CENTRE DE LA FAMILLE VALCARTIER L enfant et le DEUIL «Parler de la mort... c est aussi parler de la vie» Josée Masson La famille, la force conjointe
«Merci à Josée Masson de m avoir transmis sa passion et ses connaissances sur cette réalité.» Nadia Kohler PAR: Nadia Kohler Travailleuse sociale Centre de la famille Valcartier CE DOCUMENT EST INSPIRÉ DES ÉCRITS DE JOSÉE MASSON: Guide d intervention du groupe «L arc-en-ciel» Livre «Derrière mes larmes d enfant», Éditions Ressources, 2006. Centre de la famille Valcartier, mars 2012
TABLE DES MATIÈRES LE DEUIL DE L ENFANT ET SA CONCEPTION DE LA MORT Compréhension de la mort selon l âge de l enfant 4 La circularité du deuil de l enfant et les étapes du deuil 6 Les besoins de l enfant endeuillé 6 L ANNONCE À l ENFANT Les conditions de l annonce 7 Comment faire l annonce? 7 Que dire de la mort? 8 Les différents types de décès 8 Éviter de dire 9 Les réactions possibles au moment de l annonce 10 Réactions possibles les jours suivants 11 Souvenez-vous que 11 Les décès médiatisés 12 L enfant qui voit la mort 12 La maladie grave 12 LES RITES FUNÉRAIRES Comment préparer l enfant? 14 L exposition du corps ou de l urne 15 Expliquer la crémation à l enfant 15 COMMENT RÉPONDRE AUX QUESTIONS DE L ENFANT C-L-A-R-T-É 16 LE RÔLE DU PARENT ET DES ADULTES En tant que parent 17 Mon rôle d adulte / membre de la famille 18 RESSOURCES POUR L ENFANT ET LE PARENT Suivi individuel, familial ou de groupe 19 Littérature 19 3
LE DEUIL DE L ENFANT ET SA CONCEPTION DE LA MORT Le deuil de l enfant est très différent de celui de l adulte. L enfant a une compréhension difficile des mots: «mort, jamais, toujours». L enfant comprend la mort à partir de 10 ans. Avant 10 ans, il attendra le retour de sonparent, même s il dit l inverse. L enfant a souvent de la difficulté à exprimer sa détresse par les mots et s exprime davantage par des réactions physiques. COMPRÉHENSION DE LA MORT SELON L ÂGE DE L ENFANT Bébé Il n est pas en mesure de comprendre la mort. Toutefois, il perçoit la tension, l anxiété et la détresse qui entourent l événement. Il réalise l absence de la personne qui prend généralement soin de lui ou réagit aux changements de routine. Ses réactions peuvent être intenses si la personne décédée était sa référence ou si l autre parent n est plus en mesure de prendre soin de lui. 4 Jeune enfant Il n a pas la maturité intellectuelle pour comprendre le sens du mot «mort», car il ne comprend pas le sens des mots «toujours» et «jamais». Ceux qui meurent sont soit méchants, soit trop vieux. Il perçoit la mort comme étant réversible et temporaire et a de la difficulté à assimiler l arrêt du fonctionnement du corps. Il trouve la mort effrayante. Il cherche à comprendre, pose beaucoup de questions concrètes, se lance dans le récit des événements et s inquiète du corps du défunt. Il désire savoir, mais ne parvient pas à comprendre. Il trouve le temps long sans la personne (ennui plus que peine) et n a pas le vocabulaire adéquat pour s exprimer. Il alterne entre la peine et le plaisir du fait de sa capacité de concentration limitée. Ses réactions sont en lien avec celles des adultes autour de lui.
Enfant Mourir, c est principalement se faire tuer. Cette conception est souvent alimentée par la littérature, la TV, les jeux vidéos qui sont sa référence. Le héros est invincible et même s il se fait tuer, il se relève toujours. Seuls les très méchants meurent vraiment. Il désire savoir et comprendre, pose beaucoup de questions, s intéresse aux aspects biologiques de la mort et peut aussi jouer à la mort afin de percer ses mystères. Il n a pas le vocabulaire adéquat pour s exprimer. Vers la fin de cette période, il commence à avoir une compréhension plus réaliste de la mort. Il reconnaît son caractère définitif et réalise que tout le monde peut être touché. Préadolescent Il comprend le caractère irréversible de la mort, il sait qu elle ne peut pas arriver sans raison et qu elle est inévitable. Il sait qu il peut mourir en dépit de son âge. Il peut être confus face au concept de la fin absolue, se demande si la personne décédée est toujours près de lui. Il a de nombreux questionnements sur la notion d enfer et de paradis et se demande pourquoi c est à lui que cela arrive. Il est important de reconnaître sa vulnérabilité et sa fragilité parfois cachées sous le masque de l indifférence et de l indépendance. Il a très peur, mais refuse de paraître «bébé», souhaite montrer une image de «grand» et garde souvent sa détresse secrète. Adolescent Période d instabilité. Il vit le deuil différemment de l enfant, mais aussi de l adulte. Même s il comprend la mort comme l adulte, il n a pas encore son degré de maturité. Ses réactions sont différentes selon son degré de maturité, son expérience de vie et sa philosophie. Il est plus outillé pour faire face à la situation que l enfant. Il aime se questionner sur le sens de la vie et de la mort et est en quête de son identité. C est pourquoi il peut changer rapidement de croyances. Il a souvent de la difficulté à reconnaître son niveau de souffrance. Il bénéficie d un sentiment d invulnérabilité qui peut le pousser à défier la mort par des comportements risqués ou peut avoir un sentiment de culpabilité croyant qu il aurait pu prévenir la mort d une personne. Il se tourne souvent vers ses amis et laisse place à beaucoup de silence. 5
LA CIRCULARITÉ DU DEUIL DE L ENFANT ET LES ÉTAPES DU DEUIL Le deuil de l enfant est très long et va jusqu à l âge adulte. Sa durée va dépendre de l âge de l enfant, peu importe la date du décès. À chaque étape, il va comprendre de nouvelles choses et réaliser de nouveaux manques. Source: «Derrière mes larmes d enfant», Josée Masson, Éditions Ressources, 2006. Étapes du deuil Période de protection ou de choc En lien avec les réactions de l adulte. Étapes de désorganisation et d adaptation Jusqu à l âge adulte. Réorganisation Âge adulte. D E U L ADO LESC ENT D U L PRÉADO LESC ENT TR ÈS JEUNE EN FANT (BÉBÉ) D E U I L ADULTE D U ENFANT D JEUNE ENFANT LES BESOINS DE L ENFANT ENDEUILLÉ Présence (combler le vide de la personne décédée). Parler et être écouté (exprimer ce qu il vit, poser des questions). Entendre l autre parent parler de la personne décédée. Stabilité (besoins de base, maintenir la routine et l autorité). Être rassuré (savoir qu il y aura toujours quelqu un pour s occuper de lui). Reconnaissance (de sa douleur, faire partie d une famille et d un groupe). Amour (gestes, paroles et attitudes). Encouragements (lui dire qu il ira mieux, qu il va s en sortir, sans banaliser son deuil). Avoir sa propre croyance. 6
L ANNONCE À L ENFANT LES CONDITIONS DE L ANNONCE Privilégier que l annonce soit faite par le parent lui-même (dans une situation particulière; par une personne significative pour l enfant). Laisser le parent décider du moment propice de l annonce. D autres adultes peuvent être présents lors de l annonce aux enfants. L annoncer à tous les enfants ensemble (frères et soeurs). Par la suite, prendre le temps avec chaque enfant pour lui permettre de s exprimer individuellement, de valider ce qu il vit, de répondre à ses questions et de répéter avec des termes appropriés à son âge. Le faire le plus rapidement possible. Choisir un lieu où l enfant se donnera le droit de réagir et d être au calme, à l abri des spectateurs. Permettre à l enfant de téléphoner à un ami ou à une personne significative pour en parler. COMMENT FAIRE L ANNONCE? «L enfant, peu importe son âge, se doit d être mis au courant de la mort et de ses circonstances, dès le début.» Annoncer la mort avec simplicité et franchise, et ce, en expliquant l état réel de la situation et en allant droit au but. Expliquer avec douceur qu il est arrivé quelque chose de grave à la personne qu il aime beaucoup et ajouter immédiatement qu elle est morte. Accueillir la réaction de l enfant. Expliquer avec simplicité la vraie raison de la mort en s assurant d avoir les bonnes informations. Ne pas donner trop de détails, l enfant posera ses questions au fur et à mesure de son développement. Adapter le vocabulaire selon l âge de l enfant. Éviter les longs discours, être bref. Dire à l enfant qu il est normal d avoir du chagrin et qu il peut garder dans son coeur l amour et les souvenirs de la personne décédée. C est rassurant pour lui. 7
QUE DIRE DE LA MORT? Mourir, c est ne plus vivre Parler de l arrêt du fonctionnement du corps. La personne ne souffre plus. Elle ne peut plus voir, entendre, sentir, bouger, respirer et parler. Le coeur a cessé de battre, son sang ne circule plus dans ses veines. Elle n a plus mal. Il est important de dire que c est pour toujours et que la personne ne reviendra jamais, même si ces mots ont peu de sens pour l enfant. Ne pas avoir peur d utiliser le mot «mort», peu importe l âge de l enfant. Il l a déjà entendu, sans toutefois le comprendre et savoir ce qu il implique. Préciser à l enfant que le mot «décédé» est un synonyme du mot «mort». Expliquer à l enfant qu il entendra plusieurs discours différents sur la mort, la mort étant mystérieuse et les croyances personnelles et nombreuses. Tout ce que pense l enfant sur la mort est correct. Sa compréhension va évoluer avec l âge. Rappelez-vous que l enfant endeuillé va se souvenir de ce qu on lui dit de la mort et l interpréter. Il est donc important de vérifier sa compréhension. LES DIFFÉRENTS TYPES DE DÉCÈS La maladie Ton papa n a plus mal, il est décédé cet après-midi. Mort subite Il est arrivé quelque chose de terrible à ta maman, elle est morte. Son coeur s est mis à ne pas bien aller et il s est arrêté. On appelle cela une crise de coeur. L accident Ton papa a eu un grave accident aujourd hui sur la route qui le menait au travail. Il a frappé un camion, son auto est très brisée et il est mort. Suicide Papa s est suicidé / enlevé la vie. Il a utilisé une corde / il est mort par pendaison. Lorsqu on a des difficultés, il y a d autres solutions. Homicide Expliquer simplement ce qui s est passé et soutenir l enfant dans les possibles répercussions du syndrome du survivant. Le corps introuvable Dire à l enfant ce que nous savons et essayer de l aider à accepter la crédibilité et l irréversibilité de cette mort. 8
ÉVITER DE DIRE Il dort pour toujours / il dormait et ne s est pas réveillé Mourir ce n est pas dormir et l enfant peut développer la hantise de se coucher ou de voir les autres dormir. Il est parti faire un long voyage / tu le reverras bientôt L enfant peut attendre longtemps le retour de la personne décédée. Jésus est venu le chercher Mourir ce n est pas le choix d un dieu. Cela peut provoquer une grande anxiété chez l enfant qui se demandera qui sera le prochain sur la liste du dieu en question. Il n y a pas de maison au ciel Mieux vaut dire que vous ne savez pas ce qui se passe après la mort que d imposer vos propres croyances. Si l enfant prend l avion, il pourrait s attendre à trouver des maisons dans le ciel. Il est mort parce qu il était malade Cela peut créer de l anxiété lorsque l enfant ou un proche est malade. La personne est dans ton coeur C est son amour et les souvenirs qui sont dans le coeur, pas la personne. Il peut nous voir et nous entendre Il peut être rassurant pour l enfant de savoir que son parent est encore là. Cependant, nous lui envoyons un message contradictoire puisque mourir c est ne plus voir, ne plus entendre et ne plus respirer. L enfant peut développer certaines peurs (apercevoir son parent décédé dans le placard, se sentir constamment observé et entendu). 9
LES RÉACTIONS POSSIBLES AU MOMENT DE L ANNONCE Incompréhension L enfant ne comprend pas vraiment ce qui se passe malgré les explications claires de son parent. Il a de la difficulté à croire que cela puisse lui arriver. Vide À la suite du choc de l annonce, l enfant se sent dans le flou total, il a l impression de ne pas être présent (tel un spectateur d une situation sortie du réel), sentiment d être perdu et de ne plus avoir d émotions. Les pleurs Parfois l enfant pleure, car il voit les autres pleurer. Au moment de l annonce, les pleurs ne signifient pas nécessairement de la peine. Parfois, ils peuvent être le reflet de leur culpabilité ou de leurs préoccupations d enfant face à la situation. La colère Il peut arriver que l enfant frappe, lance des objets et crie sa colère contre tout, parfois contre la personne décédée. Le silence Ce n est pas une absence de réactions liée à l indifférence, mais une réaction au choc. Parfois l enfant est incapable d extérioriser ses émotions, se sent honteux de pleurer ou encore désire paraître «fort». Alternance entre les pleurs et les rires 10 L enfant alterne souvent les périodes de pleurs, de rires et de jeux. Il ne faut pas s inquiéter de ce comportement, c est une forme de déni protecteur mis en place transitoirement par l enfant.
RÉACTIONS POSSIBLES LES JOURS SUIVANTS Pleure, ne pleure pas. Isolement, apeuré. Agressivité. Sentiment d abandon. Honte. Préoccupation, déconcentration. Régression dans son comportement (propreté, langage, etc.). Joue à la mort, désir de mourir. Attend le retour de la personne décédée. Toutes ces réactions sont normales, certaines peuvent être plus inquiétantes. Les jours suivant l annonce, l ennui prend place et l enfant commence à réaliser que la vie n est déjà plus comme avant. SOUVENEZ-VOUS QUE Chaque enfant est unique et peu avoir des réactions différentes, même au sein d une même famille. Lors de l annonce, l enfant vit des réactions diverses, allant des réactions vives à l absence de réactions. Le décès d un proche n est pas le point zéro. Il est important de tenir compte des comportements et de la personnalité de l enfant, avant l événement. Lorsque l annonce est faite à l enfant, le parent lui-même est bouleversé. C est à travers les émotions du parent que l enfant va comprendre que ses propres réactions sont normales et qu il a le droit de les exprimer. Accompagner l enfant dans ses premiers moments de deuil ne signifie pas devoir nécessairement intervenir pour qu il se sente mieux. Il suffit d être là, de l écouter dans sa souffrance et ses plaisirs, de lui proposer de nous dire ce qu il ressent et de lui rappeler qu il n est nullement responsable. Les jours suivant l annonce, il est important que la personne-ressource de l enfant ne s absente pas, afin d éviter que l enfant vive une double perte. 11
LES DÉCÈS MÉDIATISÉS Éviter de faire parler l enfant devant les médias. Expliquer à l enfant pourquoi cette pénible nouvelle est racontée à la population. Parler à l enfant des images qu il verra et être vigilant aux prises de vue des médias. Superviser l écoute et être vigilant aux réactions et questions de l enfant. Conserver les reportages et articles afin de les remettre à l enfant plus tard. Encourager l enfant à parler de ce qu il entend. Attention, la contamination se fait rapidement. L ENFANT QUI VOIT LA MORT Parfois, l enfant assiste au dernier souffle de son parent, le trouve mort subitement dans son lit, est présent lors de l accident fatal, le découvre en rentrant de l école pendu ou entend la détonation de l arme à feu. Parfois, c est à l enfant lui-même que revient la tâche d appeler les secours et d attendre leur arrivée. L enfant est souvent en crise à ce moment-là et a eu le temps de voir dans les détails ces images, sans savoir quoi faire pour sauver la personne. Quoi faire? Sortir l enfant du lieu dès que possible; il n est pas nécessaire que l enfant voit les secours intervenir. Permettre à l enfant de revenir à l endroit où a eu lieu le décès, uniquement lorsqu il aura repris son aspect habituel. Répéter à l enfant qu il a bien agi. «Il y a un avant, avant la mort de l être cher» Josée Masson Ne pas hésiter à lui demander de raconter ce qu il a vu, vécu et ressenti aussi souvent qu il le souhaite. Ne pas forcer l enfant à parler, mais lui dire qu il est important de le faire et l aider à identifier une personne à qui il aimerait parler. Il est possible que l enfant développe un syndrome de stress post-traumatique et qu il ait besoin de l aide d un professionnel. 12
LA MALADIE GRAVE C est la seule mort que l on peut annoncer à l enfant, avant qu elle ne survienne et qui lui offre l opportunité de s y «préparer». Comment annoncer la maladie? La personne malade peut en parler avec l enfant, mais le parent reste la meilleure personne. Informer l enfant de la maladie de son proche rapidement. Être honnête, transparent et lui dire que ce n est pas de sa faute. Informer l enfant du nom de la maladie, de ses caractéristiques et des symptômes possibles (dessin, rencontre avec le médecin, recherches sur Internet). Rassurer l enfant en lui disant que toutes les maladies ne sont pas graves. Partager ses émotions, être disponible et à l écoute, et répondre à ses questions. Et après Permettre à l enfant de passer du temps avec la personne malade, c est aussi bénéfique pour le malade. L informer des traitements et de l évolution de la maladie ainsi que des effets possibles sur la famille. L impliquer, si possible, dans les décisions. Favoriser le maintien de la routine, des activités familiales et passer du temps agréable avec l enfant. Rassurer l enfant et lui rappeler qu il y a des gens pour l aider. Si l état de santé se dégrade Dire à l enfant qu il n y plus d espoir que la personne guérisse et qu elle va mourir très bientôt. Parler de la mort et de ses implications. Informer l enfant avant chaque visite de l état de la personne et lui demander s il souhaite toujours la voir. Lui laisser le choix et ne pas le forcer. Préparer l enfant au fait que chaque visite pourrait être la dernière fois qu il voit la personne. Permettre à l enfant de lui dire «au revoir» et l aider à savoir comment il pourrait le faire, que le malade soit conscient ou non. Il est possible de faire des adieux en famille. Impliquer l enfant, le tenir informé de la situation, du début à la fin, avec honnêteté, et lui parler de la mort, avant que l événement tragique ne survienne, vont faciliter la gestion de cette difficile épreuve pour l enfant. 13
LES RITES FUNÉRAIRES COMMENT PRÉPARER L ENFANT? Les rites funéraires sont importants pour l enfant, même pour un bébé. Ils lui permettent de cheminer dans son deuil, d approfondir ses connaissances sur la mort, de faciliter l expression de son chagrin, de consolider son sentiment d appartenance à la famille, d exprimer son attachement au défunt et de lui dire «au revoir». Même si c est un moment bénéfique pour l enfant, ce moment est difficile pour lui et il en gardera souvent des souvenirs très précis. Les préparatifs funéraires sont une belle occasion pour parler avec l enfant de l image qu il se fait de l endroit où est décédée la personne (verbalement / dessin). Le but n est pas de juger sa définition, mais de s assurer qu il n y ait pas de confusion. Expliquer à l enfant le vocabulaire (salon funéraire, funérarium, cérémonie, obsèques, inhumation, etc.) avec des mots simples et adaptés à son âge. Lui expliquer le déroulement de la cérémonie avec le plus de détails possibles (la tombe, l état du corps, l urne, les fleurs, le cimetière, l église, les gens présents, etc.). Impliquer l enfant dans les préparatifs de la cérémonie, lui expliquer les raisons qui justifient les rites choisis et lui permettre de rajouter sa touche personnelle s il le souhaite. L enfant se sentira important et pris en considération. Le parent (ou adulte significatif) peut faire visiter les lieux de la cérémonie à l enfant lorsque celui-ci est vide. Avertir l enfant que la journée de la cérémonie risque d être longue et parfois difficile parce qu il y aura beaucoup d émotions. Lui expliquer l ambiance de cette journée et lui nommer les émotions et réactions possibles des adultes (certaines personnes pleurent, rient, parlent, etc.). Préparer l enfant aux réactions que lui-même peut avoir. Préparer l enfant à la rencontre après les funérailles. Laisser le choix final à l enfant d y assister ou non. S il ne le souhaite pas, il est possible d organiser des rites personnalisés. Pendant la cérémonie, prévoir un accompagnateur significatif pour l enfant (s il souhaite quitter ou pour soulager le parent). 14
L EXPOSITION DU CORPS OU DE L URNE Voir et toucher le corps du décédé Voir peut permettre de rendre la perte plus réelle. Toucher peut permettre de mieux saisir la notion d arrêt du fonctionnement du corps. Expliquer à l enfant ce qu il va voir et le laisser choisir quelque soit son âge. Faire confiance à l enfant, mais tout est conditionnel à l apparence du corps. EXPLIQUER LA CRÉMATION À L ENFANT La crémation consiste à réduire le corps en cendres. Le cercueil et le corps sont brûlés sous l action de la température élevée d un four crématoire et transformés en cendres. Par la suite, une personne recueille les cendres et les met dans un contenant appelé «urne funéraire». Quand on est mort, on ne sent plus rien. Ainsi, ton parent ne ressent pas la chaleur du feu. Cette urne sera ensuite conservée à la maison, au columbarium, mis en terre dans un cimetière ou encore déposée selon la volonté du défunt. Si le cercueil est fermé Il peut être difficile pour l enfant d imaginer que son parent est vraiment dedans. Il peut alors être suggéré de représenter le défunt par différents symboles: photos, chandelles, objets significatifs, etc. Rappeler à l enfant que s il a des interrogations, il peut s adresser à vous ou à un adulte. L exposition de l urne L enfant a souvent de la difficulté à comprendre que le défunt est dans une si petite boîte. Lui expliquer que le corps est maintenant incinéré et qu il n est plus du tout comme avant. Si les cendres sont dispersées, il est souhaitable d en garder une partie pour permettre à l enfant d avoir un endroit pour se recueillir. 15
COMMENT RÉPONDRE AUX QUESTIONS DE L ENFANT C-L-A-R-T-É Calme Ne pas s affoler devant les questions dérangeantes. L honnêteté Dire parfois «je ne sais pas». Attention Décoder l émotion, préciser le questionnement. Rapidité Donner toujours un début de réponse et chercher rapidement la suite. Tolérance L enfant peut répéter souvent les mêmes questions. Exactitude Dire les vraies choses. Souvent, l enfant essaie d exprimer des choses à travers ses questions : qu il aimerait que la personne ne soit pas morte, qu il pense à elle, qu il a peur, qu il veut savoir si c est de sa faute, si d autres personnes vont mourir, qu il veut comprendre et être rassuré. L enfant pose des questions s il sait qu il aura une réponse claire, vraie, facile à comprendre et qu il n ébranlera pas davantage son autre parent. Il est important de ne jamais promettre à un enfant que personne d autre ne mourra. Source: «Derrière mes larmes d enfant», Josée Masson, Éditions Ressources, 2006. 16
LE RÔLE DU PARENT ET DES ADULTES EN TANT QUE PARENT Vous êtes le meilleur adulte pour intervenir auprès de l enfant. Votre mission est difficile car, vous aussi, vous êtes endeuillé et vivrez des changements importants dans la vie de famille. On est parent pour la vie d un enfant endeuillé pour la vie. Cette mort sera inscrite dans votre histoire de vie ainsi que dans celle de votre enfant (souvenirs, rituels, etc.). Le parent peut rassurer son enfant, mais il ne peut pas lui promettre qu il ne va jamais mourir. Il est encouragé de Montrer ses émotions à son enfant. Parler, d écouter et de réconforter son enfant. Faire confiance à son enfant. Maintenir le plus possible la routine, d impliquer l enfant dans les changements. Avertir les amis proches de l enfant et leurs parents, les personnes qui interviennent auprès de l enfant (professeur, gardienne, entraîneur de soccer et voisinage, s il est connu). Ces personnes occupent une place importante dans le soutien de l enfant et sont à même d identifier les changements importants dans son comportement. Prendre du temps pour prendre soin de soi et de l enfant. Utiliser les ressources appropriées au besoin. 17
MON RÔLE D ADULTE / MEMBRE DE LA FAMILLE Pour aider le parent Être disponible et à l écoute (lui dire que vous êtes compatissant et qu il peut compter sur vous, pour l accompagner dans ce moment difficile). Au besoin, donnez-lui un peu de votre temps, pour l aider dans la réalisation des tâches quotidiennes. Parler de la personne décédée et mentionner ses qualités. Être rassurant et l inciter à être patient envers lui-même et ses proches: le deuil est un long processus. S assurer qu un adulte entourant l enfant est en mesure de veiller à sa sécurité physique et émotive. Pour aider l enfant Reconnaître qu il est endeuillé: se sent souvent seul au monde et a besoin d être accompagné dans son deuil. Être disponible et à l écoute, parler de son parent mort, partager les émotions et répondre à ses questions. Ne pas essayer de l épargner et faire notre possible pour qu il ait les éléments lui permettant de mieux vivre son deuil et respecter son rythme. Impliquer l enfant. Faire confiance aux capacités de l enfant à faire face à des situations difficiles. 18
RESSOURCES POUR L ENFANT ET LE PARENT Suivi individuel, familial ou de groupe Centre de la famille Valcartier Secteur intervention 418 844-6060 forcedelafamille.ca Deuil jeunesse 418 624-3666 Urgence: 418 670-9772 deuil-jeunesse.com LITTÉRATURE «Mort, mais pas dans mon coeur» Guider un jeune en deuil Josée Masson, Édition Logiques, 2010 Le Centre de la famille Valcartier met également à la disposition de la communauté des livres sur le deuil vécu par un adulte et le deuil vécu par un enfant. 19
CENTRE DE LA FAMILLE VALCARTIER Édifice 93 C.P. 1000, succursale Forces Courcelette (Québec) G0A 4Z0 418 844-6060 Sans frais: 1 877 844-6060 Télécopieur: 418 844-3959 info@crfmv.com forcedelafamille.ca