RECHERCHES D'ARCHÉOLOGIE AÉRIENNE EN COTE-D'OR EN 1982-1983 H. Goguey. Les recherches d'archéologie aérienne ont été intensifiées en 1983-84 sur la Bourgogne grâce à l'aide conjuguée du Ministère de la Culture, du Conseil Régional de Bourgogne et du Conseil Général de la Côte-d'Or. Dans notre département, les résultats obtenus sont significatifs de cet effort avec de nombreuses découvertes échelonnées de l'âge du Bronze au Moyen Age 1. Ces découvertes sont pour la plupart réparties dans le Bassin de la Saône et dans le bassin de la Seine. Bassin de la Saône. Parallèlement aux plans très explicites qui se dessinent dans cette région les années favorables, ont été recherchées les formes les plus ténues qui peuvent révéler des sites inhabituels. Ainsi, un rempart découvert à Pasques en octobre 1983 surprend d'abord par sa présence sur un plateau au relief peu marqué. Mais l'étude du paysage et de la carte I.G.N. 1/25 000 montre qu'il barre un petit éperon dominant au Sud la Combe Trois Gros, au Nord la Combe du Creux Percé. Cet éperon surplombe un gouffre connu des spéléologues : l'abîme du Creux Percé. Le rempart lui-même est formé d'un mur épais avec contreforts (ou tours) et portes. Est-ce la défense romanisée d'un éperon barré protohistorique? Les camps quadrangulaires atypiques sont nombreux dans les vallées : Arc-sur-Tille, Bretigny, Flagey-Échezeaux... A Gevrey-Chambertin, des fossés proches de la voie Lyon-Trèves esquissent l'image des «camps d'exercice» étudiés par I. Scollar sur le limes de Germanie. A Beire-le-Châtel, les luzernes ont donné pour la première fois en juillet 1983 le plan caractéristique d'un camp de légionnaires proche d'un carrefour de voies antiques (photo 1). La Plaine Dijonnaise et la Côte s'enrichissent en gisements protohistoriques : 1. Les découvertes tle 1982 ont été communiquées à la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, le 20 avril 1983 («Les récents développements de l'archéologie aérienne en Côte-d'Or et la défense des sites menacés»).
10 FOUILLES o ' et a O 0 s -
ARCHÉOLOGIE AÉRIENNE 11 fossés et fosses au Nord, enclos carrés à l'ouest de Longeault ; association de chemins anciens, fossés, fosses multiples et enclos carrés à Thorey ; enclos emboîtés rappelant le dispositif des termes gauloises décrit par R. Agache à Quincey ; grande enceinte avec structures internes à Oouchey (photo 2) ; enclos sécants et fosses dans la zone du tumulus de Clair-Bois à Izier. La basse vallée des Tilles, sur le territoire des Maillys, offre les traces les plus diverses et les plus originales, photographiées sur sols nus et sur céréales de février à novembre : enceintes multiples à recoupements, fossés polygonaux traversant un enclos circulaire (photo 3), organisation du sol par fossés orthogonaux, quadrillage de petits champs délimités par des lignes continues de fossés... Une telle abondance d'indices qui s'ajoutent à ceux des années précédentes fait des Maillys l'une des zones les plus propices à une étude aérienne globale. De petits édifices carrés ont été repérés à Échevannes (au Nord de la «Ferme du Fossé») à Longvic (dans le «trèlle» de sortie de l'autoroute). A Tarsui, un double carré concentrique paraît être un «fanum». Des bâtiments plus étendus, visibles dans les prairies grâce à la sécheresse d'août 1983, jalonnent le «ruisseau de Commarin». Sur le territoire de Commarin, l'organisation autour d'une cour rectangulaire est celle d'une grande villa gallo-romaine (photo 4). A Echannay, les divergences d'orientation prouvent qu'il s'agit de constructions successives, présentant parfois un caractère monumental. Bassin de la Seine. Le haut bassin de la Seine, taillé dans un plateau où le calcaire affleure, est à la fois riche en sites archéologiques et difficile à explorer. C'est en faisant jouer avec persistance toutes les techniques de la photographie aérienne que l'on obtient d'année en année des résultats plus complets. A Turcey, la conjonction lumière rasante/contre-jour/infrarouge/filtre jaune a mis en évidence des systèmes complexes de fossés et de reliefs. L'essentiel (bourrelet circulaire avec dôme central, fossé de base ovale avec entrée en chicane) peut être interprété comme une motte féodale juchée à mi-pente. Dans la vallée de la Seine, au pied du Mont Lassois, l'éclairage rasant d'hiver révèle un camp trapézoïdal axé sur les deux lignes parallèles d'une voie romaine. Sur le plateau de Vertault, une série d'enclos carrés donne les premiers indices d'une nécropole, vraisemblablement de la Tène (photo 5).
12 TOUILLES
AHCHEOLOOIE AK1UKNNK 13
14 FOUILLES
ARCHEOLOGIE AIÎHIKNN1-: 15
16 FOUILLES Au pied de la «cuesta» du Châtillonnais ont été découvertes de grandes enceintes carrées : Laignes, Belan-sur-Ource (photo 6). Les bâtiments photographiés en 1982-83 peuvent être classés en deux catégories : bâtiments protégés par le mur d'une enceinte quadrangulaire, parfois à angles arrondis (Châtijlon-Marigny) ; villas de type «ouvert» autour desquelles le mur de clôture quand il existe ne sert que de limite. A Laignes, la maison du maître de la villa «Val de Laigne» à galerie de façade, est voisine d'un bâtiment agricole rectangulaire, mais on ne distingue aucun enclos dans le réseau de diaclases (photo 7). La villa «ferme de Martilly» est formée d'édifices dispersés. A Massingy, les bâtiments de la villa «Jumeau de la Chassaigne» multiples et vastes, n'ont de commun que leur orientation (photo 8). A Aisey-sur-Seine, une villa à cour péristyle, protégée des vents d'ouest par le bord du plateau, est installée sur la pente exposée à l'est. La persistance des recherches sur Alésia aboutit en 1983 à une nouvelle série de découvertes : Au pied du Mont Rhéa, sur un petit éperon dominant la rive droite de l'oze, des fossés quadrangulaires encore marqués par une légère dépression. Aucun des camps connus d'alésia n'a cet aspect, et une telle enceinte peut aussi bien appartenir au Moyen Age qu'à l'age du Fer (elle rappelle le camp protohistorique, aujourd'hui nivelé, de Bressey-sur-Tille). Dans la plaine des Laumes, au carrefour de l'épineuse, s'est dessinée avec précision dans la luzerne, en août 1983, une partie importante de la circonvallation (photo 9). Sur certains films, on peut voir deux fossés parallèles, avec la ligne d'un troisième petit fossé externe qui se transforme en pointillé à l'angle du dispositif (trous de poteaux ou «trous de loups»?). Sur le Mont-Auxois, les plans connus sont complétés par des bâtiments avec sous-sols en Curiot, un quadrillage de rues avec nombreux édifices au Centre. Au Sud du théâtre (en Surelot), où les plans n'étaient jusqu'ici que fragmentaires, ont été détectés des bâtiments dispersés au milieu desquels nous avons cru voir en vol, comme en 1976 à Entrains, un temple. La photographie à basse altitude donne l'image d'un monument carré avec portique et petit édifice en double carré, qui pourrait être un fanum, sur le côté Sud-Ouest. Le bilan des campagnes 1982-83 aurait été meilleur si les recherches n'avaient été interrompues une dizaine de jours par un grave accident aérien en juin 1983. Mais les résultats n'en démontrent pas moins l'efficacité d'une prospection aérienne souvent répétée et de longue durée.
ARCHEOLOGIE AERIENNE 17
18 FOUILLliS
ARCHEOLOGIE ARKIKNNE 19
20 FOIILLES