L eau dans la ville.



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Transcription:

L eau dans la ville. Printemps des sciences 2005 Dossier pédagogique réalisé par la section régendat sciences naturelles Mars 2005 REMERCIEMENTS Ce projet a pu être mené à son terme grâce à la participation de nombreuses personnes. Nous remercions: les maîtres-assistantes : Madame Deprez Christiane ; Madame Wolfs Jenny ; Mademoiselle Dechamps Stéphanie; Madame Garbar Jocelyne; Madame Salier Marie-Claire; Madame Warnant Marie-Ange, Madame Coen Madeleine, maître de formation pratique; Madame Fontaine Marie-Jeanne, maître-assistante en psychopédagogie ; Monsieur Kinet Philippe, maître-assistant en informatique, Madame Van Herstraeten Françoise, maître-assistante en arts plastiques et ses élèves de première année de la section régendat en arts plastiques, Monsieur Mélot Denis pour ses conseils avisés, les élèves de la section régendat sciences naturelles pour l élaboration du dossier, la mise au point des ateliers et de la saynète introductive, Timothée Hubart pour son aide dans le traitement des fichiers informatiques, les élèves de première année de la section normale primaire pour l encadrement et l animation de l'activité, et tous ceux qui ont apporté leur contribution à sa réalisation.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 2 TABLE DES MATIERES 1) Mise en situation p3 2) Quelques notions sur l eau dans la ville p3 Le cycle naturel de l eau Le cycle anthropique de l eau Le traitement des eaux usées p3 p5 p9 3) Ateliers (fiches) p10 Pourquoi construit-on des châteaux d'eau? p10 L'épuration de l'eau p11 Les acides et les bases p14 4) Exploitations pédagogiques p20 5) Bibliographie p20 6) Adresses utiles p21 7) Annexes p22 Charte européenne de l'eau p22 Poster p24

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 3 1) MISE EN SITUATION Les personnages: Une fillette Sa maman Comment arrive l eau au robinet? Mise en scène: La fillette se sert un verre d'eau et pose la question suivante: "Comment l'eau arrive-t-elle à nos robinets?" Questions pour introduire le sujet: - Savez-vous d'où vient l eau? - Savez-vous d'où vient la pluie? - Savez-vous où va cette eau de pluie? 2) QUELQUES NOTIONS SUR L EAU DANS LA VILLE LE CYCLE NATUREL DE L EAU

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 4 La Wallonie connaît un régime abondant de précipitations (900 mm d eau par m 2 et par an). Pluie, neige, grêle, brouillard,... sont au rendez-vous plus d un jour sur deux en moyenne. Ils constituent la première phase du cycle de l eau. Ces apports sont inégalement répartis sur le plan géographique. En Wallonie, c est la régularité de ces précipitations qui joue un rôle caractéristique dans la constitution de notre capital d eaux souterraines. Une grande partie, ruisselant sur le sol, gagne les cours d eau ou s infiltre dans le sol jusqu à rencontrer une couche imperméable. En Hesbaye, 35% des eaux pluviales constituent la nappe aquifère. Une partie de l eau de pluie retourne directement dans l atmosphère par évaporation sous l effet de l énergie solaire. La vapeur d eau présente dans l atmosphère se condensera ensuite pour former les nuages. Les gouttes d eau contenues dans les nuages atteindront ensuite un poids critique qui ne leur permettra plus de rester en suspension dans l air. L attraction terrestre fera le reste et nous aurons droit à une nouvelle ondée. Le cycle de l eau est bouclé. UN CYCLE INTEMPOREL Sur terre, il n y a pas d eau qui ne sera tôt ou tard impliquée dans cet immuable cycle, même si elle est restée captive plus d un millénaire. On peut donc dire, en quelque sorte, que nous buvons aujourd hui la même eau que celle qu ont connu les dinosaures.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 5 LE CYCLE ANTHROPIQUE DE L EAU LES EAUX UTILISEES POUR PRODUIRE DE L'EAU POTABLE L'eau que nous buvons en région wallonne provient essentiellement de nappes souterraines. Ces nappes sont alimentées par les précipitations, dont une partie est parvenue à s'infiltrer dans le sol. Le reste de l'eau de distribution provient d'eau de surface (lacs, fleuves,...). La recherche de la qualité commence dès le captage de l eau. On ne peut pas pomper n importe quelle eau dans la nature pour faire de l'eau potable. En effet, l eau peut contenir des polluants naturels (par exemple des matières "organiques" provenant de la décomposition des végétaux et des animaux). Elle peut aussi contenir des polluants venant des activités humaines (industrie, agriculture, déchets, ). C est pourquoi, avant d être utilisée pour produire de l eau potable, l eau à l état naturel doit déjà être "sélectionnée" : les eaux trop polluées dans la nature sont exclues. Dans la nature, plusieurs sortes de pollutions menacent l eau. Les premières sont des pollutions chimiques. Elles proviennent de l eau de pluie qui a ruisselé sur les toits et les routes et qui s est ainsi chargée de polluants. Elles peuvent aussi provenir des champs cultivés et des prairies. Là encore, la pluie entraîne les engrais, les pesticides dans l eau. Il peut également y avoir une pollution industrielle (venant des usines). La deuxième sorte de pollution est due à la présence de virus et de bactéries. Les bactéries proviennent des rejets par l intestin des animaux et de l homme dans les sols ou les cours d eau. Pour lutter contre cette pollution, on désinfecte les eaux.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 6 Contre ces pollutions, la prévention reste la meilleure arme. La loi prévoit de protéger les endroits où sont captées les eaux souterraines et les eaux de surface par des périmètres de protection. À l intérieur de ces périmètres, certaines activités sont interdites ou, au moins, réglementées. Surveillée et protégée, l eau à l état naturel va être transformée pour devenir bonne à boire. De nombreuses précautions sont prises pour fournir une eau sûre, garantie contre tous les risques menaçant la santé. Il faut aussi que l eau soit agréable à boire, claire, sans odeur et équilibrée en sels minéraux. LES TRAITEMENTS POUR RENDRE L'EAU POTABLE L eau qui coule à nos robinets est souvent obtenue après de nombreux traitements. Ces traitements sont chaque jour plus complexes et plus efficaces. Mais ils coûteront de plus en plus cher si chacun ne fait pas un effort pour polluer le moins possible et préserver ainsi les ressources en eau (rivières, fleuves, lacs, nappes, ). Ces traitements peuvent être classés ainsi: 1 - Les procédés physiques: L eau passe à travers des grilles qui bloquent les gros déchets. C est le "dégrillage". L eau passe à travers des tamis qui la débarrassent des déchets plus petits. Ce filtrage plus fin a pour nom le "tamisage". Les déchets plus lourds que l eau se déposent: c est la "décantation". L eau passe aussi à travers un lit de sable. Plus les grains de sable sont fins, plus ils sont capables d arrêter des particules de taille réduite. C est la "filtration". Cette filtration peut aussi se faire sur des matériaux comme des filtres à charbon actif, qui ont d autres propriétés (ils servent par exemple à éliminer les pesticides que l on trouve parfois dans les eaux de la nature). Il existe aussi des membranes : ce sont de minces surfaces percées de trous extrêmement petits qui retiennent tout ce qui est plus gros qu eux. 2 - Les procédés physico-chimiques : On met l eau en contact avec un produit spécial sur lequel s agglutinent les fines particules dispersées dans l eau (matières en suspension), en formant des "flocons". Ces flocons sont ensuite éliminés. 3 - Les procédés chimiques : Des produits tels que le chlore et l ozone sont ajoutés pour détruire les germes, virus et bactéries. 4 - Les procédés biologiques : L eau est mise en contact avec des bactéries spécialement recueillies et mises en culture. Ces minuscules organismes éliminent certains éléments indésirables. Certaines bactéries permettent, par exemple, d'éliminer les nitrates éventuellement présents dans les eaux de la nature.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 7 Ces différents procédés se retrouvent au fil des étapes du traitement de l eau. Suivant les cas, les professionnels de l eau font intervenir un procédé plutôt qu un autre, mais voici comment se déroulent en principe les étapes du traitement : 1 - La clarification permet d obtenir une eau limpide. Pour cela, on utilise des filtres et des produits chimiques qui rassemblent et agglutinent les matières dispersées dans l eau. Entraînées par leur poids, ces particules s entassent au fond du bassin. C est une étape indispensable pour les eaux de surface et les eaux souterraines provenant de certains plateaux calcaires. 2 - L affinage améliore le goût, l odeur et la transparence de l eau. Cette étape réunit des procédés physiques de filtrage et des procédés chimiques. 3 - L étape de la désinfection sert à tuer tous les virus et bactéries pouvant apporter des maladies. On ajoute alors à l eau du chlore, sous forme liquide ou gazeuse, ou de l ozone qui est un gaz désinfectant. La désinfection peut aussi se faire par des rayonnements ultraviolets ou par la filtration de l eau à travers des membranes. 4 - Le traitement final a pour but de préserver la qualité de l eau tout au long de son voyage dans les canalisations jusqu aux robinets. Pour cela, une très petite quantité de chlore est ajoutée à l eau. De plus, des traitements complexes peuvent être utilisés pour éliminer spécialement certaines substances comme les métaux lourds (le chrome, par exemple) qui proviennent de rejets industriels. L ammoniaque, lui, est éliminé par des procédés biologiques utilisant certaines bactéries mises en culture. LA DISTRIBUTION DE L'EAU La petite quantité de chlore ajoutée à l'eau la protège pendant son voyage dans les canalisations depuis l usine de traitement jusqu au robinet. C'est indispensable pour les deux jours que dure en moyenne ce voyage. Au cours de celui-ci, l eau rendue potable est en effet stockée dans des réservoirs avant d être distribuée. Il s agit de bassins clos ou de châteaux d eau situés aux points les plus élevés d une ville ou d un village. Les canalisations sont en fonte, en béton armé ou en acier pour les principales, en plastique pour les plus petites. Tous ces tuyaux sont enterrés à une profondeur suffisante pour être protégés du gel. La distribution est pilotée par un centre de contrôle informatisé où sont mesurés, 24 heures sur 24, la consommation en eau, le niveau des réservoirs, la pression dans le réseau de distribution et où est contrôlée la qualité de l'eau. LES NORMES : DES LIMITES A RESPECTER POUR UNE QUALITE GARANTIE Les normes de qualité de l eau potable sont très rigoureuses. C est la garantie d une eau de qualité. Grâce à des études médicales, on sait, pour chaque substance contenue dans l eau, quelle dose une personne peut absorber sans danger jour après jour, tout au long de sa vie. On calcule ainsi la quantité maximale de chaque substance pouvant être apportée par l eau. Les normes de qualité de l eau potable permettent à un individu de boire 2 litres d eau par jour pendant 70 ans, sans aucun risque.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 8 La norme est représentée par un chiffre qui fixe une limite supérieure à ne pas dépasser. Par exemple, pour le chrome : 50 microgrammes maximum par litre d eau. La norme peut aussi fixer une limite inférieure à respecter, ou encore une fourchette comprise entre un minimum et un maximum. Ces normes ont pour objectif de fournir au consommateur une eau sûre, garantie contre tous les risques immédiats ou futurs - réels, possibles, ou même simplement supposés. La qualité de notre eau est aujourd hui une des meilleures du monde. Ces normes se soucient aussi du confort du consommateur: du goût, de la couleur de l eau,. Aujourd'hui, l eau "propre à la consommation humaine" doit respecter 63 paramètres: des paramètres sur l'apparence de l'eau (couleur, odeur, transparence ), sur les produits "indésirables" (nitrates, fer, ) ou toxiques (arsenic, plomb, ), sur la qualité microbiologique (virus et bactéries), sur la composition minérale de l'eau (calcium, sodium,...), sur la température, le ph, les pesticides En cas de danger pour la santé des habitants, on peut décider d interrompre la distribution et interdire pendant quelque temps de boire l eau du robinet, jusqu à ce que la qualité de l eau soit rétablie.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 9 LE TRAITEMENT DES EAUX USEES Acheminement les eaux usées dans la station Les égouts Dégrillage 1 Dessablage et dégraissage 2 Décantation 3 Traitement biologique 4 Clarification 5 Retour dans la nature 6

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 10 3) ATELIERS (FICHES) POURQUOI CONSTRUIT-ON DES CHÂTEAUX D EAU? Objectifs: Vérifier le principe des vases communicants ; Déterminer, à l aide d une maquette, la position que doit prendre un château d eau pour approvisionner les différents étages d un immeuble. Matériel : Une maquette représentant un immeuble à plusieurs étages ; Une maquette représentant un château d eau ; Du tuyau transparent ; Des raccords et des robinets ou pinces; 1 réservoir + un pistolet à colle (résistante à l'eau). Mode opératoire : Le château d eau peut être déplacé en hauteur. Recherche la position qu il doit prendre pour approvisionner en eau potable les différents étages de l immeuble.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 11 L'ÉPURATION DE L EAU Objectif: Obtenir par filtrations successives et floculation de l eau épurée. Matériel : 4 bouteilles en plastique sans fond dont les bouchons sont percés d un trou ; 4 récipients récolteurs; 1 compte-gouttes ou 1 pipette pasteur et 1 poire à pipetter; Du gravier brut; Du gravier fin; Du lait de chaux ; Du sable; Du charbon actif. De l'eau sale Mode opératoire : Le mode opératoire comporte cinq manipulations successives: a) Filtration sur gravier brut 1. Transvase doucement l'eau sale dans la bouteille. 2. Recueille l eau après son passage.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 12 b) Filtration sur gravier fin 3. Transvase doucement l'eau recueillie après filtration sur gravier brut. 4. Recueille l eau après son passage. c) Floculation 5. Ajoute quelques gouttes de lait de chaux à l'eau recueillie après filtration sur gravier fin et attends quelques minutes. 6. Il se produit une floculation : le réactif ajouté provoque la coagulation des particules (impuretés) et la formation de flocons qui se déposent par décantation.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 13 d) Filtration sur sable 7. Transvase doucement l'eau après floculation. 8. Recueille l eau après son passage. e) Filtration sur charbon actif 9. Transvase doucement l'eau recueillie après filtration sur sable. 10. L eau recueillie est propre: elle est épurée. Elle peut retourner à la rivière mais elle est non potable.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 14 LES ACIDES ET LES BASES Objectifs: Distinguer un acide et une base grâce à des indicateurs colorés; Déterminer le ph de solutions; Etablir un lien entre le ph et l'acidité. Matériel: Un chou rouge; Un couteau; Une planche à découper; Une plaque chauffante; Un récipient pour porter l'eau à ébullition (casserole ou berlin de laboratoire); Un couvercle de casserole ou verre de montre; Un dispositif de filtration (passoire ou entonnoir et filtre); Un récipient pour récupérer l'indicateur coloré après filtration; 6 verres ou berlins; Un citron; Un presse-agrumes; Du bicarbonate de soude en poudre; Une cuillère; Du papier indicateur ph. Mode opératoire: 1. Coupe le chou en fines lamelles 2. Fais bouillir de l eau. 3. Verse le chou rouge dans l'eau chaude et arrête la cuisson. 4. Couvre et laisse infuser une demi-heure.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 15 5. Filtre la préparation: le liquide te servira d indicateur coloré. 6. Remplis, à moitié, trois verres d indicateur coloré. Le dernier verre te servira de témoin. 7. Presse un citron et mets le jus dans un berlin A. 8. Prépare une solution de bicarbonate de soude dans un berlin B: une cuillère à café de solide dans 50 ml d eau. 9. Prends 50 ml d eau dans un berlin C. 10. Tu dois obtenir trois milieux: A, B et C.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 16 11. Verse la moitié du jus de citron dans le premier verre d indicateur. Compare la couleur obtenue avec celle de ton témoin. 12. Verse la moitié de la solution de bicarbonate de soude dans le second verre. Compare la couleur obtenue avec celle de ton témoin. 13. Le jus de citron fait virer l indicateur au rouge: le jus de citron est acide. 14. La solution de bicarbonate de soude fait virer l indicateur au bleu/vert: la solution de bicarbonate de soude est basique. 15. Munis-toi de trois morceaux de papier ph et mesure le ph: Du jus de citron De la solution de bicarbonate de soude. De l eau.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 17 16. Le jus de citron a un ph de 3: solution acide. 17. La solution de bicarbonate de soude a un ph de 9: solution basique. 18. L eau a un ph de 6/7: l eau est légèrement acide en raison du CO 2 (gaz carbonique) dissous. 19. L échelle des ph s étend de 0 à 14. Le papier ph que nous avons utilisé ne couvre qu un domaine de ph allant de 1 à 11.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 18 ACTIVITÉ COMPLÉMENTAIRE Objectif: Vérifier à l'aide d'un tableau de données si une eau est potable ou non. Qu'est-ce qu'une eau potable? Une eau est dite potable lorsqu'elle ne risque pas de porter atteinte à la santé de celui qui la consomme. Pour qu'une eau soit potable, de nombreux paramètres doivent être contrôlés très régulièrement. Le tableau suivant reprend quelques-uns des critères que doit respecter une eau pour être potable. Critères physico-chimiques température ph chlorure sodium sulfate magnésium potassium Valeurs maximales 25 C 9 200 mg/l 150 mg/l 250 mg/l 50 mg/l 12 mg/l Valeurs minimales 6,5 Critères bactériologiques coliformes totaux streptocoques fécaux Valeurs maximales 0 dans 100 ml d'eau 0 dans 100 ml d'eau Substances indésirables Valeurs maximales (mg/l) nitrate ammonium nitrite cuivre zinc manganèse fer 50 0,5 0,1 1 5 0,05 0,2 Substances toxiques Valeurs maximales (µg/l) (microgrammes/l) arsenic cadmium mercure nickel plomb antimoine cyanures 50 5 1 50 50 10 50 Réf.: Itinéraires de découvertes Hachette Education 2002

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 19 Exercices: 1. En utilisant les informations contenues dans le tableau ci-dessus, répondez aux questions suivantes: Dans quel domaine de ph une eau est-elle potable? Une eau ayant un ph de 7,5 est-elle potable? Une eau contenant 20 mg de potassium par litre est-elle potable? Quelle est la masse maximale de cuivre que l'on peut trouver dans 1 litre d'eau potable? 2. Complétez les phrases suivantes: (si besoin, aidez-vous d'un dictionnaire) Les coliformes et les streptocoques, dangereux pour la santé, sont des.. Le fer, le cuivre et le zinc appartiennent à la famille des Le saturnisme est une maladie que vous risquez de contracter si l'eau que vous absorbez contient trop de.. Les nitrates sont de grands responsables de la pollution de l'eau. D'où proviennent-ils?.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 20 4) EXPLOITATIONS PEDAGOGIQUES Les changements d état : vaporisation, liquéfaction, solidification de l eau. Comment diminuer sa consommation d eau. Consommation d eau dans le monde. Les climats et les précipitations dans le monde. Eau douce- eau salée. Solubilité. La distribution de l eau au cours des temps. La vie dans l eau douce / eau de mer. L eau dans ma commune : distribution de l eau, les différents points d eau (mares, ruisseaux, étangs, chantoirs, fontaines, puits et sources, ) Réaliser une maquette d une station d épuration du circuit de l eau dans la ville 5) BIBLIOGRAPHIE La météo et les climats. Les docs des incollables, éd. PLAY BAC, 2004 De l eau d ici à l eau de là, MRW DGRNE De l eau pour demain, dossier pédagogique, MRW DGRNE, Jambes Dossier pédagogique Ecoles normales, Centre permanent d Education à la Conservation de la Nature CRIE Eau souterraine eau rare- opération sources-wwf, dossier pédagogique, 1995 Etat de l Environnement wallon 2000, MRW DGRNE, 2000 L eau, dossier du Soir, 1992 L eau, du gaspillage à la gestion, Delcourt J., Pirotte T., Schmitz Y., Wuidar G., Ministère de l Education nationale et de la Culture française, 1978 La pollution des eaux douces, Education-Environnement, Liège Le courrier de l Unesco -Merveilles de l eau, Paris, janvier 1985 Quelle eau fera-t-il demain, dossier pédagogique, MRW,2001 Symphonie en sous-sol en Haute Meuse, dossier pédagogique, Commission wallonne d Etude et de Protection des sites souterrains, MRW DGRNE Tableau de bord de l Environnement wallon 2003, MRW DGRNE http://www.cile.be http://www.ac-versailles.fr

6) ADRESSES UTILES HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 21 http://environnement.wallonie.be/cgi/dgrne www.ac-versailles.fr www.aide.be www.chatodo.be www.cieau.com/junior www.ciger.be www.cile.be www.ecoconso.be www.envirotest.com www.europa.eu.int www.iwallon.be www.pixelsbw.com/musee-eau-fontaine www.régie.mete.net www.swde.be www.electrome.fr

6) ANNEXES HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 22 Conseil de l'europe LA CHARTE EUROPEENNE DE L'EAU

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- DEPARTEMENT PEDAGOGIQUE 23 1 Il n'y a pas de vie sans eau. C'est un bien précieux, indispensable à toutes les activités humaines. 2 Les ressources en eau douce ne sont pas inépuisables. Il est indispensable de les préserver, de les contrôler et, si possible, de les accroître. 3 Altérer la qualité de l'eau, c'est nuire à la vie de l'homme et des autres êtres vivants qui en dépendent. 4 La qualité de l'eau doit être préservée à des niveau adaptés à l'utilisation qui en est prévue et doit notamment satisfaire aux exigences de la santé publique. 5 Lorsque l'eau après utilisation est rendue au milieu naturel, elle ne doit pas compromettre les usages ultérieurs, tant publics que privés, qui seront faits de celle-ci. 6 Le maintien d'un couvert végétal approprié, de préférence forestier, est essentiel pour la conservation des ressources en eau. 7 Les ressources en eau doivent faire l'objet d'un inventaire. 8 La bonne gestion de l'eau doit faire l'objet d'un plan arrêté par les autorités compétentes. 9 La sauvegarde de l'eau implique un effort important de recherche scientifique, de formation de spécialistes et d'information publique. 10 L'eau est un patrimoine commun dont la valeur doit être reconnue de tous. Chacun a le devoir de l'économiser et d'en user avec soin. 11 La gestion des ressources en eau devrait s'inscrire dans le cadre du bassin naturel plutôt que dans celui des frontières administratives et politiques. 12 L'eau n'a pas de frontières. C'est une ressource commune qui nécessite une coopération internationale.

HAUTE ECOLE DE LA VILLE DE LIEGE- Département Pédagogique rue Jonfosse 80 4000 Liège 04-223.63.24 www.ecolenormalejonfosse.be L EAU DANS LA VILLE. PRINTEMPS DES SCIENCES 2004-2005 eaux usées Traitements primaires Traitements physico-chimiques et biologiques Clarification eaux traitées 1) Les eaux usées provenant des habitations, des industries, des hôpitaux, etc... arrivent dans la station d épuration. 2) Ces eaux vont subir toute une série de traitements avant d être rejetées dans la rivière : Traitements primaires Dégrillage = L eau passe à travers des grilles et des tamis pour permettre l'élimination des matières flottantes grossières. Dessablage = La fonction est de retenir les sables entraînés avec l'eau. Dégraissage = La fonction est de retenir les graisses ou les huiles présentes dans l eau. Traitements physico-chimiques Floculation = Introduction de produits chimiques qui vont rassembler les fines particules en suspension dans l eau en gros flocons. Décantation = Les gros flocons tombent au fond d une cuve et sont récupérés. Traitement biologique Le procédé par «boues activées» = Des bactéries (ayant l aspect d une boue) se développent dans des bassins alimentés en eaux usées à traiter. Les bactéries en suspension se nourrissent des matières polluantes et les éliminent. Autres procédés possibles = Lagunage, filtre bactérien, biodisques. Clarification La clarification = Séparation par décantation des boues et de l eau maintenant épurée. Rejet de l eau et traitement des boues L eau maintenant épurée est rejetée dans le milieu naturel. Les boues vont être traitées : - On récupère les bactéries qui vont resservir pour un nouveau traitement des eaux usées. - Les boues seront asséchées et serviront comme engrais aux agriculteurs ou seront conduites en centre d enfouissement technique. Photos de M. Rahir Références WEB : www.ademe.fr/partenaires/boues/pages/f14.htm www.chatenay-malabry.fr/eau4.html www.aide.be/