TEMPS FORTS à DROUOT MONTAIGNE



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Transcription:

TEMPS FORTS à DROUOT MONTAIGNE Du 9 au 14 Novembre 2010, EUROP AUCTION présentera une dizaine de lots aux Temps Forts de Drouot Montaigne. Découvrez en avantpremière cette sélection de mobilier et objets d art qui passeront ensuite en vente publique à Drouot le 17 Novembre (salle 1 - préexposition la veille de 11h à 18h et le matin de la vente de 11h à 12h catalogue disponible sur demande auprès de l étude). Estimation : 50 000 / 60 000 BERGERE SENE CHATEAU DES TUILERIES RARE BERGERE à dossier renversé en acajou et placage d acajou. Les montants du dossier sont gravés de feuilles d eau et de frises de piastres. Les accotoirs à manchettes et leurs supports détachés à décor de cannelures torsadées et feuilles de laurier. Les dés de raccordements sculptés de rosaces. La ceinture est sculptée d une frise alternant étoiles, cannelures et rosaces. Elle repose sur des pieds postérieurs en sabre dont les arrêtes sont ornées de fines frises de perles et des pieds antérieurs fuselés à cannelures torses. Estampille de G SENE, Claude I Sené (1724-1792), reçu maître le 20 juillet 1743. Marque au fer du Palais des Tuileries, numéros d inventaire 251, 984 et T1113 Epoque Louis XVI H 97, L 67, P 62 cm IMPORTANTE PAIRE DE CANDELABRES se répondant en symétrie en bronze ciselé, doré et patiné à trois bras de lumières. Une femme vêtue à l antique porte trois branches de lys et de roses avec feuillages. La base est décorée de godrons, de feuilles d acanthes et de lauriers. Epoque Louis XVI H 117 cm Estimation : 50 000 / 60 000 FLAMBEAUX LOUIS XVI

Estimation : 100 000 / 120 000 TABLE DE SALON PIERRE GOLE TABLE en marqueterie d écaille, d ivoire et d amarante à plateau rectangulaire en marqueterie polychrome où des filets d ivoire et d amarante soulignent les flancs et le plateau sur lequel ils dessinent de larges motifs géométriques : un rectangle double dans lequel s inscrit un ovale central et deux plus petits au pourtour, ainsi que deux cercles doubles et des cœurs dans les écoinçons. Le cartouche central renferme des motifs de rinceaux stylisés et quatre griffons sont représentés dans les ovales latéraux. La table ouvre en façade sur un large tiroir. Les quatre pieds sont composés de colonnes à chapiteaux, base et astragales de cuivre doré, cannelées de festons d ivoire dans leur partie supérieure, et recouverts d écaille dans la partie inférieure. Ils sont reliés par une entretoise en semi X, décorée également de marqueterie. Ils reposent sur des pieds boules dorés. Epoque Louis XIV, Attribuée à Pierre Gole H 72, L 101,5, P 64 cm Bibliographie : TH. H. Lunsingh Scheurleer, Pierre Gole, ébéniste de Louis XIV, éd. Faton, Dijon, 2005, p 90-97 L inventaire de Mazarin, établi en 1661, fait état de sept tables semblables exécutées par Pierre Gole. Pierre Gole, né en Hollande vers 1620, apprit de son frère le métier de menuisier en ébène. Il travaille à Paris dès le début des années 1640 dans l atelier d Adriaan Garbrandt à l enseigne de «La Ville d Amsterdam». Fournissant de riches particuliers et la famille royale, il est nommé ébéniste du Roi à la majorité de Louis XIV en 1651. Pierre Gole livre ainsi en 1663 un ameublement royal pour la chambre de Louis XIV dans un Versailles totalement renouvelé. Il fournit également Mazarin qui l apprécie particulièrement. Son style riche et coloré se caractérise par une marqueterie très fine à l ornementation foisonnante, et par l utilisation de matériaux rares (écaille, ébène, ivoire, bois précieux) qui forment des contrastes de couleurs saisissant. Des tables similaires figurent dans des collections particulières et une est conservée au Metropolitan Museum of Art de New York. La construction de la table est identique, avec l ouverture par un large tiroir en ceinture et les pieds composés de colonnes reliées par une entretoise en semi X et des pieds boules. Estimation : 80 000 / 100 000 CONSOLE BOIS LAQUE POLYCHROME LOUIS XV EXCEPTIONNELLE CONSOLE en bois sculpté, doré et peint, à décor de fleurs, feuilles et coquilles. Dessus de marbre rouge griotte. Attribuée à Nicolas Heurtaut, reçu Maître le 22 août 1753, d après un dessin de Contant d Ivry. Epoque Louis XV, Paris vers 1755 H 80, L 90, P 42 cm Dans son état d origine exécutée par les peintres doreurs décorateurs de l époque. Nicolas Heurtaut (1720-21 Mai 1771), est l un des plus grands maîtres du siège et des consoles, il se consacre à la sculpture et entre à l académie de Saint Luc en 1742. Il compte parmis sa riche clientèle le marquis de Villarceaux, le Duc de Jaucourt et le Duc de la Rochefoucault. L œuvre de Nicolas Heurtaut est fortement marquée par son premier métier au point que certains de ses sièges ou consoles sont considérés comme de véritables sculptures.

Estimation : 35 000 / 40 000 CONSOLE LOUIS XV FER FORGE CONSOLE en fer forgé à double patine noire et or de forme rectangulaire. La ceinture ajourée est constituée par un jeu de rinceaux en fer forgé, encadrant une palmette dorée. Le plateau est soutenu par quatre pieds en fer forgé, formés de courbes et contre courbes, rehaussées de palmettes, de feuilles d acanthe et de perles dorées, se terminant par des volutes reliées entre elles par une coquille et fixés sur un socle en marbre gris. Dessus de marbre gris veiné blanc. Travail provençal, époque Louis XV H 86, L 119, P 65 cm Bibliographie : L Abbé G., Arnaud D Agnel, Le meuble - Ameublement provençal et comtadin du Moyen-Age à la fin du XVIIIe siècle, Tome II, Cinquième Partie : Les consoles en fer forgé dans l ameublement provençal et comtadin du XVIIIe siècle, Lucien Laveur éditeur à Paris & Alex Jouvène éditeur à Marseille, 1913, pp.341-346. Le fer a joué, dès le Moyen-Age, un rôle important dans l ameublement provençal mais c est avec le XVIII siècle que son emploi prend un caractère plus artistique. On fabrique des écrans de cheminée, des bras d appliques, des lits La console est le meuble le plus répandu est le plus artistiquement travaillé. Elle est placée dans les vestibules, les salles à manger mais la pièce où l on rencontre habituellement ce genre de meuble est le salon, et dans beaucoup d hôtels, le salon de compagnie, c est à dire le principal. Cette place d honneur donnée aux consoles en fer forgé montre le prix que l on y attachait et témoigne de leur valeur artistique. Les mentions des inventaires nous apprennent la prédilection des Hauts Dignitaires Provençaux pour les consoles de fer doré en totalité ou en partie. Estimation : 40 000 / 50 000 PAIRE DE MIROIRS BOULLE 1700 RARE PAIRE DE MIROIRS DE TOILETTE en marqueterie Boulle d écaille de tortue brune et de laiton, en partie et contre partie, dans des encadrements à frontons trilobés, finement marquetés de mascarons, volatiles et rinceaux feuillagés de bronze doré, évoquant les décors développés par Jean Bérain (1640-1711), nommé dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi en 1674. Début du XVIII siècle. H 67, L 56 cm Modèles similaires : - Le 22 octobre 2008, un miroir en marqueterie à fond d écaille rouge a été vendu chez Sotheby s Paris, lot 29, il provenait de la galerie Maurice Segoura. -Deux miroirs semblables faisaient partie de la collection Alexander, passée en vente le 30 avril 1999 chez Christie s à New York, lots 121 et 123, dépassant chacun l estimation haute. -Un troisième miroir est conservé à la Wallace Collection à Londres, attribué à André-Charles Boulle (1642-1732), vendu par le marchand-mercier Alexis Delaroue à la duchesse de Berry pour Versailles en 1713. Outre la qualité et la rareté de ce type de miroirs, le fait d en trouver une vraie paire en première partie et contrepartie fait de ce lot un lot exceptionnel.

Estimation : 300 000 / 400 000 GRAND CABINET PIERRE GOLE EXCEPTIONNEL CABINET en bois plaqué d ébène reposant sur un piètement à trois tiroirs postérieurs. Orné en son centre d une riche marqueterie de bois fruitier avec un léger ressaut dans la partie centrale, surmonté d une corniche et d une galerie à balustres et pots à feu. Le cabinet s ouvre sur la face par une série de douze tiroirs décorés de fleurs et de feuillages entourant une porte ornée d un vase fleuri posé sur une table. La façade est rythmée par quatre pilastres ornés de rinceaux se terminant par des sculptures en bronze représentant des cariatides émergeant d une feuille d acanthe. La perspective derrière la porte est faite de rinceaux sur fond d ébène, ornée de deux miroirs sur les côtés, flanqués de piédestaux destinés à recevoir une sculpture. Une seconde perspective est quant-à elle ornée de trois miroirs sur les côtés. Le panneau du fond amovible reprend la disposition de la façade avec douze petits tiroirs, il est orné d une sculpture d Hercule et laisse découvrir trois tiroirs secrets. Les côtés sont marquetés d un grand bouquet de fleurs reposant sur une table dont les pieds sont ornés de feuilles d acanthe et reposant sur des serres. Epoque Louis XIV, Attribué à Pierre Gole (1620-1685) H 223, L 170, P 56 cm Ce cabinet datable de la seconde moitié du XVIIème siècle rappelle, par la qualité de son décor végétal, les ouvrages marquetés par les artisans privilégiés du roi Louis XIV travaillant aux Gobelins, tel Pierre Gole. Ce dernier, né en 1620 en Hollande, fait son apprentissage à Paris et devient en 1651 ébéniste du Roi, à la majorité de Louis XIV. Les meubles qu il réalisa en marqueterie florale pour le roi et la cour figurent aujourd hui dans les collections publiques les plus prestigieuses. Un cabinet très similaire à celui que nous proposons est d ailleurs illustré dans l ouvrage de Th. Lusingh Scheurleer sur Pierre Gole, p 137-141, on remarque que le travail de marqueterie est identique notamment sur les tiroirs latéraux. Un second cabinet très proche est conservé au Musée des Arts Décoratifs à Paris.

Estimation : 120 000 / 150 000 PAIRE DE CARPES «CLAIR DE LUNE» MONTEES LOUIS XV RARE PAIRE DE VASES en porcelaine de Chine bleue claire dite «clair de lune» à décor de carpes affrontées dressées sur le plan vertical, montées en bronze doré et ciselé à la base et au col. Le traitement naturaliste laisse apparaître les yeux, les écailles et la crête dorsale formant l amorce d une anse. Porcelaines : Chine, époque Qianlong (1735-1795) Bronze, Paris vers 1750. H 31, L 18,5 cm Bibliographie: Francis J.B. Watson, G.Wilson, Livre-journal de Lazare Duvaux, marchand-bijoutier ordinaire du Roy. Ce type de vases de Chine était monté de bronzes dorés et vendus par les grands marchands-merciers tels que Gersaint, Thomas-Joachim Hebert, Lazare Duvaux ou encore Dominique Daguerre. La difficulté de trouver sur le marché européen du XVIIIème siècle des porcelaines bleues claires dites «clair de lune» en faisait des objets beaucoup plus précieux et plus chers encore que les porcelaines céladons. Les porcelaines de Chine en forme de poissons connurent un large succès au milieu du XVIIIème siècle et les marchands-merciers redoublèrent d ingéniosité pour adapter des montures en bronze doré aux formes variées des céladons. Le Livre Journal de Lazare Duvaux fait état de plusieurs poissons montés, en vases, buires, et autres pots à fleurs utilisant des vases carpes simple ou double. Duvaux mentionne à de nombreuses reprises cette porcelaine bleue claire parfois aussi qualifiée de petit bleu dans son Livre Journal, et notamment une livraison pour Madame de Pompadour, le 26 août 1753 comportant des vases de cette même porcelaine bleue claire, parmi lesquels des vases en carpes, dont la monture de bronze doré avait été réalisée sur une commande spéciale : N 1499- La monture en cuivre doré d or moulu de deux vases de porcelaine, bleu clair, dont on a fait les modèles exprès, montés en buire, garnis de bronze doré d or moulu, 1080 livres. A en juger par leur prix élevé, ces carpes bleues claires devaient être très rares et prisées sous Louis XV, si on les compare à celui demandé deux ans auparavant pour des carpes doubles en céladon : N 886- Mme de Pompadour (...) deux poissons, groupés par deux, de porcelaine céladon, formant des pots à fleurs...144 livres. Le tableau d Henri-Pierre Danloux, aujourd hui conservé à la National Gallery de Londres, représentant le Baron de Besenval contemplant un ensemble de porcelaines montées, posées sur une cheminée où l on peut reconnaître une aiguière réalisée à partir d un vase carpe en porcelaine de Chine bleue claire, est probablement le témoignage visuel le plus émouvant illustrant la fascination qu opérait ces objets montés sur les amateurs au XVIII siècle. Plusieurs vases de forme similaire sont répertoriés dans des collections publiques ou privées, mais presque exclusivement en porcelaine céladon: on peut citer un vase monté n 29 du catalogue de vente de la collection Jacques Franck, 29 mai 2000, ou encore une paire de vases montés rocaille illustrés dans Kjellberg, Pierre, Objets montés, Paris, Ed. de l Amateur, p.56.

Estimation : 150 000 / 200 000 SECRETAIRE EN LAQUE MOLITOR SECRETAIRE A ABATTANT EN LAQUE DU JAPON, ouvrant à un abattant dissimulant une façade plaquée de sycomore ondé et comprenant quatorze tiroirs en citronnier massif plaqué de citronnier ondé et un casier, soulignés de filets d amarante et de moulures en ébène. La partie inférieure ouvre à deux vantaux sur quatre tiroirs de forme dite à l anglaise en citronnier souligné d un double filet d amarante et aux champs plaqués d amarante. Il intègre en façade et sur les côtés des panneaux en laque du Japon représentant de paniers fleuris à grandes anses. Dessus en onyx rouge entouré d une frise à croisillons. Marques : La serrure de l abattant porte le poinçon FICHET A PARIS apposé deux fois HURET ING. DU ROI A PARIS Attribué à Molitor, (vers 1790-1833) reçu maître le 26 octobre 1787 Epoque Louis XVI H 149,5, L 95, P 42 cm Provenance : Collection de la Princesse Caraman Chimay, Belgique. Bibliographie : Ulrich Leben, Molitor ébéniste de Louis XVI à Louis XVIII, édition d Art Monelle Hayot, Saint Rémy en l eau, 1992. Une commode du même modèle reproduite page 156. Thibault Wolvesperges, Le meuble français en laque du XVIII siècle, éditions de l Amateur, Paris, 2000. Originaire du Luxembourg, Bernard Molitor mena une brillante carrière d ébéniste à Paris où il s installa en 1778. Ebéniste remarquable par la qualité de ses ouvrages et par son rôle précurseur, à la jonction de deux époques et de deux styles. Les meubles en laque noir occupaient une place importante dans la production de Bernard Molitor. Nous en connaissons de l époque pré-révolutionnaire ainsi que de son œuvre plus tardive. Molitor utilisait particulièrement des laques japonaises. Ces meubles inestimables remplacèrent la mode des plaques de porcelaine peinte, tant recherchées dans les années quatre-vingt.

TABLE DE SALON EN CABARET de forme mouvementée, en placage de satiné et marqueterie de bouquets de fleurs, d entrelacs et d encadrements en bois de violette et bois de bout. Elle ouvre par un tiroir latéral et repose sur quatre pieds cambrés, réunis par une tablette d entrejambe. Riche ornementation de bronzes ciselés et dorés telle que rocailles, chutes de feuilles d acanthes, lingotières, filets soulignant les arêtes des pieds et agrafe au centre de la ceinture trilobée. Attribuée à Bernard II van Risen Burgh (mort vers 1765) maître en 1735. Epoque Louis XV H 66, L 43, P 33 cm Estimation : 100 000 / 120 000 TABLE DE SALON BVRB Bibliographie : - Pierre Kjelleberg, Le mobilier français du XVIIIème siècle, dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, éd. de l Amateur, Paris, 1989, p 128-142 - Bill GB Pallot, Nicolas Sainte Fare Garnot, Le mobilier français du musée Jacquemart-André, ed. Faton, Dijon, 2006, p 110-111. Bernard II van Risen Burgh, dit BVRB, est sans doute le plus grand ébéniste parisien du temps de Louis XV. Il a travaillé pour une riche clientèle, y compris la famille royale, la plupart du temps par l intermédiaire de marchands-merciers renommés comme Hébert, Lazare Duvaux et Simon-Philippe Poirier. Que ce soit à la demande des marchands-merciers, qui ne souhaitaient pas le faire connaître de leurs clients ou plus probablement en raison de la longueur et de la consonance étrangère de son nom, Bernard II van Risen Burgh décide de signer ses meubles de ses seules initiales, cependant plusieurs de ses œuvres restent anonymes. C est le cas de cette table de salon attribuable à BVRB par ses caractéristiques stylistiques reconnaissable comme l agrafe en bronze doré située sur la ceinture trilobée. Ce célèbre modèle est identifiable à un groupe, toutes de BVRB, dans lesquelles on distingue quelques différences mineures dans la forme de la tablette, les bronzes dorés ou encore le décor de marqueterie. - Une table, similaire, est représentée dans l ouvrage de Pierre Kjelleberg, page 133, figure D. - Trois tables provenant de la collection Riahi ont été vendues aux enchères le 2 novembre 2000 chez Christie s à New York, lots 12, 13 et 14, réalisant des prix records pour ce modèle de BVRB. - Deux tables, identiques à notre modèle, sont conservées au Metropolitan Museum of Art, provenant de la collection de M. et Mme Charles Wrightsman. - Une petite table de même modèle, réalisée par BVRB est également représentée dans le tableau de François Boucher, représentant Mme de Pompadour datant de 1756 et en dépôt à la Alte Pinakothek de Munich. La table représentée appartenait, sans doute, au peintre et non à la Marquise de Pompadour, bien que cette dernière possédait plusieurs modèles, et faisait partie de la vente de l artiste du 18 février au 9 mars 1771, lot 1006. - Il existe également des variantes de cette table de salon, dont une est conservée au Musée Jacquemart-André et qui n a pas de table d entre-jambe.

Estimation : 120 000 / 150 000 MOBILIER DE SALON MOBILIER DE SALON PROVENANT DU THEATRE DES TUILERIES comprenant deux canapés, quatre fauteuils à roulettes et six chaises en bois sculpté laqué bonze et or et rechampi. Chaque siège est formé d un dossier cintré en forme de raquette, des accotoirs de forme balustre et une assise ronde reposant sur quatre pieds fuselés ornés de cannelures. Travail de Georges Jacob et Jacob Desmalter. Nombreuses marques au fer au pochoir et étiquettes telles que décrites ci dessous. Epoque Louis XVI. H 101, L 165 P 70 cm (les canapés) H 100, L 70, P 70 cm (les fauteuils), un des fauteuils tapissé par Sabina Fay-Braxton H 91, L 51, P 51 cm (les chaises) Provenance : Château de Rosny, vente du 18 octobre 1993, lot 130, hôtel Drouot. Cet ensemble a été interdit de sortie du Territoire Français par la Direction des Musées de France. Différentes marques : Canapés : Marques au feu dans un ovale, trois fleurs de lys surmontées d une couronne & lettres TH. Marques à la craie : Le Page (à l intérieur de la traverse arrière de l assise). Une étiquette TUILLERIE. SALLE DE SPECTACLE. Une étiquette PALAIS IMPERIAL DES TUILERIES, TH &n 26 (barré). MEUBLE DU THEATRE Fauteuils : Numéros à l encre 29383 (deux fois). Une étiquette PALAIS DES TUILERIES, T.H. 1eres (étiquette du 1er Empire). MEUBLE DU THEATRE Chaises : Numéros à l encre : 29384 inscrit sur papier bleu REMOND? = 1832 ou 1882? Marque à la craie : Le Page et Gilles (ou Gillet?). Une étiquette : PALAIS IMPERIAL, TUILERIES. Oeuvre de Georges Jacob et de son fils Jacob-Desmalter, ce majestueux salon fut réalisé pour le château des Tuileries et plus précisément pour son théâtre. De nombreuses marques au pochoir et au feu, ainsi que des étiquettes collées au revers des sièges, témoignent de sa provenance. Trois étiquettes anciennes indiquent avec précision le lieu où il était placé : le théâtre ou la Salle de spectacle du Palais Impérial des Tuileries. Edifiées en 1564 par Catherine de Médicis, les Tuileries ont connu depuis de nombreux remaniements. Sous l Empire, Napoléon fit reconstruire en 1808, sur l emplacement de la Salle des Machines et de la Convention, un vaste théâtre dans le style antique. C est dans cette salle que l Empereur réunit la famille impériale afin de célébrer son mariage avec Marie-Louise, à l occasion d un banquet, le 2 avril 1810. C est à cette époque que l on inventorie ces sièges qui étaient placés dans la Salle des Spectacle des Tuileries. Cette précision nous est donnée par l inventaire du mobilier des Grands Appartements du Palais Impérial des Tuileries, rédigé le 31 décembre 1810 (Archives Nationales, O2*680). C est sous la rubrique, Meubles du Théâtre, qu ils sont enregistrés. Cette description correspond rigoureusement à ce mobilier. Si son décor de couleur bronze et or atteste de son origine, on notera également un détail significatif concernant la forme des canapés : il est précisé qu elle est ancienne. Effectivement, du point de vue stylistique, la ligne générale de ces sièges évoque davantage l époque Louis XVI que les productions de la période impériale. Un détail de l inventaire nous révèle que les dimensions des canapés (165cm) sont exactement celles de nos sièges. Un second inventaire, daté de 1816, nous indique qu ils n avaient pas de position fixe dans l enceinte de la Salle de Spectacle, car ils se plaçaient selon

le besoin (Archives Nationales, O3*2008). Selon un inventaire datant de 1826, les sièges étaient toujours en place dans la Salle des Spectacle à cette date. Quelques années plus tard, nous les retrouvons dans la demeure privée de la duchesse de Berry, au château de Rosny, ayant ainsi été soustrait à l incendie qui ravagea le palais en 1871. Ce château, construit pour Sully, compagnon et ministre du roi Henri IV était devenu depuis 1818 le domaine patrimonial du duc et de la duchesse de Berry. Après l assassinat de son époux en 1820, la duchesse s installa au château des Tuileries, au rez-de-chaussée du pavillon de Marsan où elle demeura jusqu en 1830. On peut supposer que les sièges furent offerts par Charles X à sa belle-fille, Marie-Caroline, qui les transporta à Rosny. En 1831, pendant que la duchesse suivit son beau-père en exil et que l année suivante elle retourna en France pour sa folle équipée vendéenne, son château de Rosny vendu : une partie de son mobilier y demeurait encore. Grâce au goût très personnel de la duchesse de Berry, ces sièges sont parmi les rares témoins d une demeure royale aujourd hui disparue. Réunissant intérêt historique et réussite esthétique, ils évoquent les temps fort de la fin du XVIII siècle et l euforie des débuts de l Empire. Informations pratiques : DROUOT MONTAIGNE - 15, avenue Montaigne 75008 Paris Tél. 01 48 00 20 80 Du 9 au 14 novembre 2010 : 11h 18 h - Entrée libre