Incidence des conditions de stockage des BIB



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Transcription:

Incidence des conditions de stockage des BIB Julien DUCRUET Ce projet est financé par la Commission pour les Technologie et l Innovation de la confédération Suisse (No. 12820.1). Dr Julien Ducruet Professeur de technologie, œnologie et distillation Changins Route de Duillier 50 Case postale 1148 1260 Nyon 1 Suisse haute école de viticulture et œnologie école supérieure de technicien/ne vitivinicole école du vin

Problématiques du verre Image de tradition Pas de transfert Perméabilité des nouveaux obturateurs maitrisées Lourd donc forte production de CO 2 au moment de la fabrication et du transport Problème de bouchage Conservation après ouverture Répartition de la consommation énergétique d une bouteille de 0,75 L de vin (kg éq. CO 2 - source A. Girardi, 2010). 2

Premiers intérêts du BIB Pratique : on ne prélève que le nécessaire. Conservation après ouverture 6 semaines : meilleure qu une bouteille. Léger (transport) BIB 5L : 160g de carton et 40g de plastique pour 5 L de vin. 6 Bouteilles : 3-5 kg d emballage pour 4.5L de vin Bilan carbone BIB : 180 g d éq. CO2 pour 5L de vin Verre : 3000 g d éq. CO2 pour 6 bouteilles soit 4.5L soit plus de 15x plus sans le transport! Bien moins cher (emballage + conditionnement) 10% de la production mondiale 20% du vin produit en France 40-60% du vin consommé en Norvège. Et en suisse c est encore très peu 3

Inconvénients du BIB L oxygène et la perméabilité Dr Julien Ducruet Professeur de technologie, œnologie et distillation Changins Route de Duillier 50 Case postale 1148 1260 Nyon 1 Suisse haute école de viticulture et œnologie école supérieure de technicien/ne vitivinicole école du vin

Perméabilité élevée et variable! Perméabilité à l O 2 (poche de 3L + robinet) G. Doyen et al., 2005 : 8 mg/l.mois J. Gétaz-Auer et S. Fabre,1986 : 4,5 mg/l.mois Y. Fu et al., 2009 : 2,2 mg/l.mois Bouteille environ 1-2 mg/an 5 (A. Peychès-Bach, 2009)

Bilan oxygène Initial Durant le remplissage Bulle d air 1.45 mg/l Cumul : 1.45 mg/l Perméabilité 1.55 mg/l 3 mg/l +7 à 13 mg/bib Soit pour 3L : 2 à 5 mg/l de 5 à 8 mg/l +2 à 8 mg/l.mois de 7 à 16 mg/l après 1 mois 6

Méthode de mesure standardisée de la perméabilité des BIB P : gaz/film/gaz P : gaz/film/liquide Dr Julien Ducruet Professeur de technologie, œnologie et distillation Changins Route de Duillier 50 Case postale 1148 1260 Nyon 1 Suisse haute école de viticulture et œnologie école supérieure de technicien/ne vitivinicole école du vin

Principe Dégradation de l acide ascorbique (Vitamine C) par l oxygène (air) Cinétique rapide Réaction et stœchiométrie connues Oxydation mesurable par absorption UV (245 nm) 1.00 0.8 0.6 A 0.4 0.2-0.01 250.0 260 270 280 290 300.0 nm ½ O 2 H 2 O 176g Ac. Asc. + 16g O 2 8

Mode opératoire Solution hydroalcoolique (15 % vol., 5 g/l d acide tartrique, ajusté à ph 3.4 avec NaOH) Elimination de l oxygène de départ Dégazage à l N 2 (élimination de l O 2 dissous) Contacteur membranaire Addition de l acide ascorbique Fermeture et suppression de la bulle d air ou de son oxygène Suivi dans le temps de sa dégradation à l oxygène par spectrophotométrie (245 nm) Contrôle de la T C et de H.R. La pente obtenue est proportionnelle à la perméabilité 9

Remplissage 0.0 mg d O 2 /L Système d inertage de la poche Système d inertage de la bulle Ou : bullage à l azote et inertage de la bulle Ou : attendre 48h la consommation complète par l acide ascorbique de l O 2 lié au remplissage. 10

Evolution de la dégradation de l acide ascorbique dans le temps (T C=40 C, n=3, mesures de DO en triplicat) 11

Perm. O2 mg/m.l.air 50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 Influence de l emballage et des conditions climatiques sur la perméabilité des poches La pénétration d O 2 augmente avec la température La pénétration d O 2 augmente avec l hygrométrie (EVOH) 0,29 0,43 1,05 9,08 8,64 21,72 (E : EVOH, P : PETMet, N : multicouche ; premier chiffre : température, deuxième chiffre hygrométrie ; exemples E0630 : EVOH à 6 C et HR 30% / P2200 : PETMet 22 C pas de contrôle de l HR / N2350 : film multicouche à 23 C et 50% d HR). 1,49 3,53 48,56 1,57 3,13 19,68 18,29 E0630 E0670 E2250 E4010 E4030 E4070 N2350 N4020 N4090 P0600 P2200 P4010 P4070 12

Perméabilité O2 mg/jr.l Model PETMET 3L P=f(T C) 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0 y = 0,0259e 0,0724x R² = 0,9292 0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 Température ( C) 13

Model EVOH 3L P=f(T C;HR%) 14

lien avec la consommation de SO 2 des vins Dr Julien Ducruet Professeur de technologie, œnologie et distillation Changins Route de Duillier 50 Case postale 1148 1260 Nyon 1 Suisse haute école de viticulture et œnologie école supérieure de technicien/ne vitivinicole école du vin

Incidence de la température du stockage sur l évolution du SO 2 libre Diminue la consommation de l O 2 donc l oxydation du vin Diminue la perméabilité de la poche à l O 2. 6 C, 3 mois O 2 =2.06 mg/l CO 2 =0.60 mg/l 20 C, 3 mois O 2 =0.48 mg/l CO 2 =0.54 mg/l 16

Exemple de consommation d un vin blanc (Chasselas) et d un vin rouge (Pinot/Gamay) (40 C sans O 2 initial) 17

Littérature Très peu de données sur le lien entre l apport en oxygène dans un vin et sa consommation en SO 2 Stœchiométrie : 1 mg d O 2 + 4 mg SO 2? Expérimental : 1 mg d O 2 + 2.5 à 4 mg SO 2? La consommation dépend de nombreuses variables : Apport d O 2 : Lors du remplissage Perméabilité : température, hygrométrie, film, type et volume du BIB. Concentration en O 2 et CO 2 (influence la dissolution) Température (influence la consommation du SO 2 ) ph Tanins : concentration et origine L alcool Fe, Cu Passé du vin (Oxydation, ajustement du SO 2, acide ascorbique) 18

Bonnes pratiques Règles d utilisation Dr Julien Ducruet Professeur de technologie, œnologie et distillation Changins Route de Duillier 50 Case postale 1148 1260 Nyon 1 Suisse haute école de viticulture et œnologie école supérieure de technicien/ne vitivinicole école du vin

Bonnes pratiques Avant le remplissage Augmenter le sulfitage : 40-50 mg/l de libre Filtration stérile ou pauvre en germes Eviter le sucre résiduel Eviter l acide malique Attention au CO 2 : Si > 1,0 g/l : risque de gonflement et destruction Perte de CO 2 durant la conservation Vin apte à résister à l O 2 : ph acide Rapport SO 2 libre/total haut Vin rouge Pas d acétaldéhyde Attention au cuivre et au fer 20

Bonnes pratiques Pendant le remplissage Limité les entrés d oxygène (inertage) Emballage (film + robinet) faible perméabilité Adapté au conditions climatiques de conservations Poche fragile Rayures Flex-cracking Déchirure Pincement Carton spécifique Bien dimensionné Résistant Non abrasif Odeur neutre 21

Bonnes pratiques Après le conditionnement Températures de stockage fraiches 5-15 C Diminution de la perméabilité des poches Ralentissement de l oxydation du SO 2 En cas de remonté des températures le vin peut consommer rapidement son O 2 Humidité de l air faible (si possible < 30%) Travailler en flux tendu pour limiter le stockage Détermination d une DLUO SO2, couleur, CO2, O2, dégustation 22

Développement de solutions techniques innovantes pour améliorer le conditionnement et la conservation en outres souples des vins et autres boissons sensibles. Objectifs : Ce projet propose de faire un bilan complet et précis des différentes sources d entrée d oxygène et de perméabilité de ces emballages tant au niveau du conditionnement que de la conservation. Puis, il proposera, développera et évaluera des solutions novatrices permettant de satisfaire les exigences des œnologues (nouveau robinet, nouvelle poche et nouveau mode de conditionnement). Partenaires de l industrie : Biofluid Systems (Jean-Denis Rochat) Technibag (Philippe Sapin) Schenk SA (Thierry Ciampi) BiofluidSystems Partenaires académique et financeur CTI/KTI N 12604.1 (confédération Suisse) Ecole d Ingénieurs de Changins (Julien Ducruet) HEIG-VD - Laboratoire Emballage & Conditionnement (Didier Louvier) EIA Fribourg institut des technologies industriels (Jean Marc Boechat) 23

Merci! 24