Traumatisme lié à la pression (bar). Un traumatisme (du grec τραῦμα (trauma) = «blessure») désigne un dommage, ou choc, provoqué par une blessure physique soudaine. Il peut être décrit en tant que «blessure ou dommage physique Le mot ''bar'' provient du grec ancien βάρος / báros qui signifie pesanteur. D'ou βάροςτραῦμα, barotraumatisme : dommage du à la pression (ou la variation de pression). CQFD. Ils peuvent survenir au niveau de toute partie de notre corps contenant de l air (ou en contact de l air) lors de variations de pression. Raison: Loi de Mariotte: P x V = constante Les variations de pression provoquent des variations de volumes des gaz mais comme les tissus, eux, ne varient pas il y a dommages.
BAROTRAUMATISMES
Barotraumatisme de l oreille externe En fonction de la gravité : Inflammation du tympan Congestion du tympan (otite barotraumatique) Perforation du tympan Barotraumatisme de l oreille interne Cas grave atteignant les centres de l audition et de l équilibre Hospitalisation nécessaire Vertige alterno-barique Problème d équilibrage sur l une des deux oreilles Différence d informations transmises au cerveau Vertige et désorientation
Causes Une obturation partielle ou totale d une ou des deux trompes d Eustache dues à des mucosités encombrant les fosses nasales Une obturation du conduit auditif par un bouchon de cérumen Une manœuvre d équilibrage trop forte ou effectuée trop tardivement Douleur Vertige et/ou nausées Symptômes Acouphènes (bourdonnement, sifflements) Saignement ( éclatement du tympan)
Traitement Stopper la descente ou la remontée et se placer à la profondeur faisant cesser la douleur. Une fois la remontée effectuée lentement, cesser la plongée pour au moins 12 heures et consulter un médecin spécialiste si la douleur persiste. Pas de gouttes auriculaires sans prescription médicale à cause du risque de déchirure du tympan. Prévention Ne pas plonger en cas de sinusite ou de rhume et se rincer les fosses nasales à l eau de mer en se mettant à l eau. Ne pas forcer à la descente. Faire des manœuvres d équilibrage dès le début de descente, avant toute douleur.
Dans l eau A la descente: si douleur, remonter un peu, faire entrer de l eau dans la cagoule. Essayer à nouveau en faisant des manœuvres de déglutition et de mastication. Si cela persiste, remonter lentement et annuler la plongée. ( La descente, tête en haut, peu faciliter l immersion).
Causes Obturation des canaux de liaison entre les sinus et les fosses nasales par les sécrétions sinusales (ou mucus) Limitation de l équilibrage entre pression interne et pression externe Symptômes Douleur plus ou moins aiguë selon la pression exercée sur les muqueuses sinusales. On constate notamment une douleur dans les régions frontales et sous-orbitales avec un saignement de nez (épitaxis), maux de tête (céphalées), nausées et vertiges. Saignements de nez.
Ne pas forcer à la descente Traitement Réduire la vitesse de remontée en cas de problèmes Prévention Ne pas plonger en cas de sinusite ou de rhume et se rincer les fosses nasales (EN SURFACE) à l eau de mer lors de la mise à l eau. Ne pas utiliser de vasoconstricteurs (effet limité dans le temps, problème à la remontée).
Dans l eau A la descente: si douleur, remonter un peu, retirer le masque et se moucher. Puis essayer à nouveau. Si cela persiste, remonter lentement et annuler la plongée (La descente, tête en haut, peut faciliter l immersion). A la remontée: redescendre de quelques mètres pour diminuer la douleur et remontée très lentement en déglutissant et en mastiquant.
Cause A la suite d une carie, ou d une fêlure, ou une couronne mal ajustée, de l air peut-être contenu dans une dent. Cet air subira les variations de pression dues à la descente ou à la remontée du plongeur. Plus l ouverture sera petite, plus il y aura de différence de pression entre l intérieur et l extérieur de la dent. Symptômes Si il y a contact de l air avec un nerf, il y aura des douleurs plus ou moins vives et une sensation de froid sur la dent. A la descente il y a de plus un risque d enfoncement d un plombage, voire de destruction de la dent. A la remontée, risque d expulsion d un plombage, voire d explosion de la dent.
Traitement Ne pas insister à la descente. Stopper la remontée et laisser le temps à l excédent d air de s échapper de la cavité. Il est parfois nécessaire de redescendre un peu afin de soulager la douleur. Prévention Il est recommandé de passer une visite dentaire tous les ans en précisant sa qualité de plongeur.
Cause A la descente, la pression dans le masque devient plus faible que la pression extérieur. Sans ajout d air supplémentaire (par le nez en général ) il se produit un effet de ventouse sur le visage. Cela peut être du à un caoutchouc trop ferme pour la jupe du masque, ou à cause de l utilisation d un masque sans nez en piscine par exemple. Symptômes Gêne ou douleur oculaire (si grande profondeur). Troubles de la vision. Hématomes oculaires (effet œil au beurre noir).
Prévention Souffler régulièrement dans le masque par le nez au cours de la descente. Moins un masque est étanche, moins il y a de risque! Les entrées d eau suffisent à compenser l effet de ventouse. Serrer correctement la sangle du masque. Trop serré, il n y a pas de risque car la jupe s écrase sur les bords et l eau peut entrer. Dans l eau Face à un débutant, faire signe de souffler par le nez dans le masque. Il faut remonter lentement et stopper la plongée si l accident est déclaré. Ne pas tirer le masque brutalement. Un retrait de masque doit toujours être fait avec une expiration par le nez..
Causes Pendant la plongée, nous pouvons avaler de l air lors : - d échange d embout, - de remontée à deux sur un seul détendeurs, ou fabriquer des gaz lors de la digestion par, par exemple, ingestion de boissons gazeuses avant la plongée. Ces gaz, présents dans l estomac, vont se dilater lors de la remontée. Douleur abdominale. Symptômes Distension abdominale: effet «gros ventre».
Traitement - Arrêt de la remontée - Eventuellement redescendre, jusqu à la disparition des douleurs, - puis reprendre la remontée lentement en évacuant l excédent de gaz (attention à la gestion de l air et des paliers). Prévention Eviter les boissons gazeuses avant la plongée. Eviter les déglutitions répétées pendant la plongée, et donc les échanges d embouts / vidage de masque mal maitrisés.
Cause? La présence de gaz dans l intestin est du à la digestion. A la descente les gaz déjà présent se comprimera, puis se décomprimera à la remontée. Il n y aura donc pas d effet du à ce gaz. Au cours de la plongée? Durant le temps de la plongée la digestion continue. Dans le cadre du loisir les temps de plongée sont trop courts pour que la quantité de gaz produit par la digestion soit assez significative pour poser problème. Le plongeur loisir n est donc pas concerné par les problèmes gazeux liés à la digestion.
Cause Les poumons sont constitués de petits sacs, les alvéoles qui se remplissent et se vident d air à chaque respiration. Si la pression est trop forte dans les alvéoles (0,2 à0,3 bar de plus soit l équivalent d une profondeur d environ 3 mètres), elle risquent d être distendues ou endommagées irrémédiablement (éclatement). La surpression pulmonaire se produit à la remontée si l air qui se dilate dans les poumons n est pas évacué ( respiration bloquée) ou si il est évacué trop lentement. Remarque C est l accident le plus grave aujourd hui en plongée! Mais c est aussi le plus facile à éviter : il suffit de respirer! La variation de pression et donc la possibilité d accident est d autant plus grande que nous sommes proche de la surface!
Difficulté à respirer. Sang dans la salive. Perte de connaissance. Arrêt cardio- respiratoire. Symptômes Prévention Ne jamais bloquer sa respiration à la remontée, notamment lorsqu on n a plus le détendeur en bouche (REEB, panne d air ) En cas de remontée rapide : insister sur l expiration L hyper-extension du cou, interdisant la fermeture de la glotte, est particulièrement efficace en cas de remontées non contrôlées (panique, essoufflement ). Ne pas donner d air à un apnéiste.
Phase mécanique : 1 ère phase de la SP Distension d'une ou plusieurs alvéole(s) puis éclatement de celle(s)-ci, Compression des alvéoles voisines, d'où une diminution de la capacité ventilatoire et un pneumothorax uni ou bilatéral déchirement d'un ou des deux feuillets de la plèvre avec passage d'air dans le médiastin pouvant précéder une compression d'un poumon encore sain et/ou du muscle cardiaque, Passage de l'air dans la zone sous-cutanée du cou provoquant un emphysème sous-cutané.
Phase neurologique 2 ème phase de la SP Les déchirures alvéolaires peuvent permettre à des bulles d'air de repasser dans le circuit ventilatoire. Ces bulles (passées dans les veines pulmonaires) vont alors arriver dans la partie gauche du cœur puis passer dans la grande circulation. Dirigées vers l aorte elles vont, dans la crosse aortique, passer dans les carotides, disposées verticalement puis se retrouver dans le circuit d'irrigation du cerveau. Celui-ci étant en arborescence avec des ramifications de plus en plus petites, les bulles d'air vont finir par se coincer (aéro-embolie cérébrale), empêchant alors l oxygène de passer et contribuant à créer une nécrose des zones nerveuses cérébrales. D'autres bulles d'air peuvent passer dans les artères coronaires et venir perturber le fonctionnement du cœur, le privant de l'apport en oxygène vital pour son fonctionnement.
Traitement Mise sous oxygénothérapie afin de palier la détresse ventilatoire. Alerter les secours Evacuer vers un milieu hospitalier sans délai en appliquant les gestes de premiers secours s il s imposent (RCP, etc. ). Si l état de la victime le permet (si elle est consciente) et qu elle n y est pas allergique, lui proposer de l aspirine à raison de 500mg maximum pour un adulte et l hydrater. Le traitement prend en compte l ADD associé à la SP
Mise en garde particulières L essoufflement est une des grandes causes de surpression pulmonaire, La non maitrise du VDM emmenant le blocage de la glotte en est une autre, Que l on remonte vite ou lentement si l air des poumons n est pas évacué il y aura la même surpression pulmonaire, La non maitrise de l utilisation d un vêtement sec, ou d une combi semi-étanche trop ajustée, emmène un accident cutané (ou squeze) du,cette fois, à une dépression de l air.
Arrêt d apport en oxygène par inondation des voies aériennes respiratoire (VAR) qui conduit à une asphyxie, avec ou sans inondation des alvéoles pulmonaires, souvent irréversible. Causes Inhalation directe (noyade primaire): Suite à un épuisement Prise de risque grotte, épave Utilisation d un matériel défectueux Panique (essoufflement, attaque d un animal, panne d air) Pas de tuba en surface avec une mer agitée. Après une syncope (noyade secondaire) lors de la reprise de la ventilation: Suite à une plongée en apnée D une piqûre d animal D un choc (thermique, peur, lors de la mise à l eau )
Répartition des cas de noyade accidentelle selon les lieux Lieu Cas de noyade (avec ou sans décès) Cas de décès Mortalité mer, total 519 (56 %) 105 (37 %) 20 % mer dans la bande des 300 m 489 (52 %) 11 (4 %) 2 % mer au delà de la bande des 300 m 30 (3 %) 94 (33 %) 37 % piscine, total 178 (19 %) 35 (12 %) 20 % piscine privée familiale 104 (11 %) 26 (9 %) 25 % piscine privée à usage collectif 32 (3 %) 6 (2 %) 19 % piscine payante (publique ou privée) 42 (4 %) 3 (1 %) 7 % plan d'eau (lac, mare, étang) cours d'eau (fleuve, rivière, canal, rigole) 108 (12 %) 69 (24 %) 64 % 93 (10 %) 60 (21 %) 65 % autres (baignoire, bassin, ) 32 (3 %) 15 (5 %) 47 % total 910 (100 %) 284 (99 %)
Prévention Entretien d une bonne condition physique. Bon état psychique avant de plongée. Bonne gestion de l air. Plonger groupé. Matériel en bon état (ne pas oublier son tuba). Maintien du détendeur en bouche et du masque sur les yeux en surface. Ne pas surévaluer les compétences de sa palanquée ( grotte, tunnel, épave, courant, visibilité )
Conduite à tenir Sortir la victime de l eau => ATTENTION : sans une bonne connaissance des techniques de sauvetage c est très périlleux!. Alerter les secours. Dégager les voies aériennes. Massage cardiaque externe, si besoin Apport d oxygène à 15 litres/mn Mettre la victime en position latéral de sécurité Evacuer vers un centre Hospitalier
A terre Le GP doit discuter avec les plongeurs sur: Leurs niveaux de plongées Leurs expériences Leurs dernières plongées Leurs «soucis»( oreilles, trac, fatigue, nouvel équipement ) Observer: Leur matériel (détendeur, gilet, plomb, phare...) Leur technique, leurs gestes Avant la mise à l eau Briefing sur le déroulement de la plongée Rappel des consignes de sécurité Rappel des signes ( Mi pression, réserve, panne d air )
A la descente Arrivée au fond Cohésion Arrêt de la descente régulièrement pour contrôle des plongeurs Regroupement Contrôle mano Sens du courant Sens de la plongée En exploration Animer la plongée Gestion du profil de la palanquée Gestion des consommations Observation de la palanquée (fatigue, froid, essoufflement, vitesse de déplacement) Contrôle (mi pression, réserve )
A la remontée Au départ du fond Rassemblement de la palanquée Contrôle: air, ordinateur, Cohésion Gestion de la vitesse de remontée Déclenchement du parachute Gestion du palier En surface Signes au bateau Vérifier cohésion et le maintient en surface Gère la sortie de l eau avec masque et détendeur en place Rassemblement de la palanquée à bord Remise des paramètre au DP A bord/ A terre Observer des signes de fatigue, ADD Faire un débriefing sur la plongée Superviser le rinçage et le rangement du mato.
Une bonne condition physique, et une bonne technique servie par un peu d entrainement suffit à éviter la plupart des accidents!!! Une observation attentive des plongeurs que l on encadre permet de détecter 90% des problèmes avant qu ils n arrivent! Le respect de quelques consignes de sécurité (et de bon sens) fait le reste. Le bon Guide de Palanquée sera aussi celui qui saura refuser de faire la plongée qui lui ai demandée si quoique que ce soit ne lui convient pas dans ce qu on lui propose. Bonnes plongées