ACCOMPAGNEMENT PÉDAGOGIQUE ADDICTIONS : LSD & CANNABIS

Documents pareils
AMINES BIOGENIQUES. Dopamine/Noradrénaline/Adrénaline (CATECHOLAMINES) Sérotonine/Histamine/Dopamine

LE JEU EXCESSIF. Dr Christine Davidson M.Philippe Maso. Décembre 2011

Préparer la formation

"La santé des étudiants en 2013"

Le sens du goût. Une infinité de saveurs.

Les drogues POUR EN SAVOIR PLUS. 1. L avis du psychologue. 2. Les risques et leur prévention. Quelques chiffres

Les cyberaddictions. Daniele Zullino Médecin chef de service Privatdocent Faculté de Médecine UNIGE. Service d addictologie

IMMUNOLOGIE. La spécificité des immunoglobulines et des récepteurs T. Informations scientifiques

"La santé des étudiants en 2015"

LES ADDICTIONS. Docteur Sandrine TRAPE Chef de Clinique Assistante en Psychiatrie CHU de Fort de France. le 15/04/11

Séminaire éducation Focus Rythmes scolaires Compte-rendu 11 mars 2014

Mention : STAPS. Sport, Prévention, Santé, Bien-être. Objectifs de la spécialité

Les troubles non moteurs de la maladie de Parkinson. Comprendre la maladie de Parkinson

Le logiciel EduAnatomist.

Programme de la formation. Écrit : 72hdepréparation aux épreuves d admissibilité au CRPE

Se libérer de la drogue

> Présentation du programme > Peps Eurêka - Mémoire : Pour donner du Peps à ses neurones et à sa vie... 4

eduscol Santé et social Enseignement d'exploration

Estimations 2014 des consommations de produits psychoactifs à 17 ans

Mieux informé sur la maladie de reflux

Projet Pédagogique. - Favoriser la curiosité intellectuelle par le partage des connaissances, des cultures et des échanges.

1ST2S Biophysiopathologie : Motricité et système nerveux La physiologie neuro-musculaire :

Dangers potentiels d Internet et des jeux en ligne

TDAH ET LA CONDUITE AUTOMOBILE

La migraine : quelle prise de tête!

LA PROPOSITION DE LA VACCINATION ANTI-PAPILLOMAVIRUS: INFORMATIONS TRANSMISES ET VECU DE LA PROPOSITION

GDR des CPE sous la direction de Nathalie Szoc LIVRET DE FORMATION ET DE COMPETENCE CPE

Les usagers de drogues âgés de 40 ans et plus pris en charge dans les structures de soins pour leurs problèmes d addiction

LA QUESTION DE LA PRISE DE POIDS CHEZ LE FUMEUR EN SEVRAGE TABAGIQUE

2. LES TYPES DE DISTRACTION 3. PERCEPTION DU RISQUE 4. ACTIONS ET CONCLUSION

CONVENTION CADRE NATIONALE DE PARTENARIAT SUR LA CONDUITE ACCOMPAGNÉE DES APPRENTIS DU BÂTIMENT

En quoi consistera ce jeu?

7- Les Antiépileptiques

testez-vous! Préparez vos partiels en toute sénérité!

Normes de référence. Comparaison. Commande cognitive Sentiments épistémiques Incarnés dépendants de l activité

Pour un principe matérialiste fort. Jean-Paul Baquiast

Devenez expert en éducation. Une formation d excellence avec le master Métiers de l Enseignement, de l Education et de la Formation

LES RÉFÉRENTIELS RELATIFS AUX ÉDUCATEURS SPÉCIALISÉS

«Les jeux en ligne, quelle influence en France?»

Le ski à l'école. Réalisé par les CPC E.P.S. de Moselle. Février 2008

Tableau récapitulatif : composition nutritionnelle de la spiruline

La prise en charge de votre maladie de Parkinson

En cause, un rythme biologique qui ne reçoit plus l'indicateur indispensable à sa bonne synchronisation : la lumière du jour.

Scolarisation et adaptations pour enfants dyspraxiques au collège

Comportements addictifs

Cordarone et Thyroïde par François Boustani

Synthèse du «Schéma Directeur des Espaces Numériques de Travail» A l attention du Premier degré (doc réalisé par Les MATICE 76)

EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

Dossier de presse. La non-assurance routière en France en 2013

LA JEUNESSE. l es sen LA VILLE QUI NOUS RESSEMBLE, LA VILLE QUI NOUS RASSEMBLE

DOSSIER DE PRESSE Contacts presse

Chapitre II La régulation de la glycémie

LA MÉTHAMPHÉTAMINE LE CRYSTAL C EST QUOI

PORTAIL DOCUMENTAIRE Guide d utilisation

Prévention Santé Environnement

MIEUX COMPRENDRE CE QU EST UN ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL AVC

L éducation physique et sportive. Etude comparée des programmes d'eps à l'école primaire et au collège

Brochure cannabis 21/02/05 4:17 PM Page 1 cannabis au volant

La mécanique sous le capot

10 REPÈRES «PLUS DE MAÎTRES QUE DE CLASSES» JUIN 2013 POUR LA MISE EN ŒUVRE DU DISPOSITIF

Département du Val-de-Marne. Charte départementale de partenariat sécurité routière. entre l État,

LE TRAVAIL SUR ÉCRAN DANS LA BRANCHE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS

L ELECTRICITE : SON IMPLICATION DANS LE FONCTIONNEMENT DU CERVEAU ET DANS LES SOINS

7. Exemples de tests pour détecter les différents troubles de la vision.

ARRÊTÉ du. Projet d arrêté fixant le programme d'enseignement de santé et social en classe de seconde générale et technologique

CHARTE DES PROGRAMMES

PROGRAMME DE CRÉATION ET INNOVATION TECHNOLOGIQUES EN CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE Enseignement d exploration

> Nouveaux services en ligne > avril 4 > Page #

Chez les étudiantes consommatrices de cannabis, 2 fois plus de recours à la pilule du lendemain et 4 fois plus d IVG

Les approches de réduction des méfaits trouvent un certain appui dans la population québécoise*

COUPLE ET PROBLÈMES SEXUELS

Cerveau & Psycho - N 28

SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5

Brevet informatique et internet - Collège

Projet de coordination de la prise en charge des personnes souffrant d addiction aux drogues illégales et à l alcool 1

Plan de la présentation Introduction présentation La réalité virtuelle pour le jeu pathologique

Certaines situations de trafic peuvent-elles provoquer un risque accru d hypoglycémie?

«Dire et écrire» pour réaliser une composition en travail collaboratif en géographie. Agnès Dullin, lycée J. Racine 20 rue du Rocher, Paris

SEROTONINE ET MEDICAMENTS

Lundi. Mardi Mercredi. Jeudi. Vendredi. LeS nouveaux rythmes à l école primaire. Exemples d emplois du temps

La prise en charge d un trouble bipolaire

Spécialité auxiliaire en prothèse dentaire du brevet d études professionnelles. ANNEXE IIb DEFINITION DES EPREUVES

Pourquoi consomme-t-on de l alcool? Raisons et motifs

LA SECRETINE ET L AXE CERVEAU-INTESTIN DANS L AUTISME

Douleur et gestion de la douleur. Renseignez-vous sur les services de soutien et de soins sur

PACTE POUR LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE

CONDUCTEUR ÂGÉ. Dr Jamie Dow. Medical Advisor on Road Safety Société de l assurance automobile du Québec LLE. Dr Jamie Dow

HORLOGE ET MONTRE IN SITU : MÉCANIQUE 2

LES OPERATIONS (outils pédagogiques, types d'interventions) Département du Morbihan

Calendrier Année scolaire 2014/2015

La réforme du collège puis celle du lycée professionnel et maintenant celle du lycée

Vade-mecum pour la présentation d un projet de club

Sciences de Gestion Spécialité : SYSTÈMES D INFORMATION DE GESTION

S ORIENTER DANS UNE GARE

Onde P50 dans la schizophrénie

En 1949, Camel, une marque de

Délivrance de l information à la personne sur son état de santé

E/ECE/324/Rev.1/Add.12/Rev.7/Amend.4 E/ECE/TRANS/505/Rev.1/Add.12/Rev.7/Amend.4

Projet d action de prévention routière. la société xxxxxx

Transcription:

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE collège - lycée : physique, chimie, SVT Programme Au collège : en troisième, le programme donne l occasion d investir le thème de convergence «Santé» et d y aborder l addiction à l alcool ou à d autres drogues comme le LSD (ou acide lysergique diéthylamide, un hallucinogène de synthèse puissant). Au lycée : en MPS (enseignement d exploration «Méthode et pratiques scientifiques») si, par exemple, la fabrication d un alcool est envisagée dans le thème «Sciences et aliments», une séance sur la prévention d une conduite addictive face à l alcool est conseillée. En première, dans la partie traitant de la représentation visuelle (1 re S : Thème 3C «De l œil au cerveau» / «Cerveau et vision : aires cérébrales et plasticité» ; en 1 re ES et L : Thème 1 «Représentation visuelle» / «Chimie de la perception»), le programme prévoit d étudier la perturbation visuelle engendrée par des drogues de type LSD. Objectifs Au collège : les élèves sont sensibilisés au cours de ce thème aux conduites à risque et à celles permettant d éviter ces risques. L objectif est de donner aux élèves les connaissances scientifiques leur permettant de comprendre les enjeux de certains comportements sur la santé et de pouvoir adapter le leur pour préserver leur organisme. Leurs connaissances doivent leur permettre de prendre des décisions éclairées. Les élèves sont à un âge où les bonnes comme les mauvaises habitudes s ancrent, c est pourquoi la prévention des conduites addictives est fondamentale. Au lycée : la prévention des conduites addictives est réalisée dans la continuité des apports du collège. Les connaissances nécessaires à la compréhension de l impact d un comportement addictif sont approfondies. L éducation à la santé recouvre des thèmes comme les IST (infections sexuellement transmissibles), l alimentation et l obésité, la conservation des aliments, les pratiques sportives à risque (dopage, surentrainement), la perception visuelle et les drogues. En MPS, si le thème abordé s y prête, une sensibilisation aux conduites à risque dans le domaine étudié, est conseillée. L objectif étant toujours de permettre à l élève de réaliser des choix éclairés. L avis du chef d établissement Le cadre légal : le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies, coordonné par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, place l école comme un acteur de premier plan dans la politique de prévention des conduites addictives. Objectifs : la prévention des conduites addictives en milieu scolaire s inscrit dans une démarche globale d éducation à la santé à l école. Elle est intégrée dans les programmes dès l école primaire et tout au long du cursus scolaire. La prévention des conduites addictives vise à exercer sa citoyenneté avec responsabilité. Le rôle du chef d établissement : l éducation à la santé, aux comportements responsables et à la citoyenneté est prise en charge par les équipes éducatives. Le chef d établissement veille à associer les parents et les partenaires de l Éducation nationale aux actions de prévention. Le chef d établissement rappellera aux équipes que l éducation à la santé fait partie du socle commun de connaissances et de compétences. L éducation à la santé est formalisée dans le projet d école ou le projet d établissement. Le comité d éducation à la santé et à la citoyenneté la met en œuvre, sous la responsabilité du chef d établissement. Pour aller plus loin : on peut envisager un partenariat avec les autres établissements du secteur (élémentaire, collège et lycée) pour mettre en place un inter CESC, dont l objectif sera de programmer des conférences de professionnels destinées aux familles des établissements partenaires, pour impliquer les parents dans la prévention des conduites addictives. On pourra également y associer les collectivités territoriales. 1/8

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE I - LE CIRCUIT DE LA RÉCOMPENSE Document 1 - Le système de récompense LE «SYSTÈME DE RÉCOMPENSE» AU NIVEAU DU CERVEAU Neurone inhibiteur enképhalinergique - 1 Si les enképhalines sont sécrétées, elles se fixent sur les récepteurs aux opiacés, ce qui provoque la diminution de l activité du neurone inhibiteur à Gaba (neurone n 2) qui sécrète alors moins de Gaba. Neurone inhibiteur à Gaba (n 2) Voie activatrice + - Neurone à dopamine (n 3) = Neurone dopaminergique 2 La fixation du Gaba sur ces récepteurs spécifiques inhibe l activité du neurone à la dopamine, ce qui provoque une diminution de la sécrétion de dopamine par le neurone n 3. En revanche, lorsqu il y a moins de Gaba libéré, l inhibition sur le neurone à dopamine est levée, ce qui augmente la libération de dopamine. LÉGENDES Enképhalines Récepteurs aux opiacés Gaba + 3 La fixation de la dopamine sur les récepteurs spécifiques du neurone cible, stimule ce dernier (augmente son activité), ce qui est à l origine de la sensation de plaisir. Récepteurs spécifiques du Gaba Dopamine + - Récepteurs spécifiques de la dopamine Acide aminé Récepteur spécifique de cet acide = Stimulation = Inhibition } de l activité du neurone post synaptique suite à la fixation de NT Neurone cible Vers le cortex cérébral L activation du neurone cible est à l origine de l élaboration de la sensation de plaisir au niveau du cortex. 2/8

II - structure tridimensionnelle de la sérotonine et du LSD Document 2 - Sérotonine et LSD Comparaison de la structure tridimensionnelle de la sérotonine et du LSD Structure tridimensionnelle de la sérotonine Structure tridimensionnelle du LSD 3/8

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE III - perturbation de la perception visuelle Document 3 - Un aperçu des actions de la sérotonine La sérotonine est un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de différentes fonctions (couplé avec l action de l adrénaline), notamment au niveau du système nerveux central, telles que les émotions, la mémoire, la sexualité, la perception visuelle. La sérotonine a généralement une action inhibitrice sur les neurones de nombreuses régions cérébrales. Des neurones à sérotonine interagissent avec les neurones du système de récompense : la sérotonine activerait les neurones Gabaergiques. Des récepteurs spécifiques de la sérotonine sont localisés au niveau des corps cellulaires des neurones des corps genouillés latéraux. Cette zone correspond à une zone de relai entre les neurones provenant de la rétine (nerf optique) et les neurones qui se projettent au niveau du cortex occipital. La sérotonine libérée dans la fente synaptique est recyclée au niveau du neurone présynaptique qui possède un transporteur permettant la recapture rapide de la sérotonine, limitant ainsi son temps d action sur le neurone postsynaptique. D autre part, l imagerie médicale montre, en présence de sérotonine, une diminution de l activité du cortex occipital impliqué dans la perception visuelle. nerf optique radiation optique chiasma optique corps genouillé latéral cortex visuel GAUCHE champ visuel DROITE 4/8

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE iv - les effets du cannabis Document 4 - Comparaison d une structure cannabinoïde Comparaison de la structure tridimensionnelle d un cannabinoïde endogène, l anandamine et du THC (molécule active du cannabis) Document 5 - Des cannabinoïdes endogènes Document 6 - Une expérience sous cannabis Aux États-Unis, une expérience a été réalisée sur dix pilotes dans un simulateur de vol. Ces pilotes professionnels ont consommé du cannabis (un «joint»). Vingt-quatre heures après, les pilotes qui pensaient avoir retrouvé toutes leurs facultés, ont été testés dans un simulateur de vol. Malgré les vingtquatre heures écoulées, ils commettaient de graves erreurs de pilotage. L anandamine et le 2-AG (2-arachidonoylglycerol) sont les deux principaux cannabinoïdes endogènes. Comme le THC, ces cannabinoïdes sont liposolubles. Ces molécules sont libérées dans l organisme en très faible concentration, mais ils sont impliqués dans divers processus, tels que la mise en mémoire, le comportement alimentaire, la mobilité des spermatozoïdes, le comportement moteur et la coordination, les sensations ressenties lors d un effort prolongé Les récepteurs (de type 1) à l anandamine sont nombreux dans le cerveau. Au niveau du système de récompense (noyau accumbens), ils se situent sur les neurones à Gaba. La fixation de l anandamine sur ces récepteurs provoque l inhibition des neurones à Gaba. 5/8

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE QUESTIONS - RÉPONSES Document 1 1. À partir de la lecture du paragraphe «Dopamine et dépendance» pages 70-71 du Dossier documentaire publié par la Dgesco et le CNDP et du document 1, donnez plusieurs modes d action possibles des drogues conduisant à la sensation de plaisir. Réponse attendue : l objectif est de montrer que toutes les drogues conduisent à l augmentation de la libération de dopamine, mais que plusieurs modes d action possibles y conduisent (fixation sur les récepteurs spécifiques avec action agoniste ou antagoniste, inhibition de la recapture du neurotransmetteur, stimulation de la libération du neurotransmetteur ). Dans le cadre du programme de 1 re L ou ES, il est possible de partir du fonctionnement de la synapse pour envisager les actions possibles des drogues et les porter sur un schéma fonctionnel de la synapse. Il est également envisageable de demander à l élève de construire un schéma fonctionnel de la synapse y faisant figurer les actions possibles des drogues. 2. À partir de l analyse du document 2, proposez une hypothèse sur le mode d action du LSD. Réponse attendue : il est possible de demander aux élèves de réaliser la comparaison de ces deux molécules à l aide du logiciel Rastop. Cet exercice peut être complété par l utilisation d un traitement de texte en faisant copier et coller les molécules à comparer accompagné d un texte explicatif et de la mise en évidence graphique du résultat de la comparaison. Ce document doit conduire les élèves à évoquer la similitude de conformation tridimensionnelle d une partie de la molécule de LSD avec la sérotonine (double structure cyclique) et donc d envisager que le LSD se fixe sur les récepteurs spécifiques de la sérotonine. Il est également possible de guider les élèves vers cette conclusion en ajoutant comme information que la sérotonine se fixe sur son récepteur par la partie cyclique de la molécule. Document 2 1. À partir de la lecture du paragraphe «Dopamine et dépendance» du texte pages 58-59, déterminez quels sont les effets du LSD sur l organisme et quels sont les dangers de la prise de cette drogue. Réponse attendue : l objectif est d amener les élèves à évoquer les troubles de la vision qui seront expliqués après, mais également de montrer les dangers de la prise d une telle substance en envisageant les actions multiples. Il est possible de développer avec des documents complémentaires par exemple sur les flashbacks, les troubles de la personnalité, l accoutumance, la dépendance... 6/8

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE QUESTIONS - RÉPONSES Documents 3, 1 et 2 Remarque pour les questions suivantes : en classe de 1 re S, les élèves n abordent pas le fonctionnement synaptique (qui sera vu en terminale) contrairement à la 1 re ES ou L. Les réponses doivent donc être adaptées en fonction de la classe. 1. À partir de l analyse du document 3, et en vous appuyant sur les documents 1 et 2, expliquez comment le LSD peut conduire à l euphorie en modulant l activité des neurones à dopamine dans le cerveau. Réponse attendue : le document 2 montre que le LSD peut se fixer sur les récepteurs de la sérotonine. Le document 3 précise que des neurones à sérotonine activeraient les neurones Gabaergique du système de récompense. Or le document 1 montre que l activation des neurones à Gaba inhibe les neurones à dopamine, donc diminue la libération de dopamine par ces derniers. L action du LSD est alors envisageable : le LSD en se fixant sur les récepteurs spécifiques de la sérotonine, prennent la place de cette dernière, mais n activent pas comme celle-ci les neurones à Gaba. De ce fait, il y a moins de Gaba libéré dans la fente synaptique entre le neurone à Gaba et le neurone à dopamine et donc l inhibition exercée est moins importante, ce qui augmente la libération de dopamine à l origine de la sensation de plaisir. Cette libération étant exacerbée, elle conduit à l euphorie. On en conclut que le LSD est un antagoniste de la sérotonine au niveau du circuit de la récompense. Il est possible de demander aux élèves de réaliser un schéma fonctionnel du circuit de récompense en présence de LSD. Réponse attendue : la sérotonine est un neurotransmetteur impliqué dans la perception visuelle au niveau du cortex occipital. Elle est libérée au niveau du corps genouillé lors d une stimulation lumineuse et active les neurones se projetant au niveau du cortex visuel. Le LSD, du fait de sa similitude tridimensionnelle avec la sérotonine, se fixe sur les récepteurs de la sérotonine au niveau du corps genouillé. Cependant, le LSD ne peut pas être recapturé par les neurones à sérotonine, alors il reste plus longtemps dans la fente synaptique et stimule davantage les neurones postsynaptiques, donc exacerbe les perceptions visuelles. La présence de LSD provoque également la formation d images même en absence de stimulation lumineuse en provoquant le départ de messages nerveux visuels vers le cortex : ce sont des hallucinations. Dans ce cas, le LSD exerçant la même action que la sérotonine, est un agoniste de la sérotonine. Remarque : le LSD augmente la libération de glutamate au niveau du cortex. 2. À partir de l analyse du document 3, et en vous appuyant sur le document 2 et vos connaissances, expliquez comment le LSD peut conduire à des perturbations visuelles (augmentation de la sensibilité aux couleurs, hallucinations, illusions ). 7/8

Prévention ACCOMPAGNEMENT des conduites addictives PÉDAGOGIQUE QUESTIONS - RÉPONSES Documents 1, 4 et 5 1. À partir du texte page 46, déterminez quels sont les effets du cannabis sur l organisme et quels sont les dangers de la prise de cette drogue. Réponse attendue : l actualité donne des exemples utilisables pour traiter du cannabis au volant en complément du texte page 46. Il est également possible d utiliser les affiches de la campagne de prévention routière (voir www.cannabisetconduite.fr). 2. À partir de l analyse des documents 1, 4 et 5, proposez une hypothèse sur le mode d action du THC, molécule active du cannabis. Réponse attendue : le THC (Delta-9 tetrahydrocannabinol) a une conformation spatiale très différente de celle de l anadamine (document 4), cependant il se fixe sur les mêmes récepteurs (CB1), très nombreux au niveau du cortex. Cette fixation du THC sur les récepteurs aux cannabinoïdes endogènes du circuit de récompense, provoque l inhibition des neurones à Gaba, donc limite la libération de Gaba au niveau des corps cellulaires des neurones à dopamine. De ce fait, cette fixation lève l inhibition exercée par les neurones à Gaba sur les neurones à dopamine, donc induit une augmentation de la libération de dopamine et explique ainsi l action hédoniste du cannabis. D autre part, contrairement à l anandamine libérée en très faible quantité donc éliminée très rapidement, la concentration en THC libérée dans l organisme lors de la consommation de cannabis est nettement supérieure, donc le THC agit plus longtemps au niveau des synapses. 3. Réalisez un schéma fonctionnel mettant en évidence cette action du cannabis sur le système de récompense. 4. À partir des informations apportées par le document 5, expliquez les résultats de l expérience présentée par le document 6. Réponse attendue : le THC étant soluble dans les lipides, sa demi-vie est importante car il est facilement stocké dans les graisses. Cette propriété explique que les effets du cannabis (la modification de l activité motrice et de la coordination, par exemple, nécessaires au pilotage) restent perturbées pendant au moins vingt-quatre heures après la prise. Remarque : la stimulation intensive des récepteurs aux cannabinoïdes provoque une diminution de leur sensibilité et de leur nombre. La dose nécessaire pour obtenir les mêmes effets doit alors être augmentée : il y a donc tolérance au cannabis. 8/8