Les parcs de logements et leur occupation. dans l Aire Urbaine de Lille et sa zone d influence. Situation 2005 et évolution

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1 Les parcs de logements et leur occupation dans l Aire Urbaine de Lille et sa zone d influence Situation 2005 et évolution Décembre 2008

2 Le territoire d étude 2 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

3 Préambule En 2007, une première étude sur les parcs de logements et leur occupation, réalisée par l Atelier d Etude des Marchés de l Habitat (ATEMHA), cofinancée par Lille Métropole Communauté Urbaine et l état, a été publiée par l Agence de Développement et d Urbanisme de Lille Métropole. L objectif de ce premier travail, était de développer un outil de suivi du Programme Local de l Habitat de Lille Métropole permettant de mesurer et de qualifier l évolution des marchés du logement et l évolution sociale du territoire à une échelle fine, celle des quartiers, celle ou se situe les enjeux de mixité sociale. Dans cette perspective, une carte des profils sociaux des quartiers (en fait des sections cadastrales) de l aire urbaine de Lille et sa zone d influence (bassin d habitat), a été établi par un traitement spécifique du fichier Filocom 1999 mis à disposition par le ministère de l Ecologie, de l Environnement, du Développement Durable et de l Aménagement du Territoire. Les évolutions par rapport à cette situation de référence ont été mesurées en analysant tous les deux ans le profil des emménagés récents dans ces quartiers : en 1999, 2001,2003. Le présent document en propose une actualisation à partir du traitement du fichier Filocom Il ressort que les spécificités de l agglomération lilloise restent les mêmes par rapport aux autres grandes aires urbaines auxquelles on se compare : ménages de plus grande taille ; revenus moins élevés. Mais, la situation aurait tendance à stagner voir même à se dégrader légèrement dans les grandes agglomérations comme Lyon, Marseille et Lille et au contraire, à s améliorer notablement dans les agglomération de taille moyenne. Au sein de la métropole lilloise, l analyse 2005 révèle peu de changements par rapport aux profils sociaux du territoire établi en Cependant, les écarts se creusent entre les quartiers en propriété occupante ou habitent les ménages aisés ou des catégories intermédiaires et les quartiers à dominante locatif privé et surtout locatif social ou les nouveaux arrivants ont des revenus plus faibles qu il y a quelques années, avec un écart plus net pour les plus modestes. Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 3

4 1- La structure sociale des ménages en Lille : une agglomération plutôt «modeste» En 2005, les écarts de revenus entre les ménages de la métropole lilloise et les autres grandes agglomérations comme Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes et Toulouse persistent. La métropole lilloise reste, en 2005 comme en 1999, celle qui abrite le plus de ménages modestes. Elle est à cet égard proche de l agglomération marseillaise, mais s en distingue par une plus faible part des ménages aisés et une catégorie intermédiaire plus importante. A l opposé, Lyon est toujours l agglomération qui abrite le plus de ménages aisés et le moins de ménages modestes. Entre ces deux extrêmes, Bordeaux, Nantes et Rennes présentent une situation équilibrée, caractérisée par une nette dominante de la catégorie intermédiaire, une part relativement élevée des ménages aisés et inversement plutôt faible des ménages modestes. Enfin, Toulouse connaît une situation particulière. Elle est à la fois aisée et modeste au détriment de la catégorie intermédiaire. Typologie des revenus dans quelques agglomérations françaises Aire métropolitaine Marseillaise Aire urbaine de Bordeaux Aire urbaine de Lille Aire urbaine de Lyon Aire urbaine de Nantes Aire urbaine de Rennes Aire urbaine de Toulouse Modestes Intermédiaires Aisés 1.2. Des couples «aisés», des monoparentales «modestes» Les couples sans enfant (25% des ménages de LMCU) perçoivent les revenus les plus élevés par unité de consommation. 38% sont aisés (27% des ménages en moyenne sur LMCU) et 43% appartiennent à la catégorie intermédiaire (40% en moyenne sur LMCU). Cette situation s explique par le fait que les revenus perçus sont répartis sur un moins grand nombre de personnes dans le ménage et qu il s agit souvent de ménages plus âgés, bi actifs, plus avancés dans leur cursus professionnel. Ils sont suivis par les couples avec 1 ou 2 enfants (5,4% et 6,3% des ménages de LMCU) avec respectivement 31% et 32% de ménages aisés et surtout 46% et 44% de ménages intermédiaires. En revanche, la situation financière se dégrade nettement pour les couples avec 3 enfants et plus, dont 50% se retrouvent dans la catégorie modeste et 30% seulement dans la catégorie intermédiaire. Enfin, 64% des monoparentales, de plus en plus nombreuses (10,8% des ménages de LMCU en 2005), perçoivent de faibles revenus (modestes), 28% des revenus intermédiaires et 8% seulement des revenus élevés (aisés) soit trois fois moins que la moyenne de l agglomération. Typologie des revenus des ménages selon la composition familiale Autre Famille monoparentale Personne seule Couple sans enfant Couple 1 enfant Couple 2 enfants Couple 3 enfants et plus Total LMCU Modestes Intermédiaires Aisés 4 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

5 2- Les cycles de vie 2.1. Des jeunes locataires, des couples et des personnes âgées propriétaires Les personnes isolées de moins de 30 ans habitent essentiellement en locatif. En locatif privé (70%) pour la plupart, les autres en locatif HLM (22%). Très peu sont propriétaires occupants (6,8%). Les jeunes couples sont encore pour beaucoup en locatif (77%), mais déjà 21% sont propriétaires. Aussitôt qu ils ont des enfants, la propriété occupante devient le statut dominant : 56% pour les plus jeunes jusqu'à 73% pour les plus âgés. 24% des jeunes couples avec enfants habitent encore en HLM, mais ils ne sont plus que 17% lorsque les enfants ont grandi. Le parc locatif privé finit par ne jouer qu un rôle marginal dans l accueil de ce type de ménages (9% pour les plus âgés). A partir de 65 ans, on observe un regain d attractivité pour le parc HLM (23%) qui se confirme et s amplifie au-delà de 80 ans (28%) alors que la part du parc locatif privé reste faible (9%, puis 11%) pour les ménages âgés. Cycle de vie en fonction des statuts d'occupation Isolé moins de 30 ans Jeune couple sans enfant Couple enfant(s) jeune(s) Couple enfant(s) moyen(s) Couple enfant(s) grand(s) et adulte(s) 65 à 79 ans 80 ans et plus LMCU Parc en propriété occupante Parc locatif privé Parc locatif social Autre statut d'occupation 2.2. Les personnes seules au centre, les couples en périphérie Au regard des différents statuts d occupation choisis par les ménages tout au long de leur cycle de vie et de la spécialisation des territoires quand à la structure de l offre de logements (voir première étude), il n est pas étonnant que les personnes isolées de moins de 30 ans habitent pour plus de 50% d entres elles dans Lille, pour 42% dans le reste de LMCU, probablement en première couronne où le parc locatif est encore très présent et pour 5% seulement en périurbain hors LMCU. Peu à peu, les couples quittent Lille pour habiter majoritairement en périphérie, territoire de l accession à la propriété des. Ils restent pour la plupart dans LMCU (66% à 68%), mais 20% à 22% d entre eux s en vont de la Communauté Urbaine pour habiter dans des zones plus éloignées. A partir de 65 ans, on observe un léger retour des ménages sur Lille, qui s amplifie au delà de 80 ans. Cycle de vie en fonction des territoires Isolé moins de 30 ans Jeune couple sans enfant Couple enfant(s) jeune(s) Couple enfant(s) moyen(s) Couple enfant(s) grand(s) et adulte(s) 65 à 79 ans 80 ans et plus Lille LMCU hors Lille Aire d'influence hors LMCU Les classes de revenus Variables de classement regroupant les déciles nationaux de revenu par unité de consommation. Modestes : les 3 premiers déciles - Intermédiaires : les 4 déciles suivants - Aisés : les 3 derniers déciles Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 5

6 3- Les types de parcs et leur occupation 3.1. Les ménages aisés propriétaires, les ménages modestes locataires On retrouve en 2005, comme en 1999, une très forte hiérarchie des revenus des ménages selon le type de parc occupé. On compte 39% de ménages aisés parmi les propriétaires occupants et 43% de ménages de la catégorie intermédiaire. Ils ne sont plus respectivement que 22% et 37% pour les occupants du parc locatif privé et la part des ménages aisés baisse encore fortement dans le parc HLM alors que la catégorie intermédiaire reste stable : 6,1% et 37%. Inversement, 57% des occupants du parc HLM sont des ménages modestes, 40% dans le parc locatif privé et 18% seulement dans le parc en propriété occupante. Il ressort : que les 27% de ménages aisés sont essentiellement propriétaires occupants ou habitent en locatif privé, que les 40% de ménages de la catégorie intermédiaire sont présents dans tous les types de parc, que les 33% de ménages modestes habitent principalement dans le parc HLM ou dans une moindre mesure dans le parc locatif privé, mais près de un sur cinq est quand même propriétaire. Revenus en fonction des statuts d'occupation Parc en propriété occupante Parc locatif privé Parc locatif social Total LMCU Modestes Intermédiaires Aisés 3.2. Une forte sélection des ménages selon les statuts d occupation Des propriétaires occupants plutôt famille et plutôt aisés même si 53,3% des ménages de LMCU sont propriétaires occupants. C est principalement le parc des couples avec et sans enfant (50%) et dans une moindre mesure des personnes seules (22%). C est aussi le parc ou les ménages aisés sont les plus présents (39%) ainsi que les ménages de la catégorie intermédiaire (43%). Plus précisément, les couples sans enfant sont les plus aisés (47%) suivi des couples avec 1 ou 2 enfants (43% et 40%). Les couples avec 3 enfants ou plus ont dans l ensemble, des revenus nettement plus faibles que les autres : 28% seulement de ménages aisés et 34% de ménages modestes. Les personnes seules sont proches de la répartition moyenne des propriétaires occupants, avec une légère sur représentation des ménages modestes. Enfin, même lorsqu elles sont propriétaires occupantes, les monoparentales appartiennent surtout aux catégories modestes (36%) soit le double de la moyenne des propriétaires modestes (18%) et intermédiaires (45%). Le parc des propriétaires occupants est donc plutôt celui des aisées et intermédiaires, mais il abrite aussi des ménages à plus faibles ressources, en particulier des monoparentales (2,6%) et des grandes (2,4%). Propriété occupante : revenus en fonction de la composition familiale Autre Famille monoparentale Personne seule Couple sans enfant Couple 1 enfant Couple 2 enfants Couple 3 enfants et plus Total LMCU Modestes Intermédiaires Aisés 6 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

7 Le locatif privé : de petits ménages aux revenus variables, mais aussi des monoparentales et de grandes modestes 21% des ménages habitent en locatif privé. C est le parc des personnes seules (48%), des couples sans enfant (21%) et des monoparentales (13%). C est un parc qui accueille toutes les catégories de ménages, même si les ménages modestes y sont plus présents (40% pour une moyenne métropolitaine de 33%) et les ménages aisés moins nombreux (22% au regard de 27%). Les couples sans enfant sont également les plus aisés (35%), suivi des couples avec 1 enfant (26%), des personnes seules (22%) et des couples avec 2 enfants (20%). Les monoparentales et les couples avec 3 enfants et plus qui habitent en locatif privé sont très majoritairement des ménages modestes (respectivement 66% et 67%). Au final, le parc locatif privé, est très hétérogène. Il accueille tous les types de ménages, à la fois certains ménages aisés et intermédiaires, mais aussi pour certaines catégories, massivement des ménages modestes. Locatif privé : revenus en fonction de la composition familiale Autre Famille monoparentale Personne seule Couple sans enfant Couple 1 enfant Couple 2 enfants Couple 3 enfants et plus Total LMCU Modestes Intermédiaires Aisés Le locatif social loge les ménages modestes 24,4% des ménages habitent dans le parc HLM de la métropole. C est le parc des personnes seules (37,2%), des couples sans enfant (19,6%) et des monoparentales (18,4%). C est aussi le parc des ménages intermédiaires (37%) et encore bien davantage que le parc locatif privé, le parc des ménages modestes (57%). Les ménages intermédiaires sont principalement des couples sans ou avec 1 ou 2 enfants, alors que massivement, les monoparentales et les grandes sont des ménages à faibles ressources (respectivement à 83% et 87%). Locatif social : revenus en fonction de la composition familiale Autre Famille monoparentale Personne seule Couple sans enfant Couple 1 enfant Couple 2 enfants Couple 3 enfants et plus Total LMCU Modestes Intermédiaires Aisés Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 7

8 3.3. Une nette spécialisation des territoires au regard de l offre de logements L offre en logements se divise de manière relativement équilibrée entre un secteur en propriété occupante (50%) et un secteur locatif (48%) qui comprend deux composantes essentielles de même poids : le locatif privé (24%) et le locatif social (24%). Le parc en propriété occupante, de beaucoup le plus important, est très présent dans tous les territoires où il représente entre 50% et 88% de l offre locale. Une exception avec 29% : le territoire lillois où il est concurrencé par le locatif, mais derrière cette plus faible proportion on compte quand même logements soit le parc en propriété occupante le plus important de tous les territoires après celui du territoire roubaisien. Le parc locatif privé est très présent dans le territoire lillois où il représente 45% de l offre locale, mais aussi 52% de l offre totale en locatif privé de LMCU. C est une caractéristique importante du territoire lillois qui révèle bien la particularité de son marché immobilier, centré sur l accueil de petits ménages très mobiles. Le parc locatif privé restant se répartit de manière très équilibrée dans l ensemble des autres territoires où il représente entre 15% et 20% de l offre dans les secteurs les plus urbains de LMCU à l exception du territoire Est (12%) où, sur Villeneuve d Ascq, il est concurrencé par le locatif social et entre 9% et 13% au-delà, dans des zones périurbaines plus éloignées. Le parc locatif social se situe essentiellement dans les territoires centraux, en particulier dans les territoires Est (36%) et roubaisien (33%), mais aussi dans une proportion moindre, dans les territoires lillois (24%), tourquennois (22%) et Couronne Sud de Lille (21%). En revanche, à l inverse de la répartition très étale du parc locatif privé, il est vraiment peu implanté dans les zones périurbaines et en particulier dans les territoires de l arrondissement hors LMCU. Statuts d'occupation et territoires de l'arrondissement de Lille Territoire lillois Territoire roubaisien Territoire tourquennois Territoire Est Couronne nord Couronne sud Lys-Armentièrois Les Weppes Pays des Weppes Sud interurbain La Pévèle Lille Métropole CU Arrondissement de Lille Parc en propriété occupante Parc locatif privé Parc locatif social Autre statut d'occupation 8 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

9 4- Les écarts se creusent entre 1999 et Le profil social de la métropole se dégrade très légèrement En 1999 (voir première étude), il ressortait que les profils sociaux des agglomérations analysées étaient, à cette échelle, relativement proches. C est encore vrai en 2005, même si les agglomérations observées sont plus nombreuses puisque Bordeaux, Nantes et Toulouse sont venu s ajouter à Marseille, Lyon et Rennes. Malgré cette proximité, le positionnement légèrement différent des agglomérations dans l espace social français permettait de faire ressortir : que la taille des ménages de l agglomération lilloise était nettement supérieure à celles de tous les territoires observés. Plus qu à Rennes, Marseille, Nantes et Lyon, où elle est très proche de la moyenne nationale, et beaucoup plus qu à Bordeaux et Toulouse qui se caractérisent par des ménages de petite taille, que les ménages lillois avaient des revenus légèrement inférieurs à ceux de Marseille et de Nantes, deux autres agglomérations un peu en dessous de la moyenne nationale, nettement inférieurs à ceux de Rennes, Bordeaux et Toulouse un peu au dessus et surtout de Lyon ou les ménages ont les revenus les plus élevés de ce comparatif. En 2005, cette hiérarchie n est pas modifiée, mais certains écarts se creusent car toutes les agglomérations ne connaissent pas la même évolution : partout, la taille des ménages a baissé. C est dans l agglomération lilloise que cette diminution est la plus accentuée, mais en fin de compte, le nombre de personnes par ménage y reste encore nettement plus élevé qu ailleurs, dans les grandes agglomérations, les revenus des ménages ont stagné (Marseille) ou baissé (Lyon, Lille), mais, c est dans l agglomération lilloise que cette dégradation est la plus accentuée. Au contraire, dans les agglomérations de taille moyenne, les revenus des ménages ont augmenté, faiblement à Bordeaux et à Toulouse, plus fortement à Nantes et surtout à Rennes. Quelques aires urbaines françaises dans l'espace social national bas revenus Aire d'influence de Lille Familles nombreuses Aire métropolitaine Marseillaise Personnes isolées hauts revenus Aire urbaine de Nantes Aire urbaine de Bordeaux Aire urbaine de Rennes Aire urbaine de Toulouse Aire urbaine de Lyon Stock 1999 Stock 2005 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 9

10 4.2. La situation des quartiers les plus modestes ne s est pas améliorée Évolution des 9 secteurs socio-économiques bas revenus Parc à occupation précarisée Comment ont évolué les neuf secteurs socioéconomiques issus du traitement par analyse factorielle bas revenus du fichier Filocom 1999? Revenus modestes personnes seules Personnes isolées Revenus supérieurs personnes seules Stock 1999 Stock 2005 inférieurs Revenus intermédiaires supérieurs petits ménages Familles nombreuses Revenus intermédiaires supérieurs Revenus supérieurs hauts revenus Entre 1999 et 2005, tous les secteurs socio-économiques (voir note méthodologique) qui regroupent des quartiers Parc locatif social dont les ménages occupants ont des revenus au dessus de la moyenne du secteur d étude sont soit restés Familles stables : quartiers des grandes aisées, des nombreuses petits ménages intermédiaires, des petits ménages modestes soit ont connu une légère amélioration de leur situation : quartiers des grandes de la classe intermédiaire et des moyennes-modestes. Seuls, dans cette partie de l espace Parc locatif social privé métropolitain, les quartiers des petits ménages aisés ont connu une légère dégradation de leur situation. Parc en propriété occupante En revanche, Personnes tous les secteurs socio-économiques qui regroupent isolées les quartiers dont les ménages ont des revenus inférieurs à la moyenne du secteur d étude ont vu leur situation sociale se dégrader, en particulier les quartiers les plus modestes (quartiers des à occupation précarisée). hauts revenus 4.3. La distance sociale augmente entre les parcs de logements es ses es eurs Évolution des segments de parc Personnes isolées bas revenus Parc locatif social Parc locatif privé Familles nombreuses Parc en propriété occupante La même analyse effectuée sur les trois principaux types de parcs de logements, dont on a vu précédemment, qu ils constituaient un puissant filtre social vis-àvis des ménages qui les occupent, conduit aux mêmes conclusions. Les occupants du parc en propriété occupante ont en 2005, des revenus légèrement supérieurs aux ménages présents en Inversement, les revenus des ménages qui habitent en locatif privé et surtout en locatif social ont légèrement baissé entre 1999 et Les écarts sociaux, déjà importants entre les ménages logés dans les différents types de parcs, se sont encore légèrement creusés ces dernières années malgré les efforts de la puissance publique pour les réduire. hauts revenus Stock 1999 Stock Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

11 5 Les emménagés récents 5.1. Le parc locatif privé reste le parc de la mobilité Comme en 1999, le parc locatif privé joue un rôle essentiel dans la mobilité des ménages sur le territoire lillois. 67% des mouvements observés en s opèrent dans ce parc qui certes est très important dans la ville centre mais ne représente cependant que 46% de l ensemble de l offre. Stock et mobilité récente Stock 05 Mobile Parc en propriété occupante Parc locatif social Stock 05 Mobile Stock 05 Parc locatif privé Mobile Lille LMCU hors Lille Aire d'influence hors LMCU Autre statut d'occupation Inversement, le parc HLM lillois avec 24% de l offre n assure que 18% des mouvements résidentiels pendant la même période. Ce décalage, déjà observé en 1999, révèle une situation particulière à la ville centre. Les occupants du parc locatif social, pour une part croissante vieillissants (voir paragraphe 2-1), bougent peu, dans un contexte de marché où la forte hausse des loyers du secteur privé ne favorise pas la fluidité entre les deux parcs locatifs. Enfin, la propriété occupante avec 28% de l offre n assure que 13% de la mobilité sur le territoire central. C est peu, mais c est plus qu en 1999 où les ménages propriétaires étaient encore bien plus stables (7%). Dans LMCU hors Lille, 40% des mouvements s opèrent dans le parc en propriété occupante qui dans ces territoires représente l essentiel de l offre (58%). Mais ici, contrairement à la ville centre, les deux parcs locatifs participent au-delà de leur propre poids à la mobilité des ménages : le parc locatif privé, moins présent avec 16% de l offre, accueille 31% des mobiles et le parc HLM avec, comme dans le territoire central 24% de l offre, en accueille 28%. En dehors de LMCU, la mobilité des ménages est assurée par le parc en propriété occupante qui accueille 58% des mobiles mais représente l essentiel du parc de logements (75%) et par le parc locatif privé qui bien que peu présent (14% des logements) accueille 30% des mobiles. Le parc HLM y est peu développé et ne joue qu un rôle marginal Dégradation des quartiers modestes et précarisés Évolution des emménagés récents Personnes isolées bas revenus Parc à occupation précarisée Revenus modestes Revenus intermédiaires supérieurs petits ménages personnes seules inférieurs Revenus supérieurs personnes seules Revenus supérieurs Familles nombreuses Revenus intermédiaires supérieurs hauts revenus Emménagé Emménagé Quel est le profil des nouveaux entrants en par rapport à ceux de dans les quartiers des neuf secteurs socio-économiques définis en 1999? Pour les quartiers occupés par des ménages aisés ou des catégories intermédiaires, dont les revenus sont supérieurs ou proches de la moyenne du secteur d étude, il y a peu de changements au cours de cette période. La taille des ménages aisés a légèrement baissée ainsi que leurs revenus. Les ménages des catégories intermédiaires sont de taille identique et ont des revenus soit stables, soit en légère hausse. En revanche, la situation s est dégradée dans les quartiers des ménages modestes ou pauvres. On avait déjà observé cette tendance en 2003 (voir première étude), elle se confirme en La taille des emménagés les plus récents est légèrement supérieure à celle des arrivants , ce qui est contraire à l évolution générale de la population et leurs revenus sont nettement plus faibles. En fin de compte, le processus de paupérisation de certains quartiers s est encore accentué. Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 11

12 5.3. Des revenus souvent en hausse pour accéder à la propriété Propriété occupante : évolution des emménagés récents bas revenus Revenus modestes Familles nombreuses Revenus supérieurs intermédiaires supérieurs couples Une tendance générale pour les emménagés récents dans le parc en propriété occupante : une taille légèrement supérieure à ceux de et des revenus plus élevés, en particulier pour les catégories intermédiaires, ce qui n est pas étonnant, compte tenu de la forte hausse des prix d achat des biens immobiliers pendant cette période. La situation est un peu différente dans les quartiers aisés : taille des ménages arrivants en légère baisse par rapport aux précédents pour les secteurs des aisées ; petite diminution des revenus dans les quartiers des petits ménages aisés. Revenus supérieurs Personnes isolées Revenus supérieurs personnes seules Revenus supérieurs hauts revenus Emménagé Emménagé Des ménages de plus en plus petits et des revenus en baisse dans le parc locatif privé Locatif privé : évolution des emménagés récents bas revenus Revenus modestes personnes seules personnes seules Parc social de fait Revenus intermédiaires inférieurs Familles nombreuses Le parc en locatif privé confirme sa vocation dans l accueil des petits ménages. Dans tous les secteurs socio-économiques, la taille des ménages entrant a notablement baissé entre et , en particulier dans les quartiers ou elle était la plus élevée. Dans le même temps, leurs revenus sont soit au mieux stables, soit en légère diminution, en particulier pour les ménages des quartiers les plus modestes ou pauvres où elle est plus accentuée. Ainsi, malgré la forte hausse des loyers pendant cette période, le parc locatif privé accueille des ménages dont les revenus sont plutôt orientés à la baisse. Personnes isolées Parc de transition hauts revenus Emménagé Emménagé Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

13 5.5. Un appauvrissement progressif des habitants du parc HLM Locatif social : évolution des emménagés récents bas revenus Revenus modestes Parc à occupation précarisée Revenus modestes Revenus modestes petits ménages inférieurs inférieurs Familles nombreuses Les ménages logés dans le parc HLM étaient déjà, en 1999, avec les habitants du parc locatif privé social de fait, ceux qui disposaient des revenus les plus faibles. Cette situation n a fait qu empirer au cours de ces dernières années car les revenus des emménagés récents ont encore nettement baissé par rapport à leurs prédécesseurs ( ). Tous les secteurs sont touchés, des catégories intermédiaires occupant le parc HLM valorisé jusqu aux plus pauvres qui habitent dans le parc précarisé. Parc valorisé Personnes isolées hauts revenus Emménagé Emménagé Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 13

14 Méthodologie L objectif de cette étude est de proposer une analyse spatiale des profils sociaux des territoires de l aire urbaine de Lille et de sa zone d influence à une échelle fine, celle des quartiers, c est-à-dire celle ou se jouent les enjeux de mixité sociale, afin de voir si celle-ci s améliore ou si au contraire, les processus de ségrégation s amplifient. Dans cette perspective, un état des lieux, un «fond de plan» a été établi à partir du fichier Filocom 1999, puis les évolutions ont été mesurées à partir des fichiers Filocom 2001, 2003 et 2005 en regardant si les profils des emménagés récents venaient modifier le profil moyen des quartiers. Pour pouvoir faire ressortir l essentiel des phénomènes observés à partir d un grand nombre de données, peu lisibles à l état brut, c est l analyse factorielle qui a été retenue pour mener les investigations à cette échelle, car elle permet de dégager, de manière lisible, une vision synthétique des disparités du territoire en perdant le moins d informations possible, en particulier son aspect peu homogène à une échelle fine. La construction du référentiel d analyse La construction du référentiel d analyse s appuie sur la description des logements et de leur occupation au niveau des sections cadastrales (ou de leur regroupement) des aires urbaines françaises définies par l Insee. Les variables, relatives à l habitat et aux ménages occupants, renseignées dans le fichier Filocom 1999, qui ont été retenues pour cette analyse sont les suivantes : Variables relatives à l habitat (localisées à la section cadastrale ou leur regroupement, à défaut, la commune) : Statut juridique d occupation Parc en propriété occupante Parc locatif privé Parc locatif social Autres statuts Type d habitat Collectif Individuel Nombre de pièces du logement Variables relatives aux ménages fiscalement autonomes (localisées à la section cadastrale ou leur regroupement, à défaut, la commune) : Age de la personne de référence du ménage Nombre de personnes du ménage Structure familiale du ménage Personne isolée Famille monoparentale Couple sans enfant Couple avec enfant(s) Durée d occupation du logement par le ménage Revenus annuels imposables perçus en 1998 par UC (part des ménages appartenant aux déciles de revenus établis au niveau national) 1er décile inférieur à ème décile de à ème décile de à ème décile de à ème décile de à ème décile de à ème décile de à ème décile de à ème décile de à ème décile supérieur à Le traitement de ces variables du fichier Filocom par analyse statistique permet de décrire de manière synthétique les éléments structurants de «l espace social» de la France métropolitaine ainsi que celui de Lille Métropole. L espace social se stucture autour de 2 axes : les niveaux de revenus et la taille des ménages. Les secteurs socio-économiques La segmentation de l espace social de Lille métropole et de sa zone d influence permet de regrouper les sections cadastrales en classes homogènes : les secteurs socio-économiques, au regard des caractéristiques dominantes des logements qui s y trouvent et des ménages qui les occupent, décrits à partir des variables précédentes. Il s agit du meilleur «résumé» possible des profils d occupation des quartiers, par nature simplificateur, qui ne doit pas faire oublier que chaque quartier présente un profil plus complexe que celui qui est retenu pour l analyse. La segmentation de l ensemble des données relatives aux ménages et aux parcs de logements par analyse factorielle des correspondances, répartit les sections cadastrales de l espace métropolitain en neuf grands secteurs, positionnées dans le plan factoriel selon les niveaux des revenus et la composition des ménages résidants. La traduction spatiale de ces neufs secteurs socioéconomiques permet d établir une carte des profils sociaux des quartiers de l aire urbaine de Lille et sa zone d influence. 14 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole

15 Méthodologie L espace social des relations habitats / habitants France métropolitaine 1er décile revenus par unité de consommation moins de 30 ans 1 personne 2è décile 3è décile 4è décile famille monoparentale 5è décile 6è décile 2 personnes 65 ans et + 5 personnes et + couple 1 à 2 enfants ans ans 3 personnes 7è décile ans couple sans enfant 8è décile couple 3 enfants et + 4 personnes 9è décile 10è décile Source : Filocom 1999 évolution des profils sociaux des quartiers On mesure l évolution des profils sociaux des quartiers en comparant les caractéristiques des emménagés récents aux différentes dates d obtention du fichier et par rapport au stock les emménagés récents sont les nouveaux arrivants dans les quartiers au cours des deux ans qui précèdent la date de livraison du fichier. Le fichier Filocom Filocom est un fichier constitué, à la demande du Ministère de l Equipement, à partir de renseignements issus de différents fichiers gérés par la Direction générale des Impôts pour assurer ses missions : le fichier de la propriété bâtie (FPB), la taxe d habitation (TH), le fichier des propriétaires et celui de l impôt sur les personnes physiques (IRPP). Il comprend à la fois des données sur les caractéristiques de l ensemble du parc de logements : âge, taille, surface, confort, type d habitat (appartement, maison), statut d occupation (propriétaire occupant, locataire du parc privé, locataire du parc Hlm) et sur celles des occupants (âge, taille des ménages, composition familiale, revenus). Ces données sont disponibles à une échelle relativement fine : celle de la section cadastrale, sous réserve du respect du secret statistique. Ce fichier est géré par le Ministère de l Equipement qui en demande une mise à jour à la DGI tous les deux ans. Jusqu ici, l Agence a demandé à ATHEMA de traiter les fichiers 1999, 2001, 2003 et Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole 15

16 Directeur de publication : Nathan Starkman Responsable d édition : Gérard Gabillard Rédaction : Benoit Filippi, Hervé Nabos : ATEMHA Gérard Gabillard, Sophie Clément Ziza, Luc-Benoit Deroo : ADULM Cartographie : Camille Guermonprez, Danièle Leblond Maquette : Jean-François Breitenbach Impression : Tanghe Printing Dépôt légal : Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole Décembre 2008 Agence de développement et d urbanisme de Lille Métropole Espace International - 299, boulevard de Leeds EURALILLE Tél. : (33) Fax : (33)

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