«UN POÈME PLASTIQUE DE LA VIGNE» PHOTOGRAPHIES D'ALFRED GASPART BOURGOGNE 1936 exposition prolongée jusqu'au 21 mai 2012 COMMUNIQUÉ Présentation de 65 photographies noir et blanc prises par le peintre Alfred Gaspart durant son séjour dans le vignoble beaunois en 1935-1936. Corpus acquis en 2009 avec l'aide du FRAM (Fonds Régional d'acquisition des Musées). Alfred Gaspart naît en 1900 en Argentine ; devenu orphelin en 1903 il revient en France accompagné de ses deux sœurs. Intéressé par l'art et la poésie, il suit des cours à l'ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris dans l'atelier du peintre Cormon. Au début des années 1930, il installe son atelier dans le quartier Montparnasse. Partagé entre solitude et mondanité, il noue de solides amitiés avec des artistes et écrivains comme Pierre Albert-Birot, Jean Follain, Marie Laurencin, André Salmon, le sculpteur Volti. Cependant sa vie de peintre et de photographe parisien ne satisfait pas pleinement son attirance et son goût pour la lumière. Il voyage alors autour de la Méditerranée puis décide de partir au contact de la nature et des hommes en Bourgogne. De ce séjour, il subsiste des photographies et une correspondance. Pendant cinq saisons, de septembre 1935 à décembre 1936, il vit à Beaune au milieu des vignes et des vignerons. Durant ce séjour, il travaille, peint, dessine, photographie et entretient une correspondance régulière avec sa sœur Paule, de sept ans son aînée, sa muse et sa complice. Il sillonne à pied et à bicyclette les vignes de Beaune, Pommard, Meursault, Volnay, Vougeot, rencontre les travailleurs de la vigne et du vin et partage de nombreux moments dans l'observation d'une nature qui évolue au rythme des jours et des saisons. De ce séjour résulte ce corpus de photographies, «instantanés» de la vie dans les vignes, des photographies humanistes. Une scénographie particulièrement en harmonie avec le sujet traité met en valeur ce travail photographique, tout en poésie, révélateur de la richesse de la vie au cœur des vignes. Il fait revivre pleinement les terroirs et les hommes dans leur rapport à la terre et plus spécialement à la vigne. Une exposition à apprécier délicatement, comme un cheminement initiatique pour mieux savourer la côte viti-vinicole! Des visites commentées sont proposées les dimanches à 16 heures. 1/5
CÉLÉBRER LE BOURGOGNE En 1942, Georges Henri Rivière imagine pour la Bourgogne de célébrer le bourgogne et crée le musée du vin à Beaune. Jouant sur la complémentarité des musées, le Musée de la Vie bourguignonne montre comment cette activité inspire poètes, peintres, sculpteurs voire artisans comme ces ébénistes qui décorent le mobilier de grappes généreuses. Ses collections comprennent aussi des photographies restituant le regard d hommes et de femmes qui échappe à la simple exposition des objets. La découverte des photographies d Alfred Gaspart en 2007, à travers l ouvrage «Une année passée dans les vignes», est une vraie émotion. Une collaboration généreuse avec Rafaèle Antoniucci s ensuit et permet au musée d acquérir, avec l aide du FRAM, soixante photographies d un corpus qui compte plus de quatre cent-cinquante clichés et exprime la connivence du photographe avec les vignerons pour mieux fixer la beauté du monde. Photographies humanistes. Ce corpus émerge comme une vaste enquête ethnologique qui aurait séduit Georges Henri Rivière qui avoue suivre, pour la constitution du musée du vin, des enquêtes sur «les savoir-faire anciens que les vieux vignerons restituent devant le photographe». Là point de restitutions mais des instantanés comme le raconte Gaspart : «Je vais partout où fonctionnent les pressoirs mais il y en a peu dehors, ce qui m empêche de prendre des documents photographiques. J en ai pourtant vu un dans la rue à Meursault, c étaient de vieilles gens qui le faisaient fonctionner et, complaisamment, ils se sont prêtés à ce que je les photographie. Ils m ont fait trinquer avec leur vin de l année dernière qui était bon. Leur vigne était vieille comme eux. Le bonhomme m a dit : C est malheureux que vous ne soyez pas venu plus tôt, on aurait fait un pressoir complet avec un qui tiendrait une grappe dans le haut, un autre un panier et les autres à la barre.» Le vigneron aime la mise en scène mais Gaspart le prend au dépourvu pour mieux croquer sur le vif. Prise de vue, prises de vie. Ce peintre parti en quête de lumière revient avec des photographies reflétant la geste des travailleurs de la terre. Sans doute est-ce là que réside la vraie lumière. Madeleine Blondel Conservateur en chef du Patrimoine Directrice des musées de la Vie bourguignonne Perrin de Puycousin et d'art sacré PHOTOGRAPHIES DE PEINTRE Alfred Gaspart, naît le 3 août 1900 à San Nicolas de los Arroyos, en Argentine, de mère argentine et de père émigré français d origine basque. En 1903, il rentre en France accompagné de ses deux sœurs Paule et Paulette. Très tôt, intéressé par l art et la poésie, il suit les cours de l École nationale des Beaux-Arts de Paris, dans l atelier Cormon. Au début des années trente, il s installe dans le quartier Montparnasse. Une relation gémellaire le lie à sa sœur Paule, de sept ans son aînée. Elle est sa muse, sa complice, son témoin. Partagé entre solitude et mondanité, il noue de solides amitiés avec des artistes et écrivains comme Pierre Albert-Birot, Jean Follain, Marie Laurencin, André Salmon et Volti Cependant sa vie de peintre et de photographe parisien ne satisfait pas pleinement son goût pour la lumière, lumière posée sur la nature et les hommes. Aussi, il voyage autour de la Méditerranée. La vie d Alfred Gaspart trouve son sens en dévoilant la beauté, la simplicité étrange, souvent cruelle du monde. Cette simplicité et cette beauté lui sont volées pendant la Seconde Guerre mondiale. Jamais, il ne s en remit. En effet la captivité brise son destin. De cette existence douloureuse, il laisse un témoignage 2/5
unique : plus de deux mille aquarelles, encres et dessins, des notes journalières. En 1944, sous le pseudonyme de Timour, il reçoit le premier prix de la captivité décerné par l YMCA de Genève, dont le thème est «La vie au camp par l image». Libéré en 1945, Gaspart retrouve Paris, mais éprouve d immenses difficultés à surmonter ce choc. Il s isole tout en continuant à peindre, à dessiner et à photographier mais la rupture est vraiment là. André Salmon écrivait dès 1934 : «Le solitaire Gaspart, tout de même livré désormais à l attention de tous, est appelé à jouer, parmi ceux de son temps, le rôle d un Derain de son âge». Puis en 1951 : «Dans son atelier de la rue d Assas, travaille aujourd hui mon ami Alfred Gaspart, dont la réputation serait assurée en une journée s il daignait seulement convier le public. On saurait alors ce que peut être le mariage de peinture et de poésie.» Le 12 mars 1993, Alfred Gaspart s éteint à Paris dans une grande solitude. Rafaèle Antoniucci / Michel Blay UN POÈME PLASTIQUE DE LA VIGNE En septembre 1935, Alfred Gaspart quitte pour un temps son atelier de Montparnasse et part en Bourgogne à la découverte de ses vignobles. Il y séjourne plus d un an ; un an de lumière, d hommes et de femmes aux labeurs, aux rythmes des saisons. Il travaille sur le terrain, au cœur des choses, remplit des carnets de croquis, prend des photos, cloue des châssis, enduit des toiles, peint. Jusqu en novembre 1936, entre deux vendanges donc, il rencontre la vigne, les vignerons et le vin. Les gestes quotidiens des hommes et des femmes sont saisis, là, simplement dans la vie. Une vie réglée par les soins qu il faut donner à la vigne et au vin ; une vie comme un long chemin parcouru chaque année, ponctuée rituellement par les labours, l arrachage, les vendanges Une vie tendre, intemporelle et profonde où les hommes et la vigne se répondent. En 1951, le Bénézit (Dictionnaire des peintres, sculpteurs et graveurs) publiait dans l article concernant Gaspart : «Ses peintures et dessins exécutés en Bourgogne sont comme un poème plastique de la vigne.» Parmi ces travaux, aujourd hui dispersés, seules les photographies ont été retrouvées. Toutes les images présentées ici, ont été tirées à partir des négatifs originaux. Les textes ponctuant l exposition, sont extraits de la correspondance, souvent éparse et non datée, d Alfred Gaspart à sa sœur Paule. Rafaèle Antoniucci / Michel Blay UNE HISTOIRE PEU ORDINAIRE... Alfred Gaspart écrivait à sa sœur Paule en octobre 1936 : «Ce sera un grand travail de remettre tout au net J ai amassé une somme de documents considérable.» Effectivement scanns, déchiffrage, tri, classement, cohérence de l aventure, interprétation sensible, rencontres ont été nécessaires pour présenter ce travail, soit des heures, des mois, des années et de lourds combats. Après la disparition de Gaspart en 1993, le jour où pour la première fois, j ai tenu entre les mains ses photographies, ses négatifs et ses manuscrits, j ai compris instinctivement que je détenais un trésor : trésor photographique, trésor patrimonial, trésor qui devait reprendre vie déjà sur les lieux de sa création. L appareil photographique utilisé est l un des premiers appareils instantanés et les pellicules sont des pellicules Agfa superpan 2x3, 3x4 et 6,5x11. 3/5
Les tirages d origine 6,5x11 sont des tirages de contact, au format des négatifs. Parmi les soixante-cinq tirages présentés et réalisés par le Laboratoire l Instant (Monaco), soixante d entre eux ont nécessité : - une numérisation haute définition des négatifs originaux sur scanner Flextight à tambour virtuel ; - une retouche numérique avec restauration et équilibrage des tons ; - un tirage sur papier Baryté argentique Ilford FB tons neutres sur un agrandisseur numérique De Vere 504 DS ; - un virage au sélénium dilué. Ces tirages sont au format 30x40 cm et numérotés de 1/8. Quatre d entre eux, dont le portrait de Gaspart, sont réalisés selon le procédé digigraphie et ont nécessité : - une numérisation haute définition des négatifs originaux sur scanner Flextight à tambour virtuel ; - une retouche numérique avec restauration et équilibrage des tons ; - un tirage digigraphie avec des encres à pigments de charbon ayant une longue résistance au temps et sur un papier de qualité archives Traditionnal photo paper Epson de 330 gr/m2, neutre, 100% coton, sans lignine. Ces tirages sont au format 30x40 cm et numérotés de 1/40. Enfin Le Porteur est un tirage argentique virage à l or réalisé par le laboratoire Imaginoir (Paris) sur du papier Baryté. Rafaèle Antoniucci APERÇU... Musée de la Vie bourguignonne, Dijon Rafaèle Antoniucci 4/5
À DÉCOUVRIR EN VENTE À LA LIBRAIRIE-BOUTIQUE DU MUSÉE : Un ouvrage : «Alfred Gaspart, une année dans la vigne. Photographies 1936», Rafaèle Antoniucci. Ed Jean-Michel Place, 29 Une sélection de cartes postales, 1 l'unité INFORMATIONS PRATIQUES : Musée de la Vie bourguignonne et Musée d'art sacré 17, rue Sainte-Anne 21000 Dijon Tél. : 03 80 48 80 90 - Fax : 03 80 48 80 99 museeviebourguignonne@ville-dijon.fr - www.dijon.fr musée ouvert de 9h à 12h et de 14h à 18h, sauf les mardis Entrée gratuite 5/5