenant à donner à des savants d'origine exotique, pour maintenir en vie, de quelque façon que ce soit, ce qui avait été créé en 1920 en faveur du Congo Belge. 155
156 A l'autre bout de l'échelle, l'«institut Supérieur de Traducteurs et d'interprètes» de l'iscea conserva, au contraire, le statut A.5 dans lequel le règlement organique de 1963 l'avait confine. Le 16 mars 1965, la discussion put enfin commencer. Nous n'en toucherons, surtout ici, que ce qui concerne l'iscea française, et ce fut bien peu. Le surplus n'intéresse que le Centre Universitaire (y compris l'iscea flamande, qui survit). Voici donc l'article essentiel de la loi à ce point de vue : «Article 15. Un article 4bis est ajouté à la loi du 28 avril 1953 sur l'organisation de l 'enseignement supérieur par l'etat:» Article 4bis. La langue de l'enseignement et de l'administration est le néerlandais à l'université de Gand et au Centre universitaire de l'etat à Anvers, le français à l'université de Liège et au Centre universitaire de l'etat à Mons». Toutefois, les cours peuvent être donnés en toute autre langue que celle vérifiée ci-dessus dans le Collège des pays en voie de développement, à l'institut de Médecine Tropicale Prince Léopold, à l'institut Supérieur de Traducteurs et d'interprètes, à l'école d'interprètes internationaux ( 305 ). On ne toucha pas à cet article le premier jour de la discussion, le 16 mars. Le ministre ne tenait a rien autant 305 Ce dernier point concerne Mons. 156
157 que de faire passer le plus discrètement possible cet unique aspect négatif de l'expansion qu'il défendait avec énergie. Et les sénateurs ne s'en étaient pas souciés, soit qu'ils n'aient pas soupçonné la portée réelle des termes légaux employés, soit qu'ils n'aient pas été bien informés sur ce qu'on présentait à leurs suffrages. Mais ce jour-là «un grand journal de Bruxelles» publia un article sur ce sujet précis. Et, lors de la deuxième journée de la discussion, le 17 mars, les sénateurs Maisse et Hougardy, libéraux, exprimèrent leur grande inquiétude. Citons Hougardy : «Quant à l'i.s.c. d'anvers, c'est par la presse, Mr. le Ministre, que nous avons dû apprendre que la section française risquait d'être supprimée.» Je me suis permis de vous interroger en commission à ce sujet, car le projet n'est pas très clair; mais votre réponse l'a été tout autant.» Je vous demande donc de bien vouloir être plus explicite et plus précis cette fois. Le parlement et l'opinion publique ont le droit d'être informés d'une éventuelle suppression de la section francophone.» Si vous avez vraiment l'intention, Monsieur le Ministre, de réaliser cette suppression, je vous demande:» 1 quelles sont les raisons justifiant cette mesure? En effet, jusqu'à ce jour, nous n'avons jamais connu de difficultés par suite de la présence d'étudiants francophone a l'i.s. d'anvers; 157
158 » 2 comment les francophones de ce pays pourront-ils encore étudier les sciences commerciales touchant le domaine maritime? Ces études ne peuvent se faire valablement que dans une ville portuaire, puisqu'il s'agit en l'occurrence d'un enseignement qui doit être concret. Si l'on supprime la section francophone de licence en sciences commerciales et maritimes, des étudiants francophones ne pourront plus, à mon sens, obtenir ce diplôme en Belgique, étant donné qu'aucun autre établissement d'instruction ne le délivre dans notre pays. Ces Belges francophones devront aller à Rotterdam on l'enseignement se donne en trois langues: le néerlandais, le français et l'anglais. En effet, en Hollande, les Néerlandais peuvent suivre les cours dans leur langue. Je finis par me demander si, à Anvers, la solution ne résiderait pas dans la création du multilinguisme, comme c'est le cas pour l'école des interprètes où on a créé une section où la langue de base est l'anglais, ce qui permet à tous les étudiants belges de fréquenter ce cours» ( 306 ). On sent la faiblesse de cette intervention trop exclusivement axée sur la licence en sciences commerciales et maritimes (en français). Le sénateur Maisse avait renforcé ce déplorable malentendu en parlant de la section française de l'iscea comme si elle devait être maintenue mais «ne serait plus accessible qu'aux étrangers» ( 307 ). C'était la confondre avec le graduat. 306 Sénat, Annales Parlementaires, , p Idem, p
159 Devant un tel manque de compétence, le ministre Janne eut beau jeu de noyer le poisson. Il ne s'en priva pas. Loin d'informer avec exactitude ses adversaires politiques, il accumula les contre-vérités d'une façon invraisemblable. Le mieux et le plus bref est encore de publier le texte de sa réponse et de le munir, en note, du contrôle critique qu'il mérite objectivement ( 308 ). «Comme il l'avait fait en commission, M. Hougardy m'a interrogé sur le très délicat problème relatif à la section francophone de l'i.s.c. d'anvers.» Quelle est sa situation actuelle sous le régime de la loi linguistique de juillet 1963? ( 309 ) Il s'agit d'un institut d'enseignement technique ( 310 ). Il est donc soumis à la loi linguistique et ne peut subsister que par des renouvellements annuels. Or, ce n'est pas une école de caractère unique dans le pays, que la loi a voulu protéger (il a fallu, en effet, préserver l'existence de certaines écoles d'expression française en pays flamand). Et pour l'i.s.c. d'anvers, tout le monde était d'avis que la section francophone allait disparaître ou tout au moins être transplantée ou fusionnée avec une autre institution, dans le sud du pays. 308 Idem, p La loi linguistique de juillet 1963 ne s appliquait pas à l'iscea; voir plus haut, p L Iscea avait été transféré de l'enseignement technique à l'enseignement supérieur par arrêté ministériel du 5 avril A la séance du lendemain Janne récidiva en parlant des «diplômes délivrés à présent sous le code de l'enseignement technique» par l Iscea. Le budget du ministère de l Education Nationale mentionnait d'ailleurs cette année l Iscea dans sa section VIII (Enseignement Supérieur). 159
160 » Telle était la situation avant le dépôt du présent projet de loi.» Et cependant cette section francophone a une réelle tradition et les milieux anversois y tiennent beaucoup. J'ai d'ailleurs reçu à ce sujet une lettre de M. Osterrieth, président de la Chambre de Commerce d'anvers. Compte tenu de ses arguments, nous avons pensé qu'il fallait maintenir ( 311 ) ce centre de rayonnement anversois vers l'étranger.» C'est ainsi que la section francophone sera portée ( 312 ), comme l'ensemble de l'institution, c'est la loi, au niveau de Faculté de Sciences Economiques appliquées, qu'elle sera multilingue et donc au départ principalement française, Puisque les professeurs y enseignent généralement ( 313 ) en français. Elle était (313bis) et sera avant tout destinée a recevoir de nombreux étrangers venant étudier en français, alors que peut-être ils ne le feraient pas dans l'autre langue nationale. La présence de ces étudiants est importante pour notre grand port. La rédaction de leurs mémoires, leurs stages, les contacts qu'ils nouent en faisant leur licence de commerce ou de sciences 311 Oui, mais dans quelle langue? 312 En contradiction avec l'article L'Iscea comprenait deux divisions complètes et distinctes (française et néerlandaise). Donc ses professeurs n y enseignaient pas «généralement» ni «au départ principalement» en français, dans la section française, mais bien en français. Seules les langues étrangères faisaient exception. {313bis L'Iscea n était pas du tout «destinée à recevoir de nombreux étrangersvenant étudier en français». Elle était ouverte à tons, Belges et étrangers, sans distinction.} 160
161 maritimes, tout cela les familiarise avec notre port. Retournés en Amérique latine, en Asie ou ailleurs, il en vient de tous les coins du monde ( 314 ), ils restent en relations commerciales ou techniques avec le port d'anvers.» Sous la forme internationale ( 315 ), cette section est ainsi maintenue. Toutefois, comme sous sa forme antérieure, du fait de la loi ( 316 ), elle était destinée a disparaitre ou tout au moins a quitter Anvers, nous ne pouvions utiliser la transformation ici prévue pour tourner l'esprit de la loi linguistique.» On peut critiquer les lois linguistiques, c'est une autre question. Mais il faut respecter ce que le parlement a voté. C'est ainsi que les étudiants francophones de Belgique ne seront pas admis dans cette section 'de l'i.s.c. qui sera maintenue ( 317 ), qui pourra se développer et reprendre son bel essor du temps passé (en effet, la période transitoire ( 318 ) de renouvellement annuel ne lui a certes pas fait du bien). Je dois souligner sans avoir les statistiques sous la main, que dans une forte proportion les étudiants sont en majorité des étrangers. Il reste peu de 314 Ils ne venaient plus guère, à cette époque, que du Grand-Duché. Dans la dernière année connue (1960), les statistiques nous donnent un total de huit étrangers, dont trois du Grand-Duché. 315 Tournure hypocrite pour dire que les Francophones de Flandre et de Wallonie sont exclus d avance d une section que l'article 15 supprime d ailleurs pour tout le monde. 316 Du 30 juillet 1963, qui, nous l avons vu, ne s'applique pas à l'enseignement supérieur, universitaire ou non. C est pourquoi le ministre invoque «l'esprit» de cette loi ; pour ne pas le «tourner», on fait dire à celle-ci ce qu'elle ne dit pas. 317 Contradiction avec l'article Comma la loi est de 1965, elle n aurait, en tout cas, pu s'appliquer que pour ' er si elle avait concerné l'iscea. En fait la durée de la soi «période transitoire» fut égale à zéro. 161
162 Belges dans cette section ( 319 ).» Je me permets de faire ici une remarque qui pourra peut-être ne pas plaire à tout le monde, mais je tiens à dire ce que je pense. Je l'ai toujours fait. Pour un Bruxellois ou un Liégeois qui veut prendre la licence en sciences maritimes, qui intéresse le port, et non pas la licence, en sciences commerciales, pour lesquelles il n'est pas nécessaire d'aller à Anvers, puisqu'il y a Warocqué et d'autres institutions, pour le Wallon ou le Bruxellois francophone donc, qui adopte l'option, en licence, des sciences maritimes A Anvers, afin évidemment d'avoir plus tard une activité ou des relations portuaires en Belgique, il serait assez normal qu'il prit la peine de poursuivre cette partie finale de ses études dans la deuxième langue nationale du pays, celle de nos ports.» Dans une troisième et dernière séance, le 18 mars 1965, le Sénat adopta l'article 15 sans aucune discussion, puis l 'ensemble de la loi. A la séance du mardi suivant, 23 mars, le sénateur Hougardy déposa une proposition de loi tendant au maintien de la section française de sciences commerciales et maritimes de l'iscea ( 320 ). Elle était contresignée par les sénateurs Toussaint et Vreven : 319 Les annuaires de, l'iscea montrent que depuis le Centenaire (1952), jusqu en 1960 (dernière année avec statistiques), la section française a compté étudiants, dont 964 Belges (Anne Osterrieth, par exemple) et 157 étrangers (surtout du GrandDuché. Donc ces étudiants n'étaient pas du tout «dans une forte proportion» ni «en majorité» des étrangers. 320 Sénat, Documents, , n o
163 «Art. 1. La section de langue française de l'iscea est maintenue au sein du Centre universitaire de l'etat d'anvers.» Art. 2. La section visée à l'art premier décerne les diplômes de candidat en sciences commerciales et de licencié en sciences commerciales et maritimes.» Art. 3. Tout étudiant belge ou étranger remplissant les conditions d'études fixées est autorisé à fréquenter la section visée à l'art premier.» Si l'article 1 était clair et annulait ce que l'article 15 de la loi d'expansion avait de négatif, l'article 2 était en contradiction avec lui: il supprimait implicitement trois des quatre spécialisations de la licence. L'article 3 était encore pire. Qu'importe d'ailleurs. La fin de la législature était tellement proche que la proposition Hougardy, prise en considération le 30 mars, devint inévitablement caduque le 16 avril, par suite de la dissolution des Chambres ( 321 ). Dans ses développements à son sujet, Hougardy avait dit qu'il avait interrogé Janne, en commission, sur la suppression de la section «centenaire» de langue française de l'iscea alors que le projet de loi afférent à cette matière gardait un silence «pudique» sur cette affaire. Au lieu de répondre franchement que, effectivement, par son article 15, ce projet supprimait intégralement la section française, Janne «déclara qu'il ne s'agissait pas d'une suppression totale, mais d'une interdiction faite aux Belges, tant 321 Sénat, Annales Parlementaires, session , pp. 1235, 1,526 ; Sénat, Documents, , no 366, p
164 d'expression néerlandaise que française, de fréquenter encore cette section. Celle-ci serait réservée aux étudiants étrangers». Au sujet du maintien de la licence en sciences maritimes en français et pour les Belges, Janne avait répondu «qu'il était loisible aux francophones de suivre les cours de la section néerlandaise». A ce propos, Hougardy avait relevé que «les Belges francophones désireux d'apprendre les sciences maritimes en sont réduits à fréquenter des établissements d'enseignement supérieur situés à l'étranger, par exemple à Rotterdam, on l 'enseignement en question est 'donné en néerlandais, en anglais et en français». «Il existe évidemment pour eux encore une autre solution: c'est d'acquérir une nationalité étrangère quelconque afin d'obtenir ainsi le droit de fréquenter un établissement d'enseignement dans leur pays d'origine.» Une telle observation du sénateur Hougardy est le triste résultat de la fois malencontreuse qu'il avait prêtée à la sincérité du ministre. Celui-ci était avant tout préoccupé par cet Institut d'anvers, le seul des cinq Instituts de commerce promus jusqu'à l'enseignement Supérieur à être une école de l'etat, ce qui lui avait valu un règlement organique quasi universitaire: un recteur et le reste. Comment plier une telle école au cadre général prévu par le projet de loi d'expansion? Janne consulta «les juristes de son département». Ils trouvèrent la réponse désirée en mettant l'accent sur les 164
165 diplômes des Instituts de commerce; non, ce n'étaient pas des diplômes universitaires. Ils rédigèrent en ce sens une note que le ministre lut à la commission de l'education nationale de la Chambre, à qui le projet avait été transmis. Il en résultait que, par l'article 37 ( 322 ) des lois coordonnées sur la collation des grades académiques et le programme des examens universitaires (31 décembre 1949), les diplômes relatifs aux grades mentionnés dans ces lois étaient délivrés par une université ou par le jury central universitaire. «Or, les grades de candidat, de licencié et de docteur en sciences économiques appliquées ou en sciences commerciales (de niveau universitaire) ne sont pas mentionnés parmi ces grades. Ce sont en fait des grades scientifiques protégés par la loi (art. 1er de la loi du 11 septembre 1933). Or il n'existe ni jury central ni jurys spéciaux pour ces grades, a la seule exception du grade d'agrégé de l 'enseignement secondaire supérieur pour les sciences commerciales et cela en vertu d'une loi spéciale (du 11 mars 1954) créant ce jury central.» C'était une ficelle de plus pour arriver enfin à sauter le pas. Il ne manquait plus rien à l'iscea pour être pleinement arrive au sommet que de pouvoir délivrer des diplômes relatifs à des grades universitaires. Par la loi du 9 avril 1965, il y accéda pleinement (article 4): la candidature, la licence et le doctorat en sciences économiques appliquées ou en sciences commerciales sont désormais des grades universitaires quand la RUCA les délivre; mais il fut simultanément amputé de sa section française (article 15). 322 Modifié par la loi du 21 mars
166 Le 1er avril, le député Lacroix déposa son rapport. Le jeudi 8 avril 1965, à 14 h 05, la Chambre avait le projet de loi à son ordre du jour. C'était un projet volumineux et très important. Et cependant il fallait que son sort soit réglé en cette unique après-midi : la dissolution était imminente. Ce fut donc à la hussarde que la décision fut enlevée ( 323 ). En ce qui concerne l'iscea française, ce fut de nouveau la question de la licence en sciences commerciales et maritimes qui occupa le Parlement. Mais les deux députés Denis (socialiste) et Delforge (libéral) qui la soulevèrent montrèrent autant d'incompétence que Hougardy et Maisse l'avaient fait au Sénat et le ministre Janne exploita à la Chambre cette situation avec autant de cynisme que là-bas. On sait bien que la politique n'est pas faite pour les enfants de chœur. Lors de la discussion générale, Denis parla comme si l'iscea n'était qu'une école technique ordinaire, des lors soumise à la loi de 1963, ce qui n'était pas le cas, nous avons déjà dû assez souvent le dire. «En sciences commerciales et maritimes, la section française qui existait sera maintenue. Mais la loi dispose qu'elle ne sera accessible qu'aux ressortissants étrangers, de telle sorte que, dans quelques années... lorsqu'un jeune Belge, d'expression française, voudra acquérir le diplôme» de licencié en sciences commerciales et maritimes, il se verra refuser l'entrée à la section française d'anvers parce qu'il est citoyen belge. Il ne lui restera plus qu'une alternative: ou 323 Annales Parlementaires, Chambre, session , no
167 bien se rendre à la section française de la licence en sciences maritimes de Rotterdam. Il existe là, m'a-t-on dit, une section française, une section anglaise et une section néerlandaise. Ou bien, il lui restera, deuxième branche de l'alternative, à demander la naturalisation luxembourgeoise ou française. Il sera alors accepté. Je demande que lorsque la 2 e licence en sciences commerciales et maritimes sera entièrement englobée dans le Centre universitaire d'anvers, les Belges ayant fait leurs études secondaires dans la -langue française et domiciliés dans la région linguistique française ou allemande ou dans celle de Bruxelles-Capitale, soient admis... Janne. Il n'y aura pas de difficulté!» Se fondant sur cette réponse, Denis déposa, an moment de la discussion du statut linguistique (article 15), un amendement en ce sens. Mais le ministre répondit alors : «La licence en sciences maritimes donne lieu à des cours en 2e licence (armement maritime, expéditions maritimes, etc.). Il y a six cours. La transformation de l'institut de commerce d'anvers en faculté progressivement, d'année en année, maintient encore pendant quatre ans ( 324 ) la licence en sciences maritimes telle qu'elle est maintenant. Les cours peuvent être suivis, pendant ces quatre ans, non seulement par les étudiants qui ont commencé leurs études en sciences commerciales, mais par tous les Belges non originaires de la région linguistique néerlandaise ( 325 ). Ce n'est pas une transformation linguistique, c'est une transformation académique ( 326 ).» Le problème se posera 324 En fait, trois ans, jusqu en mai (Erreur voulue?). 325 Ceci n'est que l'extinction normale, en trois ans, de toute la section française, comme la prévoit le projet (article 75). Pendant ces trois ans, tous les étudiants ont pu naturellement terminer leurs études selon l'ancien régime. 326 En fait, c est une suppression totale. 167
168 donc dans quatre ans, car il y a une loi linguistique du point de vue universitaire, celle du 5 avril 1930 qui fixe le régime de l'université de Gand. Il était naturel que, pour l'université d'anvers, l'on prit comme base cette législation et qu'elle fût adaptée à des besoins spéciaux. Que ce soit une université flamande, cela va de soi, me semble-t-il. L'article 15 élargit la loi de 1930 par toutes les dispositions relatives aux études qui y sont indiquées.» Il est exact qu'un problème se pose pour la licence en sciences maritimes, mais il ne se posera que dans quatre ans, et, pour résoudre de tels problèmes, la Table ronde a prévu une commission nationale, car il s'agit bien d'un problème de principe: une université flamande, au sens de la loi de 1930 ( 327 ), peut-elle organiser des études en français a l'intention de Belges?» J'admets le principe quand il s'agit d'études comme celles de la licence en sciences maritimes, mais la question doit être examinée d'une manière principielle au point de vue linguistique. Ce n'est pas au détour d'un article de loi comme celui-ci que l'on peut trancher la question. Nous avons quatre ans pour le faire sans aucun risque pour n'importe quel Wallon ou Bruxellois.» ]e vous signale, en passant, l'ampleur du problème: de 1961 à 1965, un Liégeois et deux Bruxellois ont fait cette licence ( 328 ).» (Hilarité.) Provoquer cette 327 Le sens de la loi de 1950 concernait Gand et aucun autre endroit. 328 Nous avons déjà eu l occasion de dire que l Iscea n a plus publié d'annuaire après celui de 1961, ou on peut trouver les statistiques relatives à l année académique Ainsi les chiffres donnés ici par le ministre sont incontrôlables puisqu'ils 168
169 hilarité et, par elle, tourner en dérision la question beaucoup plus vaste qui était en jeu, c'était tout ce qu'un politicien pouvait espérer de mieux: l 'amendement Denis fut rejeté. Mais pour ceux qui veulent connaitre toute la vérité, il suffirait d'avoir la liste des licenciés en sciences maritimes de l'iscea de 1961 à 1965 (section française). En attendant, nous détenons déjà, tout au moins, la liste des diplômés de 1961: Paul Heremans, Borgerhout; Roland Verhaege, Anvers; René O. Deurne ( 329 ). Il faut ne pas être Anversois pour s'étonner que les trois licenciés de 1961 sont tous d'anvers. Il faut être fanatique pour fermer exprès les yeux sur cette réalité. Donc le ministre a volontairement exclu de sa liste des diplômés de 1961 ix 1965 (section française) tous ceux qui n'étaient pas wallons ou bruxellois. Il y a encore mieux. L'ultime carte utilisée au sujet de tous les points discutés (surtout l'essaimage des candidatures) a constamment été de mettre en avant qu'il ne s'agissait que d'une loi «provisoire», destinée à n'organiser qu'une première phase ( ) du programme d'expansion universitaire de la Belgique et qu'en 1968 on allait revoir et compléter, dans une deuxième phase et par une autre loi, tout le fonctionnement de celle-ci. En principe, l'avenir n'était engagé en rien. Ici, Janne fait miroiter, grâce à cet artifice, aux yeux des Wallons et des Bruxellois, la perspective d'un rétablissement ultérieur de la section française de l'iscea, ne fut-ce que pour eux seuls (les Francophones de Flandre vont de 1961 à De plus, ils sont invraisemblables si on les compare avec ceux qui résultent des derniers annuaires publiés après le Centenaire (1952). 329 Bulletin du Cercle des Anciens, janvier-mars 1962, p. 34, 169
170 ayant perdu toute existence légale). Nous sommes en 1977 et nous savons bien que tout cela n'a été qu'une subtilité, que la section française n'a nullement été rétablie et qu'il n'y a eu en 1968 aucune deuxième loi, même pas pour la Ruca. Cependant, la première loi avait été votée par 119 voix contre 34 et 15 abstentions. Il était 0 h 15 et la Chambre avait siégé plus de 'dix heures sans aucune interruption. Mais la majorité avait obtenu tout ce qu'elle avait voulu, même en entamant la journée suivante (9 avril). La loi portant diverses mesures en faveur de l 'expansion universitaire parut au «Moniteur» du 27 avril 1965 ( 330 ). C'est le jour où elle entra en vigueur. Epilogue Le 1er mai 1965, la RUCA débuta par la reprise de l'ex-iscea, dont l'extinction devait avoir lieu en quatre ans à partir de l 'année académique Le 1er octobre 1965, la défunte Iscea n'avait plus aucun registre pour recevoir les inscriptions. Pour sa section flamande, les nouveaux étudiants s'inscrivirent à la Faculté des Sciences économiques appliquées de la RUCA; le programme (arrêté royal du 24 septembre 1965) était sensiblement le même que celui de l'iscea. Pour la section française de celle-ci, par contre, ce fut le moment fatal ou tout afflux de sang nouveau fut a jamais coupé. Dès ce jour, cette section ne donna plus de cours de 1 re année et il n'en resta plus que les trois dernières années en activité. A cette cadence, le 1er octobre 1968, elle était morte. 330 Elle est publiée dans la Pasinomie, 7 e série, année 1965, pp
171 Ce fut une mort paisible, loin du Middelheim, dans des locaux provisoires, en face de la Banque Nationale, près de la statue du roi qui avait signé son acte de naissance. Le 17 mai 1965, la RUCA avait pris possession des bâtiments de l'ex-inutom. Le 23 juillet suivant, la première pierre du premier bâtiment nouveau de la RUCA fut posée au Middelheim. Le 7 octobre, ce fut la séance d'ouverture de sa première année académique. Caemerlinck en était le prorecteur; le recteur était L. Massart. Enfin, en mai 1968, alors que la dernière année académique des deux sections de l'iscea approchait de sa fin, on sentit bien qu'il convenait de faire quelque chose pour saluer la clôture d'une grande période et d'une noble institution, 36 ans pour la section néerlandaise et 116 pour la française. Mais que faire et qui le ferait? Il ne convenait pas à la RUCA de le faire: elle était exclusivement tournée vers l'avenir. L'Iscea? Mais l'iscea était absorbée («intégrée» était le terme officiel) et n'avait plus aucun pouvoir d'organiser quoi que ce soit. Alors, on inventa un «Comité de l'institut Supérieur de Commerce. Manifestation de Clôture», a qui l'on endossa tout ce qui devait être fait. Il importe peu qui appartint à cet «organisme ad hoc». Il mit sur pied, pour le 4 mai 1968, une séance académique intitulée «La dernière promotion», selon l'équivoque habituelle. Celui qui parla le premier fut M. Van Santvoort, étudiant de la section néerlandaise; celui qui parla le dernier fut D. Grunspan, étudiant de la section française. Il en résulta automatiquement que Van Santvoort présida toute la cérémonie. Grunspan, lui, eut la gloire de parler le dernier, comme il sied à une section condamnée à mort. 171
172 En dehors de Grunspan, il n'y eut que R. De Ridder, président du Cercle des Anciens, à parler en français. Les quatre autres orateurs parlèrent évidemment en néerlandais. En deux heures tout était accompli. Que reste-t-il depuis lors de l'iscea? Le Cercle des Anciens Etudiants. Sous l'impulsion de son président, le professeur André Gautier, il a vaillamment poursuivi l'effort, comme si la relève par des jeunes était assurée. Il a publié son Bulletin et a inauguré ses Cahiers Economiques et Sociaux. Il a surtout publié son Annuaire pour fêter son centenaire, qu'un banquet célébra dignement le 15 décembre Il a organisé un grand voyage au Mexique en 1974 intitulé «Voyage du Centenaire». 172
173 Index des Noms Aen den Boom, L., 85, 86, 89, 109, 111, 118, 123, 125, 145 Aertsens, J., 128 Aertssen, G., 110, 118 Agie, Ch., 8, 10, 12, 14, 26 Albert, 52, 58, 63, 69, 70, 75, 78, 82, 117, 121 Alexander, W., 110, 126, 153 Angenot, Ch., 38, 47, 60, 66 Apalategui, Ramon, 65, 73 Araoz, Marc, 18, 38 Arents, J.F., 36, 57 Arrivabene, 16, 20, 21, 23 Baelde, M., 112, 119 Baeyens, R., 131, 147 Bal, E., 133, 137 Bartier, J., 119, 120, 131 Basyn, J., 81, 104, 111, 147 Baudhuin, Fernand, 77, 94 Baudouin, 121, 139 Bayot, Alphonse, 68, 93 Béduwé, E., 61 Beetemé, 29, 36, 37, 41, 55 Bellefontaine, C., 107, 112, 153 Belleroche, J.F., 18, 37 Beniest, 63, 65, 70, 74, 90, 93, 99, 112 Berdolt, Georges, 50 Berré, Edouard, 18, 54, 61 Bihot, Charles, 69, 79, 95 Blanqui, Adolphe, 11 Bouckaert, G., 112, 124 Brandt, Georges, 82, 106, 112, 115, 145 Broeckx, Corneille, 5, 6 Brusseleers, P., 81, 84, 89, 92, 131, 141 Bulcke, Auguste, 68 Burdo, M., 49 Cajot, G., 129 Calewaert, W., 129 Camerlinckx, F., 118, 125, 126, 129, 132, 136, 140, 148 Castelein, Edgard, 69, 77, 80 Castelot, Eloi, 31, 48, 50 Casteur, E., 92, 124 Cateaux-Wattel, 7, 8, 9, 10, 12, 23, 24, 26, 31, 32, 35, 47, 96 Celen, V., 84, 133 Ceulemans, Félix, 46, 68 Charles, L., 3, 7, 15, 16, 20, 21, 26, 40, 48, 50, 61, 64, 65, 66, 69, 77, 84, 113, 131, 135, 139, 147 Charlier, 18 Claeys, Léopold, 42, 46 Cogels-Osy, John, 20 Collard, Léo, 135 Conard, J., 9 Conscience, Henri, 6 Coppieters, E., 125, 137 Coremans, Ed., 35,
174 Cornelis-Lysen, G.A., 12 Cornez, E., 122, 126 Cortvriend, J., 131, 137 Courtoit, Edmond, 69, 95 Craen, G., 84, 89, 92, 101 Craeybeckx, L., 118, 134, 135, 141, 146, 150 Crombecq, 17 Cusson, M., 42 Cuylits, Jacques, 32 Darchambeau, Valère, 153 Davignon, Jules, 64, 69 De Baer, M., 88, 90, 100, 101, 114 De Bauw, A., 93, 111, 112, 117 De Bray, A.J., 65 de Brouckère, Charles, 15, 16, 20 De Cavel, J., 92, 101, 110 de Cock, Maurice, 58 de Cocquiel-de Ter Herle, Charles, 16, 20, 31, 34, 58, 65 De Groote, Albert, 70, 82, 88, 90, 92, 104, 106, 112 de Haulleville, Prosper, 26, 28, 29 De Jongh, René, 77, 81, 90, 92, 93, 101, 131 de Kerckhove-de Tervarent, J., 6 De Kesel, L., 118 de la Gorce, P., 35 de Ramaix, 70 De Ridder, André, 73, 78, 81, 92, 93, 104, 125, 131, 133, 172 De Ruddere, Alphonse, 75, 79, 107, 129, 133 de Tabuenca, M., 112, 118, 119, 133 de Theux, 3, 6, 45 de Trobo, Ramon, 38, 46 De Vleeschauwer, H., 88, 89, 101, 110 de Vrière, 89 De Vries, E., 81, 84, 89, 94 De Wasch, 75, 82, 88, 90, 104, 106, 112 De Wash, Victor, 92 De Winter, Jean, 38, 50, 61, 69 Debatty, Léon, 69, 71, 78 Debra, E., 131 Dechamps, Adolphe, 3, 4 Deckers, 82 Declerck, R., 122, 126, 127, 134, 139, 144 Decq, A., 3 Delcourt, G., 33, 56, 61 Delforge, 166 Delwaide, L., 97, 102, 133 Denis, 166, 167, 169 Dens, Léon, 57, 61, 89, 103, 113 Denucé, J., 84, 108 Depermentier, R., 64, 79 Deschamps, Fernand, 65, 68, 78, 84 Desonay, Fernand, 78,
175 Detiège, F., 118, 130, 134, 135 Deurne, 169 Devaux, 88, 89, 92, 100, 102, 124 Doppagne, A., 132 Dralans, A., 115, 129, 133 Droogmans, M., 68 Druart, Alfred, 137 Dubois, Ernest, 65, 68, 72, 79, 85 Duckerts, Jules, 52 Dufrasne, A., 101, 104 Dunoyer, Charles, 15 Dupont, H., 64, 75 Eeckels, J.A., 63, 65, 67, 70, 73, 81, 88 Eetvelde, 68 Erauw, G., 133 Essig, Boris, 132 Eyskens, 135, 138 Fernand Georlette, 65 Fink, J., 12 Fischweiler, J.A., 61 Fonseca, 104 Fontaine, P., 18, 23 Forthomme, P., 76, 117 François, Henri, 8, 17 Frère-Orban, 27, 45, 53 Friling, Willy, 63, 80, 97, 102 Fuchs, 8, 10, 12, 14, 33 Gale, Georges C., 69, 82 Galens, R., 114, 125 Garnier, 35 Gautier, A., 172 Gehain, Adhémar, 89, 132 Gembloux, 49, 53, 59, 71 Genard, 31 Génard, P., 5 Gerlo, 128, 145 Gerrits, 36 Gilliot, Ch., 38, 48 Gillis, 134 Gilsoul, R., 112 Gits, Georges, 61 Godding, R., 111 Gollier, Th., 76 Good, William, 24, 28, 32, 45, 48, 50, 64, 77, 93, 97, 102, 118, 133 Gossi, Max, 24 Grandgaignage, Edmond, 33, 35, 37, 45, 46, 47, 53, 56, 57, 64 Greyson, Emile, 42, 43 Grimbers, F.J., 81, 84, 88, 89, 106, 115, 145 Grisar, Armand, 97, 102 Grootjans, F., 134, 151 Grunspan, 171, 172 Grunzweig, A., 2, 112 Gruslin, R., 93 Guiette, Emile, 19, 33, 108 Gunther, Otto, 61 Günther, Otto, 24 Gunzburg, J., 131 Gylsen, Henri, 75, 80 Gyselynck, Léon, 81, 92, 133 Haghe, François, 17, 30, 51, 52,
176 Hanquet, V., 40, 49 Harmel, P., 123 Havenith, Alfred, 29, 50, 69 Hennuy, G., 124, 128 Henry, Albert, 75, 93, 101 Heremans, Paul, 169 Hessel, H., 63 Hinzmann-Savino, M., 68 Horta, E., 61 Hoste, 93 Hougardy, 157, 159, 162, 163, 164, 166 Hoyaux, P., 110, 118 Hubert, A., 71 Humbeeck, P. Van, 52, 53 Huylebroeck, 52 Huysmans, Kamiel, 75, 77, 96, 102, 110, 111 Inman, W.M., 35, 51 Jacquemyns, 27, 29, 53 Janne, 154, 159, 163, 164, 166, 167, 169 Joostens-Elsen, Constantin, 8, 12, 22, 26, 30 Julin, A.J., 66, 75 Jussiant, C., 97, 103, 112, 119, 133, 137 Keilhau, W., 120 Kennis, Edmond, 34, 62 Kessels, 38 Kinsbergen, A., 131, 137 Koch, Julien, 69, 72 Koninckx, Willy, 116 Kosman, 95 Kreglinger, Paul, 69, 72 Kriekemans, A., 101 Kufal, Wilhelm, 49, 51, 56 Lacroix, 166 Lahousse, H., 64, 73 Lalière, A.J., 64, 66, 79 Langrand-Dumonceau, 27 Larochette, 115, 131 Larock, V., 140 Laurent, H., 84, 100, 101, 112 Layton, William, 54, 57, 67 Le Hardy de Beaulieu, Adolphe, 16 Le Hardy de Beaulieu, Ch., 28 Lebrun, J., 112, 115, 147 Lefèvre, Th., 140, 153 Legrand, Joseph, 103, 110 Léopold 1er, 32 Léopold II, 40, 68, 91, 120, 149 Léopold III, 91, 149 Levy, L., 113, 115, 129 Lilar, 135, 138 Lippens, Maurice, 83, 85 Lison, F., 129, 133, 138 Loos, F., 7, 8, 22, 30 Luyckx, T., 120, 141, 151, 153 Maisse, 157, 158, 166 Marzorati, A., 88, 101, 109, 114, 115, 120 Massart, 144, 171 Matthyssens, Henri- François, 8, 9, 14, 20,
177 Matthyssens, Jean-François, 3, 4, 5, 6, 11, 12, 13, 14, 29, 30, 38 Maurice, H., 58, 66, 81, 83, 92, 104, 114, 120 Meir, G., 84, 95, 108, 112, 113 Mertens, F., 19, 33 Metdepenningen, Gustave, 32, 35, 44, 45 Mgr. Himmer, 126 Michel, M., 64, 70, 81, 108, 112 Michotte, 21, 22 Mielants, F., 125 Miles, W., 131 Molinari, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 27, 28, 31, 32, 34, 35, 96 Moulaert, Albert, 63, 117, 129 Moureaux, Charles, 135, 138, 139, 140 Naessens, M., 120, 147 Neefs, R., 133, 136 Neumann, M., 49 Nitschke, P., 57, 67 Noppen, H., 133, 147 Oostendorp, 7, 9, 12 Opsomer, W., 103, 115, 135, 141, 150 Osterrieth, Robert, 61, 93, 97, 137, 160, 162 Otlet, Paul, 73 P. Génard, 5 Paquet, Simon, 74, 75 Passy, Fréderic, 35 Pauwels, R., 137 Pécher, Ch., 38, 48, 51, 71, 76 Peeters, Leo, 129, 147 Peiffer, J., 120 Persijn, Jules, 73, 78, 84 Persyn, J.A., 69 Pierrard, Alfred, 61, 79 Pigeolet, M., 92, 104, 106, 114, 140 Plouvier, Prosper, 61, 65, 69, 77, 80, 82, 93, 103, 106 Podesta, G., 18, 33 Prims, F., 28 R.P. Dhanis, 126 Ramlot, Paul, 63, 93, 102 Reinemund, J.F., 18, 19 Renier, G., 72, 88, 90, 92, 95, 99 Rifflet, R., 131 Rigole, L., 77 Roels, R., 112, 116, 133 Roger, Charles, 84, 95, 104, 120 Rogier, Charles, 3, 4, 7, 20, 21, 22, 26, 30, 40 Roland, R., 131, 133, 169 Rolin-Jacquemyns, 53 Rolland, 128 Romsée, 116 Rooman, Joseph, 103, 110 Roost, E., 61 Royers, Gustave, 71, 76 Rupp, Fréderick, 69,
178 Sano, Constantin, 31, 50, 61 Sasse, Eric, 115, 116 Sasse, J., 136 Schmidt, A., 67 Schuyten, R., 84, 106, 132 Selb-De Coninck, Hippolyte, 26, 38 Serayen, A., 133 Siegdried, Jules, 38 Siegfried, Jacques, 38 Simonin, 11, 17, 39 Smidts, J.F., 18, 37 Solari, G., 33, 51 Somers, J., 90, 102 Spaak, 140 Speth, Ch., 112, 118 Spyers, 77 Steels, Jean, 84, 92, 129 Steen, 103, 110 Stefens, Aloïs, 77, 88, 89, 92, 101, 110, 120 Stoffels, E., 115 Stoop, Gustave, 58, 66, 69 Storme, M., 131 Strauss, Louis, 17, 31, 40, 41, 57, 76, 97, 117, 121 Strouberg, M., 37 Strousberg, 36, 37 Strumpen, Jacques, 68 Swagers, F.J., 72, 88 Taitsch, 60, 95 Taylor, W., 19, 35 Theunissen, M., 63, 66, 72 Timmermans, A., 37, 46, 61 Toussaint, 162 Truyens, A., 58, 69 Truyman, Ferdinand, 63 Valle, Vincente, 46, 64 Van Acker, A., 135 Van Asbroeck, J., 95, 147 Van Bemmel, Eugène, 42 Van Bever, 30 Van Beylen, Jules, 50, 69 Van Brabandt, L., 66, 79 Van Criekinge, 18 Van den Bergh, J., 112 Van den Bossche, L., 22 Van den Broeck, E.G., 80 Van den Hende, Léon, 46, 64 Van den Heuvel, J., 131, 137 van der Bruggen, 123 Van Deyck, Camille, 78, 90, 108, 131 Van Dijck, L., 133, 137 Van Dyck, L., 102, 119 Van Hengel, G., 37, 46, 54 Van Keymeulen, Louis, 31, 54 Van Langendonck, E., 82, 95, 100, 102, 108, 131 Van Lennep, R., 131 Van Lerberghe, K., 133 Van Luppen, J., 133, 136 Van Mol, J.B., 6, 8, 17, 26, 29, 30, 32, 33, 36, 37 Van Nuffel, R., 20, 23, 88 Van Offelen, J., 129, 131 Van Opstal, Alex, 90, 121 Van Peborgh, Edward, 38, 64, 69,
179 Van Put, E., 82, 97, 112, 119, 133 Van Romp, G., 131, 133 Van Rompu, G., 133 Van Rooy, C., 136 Van Santvoort, M., 171 Van Tichelen, J.J., 90, 101, 110 Vander Linden, Jean, 33 Vanderkelen, 52 Vandoorsselaer, Oscar, 88, 107, 120 Verbeke, 59 Vercken, Léon, 10, 13, 26, 28, 29, 31, 32 Verhaege, Roland, 169 Verlinden, Ch., 101, 108, 110, 119 Viaene, J., 81, 84, 90, 92, 115, 118 Vliebergh, R., 114 Vrebos, J., 113 Vreven, 162 Wael, Léopold, 37 Waleffe, F., 104 Wauters, Charles, 61, 71, 103 Wildiers, G., 63, 110, 115, 141 Williame, H., 128 Wils, 20, 21, 22, 27, 30 Woestijn, H., 79 Woestyn, H., 88, 94 Wouters, J., 69 Wullus, J., 119, 125, 147,
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