A - Méthode Laser Induced Breakdown Spectroscopy (LIBS) τ = 230 ms. Transition laser : λ = 1064 nm



Documents pareils
Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

DIFFRACTion des ondes

INTRODUCTION À LA SPECTROSCOPIE

Application à l astrophysique ACTIVITE

Mise en pratique : Etude de spectres

Sujet. calculatrice: autorisée durée: 4 heures

TP 2: LES SPECTRES, MESSAGES DE LA LUMIERE

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

Séquence 9. Étudiez le chapitre 11 de physique des «Notions fondamentales» : Physique : Dispersion de la lumière

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Spectrophotomètre à réseau

EXERCICE 2 : SUIVI CINETIQUE D UNE TRANSFORMATION PAR SPECTROPHOTOMETRIE (6 points)

Spectrophotométrie - Dilution 1 Dilution et facteur de dilution. 1.1 Mode opératoire :

TD 9 Problème à deux corps

Correction ex feuille Etoiles-Spectres.

Chapitre 6 La lumière des étoiles Physique

- I - Fonctionnement d'un détecteur γ de scintillation

Interactions des rayonnements avec la matière

Q6 : Comment calcule t-on l intensité sonore à partir du niveau d intensité?

Les moments de force. Ci-contre, un schéma du submersible MIR où l on voit les bras articulés pour la récolte d échantillons [ 1 ]

TEMPÉRATURE DE SURFACE D'UNE ÉTOILE

Un spectromètre à fibre plus précis, plus résistant, plus pratique Concept et logiciel innovants

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif -

P17- REACTIONS NUCLEAIRES

Sujet. calculatrice: autorisée durée: 4 heures

I - Quelques propriétés des étoiles à neutrons

SUIVI CINETIQUE PAR SPECTROPHOTOMETRIE (CORRECTION)

Microscopie de fluorescence Etat de l art

Figure 1 : Diagramme énergétique de la photo émission. E B = hν - E C

Sensibilisation à la Sécurité LASER. Aspet, le 26/06/2013

Les objets très lointains

Si la source se rapproche alors v<0 Donc λ- λo <0. La longueur d onde perçue est donc plus petite que si la source était immobile

Atelier : L énergie nucléaire en Astrophysique

PHYSIQUE Discipline fondamentale

Professeur Eva PEBAY-PEYROULA

Université de Nice Sophia Antipolis Licence de physique

Les rayons X. Olivier Ernst

A chaque couleur dans l'air correspond une longueur d'onde.

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

Chapitre n 6 MASSE ET ÉNERGIE DES NOYAUX

Comment suivre l évolution d une transformation chimique? + S 2 O 8 = I SO 4

Ni tout noir, ni tout blanc Consignes Thème I - Observer

DISQUE DUR. Figure 1 Disque dur ouvert

LE PHYSICIEN FRANCAIS SERGE HAROCHE RECOIT CONJOINTEMENT LE PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 2012 AVEC LE PHYSICIEN AMERCAIN DAVID WINELAND

Les impulsions laser sont passées en quarante ans de la

Chapitre 2 : Caractéristiques du mouvement d un solide

Mesures de PAR. Densité de flux de photons utiles pour la photosynthèse

G.P. DNS02 Septembre Réfraction...1 I.Préliminaires...1 II.Première partie...1 III.Deuxième partie...3. Réfraction

ANALYSE SPECTRALE. monochromateur

PROPRIÉTÉS D'UN LASER

Caractéristiques des ondes

Rayonnements dans l univers

TP 7 : oscillateur de torsion

- MANIP 2 - APPLICATION À LA MESURE DE LA VITESSE DE LA LUMIÈRE

PRINCIPE MICROSCOPIE CONFOCALE

La spectrophotométrie

MESURE ET PRECISION. Il est clair que si le voltmètre mesure bien la tension U aux bornes de R, l ampèremètre, lui, mesure. R mes. mes. .

SPECTROSCOPIE D ABSORPTION DANS L UV- VISIBLE

Interaction milieux dilués rayonnement Travaux dirigés n 2. Résonance magnétique : approche classique

Les biens culturels :

PRISE EN MAIN DU SPECTROPHOTOMETRE UV-VISIBLE SHIMADZU U.V. 240

Faculté de physique LICENCE SNV EXERCICES PHYSIQUE Par MS. MAALEM et A. BOUHENNA Année universitaire

D ETECTEURS L UXMETRE SUR TIGE C OMPTEUR DE FRANGES A FIBRE OPTIQUE. Détecteurs

Fluorescent ou phosphorescent?

Comment réaliser physiquement un ordinateur quantique. Yves LEROYER

L énergie sous toutes ses formes : définitions

ÉPREUVE COMMUNE DE TIPE Partie D. TITRE : Comment s affranchir de la limite de la diffraction en microscopie optique?

Chapitre 6 : les groupements d'étoiles et l'espace interstellaire

(aq) sont colorées et donnent à la solution cette teinte violette, assimilable au magenta.»

Une nouvelle technique d'analyse : La spectrophotométrie

Chapitre 10 : Radioactivité et réactions nucléaires (chapitre 11 du livre)

La recherche d'indices par fluorescence

Chapitre 4 - Spectroscopie rotationnelle

Exercice 1. Exercice n 1 : Déséquilibre mécanique

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Propriétés de l atome

Capacité Métal-Isolant-Semiconducteur (MIS)

Problèmes sur le chapitre 5

Mémento à l usage du personnel des laboratoires

Comparaison des performances d'éclairages

PHYSIQUE-CHIMIE DANS LA CUISINE Chapitre 3 : Chimie et lavage

De la physico-chimie à la radiobiologie: nouveaux acquis (I)

FICHE 1 Fiche à destination des enseignants

SYSTEME DE PARTICULES. DYNAMIQUE DU SOLIDE (suite) Table des matières

Contrôle non destructif Magnétoscopie

CHAPITRE IX : Les appareils de mesures électriques

PRODUIRE DES SIGNAUX 1 : LES ONDES ELECTROMAGNETIQUES, SUPPORT DE CHOIX POUR TRANSMETTRE DES INFORMATIONS

Résonance Magnétique Nucléaire : RMN

Module HVAC - fonctionnalités

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE MINISTERE DE L ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

III. Transformation des vitesses

P R O PA G AT I O N & C O U L E U R S

Lycée Galilée Gennevilliers. chap. 6. JALLU Laurent. I. Introduction... 2 La source d énergie nucléaire... 2

Partie Observer : Ondes et matière CHAP 04-ACT/DOC Analyse spectrale : Spectroscopies IR et RMN

PROBLÈMES DE RELATIVITÉ RESTREINTE (L2-L3) Christian Carimalo

Épreuve E5 : Conception détaillée. Sous-épreuve E51 : Conception détaillée d une chaîne fonctionnelle

U7/R7 Un éclairage avancé dans un design unique

Initiation à la Mécanique des Fluides. Mr. Zoubir HAMIDI

Étude et modélisation des étoiles

TP Détection d intrusion Sommaire

Transcription:

Etude d une peinture flamande de Jan Van Eyck : XV e siècle Les époux Arnolfini 1 434 «Fake or not fake»? Données numériques h = 6,62 10-34 J.s c = 3 10 8 m.s -1 e = 1,60 10-19 C 1 ev= 1,60 10-19 J A - Méthode Laser Induced Breakdown Spectroscopy (LIBS) 1) Laser à solide dopé : laser YAG-Nd (Yttrium - Aluminium - Grenat Y 3 Al 5 O 12 ) I - Caractéristiques du faisceau émis Ce laser impulsionnel délivre une énergie : E = 700 mj par pulse de t =10 ns. E 4 E 3 τ = 230 ms Transition laser : λ = 1064 nm E 2 E 1 Niveaux d énergie de l ion Nd 3+ dans un cristal de grenat d aluminium et d yttrium. a) En l absence d excitation extérieure, quel est le niveau d énergie le plus peuplé? b) Que signifie «pompage optique»? - abaisser tous les niveaux électroniques - exciter les atomes - inverser la population entre 2 niveaux d énergie c) Comment peut-on exciter l ion au niveau E 4? d) Pourquoi peut-il y avoir une transition laser entre les niveaux E 3 et E 2? e) Par un schéma, expliquer ce que signifie «émission stimulée». f) Dans quel domaine spectral se situe le rayonnement? g) Quelle est l énergie d un photon émis par le laser? h) Quel est le nombre N de photons émis par pulse? i) Quelle est la puissance P délivrée par ce laser en un pulse? j) Quel est alors l éclairement d une surface : S = 1 mm²? C.Baillet, ENCPB / RNChimie 1/5

II) Analyse spectrale de la lumière plasma Arrivé à la surface de la peinture, le laser crée un «plasma» : dans un plasma, les atomes perdent un ou plusieurs électrons. La matière ainsi dissociée est dans un état d énergie très élevée. En se désexcitant, elle émet de la lumière visible qui est analysée, via une fibre optique, par un spectromètre à réseau qui sépare les différentes longueurs d onde émises. En pointant le laser vers une partie blanche du voile, on enregistre le spectre suivant : Pour obtenir ce spectre, on a réalisé le montage suivant : Réseau Lentille L x i o O F Détecteur Le réseau plan, utilisé par transmission et comportant : n = 1 060 traits par millimètre, est éclairé par un faisceau de lumière parallèle. L est une lentille mince convergente de distance focale : OF' = 100 mm. Son axe principal est perpendiculaire au plan du réseau. Le détecteur est dans le plan focal image de cette lentille ; on repère les raies en mesurant la distance x entre le foyer principal image F et la raie étudiée. Formule fondamentale du réseau en transmission : sin i sin i = k n λ C.Baillet, ENCPB / RNChimie 2/5

a) Les radiations de longueur d'onde : λ o = 450 nm convergent au foyer principal image F' de la lentille L. Tracer le schéma optique. Calculer l'angle d'incidence i o nécessaire si i' = 0 pour le spectre d'ordre : k = - 1. b) Compléter le schéma en traçant la marche d'un faisceau de longueur d onde : λ < λ o c) Le point M est repéré par son abscisse : x = F'M Etablir la relation : λ = f(i') Montrer que si l angle i' est faible, cette relation peut se mettre sous la forme : Déterminer λ si x = 4,67 mm λ = λ 0 + x k n OF' d) Montrer que cette longueur d onde correspond à la transition entre les niveaux 4,376 ev et 1,328 ev sur le diagramme de Grotian du plomb. Représenter cette transition. 7,417 ev Ionisation de l atome 6,500 ev 4,375 ev 2,653 ev 1,320 ev 0,970 ev 0 ev Diagramme de Grotian C.Baillet, ENCPB / RNChimie 3/5

B Spectrométrie de masse On prélève quelques milligrammes de la couche picturale du voile, que l on ionise par laser. Ionisation P 1 P 2 O B I) Action du champ électrique E Les ions, de charge (+ e) et de masse m sortent de la chambre d'ionisation avec une vitesse v0 négligeable. Ils sont alors accélérés entre 2 plaques métalliques parallèles P 1 et P 2. La tension accélératrice, c'est-à-dire la différence de potentiel entre les 2 plaques, a pour valeur : U = V 1 V 2 = 14 000 V. a) Quelle plaque doit être portée au potentiel électrique le plus élevé? b) Tracer en rouge la trajectoire des ions entre les plaques. c) Indiquer le sens de la force électrique F e à laquelle sont soumis les ions pour être accélérés entre les plaques. d) En déduire la direction et le sens du champ électrique E entre les plaques? e) Prouver que l'énergie cinétique des ions à la sortie des plaques est : E c = e(v 1 V 2 ) = eu f) Quelle est leur vitesse v en fonction de e, U et m? II) Action du champ magnétique B Les ions pénètrent ensuite dans une région de l'espace où règne un champ magnétique uniforme B, d'intensité : B = 0, 1T. a) Comment peut-on produire un champ magnétique uniforme et constant au cours du temps? b) La trajectoire des ions est un quart de cercle de rayon R. Tracer la trajectoire et indiquer, en un point M de la trajectoire : le vecteur vitesse v la force magnétique F m c) Indiquer la direction et le sens de B pour que les ions décrivent un quart de cercle. C.Baillet, ENCPB / RNChimie 4/5

m v d) Prouver que la vitesse v des ions est constante et que le rayon de la trajectoire est : R = e B e) Etablir l'expression du rayon R de la trajectoire en fonction de la charge e des ions, de leur masse m, du champ magnétique B et de la tension accélératrice U. f) Déterminer et calculer numériquement la masse m des ions si : R = 0,25 m et U = 4 711 V. 208 Les ions détectés sont-ils des ions Pb +? 82 C Rhéologie - Peinture à l huile- Fluide de Bingham Idéalement, une peinture s étale facilement, mais ne coule pas. Les peintres exigent d autres qualités de leurs pâtes : parfois, ils veulent en superposer les couches sans qu elles se mélangent ; d autres fois, ils veulent au contraire modifier une couleur avec une autre afin d atteindre un ton précis. Au XVII e siècle, les peintres flamands ont inventé un additif : le «médium flamand» qui rassemble toutes les caractéristiques souhaitables d une peinture d artiste : s étaler facilement ; se figer ; se laisser facilement recouvrir ; sécher lentement. Quelles sont les propriétés d une peinture au médium flamand? Tout d'abord, il faut appliquer une force minimale avec le pinceau pour l'étaler. Ensuite, laissée à elle-même, elle se fige en quelques minutes comme de la gelée, mais sans sécher. Pour la recouvrir, le peintre donne des coups de pinceau assez légers pour ne point dépasser le seuil d écoulement de la première couche. S il veut fondre les couleurs des deux couches, il n a qu à appuyer assez fort avec son pinceau afin de vaincre le seuil d'écoulement de la couche sous-jacente. Retrouvant sa fluidité, la couche inférieure se mélange alors avec la seconde. Les physiciens qualifient de rhéofluidifiants avec seuil d écoulement de tels mélanges. Ils se fluidifient lorsqu on les agite, mais reprennent petit à petit leur état initial lorsqu on les laisse au repos. a) Faire un schéma pour définir la vitesse de cisaillement, le taux de cisaillement et la viscosité d un fluide. b) Tracer le rhéogramme du médium flamand : fluide rhéofluidifiant avec seuil d écoulement Si la composition exacte du médium flamand reste inconnue aujourd hui, nous savons qu il contient de l'huile de lin cuite et de la résine. Dissoute dans l'huile, cette résine se disperse en petites sphères. Des liaisons se forment progressivement entre ces composants, ce qui explique que la peinture se fige en quelques minutes. Cette immobilisation rapide n empêche pas qu il faille des jours, voire des mois, avant que cette même peinture soit entièrement sèche. Grâce à ce médium merveilleux, Rubens aurait peint La Kermesse en 24 heures. C.Baillet, ENCPB / RNChimie 5/5