En prothèse amovible complète,



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Transcription:

Cainet Laoratoire Gestion des rapports intermaxillaires en prothèse amovile complète M. HELFER, JP. LOUIS Chirurgiens-dentistes G. VERMANDE Prothésiste dentaire Quels sont les préalales à l enregistrement clinique des RIM? Comment régler les maquettes d occlusion? Comment rechercher simplement la DVO? Pourquoi et comment enregistrer la relation centrée chez l édenté total? En prothèse amovile complète, l occlusion répond à des critères spécifiques en statique comme en dynamique. Elle est définie en statique par le plan d occlusion, sa position ainsi que son orientation, à une dimension verticale d occlusion (DVO) correcte et en position mandiulaire de relation centrée (RC). L occlusion dynamique est liée à la morphologie des dents artificielles, leur agencement lors du montage au laoratoire, définissant le schéma occlusal. Ce dernier doit être systématiquement 33

Rapports inter maxillaires et PAC - M. Helfer et coll. Fig. 1 Maquettes d occlusion conformes aux critères de qualité. Fig. 2 a. Aires de tolérance antérieures (ATA) et postérieures (ATP) au maxillaire. à la mandiule. c. Dimensions moyennes des ourrelets d occlusion (d après Hüe et Berteretche) 1a 2a 2c en prothèse amovile complète une occlusion ilatéralement équilirée, appelée souvent «occlusion alancée». La séance clinique de détermination des rapports intermaxillaires (RIM) doit donc assurer la détermination de la DVO et la position de RC. Elle doit en outre permettre de transférer le modèle maxillaire sur articulateur dans une position proche de la réalité anatomique du patient, et communiquer au laoratoire toutes les informations nécessaires au montage des dents : matériau, forme, couleur, volume des futures ases prothétiques, caractérisations éventuelles du montage. Préalales à l enregistrement des RIM Le patient doit être détendu, réceptif aux consignes du praticien. On l installe en général assis ou légèrement incliné (dans une position proche de sa posture haituelle). Les maquettes d occlusion préparées au laoratoire doivent répondre aux critères de qualité haituels : la classique triade de Housset (3) sustentation, stailisation 34

Cainet Laoratoire et rétention mais aussi la rigidité. Elles ne doivent pas occasionner de gêne pour le patient, leur surface est lisse et leur volume proche de celui de la prothèse terminée (fig. 1). Elles sont réalisées souvent en cire renforcée à l aide de fils métalliques, mais une ase dure en résine demeure la meilleure solution de par sa finesse et sa stailité dimensionnelle, en particulier à température uccale. Certains auteurs préconisent de les reaser sur le modèle à l aide d un matériau à empreinte de type Eugénol-Oxyde de Zinc (4). 3 Fig. 3 Maquette mandiulaire porteuse d une lame de Brill. Fig. 4 Réglage de la maquette maxillaire esthétique et fonctionnelle. Fig. 5 Le ourrelet est réglé parallèle à la ligne ipupillaire et au plan de Camper grâce à la cuillère de Schreinemakers. 4a c Les maquettes sont porteuses de ourrelets occlusaux qui simulent les futures dents artificielles. Ils sont réalisés en cire, Stent ou éventuellement en silicone putty. Ils doivent être positionnés dans les aires de tolérance antérieures et postérieures et répondre aux dimensions moyennes en hauteur et épaisseur de manière à limiter les retouches lors de la séance clinique (fig. 2). On peut réaliser sur la maquette mandiulaire une lame de Brill en résine très intéressante par son encomrement réduit, proche de celui des dents antérieures mandiulaires, et par la rigidité qu elle confère à la maquette d occlusion (fig. 3). 5a Réglage de la maquette maxillaire Dans un premier temps, le ourrelet d occlusion maxillaire est réglé en orientation, de manière à soutenir correctement la lèvre supérieure. C est l appréciation esthétique de l angle nasolaial en vue latérale qui guide le praticien (fig. 4a) ainsi que le respect de la gouttière philtrale. La longueur est ensuite évaluée selon des critères esthétiques (visiilité au repos entre 0 et 3 mm) et phonétiques (prononciation des phonèmes F et V) (fig. 4 et c) (9). c 35

Rapports inter maxillaires et PAC - M. Helfer et coll. de Camper (fig. 5c). Ce plan défini par les tragus et le point sous-nasal correspond à l orientation de la tale de montage des articulateurs. À ce stade, la maquette maxillaire est prête et ne doit plus être modifiée. On peut réaliser un enregistrement de la position du maxillaire pour son transfert sur articulateur grâce à un arc facial qui permet de positionner la maquette d occlusion, donc indirectement le modèle par rapport au plan axio-oritaire (fig. 6a et ). Si le ourrelet est ien réglé, l emploi d une tale de montage est généralement suffisant, malgré une moindre précision (fig. 6c). 6a et c Fig. 6 a et Le modèle maxillaire peut être monté sur articulateur en utilisant un arc facial c. ou ien la tale de montage de l articulateur. Fig. 7 La maquette mandiulaire est réglée à son tour afin de soutenir les joues et les lèvres correctement. Le ourrelet est rendu parallèle à la ligne ipupillaire dans le plan frontal (fig. 5a). On règle ultérieurement la partie postérieure du ourrelet à l aide d un plan de Fox et d une cuillère de Schreinemakers (fig. 5) afin de la rendre parallèle au plan Réglage de la maquette mandiulaire Le ourrelet est réglé en inclinaison afin de soutenir la lèvre ; une concavité est aménagée en vestiulaire pour laisser la place au muscle oriculaire des lèvres qui stailise ainsi la maquette (fig. 7a). La hauteur du ourrelet est corrigée, si nécessaire, afin d affleurer la lèvre inférieure (fig. 7). Recherche de la DVO Cette phase clinique délicate, est étroitement liée au sens clinique du praticien (2) et son expérience (fig. 8a). Lorsque d anciennes prothèses existent, il est intéressant de s en servir en corrigeant la plupart du temps afin de compenser l usure des dents artificielles. 7a 36

Cainet Laoratoire? 8a c Mais souvent, les références antérieures ont totalement disparu. Il convient alors de rechercher cette dimension verticale perdue. Il ne s agit d ailleurs pas d une valeur unique mais plutôt un intervalle dans lequel physiologie et esthétique se trouvent en harmonie. On peut déterminer la DVO directement par appréciation esthétique essentiellement, ou ien de manière indirecte en évaluant la dimension verticale de repos DVR, à laquelle on soustrait ensuite la valeur de l espace lire d inocclusion ELI (entre 1 et 4 mm en fonction des classes squelettiques) (1). La DVR est évaluée, lèvres légèrement entrouvertes, en expliquant éventuellement au patient de respirer par la ouche lentement. On peut aussi demander au patient de conserver un peu d eau sous la langue. La détente musculaire doit être la plus complète possile. La DVO est estimée en fonction du confort ressenti par le patient, de tests fonctionnels asés sur la déglutition (10) et la plupart du temps selon des critères esthétiques. Les commissures, les lèvres et les joues doivent être correctement soutenues, provoquant un effacement partiel des sillons nasogéniens. Les hauteurs des 3 étages de la face doivent être sensilement égales (légères variations en fonction des classes squelettiques) ; de plus la hauteur de l étage inférieur est identique en principe à la distance interpupillaire (fig. 8) (5). Il existe d autres rapports de dimension entre les éléments du visage ou même avec les mains. En pratique, c est la corrélation des principaux tests qui donne au praticien la conviction que la dimension verticale est esthétique et fonctionnelle (fig. 8c). Le réglage de la DVO est réalisé par adjonction ou soustraction de matériau sur le ourrelet mandiulaire uniquement. Enregistrement de la relation centrée En l asence de toute référence dentaire, la position intermaxillaire en prothèse complète ne peut être liée qu à une référence musculaire (trop imprécise, aandonnée aujourd hui) ou articulaire. C est pourquoi on utilise la RC. On rappelle qu elle correspond à la position la plus haute des condyles mandiulaires au sein des fosses temporales. Elle est suggérée, otenue par contrôle non forcé, réitérative dans un temps donné et pour une posture corporelle donnée (3). Il faut expliquer au patient ce qu on attend de lui afin de réussir à capter sa mandiule et le conduire en RC. Ces mouvements d ouverture-fermeture rapides doivent être de faile amplitude. Il ne faut en aucun cas solidariser les maquettes maxillaire et mandiulaire comme c est parfois le cas. En effet, le prothésiste doit pouvoir monter le modèle maxillaire sur articulateur et conserver les données enregistrées en clinique. Fig. 8 La dimension verticale d occlusion est évaluée essentiellement selon des critères esthétiques. 37

Rapports inter maxillaires et PAC - M. Helfer et coll. 9a 9 9c Fig. 9a, Méthode des chevrons. c La position de relation centrée est enregistrée au moyen de chevrons ou grâce à la lame de Brill. Plusieurs méthodes d enregistrement ont été proposées. La méthode des «chevrons» Le ourrelet maxillaire est préparé de manière à réaliser des encoches, ien réparties, asymétriques, assez profondes, puis il est vaseliné (fig. 9a). Le ourrelet mandiulaire est garni de cire Aluwax (fig. 9). Cette dernière est réchauffée puis les maquettes sont insérées dans la cavité uccale du patient pour enregistrer la RC. Après refroidissement des maquettes dans l eau glacée, il faut vérifier au moins à 3 reprises la position enregistrée. La méthode de la lame de Brill La lame en résine mandiulaire est modifiée par des crans réalisés à la fraise ou au disque afin d otenir une position sans équivoque. La maquette maxillaire est recouverte de cire Aluwax, puis réchauffée. La cire est indentée en RC par la lame en résine. À nouveau, l opération est renouvelée trois fois successivement (fig. 9c). La lame étant fine et très rigide, la précision de l enregistrement est excellente, l indentation plus facile, le patient exerçant une pression moindre (5). Le point d appui central Cette méthode déjà éprouvée de longue date permet d enregistrer avec précision la RC. Elle nécessite d avoir déjà estimé les RIM avec une des deux autres méthodes précédentes. La maquette maxillaire est modifiée afin de porter un pointeau monté sur une vis (fig. 10a) tandis que la maquette mandiulaire supporte une plaque métallique (fig. 10). Une fois la vis en contact avec le plateau, les ourrelets peuvent être retouchés afin de supprimer tout contact entre eux (fig. 10c). Le patient est ensuite entraîné à réaliser des diductions et des mouvements de propulsion/rétropulsion. De l encre est déposée sur le plateau, le patient invité à répéter les différents mouvements. L enregistre- 38

Cainet Laoratoire ment graphique otenu permet de caractériser les mouvements mandiulaires (amplitude, symétrie, coordination neuromusculaire) et ojective la position de RC, au croisement des différentes trajectoires (fig. 10d). Une pastille est ensuite collée sur ce point, le patient se place en «occlusion» sur le plateau au centre de la pastille ; le praticien solidarise alors les maquettes entre elles à l aide de plâtre ou de silicone. Données complémentaires Pour permettre le montage des dents artificielles au laoratoire, il ne faut pas oulier d indiquer au prothésiste la position des milieux interincisifs (estimée par rapport aux freins, au philtrum et au nez), des futures pointes canines et la ligne du sourire (pour éviter un sourire gingival avec la future ase prothétique) (fig. 11). Le praticien doit également choisir le matériau des dents artificielles (porcelaine ou résine) le plus approprié au cas clinique ainsi que la forme des dents antérieures et leur couleur. Cette dernière est choisie classiquement en fonction de la couleur des cheveux, des yeux et de la peau en tenant compte des désirs (raisonnales) du patient. La forme est un élément primordial, sans doute plus important que la couleur, souvent laissée à l appréciation du laoratoire qui ne dispose d aucun élément ojectif pour la choisir ; c est donc au praticien d estimer quelle forme 11a est la plus adaptée au patient en fonction de sa personnalité, de sa morphologie et d éventuels documents pré-extractionnels (modèle, photographies). Au laoratoire Le modèle maxillaire est monté sur articulateur grâce à un arc facial ou une tale de montage. Le modèle mandiulaire est monté à son tour par engrènement des maquettes d occlusion. Il faut systématiquement contrôler 10a c c d Fig. 10 On peut utiliser également un point d appui central. On otient alors la «signature occlusale» du patient. Fig. 11 a. La séance clinique se termine par l enregistrement d informations complémentaires pour le laoratoire : ligne interincisive.. Position des pointes canines. c. Ligne du sourire. 39

Rapports inter maxillaires et PAC - M. Helfer et coll. 12a c d Fig. 12 a. L espace entre les modèles à l arrière doit être contrôlé au laoratoire pour éviter toute interférence. Une clé mandiulaire () permet le report des informations utiles au montage des dents antérieures maxillaires (c et d). auto-évaluation 1. La maquette maxillaire est réglée selon le plan de Camper n Vrai n Faux 2. La détermination de la DVO est asée sur le sens clinique du praticien n Vrai n Faux 3. Un point d appui central est indispensale pour enregistrer les rapports intermaxillaires n Vrai n Faux 4. Une lame de Brill sur la maquette mandiulaire apporte plusieurs avantages n Vrai n Faux 5. On peut utiliser la méthode des cires collées pour enregistrer la RC n Vrai n Faux l asence de contact postérieur des modèles en plâtre qui fausserait la position du modèle mandiulaire (fig. 12a). La maquette mandiulaire est retirée et une clé en plâtre ou en silicone de laoratoire est élaorée de manière à conserver l ensemle des informations cliniques. (fig. 12). Le prothésiste procède alors au montage des dents antérieures maxillaires (fig. 12c) dans un premier temps puis des dents mandiulaires, et ensuite des secteurs postérieurs. La détermination de la position du plan d occlusion et son orientation font appel à des critères anatomiques (langue, commissures laiales, distance intercrête) et dans certains cas à des analyses céphalométriques d après une téléradiographie de profil (6, 7). Dans la plupart des cas, le plan d occlusion est défini de manière simple par le ord lire des dents antérieures mandiulaires (dentale) et les 2/3 des tuercules 40

Cainet Laoratoire rétromolaires au niveau postérieur. Il est important de veiller à ce qu il soit sous la ligne du plus grand contour de la langue afin que cette dernière joue un rôle stailisateur. Des coures de compensation sagittale et frontale doivent être étalies de manière à otenir une occlusion ilatéralement équilirée (fig. 12d) (8). Lors de l insertion prothétique, l ensemle des critères fonctionnels et esthétiques doivent être respectés et contrôlés par le praticien (fig. 13). Conclusion L étape de l enregistrement des rapports intermaxillaires en prothèse complète est une étape clinique essentielle dans la réussite du traitement tant sur le plan fonctionnel qu esthétique. En respectant un protocole précis, chronologique, le praticien même peu expérimenté est en mesure de réussir à évaluer correctement la onne position mandiulaire et d apporter le maximum d informations de qualité pour le laoratoire. L implication du patient et parfois de son entourage est également importante dans les choix esthétiques qui doivent être discutés en amont, et non pas après l insertion prothétique. 13 Fig. 13 Les prothèses terminées soutiennent correctement les lèvres et les joues. iliographie 1. Begin M. La dimension verticale et l espace lire d inocclusion : un moyen simple de détermination. Actual Odontostomatol. 1992; 177: 105-112. 2. Begin M. La relation intermaxillaire: étalissement de la DVO. Inf Dent. 2001; 83(13): 922-930. 3. CNEPO Dictionnaire de prothèse odontologique. Editions SNPMD, Paris, 2004. 4. Daadie M. Prothèse adjointe complète. Une technique, un traitement Paris, Flammarion, 1988. 5. Hüe O, Berteretche MV. Prothèse complète. Réalités cliniques. Solutions thérapeutiques. Quintessence Int. Paris, 2003. 6. Lejoyeux J, Daadie M, Darque J. La téléradiographie de profil en prothèse complète ; un examen d omnipraticien. Cah Prothèse. 1979; 25: 37-50. 7. Mariani P, Pini P. Plan d occlusion et prothèse complète : technique de transfert à partir d une construction téléradiographique. Inf Dent. 1979; 61(4): 241-249. 8. Perez C, Orthlie JD, Carajo F. Application de l analyse céphalométrique à la reconstruction prothétique de la coure de Spee. Strat Proth. 2007; 7: 175-184. 9. Rignon-Bret C, Rignon-Bret JM. Prothèse amovile complète. Prothèse immédiate. Prothèse supraradiculaire et implantaire. Coll. JPIO, Rueil Malmaison, 2002. 10. Shanahan TE. Physiologic vertical dimension and centric relation J. Prosthet Dent. 1956; 6: 741-747. COORDONNEES : Maxime HELFER et Jean-Paul LOUIS Faculté d Odontologie - Département de Prothèses 96 avenue De Lattre de Tassigny 54000 Nancy Gilles VERMANDE Laoratoire Basdem 3, rue Isaey 54000 Nancy 41