PRESENTATION DU FILM LA RUEE VERS L OR : CONTEXTE : 1. Effets de la refondation sur la nouvelle organisation 2. La circulation des documents 3. La circulation des informations (le site / les productions des classes, les DVD pédagogiques) 4. Les productions annuelles AVANT LE FILM : La version originale : Un film en noir et blanc deux années de production : 1925 : film muet avec cartons durée : 96 minutes. 1927 : arrivée du cinéma parlant avec «Le chanteur de Jazz de Al Johnson» 1942 : nouvelle version du film : suppression des cartons mais ajout de la voix de Charles Chaplin en anglais et de sa musique. Suppression des cartons, le film est raccourci 69 minutes. C'est la version diffusée. La voix de Chaplin sera sous-titrée. Pour les élèves qui auraient des difficultés leur expliquer que l'on peut comprendre le film sans le sous-titrage. La plus grande partie du film, muet à la base est sans dialogue. Les émotions et sentiments des personnages sont compréhensibles sans la voix. Le film a été filmé pour être compris sans la voix. On reparlera du film dans la classe après la projection (élément essentiel) DES CARTONS ONT ETE REALISES POUR PASSER AVANT LE FILM EXPLIQUER L ENJEU APRES LE FILM Les mots clés : (à faire trouver) Illusion/réalité Fortune (double sens du mot) Faim / Froid Amour (feint / trompé, sincère ) Rang social Vide (/mort) / Plein (symboliquement, matériellement) L appartenance à un genre? Caractère vivant de l œuvre, qui ne peut être complètement identifiée à un seul genre ; à la fois un mélodrame «tire larmes», avec un personnage réceptacle de l émotion du spectateur, appelé à s identifier à lui («petit homme» : tout être humain est invité à se sentir solidaire), et les énormes difficultés qu il affronte, de tous ordres, dont des personnages «méchants» stéréotypés (Black Larsen). Mais aussi le burlesque, avec une multitude de gags, parce que le monde regorge de surprises, d incohérences, de distorsions, quand certains voudraient faire croire à un ordre, une morale et une justice («les efforts sont récompensés, la réussite vient du mérite»); C est une vision du monde propre aux dominants qui est ainsi joyeusement ridiculisée : transgression ludique d une pensée que l on cherche à nous inculquer avec sérieux dès l enfance! 1
Le point de vue narratif L ensemble du film suit l histoire du «petit homme». Les plans rapprochés établissent une proximité affective avec lui, ainsi que la voix off (ajoutée en 1942, lors de la sonorisation du film, et de la suppression des intertitres, remplacés par les commentaires oraux) ; il arrive que le champ de vision corresponde presque au regard du personnage (plans subjectifs, ou semi-subjectifs avec personnage en amorce). Mais il arrive aussi souvent que nous voyons ce que le personnage ne voit pas : par exemple, l arrivée de l ours qui menace le personnage dans la première séquence, et qui disparaît aussitôt qu il se retourne. C est ce savoir du spectateur supérieur à celui du personnage qui souvent permet ainsi le gag : nous nous réjouissons de ce petit instant de supériorité, tout en n ignorant pas que nous ne perdons rien pour attendre (comparer avec ce qui se passe chez Tati : le gag devient tellement minimal et réaliste que nous savons qu il peut nous atteindre ; ici l irréalisme des situations peut nous protéger de cette crainte, rendant le rire plus confortable). Un thème récurrent L illusion opposée à la réalité : le repas avec le soulier ; les visions de Jim affamé, qui voit un poulet à la place de son compagnon ; Charlot qui croit que Georgia lui sourit, alors que ce sourire est destiné à un autre homme ; la célèbre danse des petits pains ; la maison qui bascule, les personnages croyant être mal réveillés ; Charlot photographié en vagabond alors qu il est devenu riche, ce que Georgia ignore L illusion certes empêche de voir la réalité avec discernement, ce que la société sanctionne par le rire (Bergson) ; mais elle aide à en supporter la cruauté ; elle permet d amortir les chocs, et n empêche pas de finir par «trouver le nord», comme le personnage. Elle a sa place dans nos vies, même si le retour à soi et au réel reste nécessaire (Clément Rosset) : c est le travail du spectateur qui voit ce film. La structure Une structure forte reposant sur des oppositions : Partie 1 : Nord Sud la carte : la mort / l or : une action creuser une condition survivre Partie 2 : la solitude / l amour : une action séduire une condition avoir de l argent Chacune des deux actions donne lieu à des scènes mémorables : Partie 1 : la scène de la chaussure mangée Partie 2 : la scène de la danse des petits pains Une partie 3 qui synthétise les deux précédentes : Survivre (scène de la maison en équilibre) pour gagner l or, la richesse, la sécurité et finalement conquérir Georgia mais le but est atteint de façon incidente! (tradition du burlesque). Des implicites qui échappent aux enfants : Le moteur de Charlot, ce qui génère l énergie du personnage principal : la faim fait se juxtaposer les deux cibles : la nourriture et la femme dimension psychanalitique, libido) 2
Le rapport Chaplin / Charlot explicite / jeux de regard par rapport à la caméra et la métamorphose du héros de Charlot en Chaplin puis Charlot pour finir (fins différentes entre les deux versions et liens avec la vie intime de l auteur! (changement d actrice enceinte mariage forcé Quelques informations sur le contexte de la réalisation : 1. Le tournage de La Ruée vers l Or commença en extérieurs dans la Sierra Nevada où Chaplin fit construire à grand frais le village des prospecteurs et surtout tourna la fameuse scène époustouflante du tout début où l on voit une file ininterrompue de prospecteurs gravir la montagne enneigée. Après plusieurs mois, du fait des nombreux problèmes techniques, le tournage dut être repris en studio. Hormis cette scène du tout début, Chaplin ne garda qu une autre courte scène où il glisse sur une pente! 2. Chaplin changea aussi de personnage principal féminin. Alors qu il avait commencé avec Lita Gray (qu il épousa plus ou moins de force pendant le tournage car elle était enceinte), en studio, il reprit tout avec Georgia Hale. 3. La fameuse danse des petits pains est originellement un petit numéro de Fatty Arbuckle que l on voit dans Rough House (1917) avec également Buster Keaton. Chaplin donne toutefois à ce numéro une tout autre dimension. La cabane en équilibre instable serait quant à elle présente dans un court métrage d Harold Lloyd. Extrait http://films.blog.lemonde.fr/2009/12/08/gold-rush/ Les notions en jeu (cf. fiche notions) Les mises en réseau : HDA : la photographie (Doisneau, les pains de Picasso) le cinéma (les rapaces Stroheim, réalisé juste avant la ruée vers l or) la danse ou le théâtre d objet (petits pains) le théâtre La ruée vers l'or pistes plastiques (Somme à trier classer) Au retour du film, après le débat, caractériser le personnage : Qui est Charlot, le vagabond appelé «le petit homme» dans le film : Faire la liste de ses traits physiques et accessoires: petit, brun, les yeux cernés de noir, la moustache, de grandes chaussures pour une démarche en canard, la cane, le chapeau... Brosser le portrait du personnage : faire la liste de ses traits physiques et accessoires: 3
pauvre (ses habits), affamé (la bougie, le soulier, les haricots), peureux (peur de Big Jim), rusé (cache le fusil dans la neige), astucieux (utilise la cane pour tenir son pantalon en dansant)... Qui est Charlot, le vagabond appelé «le petit homme» dans le film : petit, brun, les yeux cernés de noir, la moustache, de grandes chaussures pour une démarche en canard, la cane, le chapeau... L affiche : A partir de cette matière, on peut retourner voir l'affiche pour examiner comment elle est composée? Le personnage y apparaît deux fois : en entier (plan moyen) en gros plan (gros plan) du visage. Les accessoires et traits physiques apparaissent : sourcils, yeux, moustache, cheveux, cane, chapeau la prouesse physique : retenir la maison avec une simple corde Le texte : l'acteur-réalisateur et le titre La lecture de l'image en forme de «Z» : lecture horizontale «CHARLIE CHAPLIN» puis descente oblique du graphisme lecture horizontale du titre Analyser dans le film deux photogrammes pour cadrer ses dessins ou représentations à venir Ce personnage simple à caractériser physiquement, l est il moralement? Chaplin construit des ambiguïtés : un vagabond qui cherche de l or d une drôle de manière, quelqu un qui semble ne pas avoir de buts autres que ceux qu il subit dans l instant (la faim, le froid, la solitude), mais qui qui trouve toujours des solutions (?), qui se retournent très souvent contre lui mais cela ne le désarçonne pas, il continue sa route. Pistes plastiques de la somme commentées sous forme de mise en garde : La rencontre sensible comme démarche ouverte sur l œuvre plutôtque comme filtre pour l analyse. Un exemple (images grand format à montrer) Le personnage est cadré différemment : à gauche : en entier pour montrer la démarche du Tout ceci est vrai mais incroyablement l essentiel manque!: 4
personnage, le comique venant des pieds et de la marche en canard. On appelle ce cadrage «plan moyen» : il sert à montrer l'action du personnage, le burlesque des situations. À droite : la caméra s'est rapprochée, on ne voit que le buste du personnage ; mains et bras sont dans le cadre. La rapprochement de caméra permet au spectateur de s'identifier et montre la faim qui tenaille Charlot. On appelle ce cadrage «plan rapproché» : jusqu'au gros plan il sert à montrer les émotions du personnage. mettre en scène les émotions : la joie, la peur, la souffrance, la faim, la colère 1. le décalage environnement : personnage : entre les conditions climatiques, l environnement à supporter, les conditions d accès (cordage, piolet / cane, cracate, chapeau qui reste vissé au crâne malgré le vent) l absence d effet sur Charlot : l improbable du burlesque, comme dans les films d animation 2. la face burlesque de l image 1 opposée à la dramatisation de l image 2 (avec en contre point l apparente satisfaction du petit homme qui déguste!) Propositions de travail en arts visuels : recréer une affiche en choisissant une idée forte du film : la faim, le froid, l'amour... suggestion de papiers découpés pour recréer le personnage qui n'est pas cerné dans l'affiche française. Dessiner ou composer plastiquement par collage une scène du film. (individuel ou groupe) Dessiner un portrait de Charlot... Gros plan (EMOTION) ou plan moyen (ACTION) selon le choix Travail sur le noir et blanc, en papier découpé... S inscrit dans les choix départementaux : une affiche réalisée dans l année, avec dans certains lieux de cinéma des contraintes de dimensions (La Charité), ou tout autre support (but comm sur le net). L enjeu n est explicite : on peut dessiner autrement qu en cernant. Comment faire? But : réaliser le personnage de Charlot de façon à montrer une de ses caractéristiques (un peu fou, drôle, rêveur, peureux, amoureux, rapide, agile, sautillant attention, tout ne peut pas forcément se traduire plastiquement, d où le guidage de l enseignant) Formes variées : BD, photo avec des contraintes fortes (par exemple, traduire le gag en trois images) Travailler le portrait nécessite d en connaître. Le portrait en photographie est tout à fait intéressant dès le cycle 2. Penser que le cadrage, le point de vue la lumière, l environnement, la profondeur de champ, sont les variables inhérentes au portrait, à faire découvrir par les élèves. Le papier découpé est possible quand les éléments ne sont pas trop petits et quand le papier lui-même est bien choisi (ton, épaisseur). Le découpage et le collage ne 5
Travailler le volume en recréant une scène et un décor dans une boite à chaussures. sont pas l essentiel du travail! On utilise la photographie, la photocopieuse et on fait des essais multiples, on trouve des moyens de repérage (quadrillage calque ou rhodoïd.) Se déguiser et se mettre en scène avec prise de photos du personnage. Dessiner les gags préférés. Roman photo pour mettre en scène les gags, intégrer des cartons pour symboliser le cinéma muet. Les propositions qui suivent imposent un travail interdisciplinaire et un lien fort avec l histoire des arts. Fabriquer des pantins articulés. Fabriquer des personnages du film en pâte à modeler. Créer un film d'animation avec les personnages qui évolueront dans un décor pour recréer un gag par exemple ou une situation émotionnelle. Manquent des réseaux à créer en particulier avec la photographie humaniste, la danse (Nijinski), le théâtre 6