Rapport présenté par M. Christian Bouzy Professeur d Université Président du Jury
|
|
|
- Anne Fortin
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 MINISTÈRE DE LA JEUNESSE, DE L ÉDUCATION NATIONALE ET DE LA RECHERCHE Direction générale des personnels enseignants CERTIFICAT D APTITUDE AU PROFESSORAT DE L ENSEIGNEMENT DU SECOND DEGRÉ ESPAGNOL Troisième Concours Rapport présenté par M. Christian Bouzy Professeur d Université Président du Jury Session
2 CE RAPPORT A ETE ETABLI SOUS LA RESPONSABILITE DU PRESIDENT DU JURY ET DE Mme Aline JANQUART-THIBAULT (VICE-PRESIDENTE) AVEC LA COLLABORATION DÉVOUÉE DE : Mme Marie-Jeanne CHEVREMONT (traduction-thème) Mme Florence LOPEZ (traduction-version) Mme Hélène LUKE (épreuve préprofessionnelle sur dossier) M. Marco MONTROIG (traduction-thème) Mme Amélie PIEL (traduction-thème et explication de faits de langue) Mme Marie-Rose PINNA (traduction-version) Mme Colette RABATÉ (épreuve en langue étrangère) ***** - 2 -
3 SOMMAIRE Composition du Jury...p. 04 Considérations générales..p. 05 Données statistiques...p. 07 Rapport sur l épreuve de traduction (thème)..p. 09 Rapport sur l épreuve de traduction (version) p. 20 Rapport sur l épreuve en langue étrangère p. 32 Rapport sur l épreuve explication de faits de langue p. 38 Rapport sur l épreuve préprofessionnelle sur dossier..p. 43 Nouvelles dispositions pour la session 2008.p. 61 Calendrier de la session 2008 du Troisième Concours p. 63 Annexe-Sujets ELE...p. 64 ***** - 3 -
4 COMPOSITION DU JURY NOM Prénom Grade, qualité Établissement / ACADÉMIE Directoire Président : Christian BOUZY Professeur d Université Université Blaise Pascal / CLERMONT-FERRAND Vice-Présidente : Monique POLO IA-IPR Rectorat de NICE Vice-Présidente : Aline JANQUART Professeur d Université Université de Bourgogne / DIJON Secrétaire : Albin CATTIAUX IA-IPR Rectorat de LILLE Membres : Michel BERASTEGUI Professeur agrégé Lycée Les Arènes / TOULOUSE Christine CHAZE Professeur agrégé CPGE Lycée Montaigne / BORDEAUX Marie-Jeanne CHEVREMONT Professeur agrégé Lycée Honoré d Estienne d Orves / NICE Manuel DIAZ Professeur certifié Lycée Aubanel, Avignon / AIX-MARSEILLE Alfonso GARCIA BAQUERO Professeur agrégé Lycée Claude Monnet / PARIS Victoria GARCIA BAQUERO Professeur agrégé Lycée Carnot / PARIS Hélène LUKE Professeur agrégé CPGE Lycée Dumont D Urville, Toulon / NICE Sylvie MARTIN IA-IPR Rectorat de CLERMONT-FERRAND Marco MONTROIG Professeur agrégé Lycée Golfe de Saint-Tropez, Gassin / NICE Amélie PIEL Maître de Conférences Université François Rabelais / TOURS Marie-Rose PINNA Professeur agrégé Collège Lakanal, Aubagne / AIX-MARSEILLE Colette RABATÉ Maître de Conf. HDR Université François Rabelais / TOURS Gislhaine TASSIUS IA-IPR Rectorat de LA GUADELOUPE Raphaël VILCHEZ Professeur agrégé Lycée Aubanel, Avignon / AIX-MARSEILLE Michèle-Ruth WENDLING Professeur agrégé Lycée Alexis de Tocqueville, Grasse / NICE ***** - 4 -
5 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES Le BOEN n 2 du 14 février 2002 définit très précisément les conditions d'accès au Troisième Concours et les modalités mêmes du concours. Les candidats pourront le consulter en ligne sur le site de l Éducation Nationale à l adresse suivante : Pour ce Troisième Concours du CAPES dit aussi, parfois, de la Troisième Voie, la session 2007 est la deuxième en ce qui concerne l espagnol. Un nombre non négligeable de candidats s y est présenté : 199 au total, dont 157 pour le CAPES public et 42 pour le CAFEP privé, alors que 15 postes avaient été mis au concours (10 pour l enseignement public, 5 pour l enseignement privé). En fonction de ce nombre total de postes à pourvoir, 38 candidats ont été déclarés admissibles après avoir passé la seule et unique épreuve d admissibilité qui consiste en une traduction à deux versants : thème et version. Les textes à traduire sont exactement les mêmes que ceux proposés aux candidats du CAPES/CAFEP courant et les conditions de passage sont absolument identiques : 5h pour les deux sujets confondus. Le thème et la version sont distribués en début d épreuve, il revient au candidat de consacrer à chacun des deux sujets le temps qu il juge nécessaire dans le cadre de la durée impartie, sans oublier toutefois de rédiger le thème et la version sur deux copies séparées. Cette épreuve écrite dite d admissibilité a pour objectif de faire un premier tri parmi les candidats, les meilleurs d entre eux étant retenus pour passer les deux épreuves orales d admission : 1) une épreuve préprofessionnelle ou étude sur dossier, 2) une épreuve d analyse de documents en langue étrangère accompagnée d une explication indûment appelée de «faits de langue». À l issue des épreuves d admission, qui ont eu lieu à Nice au courant du mois de juin 2007 dans d excellentes conditions matérielles, tous les postes mis au concours pour cette session ont été pourvus. Il convient de remarquer que les sujets des deux épreuves orales d admission sont conçus et présentés aux candidats du Troisième Concours dans des conditions, encore une fois, absolument identiques à celles du CAPES. Dans ce rapport, il sera bien sûr fait un point très précis sur l épreuve écrite de traduction ainsi que sur chacune des deux épreuves orales, avec un compte rendu spécifique pour l explication de faits de langue. Toutefois, il est fortement conseillé aux candidats au Troisième Concours de lire également, dans le rapport 2007 du CAPES/CAFEP général, les comptes rendus des épreuves orales d admission dans lesquels ils trouveront des renseignements et des enseignements très précieux. Les particularités mêmes du Troisième Concours appellent plusieurs remarques. S il est ainsi permis de constater une légère augmentation du nombre de candidats par rapport à la première session qui s était tenue en 2006, on s aperçoit en revanche, qualitativement, que le vivier professionnel des candidats au concours est resté stable d une année à l autre. En ne tenant compte que des 38 candidats admissibles, il apparaît que le nombre de candidats extérieurs à la fonction publique (ou sans emploi) 15 au total, reste inférieur à celui des candidats exerçant déjà dans la fonction publique 23 au total, dont 21 sont déjà en situation d enseignement. C est dire qu une certaine expérience professionnelle dans le domaine de l éducation reste un avantage non négligeable pour les candidats qui en sont pourvus. De même, les candidats qui font état d une expérience d enseignement à l étranger surtout dans des pays de langue espagnole, grâce à l ouverture d esprit qu elle leur confère et grâce à la pratique linguistique authentique ainsi acquise, parviennent «à tirer honorablement leur épingle du jeu». Ce rapport a pour objectif de rappeler les modalités des épreuves, mais aussi les attentes et les exigences des membres du jury, tant des correcteurs des épreuves écrites que des interrogateurs aux épreuves orales. Tous les sujets qui ont été soumis à la sagacité des candidats, aussi bien ceux de l écrit (traduction : thème-version) que ceux de l oral, font l objet des commentaires les plus circonstanciés de la part de membres du jury qui ont accepté de consacrer du temps de leur vacances - 5 -
6 à rédiger des comptes rendus précis et détaillés qu ils en soient ici remerciés afin de permettre aux futurs candidats de mieux connaître les règles et les orientations des épreuves du Troisième Concours. Une lecture attentive des illustrations édifiantes et des exemples concrets proposés ici aux futurs candidats devrait leur permettre de s engager du bon pied dans une préparation qui ne peut être que longue, sérieuse et astreignante. Certes, le jury a des exigences, celle principalement de recruter les meilleurs candidats en fonction de critères préalablement établis, de barèmes savamment dosés et appliqués à tous de la manière la plus égalitaire qui soit. Les exigences du jury ne l empêchent pas de considérer avec une certaine bienveillance, même si celle-ci n est jamais décelable, les candidats qui montrent par leur prestation toutes les capacités et les qualités nécessaires au difficile métier d enseignant. C est au candidat qu il incombe, en faisant montre de ses compétences culturelles et linguistiques et en faisant la preuve de son aptitude à la communication, de convaincre le jury de sa motivation, de sa maîtrise de la langue et de son futur savoir-faire en matière de transmission des connaissances. Parler correctement une langue vivante quelle qu elle soit, l espagnol comme toute autre, n est pas une raison suffisante pour vouloir l enseigner. Il faut montrer les dispositions nécessaires au métier d enseignant : le Troisième Concours du CAPES est là précisément pour évaluer les aptitudes de chacun des candidats à entrer dans la profession. Certes, il faut bien évidemment s exprimer dans le meilleur espagnol qui soit c est aussi une condition nécessaire pour qui veut devenir professeur d espagnol, mais il ne suffit pas que la langue soit correcte, il faut également qu elle soit riche et réfléchie et surtout que le registre de langue du candidat le jour des épreuves soit à la hauteur de l événement : il s agit d un Concours de l Éducation Nationale et non pas d une discussion entre amis. Les candidats doivent être bien conscients de cela, car la langue qu ils manient va en quelque sorte devenir exemplaire pour les élèves de collège et de lycée auxquels ils s adresseront. En effet, ceux-ci n auront de cesse d imiter leur maître pour ce qui est de la prononciation entre autres. Les capacités linguistiques et langagières des candidats doivent donc être de la meilleure qualité dans tous les domaines, de la phonétique à la pragmatique en passant par la prosodie (intonation), la correction de la syntaxe, la justesse de la morphologie verbale, le richesse et la pertinence du lexique, etc. Les auteurs de ce rapport espèrent avant toute chose que sa lecture sera éclairante à la fois pour les candidats ajournés à la dernière session et pour les futurs candidats, eux aussi tentés par cette aventure de la transmission du savoir-faire et de la connaissance. Ils se sont donc efforcés d illustrer leurs propos par force exemples de ce qu il faut faire ou dire, mais aussi de ce qu il ne faut pas faire ni dire, avant tout dans le but de mettre à la disposition de tous, non pas des recettes miracles, mais des conseils appropriés à la fois en matière de méthodologie et d acquisition des connaissances. Il appartient maintenant aux candidats de discerner dans cette masse d information qui leur est adressée ce qui leur sera le plus utile en fonction des qualités qu ils sont susceptibles d avoir et aussi en fonction des manques et des défauts dont ils ne sont pas toujours conscients. Puisse ce rapport être un révélateur, un catalyseur de l énergie qu il leur faut maintenant déployer pour arriver à leur fin. C est avant tout dans cette perspective qu il a été écrit et c est donc dans cette perspective qu il doit être lu : par ses conseils, ce rapport est un encouragement à bien faire, voire à mieux faire. Que le lecteur fasse en sorte que les efforts déployés ici par les rapporteurs portent leur fruit : chacun y trouvera son profit. Nice, le 14 septembre 2007 Christian BOUZY Président du Jury du Troisième Concours du CAPES - 6 -
7 DONNÉES STATISTIQUES Bilan de l'admission Concours : EBV TROISIEME CONCOURS DU CAPES Section / option : 0426E ESPAGNOL Nombre de candidats admissibles : 27 Nombre de candidats non éliminés : 27 Le nombre de candidats non éliminés correspond aux candidats n'ayant pas eu de note éliminatoire (AB, CB, 00.00, NV). Nombre de candidats admis sur liste principale : 10 Nombre de candidats inscrits sur liste complémentaire : 0 Nombre de candidats admis à titre étranger : 0 Moyenne portant sur le total général (total de l'admissibilité + total de l'admission) Moyenne des candidats non éliminés : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 24.24) Moyenne des candidats admis sur liste principale : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 32.30) Moyenne des candidats inscrits sur liste complémentaire : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Moyenne des candidats admis à titre étranger : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Moyenne portant sur le total des épreuves de l'admission Moyenne des candidats non éliminés : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 13.51) Moyenne des candidats admis sur liste principale : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 20.73) Moyenne des candidats inscrits sur liste complémentaire : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Moyenne des candidats admis à titre étranger : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Rappel Nombre de postes : 10 Barre de la liste principale : / 20 (soit en total cœfficienté : 28.50) Barre de la liste complémentaire : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) (Total des cœfficients : 3 dont admissibilité : 1, admission : 2 ) - 7 -
8 Bilan de l'admission Concours : EBW TROISIEME CONCOURS CAFEP-CAPES Section / option : 0426E ESPAGNOL Nombre de candidats admissibles : 11 Nombre de candidats non éliminés : 11 Le nombre de candidats non éliminés correspond aux candidats n'ayant pas eu de note éliminatoire (AB, CB, 00.00, NV). Nombre de candidats admis sur liste principale : 5 Nombre de candidats inscrits sur liste complémentaire : 0 Nombre de candidats admis à titre étranger : 0 Moyenne portant sur le total général (total de l'admissibilité + total de l'admission) Moyenne des candidats non éliminés : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 24.84) Moyenne des candidats admis sur liste principale : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 32.85) Moyenne des candidats inscrits sur liste complémentaire : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Moyenne des candidats admis à titre étranger : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Moyenne portant sur le total des épreuves de l'admission Moyenne des candidats non éliminés : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 15.23) Moyenne des candidats admis sur liste principale : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : 21.95) Moyenne des candidats inscrits sur liste complémentaire : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Moyenne des candidats admis à titre étranger : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) Rappel Nombre de postes : 5 Barre de la liste principale : / 20 (soit en total cœfficienté : 28.50) Barre de la liste complémentaire : / 20 (soit en moyenne cœfficientée : ) (Total des cœfficients : 3 dont admissibilité : 1 ; admission : 2) - 8 -
9 RAPPORT SUR L ÉPREUVE ÉCRITE DE TRADUCTION (THÈME) 1. Le texte proposé J ai demandé au chauffeur de taxi de s arrêter boulevard de Clichy, au coin de la rue. C était le moment de nous quitter. J ai dit à la pharmacienne : «Je vous remercie de m avoir accompagnée.» Je cherchais un prétexte quelconque pour la retenir. Après tout, il n était pas si tard que ça. Nous pouvions dîner ensemble dans le café de la place Blanche. Mais c est elle qui a pris l initiative : «J aimerais bien voir l endroit où vous habitez.» Nous sommes sorties du taxi et, au moment de nous engager dans la rue, j ai éprouvé une curieuse sensation de légèreté. C était la première fois que je suivais ce chemin avec quelqu un. La nuit, quand je rentrais seule et que j arrivais au coin de cette rue Coustou, j avais brusquement l impression de quitter le présent et de glisser dans une zone où le temps s était arrêté. Et je craignais de ne plus franchir la frontière en sens inverse pour me retrouver place Blanche, là où la vie continuait. Je me disais que je resterais toujours prisonnière de cette petite rue et de cette chambre comme la Belle au bois dormant. Mais, cette nuit, quelqu un m accompagnait et il ne restait plus autour de nous qu un décor inoffensif en carton-pâte. Nous marchions sur le trottoir de droite. C est moi qui lui avais pris le bras. Elle ne semblait pas du tout étonnée d être là. Nous longions le grand immeuble au début de la rue, nous passions devant le cabaret dont le couloir d entrée était dans la demi-pénombre. Elle a levé la tête vers l enseigne en lettres noires : Le Néant. «Vous êtes déjà allée voir?» Je lui ai répondu que non. «Ce ne doit pas être très gai.» À cette heure-là, en passant devant Le Néant, j avais peur d être entraînée dans le couloir ou plutôt d y être aspirée, comme si les lois de la pesanteur n y avaient plus cours. Par superstition, je marchais souvent sur l autre trottoir. La semaine précédente, j avais rêvé que j entrais au Néant. J étais assise dans l obscurité. Un projecteur s allumait, et sa lumière froide et blanche éclairait une petite scène et la salle où je me trouvais assise devant une table ronde. D autres tables occupées par des silhouettes d hommes et de femmes immobiles, et dont je savais qu ils n étaient plus vivants. Je m étais éveillée en sursaut. Je crois que j avais crié. Patrick MODIANO, La petite Bijou, Gallimard, Premiers éléments d appréciation Ce fragment de La Petite Bijou de Patrick Modiano faisait sens en soi et ne pouvait en aucun cas poser de problème de traduction par rapport au cotexte que l on résumera ici en quelques mots. La petite Bijou, la narratrice, croit avoir reconnu sa mère (supposée morte au Maroc) sur le quai d une station de métro parisienne. Son souvenir la hante et un soir, victime d un malaise, elle entre dans une pharmacie ; la pharmacienne la prend en sympathie et décide de la raccompagner chez elle en taxi. C est là que se situe le passage proposé à la traduction par les candidats au Troisième Concours qui travaillent ainsi sur les mêmes sujets que les candidats au CAPES externe. La compréhension de la situation évoquée ne présente absolument aucune difficulté ; il fallait seulement être attentif au fait que le passage mettait en scène deux personnages féminins, ce que certains candidats ont omis de faire lorsqu ils ont traduit par exemple «Nous pouvions dîner ensemble»
10 L avant-dernière phrase, «D autres tables occupées par des silhouettes d hommes et de femmes immobiles», a surpris bon nombre de candidats. Il s agissait d une phrase nominale et l absence de verbe allait ici de pair avec le récit du contenu du rêve de la protagoniste : elle était donc porteuse de sens et sa traduction devait respecter scrupuleusement la syntaxe française. Le lexique était d une relative simplicité, sans aucun terme vraiment difficile. La plupart des mots appartenait à une langue courante. Citons cependant à titre d exemple certains de ceux qui ont donné lieu à des erreurs fréquentes : les substantifs «pharmacienne», «décor», ou le verbe «demander» (certains candidats confondent encore pedir et preguntar). Le passage proposé ne contenait guère plus de difficultés d ordre syntaxique. Les phrases simples étaient nombreuses et les phrases complexes ne devaient pas poser grand problème de traduction. En revanche, à plusieurs reprises le choix de la bonne préposition permettait aux candidats de faire montre d un maniement fin du système. 3. Remarques générales L exercice de cette année était donc d une relative simplicité et les candidats qui s étaient préparés régulièrement et méthodiquement à l exercice ne devaient pas éprouver de problème à traduire correctement le texte. Il est particulièrement inquiétant que certaines copies ne répondent pas du tout aux attentes minimales d un tel exercice. Aux candidats malheureux de la session 2007 et aux candidats des sessions futures, nous voudrions donc faire part de quelques observations et donner quelques conseils. Nous rappelons, à toutes fins utiles, que le candidat ne doit pas réécrire le texte ni proposer une «traduction à choix multiple» au correcteur. De telles pratiques sont considérées comme des refus de traduction et sont soumises à une pénalité importante. En outre, le jury tient à signaler que la ponctuation n est pas seulement un ornement mais qu elle a des fonctions propres. Il en va de même pour les majuscules dont l utilisation intempestive au cœur d un vocable est du plus mauvais effet. Mais c est notamment sur l insuffisance des connaissances morphosyntaxiques et lexicales que nous souhaiterions attirer l attention des candidats. Tout aussi élémentaires sont les connaissances régissant l utilisation des modes et des temps, les constructions des relatives, la traduction du vouvoiement, etc. Enfin, le jury souhaite alerter les candidats sur la nécessité de posséder un minimum de connaissances lexicales. Le recours au calque du français ou à des faux amis aboutit fréquemment à des non-sens que le jury a fortement pénalisés. Un exercice de traduction comme unique épreuve d admissibilité dans un concours de recrutement n a certes pas pour objet de recruter des traducteurs mais bien de sélectionner, dans la perspective de leur futur enseignement, les candidats qui possèdent de véritables compétences langagières et maîtrisent les règles fondamentales de construction du discours espagnol et les emplois des vocables de la langue. La traduction du mot «décor» par un faux ami comme decoro et celle de la locution «loi de la pesanteur» par ley de gravidez et autres non-sens constituent sans nul doute des phénomènes très inquiétants. En effet, ces traductions sont la preuve non seulement d une méconnaissance fondamentale du lexique espagnol, mais aussi et surtout et d un très profond manque d esprit critique sur la cohérence du texte traduit. Nous conseillerons donc aux candidats des sessions à venir de démontrer un esprit de rigueur et d exactitude dans tous les domaines. Il importe de coller au texte en respectant, autant que possible, l ordre syntaxique, la précision lexicale et les effets stylistiques du texte-source. Il va sans dire que ce respect de tous les éléments du texte-source va de pair avec une soumission scrupuleuse à la logique, à la sémantique, à la syntaxe, à la morphologie verbale, au lexique et à la ponctuation de la langue-cible
11 4. Traduction proposée Le pedí al taxista que parara en el bulevar de Clichy, en la esquina. Era el momento de despedirnos. Le dije a la famacéutica : «Le agradezco haberme acompañado». Buscaba cualquier pretexto para retenerla. Después de todo, no era tan tarde. Podíamos cenar juntas en el café de la plaza Blanche. Pero fue ella quien tomó la delantera : «Me gustaría ver el sitio en que usted vive». Nos bajamos del taxi y, en el momento de internarnos en la calle, experimenté una curiosa sensación de levedad. Era la primera vez que tomaba ese camino con alguien. Por la noche, cuando regresaba sola y llegaba a la esquina de dicha calle Coustou, de repente me daba la impresión de salir del presente y de deslizarme hasta una zona en la que el tiempo se había detenido. Y me daba miedo no volver a cruzar más la frontera en sentido contrario para regresar a la plaza Blanche, ahí donde continuaba la vida. Me decía a mí misma que siempre estaría presa en esa callejuela y en ese dormitorio, como la Bella Durmiente. Pero aquella noche, alguien me acompañaba y sólo quedaba alrededor nuestro un inofensivo decorado de cartón piedra. Caminábamos por la acera de la derecha. Era yo quien la había cogido del brazo. Ella no parecía asombrada en absoluto de estar ahí. Bordeábamos el gran edificio a la entrada de la calle, íbamos pasando delante del cabaret cuyo corredor de entrada estaba en la semioscuridad. Ella alzó la cabeza hacia el rótulo de letras negras : La Nada. «Ya ha ido usted a ver?» Le contesté que no. «No debe de ser muy divertido.» A esa hora, al pasar delante de La Nada, me daba miedo que me arrastraran por el pasillo o más bien que me aspiraran hasta su interior, como si las leyes de la gravedad ya no fueran vigentes allí. Por superstición, caminaba a menudo por la otra acera. La semana anterior, había soñado que entraba en La Nada. Estaba sentada en la oscuridad. Se encendía un proyector y su luz fría y blanca iluminaba un pequeño escenario y la sala en que yo estaba sentada delante de una mesa redonda. Otras mesas ocupadas por siluetas de hombres y mujeres inmóviles y de los que sabía que ya no estaban vivos. Me había despertado sobresaltada. Creo que había gritado. 5. Séquences de traduction J ai demandé au chauffeur de taxi de s arrêter boulevard de Clichy, au coin de la rue. Le pedí al taxista que parara en el bulevar de Clichy, en la esquina. L absence du pronom objet indirect le n est certes pas agrammaticale, mais elle aboutit à un énoncé peu orthonymique que le jury a légèrement sanctionné. En ce qui concerne la traduction de «demander de + infinitif», il est évident qu une traduction erronée a été très lourdement pénalisée, que ce soit pour l emploi de preguntar au lieu de pedir, pour une mauvaise construction ou pour une mauvaise concordance des temps. Le jury a accepté plusieurs traductions possibles pour «chauffeur de taxi», chófer (ou chofer) de taxi, et même conductor de taxi. En revanche, le déplacement d accent sur taxi a été sanctionné. En ce qui concerne la traduction de «coin de la rue», rincón, ángulo et canto étaient bien évidemment à exclure. «Boulevard Clichy» devait être traduit par bulevar (de) Clichy. La graphie gallicisante boulevard a été acceptée également. En ce qui concerne le choix des formes verbales, le prétérit s imposait dans cette évocation des souvenirs de la narratrice et l utilisation du passé composé a été rejetée par le jury. Quant aux compléments de lieu dépendant du verbe «s'arrêter» parar(se) ou detenerse, le premier, «Boulevard de Clichy», doit être introduit par la préposition en ; pour le deuxième, «au coin
12 de la rue», on dira en espagnol en la esquina ; bien que a la esquina ne soit pas impossible, son usage serait beaucoup moins fréquent dans ce contexte. C était le moment de nous quitter. Era el momento de despedirnos. Pour «quitter», d autres traductions ont été acceptées, comme separarnos. Les traductions qui comportaient une tournure d insistance ya era hora ou era el momento en que ont été sanctionnées car elles tenaient de la réécriture du texte source. J ai dit à la pharmacienne : «Je vous remercie de m avoir accompagnée.» Le dije a la famacéutica : «Le agradezco haberme acompañado». Les barbarismes concernant la traduction de «pharmacienne» ont été nombreux et seules les traductions par farmarcéutica (correctement accentué, car les erreurs ont été nombreuses sur la place de l accent) et boticaria ont été acceptées. Il est étonnant que des candidats au Troisième Concours du CAPES ignorent un terme aussi fréquent et aient eu besoin de recourir à des périphrases qui ont été sanctionnées, comme : la mujer de la farmacia, la empleada de la farmacia, etc. Le verbe agradecer est transitif direct en espagnol d Espagne. Le jury, au vu du Diccionario panhispánico de dudas (cité en fin d article), a accepté également sa construction intransitive accompagnée d'un complément introduit par por (Le agradezco por haberme acompañado), plus fréquente en Amérique. Dans tous les cas, le pronom personnel étant complément d'objet indirect, seule la construction avec le pronom de la troisième personne le convenait. Par ailleurs, tout changement aspectuel, comme agradezco acompañarme, présentant l action comme non encore achevée, ressortissait du contresens de phrase. Je cherchais un prétexte quelconque pour la retenir. Après tout, il n était pas si tard que ça. Buscaba cualquier pretexto para retenerla. Después de todo, no era tan tarde. Excusa a été également accepté pour traduire «prétexte», mais le jury a sanctionné les traductions par trop explicatives comme para que se quedara conmigo, para impedir que se fuera. De nombreuses solutions ont été acceptées pour traduire «après tout» : a fin de cuentas, finalmente, en definitiva, bien mirado, mirándolo bien, etc. En revanche, des traductions comme a pesar de todo ou además ne respectaient pas le sens, tout comme por fin ou por lo visto. Le solécisme *tan tarde que eso a été lourdement sanctionné. Nous pouvions dîner ensemble dans le café de la place Blanche. Podíamos cenar juntas en el café de la plaza Blanche. Beaucoup de candidats n ont pas vu (bien qu il n y eût aucune confusion possible) que les protagonistes étaient deux femmes. La traduction de «ensemble» par juntos a donc été lourdement pénalisée, et à plus forte raison encore la traduction par ambos. Une petite remarque pour les noms propres et plus particulièrement ici l expression toponymique «la place Blanche». Si «place» devait se traduire, il n en était pas de même pour «Blanche». Seuls quelques lieux très connus, dont la traduction est passée dans la langue courante en espagnol, sont susceptibles d être traduits, pour Paris, par exemple, «les Champs-Elysées» par los Campos Elíseos. Mais c est elle qui a pris l initiative : Pero fue ella quien tomó la delantera :
13 La structure de renforcement pouvait prendre les formes fue ella quien tomó ou fue ella la que tomó. Ne pas traduire cette structure a été pénalisé. Les erreurs de traduction ont été nombreuses ici car il fallait veiller à traduire correctement le pronom relatif mais aussi à faire les accords de temps indispensables. La traduction par tomar la iniciativa était aussi tout à fait acceptable. En ce qui concerne la conjonction adversative, elle pouvait tout aussi bien être rendue par mas. «J aimerais bien voir l endroit où vous habitez.» «Me gustaría ver el sitio en que usted vive». La traduction de l adverbe «bien» a posé problème. «Aimer bien» n est pas un équivalent exact de gustar mucho ou encantar. L adverbe espagnol bien pouvait être utilisé, à condition de l antéposer au verbe. La postposition revenait à traduire mot à mot la phrase française et aboutissait à une structure très gallicisante. La traduction du relatif «où» a posé des problèmes aux candidats. Les traductions par en que et donde étaient tout à fait correctes. Traduire par en el que était une maladresse dans la mesure oùl antécédent de la relative était déjà actualisé par un article défini. Plus grave était la mauvaise traduction du vouvoiement. Dans ce cas précis, la troisième personne du singulier était donc obligatoire, et il était préférable de préciser le pronom personnel sujet usted (antéposé ou postposé). Nous sommes sorties du taxi et, au moment de nous engager dans la rue, j ai éprouvé une curieuse sensation de légèreté. Nos bajamos del taxi y, en el momento de internarnos en la calle, experimenté una curiosa sensación de levedad. «Sortir du taxi» pouvait être rendu par salir ou bajar, aussi bien à la voie pronominale qu à une voie non pronominale, mais aussi par apearse. «S engager dans la rue» pouvait être traduit par adentrarse en, internarse en ou coger (transitif direct). Dans le contexte, il était maladroit d utiliser la préposition por pour les deux premiers verbes proposés. Il convenait de lui préférer en. Pour «éprouver», sentir et experimentar convenaient. «Légèreté» pouvait être traduit par levedad ou ligereza. C était la première fois que je suivais ce chemin avec quelqu un. Era la primera vez que tomaba ese camino con alguien. Il ne s agissait pas ici d une structure de renforcement. Le verbe «suivre» pouvait aussi bien être traduit par tomar que par seguir. Pour le démonstratif, dans un contexte au passé comme ici, le jury n a accepté que ese ou aquel. La nuit, quand je rentrais seule et que j arrivais au coin de cette rue Coustou, j avais brusquement l impression de quitter le présent et de glisser dans une zone où le temps s était arrêté. Por la noche, cuando regresaba sola y llegaba a la esquina de dicha calle Coustou, de repente me daba la impresión de salir del presente y de deslizarme hasta una zona en la que el tiempo se había detenido
14 Le complément circonstanciel de temps pouvait être traduit soit par un complément introduit par por, au singulier ou au pluriel, por la(s) noche(s), soit par un complément introduit par de : de noche. Volver a été accepté au même titre que regresar. Il fallait éviter les ruptures de construction syntaxique lors de la coordination des subordonnées circonstancielles de temps. Ainsi, *cuando regresaba sola y que llegaba a été lourdement sanctionné. En ce qui concerne le démonstratif, il renvoie à la rue des souvenirs de la narratrice. En conséquence, il fallait éviter la traduction par esta calle. Acceptables étaient aquella, esa et dicha. Pour «j avais brusquement l impression de quitter le présent», plusieurs possibilités pour l adverbe : de repente, bruscamente, de golpe, de pronto, de súbito. Et pour le reste, on pouvait choisir entre me daba la impresión de salir del presente et tenía la impresión de dejar el presente. Quant à quitar, son utilisation ici aurait abouti à un non-sens. De l ordre du contresens de mot était ici l emploi de resbalar pour «glisser». La préposition «dans» indiquant ici le mouvement pouvait être rendue par hasta ou a. Le pronom relatif «où» pouvait se traduire par en que ou donde, puisque l on peut considérer qu il peut avoir ici une valeur aussi bien locative que temporelle. Et je craignais de ne plus franchir la frontière en sens inverse pour me retrouver place Blanche, là où la vie continuait. Y me daba miedo no volver a cruzar más la frontera en sentido contrario para regresar a la plaza Blanche, ahí donde continuaba la vida. Pour «craindre», on pouvait choisir entre dar miedo et temer (dans les deux cas suivis de l infinitif). Il est à noter que les subordonnées complétives du type me daba miedo (ou temía) que no volviera supposaient la présence de deux agents distincts (l un pour dar miedo ou temer, l autre pour volver) et étaient donc en contradiction avec le texte source. Plusieurs possibilités pour «franchir» : cruzar, pasar, franquear. La traduction de «en sens inverse» a posé problème aux candidats. En sentido inverso (ou contrario) convenait parfaitement, mais al revés ne pouvait en aucun cas traduire le français ici. «Pour me retrouver place Blanche» : para regresar a était sans doute le plus simple ; on acceptait aussi para volverme a encontrar en. «Là» : ahí et allí étaient acceptables. Je me disais que je resterais toujours prisonnière de cette petite rue et de cette chambre comme la Belle au bois dormant. Me decía a mí misma que siempre estaría presa en esa callejuela y en ese dormitorio, como la Bella Durmiente. Me decía tout court était, bien sûr, possible ; la précision a mí misma a le mérite de lever toute ambiguïté quant au sujet, mais elle n est pas indispensable. Prisionera et presa pouvaient tous deux traduire «prisonnière». En revanche, il fallait veiller à rendre une cohérence dans l expression de «rester prisonnière de». Le jury a accepté soit l utilisation de la voix passive «ser + adjectif + de» qui donnait une image opérative de l évènement, soit «estar + adjectif + en» qui donnait une image résultative de ce même évènement. Donc, estaría presa en ou sería prisionera de. Pour le démonstratif, ese et aquel convenaient tous deux, accordés, selon le cas avec callejuela ; pequeña calle ; calleja, pour «petite rue», et dormitorio, cuarto ou habitación, pour «chambre»
15 «Comme» : como, cual, igual que. Quant à «la Belle au bois dormant», elle a été largement rebaptisée! La Bella Durmiente (avec ou sans la précision del bosque) est la seule traduction en usage en espagnol. Mais, cette nuit, quelqu un m accompagnait et il ne restait plus autour de nous qu un décor inoffensif en carton-pâte. Pero aquella noche, alguien me acompañaba y sólo quedaba alrededor nuestro un inofensivo decorado de cartón piedra. Une fois de plus, pero et mas étaient admis pour «mais» ; et esa et aquella (noche) pour le démonstratif «cette (nuit)». Pour «quelqu un m accompagnait», le jury a accepté plusieurs possibilités : alguien me acompañaba, alguien me iba acompañando, iba acompañada, me acompañaban. De même, pour la locution restrictive «ne plus que», le jury a accepté plusieurs traductions : ya no, no más que, no sino. Pour le verbe «rester» : permanecer et quedar étaient admis. Quant à «autour de nous», alrededor nuestro, a nuestro alrededor convenaient. Mais pour ceux qui préféraient alrededor de il fallait veiller à ne pas oublier qu il s agissait de deux femmes et dire alrededor de nosotras. La traduction de «décor» par decoro est la preuve d une méconnaissance grave du lexique espagnol et aboutit à un non-sens qui a été sanctionné en tant que tel. Quant à «carton-pâte», il y a eu de bonnes traductions certes, mais cette expression a souvent donné lieu à des traductions erronées, plus ou moins graves. Nous marchions sur le trottoir de droite. Caminábamos por la acera de la derecha. Le verbe caminar (tout comme son équivalent andar) étant un verbe de mouvement, le jury a exigé l utilisation de la préposition por et non pas en qui évoque le statisme. Si les américanismes el andén et la vereda ont été acceptés pour traduire «le trottoir», il est à noter que bon nombre de candidats ont confondu la acera avec la cera, ce que le jury a bien évidemment pénalisé. Certains ont malencontreusement omis l article devant derecha. C est moi qui lui avais pris le bras. Era yo quien la había cogido del brazo. La traduction de la structure de renforcement était une des attentes du jury. Comme plus haut, il fallait veiller au relatif (quien ou la que) et aux accords de temps : le plus-que-parfait étant nécessaire pour le verbe coger (ou tomar), on avait le choix, pour le verbe ser en début de phrase, entre le plusque-parfait ou les formes simples de l imparfait ou du passé simple (había sido, era, fui), le tout à la première personne du singulier. Il fallait également penser que coger el brazo n a pas le même sens que coger del brazo. En outre, la traduction des pronoms personnels compléments pose encore problème à certains candidats : le léisme *le había cogido del brazo et le laisme *la había cogido el brazo ont été sanctionnés. Elle ne semblait pas du tout étonnée d être là. Ella no parecía asombrada en absoluto de estar ahí. Estar (ou ici parecer) asombrada fonctionne avec la préposition de voire con. La construction directe est un solécisme, tout comme l utilisation de la préposition por
16 Pour traduire «du tout», en absoluto et para nada ont été acceptés tous deux. Même chose pour ahí et allí. Nous longions le grand immeuble au début de la rue, nous passions devant le cabaret dont le couloir d entrée était dans la demi-pénombre. Bordeábamos el gran edificio a la entrada de la calle, íbamos pasando delante del cabaret cuyo corredor de entrada estaba en la semioscuridad. Pour «grand», grande (gran si antéposé) et alto étaient acceptés. Les verbes de mouvement à l imparfait «longions» et «passions» pouvaient avec raison être traduits par la périphrase progressive ir + gérondif, au lieu d un imparfait puisque les deux choix de traduction explicitent l aspect imperfectif de l action. «Cabaret» pouvait être rendu par cabaret, cabaré ou taberna. Pour le relatif «dont», on ne pouvait pas éviter cuyo, immédiatement suivi de pasillo ou corredor. Plusieurs possibilités ont été acceptées par le jury pour la traduction de «demi-pénombre» : semioscuridad, semipenumbra, estaba semioscuro. Elle a levé la tête vers l enseigne en lettres noires : Le Néant. Ella alzó la cabeza hacia el rótulo de letras negras : La Nada. Alzó et levantó étaient admis. Il était certes maladroit de traduire «enseigne en lettres noires» par letrero de letras negras. Mais plus grave était la méconnaissance de letrero (le jury a accepté el letrero negro) ou de rótulo. Les candidats ont commis ici de nombreux faux sens en employant à tort des termes comme pantalla, portada, cartelera, cuartilla ou le saugrenu cuartel. Et enfin, il fallait veiller au bon choix de la préposition : de letras negras. Le nom du cabaret, «Le Néant» faisait sens ; il fallait donc le traduire, et avec une majuscule. El Vacío, souvent rencontré, constituait un faux sens. «Vous êtes déjà allée voir?» Je lui ai répondu que non. «Ce ne doit pas être très gai.» «Ya ha ido usted a ver?» Le contesté que no. No debe de ser muy divertido. Il ne fallait oublier ni les guillemets ni le point d interrogation en début de phrase. Le passé composé et le passé simple étaient tous deux possibles. Également accepté : respondí. Le passé composé était erroné ici. L idée de conjecture pouvait être rendue par debe de ser ou será. Au vu du Diccionario panhispánico de dudas, le jury a également accepté debe ser, mais pas ha de ser ni tiene que ser. Bien entendu, le verbe estar ne convenait pas puisqu il s agissait ici de définir l ambiance du cabaret. Pour «gai», divertido et alegre convenaient. Mais nous avons eu droit à des traductions inattendues, comme homosexual À cette heure-là, en passant devant Le Néant, j avais peur d être entraînée dans le couloir ou plutôt d y être aspirée, A esa hora, al pasar delante de La Nada, me daba miedo que me arrastraran por el pasillo o más bien que me aspiraran hasta su interior, Dans cette phrase devait apparaître une marque de la première personne (sous forme de pronom sujet ou complément selon les structures choisies) pour éviter toute confusion
17 L expression «en passant» a ici une valeur temporelle : le gérondif espagnol pasando a été accepté, de même, bien sûr, que al pasar, cuando pasaba (yo), mientras pasaba. On pouvait traduire «j avais peur» par me daba miedo, temía ou tenía miedo. Il fallait veiller alors à la construction : si on choisissait la voix passive, il fallait opter pour le verbe ser (me daba miedo ser arrastrada, temía ser arrastrada ou tenía miedo a (ou de) ser arrastrada) ; si on préférait une tournure impersonnelle, il fallait utiliser la troisième personne du pluriel au subjonctif imparfait précédée de que (me daba miedo que me arrastraran, temía que me arrastraran ou tenía miedo a (ou de) que me arrastraran). On pouvait choisir arrastrar mais aussi llevar pour «entraîner». La même construction devait être utilisée pour la deuxième action, «aspirer» (aspirar ou absorber). «Dans le couloir» : la préposition por devait être utilisée après le verbe de mouvement comme expliqué plus haut. «Plutôt» pouvait se rendre par más bien ou mejor dicho. Il était important de traduire l adverbe de lieu «y» sans quoi la phrase était bancale : dentro, hasta dentro de él ou hasta su interior. comme si les lois de la pesanteur n y avaient plus cours. como si las leyes de la gravedad ya no fueran vigentes allí. «Les lois de la pesanteur» (las leyes de la gravedad ou de la gravitación universal) ont donné lieu à un catalogue de lois plus ou moins nouvelles, comme las leyes del equilibrio, de la pesada, de la gravidez, de la ingravidez, del aire que pesa, etc. Como si exige bien entendu l emploi du subjonctif imparfait, dont certains candidats ne maîtrisent pas encore la conjugaison. «Avoir cours» : ser (ou estar) vigentes, aplicarse, cumplirse et existir ont été admis. Par superstition, je marchais souvent sur l autre trottoir. Por superstición, caminaba a menudo por la otra acera. La préposition por était obligatoire. «Souvent» pouvait être rendu par a menudo ou par soler (solía caminar ou andar por). Le jury a accepté por la otra acera et por la acera de enfrente. La semaine précédente, j avais rêvé que j entrais au Néant. La semana anterior, había soñado que entraba en La Nada. La semana pasada ne convient pas car cela supposerait un contexte présent et non passé comme c est le cas ici. Comme il est d usage, on accepte aussi bien entrar en que entrar a. J étais assise dans l obscurité. Estaba sentada en la oscuridad. L utilisation d un pronom personnel en fonction de sujet était superfétatoire dans la mesure où le sujet était le même que dans l énoncé antérieur. Un projecteur s allumait, et sa lumière froide et blanche éclairait une petite scène et la salle où je me trouvais assise devant une table ronde. Se encendía un proyector y su luz fría y blanca iluminaba un pequeño escenario y la sala en que yo estaba sentada delante de una mesa redonda
18 «Un projecteur» pouvait être traduit par un proyector, un reflector ou bien un foco. De même, «éclairait» a pu être traduit de plusieurs façons : soit par alumbrar, iluminar, soit par la locution verbale dar luz de régime transitif indirect et qui nécessitait donc l emploi de la préposition a, à la fois devant escenario et devant sala. La traduction de «scène» par escena a été acceptée par le jury. Pour «salle», le simple sala suffisait ; le jury a également accepté cuarto, mais pas aula, assez souvent trouvé avec un solécisme : *la aula. La traduction du relatif «où» est en étroite dépendance avec la nature sémantique de l antécédent. Ici, il s agissait d un substantif renvoyant à un espace ordinaire la sala, les traductions par donde et en que étaient donc toutes deux envisageables. La traduction par en la que était à éviter : dans la mesure où l antécédent était déjà déterminé par un article défini, la répétition de ce dernier était une maladresse. D autres tables occupées par des silhouettes d hommes et de femmes immobiles, et dont je savais qu ils n étaient plus vivants. Otras mesas ocupadas por siluetas de hombres y mujeres inmóviles y de los que sabía que ya no estaban vivos. Cette phrase nominale a surpris bon nombre de candidats qui se sont souvent sentis obligés de la réécrire en explicitant le verbe. Le jury tient à rappeler aux candidats que l exercice est une traduction et que toute réécriture est pénalisée (cf. 1). La traduction de «silhouettes» a donné lieu à de nombreux barbarismes et à des faux sens. Le jury rappelle que inmóvil doit s écrire avec un v et non un b. La traduction de «dont» a dérouté de nombreux candidats. On avait le choix entre de los que, de los cuales et de quienes, mais cuyo n était pas possible, puisque «dont» n a pas la fonction de complément de nom mais de complément du verbe «savoir». Enfin, il fallait los que ou los cuales et non pas las que ou las cuales puisque «dont» remplace «hommes et femmes», repris juste après par le pronom sujet «ils». Pour traduire «ne plus», seule l expression ya no convenait. Quant à «être vivants», le jury a accepté estar en vida, vivir et estar vivos. En revanche, ser vivos n était pas admissible : outre qu il pouvait être un contresens de phrase, dans ce contexte il n avait pas de sens du tout. Je m étais éveillée en sursaut. Je crois que j avais crié. Me había despertado sobresaltada. Creo que había gritado. Le jury acceptait le plus-que-parfait ou le passé simple de l indicatif du verbe despertar (ou despertarse). «En sursaut» permettait plusieurs traductions : con sobresalto ; en un sobresalto ; ou tout simplement le participe passé sobresaltada. Pour la dernière phrase, le jury a accepté me parece et évidemment creo avec les suites suivantes : haber gritado ; que había gritado ; que había pegado un grito ; que había dado un grito. 6. Derniers conseils Ainsi, ces conseils d ordre général seront sensiblement les mêmes que ceux prodigués lors des derniers rapports. En effet, d une manière générale, d une année sur l autre les problèmes de traduction qui sont posés aux candidats même s ils ne sont pas toujours identiques ne connaissent pas de grands changements. De la même façon, les conseils pour bien traduire un texte ne sauraient varier en l espace d une année. Cette insistance et ces répétitions devraient finir par
19 avoir un effet bénéfique sur le candidat avisé qui, à l instar des rapporteurs, ne craindra pas d appliquer le précepte de Boileau : «vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage». Les futurs candidats doivent absolument améliorer leur langue, maîtriser toutes les conjugaisons de tous les verbes, connaître les particularités des syntaxes espagnole et française, enrichir leur vocabulaire, etc. La pratique de la langue est essentielle et la lecture de textes en langue espagnole est indispensable. Des articles de presse aux romans classiques en passant par la poésie et le théâtre, il faut diversifier ses lectures. Et il ne sera pas vain que le/la candidat/e lise en pensant à noter les expressions qu il/elle ne connaît pas, afin d en vérifier le sens et de le retenir. Ces lectures, accompagnées d un travail régulier de traduction, permettront d acquérir de solides notions qui porteront leurs fruits au moment du concours. Pour l épreuve de Thème, le soin premier du candidat doit être de lire le texte proposé avec la plus grande attention afin d en déceler le sens exact et les éventuels effets que l auteur aura voulu provoquer chez le lecteur. Il s agit en quelque sorte de faire une rapide explication du texte. Quand un passage se prête à une double interprétation, le jury accepte bien entendu les deux possibilités à la condition que le candidat n en retienne qu une seule. Toutefois, la plupart du temps, une seule interprétation est logique, les erreurs de compréhension sont alors pénalisées. Les candidats aux prochaines sessions auront donc tout intérêt à lire aussi en français, avec le même travail d apprentissage que celui évoqué pour la lecture d œuvres en espagnol. 7. Ouvrages de référence Outre les dictionnaires et les grammaires conseillés par les formateurs (qui sont bien sûr indispensables et qu il faut consulter très régulièrement), nous signalons aux candidats l existence de deux ouvrages qui sont en quelque sorte deux dictionnaires grammaticaux et que l on peut compulser très agréablement (le premier cité est un peu plus complet que le deuxième et a surtout la spécificité de tenir largement compte de l espagnol d Amérique) : Real Academia Española y Asociación de Academias de la Lengua Española, Diccionario panhispánico de dudas, Madrid, Santillana Ediciones Generales, SECO, Manuel, Diccionario de dudas y dificultades de la lengua española, Madrid, Espasa Calpe, 2006 (10 a edición). *****
20 RAPPORT SUR L ÉPREUVE DE TRADUCTION (VERSION) 1. Texte proposé Ahora ya nada tiene remedio y sólo nos queda disparar contra los guardias de enfrente y contra las embestidas del olvido. La guerra se acaba, se acabó ya hace mucho tiempo y a esta guerra seguirá otra y a lo mejor otra y Sebas, allá donde se encuentre, seguirá preguntándose si son necesarias las guerras y si de verdad son unas y otras tan distintas. En la memoria de la gente sólo quedan las guerras ganadas por los vencedores, las otras se olvidan porque las victorias oscurecen la indignidad de la derrota y al final siempre habrá una suplantación de la verdad escrita por los cronistas del olvido. No quedaremos nadie en esa historia y donde quiera que consigamos llegar, sea a la muerte o a cualquier otro sitio, llevaremos con nosotros la amarga consternación de la desdicha. Porque si alguna vez creíamos salvar la tierra de tanta vergüenza como la que nos trajeron los fascistas habrá de llegar un día en que la libertad se confunda con el sentido ético de la convivencia pacífica y se cubrirán de olvido los esqueletos de los muertos. Lo veo aquí, cercado por los disparos certeros de los guardias, y lo empecé a ver cuando nos fuimos quedando solos en el Cerro de los Curas y nos llegaban noticias sobre el abandono de la lucha porque ya estaba fuera de lugar resistir a la desesperada y había que luchar contra Franco en los despachos más o menos lujosos del exilio. Ahí está Nicasio, pegando tiros y no volviendo la cara a los terroríficos cartuchos de nuestros enemigos. Y con él y con Sebas y los otros se morirá también una estirpe de luchadores que ya no tendrá continuidad en el futuro, porque se cubrirá su memoria con la tierra de la desmemoria y su muerte será una muerte doble a golpe de balas y silencio. Morir es quedarte dormido más rato que de costumbre y cuando te das cuenta ya ha pasado tanto tiempo que no te apetece despertarte. Por eso algunas veces te mueres con los ojos abiertos, como si tuvieras miedo a dormir más de la cuenta por los caminos del sueño. El tiro me ha dado en la pierna derecha y siento un reguero de sangre bajar por la pana rota del pantalón y cómo penetra viscosamente entre el calcetín de lana y la piel torturada de las botas de campaña. También siento el dolor y la seguridad de que dentro de poco la pólvora se mezclará con la sangre y endulzarán las dos el rompimiento obsceno de la voluntad de seguir viviendo. Alfons CERVERA, Maquis, Ed. Montesinos, Premiers éléments d appréciation Le texte proposé cette année était un extrait du roman Maquis de Alfons Cervera qui fait partie d une tétralogie : El color del crepúsculo (1995), Maquis (1997), La noche inmóvil (1999), La sombra del cielo (2003). Maquis est un roman court de seulement 200 pages qui décrit le monde de douleur, de silence, de peur et de mort qui s abat sur un village du Levant, Los Yesares, pendant la période de la guerre civile et de l après-guerre. L ouvrage n est pas construit en chapitres mais en séquences plus ou moins longues. Chacune des cinquante séquences évoque un ou plusieurs personnages. La majeure partie du temps, les mêmes anecdotes se répètent ou se complètent d une séquence à l autre. Ces séquences juxtaposées veulent refléter l ordre aléatoire de la mémoire, car il s agit d un roman sur la mémoire et l oubli, l oubli dans lequel sont tombées des victimes du franquisme. Alfons Cervera réhabilite ici la figure des maquis (maquisards), ces combattants que les années de la transition n ont pas permis de reconnaître, car la classe politique préférait oublier ce qui s était passé pendant la guerre, opposant ainsi «le pacte du silence» au devoir de mémoire
21 Ce sont ces idées essentielles du roman, celles d oubli et de silence, que nous retrouvons dans ce passage qui fait partie d une des rares séquences où le point de vue est assumé par un narrateurpersonnage, un maquis qui répond au nom de Maestro Pastor Vásquez. Nous sommes à la séquence 47, c'est-à-dire vers la fin du roman ; à cet instant de l histoire, Pastor Vásquez est un des derniers survivants d un groupe de «maquisards». L action se passe au moment où Pastor Vásquez et son compagnon Nicasio, partis chercher de l aide auprès d autres bandes de maquis, tombent dans une embuscade et se font attaquer par la Guardia civil. D un point de vue narratif, ce passage est original car on y assiste par le biais d une focalisation interne à la mort du personnage-narrateur qui raconte sa propre mort. Sur le point de mourir, Pastor Vásquez dresse le bilan de toutes ces années de lutte comme maquis, un bilan qui lui apparaît négatif, car il est saisi par la prémonition de ce qui se passera «en el futuro» avec «el pacto de olvido» de la transition démocratique. Il pense au sens de la lutte menée, ce qui a pour effet d évoquer en lui une vision amère : les exploits des maquis ne seront pas reconnus et ils disparaîtront dans l anonymat. À la fin du passage, le personnage sort de l endroit où il s était abrité et va au-devant de la mort en affrontant le feu nourri des gardes civils. L écriture de Cervera se caractérise par une grande fragmentation des instances narratives, une déconstruction permanente de la narration. Il y a dans ce passage beaucoup de répétitions d éléments déjà présents tout au long du roman : «con los ojos abiertos», «una muerte doble a golpe de balas y de silencio». Si une telle connaissance du cotexte n était pas nécessaire, en revanche une analyse préalable était indispensable pour une bonne compréhension du texte. On y retrouve un champ lexical qui fait référence à la lutte, la guerre, la mémoire, l oubli et la mort. Il fallait bien intégrer les références à la situation politique et historique. Hélas! peu de candidats ont été à même de resituer le contexte et il était parfaitement erroné de traduire «guardias» par «soldats», «policiers» ou «militaires», alors qu il s agissait de la guardia civil. La traduction par «gardes civils» a été valorisée. 3. Remarques Étant donné la difficulté de la mise en forme du passage au français, due à des phrases longues, à un vocabulaire imagé et recherché, le jury a privilégié les traductions simples qui restaient fidèles au texte. Considérant que l interprétation de certaines expressions n était pas évidente de prime abord «amarga consternación de la desdicha», «el rompimiento de mi voluntad de seguir viviendo», les correcteurs se sont montrés plutôt indulgents. En revanche, ils ont sanctionné les copies des candidats qui prenaient des libertés ou qui avaient recours à des périphrases, alors qu il n y avait pas lieu de le faire. Par souci de fidélité au texte, on ne doit en aucun cas le réécrire. Le jury insiste donc sur la nécessité de respecter les choix stylistiques de l'auteur, par exemple les polysyndètes. Comme le soulignent les rapports précédents, beaucoup de contresens et de non-sens auraient pu être évités si les candidats avaient pris un peu de recul en relisant leur copie : parler d un «*écoulement», d une «*coulée» ou, pis encore, d un «*coulis de sang» pour «reguero de sangre» n est pas excusable à ce niveau. Il nous semble donc que la rigueur, le bon sens et le discernement sont des qualités qu il faut acquérir et dont il faut faire preuve. Les candidats doivent veiller au registre de langue : la traduction de «una estirpe de luchadores» par «*une ribambelle» ou «*une flopée de combattants» n était donc pas acceptable, d autant moins que le mot «estirpe» n a pas de connotation quantitative. La version vise à vérifier la maîtrise de la compréhension de l espagnol et surtout celle de l expression en français ; des connaissances solides dans les deux langues sont requises pour être un bon professeur de langue vivante (espagnol). Le jury attendait des candidats une traduction cohérente et précise, un français de bonne qualité sans omissions intempestives ou ajouts incongrus de mots. De même, la ponctuation doit faire l objet d une attention particulière, car une erreur peut altérer le sens de la phrase, voire conduire au contresens
22 Le jury constate également que dans les traductions abondent les faux sens, les ruptures de syntaxe dues aux longues phrases. De grosses erreurs trop fréquentes, révélatrices du manque de préparation des candidats, ont été considérées comme rédhibitoires. Les correcteurs ont trop souvent lu dans les copies des mots ou des expressions qui n avaient pas de sens : «*la démémoire», «*les bêtes de l oubli» ou «*les invectives de l oubli», «*la surplantation de la vérité», «*les tirs certains», «*ma peau torturée par les bottes». Le jury souhaite attirer l attention des futurs candidats sur les trop nombreuses inexactitudes et imprécisions qui émaillent les traductions. Seul un entraînement très régulier tenant compte de toutes ces exigences permet de réussir cet exercice exigeant qu est la version. Beaucoup de candidats semblaient ignorer dans la langue-cible (le français) des mots tels que «chroniqueur» ou même «luxueux», et dans la langue-source (l espagnol) des mots du vocabulaire courant comme «despacho» ou «calcetín». On n insistera pas assez sur le fait que les candidats doivent sans cesse enrichir leur vocabulaire dans les deux langues et rechercher de façon systématique dans les dictionnaires les mots qu ils rencontrent lors de leurs lectures et dont ils ignorent le(s) sens. En fin de traduction, une relecture attentive permettra de rectifier certaines erreurs dans des copies qui, par ailleurs, sont de bonne qualité. On évitera ainsi des non-sens tels que «*sans tourner la tête aux balles» pour traduire «no volviendo la cara a los cartuchos». 4. Conseils de traduction Les conseils qui suivent ont pour but d aider les candidats dans leur future préparation à cette épreuve. Les exemples fautifs (signalés par *) sont là pour fustiger les erreurs à éviter et pour attirer l attention sur les difficultés que comporte l épreuve de traduction-version. a) Méthode : choix et fidélité Traduire, c'est choisir ; aussi le candidat est-il tenu de ne proposer qu une seule traduction et non plusieurs, mais traduire c est aussi ne pas trahir. Une méthode respectueuse de ces deux critères du choix et de la fidélité (au sens du texte original) veillera donc à appliquer les règles suivantes : Pas d' omissions, il faut absolument tout traduire (desde hace ya mucho tiempo). Pas d'ajouts, sous le prétexte d embellir, ni de modifications. Ne pas réécrire le texte et ne s écarter de la forme linguistique originale en évitant bien sûr au maximum tout gain ou toute perte sémantique que si la correction et la clarté de la mise en français l'exigent. Respecter le registre de langue du texte original : noble, familier, etc. b) Méthode : correction et fluidité de la langue Il importe de rappeler que si la version est un exercice de compréhension de la langue-source (l espagnol), elle est aussi et surtout un exercice de mise en forme et de restitution optimale et maximale du sens tout le sens et rien que le sens dans la langue-cible (le français). À ce titre, il convient d accorder une importance prioritaire à la correction de la langue française, en respectant toutes les règles qui la régissent dans tous les domaines : morphologique, syntaxique, lexical, sémantique, orthographique, graphique, etc. On formulera à la suite quelques normes à respecter, fondées autant sur le bon sens que sur la connaissance, avec quelques exemples fautifs qui seront systématiquement signalés par un astérisque placé en début d énoncé (*) :
23 Veiller à la cohérence syntaxique. Pour reprendre «le sang et la poudre» par un pronom personnel sujet, on utilisera «ils» et non «*elles». Être très attentif au choix des temps et des modes. La connaissance de la morphologie verbale est fondamentale tant en espagnol qu en français. Les barbarismes verbaux sont rédhibitoires chez un futur professeur : combien de «*mourira» ou de «*mourrira» le jury a-t-il rencontré?! Il est évident que de telles bourdes coûtent très cher au moment du décompte des points-fautes. Ne pas inventer des mots : tout néologisme forgé par un candidat sera obligatoirement décompté comme un barbarisme («*démémoire», «*convivence», «*visceusement», «*estirpe», «*guerra»), sauf bien évidemment s il essaye de rendre compte d un néologisme créé par l auteur dans la langue-source, ce qui n était jamais le cas dans le texte proposé. Respecter l orthographe (l accentuation en fait partie). Les correcteurs ont trouvé des fautes d orthographe sur des mots aussi courants que : déjà, là, là-bas, où, parce que, être en train de, vraiment, résister, désespérer, mourir, l'oubli, la vérité, la liberté, combattre, la classe, l'exil, un squelette, luxueux, un ennemi. Apprendre l'orthographe des mots les plus courants n est pas un travail vain et les correcteurs ont pu se rendre compte des problèmes rencontrés par les candidats à propos de mots simples contenant des consonnes doubles, comme «commencer». Un vocable aussi élémentaire que «vainqueur» a posé de graves difficultés orthographiques à quelques candidats, les orthographes proposées frisant parfois le barbarisme. Soigner l ordre syntagmatique. La version n est pas seulement un exercice paradigmatique, à savoir de choix lexical tel mot plutôt que tel autre, elle est aussi un exercice de mise en ordre des syntagmes. Le candidat avisé n oubliera pas que l ordre des mots dans les syntagmes et celui des syntagmes dans la phrase n est pas forcément identique en français et en espagnol. Mobiliser ses connaissances historiques, si besoin est, et éviter à tout prix les anachronismes : parler de «*chaussures de randonnée», de «*rangers» ou de «*chaussures américaines» pour traduire botas de campaña relevait de la simple ignorance (fâcheuse au demeurant). c) Difficultés de traduction Comme l épreuve de thème, l épreuve de version nécessite une préparation de longue haleine qui permettra au candidat d acquérir des compétences, des connaissances et des réflexes. Un entraînement hebdomadaire régulier est indispensable pour gagner en aisance et en efficacité. Il n en reste pas moins que les textes proposés à la traduction aux concours sont là pour opérer une sélection entre les candidats, il est donc normal que dans ces textes apparaissent des difficultés à la fois de compréhension de la langue-source et de mise en forme de la langue-cible. Les conseils qui suivent ont pour objectif d aider les candidats à mieux faire face à ces deux types de difficultés qui leur sont soumis : une lecture et une relecture attentives du texte sont indispensables avant même d envisager de traduire ne serait-ce que le premier mot ; une analyse littéraire du texte est obligatoire. Il faut reconnaître le narrateur, identifier le ou les points de vue, identifier le nombre et la qualité des personnages, l action, le contexte, etc. ; une analyse sémantique et syntaxique rigoureuse est de mise avant de traduire ; en cas de problème de mise en forme dans la langue-cible, dans un premier temps, il faut rester au plus près de la structure originelle (le sens d abord), puis transposer prudemment, dans un second temps, en proposant une forme linguistique française correcte qui respecte le sens ; au cas où le sens d'un seul mot pose problème, le candidat s attachera à résoudre la difficulté par la méthode étymologique (en ayant recours à l étude des racines : latine, grecque, arabe, etc.) et en s attachant au contexte. Là aussi la prudence est de rigueur
24 5. Conseils de rédaction et de présentation Éviter les ratures, la coupe erronée d'un mot avec renvoi à la ligne : «*c'-/est», «*enn-/emi». Proscrire les graphies ambiguës : attention à la place et au sens des accents sur les voyelles. Écrire lisiblement et assez gros en formant bien les lettres : o a, e i, n m, et en mettant les points sur la lettre i. Respecter les paragraphes du texte à traduire et les alinéas. Utiliser convenablement tous les signes diacritiques : une phrase commence par une majuscule et se termine par un point ; chaque occurrence de dialogue au discours direct commence par un tiret ; les mots en langue étrangère dans un texte-source restent dans la même langue étrangère dans le texte-cible (latin en latin, anglais en anglais, etc.) et ils sont soulignés. Ne pas traduire les noms propres des personnages, sauf éventuellement quand ils ont une signification précise (vg. un surnom comme El cojo > Le boîteux). Éviter les étourderies dans la phase de recopiage du brouillon. Se donner le temps de relire attentivement sa copie. Faire attention aux corrections de dernière minute qui conduisent à des fautes très graves (résultat : «*un plus longtemps», modifié dans l'urgence, devient «*plus plus longtemps» au lieu de «un peu plus longtemps»). Ne pas oublier de réécrire le mot qui a été effacé ; en cas d espace blanc, il sera considéré comme un mot non traduit, courant ainsi le risque d être comptabilisé comme un barbarisme. 6. Ouvrages de référence BLED (Édouard et Odette), Cours supérieur d orthographe, Paris, Classiques Hachette, BOUCHER (Jean), Fort en version, Rosny, Bréal, COLIGNON (Jean-Pierre), Un point c est tout! La ponctuation efficace, Paris, Victoires-Éditions, «Métier journaliste», DEGUERNEL (Alain) et LE MARC HADOUR (Rémi), La version espagnole. Licence/Concours, Paris, Nathan, Nouveau Bescherelle (Le). L'art de conjuguer, Paris, Hatier, GIRODET (Jean), Dictionnaire Bordas. Pièges et difficultés de la langue française, Paris, Bordas, NOYARET (Nathalie) et GARNIER (Françoise), La traduction littéraire guidée, du premier cycle aux concours, Paris, Éditions du Temps, Vocabulaire orthographique mots du français courant, Paris, Larousse, Traduction proposée Désormais, il n y a plus rien à faire et il ne nous reste plus qu à tirer sur les gardes civils d en face et sur les assauts de l oubli. La guerre s achève, cela fait déjà bien longtemps qu elle s est achevée et cette guerre sera suivie d une autre et peut-être d une autre encore et Sebas, où qu il se trouve, continuera à se demander si les guerres sont nécessaires et si elles sont vraiment si différentes les unes des autres. Dans la mémoire des hommes seules restent les guerres remportées par les vainqueurs, on oublie les autres parce que les victoires plongent dans l ombre l indignité de la défaite et, qu au bout du compte, il y aura toujours une falsification de la vérité écrite par les chroniqueurs de l oubli. Dans cette histoire-là, il ne restera aucun d entre nous et, où que nous parvenions, que ce soit aux portes de la mort ou ailleurs, nous emporterons avec nous l amère consternation du malheur. Parce que, si jamais nous pensions sauver la terre d une honte aussi grande que celle que nous ont apportée les fascistes, un jour finira bien par arriver où la liberté se
25 confondra avec le sens éthique de la coexistence pacifique et les squelettes des morts seront recouverts par l oubli. Je le comprends bien maintenant, encadré par les tirs précis des gardes, et j ai commencé à le comprendre quand, peu à peu, nous nous sommes retrouvés seuls sur la Colline aux Curés et que nous parvenaient des nouvelles au sujet de l abandon de la lutte parce qu il n y avait plus lieu de résister désespérément et qu il fallait lutter contre Franco dans les bureaux plus ou moins luxueux de l exil. Là-bas, il y a Nicasio : il tire et fait face aux terribles balles de nos ennemis. Et avec lui, avec Sebas et les autres mourra également une lignée de combattants qui n aura plus de relève à l avenir parce que la terre de l oubli recouvrira leur souvenir et leur mort sera une double mort, sous les balles et le silence. Mourir, c est rester endormi plus longtemps que d habitude et, quand on s en rend compte, tant de temps s est déjà écoulé que l on n a plus envie de se réveiller. C est pour cela que parfois on meurt les yeux ouverts, comme si on avait peur de dormir plus que de raison dans les méandres du sommeil. La balle a atteint ma jambe droite et je sens un filet de sang couler sur le velours déchiré de mon pantalon et je le sens pénétrer, visqueux, entre ma chaussette de laine et le cuir fatigué de mes bottes. J éprouve aussi la douleur et j ai la certitude que, d ici peu, la poudre se mêlera à mon sang et qu ensemble, ils adouciront la rupture obscène de ma volonté de continuer à vivre. 8. Traduction commentée 1. Ahora ya nada tiene remedio Maintenant / A présent, / Désormais, il n y a plus rien à faire / il n y a plus de solution / il n y a plus d issue / il n y a plus la moindre issue / tout est perdu / Plusieurs possibilités de traduction dans ce début de première phrase. Dans un objectif pédagogique, nous présentons dans chaque séquence différentes propositions séparées par des barres obliques ( / ). Il est évident que ce procédé n est pas acceptable dans une copie de concours, il n est donc pas à imiter. Il ne fallait pas omettre la traduction de «ya». Notons que la traduction de «remedio» par le mot «*remède» était fautive. 2. y sólo nos queda disparar contra los guardias de enfrente et il ne nous reste plus qu à tirer / faire feu / nous n avons plus qu à tirer / on n a plus qu à tirer / sur les gardes (civils) d en face / qui nous font face Pour la traduction de «y», le jury a accepté la possibilité d utiliser des signes de ponctuation comme «:» (deux points) ou «,» (virgule). «*Tirer contre» était un hispanisme. 3. y contra las embestidas del olvido. et sur les assauts / les attaques / les offensives / les charges de l oubli. 4. La guerra se acaba, se acabó ya hace mucho tiempo La guerre s achève (se termine), cela fait bien longtemps qu elle s est achevée (terminée) / elle s est achevée il y a bien longtemps déjà / elle est finie depuis bien longtemps déjà De nombreuses omissions de «ya» ; quant à la traduction de «hace ya mucho tiempo» par «*il y a déjà un bon moment», elle n a pas été acceptée en raison d un registre de langue inadapté. 5. y a esta guerra seguirá otra y a lo mejor otra
26 et une autre guerre succédera à cette guerre (à celle-ci) et certainement une autre encore / et cette guerre sera suivie d une autre et peut-être (sans doute) d une autre encore / et cette guerre sera suivie d une autre, et d une autre encore peut-être / et à cette guerre succédera peut-être une autre guerre. Faute la plus récurrente : «*à cette guerre s en suivra une autre». Le verbe s ensuivre s écrit en un seul mot. 6. y Sebas, allá donde se encuentre, et Sebas où qu il se trouve, / où qu il puisse se trouver / et Sebas, où qu il soit, La traduction de «encuentre» par un futur était erronée. Il était plus prudent de laisser les noms propres en espagnol, pour des raisons de principe d abord, mais aussi du fait que Nicaise très rare en français semblait bien désuet. Si «Sebas» avait été traduit par «Seb», il aurait fallu traduire tous les prénoms, ce qui n est pas souhaitable. 7. seguirá preguntándose si son necesarias las guerras se demandera encore (toujours) si les guerres sont nécessaires / continuera à s interroger sur la nécessité de la guerre / continuera à (continuera de) se demander si les guerres sont nécessaires Les candidats devaient traduire la notion de continuité de la tournure seguir + gérondif. 8. y si de verdad son unas y otras tan distintas. et si elles sont vraiment si différentes les unes des autres / et si véritablement elles sont si «de verdad» ne peut se traduire par «*en vérité». Il ne fallait pas omettre de traduire «tan», pas plus qu il ne fallait remplacer les indéfinis par des syntagmes contenant le mot «*guerre» comme cela a pu se pratiquer «*et s'il est vrai que toutes les guerres ne se ressemblent pas». 9. En la memoria de la gente sólo quedan las guerras ganadas por los vencedores, Dans la mémoire (le souvenir) des hommes (des gens) ne restent (demeurent) que les guerres remportées (gagnées) par les vainqueurs, / seules restent les guerres Ne pas oublier l adverbe de négation ne dans la locution restrictive : «il ne reste que». 10. las otras se olvidan porque las victorias oscurecen la indignidad de la derrota on oublie les autres parce que les victoires plongent dans l ombre (obscurcissent / masquent) l indignité de la défaite / les autres, on les oublie Dans la seconde possibilité de traduction, l oubli de la virgule constitue une rupture de construction. 11. y al final siempre habrá una suplantación de la verdad escrita por los cronistas del olvido. et qu à la fin (qu au bout du compte / qu en fin de compte) il y aura (il existera) toujours une falsification (une supplantation) de la vérité (une vérité falsifiée) écrite par les chroniqueurs de l oubli / ce sera la vérité écrite par les chroniqueurs de l oubli qui primera (qui l emportera / qui s imposera). 12. No quedaremos nadie en esa historia Dans cette histoire-là, il ne restera aucun de nous (d entre nous) / Nous ne laisserons aucune trace dans cette histoire / Aucun d entre nous ne laissera de trace / Nous serons exclus de cette histoire-là
27 Il fallait bien voir que «nadie» renvoyait à la 1 ère personne du pluriel de «quedaremos». 13. y donde quiera que consigamos llegar et où que nous réussissions à arriver, / parvenions / et où que nous allions, On remarquera ici la valeur prospective du subjonctif présent. Attention à utiliser la bonne préposition après le verbe «arriver» (dans la séquence suivante). 14. sea a la muerte o a cualquier otro sitio, que ce soit à la mort ou ailleurs, / quelque autre endroit (possible si la préposition est adaptée) / aux portes de la mort ou ailleurs / à la mort ou n importe où, 15. llevaremos con nosotros la amarga consternación de la desdicha. nous emporterons avec nous l amère consternation du malheur (infortune). Il fallait absolument faire la différence entre «emporter» et les autres verbes : «emmener», «*amener» et «*apporter». Les deux derniers ont été considérés comme des contresens. 16. Porque si alguna vez creíamos salvar la tierra Parce que, si un jour nous avons cru sauver la terre / si jamais nous pensions sauver la terre «*si un jour + imparfait» était incorrect, car il s agit d une idée de passé donc un fait ponctuel dans le passé. «*Une fois» a été compté comme faux sens ainsi que «*parfois». 17. de tanta vergüenza como la que nos trajeron los fascistas d une si grande honte celle-là même que nous ont apportée les fascistes / de toute cette honte que nous ont apportée les fascistes / d'une honte aussi grande que celle que nous apportèrent les fascistes, Le passé simple «nous apportèrent» a été admis, à condition que l imparfait ait été utilisé auparavant avec «jamais». Établir la différence entre «amener / apporter / emmener / emporter / mener / porter». Attention à l orthographe du mot «fasciste», ainsi qu à l accord du participe passé «nous ont apportée». 18. habrá de llegar un día un jour finira bien par arriver / un jour viendra / un autre jour viendra probablement Haber de ne marque pas l obligation mais la probabilité. 19. en que la libertad se confunda con el sentido ético de la convivencia pacífica où la liberté se confondra avec le sens éthique de la coexistence pacifique / la cohabitation pacifique En espagnol, la sémantique du mot sentido est différente de celle du mot sentimiento, il ne saurait donc être question de le transposer en français par «*sentiment». Quant à la traduction de «convivencia» par «*convivence», elle donne lieu à un parfait barbarisme, ce mot n existant pas dans la langue française. Le subjonctif «se confunda», tel qu il est employé dans une relative avec un sens hypothétique, doit se traduire en français par un futur
28 20. y se cubrirán de olvido los esqueletos de los muertos. et les squelettes des morts seront recouverts par l oubli / l oubli recouvrira les squelettes. Il ne fallait surtout pas imiter la structure espagnole en traduisant par «*se couvriront d oubli». 21. Lo veo aquí, cercado por los disparos certeros de los guardias, Je le comprends bien ici (maintenant), encadré (cerné, encerclé) par les tirs précis (ajustés) des gardes, / c est quelque chose que je comprends maintenant, alors que je suis cerné «Lo» ne renvoyait pas à Nicasio mais à la situation, la prise de conscience de l oubli dont les combattants seront victimes. Il ne s agit pas de «*voir» mais de «comprendre». 22. y lo empecé a ver cuando nos fuimos quedando solos en el Cerro de los Curas et j ai commencé à le comprendre quand peu à peu nous nous sommes retrouvés seuls sur la Colline aux Curés (la Colline des Curés ou le Cerro de los Curas) / et que j ai commencé à comprendre Ne pas oublier de traduire la forme «ir + gérondif» en rendant l idée de progression par «peu à peu» ou «progressivement». Traduire «empecé» par un passé simple ne convenait pas ici. Pour le nom propre de lieu, «el Cerro de los Curas», il fallait être cohérent : soit laisser en espagnol toute l expression, soit la traduire entièrement. Le jury n a donc pas accepté l expression partiellement traduite. 23. y nos llegaban noticias sobre el abandono de la lucha et que nous parvenaient (arrivaient) des nouvelles à propos (au sujet) de l abandon de la lutte Il ne convenait pas de changer le temps verbal : «*où nous sont parvenues». Le syntagme verbal «y nos llegaban» dépend de cuando, sa traduction française doit donc être précédé de que. 24. porque ya estaba fuera de lugar resistir a la desesperada parce que (car) ça n avait plus de sens d opposer une résistance désespérée (résister désespérément) / parce qu il n y avait plus lieu de / parce qu il était dorénavant (désormais) inopportun de résister à corps perdu Les traductions de «a la desesperada» par «*à la désespérée» et par «*désespération» ont été considérées respectivement comme un non-sens et comme un barbarisme. Ne pas omettre la traduction de «ya». 25. y había que luchar contra Franco en los despachos más o menos lujosos del exilio. et qu il fallait lutter contre Franco (combattre Franco) dans les bureaux plus ou moins luxueux de l exil. «había que» était une obligation impersonnelle. Si on avait traduit «porque» par «parce que» dans le segment 24, il fallait respecter ici la construction avec que. Aucun problème en revanche en cas de traduction de «porque» par «car». 26. Ahí está Nicasio, pegando tiros Là-bas il y a Nicasio : il tire (en train de tirer) / Là-bas il y a Nicasio qui tire / Il y a là Nicasio qui tire «*Voilà», «*voici» ont été sanctionnés comme faux sens
29 27. y no volviendo la cara a los terroríficos cartuchos de nuestros enemigos. faisant face aux terribles balles de nos ennemis / ne se détournant pas des terrifiantes balles / affrontant les balles / et qui fait face aux terrifiantes balles / et affronte les terribles balles ennemies. Le mot «*terrorifique» est un hispanisme. 28. Y con él y con Sebas y los otros Et (c est) avec lui, avec Sebas et les autres Il était important de ne pas oublier la répétition de «et». L omission de la préposition «avec» devant Sebas équivaut à une rupture de construction. 29. se morirá también una estirpe de luchadores (que) mourra / disparaîtra /, (s éteindra) également une lignée (race) de combattants Faire attention au niveau de la langue pour la traduction du mot «estirpe» : «*tripotée» ou «*foule» sont des contresens. Quant à «*mourrira», il relève purement et simplement du barbarisme verbal inexcusable. 30. que ya no tendrá continuidad en el futuro, qui n aura plus de relève à l avenir, / qui n aura plus de continuité dans le futur, «*dans l avenir» était une grosse maladresse de traduction. 31. porque se cubrirá su memoria con la tierra de la desmemoria parce que la terre de l oubli recouvrira leur mémoire / leur souvenir / parce que leur mémoire sera recouverte par la terre de l oubli Ne pas inventer des mots comme «*démémoire» ; «*se couvrira avec» était une maladresse de traduction. 32. y su muerte será una muerte doble a golpe de balas y silencio. et leur mort sera une double mort sous les balles et le silence / et leur mort sera une double mort à coups de feu et de silence / et ils mourront d une double mort / deux fois. L expression «*à coup de balles et de silence» était un non-sens, car on dit «un coup de fusil» ou «un coup de feu». 33. Morir es quedarte dormido más rato que de costumbre Mourir, c est rester endormi plus longtemps que d habitude «*plus de temps que d'habitude» pour traduire «más rato que de costumbre» ne convenait pas. L oubli de la virgule après «mourir» constitue une rupture de construction. En espagnol, l emploi du tutoiement pour renvoyer ici à quedarte est une structure qui renvoie à n importe qui, y compris le locuteur lui-même ; cette tournure est plus fréquente en espagnol qu en français où le tutoiement appartient plutôt à un registre de langue familier
30 34. y cuando te das cuenta ya ha pasado tanto tiempo que no te apetece despertarte et quand on s en rend compte, tant (tellement) de temps s est (déjà) écoulé que l on n a plus envie de se réveiller Il ne fallait pas oublier la traduction de «ya» ; «*autant de temps» était un contresens. L oubli de l adverbe de négation ne dans «*que l on a plus» a été sévèrement sanctionné. Il était également préférable d éviter l élision «qu on», car en général pour des raisons d euphonie on est remplacé par la forme l on après et, ou, où, que, à qui, à quoi, si. Ce détail n a toutefois pas été sanctionné. 35. Por eso algunas veces te mueres con los ojos abiertos, C est pour ça que quelquefois (parfois) on meurt les yeux ouverts, Attention! «quelques fois» écrit en deux mots est un contresens, voire un non-sens : qui peut mourir quelques fois? La préposition espagnole «con» si elle est obligatoire dans le complément d attitude «con los ojos abiertos» ne doit absolument pas être traduite en français par «*avec». Cette faute constitue un hispanisme très dommageable. 36. como si tuvieras miedo a dormir más de la cuenta por los caminos del sueño. comme si l on avait peur de dormir plus que de raison dans les méandres du sommeil (du rêve, des songes) / sur les chemins du sommeil (attention à la préposition). Ne pas changer la structure de la phrase : «*comme si dormir... te faisait peur» ; «plus qu il n en faut» est une erreur de syntaxe, «plus que ton compte» un hispanisme. 37. El tiro me ha dado en la pierna derecha La balle a atteint ma jambe droite / La balle m a touché (m a blessé) à la jambe droite Le mot «tire» n a pas été comptabilisé comme une faute d orthographe, mais bel et bien comme un barbarisme. D ailleurs, le mot «tir» n a pas été accepté, car il renvoie à l action de tirer et à la trajectoire de la balle et non pas à son point d impact. 38. y siento un reguero de sangre bajar por la pana rota del pantalón et je sens un filet de sang couler (qui coule) sur le velours déchiré de mon pantalon La traduction de «por» par la préposition «*par» est impropre en français dans ce cas précis, car cela signifierait à travers. 39. y cómo penetra viscosamente entre el calcetín de lana y la piel torturada de las botas de campaña. et (je sens) comme il pénètre (s insinue) visqueusement) / et je le sens pénétrer (qui pénètre), visqueux, / entre la (ma) chaussette de laine et le cuir fatigué (usé, vieilli, torturé) de mes bottes (godillots) Le mot «piel» signifie ici «cuir» et non pas «*peau» ce qui a conduit à de nombreux contresens ; «*et comment il pénètre» est un hispanisme. Dans le cas d une traduction de «viscosamente» par l adjectif, l absence de virgule devant «visqueux» constitue une rupture de construction. 40. También siento el dolor y la seguridad J éprouve (sens, ressens) aussi la douleur et j ai la certitude (l assurance)
31 Attention aux faux amis et à la polysémie de certains mots : «la seguridad» ne peut pas se traduire dans ce cas précis par «la sécurité». En français, il n est guère possible d utiliser le verbe ressentir pour les deux notions de douleur et de certitude, aussi est-il préférable d employer un verbe neutre, du type avoir, qui accepte certitude comme COD. Toutefois, on est en droit de penser que l expression «siento el dolor y la seguridad» constitue un zeugma grammatical ou attelage, à savoir une figure de rhétorique dans laquelle deux éléments qui ne sont pas sur le même plan sémantique «el dolor y la seguridad» (ou syntaxique) sont rattachés à un terme commun : «siento». 41. de que dentro de poco la pólvora se mezclará con la sangre que d ici peu (dans peu de temps, bientôt), la poudre se mêlera à mon sang (au sang) / se mélangera avec mon sang (avec le sang) / se mélangera au sang Traduire «pólvora» par «*poussière» est un contresens : il y a confusion avec le mot polvo. On pouvait dire «se mêler à» mais pas «*se mêler avec». 42. y endulzarán las dos el rompimiento obsceno de la voluntad de seguir viviendo. et qu'ainsi la rupture obscène de la volonté de continuer à vivre en sera rendue plus douce / pour adoucir ensemble mon refus obscène de continuer à vivre / et les deux rendront plus douce la perte obscène du désir de continuer à vivre / et qu ensemble, ils / et ensemble, ils / et à eux deux, ils adouciront l obscène (l indécente) rupture de ma volonté de continuer à vivre. La cohérence syntaxique est à respecter : «*et les deux, elles» constitue donc une faute de syntaxe, puisque parmi les deux noms communs sujets, repris par le pronom personnel de la troisième personne du pluriel, se trouve le mot sang qui est masculin en français et reste donc grammaticalement prééminent pour décider du genre du pronom à employer dans la reprise ; «adoucieront» est un barbarisme verbal. Puissent ces quelques conseils être utiles aux candidats qui se présenteront aux prochaines sessions. Nous rappelons que les principales clés de la réussite pour cette épreuve de traductionversion se trouvent dans la pratique d un entraînement régulier à partir de textes contemporains, alliée à l exercice de deux qualités fondamentales : la persévérance et le bon sens. *****
32 RAPPORT SUR L ÉPREUVE EN LANGUE ÉTRANGÈRE De prime abord, l épreuve en langue étrangère peut sembler redoutable car il n y a pas de programme spécifique ; cependant, une bonne connaissance des attentes du jury et une solide méthode aideront les candidats à l affronter plus sereinement. Il leur est fortement recommandé de consulter le rapport très complet sur le concours 2006 rédigé par Madame le Professeur Christine CHAZE, rapport qui a servi de canevas pour exposer ces quelques conseils. I. MODALITÉS DE L ÉPREUVE Le BOEN n 10 du 04/03/2004 précise les modalités qui ont pris effet à compter de la session de 2005 : «Un dictionnaire unilingue espagnol est mis à la disposition des candidats lors de la préparation des épreuves d admission. Les documents proposés par le jury sont au nombre de trois au maximum, de natures diverses : textes littéraires, documents de civilisation, œuvres iconographiques, choisis pour leur valeur représentative des traits les plus saillants de l histoire et de la culture des peuples de langue espagnole. Tout autre document constituant une source d information peut également être proposé. Après avoir présenté l ensemble des documents qui lui sont remis, le candidat procède à l étude de celui qui est désigné dans les consignes. Il conduit cette étude en explicitant les liens que ce document entretient avec l autre ou les autres documents. Les méthodes de présentation et d analyse sont laissées au choix du candidat. L épreuve comporte une explication en français de faits de langue repérés par le jury dans l un des textes. L entretien en espagnol prend appui sur l ensemble de l exposé». La préparation de l épreuve en langue étrangère est de 3 heures et elle inclut la réflexion sur les faits de langue (voir p. 38 le rapport spécifique concernant cette partie de l exposé). La durée totale de l épreuve est d une heure : l analyse du document (25 minutes) est suivie d un entretien en espagnol avec le jury (25 minutes maximum). La présentation des faits de langue en français, suivie d un entretien en français, ne peut excéder 10 minutes. II. DOCUMENTS PROPOSÉS EN 2007 (voir Annexes) Sujet n 1 : ELE AZO/07 Documento A : AZORÍN ( ), Castilla. La ruta de Don Quijote [1905], Madrid, EDAF, 1984, pp Documento B : Ramón F. LLORENS, «Aproximación al Azorín viajero», en Ramón F. Llorens y Jesús Pérez Magallón (eds.), Luz vital: estudios de cultura hispánica, Sujet n 2 : ELE CAR/07 Documento A : Palabras de Su Majestad el Rey con motivo de los atentados terroristas perpetrados en Madrid (Palacio de la Zarzuela. Madrid, 11/03/2004), en Documento B : Palabras de Su Majestad el Rey al pueblo español (Madrid, noche del 23 al 24 de febrero de 1981). Documento C : Palabras de Su Majestad el Rey a los líderes políticos (Madrid, 24 de febrero de 1981), en Sujet n 3 : ELE VAL/07 Documento A : Ramón María del VALLE-INCLÁN, Farsa Infantil de la Cabeza del Dragón, 1909 (Primera publicación : 1914 en Tablado de marionetas para educación de príncipes)
33 Documento B : Fragmento de Historia del Teatro Español Siglo XX, Francisco RUIZ RAMÓN, Madrid, Cátedra, Sujet n 4 : ELE SOR/07 Documento A : Joaquín SOROLLA y BASTIDA ( ), Cosiendo la vela, x 302 cm Museo d Arte Moderna Ca'Pesaro, Venecia. Documento B : Fragmento de Javier TUSELL, «El regeneracionismo y las artes plásticas», en Cette liste pourtant réduite illustre parfaitement la volonté de proposer des supports variés pour l explication du Document A, qu il s agisse de littérature (texte en prose d Azorín, extrait théâtral du début du XX e siècle), de sources historiques (plusieurs discours politiques du roi Juan Carlos) ou de peinture (tableau de Joaquín Sorolla). Ce choix ne détermine en rien la nature des prochaines épreuves et l explication pourra dans le futur tout aussi bien porter sur des textes poétiques (époques classique ou contemporaine), des photos, des textes législatifs, des articles de journaux, des affiches de propagande, y compris des documents audio-visuels dès la session 2008 (cf. Introduction de nouvelles dispositions, p. 61 de ce rapport). De toute façon, un solide bagage culturel est toujours apprécié par le jury et la connaissance de l actualité (en particulier du monde hispanique) est bien la moindre des choses que l on puisse exiger d un professeur d espagnol. III. DÉROULEMENT DE L ÉPREUVE Pour le concours 2007, les documents étaient présentés accompagnés des formules suivantes, qui ne sont pas immuables mais s inspirent fidèlement des consignes données dans le texte officiel cité plus haut : 1) Analice el documento A, estableciendo las relaciones convenientes con el documento B (o los documentos B y C). 2) Inserte en su presentación la lectura de las líneas [ ] del documento [ ]. Comme l indique le B. O., le candidat est libre de choisir la démarche qui lui semble la plus appropriée : explication linéaire ou commentaire composé. Il doit pourtant respecter plusieurs étapes incontournables afin de structurer son exposé : Présentation et caractérisation des documents Annonce du ou des axes de lecture choisis pour le commentaire et proposition d une structure (discerner les mouvements ou articulations du texte) Analyse portant essentiellement sur le document principal Conclusion Lecture à voix haute du passage proposé. 1. Présentation et caractérisation des documents La présentation ne doit pas se limiter à la lecture du paratexte (ensemble des discours de commentaire, de présentation ou d'accompagnement tenus sur une œuvre, soit par son auteur, soit par son éditeur) ; celui-ci doit être exploité pour contextualiser le document, à condition que cela éclaire l analyse. Ainsi, les circonstances historiques des trois interventions de Juan Carlos (nuit du 23 février 1981, attentats terroristes du 11 mars 2004) de même que les différents destinataires (peuple espagnol, responsables politiques) étaient des éléments indispensables pour déterminer les enjeux politiques, la tonalité et les mobiles des discours. À propos d événements historiques, des éléments essentiels du paratexte, tels que les dates, permettent de relever la concordance ou non entre les faits et le moment où ils sont exposés ou analysés : présentation «à chaud» de l événement versus vision rétrospective qui induit un certain recul et une certaine distance. Pour les textes littéraires, la date de la première parution est utile pour déterminer le contexte politique, social et culturel de la création,
34 mais il est déconseillé de faire un exposé long et savant sur tel ou tel mouvement littéraire ou pictural, et il faut se méfier des étiquettes, souvent réductrices. La caractérisation des documents est également un passage obligé : elle consiste à définir le genre (poème, extrait d un article de presse, critique littéraire, discours politique, etc.), l écriture (prose, vers, description, narration, dialogue, apostrophe, etc.), le style et la tonalité (poétique, langue familière, ironie, polémique). En ce qui concerne les tableaux, l inscription dans un mouvement artistique et la technique du peintre (représentation figurative ou abstraite, œuvre cubiste, expressionniste, etc.) sont un préambule indispensable à l explication. Ainsi, pour commenter le tableau de Joaquín Sorolla, il était pertinent de l associer dès le début au mouvement «luministe» ou du moins «impressionniste». Cette présentation sera brève et concernera l ensemble du sujet ; elle aura également pour rôle de dégager les rapports que les documents entretiennent entre eux : ressemblances, complémentarité, différences, redondance, opposition, contradiction, etc. En outre, il ne faut pas oublier que si les sources annexes sont destinées à orienter le commentaire du document principal, il serait réducteur d analyser uniquement celui-ci à la lumière des autres et certains a priori donnent parfois lieu à des contresens partiels ou complets. Ainsi, les propos du critique Ruiz Ramón pouvaient aider à mettre en relation l écriture de la pièce de Valle-Inclán avec la technique «pre-esperpéntica» et sa charge critique, mais il était indispensable de ne pas s en tenir qu à ce seul aspect pour exploiter aussi tous les recours à l intertextualité (références au Don Quichotte, aux contes pour enfants, comme le suggéraient certaines références onomastiques). 2. Annonce des axes du commentaire Trop de candidats négligent de présenter clairement leur projet de lecture, ce qui les mène ensuite à «descendre le texte» dans une démarche plus ou moins paraphrastique. Présenter l axe (ou les axes) du commentaire revient plus ou moins à s intéresser à l écriture (le comment?), aux motivations de son auteur (le pourquoi causal?) et à son impact sur le lecteur (le pourquoi final?). Ces axes (ou cet axe) ne peuvent être dégagés qu après une série de lectures attentives destinées à bien comprendre la lettre du texte avant de procéder à une série de repérages (qui parle? de quoi?, etc.) Il faut également penser à présenter la structure du texte (non seulement ses articulations mais aussi ses caractéristiques essentielles) en accord et cohérence avec le projet exposé. La mise en page (paragraphes, strophes), les connecteurs syntaxiques (en particulier ceux qui marquent une rupture), les changements de temps et de personne, sont des éléments non négligeables qui peuvent aider le lecteur d un document à en déterminer la structure. Si toutefois le lecteur a du mal «à articuler les différents mouvements» du texte (ou du tableau), en particulier lorsqu il s agit d un document de civilisation, qu il pense à faire un commentaire composé en privilégiant une étude thématique, ce qui lui évitera ensuite de céder à la tentation de la paraphrase. S il s agit de décrire et d interpréter un tableau, les rapports explicites ou implicites avec le titre de l œuvre peuvent fournir une piste (titre dénotatif ou connotatif). Il est aussi fortement conseillé d annoncer les différentes étapes du commentaire et de dégager la construction de l œuvre (lignes de force, point de fuite, etc.). 3. Analyse Au cours de l analyse, le candidat n oubliera pas d établir des relations avec les documents annexes sans se livrer cependant à d incessants va-et-vient qui risquent d enlever toute cohérence à son explication. Il n omettra pas non plus d énoncer clairement les axes proposés et de bien dégager la spécificité des documents
35 L analyse de l extrait de la pièce de Valle-Inclán devait par exemple mettre en relief les caractères propres au théâtre, destiné avant tout à être vu, entendu, représenté : rôle des didascalies (entrées ou sorties des personnages) et longueur des répliques qui rythment le plus souvent la scène, rôle narratif de certaines tirades, comique de situation, de parole, etc. Il faut absolument éviter de donner dans le «psychologisme» et se rappeler que les différents protagonistes d une intrigue théâtrale ne peuvent se définir qu en fonction de leur discours et de celui que les autres personnages tiennent sur eux. Dans le texte d Azorín, la qualité de la prose poétique pouvait être mise en relief grâce au repérage de très nombreux adjectifs et de termes souvent recherchés, voire peu usités. Les énumérations de substantifs, le rythme et la longueur des phrases étaient également une bonne piste pour analyser l écriture, imprégnée de références classiques : La Celestina par exemple. Le relevé des procédés rhétoriques dans le discours du roi don Juan Carlos (répétitions, anaphores, etc.) était une piste pour commenter l émotion du souverain, sa proximité avec le peuple (tutoiement collectif, emplois successifs du «yo», de «nosotros»). L analyse des déclarations du souverain permettait aussi de dégager le caractère mesuré de ses propos, sa grande prudence et son refus de déclarer sans preuves tangibles la culpabilité de l organisation terroriste ETA. Enfin, le commentaire du tableau de Sorolla, scène de genre avant tout narrative pouvait s organiser autour de la grande voile déployée, axe central de la composition qui guidait le regard du spectateur vers l extérieur, et caractérisait parfaitement la volonté de capter la lumière, propre à l esthétique de l artiste valencien. Le caractère pittoresque et gai de cette scène associait étroitement Joaquín Sorolla à la représentation de «la España blanca» abondamment critiquée par Miguel de Unamuno. En outre, la référence à la date du tableau (1896) et au texte annexe de Javier Tusell conduisait à une mise en perspective enrichissante avec le pessimisme de certains écrivains contemporains, avant tout préoccupés par la décadence de l Espagne. Une dernière remarque s impose à propos de la gestion de la durée de l exposé vingt-cinq minutes, quelles que soient la longueur et la complexité du sujet. Il appartient donc au candidat d adapter sa démarche au document proposé : l explication d un sonnet est toujours plus approfondie que celle d un long texte en prose pour lequel il est préférable d adopter une démarche synthétique. 4. Conclusion Elle doit reprendre, de façon synthétique et brève, les points importants de l analyse dégagés auparavant. Il est conseillé de proposer une ouverture ou un élément nouveau pour enrichir son explication. Ainsi, après le commentaire du discours de Juan Carlos, il était souhaitable par exemple de rappeler brièvement l identité des auteurs de l attentat du 11 mars 2004 et les conséquences politiques, quasiment immédiates, de la «manipulation» médiatique opérée par le Partido Popular, mis en échec aux élections législatives. Il était enrichissant de replacer le tableau de Sorolla dans l ensemble de son œuvre et d opposer cette vision optimiste à celle de ses premières toiles telles que Y aún dicen que el pescado es caro, Otra Margarita. Le rappel des œuvres sombres et souvent tourmentées de Darío de Regoyos ou d Ignacio Zuloaga, peintres de «l Espagne noire» permettait également de justifier l admiration de Miguel de Unamuno pour son compatriote basque, représentant de la Castille authentique. Ce ne sont que quelques rapides suggestions, mais toute tentative pour mettre en perspective le document est bienvenue, pourvu qu elle ne donne pas lieu à de longs développements savants et prétentieux. Le candidat n oubliera pas qu il lui faut avant tout être cohérent, bien cerner les dimensions spécifiques du document proposé (littéraires, artistiques, historiques, culturelles ou autres), bien cibler un axe de lecture pertinent par rapport à une esthétique de production (ou une motivation autre, dans le cas d un document de civilisation) et à une esthétique de réception (ou tout autre impact sur le destinataire, si le document n a pas de perspective artistique)
36 5. Lecture à voix haute La lecture est un passage obligé et le candidat a toute latitude pour la placer où il le désire lors de son exposé, mais elle ne peut intervenir lorsque le temps imparti est achevé. Elle n est pas anodine et compte pour la note finale : il ne s agit pas seulement d un exercice visant à vérifier la prononciation, l intonation, le rythme ; elle doit mettre en lumière la compréhension et l interprétation du texte proposé. S il s agit de la lecture d un poème, il est nécessaire de penser à rendre les particularités métriques et poétiques : synalèphes, enjambements, etc. IV. ENTRETIEN Ainsi que le stipule le B. O, l entretien est d une durée maximum de 25 minutes, mais cela est rarement le cas. De toute façon, aucune conclusion n est à tirer à propos de sa longueur ou de sa brièveté, car ce ne sont pas des éléments très significatifs. Lors de l entretien, le candidat restera disponible à tout instant et saura garder sa lucidité et son sang-froid : qu il ne prenne surtout pas les questions du jury pour des pièges. Les questions que posent les différents membres des commissions d interrogation sont destinées à guider le candidat, à l aider soit à corriger une erreur, soit à compléter une appréciation, soit à nuancer certains propos, soit à approfondir un point trop rapidement survolé, soit à combler un manque. Le candidat n hésitera pas à avouer une ignorance sur tel ou tel point à condition que cela ne soit pas systématique!, car rien n est plus détestable que la malhonnêteté intellectuelle ou l intention de biaiser pour masquer des insuffisances. Les membres du jury ne sont jamais dupes devant de telles manœuvres. L entretien est essentiel pour juger de la disponibilité, de la réactivité d un futur enseignant, ce sont là des qualités précieuses devant une classe. C est aussi un moment privilégié pour juger «en situation» de la correction, de l authenticité, de la richesse et de la fluidité de son espagnol. Au cours de cette épreuve, il faudra donc soigner sa prononciation, veiller au débit et à l audibilité de ses propos. De même, le candidat pensera à utiliser un vocabulaire riche, précis, varié, mais sans adopter pour autant un ton pédant. Qu il n oublie pas qu il doit convaincre son auditoire et que la meilleure façon de le faire est d être soi-même convaincu. En outre, au cours de l entretien, il faut éviter tout relâchement dans l expression, car le jury sanctionne une langue trop familière ou surtout incorrecte. V. DERNIERS CONSEILS PRATIQUES Penser tout d abord à utiliser les dictionnaires unilingues mis à disposition pendant les trois heures de préparation. Chaque année, des candidats font des contresens sur les textes parce qu ils n ont pas pris la peine de vérifier ni même de chercher le sens de certains termes clés. Lors de la préparation, user modérément des fluos et ne surligner les termes et passages importants qu après avoir bien lu ou bien vu et compris le document (texte ou tableau) proposé à l analyse. Ne pas rédiger complètement son explication. Malgré la recommandation sans cesse répétée de ne pas lire les notes, chaque année des candidats encore trop nombreux regardent à peine le jury, ce qui laisse mal présager de leur attitude face à une classe En revanche, il est compréhensible de jeter des coups d œil plus appuyés au moment de l introduction et de la conclusion. Ne pas paniquer si on découvre un texte ou un document dont on ne connaît pas l auteur. Une bonne méthode de repérage et l utilisation pertinente d un vocabulaire précis aideront à dégager le message et à analyser l écriture du texte. À l inverse, dans le cas de l analyse d un fragment d une œuvre ou d un auteur que l on connaît bien, il ne faut pas céder à la tentation d appliquer toutes ses connaissances au texte proposé
37 Fuir tous les a priori et se laisser guider par ce qui est écrit et non pas par des connaissances préalables. Il est dangereux et erroné de coller l étiquette naturaliste à tous les textes d Emilia Pardo Bazán ; de la même façon, il convient de rester circonspect lorsque l on évoque «l ironie galdosienne». Le caractère hors programme de cette épreuve ne peut qu avantager les candidats possédant une solide culture et une grande curiosité intellectuelle : il est donc fortement recommandé de lire régulièrement, de se tenir informé de l actualité (Espagne, Amérique latine, en priorité mais non exclusivement), de fréquenter les musées, les expositions, etc. Pour éviter les nombreux déplacements d accent et une intonation souvent peu authentique, il est indispensable de s entraîner à parler à voix haute et avec des interlocuteurs natifs. Quant aux candidats hispanophones, ils doivent éviter d adopter un débit trop rapide qui s accompagne souvent d une prononciation relâchée. Il ne s agit pas d une conversation avec le jury (ce qui pourrait assez bien se comprendre lors de l entretien final) mais d un exposé qui doit permettre à l auditoire de prendre des notes. VI. BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE Les candidats sont invités à consulter les ouvrages conseillés par Madame CHAZE dans le rapport de On se contentera d indiquer ici quelques titres supplémentaires qui pourront également être utiles pour aborder l épreuve sur dossier : Ouvrages généraux DUPRIEZ (Bernard), Gradus, Les procédés littéraires, Paris, 10/18, Un classique sous forme de dictionnaire alphabétique qui donne une définition claire des procédés littéraires. TERRASA (Jacques), L analyse du texte et de l image en espagnol, Paris, Nathan Université, Cet ouvrage, déjà recommandé l an dernier, est très précieux car il comporte une partie en espagnol et une partie en français. Commentaire de documents iconographiques BESSIERE (Bernard et Christiane), La peinture espagnole, Paris, Editions du Temps, Ce livre donne une idée assez complète de la peinture espagnole sur une longue période. Une brève introduction, qui donne de précieux conseils méthodologiques, précède de nombreux commentaires de reproductions de tableaux. JOLY (Martine), Introduction à l analyse de l image, Collection 128, Paris, Nathan Université, Cet ouvrage permet d aborder la photographie qui est de plus en plus présente dans les épreuves orales. Poésie QUILIS (Antonio), Métrica española, Madrid, Ariel, 1985 (ouvrage classique qui présente l avantage d être rédigé en espagnol). ZIMMERMANN (Marie-Claire), Poésie espagnole moderne et contemporaine, Paris, Dunod, Une présentation générale précède une anthologie où divers poèmes sont expliqués. Théâtre PAVIS (Patrice), Dictionnaire du Théâtre, Paris, Armand Colin, RYNGAERT (Jean-Pierre), Introduction à l analyse du Théâtre, Paris, Bordas, *****
38 RAPPORT SUR L ÉPREUVE ORALE EXPLICATION DE FAITS DE LANGUE (FDL) 1. Remarques d ordre général L explication de «Faits de langue», dont la durée totale n excède jamais dix minutes, est intégrée à l Épreuve en Langue Étrangère et a lieu à la toute fin de l épreuve d ELE, après l exposé en espagnol et l entretien avec le jury. Le candidat est invité à prendre la parole en français pour un bref exposé (cinq minutes minimum) au-delà duquel le jury disposera des minutes restantes pour l entretien. Cette épreuve a pour objectif d évaluer les capacités du candidat à proposer une explication grammaticale raisonnée à partir d un ou plusieurs segments de discours que le jury aura soumis à sa réflexion. Ainsi, sont proposées aux candidats une à trois questions (deux questions ont été systématiquement posées cette année) à partir d un ou plusieurs segments soulignés à décrire et à commenter. Lorsque l analyse peut être effectuée sous différents aspects (graphique, morphologique, syntaxique, sémantique, pragmatique ), la question pourra préciser le niveau d analyse attendu. Dans cette épreuve traditionnellement nommée «faits de langue», le jury attend en réalité du candidat qu il s attache à rendre compte des quelques fragments de discours qui lui sont proposés (des «faits de discours» en somme) dans la mesure où ils sont le reflet d un certain nombre de permissivités du système que constitue la langue espagnole. Le candidat doit donc se préparer tout au long de l année non seulement à la fréquentation assidue des grammaires normatives mais aussi à la pratique de la réflexion linguistique. Ainsi, il est attendu du candidat qu il soit capable de décrire le ou les fragments de discours qui lui sont proposés, qu il puisse faire référence à la norme péninsulaire et signaler d éventuels écarts par rapport à celle-ci, et enfin qu il montre un recul par rapport à sa pratique en sachant rendre compte du système dans lequel s inscrivent les éléments portés à sa réflexion et comment ce système permet les emplois discursifs qui lui sont proposés. Le jury tient néanmoins à rappeler qu il ne s agit pas d une épreuve de linguistique comme à l agrégation externe. De ce fait, la terminologie linguistique n est pas exigée même si elle est évidemment acceptée (l essentiel étant d utiliser une terminologie cohérente). L analyse demandée sera toujours de type synchronique (aucune considération de nature à expliquer l évolution d une forme ne sera demandée) mais une étude synchronique d un état de langue ancien peut faire l objet d une question. Il est remarquable que si certains candidats sont arrivés assez démunis à cette épreuve (mauvaise maîtrise de la grammaire normative, imprécision dans la terminologie, méconnaissance totale du métalangage parfois élémentaire, nécessaire à la description linguistique), d autres ont néanmoins fait montre d une bonne maîtrise de l épreuve et, pour certains, les points accumulés en «faits de langue» ont sensiblement amélioré leur note globale de l Épreuve en Langue Étrangère. En effet, certains candidats, déroutés par la nature du document à expliquer, trouvent matière à récupérer des points dans cette partie d épreuve. Réussir l épreuve de l explication de «faits de langue» implique donc une bonne maîtrise de la grammaire normative et descriptive. Nous renvoyons aux grammaires et ouvrages linguistiques dont la liste indicative et non exhaustive est la suivante : ALARCOS LLORACH (E.), Gramática de la lengua española, Madrid, Espasa Calpe, ALCINA FRANCH (J.), BLECUA (J. M.), Gramática española, Barcelona, Ariel, BEDEL (J. M.), Grammaire de l espagnol moderne, Paris, PUF, BENABEN (M.), Manuel de linguistique espagnole, Paris, Ophrys, BOUZET (J.), Grammaire espagnole, Paris, Belin, COSTE (J.), REDONDO (A.), Syntaxe de l espagnol moderne, Paris, Sedes,
39 DARBORD (B.), POTTIER (B.), CHARAUDEAU (P.), Grammaire explicative de l espagnol, Paris, Nathan Université, DEMONTE BARRETO (V.), BOSQUE (I.), Gramática descriptiva de la lengua española, Madrid, RAE-Espasa Calpe, 3 vol., FRETEL (H.), ODDO-BONNET (A.), OURY (S.), L épreuve de faits de langue à l oral du CAPES d Espagnol, Paris, Sedes, GERBOIN (P.), LEROY (C), Grammaire d usage de l espagnol contemporain, Paris, Hachette, GILI GAYA (S.), Curso superior de sintaxis española, Barcelona, Vox, KANY (C. E.), Sintaxis hispanoamericana, Madrid, Gredos, LAPESA (R.), Historia de la lengua española, Madrid, Gredos, LIPSKI (J.), Español de América, Madrid, Cátedra, RAE, Esbozo de una nueva gramática de la lengua española, Madrid, Espasa Calpe, En ce qui concerne les points abordés, tout peut donner matière à question : la phonétique, l orthographe, la morphosyntaxe et la sémantique. Quelle que soit la variété d espagnol en présence (espagnol d Espagne, d Amérique, espagnol contemporain ou état de langue plus ancien), le candidat doit être capable de signaler les écarts de l usage par rapport à la norme péninsulaire actuelle : vulgarismes, archaïsmes, diatopismes (américanismes, régionalismes) phonétiques, orthographiques (pa qué, uzté, ha terminao), morphosyntaxiques (la dije, hablóle, vos cantás), sémantiques (plata/dinero, etc.). 2. Les étapes de l épreuve Dans un premier temps, le candidat doit s attacher à bien lire l énoncé proposé. Les segments soulignés peuvent varier du simple mot à une phrase entière ; il faudra donc traiter tout le sujet et ne traiter que celui-ci. Par exemple, dans l épreuve de «faits de langue» du 17/06/07 (ELE CAR/07), on demandait aux candidats de caractériser les propositions soulignées, puis de justifier leur mode verbal : «con todos aquellos que sufren las consecuencias» (l. 10), «todas las penas que los tribunales les impongan» (l. 17). Il était tout à fait inutile dans cette optique de détailler l analyse logique de la proposition en précisant, par exemple, que «las consecuencias» était le complément d objet direct du verbe «sufrir» dans la première ou que «los tribunales» était le sujet de «imponer» dans la seconde et «les» le complément d attribution. Après la bonne lecture de l énoncé, vient la phase d identification des éléments soulignés. On attend dans cette partie de l épreuve le rappel de la nature et de la fonction des éléments à analyser (une analyse logique). Il est inconcevable que des candidats au CAPES, qui souhaitent enseigner dès le mois de septembre, confondent encore les différents types de propositions et analysent, dans les énoncés proposés ci-dessus, «que sufren las consecuencias» non pas comme une relative (c'est-àdire un substitut fonctionnel d adjectif) mais comme une complétive (substitut fonctionnel d un substantif) ou une circonstancielle (substitut fonctionnel d un adverbe). Il est étonnant que des candidats voulant enseigner la langue espagnole ignorent les différences entre relatives déterminatives et appositives et soient incapables de voir qu il s agissait ici de deux relatives déterminatives. Dans un second temps, le candidat est invité à rappeler le système dans lequel s inscrit le problème posé par le ou les énoncés proposés. Dans le cas qui nous occupe, par exemple, le problème de l alternance modale dans les propositions adjectives (relatives). On attendait donc du candidat qu il rappelle que l opposition entre l indicatif («sufren») et le subjonctif («impongan») dépend du seul point de vue du locuteur, c est-à-dire du degré de réalisation que celui-ci veut bien accorder à l antécédent de la relative (respectivement «todos aquellos» et «todas las penas»). Si l antécédent est conçu par le locuteur comme réellement existant à l instant de prise de parole, alors
40 la relative est à l indicatif, si l existence de l antécédent est seulement considérée comme hypothétique, alors la relative est au subjonctif. Enfin, il est attendu du candidat qu il contextualise sa réflexion, c est-à-dire qu il montre comment le système de langue qu il a décrit permet de rendre compte des cas de discours soumis à la sagacité de son analyse. Ainsi, il devra rappeler les valeurs en contexte de l emploi de l indicatif et du subjonctif et signaler les effets de sens produits. Il devait donc faire remarquer, dans le cas précis des relatives, que dans une première expression, «siempre estaremos [ ] con todos aquellos que sufren las consecuencias de una locura macabra», le Roi Juan Carlos employait l indicatif présent qui permet de poser l existence d Espagnols souffrant dans leur chair les conséquences des attentats de En revanche, dans «para que tan viles y cobardes asesinos cumplan en prisión todas las penas que los tribunales les impongan», l antécédent par sa seule projection dans le futur (puisque la relative dépend indirectement de la subordonnée circonstancielle finale irréalisante «para que cumplan las penas») revêt un caractère hypothétique ; son existence est irréalisée car elle est projetée dans l ultériorité de l instant d énonciation, ce qui favorise l emploi du subjonctif. Le jury insiste sur le fait que faire de la grammaire n a d intérêt que si cela permet de comprendre comment les mécanismes linguistiques permettent de produire telle ou telle signification. Une analyse de grammaire normative n a de sens que si elle sert d appui à une véritable réflexion sur les mécanismes qui la sous-tendent. Et c est cette réflexion qui est évaluée par le jury. Nous reproduisons ci-dessous l énoncé entier (I) d un sujet proposé au Troisième Concours du Capes 2007 (ELE SOR/07) issu d un texte accompagnant un tableau de Sorolla : Cosiendo la vela, et proposons à la suite (II) l explication des «faits de langue». I. Énoncé du sujet Vous procéderez à une analyse des faits de langue soulignés dans le document A, en fonction des instructions suivantes : 1) identifiez les éléments de l énoncé «es conquistado por el paisaje» (l. 2) et commentez la construction verbale, d une manière générale puis en contexte ; 2) identifiez la forme suivante «Recuérdese» (l. 8) et commentez ses particularités morphologiques, syntaxiques et sémantiques. Documento A Incluso se puede añadir que Sorolla, que no es un pintor que se pueda relacionar fácilmente con el 98, también es conquistado por el paisaje español. Es decir, a partir de comienzos de siglo hace campañas de paisaje por las tierras de España; se cartea a lo largo de esas campañas con Cossío y con Giner. Por eso nos ha parecido oportuno traer aquí algunos paisajes de Sorolla, a pesar de que Sorolla es, en lo estético, el adversario, por ejemplo, de Unamuno. Unamuno considera que el pintor que expresa mejor la raza es Zuloaga o si acaso Regoyos, no desde luego Sorolla. En toda la literatura finisecular hay como una especie de repudio de la sensualidad valenciana de Sorolla. Recuérdese por ejemplo aquel verso de Machado que habla de «los clamores de mercaderes de Levante», es una metáfora para repudiar el sorollismo como algo demasiado voluptuoso, demasiado sensual, alejado de la voluntad espiritualista de los escritores finiseculares y demasiado interesado en las ventas. A Unamuno, prácticamente, le parecía lúbrico Sorolla de puro voluptuoso. Javier TUSELL, «El regeneracionismo y las artes plásticas», en
41 II. Explication des «faits de langue» 1) «es conquistado por el paisaje» Identification Il s agit d un énoncé à la voix passive. Cette voix passive se construit dans cette séquence avec l auxiliaire ser suivi du participe passé du verbe conquistar, qui s accorde en genre et en nombre avec son sujet (le patient de l opération de conquistar). Le complément d agent est introduit par la préposition por. Rappel du système En espagnol, les deux verbes d état ser et estar permettent la construction de la voix passive. Le choix entre ces deux formes est fonction de la vision que le locuteur veut donner de l action. Lorsque la vision de l événement est dynamique, que le locuteur se focalise sur son déroulement (son effection), elle se construit avec ser : c est le passif opératif. En revanche, lorsque le locuteur considère l événement achevé, lorsqu il constate le résultat d une action antérieure affectant le patient, c est le verbe estar qui est employé, et le passif est dit résultatif. Sur le plan syntaxique, la voix passive opérative a une structure bi-actancielle (elle fait apparaître un agent et un patient, présent ou implicite). Le patient est le sujet logique et grammatical de la phrase et l agent apparaît dans un complément du verbe introduit par la préposition por et nommé complément d agent. En ce qui concerne la voix passive résultative, elle se construit en l absence d un complément d agent dans le cas des verbes lexicalement perfectifs (ex : la ventana está abierta, dans ce cas, l agent n est ni conçu ni déclaré) et peut se construire avec un complément d agent lorsque le verbe déclare une opération imperfective. Dans ce cas, on déclare conjointement l opération et son résultat reconductible d instant en instant à l infini, maintenant ainsi l agent dans toute son opérativité (ex : el territorio está ocupado por el enemigo). Contextualisation La structure bi-actancielle construite avec ser offre une vision dynamique de l action, avec la présence d un agent (el paisaje) qui se pose comme véritable actant dans la structure (la forme active aurait pu apparaître dans ce contexte > el paisaje conquistó a Sorolla). Le complément d agent est introduit par por, ce qui souligne son dynamisme dans la séquence malgré son caractère inanimé. Enfin le sémantisme du verbe conquistar, (DRAE : lograr el amor de alguien, cautivar su ánimo), verbe d action, tend à renforcer l impression d une interaction entre le paysage et le peintre. Le haut degré d activité qu il présuppose peut être relié à un effet de personnification. L association de ces deux éléments, vision dynamique et verbe d action, matérialise en quelque sorte ce paysage qui, d emblée, est posé comme acteur à part entière, face au peintre subjugué qui subit cette conquête. 2) «Recuérdese» Identification Il s agit du verbe recordar (verbe du premier groupe), conjugué à la troisième personne du singulier du subjonctif présent car nous avons affaire à une exhortation, avec enclise du pronom personnel de troisième rang se. Ce syntagme constitue ici une construction impersonnelle (que les grammaires appellent «passive réfléchie» ou «phrase pronominale de sens passif»). Rappel de la norme L analyse du syntagme «Recuérdese» appelait plusieurs commentaires. D un point de vue morphologique tout d abord, recordar est un verbe dont la particularité est que la voyelle du radical diphtongue lorsqu elle est tonique. Cela concerne les trois premières personnes du singulier et la
42 troisième personne du pluriel du présent de l indicatif, du subjonctif et certaines formes d impératif. Sur le plan syntaxique, le pronom se est en enclise (postposé au verbe et soudé graphiquement à lui). Il forme donc avec le verbe une unité syntagmatique, porteuse d un unique accent tonique. Le paroxyton «recuerde» entre dans la construction d un syntagme proparoxyton avec l enclise de «se» : l accent graphique devient obligatoire (comme pour tout proparoxyton). Enfin, d un point de vue sémantique, on attendait des candidats qu ils remarquent que dans cette structure, l agent de l opération verbale est totalement inidentifiable. Seul le patient de l opération reçoit une identité précise (ici «aquel verso de Machado»). L agent n a pas d identité. Le pronom se dans cette structure où seul le patient est exprimé, fonctionne comme un réfléchi. C est cet anonymat dans lequel reste l agent qui crée l effet de l impersonnalité. Le candidat pouvait alors faire remarquer que dans cette construction impersonnelle, recordar ne peut pas commuter avec acordarse de (l un des substituts discursifs possibles de recordar) de construction transitive indirecte par l entremise de la préposition de à cause de son caractère pronominal. Contextualisation Nous étions ici dans un cas d exhortation qui exprime un ordre atténué (une prière), c est pour cette raison qu il est exprimé au subjonctif présent comme dans véase. Cet énoncé pouvait donc être caractérisé comme un énoncé injonctif (ordre adressé à un allocutaire anonyme). Cette modalité injonctive n implique pas nécessairement une réalisation effective de l opération verbale dans le futur. C est le caractère virtuel de cette réalisation qui explique le recours aux formes du subjonctif, mode de la virtualité. Puisque cette injonction était versée dans le moule d une phrase pronominale de sens passif, à valeur discursive impersonnelle, avec «recuérdese» le narrateur exhortait tout narrataire à aller rechercher le souvenir du vers de Machado. Rappelons, pour finir, que l épreuve dite des «Faits de Langue» se prépare tout au long de l année par une pratique régulière des ouvrages ad hoc et requiert de se voir consacrer un temps de préparation suffisant le jour de l épreuve (15-20 minutes) pour ne pas courir le risque d une improvisation totale et infructueuse. Enfin, le jury rappelle aux candidats que la reprise n a en aucun cas pour but de le confondre mais bien de l aider à faire progresser sa réflexion. *****
43 RAPPORT SUR L ÉPREUVE PRÉPROFESSIONNELLE SUR DOSSIER L épreuve d ESD du Troisième Concours est une épreuve de didactique dont il convient avant tout de connaître les enjeux et les modalités, faute de quoi les candidats ne sauraient répondre aux attentes du Jury. Nous avons pu remarquer lors de cette dernière session quelques lacunes à ce propos. Or il n est pas envisageable de se présenter aux épreuves orales sans maîtriser cet exercice, ce qui impose de s y être régulièrement entraîné. La première raison de cette obligation est d ordre tactique. En effet, les deux épreuves orales sont affectées chacune du coefficient 3 et sont par ailleurs totalement complémentaires. Faire l impasse sur une préparation à l ESD équivaut à mettre ses chances de réussite en péril. Quant à la deuxième raison elle est d ordre déontologique : comment prétendre enseigner une discipline langue vivante sans avoir fait la preuve que l on est capable d organiser une réflexion didactique cohérente, préalable à tout enseignement digne de ce nom et de l exposer clairement à un jury averti de trois membres? Cela n aurait aucun sens et serait inquiétant pour l avenir. Nous nous proposons donc ici de rappeler les modalités de l épreuve et ses enjeux, en nous appuyant sur les quatre sujets proposés cette année (cf. leur énoncé complet ci-après), pour finir par quelques conseils inspirés par les erreurs commises au cours de cette session, conseils que des candidats sérieux et motivés sauront certainement mettre à profit. A. Sujets proposés 1) ESD SAL/07 1. Une bande dessinée intitulée : «Un mundo de diferencias» de Sergio Salma tirée du site internet le 03/10/ Un dessin de Sergio Salma intitulé : «Comentarios irresponsables» tiré du même site. 3. Un document intitulé : «Europa contra el racismo» provenant du même site. I. Après avoir présenté et caractérisé les documents de ce dossier, vous exposerez brièvement le bilan de votre analyse. II. Vous rendrez compte de la réflexion que vous aurez menée sur les points suivants : 1. Sur quels éléments vous appuieriez-vous pour caractériser l humour dans les documents 1 et 2? 2. Quels champs lexicaux serait-il nécessaire de relever dans le document 3? 3. Quels objectifs précis pourriez-vous assigner à l étude de ces documents? 4. À quelle classe destineriez-vous ce dossier, et dans quel ordre étudieriez-vous les trois documents? Justifiez vos choix
44 Document 1 Document 2 Sergio SALMA Un mundo de diferencias Sergio SALMA Comentarios irresponsables
45 Document 3 EUROPA CONTRA EL RACISMO
46 2) ESD MIS/07 1. Un poème de Gabriela Mistral «La Tierra», issu de Ternura, Un dessin de Juan Ballesta publié dans Cambio 16, 20 Juillet Un dessin de Roman Lang, in Valió la pena?, Buenos Aires, Ediciones de la Flor, Publié dans Cambio 16, 27 juillet I. Après avoir présenté et caractérisé les documents de ce dossier, vous exposerez brièvement le bilan de votre analyse. II. Vous rendrez compte de la réflexion que vous aurez menée sur les points suivants : 1. Quels éléments linguistiques relèveriez-vous dans le document 1 pour en dégager le sens? 2. Dans quelle mesure ces documents sont-ils complémentaires ou antagoniques? 3. Quels objectifs autres que linguistiques assigneriez-vous à l'étude de ce dossier? 4. Dans quel ordre envisageriez-vous l étude de ce dossier et à quelle classe le destineriezvous? Justifiez vos choix. Document 1 LA TIERRA Niño indio, si estás cansado, tú te acuestas sobre la Tierra, y lo mismo si estás alegre, hijo mío, juega con ella... Se oyen cosas maravillosas 05 al tambor indio de la Tierra: se oye el fuego que sube y baja buscando el cielo, y no sosiega. Rueda y rueda, se oyen los ríos en cascadas que no se cuentan. 10 Se oyen mugir los animales; se oye el hacha comer la selva. Se oyen sonar telares indios. Se oyen trillas, se oyen fiestas. Todo lo toma, todo lo carga el lomo santo de la Tierra: 20 lo que camina, lo que duerme, lo que retoza y lo que pena; y lleva vivos y lleva muertos el tambor indio de la Tierra. Cuando muera, no llores, hijo: 25 pecho a pecho ponte con ella y si sujetas los alientos como que todo o nada fueras, tú escucharás subir su brazo que me tenía y que me entrega 30 y la madre que estaba rota tú la verás volver entera. Donde el indio lo está llamando, 15 el tambor indio le contesta, y tañe cerca y tañe lejos, como el que huye y que regresa... Gabriela MISTRAL, Ternura. Canciones de niños: rondas, canciones de la tierra, estaciones, religiosas, otras canciones de cuna, Madrid,
47 Document 2 Document 3 Juan BALLESTA, Cambio 16, 20 de julio de 1992 Roman LANG, Valió la pena?, ) ESD ASO/07 1. Un article de la Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica publié sur son site Internet : 2. Un article de presse de Nuria Tesón paru dans El País en septembre Faire-part publiés dans El País et El Mundo en septembre I. Après avoir présenté et caractérisé les documents de ce dossier, vous exposerez brièvement le bilan de votre analyse. II. Vous rendrez compte de la réflexion que vous aurez menée sur les points suivants : 1. Quels repérages serait-il opportun d effectuer dans les documents 1 et 2 pour mettre en lumière le contexte sociopolitique? 2. Sur quels éléments vous appuieriez-vous en priorité pour mettre en relation les documents 2 et 3? 3. Quels objectifs civiques vous fixeriez-vous dans l étude de ce dossier? 4. Dans quel ordre et dans quelle classe étudieriez-vous les documents de ce dossier? Justifiez vos choix
48 Document 1 El primer tren que partió de Europa Occidental hacia un campo de exterminio nazi llevaba a bordo a 927 españoles El 24 de agosto de 1940 un tren con 927 refugiados españoles muchos de ellos catalanes salía de la estación de Angouleme, en la región francesa de la Charente. Las tropas alemanas de Hitler acababan de dividir Francia en dos, y los refugiados creían que los llevaban a la zona no ocupada. Pero pronto se dieron cuenta de que iban hacia el norte. Cuatro días más tarde, llegaron al pueblo de Mauthausen. No les sonaba de nada el nombre de un campo de concentración que, en unos años, sería uno de los símbolos del holocausto y el exterminio. En aquel lugar se produjo una dramática separación: los soldados alemanes obligaron a apearse a los hombres, a partir de los 13 años de edad, sin importar que se tratara de ancianos o niños. Era el inicio de la tragedia. 470 personas quedaron prisioneras en el campo de Mauthausen. De éstas, el 87 por ciento murieron. Los 457 restantes, mujeres y niños pequeños, iniciaron un largo recorrido de vuelta. Finalmente, y después de 18 días de viaje en condiciones infames, las mujeres y los niños fueron devueltos a la España de Franco, el lugar del que habían huido al acabar la Guerra Civil. Allí les espera prisión, persecución y la angustia de no poder saber de sus familiares dejados en Mauthausen. Felix Quesada, uno de los supervivientes declara compungido: Al llegar a Mauthausen, Frank Ziereis, el director del campo, nos dijo a todos los que estábamos allí que no saldríamos por la puerta, que saldríamos por la chimenea del crematorio. Este convoy fue el primer tren de deportados de toda Europa occidental, cargado con familias enteras con destinación a un campo de exterminio nazi. Población civil, refugiados en estado puro, que serían considerados apátridas cuando el ministro de Franco, Ramón Serrano Suñer, decidió desatenderse de ellos. La documentación encontrada prueba que, en cuatro ocasiones, las autoridades nazis preguntaron a sus homólogos españoles qué debían hacer con los dos mil rojos españoles de Angouleme. No se molestaron nunca en contestar, a pesar de que sabían que la mitad de los pasajeros fueron a parar a Mauthausen. Algunos documentos tienen una nota manuscrita al margen en la que se pide que se archive el asunto, puesto que no parece oportuno hacer nada al respecto. La historia de este convoy ha quedado escondida bajo el olvido y el silencio generalizado que envuelve a las víctimas del franquismo. Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica febrero de
49 Document 2 ESQUELAS DE LAS DOS ESPAÑAS Primero fueron las de los hijos y nietos de los represaliados por los nacionales. Después las de los muertos a manos de los republicanos. Decenas, en las últimas semanas, en las páginas de los diarios de mayor tirada: El País, El Mundo, ABC; y en menor medida, en algunos periódicos de provincias, como El Diario de Ávila. Desde el 17 de julio pasado, fecha en la que se publicó a media página en este periódico la esquela del comandante de la base de hidroaviones del Atalayón de Melilla, Virgilio Leret, fusilado al amanecer del 18 de julio de 1936, el goteo no ha cesado. Su hija Carlota fue la que desencadenó esta polémica batalla: Quise darle un reconocimiento a mi padre explica telefónicamente desde Caracas (Venezuela). El 17 de julio, se cumplía el 70 aniversario de la primera batalla de la Guerra Civil en la que Leret defendió la legalidad de la República, y Carlota pensó que ahora o nunca. El mismo sentimiento de impotencia, de injusticia y abandono que yo sentía está dentro de la España de los vencidos y humillados; yo lo único que hice fue quitarle el tapón de la botella, prender la mecha de una bomba de tiempo. Y la mecha prendió. Apenas un mes después, otros periódicos empezaban a publicar esquelas de fallecidos en el bando nacional o a manos de los republicanos. Han pasado 70 años y las heridas parecen seguir abiertas. El proyecto de ley de memoria histórica, que a nadie satisface, la apertura de fosas de republicanos asesinados, películas y documentales parecen haber abonado el terreno para que se abra un nuevo frente entre vencedores y vencidos. La voz, que en ocasiones se les ha negado a las víctimas de esa guerra, se ha alzado en los periódicos a través de un media inusual o cuando menos, sorprendente. Pero, por qué surge la polémica en este momento? El debate sobre la memoria histórica se está diseminando en muchos soportes. Y está penetrando en todo el tejido social. Las esquelas no son sino un elemento, un espacio simbólico más donde continuar esta guerra de guerrillas, señala Francisco Ferrándiz, titular de Antropología Social de la Universidad de Extremadura. Nuria TESÓN, El País, septiembre de
50 Document 3 IN MEMÓRIAM JUAN TORIBIO BRAVO JUANILLO Te perdimos el brumoso amanecer del 20 de agosto de 1936 en un trágico lugar de la ciudad de Palencia. Abatido por las balas asesinas de la represión franquista en Aguilar de Campo, junto a siete compañeros de prisión. Inicuamente juzgado y Condenado a muerte. El País El paso del tiempo mitiga el dolor, pero no obnubila la memoria. Vives en nuestro recuerdo. Tus hijos, nietos, biznietos. 70 ANIVERSARIO DON MANUEL BENAVENTE GUTIÉRREZ (AGRICULTOR) El Mundo ASESINADO POR LAS HORDAS ROJAS EN GETAFE EL 23 DE AGOSTO DE 1936, A LOS 29 AÑOS DE EDAD Su familia RUEGA una oración por su alma y por la de todos los mártires que dieron su vida por Dios y por España
51 4) ESD LON/07 1. Un extrait de Nuestra epopeya de Manuel Longares, Un article de Rosa Montero intitulé Infiernos grandes para seres pequeños, publié dans El País. 3. Un dessin de Quino. I. Après avoir présenté et caractérisé les documents de ce dossier, vous exposerez brièvement le bilan de votre analyse. II. Vous rendrez compte de la réflexion que vous aurez menée sur les points suivants : 1. Quels éléments permettent de repérer la différence entre les époques évoquées dans chacun des deux textes? 2. Dans le document 1, quels éléments du texte permettent d apprécier le poids de l Église sur la société de l époque? 3. Précisez en quoi le dessin de Quino peut illustrer le texte de Manuel Longares. 4. Dans quel ordre aborderiez-vous l étude des documents de ce dossier, et à quelle classe le destineriez-vous? Justifiez vos choix. Document 1 La mala educación A las puertas del internado de Valladolid Tino recibió una peseta de su madre. Era un billete con el dibujo de la nave castellana que conquistó América. No la gastes le aconsejó, que la he pasado por san Antonio. Y ha bailado? El Cara al sol. El contrahecho apostado en el zaguán del colegio Hermano Portero registró su visita con un campanazo. Y por corredores solitarios de ventanales altos accedieron al despacho del superior. Bienvenidos a la casa de la Virgen les dijo. Al cabo de cuarenta años, aún desazona al cazador ese gabinete gélido y tenebroso, con una mesa y un sofá, cuadros de piedad y dos tallas. El superior y la madre coparon el sofá, Tino permaneció de pie al lado del sacerdote y, por ser el centro de la conversación, de vez en cuando buscaba en el bolsillo el billete regalado y lo palpaba para que le dispensara la suerte del trébol que tenía Rosita. Si vuelves a tocarte, te arranco la mano. Eso le comunicó el superior con severidad. Y al reanudar la charla con su madre, subrayó: Los hijos del pecado dan más problemas que los legítimos. Sólo por caridad nos hacemos cargo de ellos. Ante estos curas expertos en rehabilitar estudiantes retrasados, Tino dio por concluida su época dorada. Ya no cazaría mariposas ni montaría en la bici de Mauro ni alertaría al Melindres de la conspiración de la calesa. Ya no podría negarse a ir a la escuela, como con el padre de Henar, ni volvería a ser el protegido de Rosita. Mangante! A través de la ventana de aquel despacho persiguió sus barbas de estopa por los tejados de Valladolid y, por inercia, buscó en el bolsillo el billete de su madre. El superior, ante la desobediencia de Tino, giró el cuerpo y de un revés le marcó los dedos en la cara. Confirmado. Cayó al suelo la peseta de papel y el superior la examinó a la claridad mortecina del cuarto. Los malos ejemplos crean rebeldías
52 Temerosa de que no admitieran a su hijo, la madre no dudó en humillarse. Soy otra mujer, padre se arrodilló, como ante el confesionario. De comunión diaria y afiliada al Movimiento. No hay contrición sin penitencia respondió el cura guardándose la peseta de Tino. Centelleó su madre con la osadía de cuando se presentaba como Luchini Berben. Pues he gastado una fortuna en misas. Con la bofetada del cura, aquel niño evocado por el cazador perdió el pelo de la dehesa. No entendía el lenguaje de su verdugo, pero había sufrido su comportamiento. Se lo escribió a Rosita, y no se cursó su carta porque escogió de cartero al contrahecho Hermano del zaguán. Sin disciplina no hay hombre recalcó el superior. Había finalizado la audiencia y tendió su mano justiciera para que la besaran. Cuídate, rey sollozó su madre. Que vele esta noche ordenó el superior. En el pabellón de muchas camas depositaron su maleta y él entró en la capilla. Con frío, en tinieblas y asustado por unas imágenes que no había en la parroquia del cura celoso, Tino intuyó que sin el trébol de la suerte y la peseta de su madre tendría que espabilarse para vivir. Aquí no baila san Antonio pensó. Manuel LONGARES, Nuestra epopeya, 2006 Document 2 Infiernos grandes para seres pequeños Resulta que en 2006 se han denunciado en la Comunidad de Madrid 40% más casos de maltrato infantil que el año anterior. Un tercio de los delitos son abusos sexuales, otro tercio maltrato físico, y el tercio restante se reparte entre agresiones por negligencia y maltrato emocional. Frías estadísticas que esconden una realidad aterradora, sobre todo porque más de la mitad de los abusos se han cometido en niños menores de cinco años. Son infiernos demasiado grandes para unos seres tan pequeños. Sin duda hay muchos más niños maltratados, pero la máxima indefensión de las víctimas impide que sus casos salgan a la luz. Al mismo tiempo, estamos asistiendo a un constante aumento de la información periodística sobre los niños agresivos, los niños tiranos que esclavizan y aterrorizan a sus compañeros de colegio e incluso a sus padres. Está bien, me parece de perlas que se hable de este fenómeno creciente, y que nos preguntemos qué es lo que falla en la educación para que florezcan estos pequeños monstruos que se creen con derecho a todo. Pero lo malo es que, con esa tendencia a la simplificación y esa pereza intelectual que nos caracteriza a los humanos, se diría que se tiende a reducir el fenómeno a un problema de exceso de mimos y falta de mano dura. Se han dado cuenta de que últimamente están apareciendo bastantes personas en los medios de comunicación sosteniendo que un bofetón a tiempo es educativo y no hace daño? Hay como una moda de la reivindicación de la mano larga. Como si eso fuera lo natural y lo sensato. Rosa MONTERO, El País, 28/01/
53 Document 3 QUINO, Esto no es todo, Editorial Lumen, Edición 2001 B. Modalités de l épreuve Il s agit comme son nom l indique d une épreuve sur dossier, c est-à-dire présentant un ensemble de documents qui constituent ledit dossier et qui doivent être traités les uns par rapport aux autres et non isolément, c est là un premier point qu il convient de préciser pour ne pas se fourvoyer. Ces documents apparaissent cités sur la page de garde (titres et auteurs ainsi que les ouvrages dont ils sont extraits), il s ensuit un énoncé d items à traiter en première partie et une série de questions en seconde partie. La présentation doit être faite par le candidat en langue française, ce qui implique donc une bonne maîtrise du discours et un registre de langue approprié aux circonstances. Le candidat qui aura préparé son travail pendant deux heures disposera au maximum de 30 minutes pour son exposé, lequel sera suivi d un entretien avec le jury d une durée maximale de 30 minutes également. Il est donc important de veiller à une bonne gestion du temps imparti. N oublions pas non
54 plus qu il s agit bien ici d une épreuve orale et que celle-ci permettra au jury de tester également l élocution du candidat et ses capacités à communiquer de façon claire et dynamique. Avant d entrer dans les détails, signalons que les deux parties bilan d analyse en I, réponses aux questions en II sont importantes et que la réflexion didactique de la deuxième partie ne pourra être pertinente que si la première partie a été bien traitée. Il est apparu clairement lors de cette dernière session du Troisième Concours que plusieurs candidats ont commis l erreur irréparable de mêler superficiellement présentation et analyse pour presque immédiatement exposer leur travail en didactique, lequel s en est trouvé considérablement appauvri et peu convaincant, quand il n était pas carrément faussé par une lecture trop rapide du dossier. Pour cette raison, le choix a été fait dans ce rapport de bien signaler, moyennant deux exemples détaillés, les stratégies à adopter en première partie de l épreuve pour assurer une base solide à la réflexion didactique. Que les futurs candidats ne s y trompent pas : il ne s agit pas ici de valoriser la première phase du travail au détriment de l autre mais d assurer la pertinence didactique en procédant à un travail rigoureux préalable la première étape du travail semblant avoir été mal cernée par plusieurs candidats malheureux. Un exemple complet de traitement didactique d un des dossiers ainsi que des remarques s appuyant sur d autres sujets viendront compléter ces démonstrations. C. Première partie La première partie comporte trois mouvements qu il convient de différencier nettement sous peine de perdre un certain nombre de points attribués à chacune d entre elles. Le premier mouvement consiste à présenter les documents, c est-à-dire, après avoir cité les titres des documents et le paratexte, à caractériser précisément chaque document. Si c est un texte, indiquer s il s agit d un extrait de roman, ou bien d un article de presse (informatif, argumentatif, un billet d humeur, une chronique), d un extrait d essai, d un poème, d un texte publicitaire, des paroles d une chanson, etc. ; si c est un document iconographique, indiquer sa nature : dessin (donner sa tonalité), bande dessinée, photographie, tableau, affiche publicitaire (commerciale, institutionnelle, signaler s il s agit d une campagne publicitaire destinée à dénoncer un fait, à défendre une cause, à inciter à l action, etc.) ; s il s agit d un document iconotextique (présentant des éléments iconographiques de quelque nature que ce soit et des documents textuels affiche publicitaire par exemple, l indiquer en disant comment ils sont agencés) ; s il s agit d un extrait filmique (support comme un autre) le caractériser également de façon générale (durée, film couleur, noir et blanc, récent, ancien, connu, inconnu, etc.). Toute remarque pertinente sur l œuvre dont les documents sont extraits et sur les auteurs (dont on donnera quelques traits significatifs) sera bienvenue. Comment citer les dessinateurs Quino (dossier ESD LON/07) et Ballesta (dossier ESD MIS/07) sans donner quelques éléments sur leur œuvre, la situer dans l espace et le temps? De même on attendait quelques remarques sur la poétesse Gabriela Mistral (dossier ESD MIS/07) et la journaliste écrivain espagnole Rosa Montero (dossier ESD LON/07). Ces connaissances pourtant élémentaires sur le monde hispanique ont parfois fait défaut. Le deuxième mouvement et non le moindre en termes de précision et donc de difficulté vise à dégager un axe fédérateur pertinent permettant de relier le plus souvent thématiquement les deux ou trois documents (tout en sachant que des liens formels et/ou linguistiques pourront se conjuguer aux premiers). Il faut éviter on l aura compris des énoncés trop généraux ou trop vagues qui, de plus, ne tiennent pas assez souvent compte de l ensemble des documents. Et il faut être précis et synthétique : de longues périphrases ou une phrase aux méandres trop sinueux ne sauraient être le reflet d une conception claire d une appréciation cohérente des liens qui unissent les documents, parfois par le biais de l illustration, d autres fois par celui de l opposition
55 Voici quelques exemples d axe pertinents ou non : ESD SAL/07 Axe non avenu : le racisme partout dans la société. Axe pertinent : le constat du refus de la différence et l engagement à lutter contre celui-ci à tous les niveaux. Attention à la langue de bois et aux amalgames «politiquement corrects» : tout est racisme (être gros, être maigre, être petit ). ESD MIS/07 Axe trop vaste : les Indiens et la découverte des Amériques. Axe pertinent : regards croisés sur la terre amérindienne et ses habitants. Vision poétique et idyllique chez Gabriela Mistral ; regard ironique et bilan critique dans les dessins. ESD ASO/07 Axe trop vague : mémoire de la Guerre civile. Axe pertinent : La Guerre Civile espagnole. Les victimes et le besoin, de la part de la société espagnole, d effectuer actuellement et à plusieurs niveaux un travail de mémoire. ESD LON/07 Axe exprimé très maladroitement : Est-il indispensable d employer la violence pour éduquer nos enfants? Axe exprimé de façon juste mais un peu trop simple : la violence éducative comme moyen d éducation (axe acceptable et accepté). Axe plus affiné : Réflexion diachronique sur les pratiques éducatives coercitives. «La hostia pedagógica». Il faut à ce stade du travail s obliger à n exclure aucun document, sinon la notion de dossier disparaîtrait. L axe fédérateur est logiquement présenté après avoir caractérisé les documents (c est ce qui est attendu généralement), mais on peut faire le choix de l énoncer après avoir procédé à la troisième étape comme débouché logique d une étude plus précise qui rendra les liens et les connexions plus évidents encore. Le troisième mouvement de cette première partie consiste en une épreuve d analyse synthétique, puisqu il s agit de proposer au jury un bilan de l analyse des documents préalablement présentés, caractérisés et reliés entre eux par l axe qui les fédère. Cette partie de l épreuve est souvent difficile à cerner par les candidats qui confondent synthèse et caractère superficiel de l exposé. Il ne s agit pas ici, bien évidemment, de se livrer à un exercice d explication de texte comparable à celui de l épreuve ELE, à la différence près qu on le réaliserait ici en français. Toutefois, il convient d effectuer lors des deux heures de préparation un travail précis d analyse des documents dont on ne présentera lors de la soutenance que les traits les plus caractéristiques. Le candidat rendra compte surtout de ceux sur lesquels prendra appui la deuxième partie de l épreuve, c est-à-dire la réflexion didactique. On commentera ainsi la visée générale du document, sa structure, sa forme, le message qu il veut faire passer, sa tonalité, etc., quel que soit le type de document proposé. Le jury a remarqué à ce niveau des défaillances certaines, des problèmes liés à la technique d analyse : sous prétexte que l ESD est une épreuve de didactique, la partie bilan de l analyse est soit délaissée, soit survolée. Par exemple, dans le dossier ESD SAL/07, une planche iconographique était proposée, sur laquelle apparaissaient côte à côte deux documents, une BD et un dessin humoristiques du même auteur Sergio Salma ; ces deux documents s articulaient avec le troisième une déclaration d intention signée par les responsables des trois instances européennes autour d une même thématique : le refus de la différence. Dans le bilan de l analyse, se contenter de mentionner la tonalité humoristique des documents (simplement parce que les deux premiers étaient des dessins destinés à des jeunes) sans jamais la démontrer était un raccourci largement insuffisant, réducteur, voire erroné, car le troisième
56 document apportait une toute autre dimension. Le seul constat de la tonalité humoristique indiquait que cette étape du travail n avait pas été réalisée sérieusement et que le candidat se contentait fort maladroitement de répéter des propos formulés autrement dans la question 1 de la partie didactique! Il fallait donc d abord remarquer qu il s agissait très probablement d un travail de commande à visée didactique présentant les traits suivants : Une forme très schématique et simplifiée : un fond uni et sans décor (doc. 1), dessin caricatural et peu élaboré mais significatif, des bulles à moitié dessinées (doc. 1), des flèches pour indiquer la direction du regard. Cette forme peu élaborée pouvant être voulue parce qu elle correspondait à ce que pourraient créer de jeunes adolescents. Dans le document 2 le décor permettait de situer la scène dans un contexte européen (architecture, petites voitures). La typologie des personnages également très schématique (le petit, le gros, les noirs aux lèvres épaisses, l homme réactionnaire et sa grimace de dégoût et la femme à l attitude et à la réflexion un peu niaise). Le message au premier degré sans problème de compréhension pour un jeune public. Il s agissait ici de le sensibiliser et d éveiller sa conscience à ce phénomène de société en utilisant une série de procédés humoristiques (caricature, effets de suspense, personnages victimes véhiculant eux-mêmes l idée de marginalisation, etc.) procédés qui devaient être détaillés en réponse à la question 1 de didactique et qui ne sont mentionnés ici qu à titre indicatif de la tonalité générale. La dénonciation dans le troisième document des phénomènes très présents en Europe (racisme, xénophobie, antisémitisme) dans une déclaration construite selon le schéma rhétorique suivant : constat du problème, déclaration, engagement, appel. La présentation claire et aérée (tirets, paragraphes, forme répétitive) témoignait d une volonté de convaincre de l urgence des mesures à prendre bien que le document s imposait comme une simple déclaration d intention, probable préambule d une résolution. Un autre exemple de bilan d analyse à réaliser avec pertinence portera cette fois sur le dossier ESD MIS/07, constitué d un poème de Gabriela Mistral, intitulé «La Tierra», et conjoint à deux dessins, l un de Ballesta et le second de Roman Lang. En ce qui concerne le poème, il convenait de remarquer qu il s agissait là d une célébration lyrique de la terre-mère (la pachamama des Indiens), force tellurique protectrice, toute puissante et omniprésente. Cette célébration lyrique, qui prend la forme d une berceuse, est destinée à rassurer un enfant indien et à le conforter dans sa culture. L assonance en e-a évoquait le chantonnement de la mère berçant son enfant. On pouvait distinguer deux moments : les quatre premières strophes avec la célébration et l appel au partage de la culture indienne Strophe 1 : qui invite à un contact charnel avec la terre «tú te acuestas» (v. 2) ; Strophe 2 : qui évoque l unité organique de tout ce qui existe, qui résonne et vibre sur le tambour de la terre (métaphore du «tambor indio») dont le son est reproduit par l anaphore «se oye», rappelant le rythme de la nana ; Strophe 3 : qui souligne le lien indestructible et le dialogue permanent entre l indien et sa terre, quelle que soit la distance ; Strophe 4 : qui évoque la sacralisation de la terre «lomo santo» (v. 20). À noter : le rythme binaire, l association de termes antithétiques qui confirment l unité du monde indien : l anaphore de «todo», la métaphore filée du «tambor». la dernière strophe à valeur prospective ; avec reprise d un conseil plus personnel de la voix poétique à son enfant «hijo» : l évocation de la mort qu il ne faut pas craindre, car elle n est que retour à l unité. À partir du vers 25, apparaît le conseil plus personnel de la mère mortelle à l enfant : pour le rassurer, elle passe le relais à la terre mère éternelle, personnifiée («pecho», «brazo»). Sonorités du chuchotement, allitérations. Le dessin de Ballesta recréait le moment de la découverte avec un Christophe Colomb criant lui-même «Tierra», le choc des civilisations étant matérialisé par la pierre qui accueille l expédition. L ironie résidait ici dans un double décalage : entre la solennité du moment historique et la
57 représentation graphique, et entre la vision espagnole idyllique et la réaction d hostilité, l intention de Ballesta en 1992 étant de tourner en dérision cette commémoration. Le dessin de Roman Lang, quant à lui, présentait la rencontre qui se fait sur un pied d égalité, après le moment de la Découverte, entre un Espagnol et un Indien. Il faudra remarquer l économie de moyens, les personnages stéréotypés, la scène traditionnelle des cadeaux de bienvenue, hautement symboliques ici : longue-vue pour le blanc (la technologie), pipe pour l Indien (calumet = paix). L incompréhension mutuelle est inscrite dans cette première rencontre. La question : Valió la pena? porte un regard désabusé sur la valeur de l échange entre ces deux mondes. Ces deux exemples montrent bien que bilan de l analyse ne rime en aucun cas avec survol rapide ou présentation superficielle du contenu. À chaque fois un tri judicieux est opéré afin de mettre en exergue ce qui est essentiel et rend compte de ce qui fait l intérêt du document et de son étude par la suite en classe. D où l importance de distinguer ici les traits les plus caractéristiques sur lesquels reposera la réflexion didactique proprement dite, phase suivante du travail dont on rendra compte dans la seconde grande partie de l épreuve. D. Seconde partie Cette deuxième étape du travail est guidée par des questions qui sont autant de pistes intéressantes pour l ensemble de la tâche à réaliser. Il faut avoir pris connaissance de l ensemble de ces questions dès les premières lectures du sujet et il est conseillé lors de l analyse (pendant les deux heures de préparation) de ne jamais perdre de vue les questions de didactique : la cohérence de l ensemble de l exposé en sera facilitée, or celle-ci est essentielle. Ces questions portent sur la complémentarité des documents (à nouveau la cohérence est de rigueur et la mise en relation des documents indispensable), sur un travail de repérages d éléments divers (champs lexicaux, temps verbaux, marqueurs temporels) cités dans l énoncé ou non (les candidats peuvent être libres de relever les éléments qui leur semblent mieux convenir pour répondre à la question posée). Ces questions doivent permettre une réflexion didactique, c est-à-dire faire en sorte que les candidats, futurs enseignants, non seulement aient compris les enjeux d un document mais soient capables de trouver les meilleures stratégies pour faire accéder au sens et à la réflexion critique (souvent) leurs élèves potentiels. Il ne s agit pas ici d imaginer des mises en œuvre (on ne se situe pas dans une réflexion pédagogique) mais en amont, au stade de la réflexion didactique (préalable à une mise en œuvre pédagogique). Là aussi, il faudra être le plus précis possible, ne pas hésiter à citer les éléments repérés dans le texte ou le document de la façon la plus complète et organisée possible. Quand on parle de repérages, il faut opérer certes des relevés de termes mais aussi les commenter en les organisant sous un item et dégager du sens de ce travail qui sinon, n aurait pas grand intérêt et ne serait qu un catalogue vidé de toute signification. Pour éclairer les propos précédents on donnera l exemple suivant, tiré du volet didactique du dossier ESD LON/07 dont voici les quatre points soumis à la réflexion des candidats : 1. Quels éléments permettent de repérer la différence entre les époques évoquées dans chacun des deux textes? 2. Dans le document 1? Quels éléments du texte permettent d apprécier le poids de l Église sur la société de l époque? 3. Précisez en quoi le dessin de Quino peut illustrer le texte de Manuel Longares. 4. Dans quel ordre aborderiez-vous l étude des documents de ce dossier, et à quelle classe le destineriez-vous? Justifiez vos choix. Nous donnerons ici les principaux éléments qu il conviendrait de présenter de façon un peu moins «schématique» bien sûr lors de l exposé oral :
58 1. On relèvera dans le document 1 les marqueurs temporels : «al cabo de cuarenta años» (l. 10) ; les indices historiques : «Recibió una peseta. Era un billete» (l. 1-2), «el Cara al sol» (l. 5), «de comunión diaria y afiliada al Movimiento» (l. 34), «la peseta de papel» (l. 29) ; le lexique propre aux curés de l époque : «los hijos del pecado» (l. 18) ; le poids de l église et le lexique qui s y rapporte. On relèvera dans le document 2 le paratexte : 28/1/2007 ; les marqueurs temporels : 2006 (l. 1), «la Comunidad de Madrid» (l. 1) ; le lexique : «maltrato infantil» (l. 2), «los medios de comunicación» (l. 16), «este fenómeno creciente» (l. 11) ; la syntaxe (périphrase) : «estamos asistiendo» (l. 8), «están apareciendo» (l. 15) ; l implication du lecteur : «se han dado cuenta» (l. 15), «nos preguntemos» (l. 11), «que nos caracteriza» (l. 13). 2. Pour apprécier le poids de l Église on pouvait s appuyer sur les points suivants : l ensemble du discours du prêtre qui jouit d un pouvoir sur les autres : «Que la he pasado por San Antonio» (l. 3) ; l évocation du bureau et l impression produite 40 ans après sur le narrateur) : «Gélido y tenebroso» ( l. 10), «Si vuelves a tocarte, te arranco la mano» (l. 15), «los hijos del pecado dan más problemas que los legítimos. Sólo por caridad nos hacemos cargo de ellos» (l ). «Los curas expertos en rehabilitar estudiantes retrasados» (l. 20), «Confirmado» (l. 28). «Los malos ejemplos crean rebeldías» (l. 31), «sin disciplina, no hay hombre» (l. 42) ; la réaction de la mère face à ce discours : «La madre no dudó en humillarse» (l. 32). «Soy otra mujer, padre se arrodilló como ante el confesionario. De comunión diaria (l )», «tendió su mano justiciera para que la besaran» (l. 43) ; la réaction de l enfant : «Había sufrido su comportamiento» (l. 39), «con frío, en tinieblas y asustado por unas imágenes que no había en la parroquia del cura celoso» (l. 47) ; la censure : «no se cursó su carta porque escogió de cartero» (l. 40). 3. Le dessin de Quino illustrait le texte par : le contexte : l école ; la gifle ; la toute-puissance du maître, la terreur et l incompréhension des enfants ; l uniforme, la réponse à l unisson ; l anéantissement de la victime expiatoire choisie au hasard ; la satisfaction du travail accompli ; le cynisme parfait du maître. 4. La question de l ordre d étude des documents est fréquemment posée dans l énoncé : elle s impose dans l étude du dossier. On pouvait penser que les documents 1 et 3 fonctionnaient bien ensemble, car la scène décrite par le texte de Longares permettait d expliciter le dessin de Quino ; ce qui vient d être démontré dans la réponse précédente où il fallait trouver en quoi le dessin illustrait le texte. Insistons sur le fait que les notions de cohérence et de congruence sont essentielles dans le traitement des questions et des sujets. Il conviendrait alors de proposer le document 2 à la fin, car il permettait de mesurer le changement des mentalités et évoquait un récent désir de retour à la situation antérieure. Tout autre ordre étayé par de solides arguments était possible, comme c est le cas pour presque tous les dossiers. Quant à la question de la classe, elle requérait comme toujours une bonne connaissance des programmes indispensable ici, rappelons-le et ce dossier s adressait à une classe de
59 Première en raison des thèmes développés : les relations de pouvoir-domination, l Église et les hiérarchies. Annoncer une classe sans justifier son choix ne saurait être suffisant. Il faut souligner que dans certains cas plusieurs niveaux sont possibles : en raison de l ampleur des programmes mais aussi par simple bon sens, de la difficulté linguistique ou non des documents, du caractère poussé ou non de la réflexion que l on se propose de mener avec les élèves. Tous ces critères permettront d opter avec intelligence pour telle ou telle classe. Attention à ne pas tomber dans des excès dénués de sens, comme celui qui consisterait à penser que l on peut adresser tel dossier à une classe de Troisième alors qu il requiert la maturité d élèves de Terminales ; un tel glissement prouverait une méconnaissance des textes officiels (situation anormale pour un futur enseignant) et un manque certain de lucidité quant à sa pratique à venir (situation plus qu inquiétante pour le même futur enseignant!). Tout n est pas défendable. E. Conseils pour la seconde partie Si l importance de la partie «bilan de l analyse» a été mise en exergue au préalable, il est évident que ce bilan ne saurait se faire au détriment de la seconde partie, puisque l on doit ici faire montre de sa capacité à organiser une réflexion didactique cohérente qui, bien évidemment, s appuie sur une analyse juste et précise. Les deux phases sont forcément complémentaires. Le questionnement didactique est un guide précieux, à partir du moment où l on sait l utiliser, c est-à-dire sans en dévier le sens par méconnaissance de l épreuve : certains candidats en sont restés à une ancienne modalité de l épreuve, vaguement connue et parlent d objectifs linguistiques, culturels et cognitifs sans trop savoir la finalité de ces derniers. Et ils se croient obligés de dégager tous ces objectifs quel que soit le dossier proposé. Ainsi certains cherchent un objectif culturel là où il n en existe pas toujours. Par exemple dans l ESD SAL/07, une candidate propose un objectif civique (appel à la tolérance) puis un objectif culturel, et comme il fait défaut, elle affirme qu elle relierait le document à un rappel de l expulsion des juifs et des musulmans d Espagne (XV e siècle) et à l actualité sur l immigration en Espagne. Cette extrapolation fausse le sens du dossier et n est en aucun cas pertinente. Rappelons que les questions du volet didactique doivent aider le candidat et lui fournir des pistes, y compris pour l analyse des documents. Les repérages linguistiques proposés doivent être justifiés et étayés par des exemples précis. N ayons crainte de le répéter : ces repérages n ont de sens que s ils sont reliés au sens du document. Ainsi dans l ESD MIS/07, la question n 1 proposait de relever dans le document 1, c est-à-dire dans le poème de Gabriela Mistral «La Tierra», des éléments linguistiques afin d en dégager le sens. Dans ces éléments linguistiques, il convenait donc de distinguer ce qui relevait d abord de la morphosyntaxe : tutoiement, vocatifs, pronoms personnels de la 1 ère et de la 2 ème personnes traduisant les rapports de la mère et du fils, emploi des impératifs (dans la première et la dernière strophe), emploi du présent pour les valeurs éternelles, emploi du futur, reflet de la conviction au sujet de la permanence de la terre protectrice au-delà de l existence humaine ; dans les strophes 2 et 4 : présence et répétition d éléments impersonnels qui renvoient à la communauté «se oye», «lo que». Devait s ensuivre un relevé des éléments lexicaux, en rapport avec le rythme de la nana : répétitions, structures synthétiques, champ sémantique lié aux sonorités «se oye, tañe, muge, suena». Il fallait souligner deux champs lexicaux particuliers : celui des éléments naturels «fuego [del volcán]», «cielo», «río», «cascadas», «animales», «selva» et celui des activités humaines, tellement importantes que l homme n apparaît qu à travers elles. Bien évidemment, le candidat qui se contentait de plaquer un «como si + subjonctif» alors que cette structure n apparaissait pas dans le document proposé! se fourvoyait totalement sur le sens de l exercice et révélait de graves manques non seulement sur la connaissance de l épreuve mais aussi sur sa façon de concevoir son futur enseignement. Cet exemple extrême est cité ici pour attirer l attention des candidats sur la nécessité de bien connaître les finalités et les modalités de l épreuve
60 Pour finir, il convient de redire cela apparaissait déjà en effet dans le rapport antérieur (ainsi que dans des chapitres précédents de ce même rapport) que la qualité du français parlé par le candidat et que le niveau de son registre de langue sont très strictement évalués par le jury tout au long de l épreuve, tant au courant de l exposé qu au long de l entretien qui s ensuit. Un relâchement du discours lors de l entretien (d une durée de 30 minutes maximum) serait révélateur d un mauvais niveau de langue, ce qui serait incompatible avec une prétention à enseigner. L entretien, qui s appuie toujours sur l exposé du candidat, est destiné à améliorer la prestation du candidat et à affiner ses propositions et non à produire l effet inverse, par exemple en raison d une langue familière et/ou incorrecte. Un candidat qui aurait donc des faiblesses en français (quelles qu en soient les raisons) doit se plonger dans des grammaires et des lectures qui lui permettront de progresser, ce qui est toujours possible. À toutes fins utiles, on trouvera ci-dessous des conseils sur les documents à consulter et une bibliographie qui pourront contribuer à une meilleure préparation à cette épreuve du Concours, tout aussi importante que la seconde épreuve, l ELE. Souhaitons que ces quelques lignes apporteront une aide efficace aux candidats sérieux qui se présenteront à la prochaine session. Volonté de se plier aux exigences de l épreuve, capacité à dialoguer dans une langue juste et précise sans qu elle soit pour autant pédante, désir de réussir conjugués à une attitude honnête adaptée aux circonstances du Concours devraient garantir leur réussite. Pour approfondir leur réflexion sur la manière d aborder l épreuve orale ESD et sur les nouvelles pratiques didactiques, les candidats pourront consulter : les programmes d'enseignement des langues vivantes de collège et de lycée publiés par le CNDP ; les directives européennes : le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) ; les manuels d'espagnol du premier et du second cycle parus en grand nombre depuis la mise en place du CECRL ; les sites Internet de différents IUFM et autres sites comme : F. Bibliographie BIGOT (Cl.), Expliquer la civilisation hispanique, Rennes, Presses Universitaires, Langues Modernes (Les), Revue de l APLV, 19 rue de La Glacière, Paris LEGENDRE (R.), Le dictionnaire actuel de l'éducation, éducation LE GOFFIC (P.), Grammaire de la phrase française, Paris, Hachette, 2004 (5 ème édition). PUREN (Chr.), BERTOCCHINI (P.), COSTANZO (E.), Se former en didactique des langues, Paris, Ellipses, RIEGEL (M.), PELLAT (J-Cl.), RIOUL (R.), Grammaire méthodique du français, Paris, PUF, SCHNAPPER (D.), BACHELIER (C.), Qu est-ce que la citoyenneté?, Paris, Folio actuel, TERRASA (J.), L'analyse du texte et de l'image en espagnol, Paris, Nathan, *****
61 NOUVELLES DISPOSITIONS SUR L INTRODUCTION DE DOCUMENTS AUDIO-VISUELS À L ÉPREUVE EN LANGUE ÉTRANGÈRE Dès la session 2008, l analyse d extrait de document audio-visuel sera introduite dans l épreuve en langue étrangère (ELE). Cette possibilité existe dans les textes qui définissent les principes généraux de l épreuve, mais elle n a jamais été réalisée, dans les faits, à l oral du CAPES externe d espagnol. 1. Types de documents Les sujets seront choisis dans la palette la plus large possible de documents audio-visuels : extraits de films de fiction, de courts-métrages, de reportages (Informe semanal, La Memoria recobrada, série La Transición, etc.), de documentaires (Canciones para después de una guerra de B. Martín Patino, En Construcción de J. L. Guerin ), mais aussi du NO-DO ou de journaux télévisés. Il s agira ainsi de faire entrer dans le champ des études hispaniques une dimension jusqu ici peu abordée à l oral du CAPES, en dehors des courts extraits déjà présents à l Epreuve préprofessionnelle sur dossier : celle de la production cinématographique de réalisateurs qui ont marqué l histoire des cinémas espagnol et latino-américain (comme Buñuel, Erice, Saura, Solanas, etc.), et celle de la jeune génération (Amenábar, León de Aranoa, Medem, Sorín, Burman ), mais aussi la dimension de la vie quotidienne des Espagnols et Hispano-américains, reflet d interrogations contemporaines à travers des documents variés. Les extraits choisis auront une durée de quatre minutes minimum à cinq minutes maximum et présenteront des sujets de densité sémantique et de complexité équivalentes de façon à garantir l'égalité des candidats entre eux, comme cela est déjà le cas pour les documents textuels et iconographiques. Cette introduction d un document audio-visuel à l épreuve en langue étrangère ne saurait se faire au détriment des textes de littérature ou de civilisation, ni des documents iconographiques. À chaque session, les commissions de choix de sujets d oral veilleront en effet à préserver l équilibre entre les différents domaines et supports. Ainsi aucun candidat ne se verra proposer plus d'un document filmique pour l'ensemble des deux épreuves orales (épreuve en langue étrangère et épreuve sur dossier). Comme dans les autres cas, l extrait audio-visuel proposé constituera le document principal à analyser (doc. A) et sera accompagné d un second document d appoint (doc. B), exceptionnellement d un troisième document. Comme dans l épreuve sur dossier telle qu elle est pratiquée actuellement, la continuité dialoguée du document audio-visuel sera intégralement transcrite dans l énoncé des sujets sur papier. Seul le support change, les modalités pratiques de l épreuve en langue étrangère, quant à elles, ne changent pas, et la langue espagnole doit être maîtrisée. 2. Modalités pratiques pour l épreuve L extrait audio-visuel, dans son intégralité, sera projeté quatre fois aux candidats : deux fois au début de la préparation, une fois au milieu et une dernière fois à la fin. Pendant le reste du temps, la bande défilera en boucle, sans le son. Les candidats ne disposeront pas de photogrammes, car cela impliquerait une sélection qui orienterait forcément l analyse. Le repérage des moyens formels mis en œuvre s avère utile dans le cas d une œuvre filmique, mais ne doit en aucun cas être restreint à l énumération des différentes parties du découpage technique. De la même façon, l épreuve ne doit pas donner lieu à un exposé sur l histoire du cinéma : il s agira pour le candidat, comme pour les sujets de littérature, de civilisation ou d iconographie, de démontrer ses capacités à analyser un document particulier. Pour un reportage ou un documentaire à caractère dit civilisationnel, les candidats procéderont comme pour tout document de ce type
62 3. Conditions matérielles requises Chaque salle de préparation sera équipée soit d un écran plat de 42 pouces au minimum et d un lecteur DVD multiformats, soit d un vidéoprojecteur (selon la possibilité de faire l obscurité dans les salles). Afin de permettre à tous les candidats d être à une distance favorable à l identification détaillée des images, les salles de préparation ne présenteront pas une disposition «en autobus». Un matériel de dépannage d urgence sera immédiatement disponible (à partir du matériel existant déjà : lecteurs et téléviseurs, montés sur chariot). Le nouveau matériel mis à disposition constituera également une amélioration pour l épreuve sur dossier comportant un document filmique. Les conditions techniques et matérielles précises seront examinées, en septembre 2007, en concertation avec les institutions de l endroit où ont lieu les épreuves orales du CAPES d espagnol, à savoir le Rectorat de Nice et l Administration du Lycée Honoré d Estienne d Orves. La plus grande attention sera portée au respect des caractéristiques requises ci-dessus pour le déroulement optimal de la préparation de l épreuve par les candidats. À la prochaine rentrée universitaire, très exactement le samedi 6 octobre 2007, une réunion aura lieu (à 10h, à l Amphithéâtre du Lycée Voltaire, 101 avenue de la République, Paris XI e ) pour informer tous les formateurs des universités et des IUFM. L information auprès de chaque centre de formation (y compris le CNED) sera également diffusée par la Société des Hispanistes Français et par le Ministère. Tous les centres de formation universitaire sont invités à envoyer un délégué à cette réunion. À Nice, le 30 août 2007 Christian BOUZY Président du Jury du CAPES externe d espagnol *****
63 CALENDRIER DU TROISIÈME CONCOURS SESSION 2008 Samedi 6 octobre 2007 : réunion d information pour les formateurs universitaires (ELE) Nouvelles dispositions sur l introduction de documents audio-visuels à l épreuve orale en langue étrangère Lycée Voltaire, 101 avenue de la République, PARIS XI e 14 mars 2008 : épreuves écrites d admissibilité Traduction (5h) Centres d examen académiques (organisation rectorale) 1 ère semaine avril 2008 : débuts des travaux du Jury du CAPES externe et du Troisième Concours juin 2008 : résultats d admissibilité sur publinet.fr juin 2008 : épreuves orales d admission Lycée Honoré d Estienne d Orves 13 avenue Honoré d Estienne d Orves Nice Cedex 1 (tél ) 7 juillet 2008 : résultats d admission définitive sur publinet.fr *****
64 ANNEXE-SUJETS ELE Nota bene : pour une étude et un commentaire détaillés des sujets ELE, voir le rapport p. 32. Les lignes qui suivent ne sont qu un commentaire d ordre très général sur l épreuve, en particulier sur le type de sujets que les candidat auront à traiter dans les sessions à venir. Les quatre sujets d analyse de documents en langue étrangère proposés à la session 2007 du Troisième Concours variaient, si l on peut dire, les plaisirs. Dans ce genre d épreuve, les candidats doivent en effet s attendre à tout type de document : de la littérature à la peinture en passant par la civilisation, mais aussi dès la session 2008 à des documents audio-visuels au sens le plus large du terme (voir p. 61) : films divers, publicités, documentaires, extraits télévisés, etc. Bien évidemment, il s agira là de supports contemporains d origine hispanique et hispanoaméricaine, ce qui ne veut pas dire que les époques antérieures seront oubliées. En effet, le cinéma peut nous donner à voir des histoires qui se déroulent dans des époques révolues comme le Moyen Age ; la télévision peut aussi nous proposer des feuilletons tirés d œuvres littéraires célèbres des temps anciens (Don Quijote, etc.). Si le document n est pas historique ou littéraire, sa thématique peut renvoyer à des connaissances historiques ou littéraires que les candidats sont censés avoir. L épreuve d analyse de documents en langue étrangère élargit donc son spectre de supports expressifs à l image animée, mais aussi à tout document dans lequel l oralité a une part prépondérante ; ce qui n était pas le cas jusqu à présent, puisque les sujets proposés étaient en grande partie des documents écrits : trois sujets textuels sur quatre en 2007 pour un sujet iconographique. Il est évident que cette très petite quantité de sujets (quatre par session) impose des choix restrictifs aux interrogateurs, mais ils auront toujours à cœur de faire en sorte que le panorama des sujets proposés soit le plus large possible en ce qui concerne les époques, les lieux et les genres. La session 2007 a ainsi soumis à la réflexion des candidats deux textes littéraires : un essai en prose d Azorín du début du XX e siècle avec une forte tonalité poétique et un renvoi à l Espagne du Siècle d Or, un extrait théâtral lui aussi du début du XX e siècle de Valle-Inclán. Pour sa part, la civilisation, l histoire très contemporaine en fait, a été mise à l honneur avec l analyse des discours tenus dans des circonstances dramatiques par le roi Juan Carlos à l occasion de la fameuse tentative de coup d état de Tejero et des sanglants attentats terroristes de la gare d Atocha. L analyse iconographique n a pas été oubliée et l étude du tableau de Sorolla, Cosiendo la vela (1896), proposait aux candidats de jeter un regard à la fois esthétique et costumbrista sur une époque où le concept de grandeur de l Espagne était mis à mal dans ses fondements par ses propres intellectuels. Un regard attentif et un commentaire avisé permettaient toutefois de montrer que tout n était pas noir dans cette époque d une nation en crise ; ainsi, des artistes espagnols continuaient, malgré tout et malgré la critique, à montrer par leur sens des couleurs et de la lumière une Espagne qui pour être joyeuse n en était pas moins authentique. Le document ne faisait pas appel seulement à une sensibilité esthétique, il renvoyait à tout un contexte historique et culturel Les futurs candidats au Troisième Concours doivent donc s attendre à tout type de documents littéraires, civilisationnels, iconographiques et maintenant audio-visuels. Il n en reste pas moins que la principale attente du jury restera identique à celle des sessions antérieures : dans tous les cas de figure, quel que soit le document proposé, les candidats auront à faire montre à la fois d un savoirfaire (l analyse de documents n est pas un travail qui s improvise) et d une culture hispanique appliquée à différents domaines. Bref, l analyse de documents en langue étrangère est une épreuve exigeante qui demande aux candidats de savoir mobiliser en temps opportun toutes leurs ressources en matière d expression linguistique et en matière de connaissance du monde hispanique
65 ELE AZO/07 CAPES EXTERNE, CAFEP D ESPAGNOL (Troisième Concours et Mention Complémentaire) Session 2007 ÉPREUVE EN LANGUE ÉTRANGÈRE I En español Después de una presentación del conjunto de los documentos, a) analice el documento A, estableciendo las relaciones convenientes con el documento B; b) inserte en su presentación lectura del documento A, desde «Entremos en la catedral [...]» (l. 1) hasta «[...] firmeza de oro» (l. 9). II En français Vous procéderez à une analyse des faits de langue soulignés dans le document A, en fonction des instructions suivantes : 1) étudiez les procédés de formation des vocables : «lomazos» (l. 5), «arboleda» (l. 12), «Extremadura» (l. 15), «Blancaflor» (l. 27) ; 2) identifiez et précisez l emploi des éléments soulignés : «allá, por los confines del horizonte» (l. 5), «aquí están los tundidores [ ] ; allá, [ ], los correcheros» (l ). 1/3-65 -
66 Documento A ELE AZO/07 «Una ciudad y un balcón» No me podrán quitar el dolorido sentir... GARCILASO Entremos en la catedral; flamante, blanca, acabada de hacer está. En un ángulo, junto a la capilla en que se venera la virgen de la quinta angustia, se halla la puertecilla del campanario. Subamos a la torre; desde lo alto se divisa la ciudad y toda la campiña. Tenemos un maravilloso, mágico catalejo: descubriremos con él hasta los detalles más diminutos. Dirijámoslo hacia la lejanía: allá, por los confines del horizonte, sobre unos lomazos redondos, ha aparecido una manchita negra; se remueve, levanta una tenue polvareda, avanza. Un tropel de escuderos, lacayos y pajes es, que acompaña a un noble señor. El caballero marcha en el centro de su servidumbre; ondean al viento las plumas multicolores de su sombrero; brilla el puño de la espada; fulge sobre su pecho una firmeza de oro. Vienen todos a la ciudad; bajan ahora de las colinas y entran en la vega. Cruza la vega un río: sus aguas son rojizas y lentas; ya sesga en suaves meandros, ya se embarranca en hondas hoces. Crecen los árboles tupidos en el llano. La arboleda se ensancha y asciende por las alturas inmediatas. Una ancha vereda parda entre la verdura parte de la ciudad y sube por la empinada montaña de allá lejos. Esa vereda lleva los rebaños del pueblo, cuando declina el otoño, hacia las cálidas tierras de Extremadura. Ahora las mesetas vecinas, la llamada de la vega, los alcores que bordean el río, están llenos de blancos carneros, que sobre las pedrerías forman como grandes copos de nieve. De la lana y el cuero vive la diminuta ciudad. En las márgenes del río hay un obraje de paños y unas tenerías. A la salida del pueblo por la Puerta Vieja se desciende hasta el río; en esa cuesta están las tenerías. Entre las tenerías se ve una casita medio caída, medio arruinada; vive en ese chamizo una buena vieja llamada Celestina que todas las mañanas sale con un jarrillo desbocado y lo trae lleno de vino para la comida, y que luego va de casa en casa, en la ciudad, llevando agujas, gorgueras, garvines, ceñideros y otras brujerías para las mozas. En el pueblo, los oficiales de mano se agrupan en distintas callejuelas; aquí están los tundidores, perchadores, cardadores, arcadores, perailes*; allá, en la otra, los correcheros, guarnicioneros, boteros, chicarreros. Desde que quiebra el alba, la ciudad entra en animación; cantan los perailes* los viejos romances de Blancaflor y del Cid como cantan los cardadores de Segovia en la novela El donado hablador ; tunden los paños los tundidores; córtanles con sus sutiles tijeras el pelo los perchadores; cardan la blanca lana los cardadores; los chicarreros trazan y cosen zapatillas y chapines; embrean y trabajan las botas y cueros en que se ha de encerrar el vino y el aceite, los boteros. Ya se han despertado las monjas de la pequeña monjía que hay en el pueblo; ya tocan las campanitas cristalinas. * perailes = cardadores de paños AZORÍN ( ), Castilla. La ruta de Don Quijote [1905], Madrid, EDAF, ed. 1984, pp /3-66 -
67 Documento B ELE AZO/ Una ojeada a la producción literaria de Martínez Ruiz entre 1893, fecha de la publicación de La crítica literaria en España, y 1904, año de Las confesiones de un pequeño filósofo, nos indica que los comienzos literarios del joven escritor no se caracterizan por su temática viajera, aunque su trayectoria vital en las dos primeras décadas aproximadamente sea un constante ambular [ ]. Antes de cumplir los veinticinco años encontramos dos datos que indican la importancia que Azorín concederá al viaje. El primero de ellos es su artículo publicado en Valencia el día 1 de diciembre de 1894 en Las Bellas Artes, a los veintiún años, en el que el viaje es el eje que hace girar el relato, centrado en los tipos y costumbres que se hallan en un vagón de ferrocarril. El segundo, una carta a Dorado Montero en la que me detendré más adelante, donde se aprecia su interés erudito por los libros geográficos, guías y relatos de viajes como fuente precisa de datos sobre el país. Sin embargo, cuando en 1904 el joven Martínez Ruiz es sustituido o suplantado por Azorín, el viaje, cuyo objetivo es España, se convierte en un elemento más que podremos encontrar a lo largo de su producción en el nuevo siglo; el viaje, entendido como elemento integrante de su incipiente consolidación literaria, deja de ser un pasatiempo, literariamente infecundo, para convertirse en parte activa del proceso creador azoriniano. Hacia 1900 comienzan a aparecer significativos viajes en su creación literaria, tanto en sus novelas como en los artículos periodísticos el viaje es el elemento que vertebra la denuncia social y en los de crítica literaria el viaje leído actúa como pretexto a partir del cual elaborar sus nuevos viajes literarios y como forma de defender algunas visiones equivocadas del país [ ]. Su obra La ruta de Don Quijote, a la que podría ponerse el marbete de crónicas de viajes, es un encargo del diario El Imparcial en 1905 para seguir la ruta literaria del personaje cervantino con motivo del tricentenario de la publicación de la primera parte de nuestro clásico. Azorín recrea la ruta, los personajes, las andanzas quijotescas, y, al leer la obra, se aprecia que ésta es su finalidad, sugerida desde la dirección del periódico. Viaja porque la crónica va a ser publicada, no a la inversa. La experiencia viajera del escritor alicantino tiene una utilidad primordial: la crónica, la colaboración en la prensa no olvidemos que una gran parte de la producción de Azorín la componen libros que recogen sus artículos [ ]. Ramón Gómez de la Serna ya descubrió al viajero Azorín o, precisando más, a los diversos viajeros que habitan en Azorín: un viajero libresco, dentro de la tradición más ortodoxa de su forma de escribir, que viaja sólo con la imaginación que la bibliografía le proporciona; y un segundo viajero, que recorre los lugares, los países, que «ha viajado por su cuenta». Ramón F. LLORENS, «Aproximación al Azorín viajero», en Ramón F. Llorens y Jesús Pérez Magallón (eds.), Luz vital: estudios de cultura hispánica, /3-67 -
68 ELE CAR/07 CAPES EXTERNE, CAFEP D ESPAGNOL (Troisième Concours et Mention Complémentaire) Session 2007 ÉPREUVE EN LANGUE ÉTRANGÈRE I En español Después de una presentación del conjunto de los documentos, a) analice el documento A, estableciendo las relaciones convenientes con los documentos B-C; b) inserte en su presentación lectura del documento A, desde La barbarie terrorista [ ] (l. 1) hasta [ ] de pronta recuperación (l. 14). II En français Vous procéderez à une analyse des faits de langue soulignés dans le document A, en fonction des instructions suivantes : 1) identifiez l élément souligné et analysez ses conditions d emploi «ha sumido hoy a España en el más profundo dolor» (l. 1), «que se acercaban a sus destinos» (l. 3), «A todos, nuestro agradecimiento más profundo» (l. 23) ; 2) après avoir caractérisé les propositions soulignées, vous justifierez leur mode : «con todos aquellos que sufren las consecuencias» (l. 10), «todas las penas que los tribunales les impongan» (l. 17). 1/3-68 -
69 Documento A ELE CAR/07 Palabras de Su Majestad el Rey con motivo de los atentados terroristas perpetrados en Madrid (Palacio de la Zarzuela. Madrid, 11 de marzo de 2004) La barbarie terrorista ha sumido hoy a España en el más profundo dolor, repulsa e indignación. Hombres, mujeres y niños, ciudadanos libres de todas las edades y ocupaciones, incluso de otros países, que se acercaban a sus destinos, escuelas y trabajos, se han encontrado brutalmente confrontados con la muerte y el sufrimiento. Un escenario de pesadilla se ha apoderado de todos los hogares españoles para mostrar la cara más cruel y asesina del terrorismo. En estos trágicos momentos, quiero hacer llegar a las familias de las víctimas mi más profundo afecto y el de toda Mi Familia. Con todos querría fundirme en un abrazo cargado de consuelo y tristeza. Siempre estaremos con vosotros, con todos aquellos que sufren las consecuencias de una locura macabra sin justificación posible. Estos repugnantes atentados sólo merecen la más enérgica y absoluta condena. También me dirijo a los heridos y a sus familias, para expresarles nuestro calor, nuestra cercanía y nuestro deseo de pronta recuperación. Vuestro Rey sufre con todos vosotros, comparte vuestra indignación, y confía en la fortaleza y eficacia del Estado de Derecho para que tan viles y cobardes asesinos caigan en manos de la Justicia, y cumplan en prisión todas las penas que los Tribunales les impongan. Habrán de dar cuenta de sus crímenes, de forma irremisible. Los servicios públicos y los ciudadanos de Madrid, siempre generosos, se han crecido en la tragedia para mostrar su entrega solidaria, su esfuerzo y colaboración. Los Cuerpos y Fuerzas de Seguridad no cesan en su labor en defensa de nuestras libertades. La España de buen corazón ha vibrado una vez más ofreciendo su ayuda material y apoyo moral. A todos, nuestro agradecimiento más profundo. El desaliento no está hecho para los españoles. Somos un gran país, que ha demostrado con creces su capacidad para superar retos y dificultades. Un país que bien sabe que, frente a la sinrazón y la barbarie, sólo cabe la unidad, la firmeza y la serenidad. Unidad, firmeza y serenidad en la lucha contra el terrorismo, con todos los instrumentos que nos proporciona el Estado de Derecho, redoblando nuestros esfuerzos conjuntos para terminar con esta lacra, contando con la acción policial, la labor de la justicia y la cooperación internacional. Unidad, firmeza y serenidad por encima de las legítimas diferencias de opinión, en torno a la más firme voluntad de convivencia pacífica y democrática, que garantiza nuestra Constitución, expresión soberana del pueblo español. En estas horas de inmenso dolor, los españoles estamos llamados, más que nunca, a reafirmar nuestra determinación de acabar con la violencia terrorista. Que no haya duda. El terrorismo nunca conseguirá sus objetivos. No conseguirá doblegar nuestra fe en la democracia, ni nuestra confianza en el futuro de España. Documento B Palabras de Su Majestad el Rey al pueblo español (Madrid, noche del 23 al 24 de febrero de 1981) 5 Al dirigirme a todos los españoles, con brevedad y concisión, en las circunstancias extraordinarias que en estos momentos estamos viviendo, pido a todos la mayor serenidad y confianza y les hago saber que he cursado a los Capitanes Generales de las Regiones Militares, Zonas Marítimas y Regiones Aéreas la orden siguiente: «Ante la situación creada por los sucesos desarrollados en el Palacio del Congreso y para evitar cualquier posible confusión, confirmo que he ordenado a las Autoridades Civiles y a la Junta de Jefes de Estado Mayor que tomen todas las medidas necesarias para mantener el orden constitucional dentro de la legalidad vigente. 2/3-69 -
70 ELE CAR/07 10 Cualquier medida de carácter militar que en su caso hubiera de tomarse deberá contar con la aprobación de la Junta de Jefes de Estado Mayor.» La Corona, símbolo de la permanencia y unidad de la patria, no puede tolerar en forma alguna acciones o actitudes de personas que pretendan interrumpir por la fuerza el proceso democrático que la Constitución votada por el pueblo español determinó en su día a través de referéndum. Documento C Palabras de Su Majestad el Rey a los líderes políticos Madrid, 24 de febrero de Pasados los difíciles momentos que hemos vivido y que ha vivido España en las últimas horas, quiero hacer constar, por medio de estas líneas a las que doy lectura, mi satisfacción por haber superado una situación llena de inquietudes y peligros. He vivido con vosotros la tensión del encierro forzoso en el Palacio del Congreso y os felicito y me felicito por el resultado de tan triste aventura. Por mi parte, hube de tomar las determinaciones oportunas con la máxima decisión y mi postura se refleja con claridad en el breve mensaje que dirigí a los españoles a través de la televisión. Quiero llamar la atención de todos sobre la trascendencia de los acontecimientos que acaban de tener lugar, y no podemos olvidar que aun cuando se hayan solucionado los problemas que tanto nos preocuparon se ha creado una situación delicada que es preciso abordar con la máxima serenidad y mesura. Sería muy poco aconsejable una abierta y dura reacción de las fuerzas políticas contra los que cometieron los actos de subversión en las últimas horas, pero aún resultaría más contraproducente extender dicha reacción, con carácter de generalidad, a las Fuerzas Armadas y a las de Seguridad. De la misma manera que el Rey está muy satisfecho por no haber perdido la calma y poder contribuir a salvar la situación en algún momento crítica dentro de las normas constitucionales, es necesario que todos los grupos políticos mantengan ahora la misma serenidad y prudencia. El Rey os lo pide encarecidamente en pro del mantenimiento del orden constitucional, de la democracia y de la paz. De lo ocurrido será preciso extraer meditadas consecuencias para determinar futuras normas de conducta. Mantenido el orden democrático, invito a todos a la reflexión y a la reconsideración de posiciones que conduzcan a la mayor unidad y concordia de España y de los españoles. Las responsabilidades por las actuaciones que se han producido se determinarán de conformidad con las normas aplicables por la jurisdicción competente y con el vigor que fuese justamente necesario. La Corona se siente orgullosa de haber servido a España con firmeza y en el convencimiento de que la vida democrática y el respeto estricto a los principios constitucionales es la voluntad mayoritaria del pueblo español. Sin embargo, todos deben estar conscientes, desde sus propias responsabilidades, que el Rey no puede ni debe enfrentar reiteradamente, con su responsabilidad directa, circunstancias de tan considerable tensión y gravedad. Ayer se daba la circunstancia de que el gobierno estaba retenido en el Congreso. He valorado muy positivamente la serena conducta de las Fuerzas Armadas y las de Seguridad, que en todo momento han demostrado su disciplina, patriotismo y lealtad a la Corona. La Junta de Jefes de Estado Mayor ha desarrollado una tarea eficaz que quiero agradecer sinceramente. Asimismo agradezco la actitud de todos los miembros de la administración, Comisión de Secretarios de Estado y Subsecretarios, partidos políticos y centrales sindicales, durante las últimas horas, llenas de inquietud y dificultades. Y finalmente reitero a todos mi petición de colaboración leal y desinteresada, superando diferencias secundarias en beneficio de una identificación en los más graves y fundamentales problemas del país, para que podamos consolidar nuestra democracia, dentro del orden, la unidad y la paz. 3/3-70 -
71 ELE VAL/07 CAPES EXTERNE, CAFEP D ESPAGNOL (Troisième Concours et Mention Complémentaire) Session 2007 ÉPREUVE EN LANGUE ÉTRANGÈRE I En español Después de una presentación del conjunto de los documentos, a) analice el documento B, estableciendo las relaciones convenientes con el documento A; b) inserte en su presentación lectura del documento B, desde EL BUFÓN. Hace tres días que toda la Corte [...] (l. 15) hasta [...] los bufones somos como los poetas (l. 27). II En français Vous procéderez à une analyse des faits de langue soulignés dans le document B, en fonction des instructions suivantes : 1) commentez et justifiez la façon dont EL BUFÓN s adresse à ses interlocuteurs en vous appuyant sur les éléments soulignés dans les énoncés : «Cuándo has visto tú que estuviese repleta la bolsa de un pobre bufón?» (l. 10), «Bien se advierte que sois nuevo en este reino» (l. 18), «Ves ahora la semejanza?» (l. 31) ; 2) commentez les conditions d apparition des verbes ser et estar dans les énoncés suivants : «está vacía la andorga» (l. 10), «sois nuevo en este reino» (l. 18), «El Dragón es animal invencible» (l. 21), «No eres loco?» (l. 25). Documento A 5 10 En la pieza afirma Francisco Ruiz Ramón a propósito de Farsa Infantil de la Cabeza del Dragón el autor somete a una coherente deformación pre-esperpéntica algunos valores tradicionales y sus tipos representativos (el militar y la milicia, la realeza, la nobleza), así como a la tradición misma, cuyas formas desustanciadas y sin contenidos reales son puestas en la picota y reducidas al absurdo, mostrando de paso la estúpida crueldad del hombre cuando se aferra a las formas de una tradición vaciada de todo sentido de la realidad. Infantil por la fábula que le sirve de núcleo argumental y farsa esperpéntica casi por la reducción de lo humano a su pura elementalidad hueca y deformada, la obra responde centáuricamente a su título de farsa infantil y es en el teatro de Valle-Inclán la primera sátira del Poder. Francisco RUIZ RAMÓN, Historia del Teatro Español Siglo XX, Madrid, Cátedra, /2-71 -
72 Documento B ELE VAL/07 Resumen del principio. El príncipe Verdemar, el más joven de los tres hijos del Rey Mangucián, ha huido del castillo medieval paterno porque ha transgredido la ley y ha liberado al duende, encarcelado en el torreón. ESCENA SEGUNDA Una venta clásica en la encrucijada de dos malos caminos. Arde en el vasto lar la lumbrada de urces y tojos. En la chimenea ahúma el tasajo, en el pote cuece el pernil. La MARITORNES pela una gallina que cacarea, el mastín roe un hueso y EL VENTERO, con su navaja de a tercia, pica la magra longaniza. Se albergan en la venta un PRÍNCIPE y un BUFÓN. El azar los ha juntado allí y ellos han hecho conocimiento. EL VENTERO. Date prisa, Maritornes. Sirve a estos hidalgos. Qué desean sus mercedes? EL BUFÓN. Beber y comer. EL VENTERO. Está repleta la bolsa? EL BUFÓN. Está vacía la andorga. Cuándo has visto tú que estuviese repleta la bolsa de un pobre bufón que sólo espera poder embarcarse para las Indias? EL VENTERO. No estabas al servicio de la hija del Rey Micomicón? EL BUFÓN. Pobre señora mía! EL VENTERO. Se ha casado? EL BUFÓN. Hace tres días que toda la Corte viste por ella de luto. EL PRÍNCIPE VERDEMAR. Cómo puede ser estando viva? Yo la he visto pasear en los jardines de su palacio, y quedé maravillado de tanta hermosura. EL BUFÓN. Bien se advierte que sois nuevo en este reino y no tenéis noticia de la presencia del Dragón. Hace tres días que ruge ante los muros de la ciudad, pidiendo que le sea entregada la Señora Infantina. Salieron a combatirle los mejores caballeros, y a todos ha vencido y dado muerte. EL VENTERO. El Dragón es animal invencible, y salir a pelear con él, la mayor locura. EL BUFÓN. Por eso, yo, antes de verme en tal aprieto, dejo el servicio de la Señora Infantina y me embarco para dar conferencias en las Indias. EL PRÍNCIPE VERDEMAR. Pues a ti no te estaría mal salir con tus cascabeles a pelear con el Dragón. No eres loco? No has vivido de decir locuras en la Corte? EL BUFÓN. De decirlas, pero no de hacerlas, amigo mío. Hacerlas es negocio de los cuerdos. Los bufones somos como los poetas. EL PRÍNCIPE VERDEMAR. A fe que no alcanzo la semejanza. EL BUFÓN. Un poeta acaba un soneto lleno de amorosas quejas, la mayor locura sutil y lacrimosa, y tiene a la mujer en la cama con la pierna quebrada de un palo. Aparenta una demencia en sus versos y sabe ser en la vida más cuerdo que un escribano. Ves ahora la semejanza? Pues aún hay otra. Cuando la música de los versos y la música de los cascabeles no basta aquí para llenar la bolsa, bufones y poetas nos embarcamos para dar conferencias en las Indias. EL PRÍNCIPE VERDEMAR. Tú piensas presentarte con tal sayo en esas tierras lejanas? Procura llegar en Carnaval, que si no habrán de seguirte tirándote piedras. EL BUFÓN. Sería una manera de anunciarme. Pero este vestido solamente pienso llevarlo en tanto no ahorre para otro. Salí del palacio sin cobrar mi soldada de todo un año! EL PRÍNCIPE VERDEMAR. Tanto enojo causaste con tu despedida a la Infantina? Lo comprendo, porque fue ingratitud muy grande dejarla cuando más necesitaba que la divirtieses con tus burlas y donaires. EL BUFÓN. Imaginas que hay burlas capaces de divertir a quien espera la muerte entre los dientes de un terrible Dragón? Los bufones somos buenos para la gente holgazana y sin penas. Yo lo aprendí pronto, y sólo después de los banquetes dije donaires en el palacio del Rey Micomicón. Si corriste mundo, habrás visto cómo en España, donde nadie come, es la cosa más difícil el ser gracioso. Sólo en el Congreso hacen allí gracia las payasadas. Sin duda porque los padres de la Patria comen en todas partes, hasta en España. Por lo demás, si no cobré mis salarios fue por estar vacías las arcas reales. EL PRÍNCIPE VERDEMAR. Tan mal anda el noble Rey Micomicón? EL BUFÓN. Gasta mucho esa gente! Ramón María del VALLE-INCLÁN, Farsa Infantil de la Cabeza del Dragón, 1909 (Primera publicación: 1914 en Tablado de marionetas para educación de príncipes) 2/2-72 -
73 ELE SOR/07 CAPES EXTERNE CAFEP D ESPAGNOL (Troisième Concours) Session 2007 ÉPREUVE EN LANGUE ÉTRANGÈRE I En español Después de una presentación del conjunto de los documentos, a) analice el documento B, estableciendo las relaciones convenientes con el documento A; b) inserte en su presentación la lectura del documento A desde Incluso se puede añadir [ ] (l. 1) hasta [ ] la sensualidad valenciana de Sorolla (l. 8). II En français Vous procéderez à une analyse des faits de langue soulignés dans le document A, en fonction des instructions suivantes : 1) identifiez les éléments de l énoncé «es conquistado por el paisaje» (l. 2) et commentez la construction verbale, d une manière générale puis en contexte ; 2) identifiez la forme suivante «Recuérdese» (l. 8) et commentez ses particularités morphologiques, syntaxiques et sémantiques. Document A Incluso se puede añadir que Sorolla, que no es un pintor que se pueda relacionar fácilmente con el 98, también es conquistado por el paisaje español. Es decir, a partir de comienzos de siglo hace campañas de paisaje por las tierras de España; se cartea a lo largo de esas campañas con Cossío y con Giner. Por eso nos ha parecido oportuno traer aquí algunos paisajes de Sorolla, a pesar de que Sorolla es, en lo estético, el adversario, por ejemplo, de Unamuno. Unamuno considera que el pintor que expresa mejor la raza es Zuloaga o si acaso Regoyos, no desde luego Sorolla. En toda la literatura finisecular hay como una especie de repudio de la sensualidad valenciana de Sorolla. Recuérdese por ejemplo aquel verso de Machado que habla de «los clamores de mercaderes de Levante», es una metáfora para repudiar el sorollismo como algo demasiado voluptuoso, demasiado sensual, alejado de la voluntad espiritualista de los escritores finiseculares y demasiado interesado en las ventas. A Unamuno, prácticamente, le parecía lúbrico Sorolla de puro voluptuoso. Javier Tusell, «El regeneracionismo y las artes plásticas», in 1/2-73 -
74 Documento B ELE SOR/07 Joaquín SOROLLA y BASTIDA ( ), Cosiendo la vela, x 302 cm Museo d Arte Moderna Ca'Pesaro, Venecia 2/2-74 -
MERCI DE NOUS RENVOYER VOTRE TEST A : [email protected] TEST ESPAGNOL NOM DU STAGIAIRE : PRENOM DU STAGIAIRE :
MERCI DE NOUS RENVOYER VOTRE TEST A : [email protected] SOCIETE : RESPONSABLE FORMATION : TEST ESPAGNOL TELEPHONE : FAX : NOM DU STAGIAIRE : PRENOM DU STAGIAIRE : TELEPHONE : FAX : DATE DU TEST ECRIT
Langue Française. Syllabus A1. Description globale du niveau A1 utilisateur élémentaire
Langue Française Redatto da Dott.ssa Annie Roncin Syllabus A1 Description globale du niveau A1 utilisateur élémentaire L étudiant peut : -comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes
Et avant, c était comment?
3 Et avant, c était comment? Objectifs de l unité Tâche La première partie de l évaluation comprend une tâche, QUELS CHANGEMENTS!, divisée en quatre phases. Dans la première phase, il s agit d écouter
Créer un mémento grammatical portatif et évolutif pour tablettes et smartphones
Enseigner les Langues et Cultures de l Antiquité avec les TICE http://lettres.ac-dijon.fr TraAM travaux académiques mutualisés, un accompagnement au développement des usages des TIC Créer un mémento grammatical
CAP TERTIAIRE/INDUSTRIEL
Session : 2005 Code : Page : 1/4 CAP TERTIAIRE/INDUSTRIEL Epreuve de Français SESSION 2005 SUJET Ce sujet comporte 4 pages : de la page 1/4 à la page 4/4. Assurez-vous que cet exemplaire est complet. Si
fiche D AUTOCORRECTION Frimousse, une petite chienne qu'on a adoptée le mois dernier, est intelligente et docile.
fiche D AUTOCORRECTION 3.4 Les accords sont corrects dans chaque groupe du nom. On met souvent sur le dos de l inattention les erreurs d orthographe grammaticale. Bien accorder les mots exige de l observation
Tableau des contenus
Tableau des contenus Dossier 1 L image dans les relations amicales, sociales, professionnelles et amoureuses Dossier 2 Présenter quelqu un Je séduis. Parler de son rapport à l image. Caractériser des personnes
Livret personnel de compétences
Livret personnel de compétences Grilles de références pour l évaluation et la validation des compétences du socle commun au palier 2 Janvier 2011 MENJVA/DGESCO eduscol.education.fr/soclecommun LES GRILLES
Règles d élaboration d une évaluation par Questions à Choix Multiple Joël LECHEVALLIER 1
Règles d élaboration d une évaluation par Questions à Choix Multiple Joël LECHEVALLIER 1 Préambule Les questions à choix multiple (QCM) sont une méthode à la fois fiable, objective, valide et rentable
Utilisation des auxiliaires avoir et être
AVOIR MATÉRIEL ET ÊTRE POUR ALLOPHONES 1 Groupe verbal Utilisation des auxiliaires avoir et être 1 DIFFÉRENTS CONTEXTES D EMPLOI DU VERBE AVOIR Être dans un certain état physique, moral ou intellectuel.
PRÉPARER LA PREMIÈRE ÉPREUVE ORALE D ADMISSION OPTION EPS. DEVOIRS SUPPLÉMENTAIRES 1 et 2
CONCOURS DE RECRUTEMENT DE PROFESSEURS DES ÉCOLES PRÉPARER LA PREMIÈRE ÉPREUVE ORALE D ADMISSION OPTION EPS DEVOIRS SUPPLÉMENTAIRES 1 et 2 Rédaction Jean-Pierre GUICHARD Conseiller pédagogique en EPS Ministère
I. Le déterminant Il détermine le nom. Le déterminant indique le genre, le
I. Le déterminant Il détermine le nom. Le déterminant indique le genre, le nombre et le degré de détermination du nom. 1. L article le, la, les, l, d, au, aux, du, des, un, une, des, du, de l, de la, des.
Concours 2008 / 2009 externe et interne réservé d ingénieurs des services culturels et du patrimoine, spécialité «services culturels»
Concours 2008 / 2009 externe et interne réservé d ingénieurs des services culturels et du patrimoine, spécialité «services culturels» Le présent rapport a pour objet de donner une appréciation générale
Atelier rédactionnel
Baccalauréat professionnel Gestion - Administration Atelier rédactionnel Exemples de séances réalisées en première et au début de l année de terminale Joëlle PERRETIER & Patrice VIRIEUX Lycée professionnel
Proposition de séquence collège/lycée. Niveau A2 A2+
Proposition de séquence collège/lycée Niveau A2 A2+ Titre : De vacaciones! Le professeur présentera les objectifs de la séquence afin de donner du sens aux apprentissages. Il pourra donner la tâche finale
eduscol Ressources pour la voie professionnelle Français Ressources pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel
eduscol Ressources pour la voie professionnelle Ressources pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel Français Présentation des programmes 2009 du baccalauréat professionnel Ces documents
DISCOURS DIRECT ET INDIRECT
DISCOURS DIRECT ET INDIRECT Si vous voulez rapporter les paroles de quelqu un, vous pouvez utiliser le discours direct ou le discours indirect (nous n aborderons pas ici le style indirect libre, qui relève
Le Crédit-bail mobilier dans les procédures collectives
Aimé Diaka Le Crédit-bail mobilier dans les procédures collectives Publibook Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook
majuscu lettres accent voyelles paragraphe L orthographe verbe >>>, mémoire préfixe et son enseignement singulier usage écrire temps copier mot
majuscu conjugaison >>>, L orthographe singulier syllabe virgule mémoire lettres et son enseignement graphie suffixe usage accent ; écrire féminin temps voyelles mot point Renforcer l enseignement de l
La rue. > La feuille de l élève disponible à la fin de ce document
La rue Grandir, qu est-ce que cela signifie vraiment? Un jeune qui a vécu isolé dans les rues de Paris témoigne. Cette fiche pédagogique propose de découvrir une réalité peu connue de la France d aujourd
Notice du concours admission sur licence. Ecole Centrale Casablanca
Notice du concours admission sur licence Ecole Centrale Casablanca 2015 Ce concours vise à recruter des élèves en licence universitaire. Il a vocation à identifier des étudiants : Ayant déjà atteint un
Langue, techniques de rédaction et correction d épreuves (412-2A1-LG)
Langue, techniques de rédaction et correction d épreuves (412-2A1-LG) Programme : Services paralangagiers (Recherche documentaire en traduction) Plan de cours Introduction Frais d inscription Ce cours
Français langue étrangère Savoir-faire - Actes de paroles - Supports d apprentissage -Tâches
Niveau C1 Descripteur global Français langue étrangère Savoir-faire - Actes de paroles - Supports d apprentissage -Tâches La personne peut : comprendre en détail de longs discours et des échanges complexes
Méthode du commentaire de document en Histoire
Méthode du commentaire de document en Histoire I. Qu est-ce qu un commentaire de document? En quelques mots, le commentaire de texte est un exercice de critique historique, fondé sur la démarche analytique.
LE DISCOURS RAPPORTÉ
LE DISCOURS RAPPORTÉ Le discours rapporté Le discours rapporté direct et indirect On parle de discours rapporté quand une personne rapporte les paroles d une autre personne ou bien ses propres paroles.
Rédacteur territorial principal de 2 ème classe L ENTRETIEN AVEC UN JURY
17/10/2013 Document élaboré par les membres d une cellule pédagogique nationale associant des représentants des centres de gestion de la fonction publique territoriale Rédacteur territorial principal de
quelque quelque(s) quel(s) que/quelle(s) que quel(s) / quelle(s) qu elle(s)
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES QUELQUE HOMOPHONES QUELQUE(S) QUEL(S) QUE/QUELLE(S) QUE QUEL(S)/QUELLE(S) QU ELLE(S) 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes quelque quelque(s) quel(s)
SECUENCIA 1 ASÍ SOY YO
SECUENCIA 1 ASÍ SOY YO NIVEAU : A1-A2 (début du 1 er trimestre de 2 nde ). Références au programme : Références au CECRL : Contexte culturel : - «l art de vivre ensemble» : l identité de la communauté
CE QUE PARCE QUE 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES PAR HOMOPHONES CE QUE PARCE QUE 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes par ce que parce que par ce que : préposition par suivi du pronom démonstratif
Les concours de l Assemblée nationale
A S S E M B L É E N A T I O N A L E Les concours de l Assemblée nationale Les informations contenues dans cette brochure ont été mises à jour en septembre 2012 ASSEMBLÉE NATIONALE Service des Ressources
MON LIVRET DE COMPETENCES EN LANGUE (Socle commun) Niveau A1/A2 / B1
Nom : Prénom :.. MON LIVRET DE COMPETENCES EN LANGUE (Socle commun) Niveau A1/A2 / B1 Récapitulatif pour la validation du Diplôme National du Brevet (Attestation du Niveau A2 en Langue Vivante) : ACTIVITES
23. Le discours rapporté au passé
23 23. Le discours rapporté au passé 23.1 LE DISCOURS INDIRECT On utilise le discours indirect pour transmettre : Les paroles de quelqu un qui n est pas là : Il me dit que tu pars. Les paroles de votre
I/ CONSEILS PRATIQUES
D abord, n oubliez pas que vous n êtes pas un enseignant isolé, mais que vous appartenez à une équipe. N hésitez jamais à demander des idées et des conseils aux autres collègues (linguistes et autres)
Le passé composé. J ai trouvé 100 F dans la rue. Il est parti à 5 h 00.
Le passé composé J ai trouvé 100 F dans la rue. Il est parti à 5 h 00. Le passé composé présente des actions passées, ponctuelles, et d une durée délimitée dans le passé. Formation : avoir ou être (au
Des conditions d accueil privilégiées au lycée Couperin
Pourquoi "oser la prépa ECE "? La CPGE ECE (classe préparatoire aux grandes écoles économique et commerciale voie économique) appelée aussi prépa HEC voie éco est un tremplin d accès aux grandes écoles
B I L A N - S E S S I O N 2 0 1 4
Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt Service des ressources humaines Sous-direction du développement professionnel et des relations sociales Bureau des concours et des examens
Joëlle Bolot, Stéphane Cipriani.
Joëlle Bolot, Stéphane Cipriani. Sommaire Programme, Capacités (http://www.education.gouv.fr/cid50636/ mene0925419a.html) Dossier documentaire d histoire géographie en CAP : Note de cadrage de l épreuve.
FRENCH 3900- Language (Advanced Level III)
Professeur : Ivan Chow ([email protected]) Consultation : Par rendez-vous enligne ou par courriel Description générale du cours : FRENCH 3900- Language (Advanced Level III) grammaticale fournie dans & al.
CONSTRUCTION DE L'INFORMATION
CONSTRUCTION DE L'INFORMATION «Quand l information devient fiction» DEMARCHE DE CONCEPTION DE LA SEQUENCE 1. Compétences, objet d'étude, questions, choix de l œuvre, problématique de la séquence. J ai
Dis-moi ce que tu as fait, je te dirai qui tu es 1
Dis-moi ce que tu as fait, je te dirai qui tu es 1 1. la lettre qu il A écrite A. Observez les phrases suivantes et soulignez les participes passés. Que remarquez-vous? Le CV qu il a envoyé. Le document
Homophones grammaticaux de catégories différentes. s y si ci
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES S Y HOMOPHONES SI CI 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes s y si ci s y : pronom personnel se (e élidé devant une voyelle) à la troisième personne
Le système d évaluation par contrat de confiance (EPCC) *
André ANTIBI Le système d évaluation par contrat de confiance (EPCC) * * extrait du livre «LES NOTES : LA FIN DU CAUCHEMAR» ou «Comment supprimer la constante macabre» 1 Nous proposons un système d évaluation
FORMATIONS LINGUISTIQUES DIPLOMES, TESTS & EXAMENS D ESPAGNOL COCEF
FORMATIONS LINGUISTIQUES DIPLOMES, TESTS & EXAMENS D ESPAGNOL COCEF CHAMBRE OFFICIELLE DE COMMERCE D ESPAGNE EN FRANCE CAMARA OFICIAL DE COMERCIO DE ESPAÑA EN FRANCIA www.cocef.com 22, rue Saint Augustin
ENTRE LES MURS : L entrée en classe
ENTRE LES MURS : L entrée en classe Réalisation : Laurent Cantet Production : Haut et Court Genre : comédie dramatique Adaptation du livre «Entre les murs» de François Bégaudeau, éditions Gallimard 2006.
Réaliser un journal scolaire
Réaliser un journal scolaire 1/ Connaître le journal et ses contenus Pour que les élèves puissent à leur tour devenir producteurs, il faut absolument qu ils apprennent à connaître le journal et ses contenus.
Synthèse «Le Plus Grand Produit»
Introduction et Objectifs Synthèse «Le Plus Grand Produit» Le document suivant est extrait d un ensemble de ressources plus vastes construites par un groupe de recherche INRP-IREM-IUFM-LEPS. La problématique
Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie)
Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie) Commentaire du film d introduction de l intervention de Garth Larcen et son fils Max, entrepreneur aux U.S.A. Garth Larcen
EXAMEN CRITIQUE D UN DOSSIER TECHNIQUE
EXAMEN CRITIQUE D UN DOSSIER TECHNIQUE (Préparation : 5 heures -- Exposé et Questions : 1 heure) Rapport établi par : P.J. BARRE, E. JEAY, D. MARQUIS, P. RAY, A. THIMJO 1. PRESENTATION DE L EPREUVE 1.1.
Je veux apprendre! Chansons pour les Droits de l enfant. Texte de la comédie musicale. Fabien Bouvier & les petits Serruriers Magiques
Je veux apprendre! Chansons pour les Droits de l enfant Texte de la comédie musicale Fabien Bouvier & les petits Serruriers Magiques Les Serruriers Magiques 2013 2 Sommaire Intentions, adaptations, Droits
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES QUANT QUAND 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES QU EN HOMOPHONES QUANT QUAND 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes qu en quant quand qu en : que (e élidé devant une voyelle) suivie de en, pronom qui
Diapo 1. Objet de l atelier. Classe visée. Travail en co-disciplinarité (identité et origine académique des IEN)
COMMENTAIRE Séminaire national Réforme de la série Gestion-administration Lyon 10 et 11 mai 2012 Vendredi matin Martine DECONINCK (IEN EG), Michèle SENDRE (IEN L), Isabelle VALLOT (IEN EG) Diapo 1. Objet
Université de Lorraine Licence AES LIVRET DE STAGE LICENCE 2014-2015
Université de Lorraine Licence AES LIVRET DE STAGE LICENCE 2014-2015 1 LA REDACTION DU RAPPORT DE STAGE Le mémoire ne doit pas consister à reprendre tels quels des documents internes de l entreprise ou
Absence ou présence erronée d un mot ou d un groupe syntaxique
D UN SYNTAXE MOT OU D UN GROUPE SYNTAXIQUE 1 Problèmes fréquents Absence ou présence erronée d un mot ou d un groupe syntaxique Les erreurs d ordre syntaxique contenues dans cet exercice sont multiples
Qu est-ce qu une tâche?
Qu est-ce qu une tâche? «Tâches», «Perspective actionnelle», «activités centrées sur le sens» Ce sont des concepts dont on entend beaucoup parler dans notre profession, mais que signifient-ils exactement?
LE COURRIER D ENTREPRISE
Michelle Fayet Aline Nishimata format 170 x 240 mm dos 16,2 mm SAVOIR RÉDIGER LE COURRIER D ENTREPRISE Améliorez vos écrits professionnels! Dans un objectif d efficacité, ce livre propose de nombreux conseils
LES RÉSEAUX SOCIAUX ET L ENTREPRISE
LES RÉSEAUX SOCIAUX ET L ENTREPRISE PAR MADAME CHRISTINE LEROY COMMUNITY MANAGER, AGENCE NETPUB Tout d abord, je voudrais remercier le Professeur Drouot de m avoir invitée à cette passionnante table ronde.
L élaboration de la fiche de poste
L élaboration de la fiche de poste 1 Guide pratique pour l élaboration de la fiche de poste Christine SCHMELTZ-OSCABY 40 Allée Ikinoak - 64210 Guethary tél.: 06 07 51 95 97 E-mail :[email protected]
Subordonnée circonstancielle de temps
DE MATÉRIEL TEMPS POUR ALLOPHONES 1 Notion de phrase Subordonnée circonstancielle de temps La subordonnée circonstancielle de temps sert à situer l action dans le temps. Elle peut exprimer : la simultanéité
leur(s) leur LES EXERCICES DE FRANÇAIS DU CCDMD www.ccdmd.qc.ca Homophones grammaticaux de catégories différentes
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES LEUR(S) HOMOPHONES LEUR 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes leur(s) leur leur(s) : déterminant possessif. Il fait partie d un GN dont le noyau est
Bourse de recherche Jeff Thompson. Politique et procédures
Bourse de recherche Jeff Thompson Politique et procédures Table des matières Objet et contexte... 2 Financement... 2 Candidats admissibles... 3 Processus de sélection et d attribution de la bourse... 4
CANDIDATE S CORRIDOR SHEET
FORM 3 (3 rd Year) FRENCH Paper 1 (20 points) CANDIDATE S CORRIDOR SHEET Interprétation orale d un document authentique Vous avez quelques minutes pour examiner cette photo. Jeu de rôle Vous avez 5 minutes
Questionnaire pour connaître ton profil de perception sensorielle Visuelle / Auditive / Kinesthésique
Questionnaire pour connaître ton profil de perception sensorielle Visuelle / Auditive / Kinesthésique BUT : Découvrir ton profil préférentiel «Visuel / Auditif / Kinesthésique» et tu trouveras des trucs
ACTIVITÉS DE COMMUNICATION LANGAGIÈRE ET STRATÉGIES
référence pour les langues ACTIVITÉS DE COMMUNICATION LANGAGIÈRE ET STRATÉGIES Activités de production et stratégies PRODUCTION ORALE GÉNÉRALE MONOLOGUE SUIVI : décrire l'expérience MONOLOGUE SUIVI : argumenter
Spécialité auxiliaire en prothèse dentaire du brevet d études professionnelles. ANNEXE IIb DEFINITION DES EPREUVES
ANNEXE IIb DEFINITION DES EPREUVES 51 Epreuve EP1 : ANALYSE ET COMMUNICATION TECHNOLOGIQUES UP1 Coefficient 4 Finalité et objectifs de l épreuve L épreuve vise à évaluer la capacité du candidat à mobiliser
Deux exemples de paragraphes, donnés en contre-point l un de l autre :
Un exemple d utilisation des TICE en classe : Correction de devoir appuyée sur la projection au TBI de paragraphes écrits par les élèves. Outils informatiques utilisés : - ordinateur et scanner à la maison
Techniques d accueil clients
Techniques d accueil clients L accueil est une des phases capitales lors d un entretien de vente. On se rend tout à fait compte qu un mauvais accueil du client va automatiquement engendrer un état d esprit
Déterminants possessifs
POSSESSIFS MATÉRIEL POUR ALLOPHONES 1 Déterminants Déterminants référents Déterminants possessifs Le déterminant possessif indique une relation d appartenance, de possession, de parenté, d origine, etc.,
MASTER Mention MEEF. «Métiers de l Enseignement, l Education et la Formation Second Degré». Spécialité : HISTOIRE-GEOGRAPHIE
MASTER Mention MEEF «Métiers de l Enseignement, l Education et la Formation Second Degré». Spécialité : HISTOIRE-GEOGRAPHIE Nouveau master mis en place à compter de septembre 2013 pour les M1. Pour le
COURS CAPITOLE CONCOURS TREMPLIN 2 :
COURS CAPITOLE CONCOURS TREMPLIN 2 : Les admissions parallèles sont un moyen d intégrer une école supérieure de commerce, sans avoir à effectuer les classes préparatoires. Les étudiants issus d un 1er
Choisir entre les pronoms relatifs qui et lequel, précédés ou non d une préposition
PRÉCÉDÉS SYNTAXE OU NON D UNE PRÉPOSITION 1 Phrases subordonnées Choisir entre les pronoms relatifs qui et lequel, précédés ou non d une préposition En cliquant sur le bouton «Rubrique grammaticale» dans
Chapitre 2 LE CAS PRATIQUE
Chapitre 2 LE CAS PRATIQUE Demande de conseil. Le cas pratique est un exercice juridique qui, à l instar d une personne se trouvant en situation de litige avec autrui, demande conseil. C est un exercice
Un atelier philo pour se reconnaitre hommes et femmes
Débat et argumentation Un atelier philo pour se reconnaitre hommes et femmes à travers le partage d expériences «La question se pose de savoir si le lien social ne se constitue que dans la lutte pour la
COMMENT PARLER DES LIVRES QUE L ON N A PAS LUS?
Né dans un milieu où on lisait peu, ne goûtant guère cette activité et n ayant de toute manière pas le temps de m y consacrer, je me suis fréquemment retrouvé, suite à ces concours de circonstances dont
Arcueil, le 21 février 2011. Le Directeur du Service Interacadémique des Examens et Concours. Madame la Directrice générale des ressources humaines,
Arcueil, le 21 février 2011 Le Directeur du Service Interacadémique des Examens et Concours à Madame la Directrice générale des ressources humaines, OBJET : EXAMEN PROFESSIONNEL D ACCES AU GRADE DE SECRETAIRE
DESCRIPTEURS NIVEAU A2 du Cadre européen commun de référence pour les langues
DESCRIPTEURS NIVEAU A2 du Cadre européen commun de référence pour les langues ACTIVITÉS DE COMMUNICATION LANGAGIÈRE ET STRATÉGIES Activités de production et stratégies PRODUCTION ORALE MONOLOGUE SUIVI
REGLEMENT DU DIPLOME DE MASTER DROIT ECONOMIE GESTION MENTION "ECONOMIE APPLIQUEE"
REGLEMENT DU DIPLOME DE MASTER DROIT ECONOMIE GESTION MENTION "ECONOMIE APPLIQUEE" SPECIALITE FINANCE DE MARCHE, EPARGNE INSTITUTIONNELLE ET GESTION DE PATRIMOINE (Dispositions générales Contrôle des connaissances
Thèmes et situations : Cadre et conditions de travail. Fiche pédagogique
Ressources pour les enseignants et les formateurs en français des affaires Activité pour la classe : CFP Crédit : Joelle Bonenfant, Jean Lacroix Thèmes et situations : Cadre et conditions de travail Fiche
Ne tombez pas dans les pièges tendus par
Ne tombez pas dans les pièges tendus par Ce que vous devez savoir avant de dépenser votre 1 er sur Adwords Guide gratuit offert par le site www.ledroitdereussir.com Introduction Dans un instant vous allez
PLAN D ÉTUDES. école fondamentale
PLAN D ÉTUDES école fondamentale Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, Vu la loi du 6 février 2009 portant organisation de l enseignement fondamental; Notre Conseil d État entendu; Sur le
À propos d exercice. fiche pédagogique 1/5. Le français dans le monde n 395. FDLM N 395 Fiche d autoformation FdlM
fiche pédagogique FDLM N 395 Fiche d autoformation FdlM Par Paola Bertocchini et Edvige Costanzo Public : Futurs enseignants en formation initiale et enseignants en formation continue Objectifs Prendre
A vertissement de l auteur
A vertissement de l auteur Attention, ce livre n est pas à mettre entre toutes mains ; il est strictement déconseillé aux parents sensibles. Merci à Madame Jeanne Van den Brouck 1 qui m a donné l idée
LES PRONOMS INTERROGATIFS
LES PRONOMS INTERROGATIFS 1) Le pronom interrogatif permet de questionner. Qui a le droit de vote dans cette assemblée? Il y a du camembert et du brie, lequel veux-tu? 2) Il y a deux catégories de pronoms
École : Maternelle. Livret de suivi de l élève. Nom : Prénom : Date de naissance : Année d entrée à l école maternelle :
École : Maternelle Livret de suivi de l élève Nom : Prénom : Date de naissance : Année d entrée à l école maternelle : Livret de suivi de l élève à l école maternelle Chaque compétence est évaluée selon
Plus de 43 000 recrutements et deux concours externes
Plus de 43 000 recrutements et deux concours externes 2013 marque le début de la refondation de la formation initiale des enseignants > Pour remplacer les départs des enseignants en 2013, 22 100 postes
REPUBLIQUE FRANCAISE. Contentieux n A.2009.002 et A.2009.007
REPUBLIQUE FRANCAISE 1 COUR NATIONALE DE LA TARIFICATION SANITAIRE ET SOCIALE Contentieux n A.2009.002 et A.2009.007 Président : M. DURAND-VIEL Rapporteur : Mme WOLF Commissaire du gouvernement : Mme PICARD
Les élèves nouveaux arrivants non francophones en 2010-2011
note d information 12.1 MARS 38 1 nouveaux arrivants non francophones de plus de 6 ans ont été scolarisés au cours de l année scolaire 21-211 : 18 5 dans les écoles élémentaires, 16 2 dans les collèges
Les petits pas. Pour favoriser mon écoute. Où le placer dans la classe? Procédurier. Adapter les directives. Référentiel Présentation des travaux
Tombe facilement dans la lune (distraction interne) Compenser les déficits d attention des élèves ayant un TDAH : des moyens simples à proposer aux enseignants Line Massé Département de psychoéducation,
N Y OU OÙ 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes. ni n y ou où
GRAMMATICAUX DE CATÉGORIES DIFFÉRENTES NI HOMOPHONES N Y OU OÙ 1 Homophones grammaticaux de catégories différentes ni n y ou où NI N Y ni : conjonction de coordination. ni est le pendant négatif de ou
Compréhension de l oral
1 DOCUMENT RÉSERVÉ AUX CORRECTEURS CORRIGÉ ET BARÈME Compréhension de l oral 25 points Vous allez entendre trois documents sonores, correspondant à des situations différentes. Pour le premier et le deuxième
Accompagnement personnalisé 6e
éduscol Accompagnement personnalisé 6e Accompagnement personnalisé en 6ème Problème pédagogique : l élève fait des erreurs dans la conjugaison du présent de l indicatif. Compétence 1 : Conjuguer les verbes,
Comment répondre aux questions d un examen en droit qui sont basées sur des faits
Comment répondre aux questions d un examen en droit qui sont basées sur des faits Types de questions d examen Un examen en droit peut comporter plusieurs types de questions : à réponse courte, à développement,
Fiche pédagogique : ma famille et moi
Fiche pédagogique : ma famille et moi Tâche finale de l activité : Jouer au «Cluedo» Niveau(x) Cycle 3 Contenu culturel : - jeux de sociétés Connaissances : Connaissances requises : - cf séquences primlangue
Guide du mémoire de fin d études
Guide du mémoire de fin d études à destination des enseignants et des étudiants Septembre 2011 AVERTISSEMENT Ce document rassemble les dispositions réglementaires d une part, le cadre des dispositions
N 334 - SIMON Anne-Catherine
N 334 - SIMON Anne-Catherine RÉALISATION D UN CDROM/DVD CONTENANT DES DONNÉES DU LANGAGE ORAL ORGANISÉES EN PARCOURS DIDACTIQUES D INITIATION LINGUISTIQUE A PARTIR DES BASES DE DONNÉES VALIBEL Introduction
Et si vous faisiez relire et corriger vos textes par un professionnel?
Le Robert lance Et si vous faisiez relire et corriger vos textes par un professionnel? dossier de presse - 2014 L avis des Français Étude Ipsos pour Le Robert réalisée sur un échantillon de 1 001 Français
Centre Culturel Français d Alger Département de langue française OFFRE DE FORMATION COURS - DIPLÔMES - TESTS AMBASSADE DE FRANCE
Centre Culturel Français d Alger Département de langue française OFFRE DE FORMATION COURS - DIPLÔMES - TESTS AMBASSADE DE FRANCE OFFRE DE FORMATION COURS - DIPLÔMES - TESTS Sommaire : Sessions de formation...
FICHE PÉDAGOGIQUE -Fiche d enseignant-
FICHE PÉDAGOGIQUE -Fiche d enseignant- o Thème : o Objectifs pédagogiques : o Nievau : o Public : o Durée : o Matériel nécessaire : o Source : o Disposition de la classe : travail avec le livre Et si c
Distinction des questions et des consignes
ET ŒIL DES CONSIGNES (OUTILS D EXPLORATION ET D INTÉGRATION DE LA LECTURE) 1 Questions et consignes Distinction des questions et des consignes Théorie Comment différencier les questions et les consignes
PRÉSCOLAIRE. ANDRÉE POULIN (devant la classe) : Je me présente, mais je pense que vous connaissez déjà mon nom, hein? Je m'appelle Andrée.
PRÉSCOLAIRE Enfants qui chantent Une tête remplie d idées Qui me permet de rêver Qui me permet d inventer Imagine. ANDRÉE POULIN (devant la classe) : Je me présente, mais je pense que vous connaissez déjà
