SOCIETE ROYALE. evue trimestrielle. 1964-N 4



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SOCIETE ROYALE SAMBPE et MEUSE LE evue trimestrielle. 1964-N 4

SOCIETE ROYALE et IN MEMORIAM 1 Fernand DANHAIVE Joseph CHOT Chanoine Evariste HAYOT HAUT PATRONAGE M. Robert GRLJSLIN. Gouverneur de la Province de Namur. S. E. Monseigneur CHARUE. Révérendissime Evêque de Namur. COMITE D'HONNEUR Présidenf : M. Joseph CALOZET. Membre de l'académie royale de langue et de Iitt* rature françaises, à Namur. Vice-présidents : M. le Chanoine Philippe DELHAYE. Professeur aux Facultés catho liques de Lille, de Lyon et de Montréal, à Namur ; M. Félix ROUSSEAU, Conservateur honoraire des Archives de l'etat, Membre d«l'académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, Professeur éinérite de l'université de Liège, à Jambes ; M. Joseph ROLAND, Préfet de l'athénée Royal de Namur, Président de la Commission belge de Folklore, Professeur extraordinaire à l'université de Louvain, à Namur. CONSEIL D ADMINISTRATION Président: M. l'abbé René BLOUARD, Aumônier de l'institut du Sacré-Cœur, 35. Rue Ernotte, à Namur. Tél. : 233.88. Vice-présidents : M. Pierre MARTIN, Commissaire d'arrondissement à Dinant. M. Ernest MONTELLIER, Professeur au Conservatoire de musique à Namur. Secrétaire-Trésorier : M. Emile DAVE, Directeur général de l'institut International pour les Problèmes Humains du Travail, 9, rue Delvaux à Namur. Tél. 214.23. à Huy. Secrétaire-adjoint : Monsieur André DENISON, professeur à l'institut agricole de l'etat, Archiviste : M. Josy MULLER. Conservateur-adjoint des Musées du Cinquantenaire à Bruxelles. Membres: Madame Odette TURC-FRANÇOIS. Présidente des Jeunesses Musicales, à Namur ; Mademoiselle Louise-Marie DANHAIVE, Femme de lettres, à Namur ; M. Jean BOVESSE, Conservateur des Archives de l'etat, à Namur; M. François SARTEEL. Secré taire communal, à Auvelais. COMITE DE REDACTION DE LA REVUE : < LE GUETTEUR WALLON > Directeurs : M. l'abbé René BLOUARD et M. Emile DAVE. Membre»: Mademoiselle Louise-Marie DANHAIVE et M. Josy MULLER.

Les vieux Moulins de Thilay Haut Lieu de la Résistance ardennaise Journal de M, Fontaine présenté par Eva Thomé, Mademoiselle Eva Thomé, professeur au Lycée de Charleville a eu la délicatesse de nous faire l'hommage d'un exemplaire de son très beau livre. Nous la remercions de ce nouveau témoignage d'amitié et nous lui demandons d'accepter nos cordiales félicitations. Des voix plus autorisées ont apprécié l'œuvre de Mlle Thomé qui présente et commente les documents de la Résistance Ardennaise, Jour nal de Marguerite Fontaine. Voyez avec quelle foi et quelle poésie Mon sieur Robert Hayem, préfet des Ardennes, caractérise le comportement de tous les héros évoqués : La patrie appelle. On la sert. On sait les risques. Et c'est tout. Phrases lapidaires et émouvantes. Jugement d'un Français. Mais il nous appartient à nous Belges, amis de la France, Namurois, Ardennais de souche souvent, de dire à quel point nous nous sentons concernés par la tranche d'histoire que nous conte - à travers Marguerite Fontaine, - Melle Thomé. Direction, membres, amis, lecteurs du Guetteur Wallon ; - vacan ciers, excursionnistes, promeneurs, jeunes gens et jeunes filles des Camps de vacances et des Auberges de jeunesse, ces hauts-lieux de la Résistance Ardennaise nous sont familiers, qu'ils soient situés de l'un ou de l'autre côté de la frontière! Malvoisin, Haut-Fays, Gedinne, Willerzie, Rienne, Hautes Rivières, la Croix-Scaille, tout nous ramène ' ces hommes qui se cachèrent, œuvrè rent, tremblèrent, souffrirent là-bas et parfois y moururent. Des héros. A chaque page, simple ou grandiose, un mot ou un fait caractérise ou magnifie ceux qui vécurent la sombre et somptueuse aventure de la Résistance. Introduction p. 8 «tes lignes d'évasion de prisonniers, le rapatriement des aviateurs 85

tombés, l'aide au maquis ont été franco-belges. Ce fut le Marché Com mun du risque et du dévouement.» Ligne Dragon p. 11. «C'est par une journée maussade et pluvieuse que nous arriva... le premier. Ici on entend presque Marg. Fontaine accueillir son premier évadé qu'elle va héberger et aider à «passer». Visite à la prison de Saint Gilles p. 42. L'Abbé Grandjean de Willezie est prisonnier. Il a été torturé et s'est tu. Il va être dirigé vers l'allemagne où il mourra... Au cours d'une visite de ses fidèles, son seul souci : «Et la ligne». Réponse : «. Elle travaille au ralenti mais on passe toujours». Premier parachutage d'armes p. 46. «Désormais nous sommes engagés directement dans le dangereux chemin de la libération». Le Maquis se déplace p. 82. Les problèmes restent : ne pas rompre les contacts, assurer le ravi taillement. «Le lendemain, Marg. Fontaine fera le pain que les maquisards viendront chercher la nuit tombée.» Massacres p. 84-85-86. Les gens des hameaux rassemblent les cadavres et leur donnent une sépulture décente. «Ils risquent leur vie pour les rescapés, ils la risquent même pour les morts.» La Libération p. 107. «Marguerite Fontaine a écrit qu'il avait été merveilleux de fêter la Libération avec des héros. Elle devait dire entre héros de la Résis tance car,eux aussi, les Fontaine en étaient et, lui, le petit hameau opiniâtre et sans peur, et tous ceux qui, autour d'eux, sur le Plateau, dans les Vallées, avaient travaillé à la même œuvre.» Nous avons appris que Mmo Fontaine était originaire d'awenne. Elle est par conséquent concitoyenne de notre président Monsieur J. Calozet. Abbé Blouard. 86

Épitaphier du canton d'éghezée INTRODUCTION Plus riche que ceux des cantons de Gembloux (1) et de Namur-Nord (2) que nous avons publiés ici-même, l'épitaphier du canton d'eghezée doit être considéré comme une nouvelle contribution à l'histoire régionale d une contrée autrefois essen tiellement constituée par le nord du comté de Namur. Les cent quatre-vingt-dix inscriptions funé.a^res que nous publions ci-après ont été principalement relevées dans les églises paroissiales. Celles de Branchon, Eghezée, Franc-Waret, Harlues et Saint-Denis en sont particulièrement ri her. S'il y a peu d'édifices du culte qui en soient dépourvu, on déplore la disparition des pierres tom bales de l'abbaye de Boneffe (3). Un petit nombre seulement de ces épitaphes sont connues : les plus anciennes ont fait l'objet au siècle dernier d'une excellente étude (4) et on trouvera quelques transcriptions dans des monographies locales et des publications généalogiques (5). La plus grande par ie de ce recueil est donc inédite. Et pourtant il y a grand profit à mieux connaître ces inscriptions et, dans la mesure du possible, à les pro téger de la disparition qui les guette. Elles offrent à l'histoire et à l'archéologie de la documentation fort intéressante. L'historien retiendra, en particulier, des allusions aux misères du temps (6), aux guerres (7), aux des ructions (8), aux états de service dont s'enorgueillissaient les nobles et les hobereaux de chez nous (9). Bref, traits d'histoire saisis sur le vif - on nous pardonnera ce mot à propos d'épitaphes - elles sont un trait d'union entre l'histoire locale et l'histoire nationale. E. B. (DE. BROUETTE, Epitaphier du canton de Gembloux, dans le Guetteur Wallon, 1961, lre li vraison, pp. 1-12. (2) E. BROUETTE, Epitaphier du canton de Namur-Nord, dans la même revue, 1963 4e livrai son, pp. 77-94. (3) Quelques armoiries subsistent dans le mur d'enceinte de l'abbaye. (4) A. BEQUET, Les tombes plates de l'ancien comté de Namur, dans les Annales de la Société archéologique de Namur,t. XIV, 1877, pp. 143-164. (5) On trouvera les références en note dans le corps de cette publication. (6) Franc-Waret 17, Longchamps 4. (7) Emines 3, Harlues 6, Pontillas 3. (8) Cortil-Wodon 2, Emines 2, Saint-Denis 12. (9) Branchon 4, 7 et 9, Dhuy 3, Eghezée 13, Fanquerne 7, Harlues 7, Liernu 2 Longchamps 2 et 3, Saint-Denis 8 et 13, Upigny 1 et 2, Warêt-la-Chaussée 4. 87

AISCHE EN REFAIL (grotte de Notre Dame de Lourdes attenante à la cure) : i CY REPOSE Fre G1LLE STEVENART EN SON TEMPS CUREZ DE CETTE EGLISE QUI TRESPASSA LAN 1585 (1) Sous une crucifixion, en caractère du XVIIe siècle : 2 CY GIST VENERABLE HOME MRE... ART EN SON VIVANT... FAVCON BIERWART (cimetière communal) : i Inscription en caractères onciaux courant sur trois des quatre côtés d'une dalle au centre de laquelle est gravé un écusson semé de fleurs de lis au canton dextre de trois lions issants : CHI GIESTE YERNAL DE RO.US QUY TR.ESPASATE LAN DE GRASSE MIELLE TREUS CENT SISANTE ET DOUS LE NUT SAN BIBRTREMES PREIS POR LAME DE LUI (2). 0 FRERES CHRESTIENS QUICY PASSEZ AYEZ MEMOIRE DES TRESPASSE IE FUT DOTREPPE IADIT CURE AYANT POUR SURNOM DESFOSSES DES FO5SE CHOPPAT EN LA FOSSE IL Vf E REPOSE EN CORPS EN OS EN ESPOIR EN RESSUSSITER AVtC DIEU DES CIEUX REGNER DECEDAT 24 DE NOVEMBRE 1671 PRIES POUR LUI QUE L'AME DE MAISTRE JACQUE FRANÇOIS DUBOli CURE DOTREP ET DE MEME QUE CELLES DE SES PARENTS REPOSENT EN PAIX IL LA RENDIT A SON CREATEUR LE 20 JANVIER 1744 ICI REPOSE MAITRE THOMAS COLON PASTEVR DE CESTE EGLISE NATIF...INNE DECEDEZ LE... MARS 1753 AGE DE 49 ANS ICI EGALEMENT REPOSE... VEVSE ADRIANNE... SA MERE DECEDEE LE 29 AOVST 1750 AGEE DE 81 ANS PRIE DIEV POVR LEVRS AMES AMEN HOD1E MIH1 GRAS TIBI (1) Retracé en 155 8. (2) Publiée par A.BEQUET, Les tombes plates de l'ancien comté de Namur, dans les Annales de la Société archéologique de Namur, t. XIV, 1877, pp. 160-161.

Ecriture du XVIIIe siècle ICI REPOSE LE COR PS DE MICHEL LIE GEOIS ADM0D1ATE VR DV CHATEAV DE... 22 D'8bre... BOLINNES (église paroissiale) () : Pierre cruciforme : CY GIST HONESTE FEMME IC... IE LE BERGIER ESPEVSE A DENY LE BERGIER DE HERMALLE AU PREZ DARGENTEAU QUI TREPASSA LE 27 DE SEPTBRE 1599 (2) CY GIST HONORABLE ET VERTVEVX GE NTILHOME SR IAN DE CORTlL VIVANT FONDATEVR DE CESTE EGLISE PAROI CHIALE ET COLLATEVR DICELLE QV1 TRESPASSA LE 24 DE FEBVRIER 1625 ET DAMOISELLE LOWISÎE DE CEREF SA COMPAIGNE QVI TRES ASSA... PRIE DIEV POVR LEVRS AMES Pierre cruciforme ICY REPOSE LE CPS DE HONESTE HOMME MARTIN BRUMAIGNE LEQVELLE TREPASSA LE 13e lanvrer 1630 PRIE DIEV POVR SON AME 4 I. H. S. CY GIST LE CORPS D'HONNESTES PERSONNES ANTOINE HARD' V'VANT CENSIER PROPRIETAIRE A BOLINNES QUI T^ESPASSAT LE 4 9bre 17414 ET DÇ MARIE FRANÇOISE EVERARTS SA COMPAIGNE LAQUELLE TREPASSAT LE 18 7bre 1726 PRIEZ DIEU POUR LEURS AMES AD PEDES CRUCIFIXI HIC JACET APPOSITUS AD PATREM R.D. AC M. HENRICUS BOUILLION m ADVERSIS ATUJUE AC PROSPERIS IDEM SEMPER ET IN DOMINO LATUS AD ANNO 1674 PASTOR STA (»> GERTRUDIS IN BOLINNES VIGILANTISSIMUS CUNCTA QUA POASIDEBAT ECCLES1E DEDIT ET PAUPERIBUS FUERUNTQUE DIES VITAE EIUS 83 ANNI ET MQRTUUS EST IN SENECTUTE BONA 17 OCTOBRIS 1732 OREMUS UT PRO ANNI QUIBUS VfDIT MALA LAETETUM ET AETERNA REQUIESCAT IN PACE (*) En cutre une croix de pierre portant le millésime de 1646. (2) Transcription assez fautive dans E. MIN, Bolinne-Harlue,, souvenir 1600-1900. Souvenir du passé, p. 9, Namur, 1931. (3) Sic. 89

t HIC INFRA JACET MAGISTER MARTINUS SELMELLE QUI 27 ANNIS NA TUS, DEQESSIT DIAGONUS D. O. M. HIC IACET RDUS DNS D. HENRICUS SIMON QUI HANC PAROCHIAM PER 33 ANNOS LAUDABILITER REXIT OBIIT 19a MARTII ANNI 1790 REQUIESCAT IN PACE BRANCHON (église paroissiale et cimetière entourant celle-ci) O : Caractères gothiques : GIST NICOLAS UGE Q TREPASSA... DE MAY LA(N) 1547 PREY DIEU PO SA AME Caractères du XVIe siècle : CY GIST... MATÎS (1) DE Sous les effigies des défunts sculptées en bas-relief et accom pagnées de leurs armoiries et de huit quartiers de noblesse : ICI REPOSENT LES CORPS DE NOBLE HOME PHILIPPE DE CHARLETTE ESCVIER COLLATEV DE CESTE EGLISE QVI DECEDA LE II DE MAY 1634 ET DE NOBLE DAMOISLE MARGVERITE LOCHON SA COMPAGNE QVI TREPASSA LE 3«FEB 1659. PRIE DIEV PV1R LEVRS AMES ICY GIST MONSIEUR SIMON JACQUES SALPIN ESCUIER JEUNE HOMME DE 64 ANS QUI A RENDU SON AME A DIEU LE 29 FEVRIER 1740 DAME ANNE MARIE FRANÇOISE SALPIN SA SŒUR ESPOUSE A MONSIEUR FERDINAND DE TAMISON GENTIL HOMME DE L'ETAT NOBLE DP CETTE PROVINCE LAQUELLE AT FONDE A L'EGLISE DE BRANCHON LA MESSE DU ST SACREMENT. ELLE EST DECEDEE AUDIT LIEU LE 7 AVRIL 1740 REQUIESCANT IN PACE C1) L'é7lise de Branchon renferme également, dans le chœur, le mausolée en gran't noir des comtes de Namur. Les épitaphes 1, 2 et 5 sont gravées sur des pierres cruciformes. (*) Douteux. 90

Caractères du XVIIe siècle : THIRI CONNNE ICY GISSENT ATTENDANT LE JUGEMENT M. MAXIMILIEN HENRY JSPH VANDEN STÏEEN NATIF DE GOSSELIES PASTEUR DE BRANCHON DEPUIS.. IL TREPASSA LE 5 OCTOBRE 175. ET MSR JOSEPH VANDEN STEEN S FRERE QUI TREPASSA LE 7 MAlRS 1750 PRIEZ DIEU P LRS AMES FTE PAR J. FEUILLIAT D.O.M. ICY GIST LE CORPS DE NOBLE DAME MADAME PHILIPPAINE THERESE NEE DE COLLAERT EPOUSE A MONSIEUR DE VEEQUEMANS SEIGNEUR DE BEAUCE CAPITAINE DE CAUALER'E AU SERVICE DE LEURS HAUTES PUISSANCES DECEDEE LE 29 8bre 1771 8 D.O.M. ICI GIST FERDINANDE VICTOR1NE DE COLLAERT CADETTE DE LA FAMIILE DECEDEE AU VILLAGE DE BRANCHON LE 13 MARS 1779 D.O.M. ICI GIST M. FRANCO'S IGNACE DE VEQUFMANS EN SON VIVANT CAPITAINE DE CAVALERIE AU SERVICE DE LEURS HAUTES PUISSANCES SEIGNEUR DE LA COUR ronciere DE BF.AUZE JUGE AU TERRCR (1) DF BRANCHON ETC DECEDE 11 (1) FEVRIER 1780 10 HIC JACET MTF.R APNOinu HUIUS ECCLESIAE PASTOR VIGILANTISS'MUS NOBILIS GRATUS PAU"FR ( IBUS) AM'C'S "" OMN'RUS CONFRATRIBUS CHARUS MULTIS PAROCHIANIS GRAV(I) MORBO GRASSANTE OPPRESSUS ANIMAM DANS PRO OVIBUS SU'S mafmature OBUT 3tia 7bris ANNO 1783 AETATIC ç"*c ^ REQVIESCAT IN PACE 11 ICI REPOSE LE Cn»o< DP IFAN LOUIS DETHILIFUX DECEDE LP Ç FEVRIER 1784 AGE r>c o ANS R.I.P. Douteux. 91

12 Cl GIT MAITRE CHARLES JOSEPH DRIOUL CURE DE BRANCHON LEQUEL APRES AVOIR GOU VERNE CETTE PAROISSE PEN DANT 27 ANS AVEC BEAUCOUP DE ZELE ET D'EDIFICATION EST DECEDE LE 27 AURIL 1810 AGE DE 55 ANS PRIEZ DIEU POUR SON AME 13 ICI REPOSE CHARLES GREGOIRE CELIBATAIRE DECEDE LE 10 FEVRIER AGE DE 64 ANS 182. PRIEZ DIEU POUR LE RE POS DE SON AME 14 D.O.M. ICI REPOSE LE CORPS RE MARIE CATHERINE ROMAINVILLE EPOUSE DE JEAN FRANÇOIS CAIOT INSTITUTEUR A BRANCHON LAQUELLE APRES UNE LONGUE MALADIE EST DECEDEE AUDIT LIEU LE 21 MAI 1838 DANS D«E GRANDS SENTIMEN3 DE PIETE ET DE RESIGNATION A LA VOLONTE DE SON CREATEUR ADMINTSTRIE (1) DES SACREMENTS DE L'EGLISE AGEE DE 35 ANS AIMONS. SERVONS MARIE ET LE CIEL EST A NOUS, TEiLC FUT SA VF lusqu'au DERNEIR (>) SOUPIR R.I.P. CORTIL-WODON (église paroissiale) Inscription en caractères gothiques du XVIe siècle sur les quatre côtés d'une dalle représentant, sculptées en bas-relief, les effigies d'un chevalier et d'une dame mains jointes : CY GIST NOBLE HOME GUILLAUME DE COURTY ESCUYER FTr Cl GIT LE CORPS DE MAITRE NICOLAS JOS MARCHANT REVEREND CURE DE CORTIL-WODON DECEDE LE 14 JANVIER 1834 AGE DE 76 ANS LEQUEL AX*ES AVOIR EXERCE LES FONCTIONS DU St MINISTRE A TEMPLOUX ET A MEAN, FUT NOMME A CHTTE CURE OU PLEIN DE ZELE POUR LA MAISON DE DEU IL CONTRIBUA PUISSAMMENT A FAIRE REBATIR L'EGLISE A SON HONNIEUR ET EDIFIA SON PEUPLE PAIR SES RARES VERTUS SON EXACTITUDE A REMPLIR LES DEVOIRS D'UN BON PASTEUR SA PIETE SA DOUCEUR ET SA TENDRE CHARITE ENVERS LES MALHEUREUX QUI LUI MEDITERENT L'AMOUR ET LE RESPECT DE SES OUAILLES RECLAMENT MAINTENANT LE SECOURS DE LEURS PRIERES AFIN QU'IL REPOS* EN PAIX. R.I.P. (i) Sic. 92

DHUY celle-ci) (église paroissiale et cimetière entourant CY GIST MARGVERITE DE LA VEYNE FILLE DE NOBLE HOME WÏBERT DE LA VEYNE ET DE MADAMELe ANTHOINETTE DE MARBAIX DITE DE LOUIIRVAUX LAQUELLE TREPASSA DE CE SIECLE LAN XVCXilll IE (2) Cl GIST SIR NICOLAS DE PAILHE EN SON TEMPS CURE DE DHUY LEQUEL TREPASSA LE 8' JOUR DE 7bre LAN 1609 (1) ICY REPOSE IEAN DE NAMVR CHEVALIER SEIGNEVR DE BERSEE EN SON VIVANT CAPITAINE D'VNE COMPAliGNIE D'INFANTERIE WALONE POVR LE SERVISCE DE SA MAJESTE QVI TRlESPASSA LE 21 DE MAY D: LAN 1617. ICY GIST MESSIRE AND"?IEV B"VNET CHAPELAIN AU 9R DE DHVY QVI TRESPASaAT LE 15 Dt MAks 1625 PRIEZ DIEV POVR SON AME D.O.M. ICI REPOSE LE CORPS DE Rd Mre HVBERT LE MRE VIVANT PASTEVR DE DHVY LEQVEL TRESPASSA LE 19 MARS 1667 PRIE DIEV POVR SON AME ICI REPOSE VENERABLE HOMME MESSIRE CHARLE MONNOYER B. F. EN LA S TH EN SON VIVANT PASTEUR A DHUY QUI TREPASSA LE 4e DE NOVEMBRE 1675 ICY REPOSE LE CORPS DE VENERABLE PERSONNE JEAN FRANÇOIS BVRLET NATIF DE NAMVR AGE DE 59 ANS EN SON VIVANT BACHELIER FORME EN THEOLOGIE DE LUNIVERSITE DE LOVVAIN PENDANT TRENTE DEVX ANS CVRE DE CETTE EGLISE LEQVEL APRES AVOIR ESTE ADMINISTRE DES TOVS LES SACREMENTS DE NOTRE MERE LA SAINTIE EGLISE A RENDV SON AME A DIEV LE 14 MARS 1745 C1) Ibid., pp. 259-260. (1) L'église de Dhuy renferme également, dans le chœur, le mausolée en granit noir de la famille de Namur. (2) Publiée dans ***, Tombes de l'ancienne éphse de Dhuy, dans les Annales de la Société archéologique de Namur, t. XIII, pp. 259 (avec fautes de transcription). 93

Inscription du XVIII" siècle : ICI REPOSE VENERABLE HOMME MESSIRE CHARLES D.O.M. HIC JACET VENERABILIS ANTONIUS DEFORG PER 50 ANNOS D'HUY PASTOR NATUS EN FONTAINE-VALLEMONT ANNO 1715 : VIR PIUS PRUDENS HUMILIS PUDICUS SOBRIAM CONSTANTER DUXIT VITAM. SACRAMENTIS PIE SUSCEPTIS PLACIDE IN DOMINO OBDORMIVIT ANNO 1801 DIE la 8bris RI.P. DHUY (croix de pierre en bordure du chemin de Rion) : 10 D.O.M. MONUMENT DE DOULEUR ET D'ESPERANCE ERIGE PAR DHUY EN 1840 EN L'HONNEUR DE Mr J : B : WAUTHIER TRES DIGNE CURE DE DHUY 17 ANS TOMBE MORT DANS LE CHEMIN LE 16 9bre 1818 AGE DE 64 ANS EGHEZEE (église paroissiale) (l) : Sous une crucifixion CY DEVANT REFOSE VENERABLE HOM(M)E MESSIRE VAULTIR BOVIR EN SON TEMPS CURE DE CESTE EGU SE QUY TRESPASSA LA(N) 1570 AU MOIS DE DECEIMIBRE LE IOUR ST NiCOLAS ATENDANT LA RESURRECTION DES MORTS PRIEZ DIEV PR SON AME CY GIST JEHAN HEVRAN DANDOY QUI TRESPASSA LE 4 DE MAY 1588 ET MARIE DE JVSEME SON EPEZE Q TRESPASSAT LE V MAY 15 89 PRIE DIEV PO LEVRS AME (1) Les épitaphes 1, 3, 5 et 15 sont gravées sur des pieres cruciformes. 94

I.H.S. ICY GISENT HONEST HOME lean DE RETH OVR QVI TRESPASSA LAN DE GRACE 1618 LE XX" DE EEBVRIER (') ET CATHEri INE MO REAU SO N ESPEV SE LAQV EILE TRE SPASSA LE 9me DE SEP TEBRE LA N 16U8 I-K 1ER DIEV POVR LEV RS AMES ICY REP OS HERRI CHEBRIEVX QVI TREPASSA LAN 1620 PREI (1) DEIV (1) POVR SON AME CY GIST HONOR ABLE IEAN HALLET EN SON TEMPS MAYEVR ET CENSIER DE FROCOVRT QVI TREP ASSAT LE 23 DE FE BVRIER 1630 PRIEZ DIEV POR SON AME HIC IACET NOBILIS DNVS DOMINVS IACOBUS A WOELMONT TOPARCHA IN FROIDCOVR QVI HVIVS ECCLESIAE CHOaVM D.O.M. DIVOQ HVBERTO SACRVM VERO SIBI MONVMENTVM OPERE POSTHVMO EDIFICAVIT OBIIT CELEBS MENSE FEBR DE 4a A<NN)O 1686 VIRTVTE VIXIT PRECARE LECIOK VF GLORIA VIVAT CHARITAS OMNIA SVSTINE SISTE VIATOR RDVS DNVS AC MAGER ARTVS NOËL VIVENS HIC PASTOR SVOS VERBO PAVPERES CIBO OMNES EXEMPLO PAVIT IN DEFESSO ADIVVANTE PRAEN. IACOBO DE WOELMONT DNO DE FROICOVR E CINERE CHORVM HVNC CVM SAOELLIS EREXIT MORTVVS HIC EHEV IN CINEREM REDIGENDVS VERMIVM PABVLVM IACET HOMIBVS DILECTVS INTER DILECTOS DEO VT ETERNA REQVIESCAT IN PACE VIATOR PRECARE OBIIT 4 MARTII 1694 AETAT 63 PAST 38 0) Sic. 95

HIC IACET DOMINUS AC MAGISTER NICOLAUS DELSTANCHE S.T.B. HUIUS LOCI PASTOR EMERITUS QUI PRAEMATURA MORTE OMNIUM MAEkOKE SUBLATUS EST 25 FEBRUARII 1715 AETATIS SUAE 42 SACERDOTU(S) 12 PASTORATUS VERO 5 PRAECARE LfcCTOR UT AETERNA REQVIESCAT IN PACE D.O.M. ON RECOMMANDE DANS VOS PRIERES LES AMES D'HONNETES PERSONNES LUPICIN RAES DECEDE LE 26 AOUST 1744 D ANNë MARIt MO NNY SON EPOUSE T/REPASSBE LE 18 MAY 1745 ET DES LEURS ENFANTS SPECIALEMENT LAME DE IEAN IOSEPH RAES IEUNE HOMME QUI A RENDUS SON AME A DIEU LE 8 7bre 1746 10 ON RECOMMANDE EN VOS PRIERES LES AMES D'HONNETES PERSONES IEAN SOHIER DECEDE A FORVILLE LAN 1710 ET DE BARBE LE FL.AMEND SON EPOUSE ICY ENTEREE LE 19 DE IUN 1728 (1) PERE ET MERE DE MRE JEAN LAMBERT SOHIER DEZ LAN 1715 RD PASTEUR D'EGHEZEE DUQUEL LE CORPS GIST ICY POUR PATURE AUX VERS SON AME COMPARUT AU JUGEMENT DE DIEU LE 19 DU MOIS D'AVRIL 1749 REQUIESCANT IN PACE. AMEN. 11 ICY GIST MRE HENRI MINET UIVANT PASTEUR DE CE LIEV LEQUEL Y AT EXERCE LA CHARGE PASTORALE PENDANT 15 (1) QVI TRESPASSA LE 17 (1) JANVIER 17... PRIE DIEU POUR SON AME 12 DANS CETTE EGLISE REPOSENT LES CORPS DE NOBLE HOMME PHILIPPE FRANÇOIS DE WOELMONT SR DE FROCOURT ETC FILS DE NOBLE HOMME CHARLE ALEXANDRE DE WOELMONT SR D'HAMBRENNE ETC, ET NOBLE DAME MARIE ANNE DAUVIN, LEQUEL EST MORT LE 5 DE FEVRIER 1763. ET DE NOBLE DAME MARIE EPOUSE, FILLE DE NOBLE HOMME JACQUE DE CORNIOULLE, SEIGNEUR D'IWOIR, ET DE NOBLE DAME CATHERINNE FRANÇOISE, DE DAVE, LAQUELLE EST MORTE LE 20 D'AVRIL 1733. R.I.P. Douteux. 96

13 D.O.M. ICI REPOSENT LES CORPS DE RD CLAUDE MASY CURE DE CETTE PAROISSE PENDANT 39 ANS ET DOYEN D'HANRET L'ESPACE DE 8 ANS DECEDE LE 25 FEVRIER 1788 AGE DE 70 ANS ET DE BENOIT MASY SON PERE DECEDE LE 4 MARS 1770 AGE DE 86 ANS PRIEZ DIEU POUR LEURS AMES 14 CY GIT TRES NOBLE ET ILLUSTRE SEIGNEUR MESSIRE NICOLAS CONSTANT BARON DE WOELMONT SEIGNEUR DE FROCOURT, EGHESEE MEHAIGNE, ST GERMAIN, SOIRON, WIGNEE, ETC. MENBRE 0) ET ANCIEN DEPUTE DE L'ETAT NOBLE DU PAYS ET COMTE DE NAMUR DECEDE LE 21 IUIN 1790 ET MADAME MARIE CHARLOTTE BARONNE DE HAULTEPENNE SON EPOUSE DECEDEE LE 19 NOVEMBRE 1795 R.I.P. 15 I.H.S. D.O.M. CY DEVANT REPOSENT LES CORPS D'HONNETES PERSONNES JEAN DEJAIFVE DECEDE LE 23 MAY 1751 ET DE JEANNE GRENDEVILLE SON EPOUSE QUI A RENDU SON AME A DIEU LE 26 FEVRIER 1740 ATTENDANT LA RESURRECTION DES MORTS PRIES DIEU POUR LEURS AMES COMME AUSY ON RECOMMANDE LES AMES DE JEAN HUBERT NOËL DECEDE LE LE (') 21 AUR(IL) 1770 ET DE MARIE ANNE CHARLOTTE DEJAI EVE SON EPOUSE QUI TREPASSA LE 13 IANVIER 1804 16 ICI REPOSENT LES CORPS DE MONSIEUR IGNACE ALEXANDRIE DE WOELMONT FILS DE NICOLAS CONSTANCE DE WOELMONT DECEDE LE 22 DE JUIN 1805 AGE DE 42 ANS ET DE MADAME MARIE ANNE DANDELOT SON EPOUSE DECEDE (*) LE... DE... 18... (:!) (à suivre) E. Brouette. (!) Douteux. C1) Sic. C1) Sic. (2) Trois espaces en blanc. 97

Sermon prononcé par M. l'abbé Elouard, le samedi 5 décem bre 1964, en l'église St-Joseph, à Namur, à l'occasion de la messe célébrée en l'honneur de sainte Cécile, à la mémoire des membres décédés de la Société Royale Moncrabeau (Les 40Molons). Messieurs les représentants des autorités religieuses et civiles, Mes biens chers frères, Mes chers Molons, Mon propos est de vous parler, ce soir, du wallon et de l'exégèse. Voilà un sujet qui paraît étonnant et extraordinaire, mais écoutez plutôt : L'exégèse est l'explication grammaticale historique et juridique des livres sacrés qui nous donnent le message divin relatif à notre sanctification. Dieu veut sauver tous les hommes., L'exégèse doit assurer à tous les hommes les moyens de connaître et d'appliquer la parole de Dieu. Saint Paul dit clairement : Comment les hommes peuvent-ils entendre la voix du Seigneur si on ne les prêche pas. Et donc, c'est par un langage compréhensible que chacun, doit pouvoir comprendre cette annonce du salut. Comment? Par la traduction de ce texte dans 'la langue propre à chacun. L'exégèse doit donc faire appel à la richesse de chaque langue, à son génie, pour que chaque homme puisse recevoir exactement la parole de Dieu, sans qu'elle soit trahie nullement dans les données essentielles. La Bible, rédigée à l'origine en hébreu, dut, par la force des choses, être traduite tout d'abord en grec, qui était la langue commerciale et véhiculaire utilisée dans tout le bassin méditerranéen par les Juifs, qui vivaient dans la diaspora la dispersion. Suite aux conquêtes romaines, c'est en latin que furent de nouveau traduits les Livres saints. C'est par le latin que 'la ^Parole de Dieu pénétra dans notre Gaule, où, par la suite, la diversité; des langues donna aux écrits une présentation dont l'originalité, la poésie et le pittoresque ont rendu plus tangible à chacun la pensée de l'auteur inspiré. C'est ici que nous retrouvons notre wallon, langue dont l'ancienneté remonte à la langue d'oiil. Notre wallon est aussi valable pour exprimer tous les sentiments humains et religieux. En effet, «notre patois comme le rappelait Félix Rousseau est une ancienne langue qui n'a pas eu de chance». 98

Langue parlée avant de devenir :langue écrite, notre wallon a des consonnances rehaussées de qualités de suavité, de délicatesse, de respect et de sensibilité qui lui permettent d'exprimer, sans toucher à l'essence du texte, la richesse des sentiments. C'est ce que les auteurs wallons ont très bien compris et que le Réli Namurois Reynolds Hostin exprimait si bien dans sa préface du «Tchmin dol Crwès». Dans le «lingadje di nos tayons», il y a tant de mots qui expriment si bien ce qu'ils disent que je n'ai pu résister au désir, peut-être téméraire, d'employer ce lingadje pour décrire une aussi noble chose. Voyez le plus beau mot de tous les livres :«Dieu est amour». Notre wallon ne convient-il pas particulièrement bien pour exprimer toute la valeur de cette affirmation. Je n'en veux pour preuve que cette expression qui m'a toujours frappé : «Si vôye voltî». Un jour que je me promenais dans la paroisse de Mozet, je rencontrai un de mes vieux braves. Je lui demande comment ça va. Il me répond : «Ah! Mossieu l'curé, on n'si ve pu voltî. Li bon Diè, li, nos ve voltî». Je fus frappé par la sincérité coutumière et l'esprit chrétien de mon interlocuteur. D'emblée, je.réalisai toute la ferveur de cette remarque. Ce n'est pas la simple affirmation de l'auteur inspiré : Dieu est charité, Dieu est amour. Il y a une invitation à modeler sa vie sur ces trois mots: «Si vôye volfî». «Si yôye» se voir, non seulement avec les yeux du corps, mais avec ceux de fâme, avec ce débordement pieux qui fait se rencontrer deux coeurs. Et le faire «voltî», donc avec générosité et un large sourire qui enengage toute la personne..quoi de plus beau comme impératif d'action? Des auteurs wallons, dans leur langue, ont exploité et présenté cette idée. Par cette expression si belle, si savoureuse, ils ont voulu chanter leur piété et leur.charité. Voici quelques exemples : «Si vôye voltî» dans la parabole de l'enfant prodigue. Dans ses extraits bibliques, E. S. Piret décrit la scène du retour du fils prodigue auprès de son père - Mi pôve èfant. comme dji'vos vwès voltî! Trwès mots, nin onc di pus... mais ça c'est l'pârdon qui vint do coeur et qui fait rovi non seulmint ossi à l'èfant totes ses frasques è comme jamais, s'papa va li r'sûre el maujo et ci cèrè li fièsse do pardon et dèl miséricorde!» Et aussi dans ce même recueil, l'expression de l'amour de Dieu qui se manifeste lorsque son Fils institua l'eucharistie. Ici nous touchons à la plénitude de l'amour de Dieu «Li mèrvèye d'amour». Faut-il qui l'bon Diè vôye voltî les ornes, qui po leù doner parèye preuve d'amour!». II est dit dans l'evangile que la Sainte Eucharistie la Messe et la Communion son,le sommet de l'amour de Dieu. In finem dilexit eos. Il les aima jusqu'à la fin. Il n'y a aucune difficulté à reprendre ici notre expression wal lonne «Si vôye voltî». Nos mamans, quand parfois l'amour maternel les 99

pousse, n'hésitent pas à dire en pressant leur enfant sur leur cœur : Djèl ve tél'mint voltî, qui djèl mougn'reuve. N'est-ce pas le rappel de cette union intime entre Dieu et l'âme par la Sainte Communion?, Dieu nous aime et nous montre l'exemple d'un amour parfait : II nous commande d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, donc : «Si vôye voltî». Chez vous, dans votre société de Moncrabeau, il y a un aspect parti culier dans le commandement du Christ : «Que votre main gauche ignore ce que votre main droite donne». Dans votre société, le comité constitue la main droite. Seul, il sait vers quelles personnes se porte votre générosité. Et le reste se contente du rôle obscur de la main gauche, qui recueillie les dons tout en ignorant la main droite qui,donne généreusement, de Wallonie. Zèls ossi nos veuiynut voltî. Venons-en au domaine du mariage. Dieu n'a-t-il pas comparé son amour pour son peuple à l'amour de l'époux pour l'épouse? Emile Robin et Ernest Montellier nous invitent à «Si vôye voltî», dans Je titre même de leur chanson si bien connue, qui exprime la grandeur des accordailles et des épousailles de deux cœurs.unis par une véritable affection, base de nos traditionnelles vertus familiales, chères à la Wallonie. Ces sen timents d'amour et de bonheur promis aux jeunes époux, cautionnés par Notre.Seigneur Jésus-Christ aux Noces de Cana, leur rappellent il'enesignement du Christ et l'aide qu'il leur a promise. Nous ne pouvons pas nous quitter sans nous.souvenir de sainte Cécile, votre glorieuse patronne, et de la Sainte Vierge, nosse bonne Notre-Dame de Wallonie. Zèls ossi nos veuynut voltî et nos ossi noies veyant voltî. Ecoutez ce que Georges Michaux a si bien écrit : «On v'z'inme télmint, vos. Très Sinte Vierge Qui vosse t'auté est tcherdjî d'fleûrs. Afîye, one larme tchait foù d'on cierge E r'mercimint di vos faveurs». N'advedje nins raison di vos rapèler ces trwès mots «Si vôye voltî?» Avous l'bon Diè, avous l'avierge, avous sinte Cizile, on s've voltî, din l'jôye est din les larmes. Ni rovio nin l't'chandelle qui vos dit en brûlant, l'amour do bon Diè et nos'tindresse por!i et po l'avierge, jusqu'à z'est braire 1 100

Peu qu'ça n'si pièdc. Ayîr à Sint-d'Jôsèf on tchanteûve en wallon... Et l'priyére a r'djondu one saqwè dins lès âmes, One saqwè qu'on n'rèwîye que r'ttovant d'nos tayons, Sacants mots, one imaudje, one sov'nance qui sodwâme... Sacants fleurs di patwès au bouquet d'on sermon Polnut r'chandi nos cœurs, rallumer nos visadjes... Si v's-aviz plu choûtér voler l'pais do pardon Vies Vpôve èfant pièrdu qui r'véyeûve si viladje!... Combin gn'a-t-i Bon Diè qui sont-st-èvôye au Ion, Qu'ont r'noyî leû payis, qu'ont rovî leû lingadje? Gn'aurè-t-i co brâmint d'apaujîs qui r'vinront Dins leû prumî culot r'choûtér Vancyin mèssadje? Aurans-n' bintôt fini 'Bon Diè d'nos cohagnt! Et di n'ièyî po l's-ôtes qui c qui nos n plans l'zeû prinde... Sèreûve portant si simpe au monde di s'veûy' voltî! Mins l'orne est co trop bièses, i ne l'vout nin comprinde... Dispeûy' todis portant one soce a su Vlèsson Et r'poûje au fond d'sès djèsses tôt st-èspwèr au viquadje... Is s'sint'nut si lèdjères qu'is tchant'nut lès «Molons»... C'est Vtchant de l'charité qui mwîn.ne au grand rivadje!...ayîr à Sint-d'Jôsèf on prètcheûve en walon... Dédié en toute gratitude à Monsieur l'abbé Blouard pour la ferveur communiquée. R. Clinias. R.N. On n'si vwè pus voltî.»» «Inmez voss'près vwèsin tôt parèye qui vos min-me» Mèssadje si simple, si bia qui Diè nos-a lèyî. Malèreûz'mint, noss'monde ni sét pus quand-il in-me, Li bole n'est pus d'assène... On n'sî vwè pus voltî. Vèyoz lès djins d'asteûr courant corne dès copiches : I n'sont nin à rapache, tèlmint qu'i-z-ont fwain d'tot. Si v'ieû conf'yîz vos pwin-nes, i's sondj'nut à l'afiche D'on bia filmée coleûrs où qu'gn'a Bridjite Bardot. Waitîz li novèle waque : Vos dîrîz dès sauvadjes... Leûs fènasses dins leûs ouys et l'cœûr do costé drwèt. Pus rin n'rèspir'li djôye su leû pwin-neû visadje, Si c'n'èst di pcotapér quand-i's dans'nut l'yè-yè. Tôt ça, c'est l'signe dès timps apwârtér pa lès guères. C'est l'fwârdeau dès mwais djoûs qu'on-a deur-a rovî. Pardonnans-au pôve monde dèl'veûye one miète foû skère, Boutans tortos èchone et vèyans-nos voltî. 101 Rèspectuweûs homadjes à Monsieû l'abbé Blouard, avon I sov nance di s'bia Sermon à I'Eglîje Sint Djôsèf, li 5-12-64. G. Michaux Moncrabeauciyn.

Deux chansons épiques en Entre-Sambre et Meuse à Oignies En 1954, M. Paul Collaer fit enregistrer, par les soins de /'Institut National de Radiodiffusion, quelques chansons traditionnelles de Wallonie1 Nous en présentons deux, recueillies à Oignies et chantées par Mlle Joséphine Grégoire, couturière, née en 1886. GERMAINE Allegretto J=104 l.ger-main1 do la Ger-mai ne s'en al-lait pro-me-ner. En son che-min rencontr' trois jeu-nes of-fi-ciers Qui lui ont de-raan-dé:"e-tes-vous à ma--rier?" Germain' de la Germaine s'en allait promener, (bis) En son chemin rencontr' trois jeunes officiers Qui lui ont demandé : «Etes-vous à marier?» Germain' de la Germaine aussitôt répondit : (bis) «Y-a aujourd'hui sept ans qu'mon mari est absent ; J'en aurai souvenir le reste de ma vie.» «Germain' de la Germaine, voulez-vous nous loger?» (bis) «Allez à ce château : là vous y trouverez, Là vous y trouverez la mèr' de mon mari.» IV «Bonjour, madam' l'hôtesse! Voulez-vous nous loger?» (bis) «Apportez sur la table à boire et à manger ; Allez chercher Germain' pour vous accompagner.» Le dossier et les bandes magnétiques sont déposés au Musée de la Vie Wallonne, en Féronstrée, à Liège. 102

«Ma mèr, ma bonne mère, pour qui me prenez-vous? (bis) Y-a aujourd'hui sept ans qu'mon mari est absent ; J'en aurai souvenir le reste de ma vie.» VI «Germain' de la Germaine, c'est moi qu'es ton mari!» (bis) «Si vous êt's mon mari, faites-moi souvenir, Faites-moi souvenir de la première nuit.» VII «Germain' de la Germaine, de la première nuit, (bis) En montant sur le lit ton pied gauche a glissé, Ton pied gauche a glissé... tu t'es laissé tomber.» VIII «Germain' de la Germaine, de la deuxième nuit (bis) Je t'ai serré' si fort qu'ton anneau a cassé ; Ton anneau a cassé... en voici la moitié!» IX «Servant's de la servante, allumez les flambeaux (bis) Et vous les placerez aux quatr' coins de mon lit Pour avoir souvenir du r'tour de mon mari.» COMMENTAIRES Julien Tiersot2 en a recueilli deux vestiges, l'un à Bessans (Haute Maurienne), l'autre en Normandie dont il dit qu'elle renferme plusieurs traits identiques à la version alpine. Ce serait «deux aspects principaux d'une très ancienne chanson dont il existe des vestiges un peu partout, non seulement dans les provinces de France, mais presque dans toute l'europe3. Cette chanson, précise-t-il, sans doute en raison de son ancienneté, est de celles qu'on a le plus de peine à retrouver dans la mémoire populaire.» Pour le Canada, où Marius Barbeau4 peut affirmer, par dix-sept versions, qu'elle s'est mieux conservée qu'en France, l'auteur pose le problème de son origine : «Les vraies chansons populaires arrivèrent pour la plupart sur le Saint-Laurent avec les immigrants de la Normandie et de la 2. J. TIERSOT, Chansons populaires des AlDes françaises, Paris, 1903, pp. 102, 103. 3. DONCIEUX, dans son Romancero (pp. 196-206), en signale treize versions : Ile-de-France (3), Nivernais (plusieurs), Berry, Normandie, Pays Messin, Franche-Comté... Plus récemment, dans les Chansons populaires du Bas-Berri (Châteauroux, 1931, T. IV, p. 39), BARBILLAT et TOURAINE présentent, dans un cycle de quatre chansons ayant trait au retour inopiné du mari parti à la guerre, une version hybride qui emprunte des épisodes à la chanson de Germaine. Sous le titre: «J'ai fait une maîtresse», l'on voit le mari revenir le jour des noces de sa femme, laquelle s'exclame : «Je me croyais veuve, me voilà avec deux maris!» Les auteurs notent : «...encore un exemple des mille variations que peut subir n'importe quel sujet au cours de la transmission orale». Il s'agit, ici, de contaminations. 4. M. BARBEAU, Chansons populaires du Vieux-Québec, Musée National du Canada, bull. n 75, série anthropologique n 16, 1936, p. 9. 103

Loire. Elles sont les meilleures du répertoire canadien. Leur composition, esquis sée à grands traits, est claire, leur style est pur et simple et leur prosodie originale est différente de celle des troubadours ou du français classique. La grâce et le raffinement maintiennent partout leur harmonie ; il y a parfois des lueurs géniales. «Ici se retrouve l'œuvre de maîtres dont l'art achevé a largement puisé aux mesures prosodiques romanes et aux sources du folklore européen»5... Les vrais créateurs de la chanson traditionnelle sont les jongleurs du Nord, de formation gothique et aux attaches celtiques, et non les troubadours et ménestrels de culture latine.» De cette veine romane, il cite notamment Dame Lombarde, Renaud et Germine. A propos de Germaine, Barbeau affirme qu'elle est «un souvenir méri dional des Croisades ; elle passa du midi de la France à la Normandie, à la Grande-Bretagne et à plusieurs contrées méditerranéennes.» C'est ainsi qu'elle peut avoir une même origine que La Pocheronne dont le sujet, iden tique au départ, se fait tragique par la mort de l'héroïne. L'une et l'autre pourrait dériver d'une ballade celtique : «L'Epouse du Croisé», le sire de Faouët, ballade qui pourrait remonter au XIe siècle.6 Pourtant La Porcheronne7 est l'épouse de Guillaume de Beauvoir, baron dauphinois du XIIIe siècle, alors que la Germine canadienne demeure fidèle à son époux, le seigneur d'amboise.8 Comme le résume Marius Barbeau, «le barde du Nord simplifie la lon gue aventure du croisé et ne prend que le moment du retour, à la porte du château où il se fait reconnaître de la châtelaine. Il dramatise la scène par l'intervention de la mère qui impose, sans le savoir, l'épreuve de fidélité à sa bru.» L'élément capital de la conversation des deux époux est commun à toutes les versions : l'anneau brisé lors de la seconde nuit, et dont l'époux a gardé la moitié pour se faire reconnaître. Julien Tiersot9 en rapporte le dialogue émouvant : Ouvre ta port', Germain', car je suis ton mari! Donnez-moi des indic's de la première nuit, Et, par là, je saurai si vous êtes mon mari. 5. DE PUYMAIGRE, Chansons populaires du Pays messin, Metz, 1865; cet auteur tenait «Germaine» comme des plus anciennes et signalait des parallèles en Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Bohème Allemagne, Hollande, Flandre et Angleterre. 6 DE LA VILLE MARQUE Barzas Breiz, 1830, XIX (ouvrage dont l'authenticité est contestée). 7 Parmi les Chansons populaires de France du XV" au XrXe siècle (Paris, Pion, éd. Histoire et Art, 1941) l'on trouve dans les «notes», p. 120: «La Porcheronne doit dater du XVIe_ siècle. Le thème, comme celi celui des amours de Marion, est un de ceux qui ont été le plus répandus dans les littératures du moyen âge». 8 Patrice COIRAULT (Notre chanson folklorique, Paris, Picard, 1942, p. 331) pense que la personnification du héros d'une chanson est un «type» correspondant à un «abstrait élémen taire». «La chanson qui se déroule a-t-elle vêtu son héros d'un nom propre?...elle ne s'est attitré là qu'une anecdote. Renaud, c'est l'éventré blessé à mort ; la Porcheronne, de cruelles épreuves à une jeune épousée...» 9 J TIERSOT La chanson populaire. Encyclopédie de la musique, Paris, Delagrave, 2me part, p. 2072 104

T'en souviens-tu, Germain', de la première nuit Où tu étais montée sur un beau cheval gris, Assise entre mon frère et moi, ton favori? T'en souviens-tu, Germain', de lo seconde nuit? En te serrant les doigts ton anneau se rompit ; Tu en as la moitié et l'autre... la voici! Levez-vous, allégresse! chantez joyeusement! Levez-vous, allégresse! Levez-vous promptement : C'est pour ouvrir la porte à mon fidèle amant. Soulignons l'analogie de la dernière strophe «wallonne» avec la sei zième et dernière de la version «canadienne» : «Servantes, belles servantes, accourez tout's ici! Allumez les flambeaux aux quatre coins du lit : Je vais ouvrir la porte tout' grande à mon mari.» L'on voit que la version d'entre-sambre-et-meuse déroule le même pro cessus : l'arrivée au château de «trois jeunes officiers» (au Canada «trois jolis cavaliers»; dans les Alpes françaises «trois cavaliers jolis»); l'injonc tion de la belle-mère à Germaine de leur tenir compagnie; la résistance de Germaine, fidèle à son mari ; enfin la preuve décisive : la moitié de l'anneau brisé. L'on remarque, dans les couplets parvenus dans la province de Namur, l'abandon de détails trop précis comme le nom du croisé dauphinois ou tourangeau. Entre les 4m" et 5mc complets il y a également une lacune : la réponse de Germaine : «Mo mèr', ma bonne mère» devrait être précédée de l'injonc tion de sa belle-mère à tenir compagnie aux trois officiers. De même, avant le 6me couplet il faut que l'un des cavaliers, comme dans la version d'acadie, par exemple, souhaite le départ de ses compa gnons pour commander : A la table de Germain' je veux aller souper; Dans le lit de Germain' je veux aller coucher. Pour ce faire, il se dit le mari de Germaine. La version canadienne, que l'on peut certainement considérer comme la plus conforme aux traditions remontant aux premiers immigrants de la vieille France, donc probablement la plus complète, compte quatre signes de reconnaissance que demande Germaine à l'inconnu : la date des noces, le cheval que montait Germaine, la robe qu'elle avait mise, enfin l'anneau qui se brisa au cours de la nuit de noces. La version «wallonne» énumère les deux premières nuits ; il manque également le renouvellement de la question de Germaine concernant la se conde nuit. 105

Telle que, de par l'ancestralité de ce sujet et le peu de vestiges recueillis, La Germaine d'oignies constitue un précieux témoignage, à plus d'un titre, tant pour la chanson elle-même que pour les relations culturelles constantes. FORME Contrairement à des versions françaises comme celle de la Franche- Comté10, et du Pays Messin11, lesquelles disposent les strophes en six vers de six pieds avec prédominance des assonances en i et é, la version d'oignies, assez proche en cela d'une version normande,1l> dispose les strophes en trois vers alexandrins. Il n'y a pas d'assonance à la césure, ce qui rappro che ces deux dernières versions de l'écriture prosaïsée dans laquelle dégé nèrent souvent les poèmes anciens lorsqu'ils tombent dans le domaine oral populaire. MUSIQUE Quant à la méiodie, élément fluide dans les chansons de tradition orale, la' version d'oignies est assez proche de la version canadienne, proba blement l'une des plus anciennes et «des mieux enracinées dans notre ter roir», écrit Marius Barbeau. Mesure simple en 2/4, mode mineur ; mais, tandis que la mélodie du Vieux Québec insiste sur le septième degré non haussé et semble moduler au ton de la dominante par le sixième degré à distance de sixte majeure de la1 tonique (premier mode du plain-chant), la mélodie «wal lonne» évite cette précision archaïque en ne faisant entendre ni sixième, ni septième degrés ; une «sensible» n'apparaît pas davantage dans l'har monisation qui, à la façon des XV" et XVI" siècles, accompagnerait les toniques et les dominantes de leur seule quinte. La mélodie est faite de trois phrases : A de quatre mesures avec le mouvement mélodique initial extrêmement fréquent dans toute la musique : V, I (II) III qui affirme immédiatement la tonalité (V, I) et le mode (III). B de trois mesures : épanouissement de la montée vers la dominante aiguë puis chute souple vers la dominante grave. C : départ semblable à celui de la phrase A pour amorcer la cadence parfaite V, I dans une forme qui permet des ritenuto expressifs. (à suivre) Mme Thisse-Derouette. 10 CH. BEAUQUIER, Chansons populaires de Franche-Comté, Paris, 1894; p. 259. 11. DE PUYMAIGRE, op. cit. pp. 8-24. 12. E. DE BEAUREPAIRE, Etude sur la poésie populaire en Normandie, p. 76; texte repris par CHAMPFLEURY dans les Chansons populaires de provinces de France, Paris, 1860, p. 195. 106

Courses cpéchassiers à Bordeaux et " Doping En feuilletant le bulletin de la «Société de Borda» de Dax, j'ai trouvé la relation d'une 'Course d'échassiers qui eut lieu, en mai 1893, sur le parcours Bordeaux-Monteauban et retour. Le vainqueur, un résinier de 22 ans, Antoine Dugrand (1), a accompli les 440 kilomètres en 4 jours, 8 'heu res et 11 minutes. Qu'en pensent nos «Mélans» et nos «Avresses» namurois... v Le règlement était très complet; il donnait le parcours et l'emplacement des 23 contrôles; la liste des prix, dont le premier était de 1.000 francs et une médaille en vermeil. Les concurrents pouvaient employer des échasses de toute grandeur, de tout poids, de tout.modèle, emporter ou non une ou deux échasses de rechange, des outils pour la réparation éventuelle des échasses, etc. Ils étaient autorisés à mettre pied à terre et à marcher à pied en portant eux-mêmes leurs échasses, sans cependant que cette faculté leur permette de faire la plus grande partie du trajet à pied. Ils pouvaient s'arrêter pour manger, boire, dormir ou continuer leur route sans interruption, jour et nuit, à leur convenance. Tous renseignements étaient donnés sur la manière de se vêtir, de se couvrir la nuque, de se protéger le nez, sur la nourriture, la boisson, la toilet te, les pansements. Il était conseillé aussi aux concurrents de se munir d'une sacoche légère avec des biscuits, du chocolat en billes, mais aussi, d'une gourde ou d'un bidon contenant du thé ou du café additionné de rhum (un demi-verre de rhum par litre) et... d'un flacon renfermant un cordial com posé de 10 gr. d'acétate d'ammoniaque, de 50 gr. de sirop de punch, de 100 gr. de vin.de kola, de 50 gr. d'élixir de Garus et de 5 gr. d'alcoolat de menthe. Les organisateurs suggéraient de prendre une gorgée de ce cordial lorsque surviennent les défaillances. Mais, cela ne ressemble-t-il pas à ce que, de nos jours, on appelle le «doping» ou dopage, la bête noire de nos milieux sportifs? Une fois encore, il n'y a rien de neuf sous le soleil... E.D. ( ) Ajourné pour défaut de taille (il mesurait 1 m. 52...), il avait déjà été classé troisième, l'année prérédente, dans la course d'échassiers Bordeaux-Bayonne et retour couvrant les 490 klm. en 112 h. 50 m. 107

/t ipxurd-be et ÏÏUube Nous avons constaté avec plaisir qu'à la suite de l'appel que nous avons lancé d'ans notre dernière lettre, de nombreux membres ont majoré le montant de leur cotisation ou se sont inscrits en qualité de membre de soutien. Dans notre prochain bulletin, nous publierons le nom de ces généreux donateurs ainsi que le montant de leur don, mais, dès à présent, nous tenons à leur dire toute notre reconnais sance pour la confiance qu ils veulent bien apporter à notre revue qui1 fait autorité dans Le monde archéologique, folklorique et historique et à leur exprimer nos sincères remerdîments. La prochaine assemblée générale statutaire de l'a.s.b.l. «Sambre et Meuse Le Guetteuî Wallon» se tiendra, le samedi 20 marsi 1965, à 1 6V h. Le local et l'ordre du jour seront communiqués ultérieurement, mais, des à présent, nous pouvons annoncer 1 a conlfércince qui suivra là partie administrative. Monsieur Roger PIERARD, Professeur d'education physique à I'E :ole moyenne de l'etat de Jambes parlera de : «Les exercices sportifs du moyen âge à la fin de lancien régime». Histoire, Folklore. Nous vous demandons de noter, dès à présent, la date et de réserver le samedi 20 mars pour «Sambre et Meuse Le Guetteur wallon». DECES Nous avons appris avec peine la mort d'e notre Membre adhérent Monsieur le Docteur Georges ANDRE de CuI-des-Sarts, décédé le 1er Novembre 1964. Il était vice-président du Cercle culturel des Riézes et des Sarts. Aussi, la mort de Monsieur Albert BLUART, Secrétaire d'e la Fédération Provinciale du Tourisme. Madame MEYER, épouse de M. le Docteur Jean MEYER. Monsieur Lucien MARECHAL, fondateur et secrétaire perpétuel du Cercle Royal littéraire : «Les Relis Namurwès». Nous présentons aux familles de ces quatre disparus, I expression de nos condoléances émues. Table des matières 1964 1. BLOUARD R. Abbé Sermon de Ste-Cécilc 2. BROUETTE E. Epitaphier du canton d Eghezée 3. CLINIAS R. Poèmes Wallons 4. DAVE E. Course d'échassiers à Bordeaux 5. GILLIARD E. Poème Wallon 6. HAUBURSIN E. Poème WraIIon 7. LEPINE A. Le rattachement de la France au district de Couvin 8. MICHAUX G. Poème Wallon 9. MONTELLIER E. Discours prononcé à 1 occasion des fêtes de Wallonie 10. MOUREAU A. Seigneurie de Thon-Samson 11. PIERARD R. Félicien Rops 12. PIRETES et WEROTTE Ch. Poèmes Wallons 13. THISSE DEROUETTE Mme Deux chansons épiques en entre Sambre et Meuse à Oignies 14. THOME Eva Les vieux moulins de Thilay 15. CREDIT COMMUNAL DE BELGIQUE Pro Gvitate Prix d'histoite 16. SAMBRE-et-MEUSE Le Guetteur W^allon ro8 98 87 51-101 107 51 80 82 101 54 5-36-56 26 21 102 85 23 1-25-53-108

C'est en forgeant que tout a commencé... ce fut la fonderie et toutes les divisions d'une vaste industrie : alors le dynamisme des dirigeants, la compétence des ingénieurs, la cohésion cadres/ouvriers,. la forte demande des appareils les fabrications nouvelles, la sélection des distributeurs la bonne gestion financière la rationalisation du travail et la modernisation des outillages, forgea solidement une entreprise de premier plan...--.

SOCIETE ROYALE Samâte et Meu&e - e Çuetteut W.allan (a.i.b.i.) SERVICE D'ETUDES FOLKLORIQUES ET HISTORIQUES DE LA PROVINCE DE NAMUR. DE L'ANCIEN COMTE DE NAMUR. DE L'ANCIEN DEPARTEMENT DE SAMBRE-ET-MEUSE ET DE L'ANCIEN EVECHE DE NAMUR fondé le 17 décembre 1932 Edita la revue régional* illustrât le Guetteur Wallon créé le 15 février 1924 PRIX DE L'ABONNEMENT : COTISATIONS ANNUELLES COTISATIONS UNIQUES Membre effectif : 100 In. 1.000 ht. Membre soutien : 200 1rs. 2.000 in. Membre protecteur : 500 frt. 5.000 fis. COMPTE CHEQUE POSTAL.- Emile DAVE, Nomur. N 98880. LES ARTICLES SIGNÉS N'ENGAGENT QUE LEURS AUTEURS Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. La Reçue ne publie que de l inédit Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservées pour tous pays. Le numéro : 100 francs TABLE DES MATIERES Les Vieux Moulins de Thilay, Haut Lieu de la Résistance Ardennaise : Eva THOME. Epitaphier du canton d'eghezée : Emile BROUETTE. Sainte-Cécile, Sermon par M. l'abbé BLOUARD. Poésies wallonnes: R. CLINIAS - G. MICHAUX. Deux chansons épiques en Entre-Sambre et Meuse à Oignies : Madame THISSE-DE- ROUETTE. Course d'échassiers à Bordeaux : Emile DAVE. A Sambre et Meuse. Table des Matières 1964. IMP. L- BOURDBACX-CAPELL1 - DINANT