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2 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 1 Les relais sociaux wallons s interrogent sur les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri cahier n

3 2 cahier n Ce travail est conçu de manière à être imprimé en mode «2 pages sur 1 page». Cela permet d économiser du papier, et de ressembler ainsi à un vrai livre

4 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 3 Liminaires Des chercheurs dans les relais sociaux pour identifier les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri Des relais sociaux en Wallonie pour lutter contre la précarité Un public diversifié, des missions multiples Des chercheurs pour identifier les freins à l hébergement des sans-abri D un contexte à l autre Vers une méthode commune Circonscrire la question de l hébergement L objectif? Aboutir à des recommandations locales et régionales Les sans-abri, un public diversifié Une diversité de situations de vie Une tentative de typologie pour mieux comprendre Différents visages de la grande précarité Adéquation des services existants avec les profils des personnes? Des causes et conséquences de la grande précarité L hébergement, une problématique imbriquée dans le contexte du logement Une pénurie de logements en amont et en aval de l hébergement Freins à l accès ou au maintien dans un logement Les parcours autour de l hébergement Une multiplicité de profils, plusieurs dispositifs pour y répondre Les équipes mobiles, un premier lien pour rencontrer des personnes sans-abri sur leur lieu de vie L abri de nuit, tremplin, dernier filet? La maison d accueil, un hébergement à moyen terme Le passage d une structure à l autre Une frange de la population qui ne trouve pas sa place dans les structures existantes

5 4 cahier n Et après l hébergement? L accès au logement Une nécessité d accompagnement Quels moyens pour le post-hébergement? Développer des formes alternatives de logement Travail en réseau et hébergement Le travail en réseau autour de l hébergement Les relais sociaux, un outil pour le travail en réseau Problématiques particulières du travail en réseau autour de l hébergement Politiques d hébergement et cadre légal Maisons d accueil, un manque de moyens Les abris de nuit Document de synthèse Introduction Les sans-abri, un public diversifié L hébergement, une problématique imbriquée dans la question du logement. 54 Les parcours autour de l hébergement Et après l hébergement? Travail en réseau et hébergement Politiques d hébergement et cadre légal Pour en savoir plus Contacts Bibliographie La lecture de ce Cahier vous donne envie de réagir? Le laboratoire des innovations sociales et de santé, c est : Écrire pour décrire son projet dans l action sociale et la santé Éditer dans une collection de livres numériques Échanger pour s inspirer, décloisonner, innover Labiso, cela peut aussi être :

6 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 5 Liminaires Ce Labiso dénote par rapport aux cahiers traditionnels. Et pour cause, il est le fruit d un travail participatif de longue haleine avec les relais sociaux. Ceci explique pourquoi, au final, ce double Labiso s apparente davantage à une recherche universitaire assortie de recommandations, qu à un Labiso issu d une écriture journalistique ancrée dans la pratique concrète du terrain, comme nous le proposons d ordinaire. Dans le courant du premier semestre 2008, Didier Donfut, alors ministre de l Action Sociale, de la Santé et de l Égalité des chances, avait initié six projets de recherche sur les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri en Région wallonne. La recherche a été prise en charge par les six relais sociaux wallons, notamment par l engagement d un chercheur sous statut APE dans chaque ville (Charleroi, La Louvière, Liège, Mons, Namur, Verviers). Les chercheurs ont pour la plupart réellement commencé leurs travaux aux environs de avril mai 2008, voire plus tardivement, avec comme objectif de rendre un rapport intermédiaire en octobre Les chercheurs ont ensuite obtenu une année supplémentaire pour approfondir leurs travaux et déboucher sur des propositions de solutions aux freins à l hébergement des sans-abri, dans un rapport final à rendre en octobre Rapidement après le lancement des recherches, le besoin d un cadre de coordination entre les différents chercheurs, non prévu initialement, s est fait ressentir. Il a alors été convenu fin mai 2008 entre le ministre de l Action Sociale, de la Santé et de l Égalité des chances et l Agence Alter, que cette dernière développe un accompagnement méthodologique des chercheurs attachés aux différents relais sociaux. Ainsi, une première phase de la mission conférée à l Agence Alter consistait en la mise en œuvre de l accompagnement lui-même et une seconde consistait en la rédaction d un cahier Labiso qui synthétise les six analyses, ainsi qu une mise en perspective des principaux enseignements dégagés dans chacune des recherches. Au cours de ces deux années d échanges et de réflexions, un chercheur de l Agence Alter a mis en œuvre deux outils pour assurer l accompagnement du travail des chercheurs engagés par les relais sociaux : La confection et la mise en route d un site Internet d échange et d archivage de tous les documents identifiés ou produits par les chercheurs afin de dynamiser et stabiliser entre eux le partage des ressources et productions. Outre la participation aux réunions d accompagnement de la recherche, l organisation, l animation (et le secrétariat), d une dizaine de réunions d intervision entre chercheurs des relais sociaux. Ces rencontres furent l occasion d échanges sur les aspects méthodologiques de la recherche, mais aussi sur les hypothèses et les résultats.

7 6 cahier n Dès lors que la mission des chercheurs a été prolongée d un an et que le travail de coordination entre chercheurs fourni par l Agence Alter a été unanimement reconnu comme utile, il a été convenu de prolonger l accord pris entre le ministre de l Action Sociale, de la Santé et de l Égalité des chances et l Agence Alter. Un scrutin régional et quelques mois plus tard, le fruit de ces travaux a été présenté à l Administration de la Région wallonne le 13 octobre Le temps de lancer le dialogue avec le secteur, notamment sur les pistes ici dégagées, et voici portée à la connaissance du public cette recherche des relais sociaux sur les freins à l hébergement des sans-abri et des personnes en grande précarité. déclaration de politique régionale À la lecture de la Déclaration de politique régionale wallonne publiée en juillet 2009, on peut déjà affirmer que la nouvelle ministre de l Action Sociale, de la Santé et de l Égalité des chances, Éliane Tillieux, sera attentive aux suites à donner à cette recherche. Ainsi, peut-on lire dans le chapitre «Permettre à chaque citoyen de vivre dignement Proposer des solutions en matière d accueil et d hébergement aux personnes en difficultés sociales» : «Le Gouvernement entend continuer les efforts d augmentation de la capacité d accueil en faveur de personnes en difficultés sociales en prenant les mesures suivantes : (...) prendre en compte les résultats de l étude en cours effectuée au sein des relais sociaux sur les freins à l hébergement pour envisager les pistes telles que l adaptation des projets d accueil, les structures elles-mêmes, la formation du personnel, l accès au logement, les animaux de compagnie et surtout l accompagnement dans les premiers mois de l insertion par le logement.»

8 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 7 Des chercheurs dans les relais sociaux pour identifier les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri Des relais sociaux en Wallonie pour lutter contre la précarité C est au début des années 2000 que les relais sociaux ont vu le jour en Wallonie afin d aider les personnes en détresse sociale en coordonnant les services existants. Ce dispositif de lutte contre la précarité et l exclusion sociale se caractérise non seulement par sa prise en compte de l après-urgence il tente d être un maillon dans la chaîne urgence sociale-insertion mais aussi par le fait qu il s appuie sur le tissu institutionnel et associatif préexistant sur un territoire. En effet, avec les relais sociaux, il ne s agissait pas de créer un nouveau service, mais bien de coordonner et renforcer les services existants. Ils sont constitués à la fois d opérateurs publics (CPAS, villes et communes) et issus du tissu associatif (restos du cœur, structures d hébergement, centres d accueil de jour et de nuit ). Six relais sociaux wallons (Liège, Verviers, Namur, Charleroi, La Louvière et Mons-Borinage) se sont structurés autour de quatre pôles : un pôle accueil de jour, où peuvent notamment s organiser des actions d insertion sociale ; un pôle accueil de nuit, en lien avec un ou plusieurs lieux d accueil ; un pôle travail de rue, qui a pour but de nouer ou renouer le contact ; un pôle urgence sociale, afin de répondre aux demandes fondamentales urgentes. Un septième relais social a été mis sur pied cette année dans la zone de Tournai. Un public diversifié, des missions multiples Le public-cible des relais sociaux? Une population variée en précarité sociale aiguë : personnes sans-abri, toxicomanes, personnes ayant des troubles de santé mentale Parmi les missions des relais sociaux, citons celles-ci : permettre un espace de réflexion, d échanges d information et de communication entre les partenaires, organiser la mise en réseau, développer des propositions permettant de répondre aux difficultés vécues tant par le public cible que par les différents partenaires, permettre la réalisation de diverses initiatives et projets des différents partenaires notamment en les subsidiant, développer et coordonner des projets partenariaux, permettre la mise sur pied de formations et supervisions des travailleurs du réseau ou encore interpeller les décideurs politiques sur les problématiques rencontrées. Avec, en toile de fond, une attention parti-

9 8 cahier n culière à la participation des usagers dans l ensemble des initiatives menées. Les relais sociaux ont également un rôle d étude et de collecte de statistiques. Chacun d entre eux est chargé «d observer, de former, d évaluer et de susciter la participation des usagers. De par leur mission d observation, les relais sociaux sont chargés, outre leur rôle de coordination, d assurer un rôle d études et de tenue de statistiques». Dans la poursuite de ces multiples objectifs, chaque relais social a avancé à son propre rythme, avec ses propres contraintes, ses propres développements. D où des situations parfois inégales entre les six villes passées ici à la loupe en ce qui touche l avancement dans ce travail en réseau. Des chercheurs pour identifier les freins à l hébergement des sans-abri Chaque relais social a développé ses propres projets et solutions pour faire face aux besoins d hébergement des sans-abri. Mais il reste de nombreux freins à l accès à l hébergement et toute personne dans le besoin ne trouve pas une place dans un abri de nuit ou une maison d accueil. Les raisons peuvent être nombreuses et varient selon les arrondissements : manque de places dans les structures, présence d animaux de compagnie, familles avec enfants, illégaux, jeunes en rupture, problèmes de santé mentale, violence, refus du règlement d ordre intérieur C est pourquoi, dans le courant du premier semestre 2008, le ministre de l Action sociale, de la Santé et de l Égalité des chances en Région wallonne a initié un projet de recherche portant sur cette problématique. L objectif? Identifier les freins à l accueil d urgence et à l hébergement des personnes sans-abri en Région wallonne et réfléchir à des pistes d actions afin d y remédier. Des recommandations devront être adressées au Gouvernement wallon, recommandations qui pourraient aboutir à des changements législatifs si cela s avère nécessaire. Cette recherche a été prise en charge par six relais sociaux wallons, via l engagement de personnes

10 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 9 chargées d étude sous statut APE. Elle a démarré au printemps Pour chaque relais social, un rapport intermédiaire a été rendu en octobre 2008, suivi en mai 2009 d un rapport final établissant un relevé des freins et des pistes de solutions au niveau local. Une année supplémentaire a été accordée aux chercheurs afin qu ils approfondissent l état des lieux de la problématique et leurs propositions de solutions communes, cela pour octobre Rapidement après le lancement de la recherche, un besoin de coordination entre les chercheurs s est fait sentir. L Agence Alter a alors été sollicitée pour mettre en place un accompagnement méthodologique des chercheurs et, ainsi, les aider à mettre en perspective les différents enseignements dégagés par chacun. D un contexte à l autre Vers une méthode commune Les chercheurs attachés aux relais sociaux ont tous partagé le même canevas de départ, défini dans le cadre du Comité d Accompagnement de la recherche : Canevas pour la rédaction du travail sur les freins à l accueil d urgence et l hébergement des grands précarisés : identifier et quantifier les ressources ; identifier et quantifier, si possible, les demandes d accueil d urgence et d hébergement en maison d accueil et abri de nuit ; identifier les raisons pour lesquelles les SDF et grands précarisés ne sont pas ou ne peuvent pas être accueillis en abri de nuit ou en maison d accueil : raisons tenant à l organisation de l établissement, raisons tenant à l organisation du réseau, raisons tenant aux demandeurs (raisons objectives et subjectives), autres raisons. Malgré ce canevas commun, il va sans dire que chacun a évolué dans un cadre distinct. D une part, les enjeux sont très différents d une ville à l autre. Dans les plus grosses villes, telles que Liège et Charleroi, on a tendance à voir s intensifier la demande dans l accès à l hébergement. Par ailleurs, le cadre de travail, le contexte institutionnel de chaque relais social, mais aussi de chaque réseau local d hébergement a impliqué des démarches différentes. Si les objectifs à atteindre étaient similaires, les chercheurs ont eu recours à des méthodes de recherche différentes, en cumulant différentes techniques : questionnaire, entretien individuel semidirectif, entretien individuel informel, focus-group et immersion avec observation participante dans des structures d hébergement (abris de nuit, maisons d accueil, service logement d un CPAS par exemple).

11 10 cahier n Deux outils ont été mis en œuvre par l Agence Alter afin d assurer l accompagnement du travail des chercheurs : la confection et la mise en route d un site internet d échange et d archivage des documents afin de dynamiser le partage des ressources ; l organisation d une série de réunions d intervision entre chercheurs, occasions d échanges sur les aspects méthodologiques et pratiques, sur les hypothèses et résultats de chacun. Circonscrire la question de l hébergement Le premier objectif des intervisions a été de définir des pistes d analyse quantitative et qualitative communes et, de la sorte, d harmoniser le contenu des recherches. Quelques remarques peuvent être faites à cet égard. Premièrement, concernant le contour de l objet de recherche : l offre d hébergement ne se limite pas aux abris de nuit, aux maisons d accueil et aux maisons d hébergement de type familial reconnus par le décret du 12 février Il faut prendre en compte d autres types d offres, qu elles soient reconnues par le décret (maisons communautaires) ou non (locations supervisées, initiatives privées). Il existe aussi des «formes détournées d hébergement», comme les hôpitaux psychiatriques, les urgences des hôpitaux, les prisons, les hôtels, mais aussi les squats, les campings Si les abris de nuits et les maisons d accueil constituent l objet principal de cette recherche, ces autres formes d hébergement ne doivent pas être oubliées. Deuxièmement, il s agissait de réfléchir à la problématique de l hébergement en la replaçant dans son contexte plus global. Cela signifie, d une part, prendre en compte la question de l accès à un logement accessible et digne : les conditions imposées par le marché immobilier dans un contexte de crise du logement, mais aussi l étendue du parc de logements à caractère social, insuffisant et souvent inaccessible aux sans-abri. D autre part, cela a impliqué de faire le lien entre la question de l hébergement et le contexte local du marché de l emploi : le taux de chômage, la flexibilisation et la précarisation de l emploi. Signalons entre autres l apparition du phénomène des travailleurs sans-abri. Plusieurs catégories de populations sont aujourd hui particulièrement touchées par ces évolutions : les jeunes, les sans-papiers, les femmes en ménage monoparental, les hommes âgés, les personnes handicapées Enfin, si l analyse porte essentiellement sur les freins à l hébergement, il est aussi apparu opportun de tenter de repérer les expériences positives, sur lesquelles pouvaient s appuyer des propositions concrètes de solutions.

12 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 11 le décret du 12 février 2004 En Wallonie, le décret du 12 février 2004 relatif à l accueil, l hébergement et l accompagnement des personnes en difficultés sociales régit les services regroupés sous quatre catégories : les abris de nuit les maisons de vie communautaire les maisons d accueil les maisons d hébergement de type familial. Le décret marque la disparition des termes centres d accueil et maisons maternelles. Dans les maisons de vie communautaire et les maisons d accueil, on peut distinguer des maisons accueillant des publics spécifiques tels que : femmes accompagnées d enfants femmes éventuellement accompagnées d enfants hommes non accompagnés d enfant(s) tous publics (hommes seuls, femmes seules, couples, couples avec enfants ou encore familles monoparentales) Source : Association des maisons d accueil (AMA) - L objectif? Aboutir à des recommandations locales et régionales La recherche s est effectuée en trois temps. Un ensemble de constats a été identifié par les chercheurs des relais sociaux. Chacun s est alors penché sur l élaboration de pistes de solutions adaptées à son contexte local. En bref, il leur fallait répondre aux questions suivantes : quels freins? Quels acteurs sont concernés? Quelles mesures proposer et avec quels moyens? Troisième et dernière étape, se mettre ensemble afin d identifier parmi ces pistes de solutions celles qui pouvaient être d application pour l ensemble de la région. La rédaction de ce rapport par l ensemble des chercheurs, en collaboration avec l Agence Alter, constitue l aboutissement de ce travail. À travers lui, ils présentent le fruit de leur recherche ainsi que les propositions de recommandations communes qu ils adressent aux ministres concernés. Afin de faciliter la lecture et la compréhension de ce document, les recommandations élaborées par les chercheurs ont été regroupées selon différentes thématiques, qui constituent les chapitres qui suivent.

13 12 cahier n Les sans-abri, un public diversifié Une diversité de situations de vie D emblée, la difficulté de définir le public-cible de cette recherche s est imposée. Qu entend-on par grands précarisés? In fine, si un cadre commun s est esquissé entre les chercheurs, chacun a choisi d orienter son regard sur l une ou l autre problématique. Cela a permis d obtenir une vue d ensemble des six grandes villes wallonnes sur l accueil d urgence et l hébergement. Dans un souci d homogénéité, les chercheurs se sont basés sur une définition commune. Celle-ci a été avancée par André Réa et rejoint celle des Nations Unies : «Est sans abri, toute personne qui est incapable d accéder à, et de maintenir, un abri personnel adéquat par ses propres moyens, ou toute personne qui est incapable de se maintenir dans un logement personnel». Tirés de nos observations, lectures et rencontres, les constats qui suivent demandent une certaine souplesse au risque de tomber dans les caricatures et «les profils» réducteurs.

14 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 13 Une tentative de typologie pour mieux comprendre Les personnes sans-abri peuvent, grosso modo, être regroupées en trois catégories. Cette classification s inspire de celle de M. Bresson qui distingue trois formes de vie «La galère», «la zone» et «la cloche» : Les personnes ayant eu un accident de parcours pour lesquelles une réinsertion peut être effective plus ou moins rapidement ; Les personnes marginalisées ou dites récurrentes inscrites dans le réseau de l urgence et qui ne font pas, plus, ou peu l expérience des centres d hébergement. Elles sont, de manière générale, très peu représentées dans les maisons d accueil, surtout celles destinées aux femmes avec enfants. Pour certaines d entre elles, la vie en rue est avancée comme un style de vie préférable aux lieux d hébergement ou au logement ; Les personnes «entre deux» ou «à la frontière» qui souffrent d une problématique particulière non prise en charge (troubles de santé mentale, assuétudes, violence, handicap) couplée avec l absence de logement. Elles ne fréquentent plus ou sporadiquement les services d aide. Elles sont victimes du «syndrome de la patate chaude» c est-à-dire qu elles sont «ballottées» d un service à l autre et n ont que peu de possibilités de tremplin rapide vers la réinsertion sociale. Différents visages de la grande précarité Diversification des profils L image du sans-abri comme un personnage étranger, masculin, vieux, alcoolique et boiteux nécessite quelques réajustements. Les personnes illégales sur le territoire n échappent pas à la problématique du sans-abrisme. D autres sont également touchés par la perte de leur logement : des femmes, des enfants, des jeunes ou des familles entières ou monoparentales. La perte du logement peut aussi concerner une personne ayant un travail. On parle alors de travailleurs pauvres. Elle touche aussi des personnes handicapées reconnues ou non par l AWIPH (Agence wallonne pour l intégration de la personne handicapée). Des personnes provenant d institutions périphériques au logement telles que la prison, les institutions du secteur de l aide à la jeunesse, les institutions du secteur de la santé mentale ou psychiatrique sont également largement rencontrées en rue, dans les restaurants sociaux, abris de nuit ou maisons d accueil. La diversité des profils demandeurs d un accueil d urgence et d un hébergement s explique notamment par la juxtaposition entre des événements conjoncturels et d autres, structurels : aux situations vécues par chaque personne (perte d un emploi, séparation, expulsion, etc.) s ajoute la crise éco-

15 14 cahier n nomique qui précipite plus vite encore les situations de vie dans la précarité voire dans la grande précarité. Rajeunissement des sans-abri Les mineurs et les enfants sont fort représentés au sein des maisons d accueil et parfois dès leur plus jeune âge. À Namur, par exemple, ils représentent en moyenne 50 à 60 % des hébergés dans deux maisons d accueil. Cette forte fréquentation s explique notamment par le rattachement des maisons maternelles au secteur des personnes en difficulté sociale depuis la modification décrétale de 2004, par un manque de prise en charge des jeunes (presque) majeurs suite à leur séjour dans des institutions de l aide à la jeunesse et éventuellement par l état d émancipation acquis par des mineures enceintes. Les jeunes de 18 à 25 ans sont aussi en augmentation en abris de nuit et maisons d accueil. Souvent plus facilement influençables en rue dans un environnement criminogène, ces derniers nécessitent plus d énergie de la part du personnel encadrant. Notons enfin, pour briser les stéréotypes sur les sans-abri, que la majorité d entre eux - toutes villes et centres d hébergement confondus - a moins de 50 ans. Les personnes sans-papiers : une présence très importante dans certaines grandes villes Une proportion plus ou moins importante selon les villes est représentée par des personnes «sanspapiers». Certains cherchent à être reconnus comme réfugiés et sont de passage en abris de nuit le temps de trouver une solution plus stable dans les limites du possible. D autres, ressortissant de l Union européenne, sont également des personnes «sans-droits» en Belgique, des Français par exemple, qui quittent leur foyer pour échapper à une situation familiale inextricable, pour trouver du travail, pour rencontrer des amis ou comme certains d entre eux le disent «pour voir du pays». Prégnance des troubles de santé mentale et des assuétudes La présence - surtout en rue et en abris de nuit - de personnes ayant des troubles de santé mentale et/ou souffrant d assuétudes est en augmentation. Cette tendance a pour effet de compliquer la tâche des services de première ligne dans leur travail de relais car peu de maisons d accueil sont enclines à accueillir des personnes avec troubles de santé mentale non stabilisés ou des personnes dépendantes non-demandeuses d un traitement ou non prêtes à l abstinence. Un phénomène prend de plus en plus d ampleur : la polytoxicomanie (mélange d alcool, cannabis, cocaïne, médicaments, héroïne, etc.), qui pose la difficulté du traitement et du suivi en résidentiel ou en ambulatoire (pro-

16 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 15 gramme de traitement qui s adresse à des situations moins lourdes ou à des personnes encore bien insérées socialement et n ayant donc pas besoin d un traitement en régime résidentiel), surtout pour les personnes qui souffrent également d un trouble de santé mentale ou d accès de violence. Les abris de nuit, de par leur accueil inconditionnel, doivent accueillir ces profils mais ils n échappent pas à la difficulté de les orienter adéquatement. Pour ces personnes étant «trop» ou «pas assez» pour prétendre recevoir une aide globale et pertinente, l urgence tend à devenir un cercle sans fin au lieu d être une réponse à court terme servant de tremplin vers la réinsertion. namur, une multiplicité de visages Dans les maisons d accueil hébergeant des enfants, la majorité des personnes adultes proviennent d un logement autonome sans avoir fait l expérience de la rue ou d un abri de nuit. Ces personnes tendent à rester de plus en plus longtemps en maison d accueil faute de places en aval. Les personnes sans-abri provenant de la rue ou de l abri de nuit sont donc peu représentées dans ces maisons d accueil. La population hébergée dans une des quatre maisons d accueil namuroises est éloquente : plus de 90 % des gens qui arrivent ont un toit. «Ce n est donc pas tant l absence de logement qui les pousse à venir ici», explique le directeur. En moyenne et toutes maisons d accueil confondues, 20 à 50 % des personnes hébergées en maison d accueil proviennent d un logement autonome. Seules 4 à 5 % de personnes «ne provenant d aucun endroit fixe» sont présentes dans trois maisons d accueil namuroises sur quatre. Le passage de l abri de nuit en maison d accueil n est donc pas automatique et les freins à l accès leur sont nombreux. En 2006, 65 % du public rencontré par les Travailleurs sociaux de rue (TSR) [N.D.L.R. : appelés «Travailleurs sociaux de proximité» (TSP) depuis 2009] de la ville de Namur présentait un problème psychiatrique et/ou d assuétude contre 49 % en Soit sur dix ans une évolution croissante de 16 % de personnes précarisées ayant un problème psychiatrique et/ou d assuétude. Adéquation des services existants avec les profils des personnes? Une offre importante mais pas toujours adaptée L offre de services, bien qu étant importante dans la plupart des grandes villes, semble pourtant parfois incomplète ou inadaptée par rapport aux profils des demandeurs. À titre d exemple, les personnes de plus de 60 ans ont peu de possibilités dans le secteur de l hé-

17 16 cahier n bergement puisque, pour répondre aux conditions de subventionnement, les maisons d accueil ne peuvent accueillir plus de trois personnes de plus de 60 ans simultanément. En outre, ces dernières sont réfractaires à partager un lieu de vie communautaire avec des plus jeunes et n ont pas toujours le désir de rentrer en maison de repos car elles disent vouloir garder leur liberté. Par ailleurs, aucune structure d hébergement actuelle à Namur ni à Verviers n est adaptée à l accueil des personnes à mobilité réduite (PMR). Une nécessité de «décloisonner» Une offre parfois trop rigide et trop cloisonnée face à la diversité et la complexité des profils peut créer de l exclusion plutôt que de la combattre. Les exemples de critères d admission ou de procédures qui sont trop éloignés des réalités du public sont nombreux. Tel est le cas, par exemple, de la radiation de la candidature pour les logements sociaux en cas de refus du logement proposé, des règles strictes et quotas internes au sein des maisons d accueil ou encore du manque de souplesse dans les horaires et règles d accès Des causes et conséquences de la grande précarité L absence de toit ou un enchevêtrement de problématiques La problématique du sans-abrisme dépasse la question du logement : si l absence de logement en est une des causes visibles, elle n est que bien souvent la partie apparente de l iceberg. Une rupture familiale, un décès, la perte d un emploi sont autant de facteurs déstabilisants qui fragilisent les personnes par rapport à leur logement. Un séjour en hôpital, en institution d aide à la jeunesse ou en prison peut également précéder la situation de sans logement et l arrivée dans le circuit de l hébergement. Par ailleurs, une fois tombée dans la (grande) précarité, la personne peut traverser des difficultés supplémentaires. Si elles ne sont pas déjà présentes auparavant : surendettement, troubles de santé mentale, assuétudes, division de la famille, perte d un emploi, etc. De la perte de logement à la rue, des parcours non linéaires Il n existe donc pas une cause unique qui amène les personnes à se retrouver sans logement, mais bien une multitude de facteurs qui s entremêlent et complexifient les situations. De même, les personnes sans-abri ne font que rarement un parcours linéaire de la rue au logement en passant par l abri de nuit et la maison d accueil. La rechute est possible et les relais efficaces ne semblent pas toujours évidents (on peut dès lors parler de «syndrome de la patate chaude» dans certains cas).

18 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 17 Un risque de récurrence Des personnes éprouvent de réelles difficultés voire une impossibilité passagère ou prolongée à se mettre en projet et/ou à le maintenir. Elles ne parviennent pas à rentrer «dans le moule» et retournent à la rue. Des travailleurs de terrain parlent de «lois de la rue», certains auteurs parlent d une «culture de la rue». Tous les acteurs de terrain s accordent pour dire qu au plus longtemps la personne restera en rue, plus il sera difficile pour elle (et les services d aide) d en sortir. Entre sédentarisme et itinérance Les personnes sans-abri fortement désaffiliées (c est-à-dire en décrochage institutionnel et social) sont généralement dans une dynamique de sédentarisme tandis que les personnes nouvellement précarisées inscrites dans le circuit de l urgence se déplacent plus facilement d une ville à l autre ou d un service à l autre au sein d une même ville. Ce phénomène peut être inverse selon les villes. On remarque en effet que les personnes sans-abri sont tributaires des règles de fonctionnement et d accès des services sociaux et d accueil qui les aident à satisfaire leurs besoins primordiaux (se nourrir, se reposer, se laver). Lorsque l abri de nuit de leur ville, par exemple, est fermé ou ne peut les accueillir, les personnes migrent vers une autre ville, éventuellement dorment dehors ou, pour celles qui en ont la chance, trouvent une solution d urgence chez des connaissances. Un sens des priorités différent et un désintérêt pour la santé Une fois en rue, la personne entre dans un mode de vie qui diffère de celui des personnes «avec abri». Qu importe le terme employé, il s agit bien d une «différence de mondes», d un «choc culturel» lorsqu on passe de la rue à l hébergement ou au logement et vice versa. Pas étonnant que des personnes hébergées en maison d accueil fassent le «choix» de repartir vivre en rue. On peut alors parler d inadéquation entre les conditions d hébergement et les désirs et mode de vie de la personne sans-abri. En rue, les besoins et les préoccupations changent. Chez certains, la dimension de la santé ne constitue dès lors plus une priorité! Les petits «bobos» s aggravent rapidement par manque de soins réguliers et les infections prolifèrent. La vie en rue : un rapport au temps, à l autre et à soi différent Le fait de vivre en rue parfois de manière prolongée induit des formes de vie et de survie particulières. Pour paraphraser Lionel Thelen, ce n est pas tant le sans-abri qui habite la rue mais la rue qui habite le sans-abri. Le chien, par exemple, comme animal de compagnie et de route traduit leur besoin d attachement inconditionnel. Or, très peu de structures, voire aucune, dans les grandes villes wallonnes n acceptent les chiens. D autre part, des stratégies de survie sont mises en place : se déplacer en binôme pour se protéger des vols et des agressions, rester en squat au lieu de tenter

19 18 cahier n une nuit en hébergement, etc. C est ainsi qu un réel fossé entre les «lois» de la rue et le règlement d ordre intérieur (ROI) en hébergement ne permet pas aux personnes sans-abri marginalisées d être prises en charge. De plus, la circulation d informations incomplètes et parfois erronées au sein de la rue laisse libre court aux stéréotypes et préjugés qui constituent un frein majeur à l accès à ces lieux d hébergement. recommandations 1. Intégrer la complexité des profils dans les possibilités de prises en charge, d hébergements et de logements ; à situations complexes et variées, solutions complexes et variées. Cela implique de : se pencher sur la réinsertion des toxicomanes par le biais d une prise en charge acceptant la consommation dans une logique de réduction des risques et non d abstinence coercitive ; développer des prises en charge intensives pour les jeunes (sortie d institution d aide ou de protection de la jeunesse mais aussi mineures enceintes ayant quitté le domicile familial) ; ouvrir une réflexion régionale et fédérale sur l accueil des personnes sans-papiers ; développer une approche coordonnée de la personne ; adapter les structures d hébergement aux personnes à mobilité réduite. 2. Prendre en compte les réalités individuelles. Cela implique de : partir du lieu de vie de la personne, respecter son rythme, respecter ses valeurs et choix ; introduire de la souplesse dans les règles d accès et les règlements d ordre intérieur en donnant aux structures les moyens suffisants d agir comme tel ; permettre un accompagnement sur la durée et un accompagnement physique pour les plus marginalisés. 3. Inclure les personnes dans la gestion et les prises de décisions de la structure ou du service (actions participatives, groupes de parole). 4. Travailler sur les représentations respectives des personnes précarisées et professionnels de première ligne. Cela implique de : renforcer les formations des professionnels ; renforcer les canaux d informations entre la rue et les services de première et seconde lignes. 5. Développer les lieux mixtes de paroles réunissant travailleurs et utilisateurs autour de questions thématiques.

20 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 19 L hébergement, une problématique imbriquée dans le contexte du logement Les thèmes de l hébergement et du logement sont souvent inextricablement liés : le logement est l étape qui se situe (ou qui est censée se situer) avant et après l hébergement. Même si la réalité et la complexité grandissante des situations et des profils font que les choses ne sont pas toujours si simples et que les trajectoires ne se révèlent pas forcément linéaires (perte du logement - rue - hébergement logement). Les chercheurs des six relais sociaux se sont brièvement penchés sur la situation du logement et de son accès dans leur ville. Il semble évident que la thématique de l accès au logement mériterait une attention plus poussée. Les possibilités d amélioration à apporter à cet égard n ont été que survolées. Les études et publications sur le sujet ne manquent pas, et nous invitons le lecteur à se diriger vers les écrits relatifs au sujet pour plus d approfondissements (voir chapitre «Pour en savoir plus»). Une pénurie de logements en amont et en aval de l hébergement Avoir un toit est un des outils primordiaux pour l intégration et l insertion sociale (et professionnelle). Or, est-il nécessaire de rappeler que nous vivons dans un contexte de crise du logement? Cette crise est générale et touche donc évidemment chaque ville des six relais sociaux. Elle affecte en premier lieu les personnes les plus précarisées. L offre reste considérablement inférieure à la demande. À titre d exemple, à La Louvière, le nombre de demandes en attente de logement s élève à (2 616 pour la SLSP «Centr Habitat» (ex-foyer louviérois), 430 pour l AIS «Logicentre», 182 pour les logements de transit/urgence/insertion), bien que les normes minimales en matière de logement de transit et de logements sociaux soient largement dépassées : La Louvière compte treize logements de transit pour habitants, la norme minimale étant d un logement de transit pour habitants ; La Louvière compte 13 % de logements sociaux, alors que la norme est de 10 %. On assiste donc à une pénurie de logements, et plus particulièrement de logements accessibles aux plus démunis. En parallèle, on remarque une croissance du nombre de ménages et une diminution de leur taille (personnes isolées, familles monoparentales ). Cette difficulté à accéder au logement constitue un facteur accentuant le risque de tomber dans une situation de sans-abrisme et de devoir faire appel aux institutions d hébergement. Mais les chercheurs ont également pu constater que cette difficulté cause aussi un engorgement de ces structures d hébergement, car les personnes prêtes à vivre de manière autonome et qui ne trouvent pas de logement ont tendance à augmenter la durée de leur séjour en maison d accueil, ce qui ne libère pas les places. Le tremplin que constituent ces structures voit donc son impact positif très limité si le parc de logements ne propose pas suffisamment de réponses adaptées.

21 20 cahier n Il semble donc logique que nous insistions fortement sur la nécessité de mettre en place des actions permettant, à tout le moins, de favoriser l accès au logement en général si l on veut améliorer l accueil dans le secteur de l hébergement des personnes en précarité sociale. Freins à l accès ou au maintien dans un logement Quelques facteurs fragilisent l accès au logement ou le maintien dans un logement. Ils devraient faire l objet d une attention particulière par les autorités compétentes. Parmi eux : le coût parfois disproportionné des loyers par rapport aux ressources financières des personnes précarisées ; les difficultés d accès au parc locatif public (procédure, offre insuffisante, temps d attente, etc.) ; les arrêtés d insalubrité et les difficultés de reloger les personnes précarisées ; les problématiques liées à la constitution de la garantie locative (refus des propriétaires de louer à des personnes émargeant au CPAS, procédure, etc.) ; les immeubles inoccupés les expulsions (entre autres liées à des raisons citées ci-dessus). Manifestation à Namur pour le droit au logement, 5 octobre 2009.

22 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 21 recommandations Ces constats posés, une série de recommandations à portée générale ont été discutées et avancées tout au long du processus de recherche. 1. Marché locatif et droits sociaux : continuer la réflexion sur la régulation, l encadrement et/ou l objectivation des loyers ; taxer les loyers réels dans le but de modérer les tarifs du marché locatif (piste très souvent mise en avant). Actuellement, les revenus immobiliers sont taxés sur base du revenu cadastral, montant théorique calculé en 1980 et indexé en Celui-ci ne correspond plus aux loyers actuels (particulièrement dans les grandes villes où le marché de l immobilier a explosé ces dernières années), de sorte que les loyers perçus aujourd hui sont quatre fois plus élevés que le revenu cadastral sur base duquel les propriétaires sont taxés. Sur cette base d imposition, le propriétaire-bailleur n a pas intérêt à proposer un loyer modéré au candidat-locataire. D où l idée de taxer les propriétaires sur base des loyers effectivement perçus par les bailleurs ; individualiser les droits sociaux (suppression du statut cohabitant afin de ne plus sanctionner l habitat solidaire et les solidarités familiales) ; ne pas cautionner des baux inférieurs à un an. 2. Logements sociaux et publics : augmenter le nombre de logements d urgence, de transit et d insertion ; augmenter le nombre de logements sociaux, et ce malgré le taux de 10 % déjà atteint dans certaines villes ; développer davantage les Agences immobilières sociales (AIS) ; envisager des projets concernant l éducation au logement, entre autres pour les locataires des Sociétés de logement de service public (SLSP) ; répondre aux problèmes de sous- et de sur-occupation des logements (inadéquation liée notamment aux regroupements familiaux, gardes alternées, changements au sein des ménages, etc.) ; revoir la tarification des locations entre CPAS et Sociétés de logement de service public (SLSP). On sait qu une SLSP peut donner en location un logement géré par elle à un CPAS ou à un organisme à finalité sociale, selon la disposition prévue à l article 132 du Code wallon du logement. Or, quand la SLSP loue (au tarif plein) des appartements à de tels organismes, ceux-ci ne peuvent que les sous-louer au tarif qui correspond aux caractéristiques du locataire, ce qui semble constituer une aberration puisque les maisons d hébergement ont besoin de la rentrée des loyers pour se développer ou maintenir leur budget en équilibre ; promouvoir le système du bail glissant qui consiste à louer des logements appartenant à des propriétaires privés ou publics, en vue de les mettre à disposition de personnes en difficulté. Après une «période d essai» relativement longue, le bail est transmis au sous-locataire qui devient alors locataire officiel.

23 22 cahier n promouvoir le système de la médiation paritaire. Élaborées au départ de l expérience carolorégienne de la «Médiation paritaire du logement», les commissions paritaires locatives regroupent autour d une même table des bailleurs et des preneurs. Elles ont une fonction de médiation entre les intérêts du propriétaire et du locataire, elles ont également pour mission d établir une «grille de fixation objective des loyers» ; développer le régime du bail de rénovation afin de lutter contre la sous-occupation des logements sociaux ; inciter le propriétaire à louer des logements conformes ; systématiser l établissement de conventions entre les CPAS, les Agences immobilières sociales (AIS) et les Sociétés de logement de service public (SLSP). 3. Arrêtés d insalubrité et relogement des personnes expulsées : répercuter totalement ou partiellement les frais liés à l expulsion locative et au relogement pour cause d insalubrité sur le propriétaire indélicat (lorsqu il s avère que la vétusté du logement est imputable au bailleur) ; agir sur la problématique de l expulsion, grâce à des actions de prévention et d accompagnement dans le logement auprès des personnes en voie d expulsion et/ou ayant déjà été expulsées. 4. Logements inoccupés : permettre aux propriétaires de déduire les frais de rénovation sur base réelle afin d inciter à la rénovation du bâti ; encourager la fin de la vacance des logements grâce à des mesures fiscales à la fois incitatives (concernant notamment les propriétaires en manque de moyens) et sanctionnelles (concernant notamment les spéculateurs). 5. Habitat groupé : soutenir le développement de l habitat groupé (communautaire, intergénérationnel, etc.). 6. Accompagnement social des personnes précarisées : renforcer les initiatives et dispositifs qui accompagnent socialement les individus dans leur milieu de vie, afin de favoriser le maintien des personnes dans leur logement (accompagnement dans la gestion financière et administrative, entretien du logement, médiation, etc.). 7. Lien entre secteur du logement et de l hébergement : soutenir et développer les échanges entre le secteur de l hébergement et le secteur du logement afin de développer des pistes d action qui permettent aux personnes sansabri et à celles hébergées en centres de leur garantir un lieu de vie personnel ; développer du lien entre alternatives au logement (ex. : squats légalisés, co-logement) et le secteur de l hébergement.

24 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 23 Les parcours autour de l hébergement Une multiplicité de profils, plusieurs dispositifs pour y répondre Le phénomène du sans-abrisme recouvre une large palette de problématiques. Pour venir en aide aux personnes touchées par ce type de précarité, plusieurs dispositifs ont vu le jour en Région wallonne. Structures d hébergement, abris de nuit, maisons d accueil, maisons d hébergement de type familial ou encore maisons communautaires, équipes mobiles et centres d accueil de jour Les dispositifs ne manquent pas mais reste la question de leur fonctionnement et de leur articulation. Quels sont les freins pouvant entraver l action de la politique d aide aux personnes sans-abri? Les équipes mobiles, un premier lien pour rencontrer des personnes sans-abri sur leur lieu de vie Dans certains cas, les freins ne sont pas à chercher seulement au niveau des dispositifs mais également auprès des personnes plongées dans cette précarité qui ont perdu confiance dans le système institutionnel et qui refusent désormais tout contact avec celui-ci. Crainte d être jugé, malaise visà-vis des pairs qu on pourrait croiser dans ce type de services, impression d avoir été abandonnés par les services d aide sociale peuvent pousser certains à «choisir» la vie en rue. Pour toucher cette population, il semble donc fondamental de développer la politique du aller vers qui consiste, pour les travailleurs sociaux, à se rendre directement sur les lieux de vie des personnes : en rue, dans les squats Cela afin d entamer pas à pas une relation de confiance qui permettra peut-être ensuite de recréer un lien avec le système institutionnel. Si dans certaines villes wallonnes, cette politique fait déjà l objet d investissements importants, force est de constater que d autres villes présentent encore des manques importants en la matière. L abri de nuit, tremplin, dernier filet? Les abris de nuit, un accueil inconditionnel, anonyme et gratuit Face à l urgence d une situation, les abris de nuit et les Dispositifs d urgence sociale (DUS) peuvent être un premier rempart pour éviter l expérience de la rue. Ces structures sont un moyen pour les personnes en situation de précarité de trouver une réponse à certains de leurs besoins primaires.

25 24 cahier n Dans la limite de leurs moyens, les abris de nuit wallons assurent un accueil inconditionnel et gratuit, comme prévu dans le décret. Toutefois, on constate sur le terrain que cette inconditionnalité est loin d être assurée sur l ensemble du territoire, créant des disparités entre les villes wallonnes et une errance contrainte au sein de la population sans-abri. Un déracinement qui agit parfois comme premier frein à la réinsertion des personnes. Les abris de nuit wallons présentent ainsi des conditions d accès diverses. Dans certains cas, l inconditionnalité guide la ligne de conduite des intervenants, dans d autres, l hébergement ne sera garanti que dans le cadre de la mise en place d un projet d insertion. Les deux modèles d action présentent sans doute des avantages et inconvénients. Pour certains, l inconditionnalité permet de capter une population très marginalisée qui sans cela risquerait de finir prématurément ses jours en rue. Pour d autres, elle encouragerait l installation des personnes dans un système d «assistanat». Face à cet argument, les défenseurs de l inconditionnalité rappellent que l accueil ouvert à tous n empêche pas un accompagnement social de se mettre en place en s axant sur les demandes de la personne et non sur l obligation de s inscrire dans un projet qui risque de ne pas tenir la route s il est imposé. La question de l inconditionnalité reste néanmoins remise en cause dans certaines villes et appelle un débat entre les différents acteurs concernés. Manque de places dans les abris de nuit Par ailleurs, l accès aux structures peut aussi être entravé par un manque de places endémique dans certaines villes. Certaines métropoles wallonnes éprouvent d importantes difficultés à répondre à l ensemble de la demande. Ainsi, à Charleroi, trois quarts des refus opposés aux personnes ont pour motif un manque de places dans les structures. L ouverture de nouvelles structures est d ailleurs envisagée dans différentes villes telles que La Louvière, Namur et Charleroi en vue d étoffer l offre d hébergement en Région wallonne. Pour mieux répondre à cette demande, certains opérateurs ont aussi réclamé la mise sur pied d un plan régional d aide aux personnes sans-abri afin d offrir un hébergement de qualité sur l ensemble du territoire et de créer une solidarité entre les villes en cette matière. Abris de nuit et règlements d ordre intérieur Relativement basiques et destinés à assurer le bon déroulement d une vie en communauté, les règlements d ordre intérieur (ROI) semblent être acceptés par les personnes sans-abri. L impossibilité d accès des personnes accompagnées d animaux de compagnie peut parfois poser problèmes. L interdiction de consommer de l alcool ou autre drogue peut aussi être difficile à respecter pour les personnes toxicomanes, certaines préférant alors se tourner vers les squats qui leur assurent cette liberté totale mais les exposent à des conditions de salubrité et de sécurité peu avenantes. L accueil des personnes souffrant d assuétudes diverses fait d ailleurs l objet de nombreuses questions au sein des équipes éducatives. La possibilité de créer des structures plus adaptées a ainsi été suggérée sans pour autant leur interdire l accès à l abri de nuit.

26 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 25 Les abris de nuit, un accueil à court terme Si l abri de nuit constitue souvent une réponse aux besoins primaires des personnes sans-abri, il faut néanmoins rappeler que cette réponse est ponctuelle et limitée, ce qui peut placer les personnes dans des situations d incertitude. Cette réponse ponctuelle peut pour certains entraver le retour au logement. À l inverse, pour d autres, permettre aux sans-abri d avoir accès à plus long terme aux abris de nuit les inciterait à rester dans la rue. À Charleroi et Namur, l hébergement n est assuré que pour une nuit, la personne devant se représenter chaque soir. À Mons, le séjour est de 15 nuits, avec une possibilité de prolongement sur base de la concrétisation d un projet. À Liège, l une des structures assure un hébergement à la nuit, tandis que l autre prévoit sept nuits pour le trimestre, sauf en cas de projet en cours, ce dernier pouvant être minimaliste. charleroi, l utilité des quotas À Charleroi, l hébergement au sein des abris de nuit est ainsi limité à 4 jours/ semaine et 50 jours/an. La coexistence de plusieurs structures sur un même territoire permettait néanmoins aux personnes de trouver des solutions d hébergement pour tous les jours de la semaine. L existence de ces quotas a cependant été remise en cause par certains travailleurs. Une des recommandations de la recherche menée sur le territoire carolorégien envisageait un système faisant de ces quotas une indication quant à la situation des personnes et non comme un facteur excluant. Par ailleurs, chaque matin, les personnes devaient quitter l abri de nuit sans savoir où elles passeraient la nuit suivante. Pour éviter de telles incertitudes, sources d angoisse, les abris de nuit carolorégiens, en collaboration avec l Urgence sociale, ont mis en place un système de répartition permettant à la majorité des personnes quittant l abri de nuit le matin de disposer du nom de la structure où elles trouveront avec certitude un lit pour le soir suivant. Mis en place durant la période hivernale, ce système a permis de diminuer la pression ressentie par les personnes sans-abri leur assurant pour la nuit suivante un lit, leur donnant ainsi la possibilité de dépasser le cadre de l ici et maintenant pour penser à d autres projets. Diversité dans l offre de services Les conditions matérielles d hébergement peuvent aussi différer grandement d une structure à l autre. Dortoirs ou chambrées de 2 ou 3 personnes, possibilité de disposer d une certaine intimité, de prendre un repas, de se doucher, éloignement par rapport au centre-ville sont autant d aspects qui

27 26 cahier n peuvent influer sur la fréquentation d un abri de nuit et sur le quotidien des personnes. Cette diversité dans l offre de services entraîne aussi sans doute une certaine errance au sein de la population sans-abri. Des structures agréées mais non subventionnées Prévus dans le cadre du décret du 12 février 2004, les abris de nuit jouissent désormais d une reconnaissance légale. Toutefois, celle-ci ne s est pas accompagnée d une subvention spécifique. Or, ces structures remplissent souvent le rôle de dernier filet pour les personnes les plus déstructurées ou de tremplin vers des structures à plus long terme pour d autres. Il est donc important que ce secteur puisse se sentir reconnu et disposer de subventions adéquates leur permettant de répondre à la mission qui est la leur. La maison d accueil, un hébergement à moyen terme Un hébergement conditionné, payant et extrêmement diversifié Contrairement aux abris de nuit, l hébergement en maisons d accueil pourra se prolonger sur une période de neuf mois. Si la Région wallonne comprend environ 25 structures reprises sous l appellation «maison d accueil», force est de constater qu il existe autant de réalités et de modes de fonctionnement que de structures existantes. Chacune cherchant à s adapter au type de public accueilli, aux conditions matérielles dans lesquelles se réalise cet accueil et en tenant compte de l histoire propre à son institution. Pour certaines maisons d accueil, anciennes maisons maternelles, leur public sera essentiellement constitué de femmes accompagnées d enfants. Dans d autres cas, une attention particulière sera portée aux femmes ayant été victimes de violence conjugale. Plus rare en Région wallonne, certaines maisons ont quant à elles opté pour un hébergement incluant l ensemble de la cellule familiale. Enfin, ce sont parfois des maisons réservées à des hommes isolés. L hébergement y est payant - avec un maximum de 2/3 des revenus de la personne -, avec l interdiction pour les maisons de dépasser un certain plafond. Cette participation financière et l obligation qui en découle de devoir parfois verser ses revenus sur un compte lié à l institution peuvent en influencer plus d un dans leur choix de ne pas recourir à la structure maison d accueil. Selon les structures, l hébergement peut tendre vers l inconditionnalité ou être soumis à des règles des plus strictes. Le programme d accompagnement individuel, prévu dans le décret et les obligations de résultat qu il sous-tend ne sont pas étrangers à cette volonté d opérer une certaine sélection dans le public accueilli. Par ailleurs, le plus souvent, c est l obligation de devoir gérer un groupe qui intervient dans le choix d héberger ou non une personne. Dans certains cas, les personnes souffrant

28 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 27 Maison d accueil «Le Kangourou» à Baudour (ancienne maison maternelle) d assuétudes et/ou de problèmes de santé mentale importants ne pourront s intégrer dans un tel environnement. Se pose de nouveau la question des personnes qui sont à la frontière de plusieurs problématiques et qui ne trouvent leur place nulle part. Si un manque de places s est parfois fait ressentir dans certaines villes, les travailleurs sociaux ont néanmoins tendance à vouloir privilégier des structures à taille humaine, pour permettre à l accompagnement de se mettre en place dans les meilleures conditions. Dans certaines villes, comme Liège, la recherche a conduit à préconiser une réduction de la taille des structures tout en pérennisant le nombre de places déjà existantes - pour permettre un meilleur travail d accompagnement avec les personnes. La taille des structures, le nombre d individus par chambrée et la promiscuité impliquée par cette configuration spatiale peuvent bien évidemment influencer l attitude des personnes hébergées. La vie en communauté et l impact du règlement d ordre intérieur Les maisons d accueil étant aménagées de façons diverses, l entrée dans celles-ci implique dans la plupart des cas une vie en communauté et le partage de lieux de vie ainsi qu éventuellement des tâches ménagères. Si certaines maisons ont prévu des appartements ou des chambres individuelles,

29 28 cahier n en raison de conditions matérielles, d autres structures ne peuvent envisager la préservation de cet espace d intimité. Face à cette situation, deux phénomènes peuvent avoir lieu. Tout d abord, cette promiscuité, ou à tout le moins la collectivité, peut être vécue très difficilement par les personnes et dans certains cas conduire à leur départ précipité de l institution. Dans d autres cas, cette communauté peut être vécue positivement et rendre le départ plus douloureux en raison de l isolement que l intégration dans un logement individuel impliquera. Néanmoins, il semble que les maisons d accueil offrant aux hébergés la possibilité d avoir une chambre individuelle parviennent plus facilement à prendre en charge un public plus marginalisé. Si pour les abris de nuit il semble que le règlement d ordre intérieur (ROI) soit généralement bien accepté par les personnes hébergées qui peuvent même y voir un gage de leur propre bien-être, la situation est quelque peu différente pour ce qui concerne les maisons d accueil. Comme nous l avons mentionné plus haut, les conditions d accès peuvent être plus strictes et impliquer des règles plus contraignantes. De nouveau, le niveau de contrainte variera grandement d une structure à l autre. Une capacité d accueil plus importante impliquant généralement un ROI plus strict. Horaires à respecter, entretiens avec l équipe éducative, activités diverses rythment la vie des personnes hébergées dans ces institutions et, ce, pendant plusieurs mois. Il n est pas rare qu une fois le règlement exposé, les personnes candidates pour entrer en maison d accueil y renoncent purement et simplement. La possibilité de dépasser l urgence Les maisons d accueil présentent néanmoins l immense avantage de permettre aux personnes de pouvoir se poser dans un cadre structuré pendant plusieurs mois consécutifs. Les problèmes rencontrés par les personnes sans-abri sont souvent multiples et ne se limitent pas au seul domaine du logement. Démêler ces trajectoires demande du temps, notamment pour qu un apprivoisement réciproque puisse se faire entre travailleurs sociaux et personnes hébergées. L entrée en maison d accueil est donc un moment propice dans la vie chahutée de ces personnes pour qu elles puissent faire le point sur leur histoire. La durée d hébergement limitée à neuf mois par le décret pose aussi question à certaines structures. Deux effets pervers opposés peuvent venir se greffer à une telle limitation. D une part, les travailleurs et les personnes peuvent ressentir une pression qui les amène à se lancer dans des projets ne correspondant pas véritablement aux attentes et besoins des personnes. Par ailleurs, dans d autres cas, annoncer d emblée à certaines personnes qu elles disposent de 9 mois peut les enfermer dans une forme de léthargie, les poussant à rester dans la structure pendant 9 mois, alors qu elles pourraient réintégrer un logement plus rapidement. Cette limite empêche de tenir compte du caractère individuel des situations et de travailler au rythme des personnes.

30 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 29 Le passage d une structure à l autre Les trajectoires suivies par les personnes sans-abri ne sont en rien linéaires. Les passages de la rue au logement sont possibles, sans avoir fréquenté de structures d hébergement auparavant. Il n est pas non plus nécessaire d avoir fréquenté un abri de nuit pour s intégrer dans une maison d accueil. Ces diverses solutions représentent une chaîne d aides possibles mais chaque maillon peut agir indépendamment des autres. Ce qui pose question, c est le passage entre l abri de nuit et la maison d accueil. Si celui-ci n est pas obligatoire, il peut cependant représenter une transition intéressante pour une certaine frange de la population sans-abri. Or, il semblerait que, sur le terrain, ce passage se réalise parfois difficilement, un grand nombre de personnes sans-abri restant «coincées» dans le cycle de l urgence et des abris de nuit. Différentes raisons peuvent expliquer cet effet d entonnoir. Tout d abord, on peut penser à une méconnaissance réciproque ; d une part, chez les personnes sans-abri qui peuvent avoir une image déformée de la maison d accueil et qui hésitent à leur adresser une demande d hébergement ; d autre part, dans le chef des maisons d accueil, qui, peu en contact avec les personnes sans-abri vivant en rue, en viennent parfois à penser que ce public très marginalisé ne pourra pas s adapter à une telle structure. charleroi, la coexistence d un abri de nuit et d une maison d accueil sur un même site À Charleroi, l hébergement au sein des abris de nuit est ainsi limité à 4 jours/deux maisons d accueil situées dans l entité carolorégiennes présentent la particularité de disposer sur un même site d un abri de nuit et d une maison d accueil. Alors que les autres maisons d accueil de la région présentent un pourcentage assez faible de personnes provenant d un abri de nuit, les deux maisons d accueil précitées accueillent principalement des personnes ayant auparavant transité par l abri de nuit. Quels sont les éléments pouvant expliquer une telle différence? Tout d abord, la proximité géographique implique une meilleure interconnaissance entre le public de l abri de nuit et les travailleurs sociaux de la maison d accueil. Cette proximité implique notamment un seuil de tolérance plus élevé, permettant d accueillir des personnes très marginalisées. Familiarisées avec le lieu et suite à des contacts avec d autres hébergés de la maison d accueil, les personnes qui fréquentent l abri de nuit éprouvent aussi moins de crainte à demander à leur tour un hébergement sur le plus long terme.

31 30 cahier n Il faut aussi rester conscient qu élargir l accueil aux personnes les plus marginalisées demandera aux structures un travail important afin de préserver l équilibre du groupe en place et éviter le départ de personnes au profil différent. Ces structures doivent donc disposer de moyens suffisants pour faire face à ce type de situations. Le manque de moyens, tant humains que financiers, peut aussi pousser certaines structures à restreindre leur accès. Ce constat semble très criant dans certaines villes. Une frange de la population qui ne trouve pas sa place dans les structures existantes Il faut par ailleurs admettre qu une partie de la population ne trouve pas sa place dans les structures existantes. Qu il s agisse de personnes ayant vécu très longtemps en rue ou de personnes en rupture avec d autres institutions, elles sont alors à la frontière de plusieurs mondes et restent enfermées dans le cycle de l urgence sans espoir d atteindre une situation plus stable. Il est donc important que les pouvoirs publics veillent à soutenir les projets pilotes en la matière, que ce soit par la création d abris de nuit d un nouveau genre ou de projets plus insolites comme le cologement ou le squat légalisé. Camping SDF à Dampremy.

32 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 31 recommandations 1. intensifier le travail des équipes mobiles ; 2. accorder une subvention aux abris de nuit dans le cadre du décret du 12 février 2004 relatif à l accueil, l hébergement et l accompagnement des personnes en difficultés sociales ; 3. susciter un débat autour de la notion d inconditionnalité et d une tentative de lecture commune du décret 4. développer des lits à projet, disponibles pour une période plus longue et selon certains critères, en parallèle au maintien de la politique inconditionnelle (abris de nuit à plusieurs vitesses) ; 5. analyser et soutenir les formes alternatives d hébergement/logement comme le co-logement, les squats légalisés ; 6. encourager la politique des lits d essai/d urgence/séjour de pré-accueil (auxquels on peut accéder au départ de l abri de nuit) au sein des maisons d accueil et réfléchir aux modalités de délivrance d un réquisitoire du CPAS pour accéder à ces lits d urgence ; 7. revoir les moyens tant humains que financiers alloués aux maisons d accueil afin qu elles puissent remplir leurs missions, notamment en matière d accompagnement (en tenant compte de la diversité des profils des personnes hébergées) ainsi que d assurer l hébergement dans des conditions matérielles adéquates (configuration des lieux visant à éviter une promiscuité trop importante, capacité d accueil limitée à un certain plafond pour éviter les problèmes de cohabitation ) ; 8. intensifier encore les liens entre les maisons d accueil et les abris de nuit, les services d accueil de jour, les équipes de rue et favoriser les rencontres entre les équipes éducatives de ces différentes structures pour permettre un échange de pratiques et éventuellement permettre un accompagnement en collaboration avec ces services au sein des maisons d accueil ; favoriser le travail en binôme entre institutions ; 9. mener une réflexion sur l organisation d une base de données commune au niveau local et/ou régional pour faciliter la réorientation des personnes (obligation inscrite dans le décret) et la gestion des places disponibles dans l ensemble du secteur quand une maison ne peut répondre à une demande ; développer encore les groupes de parole au sein des maisons d accueil, comme le Conseil des hébergés ; 10. évaluer le dispositif «Programme d accompagnement individuel» en collaboration avec les maisons d accueil pour en déterminer l efficacité ; 11. provoquer un débat autour de la limitation de la durée du séjour en maison d accueil.

33 32 cahier n Et après l hébergement? La question du post-hébergement s est posée à chacun des chercheurs. Le discours des responsables de centres d hébergement, quant à la nécessité de développer des dispositifs post-hébergement, étant sensiblement similaire, nous avons choisi de sélectionner un seul intervenant pour illustrer la problématique. Un bref focus sur Verviers, via l entretien réalisé avec un responsable de maison d accueil, permettra donc d illustrer et d ancrer, dans la réalité, des recommandations à portée générale portant sur cette question. L accès au logement D une manière certaine, les difficultés ressenties par les sans-abri au sortir des centres d hébergement représentent le symptôme évident de la crise du logement. Comment les personnes «précarisées» hébergées temporairement au cœur des structures d accueil peuvent-elles accéder, à la fin de leur séjour, à un logement à la fois «décent» et accessible financièrement? La question est complexe, car elle implique de se pencher sur les difficultés d accès aux logements sociaux (déjà largement documentées et expliquées dans les travaux ou articles consacrés à la problématique) ou bien encore sur les questions de l accès et de l insalubrité des logements du parc privé. Les chercheurs recommandent à cet égard d intensifier les liens entre les maisons d accueil et les opérateurs du logement public (Associations de promotion du logement - APL, Agences immobilières sociales - AIS, Sociétés de logement de service public - SLSP). «Ce qui me semble important, c est la concrétisation de conventions avec les opérateurs du logement Si on veut diminuer le temps d attente pour entrer dans les maisons d accueil, il faut en favoriser la sortie. Et comment en favoriser la sortie, alors que le post-hébergement existe déjà, mais qu il souffre d un manque de partenariat par rapport au logement? Si on pouvait avoir des projets qui vont vers des batteries de logements qui chaque année sont mis à disposition des APL par les SLSP ou les AIS, automatiquement on diminuerait les refus en maisons d accueil. Cela ne va pas nécessairement solutionner la problématique pour les personnes les plus précarisées ou qui souffrent de «dépendances», mais y a-t-il LA solution? Ce serait en tout cas une avancée que de favoriser des coopérations entre ces différents opérateurs du logement.»

34 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 33 Une nécessité d accompagnement La question du post-hébergement ne se limite pas à celle de l accès au parc locatif. La vie en autonomie demande une part d adaptation après la vie en rue, en abri de nuit et/ou en maison d accueil. Or, la perte d un logement après tout le travail d accompagnement qui a été réalisé pour le trouver n est pas rare et elle est vécue comme un lourd échec, tant par la personne que par les travailleurs sociaux. Le travail qui devra suivre afin d acquérir une nouvelle fois ces prémices d autonomie n en sera que plus laborieux. Les chercheurs ont noté qu il était donc important de s inscrire dans une démarche de prévention, afin d éviter une rechute de la personne et un retour en rue ou en structure d hébergement. Il est donc important d assurer un accompagnement aux personnes qui retrouvent un toit. Comment accompagner au mieux les individus ou ménages afin qu ils puissent gérer correctement un logement, se l approprier, l occuper, le conserver etc.? La relation que la personne a établie au sein de la maison d accueil est un outil précieux afin de maintenir le lien après l hébergement et ainsi assurer un suivi. La rupture trop brutale de la vie en communauté pour une vie parfois imprégnée de solitude peut être évitée grâce à ce type de suivi «Puis, il y a les personnes qui quittent la maison d accueil et demandent le posthébergement et, là, le taux de récurrence est de quasiment zéro.» post-hébergement. Pour «permettre l accès et surtout le maintien des personnes dans leur logement», les dispositifs potentiels du post-hébergement pourraient recouvrir plusieurs éléments : Le renforcement de l aide à la recherche au logement pendant le temps d hébergement (conseils juridiques, informations sur les droits et devoirs des locataires, accompagnements éventuels dans les démarches avec les propriétaires, etc.) En cas de mise en autonomie, un travail dans le nouveau milieu de vie peut être entrepris afin de faire face au phénomène de l isolement et des difficultés de gestion du logement, etc. Exemples d interventions possibles : des guidances peuvent être proposées en fonction de la demande identifiée. Ce travail peut consister en un soutien moral, une aide administrative, une aide à la gestion domestique, une guidance budgétaire, etc. L accompagnement peut consister également en un apprentissage de la gestion de son logement : économies d énergie, hygiène, réparations, aménagement, etc.

35 34 cahier n Quels moyens pour le post-hébergement? Par ailleurs, les chercheurs posent la question des moyens modestes alloués au post-hébergement (liés aux prescriptions de l article 35 du décret). «Le post-hébergement en maison d accueil est un budget de euros indexé pour prendre normalement un temps plein éducateur A2 et/ou des frais de fonctionnement. Donc, c est un plus, mais il a fallu aller chercher l argent ailleurs pour développer notre activité (dans les APE, etc.). La subvention spécifique post-hébergement est insuffisante pour faire du post-hébergement. C est plus une prime d encouragement.» Corollairement, la question des moyens implique de réfléchir à l allocation de ces éventuelles nouvelles ressources. Le choix peut se poser de la manière suivante : Disposer, pour chaque centre d hébergement, d une cellule de post-hébergement systématique ; Créer des nouvelles structures sur le modèle d «Un toit à soi» (service de guidance à domicile pour les anciens résidents de la maison d accueil des Petits Riens sur Saint-Gilles-Ixelles) ou de «La Trame» (structure destinée à suivre dans leur milieu de vie les personnes souffrant de troubles psychotiques, et ce après un passage en hospitalisation) dont la mission centrale serait le post-hébergement. Ce qui impliquerait un partenariat serré entre ces structures et les centres d hébergement. Camping SDF de Dampremy - système d épuration des eaux.

36 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 35 Les chercheurs mettent également en évidence l importance des alternatives à proposer aux personnes précarisées rencontrées dans les espaces publics, et qui souhaitent un «accompagnement logement» sans devoir passer par les structures d accueil ou d hébergement (cf. stratégies d évitement des structures d hébergement dans le chef de certains sans-abri). «On doit s inscrire très clairement dans la perspective d un relais social, ce que nous faisons ( ) Il faut renforcer le travail en direction des personnes qui refusent l accompagnement social. Si on ne va pas vers eux, on ne les récupère plus. Elles ont besoin d une aide extérieure, mais il faut que l accroche passe d abord par le biais du travail de rue. Il y a un constat là qui à Verviers m interpelle. Il y a des choses inexploitées de ce point de vue.» Développer des formes alternatives de logement Les difficultés que peuvent éprouver certains sans-abri à s insérer dans des structures d hébergement et de logement «classiques» amènent les chercheurs à recommander que les pouvoirs publics (communes, Région wallonne) soutiennent les initiatives originales qui permettraient d apporter des réponses plus adaptées à certains profils. Il est ainsi opportun de penser à des formes alternatives de logements, qui seraient un intermédiaire entre la vie collective des maisons d accueil et la vie autonome et «solitaire» d un logement. En effet, suivant les cas, un cadre de vie individuel peut être plus adapté, alors qu à l inverse l habitat collectif ou groupé peut contribuer plus fortement à la stabilisation des sans-abri. Notons, toutefois, qu il est essentiel de comprendre que la principale demande des personnes précarisées, demeure, dans le cadre de l hébergement, une chambre individuelle. Dans cette optique, les chercheurs estiment opportun de développer et soutenir le travail des Associations de promotion du logement (APL), ainsi que les maisons de vie communautaire. Par ailleurs, des formes alternatives de logement doivent être au cœur des préoccupations des acteurs concernés par l hébergement des personnes précarisées. Différents dispositifs devraient être pris en compte : le co-logement ; l habitat intergénérationnel ; les dispositifs spécifiques pour les personnes toxicomanes. Il s agit ici de réfléchir notamment à cette recommandation issue d une recherche résumant les expériences en la matière : «La constatation la plus importante que nous pouvons peut-être tirer de cette étude est le degré de réussite qui peut être atteint grâce à la démarche accordant la «priorité au logement». Les études de cas dans le présent rapport montrent que la plupart des sans-abri, y compris ceux qui

37 36 cahier n souffrent de toxicomanie et d autres troubles concomitants, peuvent passer directement de la rue à un logement stable si on leur procure les bons services au moment où ils les demandent. Les résultats de cette étude montrent clairement que, si l on vise à mettre un terme à l itinérance, la démarche «priorité au logement» est la solution à adopter dans de nombreux cas.» ; les dispositifs spécifiques pour les anciens détenus et pour les adolescents sortant des services résidentiels d aide à la jeunesse, etc. «Le post-hébergement doit s articuler avec des logements. Je pense à nos logements dans lesquels on peut mettre des alcooliques chroniques de ans. Le fait de les avoir ici permet de les stabiliser Les rechutes des alcooliques parasitent la vie de groupe c est un fait. Donc, c est déjà bien d être stabilisé dans un logement individuel, car lorsqu il y a des dérapages, ça n a pas de retombées sur un groupe. En logement individuel, privé, il y a un seuil de tolérance plus important, et pour autant que ça ne parasite pas d autres locataires Ainsi, une personne que l on allait exclure du centre d accueil a été acceptée dans un de nos logements individuels et ça a très bien fonctionné.» ( ) «On doit malheureusement faire en sorte que les hommes soient, dans un premier temps, dans une structure communautaire, car pour certains hommes c est une étape trop tôt. En effet, ils vont directement squatter et faire n importe quoi, profiter de la liberté pour faire du n importe quoi. Mais plus vite on peut aller vers un appartement individuel, au plus vite on obtiendra un bon résultat. Tandis que si on les laisse trop longtemps dans une structure communautaire, ils vont commettre, à un moment donné, le comportement non adapté qui fait qu ils vont s exclure.» recommandations 1. Favoriser la création de maisons communautaires, de structures intermédiaires entre l hébergement et le logement et à durée indéterminée (habitat solidaire, logement collectif, maison-relais ou pension de famille), de squats organisés 2. Assurer un accompagnement dans le logement, un suivi à domicile pour personnes sans-abri qui retrouvent un toit, renforcer le travail de post-hébergement par les maisons d accueil en augmentant leurs moyens matériels et en personnel.

38 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 37 Travail en réseau et hébergement Un problème d hébergement s enchevêtre bien souvent à d autres types de difficultés. L accès aux structures d accueil ne représente donc qu une étape dans un parcours d aide qui n est pas nécessairement linéaire. Dès lors, les objectifs de (ré)insertion des sans-abri impliquent une dynamique d adaptation, une aide diversifiée et des passages de relais pour chaque situation. Il s agira aussi de prendre en compte certains paramètres propres au public cible. C est pourquoi, il est important de privilégier un travail en réseau pluridisciplinaire autour de la problématique de l hébergement. Selon Vincent Lemieux, «les réseaux sont faits de liens, généralement positifs, forts ou faibles, tels qu il y a une connexion directe ou indirecte de chacun des participants à chacun des autres, permettant la mise en commun des ressources dans le milieu interne». C est à la création et à l utilisation de ces liens que tend le travail en réseau. Le travail en réseau autour de l hébergement L aide en matière d hébergement doit donc s inclure dans un processus de prise en charge en réseau qui permette d apporter des solutions qui ne peuvent être débloquées isolément. Le travail en réseau est intéressant pour les hébergés de structures d accueil. Il peut leur permettre de constituer un bagage de ressources utiles et mobilisables avant, pendant et après leur séjour. Quels freins dans le travail en réseau? Les chercheurs ont fait le constat d un certain nombre de freins dans l opérationnalisation de ce travail en réseau : la difficulté de se situer dans ce réseau, la lourdeur et la complexité des démarches à accomplir, compte tenu des limites de compétences de chacun des services (une des sources de découragement des sans-abri dans leur projet de réinsertion) ; des procédures et des démarches administratives qui posent des difficultés et qui demandent à s accorder. Par exemple, il est difficile de trancher la question sans un intervenant de référence pouvant centraliser les informations quand il s agit de définir quel CPAS sera compétent pour octroyer un revenu à la personne sans-abri ou quel autre CPAS prendra en charge la garantie locative ; un cloisonnement de l aide encore trop prononcé entre les différents secteurs touchant directement ou indirectement au sans-abrisme (par exemple avec le milieu carcéral) ; un manque d investissement des secteurs du logement et du résidentiel.

39 38 cahier n Quels éléments facilitateurs pour mener un travail en réseau? Un préalable, ce travail devrait commencer par aller à la rencontre du public. Que les personnes se retrouvent en situation de sans-abrisme pour la première fois ou qu elles aient déjà connu un long parcours en «rue», il est important de les aider à dépasser leurs a priori, leur ressenti et leurs difficultés à s adresser aux divers services d aide et d hébergement. Dans ce processus, il est important de connaître les missions et fonctionnements des services qui gravitent autour de l aide à l hébergement : services d aide urgente (ex. : Dispositif d urgence sociale), d aide alimentaire, d aide à l hébergement (ex. : abris de nuit, maisons d accueil, etc.), d aide financière (ex. : possibilité d un revenu d intégration sociale en vivant en «rue»), d aide en matière d hygiène et de santé (ex. : relais santé, maisons médicales) ou encore d accompagnement et de soutien (ex. : les centres de jour, le travail de rue). Les sans-abri ont généralement besoin d une aide qui puisse être présente à différents niveaux, que chaque maillon de la chaîne participe à leur projet. du lien entre travail de jour et abri de nuit sur mons À Mons, une éducatrice est engagée à mi-temps à l abri de nuit et à mi-temps au centre de jour afin d assurer cette continuité d action et de permettre la garantie d un lien privilégié. Pour que la mise en place de ce travail en réseau soit efficace et que le public y participe, il semble fondamental d assurer une continuité et une transition progressive de la prise en charge (relais) des situations. Enfin, il est nécessaire de mettre en place une approche intégrée du public-cible. Les sans-abri devraient être accompagnés dans leurs objectifs tout au long du chemin de (ré) insertion. Cet encadrement ne peut toutefois pas se faire sans une cohésion et une proximité entre les services. Pour cela, il est nécessaire qu ils puissent aller au-delà dans leur connaissance mutuelle : il s agira d avoir un regard sur les autres (se comprendre et de se respecter) dans leurs limites institutionnelles mais aussi au travers leurs propres valeurs, leurs propres intérêts, leurs idéologies et de leurs propres temporalités de fonctionnement. Les relais sociaux, un outil pour le travail en réseau De par leurs compétences, les relais sociaux constituent un jalon dans ce travail en réseau, allant de l urgence sociale jusqu à l insertion sociale. Même si certains relais sont plus jeunes que d autres, ils

40 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 39 représentent une piste évidente à cette mise en réseau des ressources tant pour les opérateurs que pour le public. Dans certaines villes, ils ont permis d apporter un nouveau souffle aux institutions sociales publiques et privées par la coordination et la concertation (se connaître et travailler ensemble) notamment en matière d aide aux sans-abri. des tables rondes à mons Parmi ses activités, le Relais social urbain Mons-Borinage a créé un espace de coordination disponible pour tout intervenant se retrouvant en difficulté face à une situation particulière voire délicate parce qu elle implique un besoin de collaboration. Suite à l interpellation d un intervenant, le Relais social sollicite la participation des partenaires qui ont connaissance de la situation ainsi que ceux qui disposent d outils afin d entrevoir un plan d action collectif. Ces échanges font parfois l objet de rencontres autour de la table. Toutefois, l émergence d une culture «réseau» n en est qu à son début et nécessite encore du temps et de l énergie pour entrer dans les habitudes des services. De plus, les ressources en réponse à certaines difficultés/situations manquent parfois pour rendre efficace ce travail en réseau et parfois même, les réponses elles-mêmes. Les freins observés : les partenaires participants aux diverses activités sont souvent les mêmes (cela enraye l enrichissement des débats) ; les opérateurs ne sont pas toujours en mesure de participer aux concertations et à l ébauche de plans d actions ; les concertations ne parviennent pas toujours à déboucher sur la concrétisation de l action ; l efficacité d action est souvent limitée par l ampleur et la complexité de certaines procédures (difficulté de se situer dans des procédures claires) ; les représentants qui participent aux activités ne sont pas nécessairement sur le terrain ou sont représentatifs d une autorité (vision différente des réalités vécues déviant parfois le dialogue) ; les intervenants qui participent aux activités ne relayent pas nécessairement les idées résultant des rencontres à l ensemble de leur équipe. le travail en réseau est freiné par le fait d être contenu dans des entités géographiques délimitées. Or, une certaine frange de la population est en itinérance. Cette itinérance existe non

41 40 cahier n seulement au niveau local de chaque arrondissement mais aussi au niveau régional, voire entre la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale. Le processus qui consiste à se refiler «la patate chaude» entre institutions prend, par conséquent, une ampleur beaucoup plus importante. Le travail en réseau se doit donc de dépasser ces frontières. le relais social urbain de mons borinage se développe davantage sur l ensemble de son arrondissement administratif Depuis le mois d août 2008, une étude des besoins en urgence sociale est menée par le Relais social urbain de Mons-Borinage sur l ensemble de l arrondissement administratif de Mons. Cette action a eu comme bénéfice secondaire des collaborations effectives qui se sont amorcées entre le RSUMB et des villes de l arrondissement administratif de Mons, entre autres dans les matières qui concernent cette étude. Les perspectives du travail en réseau au niveau des relais sociaux? C est pourquoi les relais sociaux ont encore du «pain sur la planche». En effet, il est nécessaire qu ils mettent l accent sur différentes actions afin de faire évoluer le secteur d aide aux sans-abri : développer davantage de continuité dans le travail en réseau, améliorer la connaissance mutuelle entre les différents secteurs ; rester à l affût des enjeux, des difficultés, des demandes et des attentes du public-cible et des intervenants sociaux, voire les faire émerger (observatoire de la pauvreté) ; inviter davantage les opérateurs à se responsabiliser face aux situations et à travailler en collaboration (lutter contre le phénomène de la patate chaude ) ; solliciter davantage les secteurs périphériques (secteurs carcéral, médical, psychiatrique, hospitalier, de la toxicomanie, de l aide à la jeunesse et du logement) afin qu ils participent à un encadrement global, pluridisciplinaire, cohérent et efficace de ce public ; afin de trouver des réponses aux besoins qui dépassent le cadre de l action sociale ; établir des partenariats entre ces secteurs ; consolider et dynamiser davantage le lien et les collaborations entre les services étroitement liés aux situations sans-abri (abris de nuit, maisons d accueil, maisons de vie communautaire, maisons d hébergement de type familial, services du logement, services d aide et d accompagnement à domicile, services de post-hébergement, etc.). Ces services ne semblent pas toujours se comprendre et s accorder, même si des collaborations sont déjà fortement marquées sur le terrain.

42 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 41 un travail de complémentarité dans l accueil des sans-abri Des concertations régulières entre l abri de nuit et l accueil de jour et des plans d actions sont organisés et élaborés au Relais social urbain de Mons-Borinage. Problématiques particulières du travail en réseau autour de l hébergement Santé et santé mentale Le lien entre précarité, difficultés de recours aux soins de santé et hospitalisations a largement été démontré. Pourtant, les collaborations entre services d aide aux sans-abri et la plupart des services de soins de santé, notamment en matière de soins psychiatriques, ne sont pas si évidentes même si des actions sont mises en œuvre afin de tendre vers des partenariats. les relais santé Des Relais santé ont été créés un peu partout sur les territoires des relais sociaux. Services mobiles et de proximité, ils aident les personnes en précarité dont les personnes sans-abri à se (ré) inscrire dans une démarche d utilisation du circuit médico-social de manière plus classique. Parmi leurs missions : l accueil et l information des personnes en situation d exclusion ; la prévention à titre individuel et en terme de santé publique ; les premiers soins ; l accompagnement et le soutien en vue d une prise en charge par la première ou la deuxième ligne de soins ; le déploiement d un réseau de soins au niveau local ou la collaboration avec celui-ci. Les freins observés : Les collaborations sont peu aisées en raison de difficultés d articulation et de divergences d opinions entre les secteurs : mêlant besoin d hospitalisation et d hébergement ; ils se sentent démunis et se «refilent la patate chaude» ; confronté à des situations d échecs répétitifs, de détresses multiples et récurrentes, un sentiment d inutilité ou de découragement (surtout quand le public est bien connu des services) se fait parfois ressentir chez les intervenants médico-sociaux. Ces visions peuvent engendrer des refus de la part de chacun des secteurs ;

43 42 cahier n au lieu de partager les responsabilités de suivi, les centres d hébergement doivent souvent pallier par eux-mêmes les manques d hospitalisations sans disposer d une structure adaptée et d un personnel outillé notamment en matière de psychiatrie. Les séjours deviennent des solutions d attente car peu d hospitalisations sont réalisées dans l urgence quand il s agit d une dégradation progressive de l état de santé des sans-abri ; en hébergeant des personnes pour lesquelles elles ne disposent pas d un encadrement adapté, les structures d hébergement se retrouvent confrontées à un problème de sécurité pour la personne concernée, le personnel et les autres hébergés, et à un manque de moyens pour y faire face (ex. : difficulté de gestion des médications) ; les secteurs ne parviennent pas toujours à s accorder dans la prise en charge et le suivi de situations par des divergences dans l analyse des situations et la nature des difficultés exposées, dans l identification des mesures à prendre (avec la crainte de «l hospitalisation sociale») ; une partie de la population sans-abri ne trouve pas sa place dans le circuit de l aide par ses caractéristiques particulières (psychiatriques, neurologiques, dégénérescentes, addictives) et souvent chroniques. Peu de structures permettent de lui apporter une réponse adéquate car les possibilités sont limitées. Pour ce public qui est «trop et trop peu à la fois», le fait de se «refiler la patate chaude» est un processus appliqué à défaut de solutions spécialisées. Ces difficultés de collaboration entre le secteur de l hébergement et le secteur médical n empêchent toutefois pas la possibilité d une prise en charge médicale de situations dites «plus sociales» quand les personnes sont en grande fragilité physique, psychologique et psychiatrique, voire en danger. De même, certains services se sont développés afin de pallier ce manque tant en matière d hébergement qu en suivi ambulatoire. hébergement : à charleroi, le sass, une réalité ; le centre de crise et de diagnostic, un projet à réaliser Face à la prévalence importante de difficultés mentales et physiques chez les personnes sans-abri et à la nécessité d accueillir un public qui n exige pas nécessairement une hospitalisation s il vivait dans des conditions de vie ordinaires, une Structure d accueil socio-sanitaire (SASS) composée d une équipe pluridisciplinaire a été mise sur pied. Elle leur assure l hébergement durant plusieurs nuits consécutives, apporte les soins appropriés et un accompagnement social adapté. Si ce service développe la collaboration entre secteurs social et médical, il ne donne pas encore la possibilité d établir un diagnostic psycho-médico-social global et d aider le public par une orientation qui lui permette d éviter un retour en rue.

44 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 43 ambulatoire : médias, plus de lien avec le secteur de la santé mentale sur mons Le service Médias qui est initialement un service d aide et de soutien à domicile pour les personnes en souffrance psychiatrique a développé, grâce au Relais social urbain Mons-Borinage, une cellule d aide aux personnes sans-abri dans la gestion du quotidien, dans la prise en charge psychiatrique et dans le besoin de conseil des intervenants. Cette cellule est principalement ouverte au centre de jour «l Escale» mais peut, le cas échéant, se mettre à disposition d autres services. Les sorties d institutions Les sorties d institutions posent problème aux centres d hébergement, qu il s agisse des sorties de prison, de centres de placement pour jeunes ou encore des sorties d hôpital ou de défense sociale. On constate en effet un manque de relais et d articulation entre ces institutions et les structures d hébergement : signatures de décharge, expulsions parfois sauvages, délais de sorties annoncés trop brefs pour envisager une préparation optimale ou pour débloquer une solution Voilà toute une série d éléments qui renforcent le secteur de l hébergement dans son rôle de filet de sécurité.

45 44 cahier n recommandations 1. Soutenir les relais sociaux : dans leur rôle d observatoire de la précarité locale, dans l identification des enjeux du travail en réseau et dans le développement de pistes d actions ; dans des rencontres entre eux afin d échanger et de comparer leurs expériences, d identifier les problématiques communes mais aussi d interpeller les décideurs politiques. 2. Développer l échange et les moyens d action : permettre aux intervenants de se dégager de certaines contraintes et obligations institutionnelles (ex. : pallier les charges administratives) pour participer aux concertations ; réfléchir à la mise sur pied d un plan d action régional des abris de nuit (et éventuellement un subventionnement en conséquence) afin d harmoniser les pratiques de prise en charge du phénomène du sans-abrisme et de partager les responsabilités locales ; développer des lits à projets garantissant une transition plus souple entre abris de nuit et maisons d accueil ; développer des outils de concertation autour de situations spécifiques au travers d acteurs référents ; développer un lien entre services envoyeurs et services receveurs de la demande d hébergement. 3. Soutenir le travail en réseau entre secteur de l hébergement et d aide aux sans-abri : intensifier les liens entre accueil de jour et accueil de nuit, entre hébergement et opérateurs d accompagnement à domicile et de post-hébergement, entre hébergement et services d aide de proximité en développant notamment la connaissance et les échanges sur le terrain des services entre eux (ex. : favoriser les immersions d intervenants dans d autres services) pour assurer au public cible un climat plus confiant et plus sûr. 4. Soutenir le travail en réseau avec le secteur de la santé : soutenir les relais santé et leur permettre de disposer d un psychologue voire d un médecin et de développer son réseau autour de l hébergement ; développer des collaborations et du lien entre les centres d hébergement et les services d aide psycho-médico-sociale pour soutenir le public fragilisé et les intervenants qui y sont confrontés ; soutenir la mise en place de centres de crise et de diagnostic et de services d accueil socio-sanitaire. 5. Accompagner les sorties d institutions : développer des dispositifs préparant les sorties d institutions de secteurs périphériques et établissant un travail en réseau élargi ; mener une réflexion intersectorielle quant aux partenariats envisageables avec ces secteurs périphériques (ex. : logement, justice, aide à la jeunesse, santé).

46 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 45 Politiques d hébergement et cadre légal Au cours des différentes étapes de leurs investigations, les chercheurs ont pu déterminer que certains aspects des décrets et/ou arrêtés concernant les maisons d accueil et les abris de nuit demandaient une modification. Ce sont ces aspects qui sont abordés à travers ce chapitre. Maisons d accueil, un manque de moyens Ce qui a le plus interpellé les chercheurs dans les constats qu ils ont pu réaliser, c est la précarisation (pour certaines on peut même dire l hyper-précarisation) des maisons d accueil. Trois facteurs essentiels semblent l expliquer : Un public de plus en plus marginalisé, cumulant un nombre important de problématiques. Pour exemple, la maison d accueil «Sans Logis homme» à Liège hébergeait, il y a une vingtaine d années, essentiellement des personnes «aptes» à reprendre le travail. Désormais, le constat est tout autre, seul l un ou l autre des usagers peut prétendre reprendre directement une activité professionnelle. Des dons privés variables, parfois ponctuels et de moins en moins élevés. Pour un nombre croissant d institutions (institutions psychiatriques, prisons, centres pour toxicomane, etc.), les maisons d accueil sont devenues un, voire le seul moyen d hébergement possible pour leurs usagers. Cela s explique essentiellement par le manque de relais en matière d hébergement dans le milieu de vie pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques, mais aussi par l état du contexte socio-économique des différentes villes et le peu de préparation à la sortie des personnes particulièrement dans les prisons, les centres d hébergement pour mineurs, les centres de cure et les hôpitaux psychiatriques. Un quatrième point, plus général, est en train de venir se greffer à ces différents facteurs : la crise économique, qui risque d alourdir (qui alourdit déjà) les situations auxquelles sont confrontés les usagers des maisons d accueil et qui risque de restreindre leurs possibilités d insertion. Les maisons d accueil sont de plus en plus précarisées. Or, paradoxalement, elles ont de plus en plus un rôle «central» dans l accompagnement vers une mise en autonomie des personnes largement précarisées. Elles ne sont plus un lieu de passage après un accident de vie mais bien un lieu de reconstruction, de réadaptation vers une mise en autonomie.

47 46 cahier n Permettre aux maisons d accueil d être reconsidérées, c est envisager une nouvelle approche quant aux financements et à l agencement de leur mode de prise en charge. Dans ce sens, plusieurs points du décret ou des arrêtés nécessitent une modification : La capacité d accueil des structures : L article 2 du décret du 12 février 2004 fixe une limite quant à la capacité minimale des maisons d accueil pour qu elles puissent être agréées. Aucune limite quant à la capacité maximale des structures n est prévue par ce décret. Pourtant, les chercheurs ont pu observer qu une trop large capacité d accueil posait des difficultés à une prise en charge aidante et efficiente. Elle est un obstacle à l accueil des personnes largement déstructurées et à la pérennisation d une dynamique positive au sein de la maison. Elle contraint aussi les institutions à avoir des règles plus rigides (moins adaptatives) et induit chez les usagers un renforcement de leur mode opératoire (chacun de nous adopte des stratégies de vie et des codes en fonction de son parcours. Dans une structure aussi grande les personnes ont tendance à amplifier leur mode de comportement). Cette large capacité est cependant aussi un atout car elle permet aux structures (particulièrement à Liège où les maisons d accueil ont en moyenne une capacité de 38 places) de répondre à une large demande. Limiter la capacité d accueil des structures permettrait aux travailleurs comme aux usagers d avoir un cadre plus propice pour entamer un travail de réinsertion. Une piste pourrait être de ne plus permettre la création de maison d accueil de plus de 20 places (par exemple). Une limitation de ce type demanderait néanmoins la création de nouvelles maisons d accueil pour ne pas diminuer la capacité totale de l accueil sur un territoire. À Liège, particulièrement, l ensemble des structures actuelles disposent d une large capacité. Or, les acteurs de terrain insistent sur le fait qu ils refusent déjà beaucoup de personnes par manque de place et que s ils sont contraints à diminuer leur capacité d accueil, ils auront encore moins de possibilités d hébergement. Limiter la capacité d accueil des structures sans pérenniser le nombre de places déjà existantes sur les territoires engendrerait un nombre de refus encore plus important. Les veilleurs de nuits non-subsidiés : L article 15 du décret du 12 février 2004 relatif à l accueil prévoit que les maisons d accueil doivent assurer un accueil d urgence 24 h/24. Pourtant, aucune des maisons d accueil ne bénéficie de subsides pour des veilleurs de nuit (voir art. 26 et 36 de l arrêté du gouvernement wallon portant exécution du décret du 12 février 2004). Elles doivent constamment chercher des fonds privés pour pouvoir assurer cette mission. Ces emplois représentent une somme importante dans le budget des structures. Les dons en faveur des structures étant de moins en moins élevés, le risque est grand que les veilleurs de nuit ne sachent plus être engagés à long terme.

48 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 47 Subsidier les veilleurs de nuit permettrait de pérenniser l accueil 24 h/24 au sein des maisons d accueil. Cela offrirait la possibilité aux maisons d accueil de réaffecter ce budget dans des projets en faveur de la réinsertion de leurs usagers (ex. : l accompagnement des personnes extra-muros, l entretien des bâtiments ). Cela donnerait aussi aux veilleurs de nuit la possibilité d avoir un réel statut. liège «Il est impensable de laisser la maison sans surveillance toute la nuit. Le turnover important, les personnes consommatrices de stupéfiants, les personnes rencontrant des problèmes psychiatriques nécessitent la présence de veilleurs de nuit. Imaginez qu un des hébergés se dispute avec un travailleur alors qu il vient d arriver et que le soir venu il décide de tout casser. Qui l arrêtera? Ou imaginez qu il y ait une bagarre, une personne en crise, une overdose De plus, nous avons pour mission d assurer un accueil d urgence 24 h/24. Non, sans veilleur de nuit l institution fermerait», dixit une directrice. Un usager : «S il n y avait pas les veilleurs, ce serait le bordel. Qui nous obligerait à aller au lit à 23 heures Pas moi en tout cas. Et puis la nuit ce n est pas toujours facile. On est seul face à soi-même et quand ça ne va pas, c est bien de pouvoir en parler avec eux. Moi, ils m ont déjà bien soutenu. De plus, je les ai déjà vus calmer pas mal d histoires qui auraient tourné en bagarre s ils n étaient pas intervenus.» Ces témoignages montrent l importance pour les maisons d accueil de disposer d un veilleur de nuit et, ce, sept jours sur sept. Le personnel accompagnant non-subsidié Le décret ne prévoit pas non plus de subsides pour le personnel technique ou administratif (voir art. 26 et 36 de l arrêté du gouvernement wallon). Pourtant, l ensemble des maisons d accueil rencontrées travaillent avec 1 à 5 travailleurs non subsidiés affectés à différentes tâches. Certaines emploient sur fonds propres du personnel de maintenance, des cuisiniers, des secrétaires, des éducateurs et, ce, pour permettre un accueil des hébergés dans les conditions les plus favorables. La non-subsidiation de ce personnel technique et/ou administratif engendre un coût financier important, mais également une difficulté pour former et impliquer sur le long terme ce personnel. Or, permettre aux maisons d accueil d offrir à l ensemble de leurs travailleurs des contrats stables, ce serait leur permettre d installer leur action dans le professionnalisme et la durée. Ce serait, aussi, leur

49 48 cahier n donner l occasion de pouvoir créer de réelles synergies entre les travailleurs et ainsi optimiser leur cohérence dans la prise en charge. Reconnaître la nécessité, pour les maisons d accueil, d avoir du personnel technique et administratif, c est prendre en compte la réalité à laquelle elles sont confrontées. liège «On ne saurait engager qu un article 60 pour une place d homme d entretien car cela nous coûte moins cher. Le problème est que ce type de contrat ne dure qu un an. Le temps de former la personne à notre philosophie d action, de lui laisser trouver son rythme de croisière avec les usagers et il faut déjà penser à la remplacer. C est épuisant pour l équipe et pour le travailleur lui-même qui vit en permanence avec l idée que son contrat prendra fin.» «Moi, je me plais bien ici, j adore travailler avec ces personnes mais le problème c est que mon contrat est trop précaire dès que je trouve autre chose je m en vais.» Les chambres collectives : Le décret ne prévoit pas si les chambres doivent être ou non individuelles. Dans une large majorité, les maisons d accueil proposent un hébergement en chambres collectives. Or, il apparaît que l offre de chambres individuelles permet d offrir aux usagers un contexte plus favorable à un travail de réinsertion. Les travailleurs peuvent se servir du fait que les personnes se réapproprient un espace privé comme un élément mobilisateur ; ils peuvent également plus facilement tenir compte de la dynamique singulière de la personne. Offrir des chambres individuelles permet aux maisons d accueil de tendre vers leur objectif premier : proposer un hébergement à bas seuil d exigence (les exigences peuvent être plus facilement adaptées à chaque personne). Les usagers ont eux le sentiment d être respectés, de retrouver leur dignité, de faire un pas hors de la rue, de retrouver un espace «à eux», ce qui leur donne plus facilement la possibilité d entamer un processus de réinsertion. Ce mode de prise en charge permet aussi de faciliter la vie en communauté dans des structures qui hébergent entre 10 et 40 personnes. Un nombre important de sans-abri ne fréquentant plus les maisons d accueil font part de leurs difficultés à supporter la vie en communauté, particulièrement lorsqu ils ont été hébergés dans des chambres collectives. Cette raison est évoquée comme une des raisons de leur non-fréquentation de ces structures. Les sans-abri rencontrés ont pour la majorité déjà fait des séjours dans les maisons d accueil et gardent un très mauvais souvenir de cette promiscuité continue.

50 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 49 Pour les chercheurs, il est donc nécessaire de pouvoir proposer aux sans-abri des chambres individuelles dans les maisons d accueil. Ce type de mesure demande un dégagement de moyens considérables. Cela impliquerait la création de nouvelles structures et le réaménagement des structures existantes. Les abris de nuit Les abris de nuit remplissent souvent le rôle de dernier filet pour les personnes les plus déstructurées ou de tremplin vers des structures à plus long terme pour d autres. Leur rôle est donc central dans la prise en charge d un public largement désaffilié. Plusieurs points des décrets et arrêtés concernant les abris de nuit nécessiteraient une modification : Des structures agréées mais non subventionnées : Le décret du 12 février 2004 prévoit à l article 3 l obligation pour les abris de nuit d être des structures agréées. Il prévoit les modalités relatives à l agréation dans ses articles 6, 8, 9, 10, 11, 12 et 13. Il est important que ce secteur puisse se sentir reconnu et disposer de subventions adéquates. Pour pouvoir être agréés, les abris de nuit sont contraints de répondre à un certain nombre de normes, ce qui leur demande un dégagement de moyens humains et financiers importants. N étant pas tous subsidiés, les abris de nuit doivent, pour y parvenir, se débrouiller pour trouver des fonds ou du personnel. Par exemple, à Charleroi, les abris de nuit sont en partie financés par le relais social, le CPAS et par la ville, alors qu à Liège, l abri de nuit est subsidié par le plan de cohésion sociale. Permettre aux abris de nuit d être subventionnés au sein d un même décret pérenniserait leurs moyens de financement, renforcerait la cohérence en matière d action sociale entre les différentes villes et leur offrirait la possibilité d installer leur action dans la durée. Nécessité d avoir au moins un travailleur en permanence au sein d un abri de nuit de jour comme de nuit L article 28 de l arrêté du gouvernement wallon prévoit que les abris de nuit doivent pour être agréés avoir un directeur à mi-temps et un travailleur social à temps plein. Cependant, la mission de dernier filet et de tremplin assurée par les abris de nuit demande un apport de personnel plus conséquent : au moins un éducateur en permanence au sein des abris de nuit (et ce sept jours sur sept). En effet, les usagers qui fréquentent les abris sont en général en demande pour rencontrer un professionnel au sein de ces structures. Souvent, ces personnes arrivent en rencontrant des situations difficiles,

51 50 cahier n cumulant plusieurs problématiques, elles sont en demande pour trouver les moyens adéquats pour y remédier. Un travailleur social disposant de méthodologies d actions, mais aussi d une connaissance plus approfondie des structures relais, de leurs objectifs et du public cible devrait permettre une meilleure prise en charge du public. Accueil inconditionnel Le décret prévoit que les abris de nuit doivent assurer un accueil inconditionnel (articles 6, 32 du décret du 12 février 2004). Chaque abri de nuit a construit son modèle de prise en charge sur base d une définition de l accueil inconditionnel qui lui est propre. Ainsi, certains assurent un accueil inconditionnel sur base d un règlement, d autres assurent un accueil inconditionnel sur base d une limite dans le temps, d autres sur base d un projet d insertion, etc. Cette disparité dans les modèles de prise en charge crée parfois des dissensions entre abris de nuit et ne permet pas d avoir une cohérence dans le modèle de prise en charge proposé aux personnes. Les chercheurs préconisent une grande réflexion régionale inter-abris de nuit sur la notion d inconditionnalité et sur son opérationnalité. Lits d urgence, lits à projet, conventions entre les maisons d accueil et les abris de nuit L article 9 du décret du 12 février 2004 prévoit que les abris de nuit doivent, pour être agréés, disposer de conventions avec une ou plusieurs maisons d accueil. Ces conventions ont pour objet de définir les modalités d orientation des hébergés vers les maisons d accueil ainsi que les modalités de leur prise en charge. Pour renforcer cet esprit de collaboration et pour faciliter le passage des usagers des abris de nuit vers les maisons d accueil, les chercheurs préconisent la mise en place de lits «d urgence» et des lits à «projet» dans l ensemble de la Région wallonne. Un dispositif de ce type a par exemple fait ses preuves dans la Ville de Liège. Il pourrait être généralisé à l ensemble de la Région wallonne. Reste que cela demande, pour les maisons d accueil, d avoir la possibilité de réserver des lits aux abris de nuits au sein de leur institution. Et ce, en permanence. Cela nécessite un dégagement de moyens financiers. À Liège, par exemple, les lits d urgence ou à projet, une fois occupés, sont pris en charge (partiellement ou en totalité) par le dispositif d urgence sociale. Cela nécessiterait, également, de dégager des moyens pour que les abris de nuit puissent avoir un travailleur social en journée. En effet, les travailleurs de nuit ne peuvent pas assurer une continuité de leur action pendant la journée. Ce travailleur de jour pourrait rencontrer les différentes institutions partenaires, mais aussi préparer, accompagner les usagers vers les structures du dispositif.

52 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 51 recommandations Concernant les maisons d accueil : 1. Limiter la capacité d accueil des structures, sans diminuer la capacité totale de l accueil sur un territoire. 2. Subsidier les veilleurs de nuit. 3. Subsidier le personnel technique et administratif. 4. Proposer aux sans-abri des chambres individuelles dans les maisons d accueil afin d offrir aux usagers un contexte plus favorable à un travail de réinsertion. Concernant les abris de nuit : 1. Permettre aux abris de nuit d être subventionnés au sein d un même décret. 2. Permettre d avoir au moins un éducateur en permanence au sein d un abri de nuit de jour comme de nuit. 3. Susciter une réflexion régionale inter-abris sur la notion d inconditionnalité et sur son opérationnalité. 4. Pour renforcer l esprit de collaboration entre abris de nuit et maisons d accueil et pour faciliter le passage des usagers d un type de structure à l autre, mettre en place de lits «d urgence» et des lits à «projet» dans l ensemble de la Région wallonne.

53 52 cahier n Document de synthèse Introduction Dans le courant du premier semestre 2008, le ministre de la Santé, de l Action sociale et de l Égalité des chances a initié un projet de recherche portant sur la problématique des freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri. L objectif? Identifier les freins à l accueil d urgence et à l hébergement des personnes sans-abri en Région wallonne et réfléchir à des pistes d actions afin d y remédier. Cette recherche a été prise en charge par six relais sociaux wallons, via l engagement de personnes chargées d étude sous statut APE. L Agence Alter a été sollicitée pour mettre en place un accompagnement méthodologique des chercheurs. Ces derniers se sont attelés, dans un premier temps, à travailler sur la situation locale de leur relais social. Dans un second temps, ils ont réalisé une synthèse commune et à portée régionale de leurs travaux. Ce document représente un bref résumé de cette synthèse commune. Il met l accent sur les recommandations qui sont adressées au gouvernement au terme de ce processus. On notera que la Déclaration de politique régionale de juillet 2009 prévoit de «prendre en compte les résultats de l étude [le présent Labiso, N.D.L.R.] en cours effectuée au sein des relais sociaux sur les freins à l hébergement pour envisager les pistes telles que l adaptation des projets d accueil, les structures elles-mêmes, la formation du personnel, l accès au logement, les animaux de compagnie et surtout l accompagnement dans les premiers mois de l insertion par le logement.»

54 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 53 Les sans-abri, un public diversifié Le public des sans-abri, population en précarité sociale aiguë, n est pas homogène, loin de là. Personnes ayant eu un accident de parcours, personnes inscrites à plus long terme dans la rue et dans le réseau de l urgence, personnes qui souffrent d une problématique particulière non prise en charge (troubles de santé mentale, toxicomanie, etc.), les profils sont diversifiés. Quelques grandes tendances, néanmoins : un rajeunissement et une féminisation du public des sans-abri, l arrivée, dans la rue, de travailleurs pauvres, une présence importante de personnes sans-papiers et la présence, en augmentation également, de personnes ayant des troubles de santé mentale et/ou souffrant d assuétudes. Répondre aux besoins de personnes si différentes implique la mise en place de solutions différenciées : 1. Intégrer la complexité des profils dans les possibilités de prises en charge, d hébergements et de logements ; à situations complexes et variées, solutions complexes et variées. Cela implique de : se pencher sur la réinsertion des toxicomanes par le biais d une prise en charge acceptant la consommation dans une logique de réduction des risques et non d abstinence coercitive ; développer des prises en charge intensives pour les jeunes ; ouvrir une réflexion régionale et fédérale sur l accueil des personnes sans-papiers ; développer une approche coordonnée de la personne ; adapter les structures d hébergement aux personnes à mobilité réduite. 2. Prendre en compte les réalités individuelles. Cela implique de : partir du lieu de vie de la personne, respecter son rythme, respecter ses valeurs et choix ; introduire de la souplesse dans les règles d accès et les règlements d ordre intérieur en donnant aux structures les moyens suffisants d agir comme tel ; permettre un accompagnement sur la durée et un accompagnement physique pour les plus marginalisés. 3. Inclure les personnes dans la gestion et les prises de décisions de la structure ou du service (actions participatives, groupes de parole).

55 54 cahier n Travailler sur les représentations entre personnes précarisées et professionnels de première ligne. Cela implique de : renforcer les formations des professionnels ; renforcer les canaux d informations entre la rue et les services de première et seconde lignes. 5. Développer les lieux mixtes de paroles réunissant travailleurs et utilisateurs autour de questions thématiques. L hébergement, une problématique imbriquée dans la question du logement Les thèmes de l hébergement et du logement sont souvent inextricablement liés : le logement est l étape qui se situe (ou qui est censée se situer) avant et après l hébergement. Même si la réalité et la complexité grandissante des situations et des profils font que les choses ne sont pas toujours si simples et que les trajectoires ne se révèlent pas forcément linéaires (perte du logement - rue - hébergement logement). On assiste à une pénurie de logements et particulièrement des logements accessibles aux plus démunis alors que le nombre de ménages est en augmentation (de plus en plus de «petits» ménages). D un côté, cette difficulté favorise le risque de tomber dans le sans-abrisme. D un autre, elle est aussi la cause d un engorgement des structures d hébergement, puisque les personnes prêtes à vivre de manière autonome ne trouvent pas de logement adéquat. D où une série de recommandations qui touchent à la sphère du logement, qu il soit public ou privé : 1. Marché locatif et droits sociaux : continuer la réflexion sur la régulation, l encadrement et/ou l objectivation des loyers ; taxer les loyers réels dans le but de modérer les tarifs du marché locatif (piste très souvent mise en avant) ; individualiser les droits sociaux (suppression du statut cohabitant afin de ne plus sanctionner l habitat solidaire et les solidarités familiales) ; ne pas cautionner des baux inférieurs à un an.

56 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri Logements sociaux et publics : augmenter le nombre de logements d urgence, de transit et d insertion ; augmenter le nombre de logements sociaux, et, ce, malgré le taux de 10 % déjà atteint pour certaines villes ; accentuer la socialisation du marché locatif privé par le biais du développement des Agences immobilières sociales (AIS) ; envisager des projets concernant l éducation au logement pour les locataires des Sociétés de logement de service public (SLSP) ; répondre aux problèmes de sous- et de sur-occupation des logements (inadéquation liée notamment aux regroupements familiaux, gardes alternées, changements au sein des ménages, etc.) ; revoir la tarification des locations entre CPAS et Sociétés de logement de service public (SLSP) ; promouvoir les actions relatives au système du bail glissant et à la médiation paritaire ; développer le régime du bail de rénovation afin de lutter contre la sous-occupation des logements sociaux ; inciter le propriétaire à louer des logements conformes ; systématiser l établissement de conventions entre les CPAS, les Agences immobilières sociales (AIS) et les Sociétés de logement de service public (SLSP). 3. Arrêtés d insalubrité et relogement des personnes expulsées : répercuter totalement ou partiellement les frais liés à l expulsion locative et au relogement pour cause d insalubrité sur le propriétaire indélicat (lorsqu il s avère que la vétusté du logement est imputable au bailleur) ; agir sur la problématique de l expulsion, grâce à des actions de prévention et d accompagnement dans le logement auprès des personnes en voie d expulsion et/ou ayant déjà été expulsées. 4. Logements inoccupés : permettre aux propriétaires de déduire les frais de rénovation sur base réelle afin d inciter à la rénovation du bâti ;

57 56 cahier n encourager la fin de la vacance des logements grâce à des mesures fiscales à la fois incitatives (concernant notamment les propriétaires en manque de moyens) et sanctionnelles (concernant notamment les spéculateurs). 5. Habitat groupé : soutenir le développement de l habitat groupé (communautaire, intergénérationnel, etc.). 6. Accompagnement social des personnes précarisées : renforcer les initiatives et dispositifs qui accompagnent socialement les individus dans leur milieu de vie, afin de favoriser le maintien des personnes dans leur logement (accompagnement dans la gestion financière et administrative, entretien du logement, médiation, etc.). 7. Lien entre secteur du logement et de l hébergement : soutenir et développer les échanges entre le secteur de l hébergement et le secteur du logement afin de développer des pistes d action qui permettent aux personnes sans-abri et à celles hébergées en centres de leur garantir un lieu de vie personnel ; favoriser le travail de réseau entre les différents opérateurs du logement et de l hébergement dans une dynamique de reconnaissance réciproque et d appropriations des enjeux communs ; développer du lien entre alternatives au logement et le secteur de l hébergement (ex. : squats légalisés, co-logement). Les parcours autour de l hébergement Abris de nuit, maisons d accueil, maisons d hébergement de type familial ou encore maisons communautaires, équipes mobiles et centres d accueil de jour Les dispositifs d hébergement ne manquent pas, mais reste la question de leur fonctionnement et de leur articulation. Une série de freins peuvent entraver l action de la politique d aide aux personnes sans-abri. Parmi eux, citons par exemple : le manque de places dans les abris de nuit, la question de l inconditionnalité des abris de nuit, l impossibilité d accès aux personnes accompagnées par des animaux, le manque de subventions des abris de nuit, les règlements d ordre intérieur des maisons d accueil ou encore les limites temporelles de chaque type d hébergement. Une série de recommandations touchent aux freins issus du fonctionnement des abris de nuit et des maisons d accueil, mais aussi à la question du passage d un type de structure à l autre :

58 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri Intensifier le travail des équipes mobiles ; 2. Accorder une subvention aux abris de nuit dans le cadre du décret du 12 février 2004 relatif à l accueil, l hébergement et l accompagnement des personnes en difficultés sociales ; 3. Susciter un débat autour de la notion d inconditionnalité et d une tentative de lecture commune du décret ; 4. Développer des lits à projet, disponibles pour une période plus longue et selon certains critères, en parallèle au maintien de la politique inconditionnelle (abris de nuit à plusieurs vitesses) ; 5. Analyser et soutenir les formes alternatives d hébergement/logement comme le cologement, les squats légalisés ; 6. Encourager la politique des lits d essai/d urgence/séjour de pré-accueil (auxquels on peut accéder au départ de l abri de nuit) au sein des maisons d accueil et réfléchir aux modalités de délivrance d un réquisitoire du CPAS pour accéder à ces lits d urgence ; 7. Revoir les moyens tant humains que financiers alloués aux maisons d accueil afin qu elles puissent remplir leurs missions, notamment en matière d accompagnement (en tenant compte de la diversité des profils des personnes hébergées) ainsi que d assurer l hébergement dans des conditions matérielles adéquates (configuration des lieux visant à éviter une promiscuité trop importante, capacité d accueil limitée à un certain plafond pour éviter les problèmes de cohabitation ) ; 8. Intensifier encore les liens entre les maisons d accueil et les abris de nuit, les services d accueil de jour, les équipes de rue et favoriser les rencontres entre les équipes éducatives de ces différentes structures pour permettre un échange de pratiques et éventuellement permettre un accompagnement en collaboration avec ces services au sein des maisons d accueil ; favoriser le travail en binôme entre institutions ; 9. mener une réflexion sur l organisation d une base de données commune au niveau local et/ou régional pour faciliter la réorientation des personnes (obligation inscrite dans le décret) et la gestion des places disponibles dans l ensemble du secteur quand une maison ne peut répondre à une demande ; développer encore les groupes de parole au sein des maisons d accueil, comme le Conseil des hébergés ; 10. évaluer le dispositif «Programme d accompagnement individuel» en collaboration avec les maisons d accueil pour en déterminer l efficacité ; 11. provoquer un débat autour de la limitation de la durée du séjour en maison d accueil.

59 58 cahier n Et après l hébergement? La question du post-hébergement ne se limite pas à celle de l accès au parc locatif (aide à la recherche de logement). Elle recouvre aussi la nécessité de l accompagnement des personnes au sortir des structures d hébergement afin de les aider à s adapter à une nouvelle vie en autonomie. Par ailleurs, les sans-abri peuvent éprouver des difficultés à s intégrer dans des structures «classiques» de logement. D où la nécessité de soutenir des formes de logement originales et alternatives qui permettent à tous les types de profils de s insérer dans un logement qui leur convienne. Les recommandations des chercheurs portent sur ces deux grands axes : 1. Favoriser la création de maisons communautaires, de structures intermédiaires entre l hébergement et le logement et à durée indéterminée (habitat solidaire, logement collectif, habitat intergénérationnel, maison-relais ou pension de famille), de squats organisés Ainsi que favoriser des dispositifs spécifiques à certaines catégories de personnes (personnes toxicomanes, anciens détenus, adolescents issus d institutions d aide à la jeunesse). 2. Assurer un accompagnement dans le logement, un suivi à domicile pour personnes sans-abri qui retrouvent un toit, renforcer le travail de post-hébergement par les maisons d accueil en augmentant leurs moyens matériels et en personnel. L allocation éventuelle de nouvelles ressources pourrait se faire : soit via une cellule post-hébergement attachée à chaque centre d hébergement, soit via la création de nouvelles structures dont la mission centrale serait le post-hébergement. Travail en réseau et hébergement Un problème d hébergement s enchevêtre bien souvent à d autres types de difficultés. L accès aux structures d accueil ne représente donc qu une étape dans un parcours d aide qui n est pas nécessairement linéaire. Dès lors, l aide apportée aux sans-abri nécessite une logique d adaptation, des passages de relais entre structures et l intensification de la logique de travail en réseau. Les chercheurs ont mis le doigt sur une série de freins touchant au travail en réseau et aux rôles et missions des relais sociaux dans ce contexte. Les problématiques de la santé et de la santé mentale, ainsi que celle des sorties d institutions (prisons, hôpitaux, institutions d aide à la jeunesse ) sont des exemples particuliers qui nécessiteraient une amélioration dans l articulation entre les secteurs. Par rapport à cette problématique, les chercheurs préconisent de :

60 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri Soutenir les relais sociaux : dans leur rôle d observatoire de la précarité locale, dans l identification des enjeux du travail en réseau et dans le développement de pistes d actions ; dans des rencontres entre eux afin d échanger et de comparer leurs expériences, d identifier les problématiques communes mais aussi d interpeller les décideurs politiques. 2. Développer l échange et les moyens d action : permettre aux intervenants de se dégager de certaines contraintes et obligations institutionnelles (ex. : pallier les charges administratives) pour participer aux concertations ; réfléchir à la mise sur pied d un plan d action régional des abris de nuit (et éventuellement un subventionnement en conséquence) afin d harmoniser les pratiques de prise en charge du phénomène du sans-abrisme et de partager les responsabilités locales ; développer des lits à projets garantissant une transition plus souple entre abris de nuit et maisons d accueil ; développer des outils de concertation autour de situations spécifiques au travers d acteurs référents ; développer la création d un lien entre services envoyeurs et services receveurs de la demande d hébergement. 3. Soutenir le travail en réseau entre secteur de l hébergement et d aide aux sans-abri : intensifier les liens entre accueil de jour et accueil de nuit, entre hébergement et opérateurs d accompagnement à domicile et de post-hébergement, entre hébergement et services d aide de proximité en développant notamment la connaissance et les échanges sur le terrain des services entre eux (ex. : favoriser les immersions d intervenants dans d autres services) pour assurer au public cible un climat plus confiant et plus sûr. 4. Soutenir le travail en réseau avec le secteur de la santé : soutenir les relais santé et leur permettre de disposer systématiquement d un psychologue voire d un médecin et de développer son réseau autour de l hébergement ; développer des collaborations et du lien entre les centres d hébergement et les services

61 60 cahier n d aide psycho-médico-sociale pour soutenir le public fragilisé et les intervenants qui y sont confrontés ; soutenir la mise en place de centres de crise et de diagnostic et de services d accueil sociosanitaire. 5. Accompagner les sorties d institutions : développer des dispositifs préparant les sorties d institutions de secteurs périphériques et établissant un travail en réseau élargi ; mener une réflexion intersectorielle quant aux partenariats envisageables avec ces secteurs périphériques (ex. : logement, carcéral, aide à la jeunesse, santé). Politiques d hébergement et cadre légal Au cours des différentes étapes de leurs investigations, les chercheurs ont pu déterminer que certains aspects des décrets et/ou arrêtés concernant les maisons d accueil et les abris de nuit demandaient une modification. Ces aspects sont les suivants : Concernant les maisons d accueil : D une manière générale, permettre aux maisons d accueil d être reconsidérées, c est envisager une nouvelle approche quant aux financements et à l agencement de leur mode de prise en charge : 1. Limiter la capacité d accueil des structures, sans diminuer la capacité totale de l accueil sur un territoire : cela permettrait aux travailleurs comme aux usagers d avoir un cadre plus propice pour entamer un travail de réinsertion. Une piste pourrait être de ne plus permettre la création de maison d accueil de plus de 20 places (par exemple). Une limitation de ce type demanderait néanmoins la création de nouvelles maisons d accueil pour compenser la diminution des places. 2. Subsidier les veilleurs de nuit, ce qui permettrait de pérenniser l accueil 24 h/24 au sein des maisons d accueil. Cela offrirait la possibilité aux maisons d accueil de réaffecter ce budget dans des projets en faveur de la réinsertion de leurs usagers (ex. : l accompagnement des personnes extra-muros, l entretien des bâtiments ). Cela donnerait aussi aux veilleurs de nuit la possibilité d avoir un réel statut.

62 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri Subsidier le personnel technique et administratif afin d offrir à l ensemble des travailleurs des contrats stables, ce qui permettrait d installer leur action dans le professionnalisme et la durée. Ce serait, aussi, l occasion de pouvoir créer de réelles synergies entre les travailleurs et ainsi optimiser leur cohérence dans la prise en charge. 4. Proposer aux sans-abri des chambres individuelles dans les maisons d accueil afin d offrir aux usagers un contexte plus favorable à un travail de réinsertion. Cela permettrait de proposer un hébergement à bas seuil d exigence (les exigences peuvent être plus facilement adaptées à chaque personne). Les usagers quant à eux auraient davantage le sentiment d être respectés, de retrouver leur dignité, de faire un pas hors de la rue, de retrouver un espace «à eux». Concernant les abris de nuit : Les abris de nuit sont le dernier «rempart» en matière d hébergement pour les personnes les plus déstructurées et qu ils peuvent servir de tremplin vers des structures d hébergement à plus long terme pour d autres. Il est donc important que ce secteur puisse se sentir reconnu et disposer de subventions adéquates. 1. Permettre aux abris de nuit d être subventionnés au sein d un même décret pérenniserait leurs moyens de financement, renforcerait la cohérence en matière d action sociale entre les différentes villes et leur offrirait la possibilité d installer leur action dans la durée. 2. Permettre d avoir au moins un éducateur en permanence au sein d un abri de nuit de jour comme de nuit. 3. Susciter une réflexion régionale inter-abri sur la notion d inconditionnalité et sur son opérationnalité. En effet, chaque abri de nuit a construit son modèle de prise en charge sur base d une définition de l accueil inconditionnel qui lui est propre. 4. Pour renforcer l esprit de collaboration entre abris de nuit et maisons d accueil et pour faciliter le passage des usagers d un type de structure à l autre, mettre en place de lits «d urgence» et des lits à «projet» dans l ensemble de la Région wallonne.

63 62 cahier n Pour en savoir plus Contacts Relais social du pays de Charleroi Boulevard Jacques Bertrand, Charleroi Tél. : Fax : Courriel : [email protected] Relais social urbain de La Louvière Rue du Moulin, La Louvière Tél. : Courriel : [email protected] Site : Relais social du Pays de Liège Rue des Guillemins, Liège Tél. : Fax : Courriel : [email protected] Site : Relais social urbain de Mons-Borinage Rue du Hautbois, 56B Mons Tél. : Fax : Courriel : [email protected] Site : Relais social urbain namurois Rue d Harscamp Namur Tél. : Courriel : [email protected] Site :

64 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 63 Relais social urbain de Verviers Rue des Martyrs, Verviers Tél. : Fax : Courriel : [email protected] Bibliographie Les relais sociaux urbains subventionnés en 2005, Région wallonne. Réa A., Schmitz P., Giannoni D. & Mondelaers N., La problématique des personnes sans-abri en Région de Bruxelles Capitale, ULB GERME, Définition «sans-abri» ONU, 5 août Thelen L., L exil de soi, sans abri d ici et d ailleurs, Bruxelles, Facultés universitaires Saint-Louis, Les Lignes directrices sur l accès au logement pour des catégories vulnérables de personnes, adoptées par le Groupe des spécialistes sur l accès au logement (CS-LO) du Conseil de l Europe. http :// 17 octobre 2006 : journée mondiale du refus de la misère Du point de vue des pauvres, le logement est inaccessible Les solutions proposées inquiètent au plus haut point, recherche collective par les militants du Mouvement Luttes Solidarités Travail (LST). http :// Suivi du rapport Abolir la pauvreté Mener des politiques de logement durables. http :// Bernard N., Le logement en Wallonie et à Bruxelles : 10 pistes de travail à l aube des élections régionales, Louvain-la-Neuve, Itinérance, logement et réduction des méfaits : logements stables pour les sans-abri toxicomanes, Société canadienne d hypothèques et de logement (SCHL), Lemieux V., À quoi servent les réseaux sociaux, Éd. de l IQRC Sainte-Foy (Québec), LA ROSA E., Santé, précarité et exclusion, Le Sociologue, PUF, Vendôme, Crédits illustrations : Baudouin Massart (Agence Alter), sauf le logo «Relais social».

65 64 cahier n La lecture de ce Cahier vous donne envie de réagir? Labiso.be est un espace interactif. Sur le site Internet vous trouverez un forum qui vous permettra de déposer vos impressions de lecture. Réactions à chaud? Avis divergeant sur une idée défendue par cette expérience? Projets semblables à mettre également en évidence? Liens à faire avec l actualité? Témoignage? N hésitez pas. Le micro vous est ouvert

66 Les freins à l accueil et à l hébergement des sans-abri 65 Le laboratoire des innovations sociales et de santé, c est : Écrire pour décrire son projet dans l action sociale et la santé Présenter son action au-delà d un rapport d activités, d un dossier de subvention ou d une prise de parole publique, c est une manière de se positionner autrement par rapport à l extérieur, de décrire ses pratiques professionnelles sous un autre jour. C est aussi s extirper du quotidien et prendre le temps de la réflexion : qui est-on, que fait-on, quel sens a l action? L équipe de journalistes de Labiso propose cette démarche d écriture voire même de co-écriture. Concrètement, en fonction des attentes et de la disponibilité des équipes, plusieurs scénarios peuvent naître de la rencontre avec un journaliste spécialisé. Rédaction par nos soins sur base d entretiens et de documents, accompagnement dans l écriture d un membre de l équipe tenté par le travail, écriture à quatre, huit ou douze mains, mise en valeur de productions internes Tout est possible. Éditer dans une collection de livres numériques Avec Labiso, la démarche d écriture se prolonge et se matérialise en une publication d un livre numérique, partie d une collection de «cahiers». Ces petits bouquins, téléchargeables gratuitement sur Internet, peuvent être imprimés, lus à l écran, compulsés à l envi. La Toile offre l avantage d occuper un espace d expression et de visibilité aux possibilités infinies. Les cahiers numériques sont recyclables sur n importe quel site Web et d une formule plus souple que les éditions papiers. Même si l accès aux nouvelles technologies et à Internet n est pas encore égal pour tous, investir cet espace d expression c est aussi être au plus près des nouvelles réalités sociales, des nouveaux besoins, des nouvelles formes de pauvreté.

67 66 cahier n Échanger pour s inspirer, décloisonner, innover L ambition est là : favoriser l échange sur les pratiques et le décloisonnement entre professionnels, stimuler les démarches innovantes. Une fois sur la Toile, les effets des «cahiers» sont entre les mains des équipes et des lecteurs. Si les équipes ont trouvé intérêt à faire le point, ont modifié leurs pratiques ou déterminé un nouveau projet, les lecteurs eux, peuvent faire des liens entre différents types d interventions, s interroger sur les modèles et, nous le souhaitons, s interpeller les uns les autres. C est en tout cas loin des codes de «bonnes pratiques», des grand-messes institutionnelles, que Labiso propose le premier terme de l échange. Labiso, cela peut aussi être : Certains services, certaines associations ont fait le pari de l Internet comme outil de visibilité, de travail en réseau, d échanges sur les pratiques. Ils sont conscients des énormes possibilités que leur offre la Toile : devenir émetteur/producteur et non plus seulement consommateur/récepteur. Le recours aux nouvelles technologies de la communication est conçu ici comme un outil au service du travail social et de ses travailleurs. Si la démarche de Labiso montre des effets très positifs, elle est aussi de celles qui nécessitent une adaptation continue, un questionnement permanent, notamment du fait du support qui la sous-tend. Un support, l Internet, dans lequel il est intéressant que les professionnels de terrain des secteurs de l aide aux personnes investissent pour l alimenter de contenus pertinents et mobilisateurs. Contacts Labiso : [email protected] Tél. : /28. La collection est coordonnée par Baudouin Massart (Agence Alter). Ce Labiso a été co-rédigé par Thomas Dawance et Marinette Mormont (Agence Alter), ainsi que par les chercheurs Julie Bernus (relais social de Mons-Borinage), William Bodson (relais social de Verviers), Valérie Denis (relais social de Verviers), Jenny Favier (relais social de Namur), Joffroy Hardy (relais social de Liège), Marjorie Lelubre (relais social de Charleroi) et Mélanie Stagnitto (relais social de La Louvière). Le chapitre «Liminaires» a été rédigé par Baudouin Massart. Il a été achevé le 13 octobre 2009.

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