Angines (77a) Docteur Olivier CUISNIER Octobre 2002



Documents pareils
Item 77. Angine et pharyngite de l'enfant et de l'adulte. Objectifs pédagogiques

L ANGINE. A Epidémiologie :

Docteur, j ai pris froid!

ANTIBIOTHÉRAPIE PAR VOIE GÉNÉRALE. Infections ORL et respiratoires basses

OTO-RHINO- LARYNGOLOGIE pharyx, larynx, cancer

Apport de la TDM dans les cellulites cervico-faciales

Tuméfaction douloureuse

Le psoriasis est une maladie qui touche environ 2 à 3 % de la population et qui se

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Otite Moyenne Aiguë. Origine bactérienne dans 70 % des cas. Première infection bactérienne tous âges confondus

L'œsophage L'œsophage est un tube musculaire qui traverse de la bouche à l'estomac. Causes

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Sarah est malade. Brochure d informations sur les maladies infantiles

- contacts@aroma-zone.com

Accidents des anticoagulants

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

Situation Agent Schéma posologique*

Cancers de l hypopharynx

Item 182 : Accidents des anticoagulants

La maladie de Still de l adulte

Cette intervention aura donc été décidée par votre chirurgien pour une indication bien précise.

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

POLYCOPIES DES COURS d ORL Faculté de médecine d Angers

Item 288 : Troubles des phanères : Onyxis

Cancers du larynx : diagnostic, principes de traitement (145a) Professeur Emile REYT Novembre 2003 (Mise à jour Mars 2005)

MIEUX COMPRENDRE VOTRE TRAITEMENT. LA RADIOTHÉRAPIE DES CANCERS DES Voies Aéro-Digestives Supérieures

Les Infections Associées aux Soins

L'OTITE CHEZ LE BÉBÉ ET L'ENFANT

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

Concours d Internat et de Résidanat

L arthrose, ses maux si on en parlait!

Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

Anatomie. Le bassin inflammatoire. 3 grands cadres. 4 tableaux. Spondylarthrite ankylosante. Spondylarthrite ankylosante 26/10/13

Compte rendu d hospitalisation hépatite C. À partir de la IIème année MG, IIIème années MD et Pharmacie

PARTAGER NOTRE PASSION. Livret de présentation de la vaccination et de nos vaccins

Patient de 40 ans, pas d antécédent notable. Abcès dentaire soigné par ATB + AINS.

Spondylarthropathies : diagnostic, place des anti-tnf et surveillance par le généraliste. Pr P. Claudepierre CHU Henri Mondor - Créteil

Les maladies ou infections sexuellement transmissibles (MST)

Les cancers des voies aérodigestives supérieures

Maladie des valves. Changer leur évolution. Rétrécissement aortique Insuffisance aortique Insuffisance mitrale Rétrécissement mitral

Carte de soins et d urgence

Item 262 : Migraine et algie de la face

Item 262. Migraine et algie de la face. Objectifs pédagogiques

MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES DIRECTION GENERALE DE LA SANTE- DDASS DE SEINE MARITIME

II - DIABETE DE TYPE 1 : ÉPIDÉMIOLOGIE - PHYSIOPATHOLOGIE - DIAGNOSTIC- DÉPISTAGE

Des soins après avortement : Amis des Jeunes. Cartes à conseils 1-6

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Conduite à tenir devant une morsure de chien (213b) Professeur Jacques LEBEAU Novembre 2003 (Mise à jour mars 2005)

Le Livre des Infections Sexuellement Transmissibles

Note de synthèse Assurance Maladie. Information des professionnels de santé sur les produits de santé mars 2011

Assurance Maladie Obligatoire Commission de la Transparence des médicaments. Avis 2 23 Octobre 2012

Gestion de la crise sanitaire grippe A

INDICATIONS DE L AMYGDALECTOMIE CHEZ L ENFANT

Mon enfant est malade Que faire?

Qu est-ce que la peste?

Le test de dépistage qui a été pratiqué à la

Protégeons-nous ensemble!

«Les antibiotiques c est pas automatique», 12 ans après, quels sont les changements laissés par ce slogan percutant?

ABREGE D HEPATO-GASTRO-ETROLOGIE- 2ème édition - Partie «Connaissances» - Octobre 2012 par la CDU-HGE - Editions Elsevier-Masson

PRISE EN CHARGE DE L ENFANT QUI TOUSSE OU QUI A DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES

Pandémie : pas de fermetures de classes Évaluation de la situation au 13 novembre 2009

Les pathologies infectieuses en pédiatrie

Recherche Information - prévention - dépistage Actions pour les malades et leurs proches. Les cancers des voies aérodigestives supérieures

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Le Psoriasis Qui est touché?

Mieux informé sur la maladie de reflux

La prise en charge de votre polyarthrite rhumatoïde

PROGRAMME DU CONCOURS D ACCES AU RESIDANAT DE CHIRURGIE DENTAIRE

CONTROVERSE : IDR OU QUANTIFERON LORS D'UN CONTAGE EN EHPAD?

Vaccinations - Rédaction Dr BOUTON

La maladie de Berger Néphropathie à IgA

TenderWet active, le pansement irrigo-absorbant unique pour une détersion active!

Actualisation de la prescription en biologie rhumatologie

Traitement antibiotique probabiliste des urétrites et cervicites non compliquées

Dossier Administratif du Patient

Rhume ou grippe? Pas d antibiotiques!

Maladies transmises sexuellement (MTS)

Sommaire de la séquence 8

QUE SAVOIR SUR LA CHIRURGIE de FISTULE ANALE A LA CLINIQUE SAINT-PIERRE?

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Lymphome non hodgkinien

Item 145. Tumeurs de la cavité buccale et des voies aérodigestives. Objectifs pédagogiques

1 of 5 02/11/ :03

Vivre en santé après le traitement pour un cancer pédiatrique

neurogénétique Structures sensibles du crâne 11/02/10 Classification internationale des céphalées:2004

SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES. Spondylarthrites. Décembre 2008

La maladie de Horton Artérite temporale Artérite à cellules géantes

Évolution des pratiques vaccinales : 3. vaccination après la grossesse

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

LES SOINS D HYGIENE l hygiène bucco dentaire. Formation en Hygiène des EMS de la Somme EOH CH ABBEVILLE JUIN 2015

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

Stelara (ustekinumab)

TRAUMATISME CRANIEN DE L ENFANT : conduite à tenir?

QU EST-CE QUE LA TUBERCULOSE?

La polyarthrite rhumatoïde est-elle une maladie courante parmi la patientèle d'un rhumatologue?

Mécanismes moléculaires à l origine des maladies autoimmunes

Le syndrome SAPHO Ostéomyélite multifocale chronique récidivante Spondylarthrite hyperostosante pustulo-psoriasique

Lecture critique et pratique de la médecine

Transcription:

Angines (77a) Docteur Olivier CUISNIER Octobre 2002 Pré-requis : Anatomie du pharynx et de la cavité buccale Bactériologie des voies aérodigestives supérieures Principes d'antibiothérapie Résumé : L angine est une infection aiguë des amygdales et du pharynx. En France, le traitement antibiotique est pratiquement systématique afin d éviter les complications des angines à streptocoque béta-hémolytique. Les formes cliniques n ont rien de spécifique. Les plus fréquentes sont les angines erythémateuses ou érythémato-pultacées. Il existe d autres formes qu il faut savoir reconnaître comme la mononucléose infectieuse, la dyphtérie, l angine de Vincent... Actuellement des tests de dépistage rapide du streptocoque sont à l étude pour limiter les prescriptions d antibiothérapie dans les angines virales. Index : Angines érythémato-pultacées, angines pseudomembraneuses, steptocoque B- hémolytique du groupe A, Antibiothérapie 1. Introduction Les infections amygdaliennes aiguës ou amygdalites posent essentiellement un problème étiologique. Elles se manifestent essentiellement par une angine qui regroupe un ensemble de symptômes. L'angine définit dans le langage courant les infections amygdaliennes aiguës. Elles posent essentiellement un problème étiologique, à savoir leur origine virale ou bactérienne. Le germe le plus fréquent, le steptocoque béta-hémolytique du groupe A (SGA) fait la gravité potentielle des angines. 9 millions d'angines sont annuellement diagnostiquées en France. 2 millions seulement seraient dues au SGA et nécessiteraient une antibiothérapie pour en éviter les complications. Cet impact thérapeutique fait discuter le recours à des tests de diagnostic rapide du SGA. 2. Examen clinique Signes fonctionnels et généraux L'angine est une douleur constrictive de la gorge qui s'associe à une dysphagie, une odynophagie et une otalgie réflexe. Les signes généraux peuvent être au premier ou au second plan : fièvre, frissons, malaise général. L'angine peut être latente et dépistée sur la seule notion de la fièvre (nourrissons). L'examen pharyngé notera la taille, l'aspect des amygdales palatines, leur caractère crytpique. L'inspection permet de diviser les angines en plusieurs groupes : les angines érythémateuses : les amygdales sont tuméfiées et rouges, associées de manière inconstante à un oedème de la luette et des piliers amygdaliens, 1

les angines érythémato-pultacées : elles ne diffèrent de la précédente que par la présence d'un enduit blanchâtre, plus ou moins abondant, facilement décollable de la surface amygdalienne, les angines pseudo-membraneuses sont le siège d'un exsudat fibrineux adhérant à la surface des amygdales, les angines ulcéreuses et ulcéro-nécrotiques : il existe une ulcération de l'amygdale à contenu fibrino-purulent et recouvert de fausses membranes, les angines vésiculeuses sont le siège de vésicules à base inflammatoire surtout centrées sur les piliers amygdaliens et le voile du palais. Les angines érythémateuses ou érythémato-pultacées sont les plus fréquentes. L'examen locorégional mettra en évidence des adénopathies cervicales quasiment toujours associées, très souvent douloureuses et le plus souvent de siège sous-digastrique. L'examen ORL recherchera une rhinopharyngite ou une laryngite associée et un examen général explorera les aires ganglionnaires, l'existence d'une éruption cutanée ou une splénomégalie. 3. L'étiologie 3.1. Les angines érythémateuses et érythémato-pultacées (92 %) Photo : Angine érythémato-pultacée Les germes responsables sont en grande majorité d'origine virale (adénovirus, myxovirus para-influenzae, virus grippal). On les évoque cliniquement avant tout devant une atteinte plus diffuse de l'inflammation des voies aériennes supérieures (coryza, laryngite, toux, inflammation globale de l'oropharynx). L'origine bactérienne par le SGA b-hémolytique est la plus redoutée même si elle représente une minorité. Le diagnostic de ces angines pourrait être précisé lors des tests de dépistage rapide du SGA sur un prélèvement de gorge, technique utilisant une méthode immuno-enzymatique actuellement en cours de validation. Sinon le prélèvement de gorge pourra mettre en évidence le streptocoque et le typer avec l inconvénient de retarder de 48 heures l antibiothérapie. D'autres streptocoques du groupe B, C et G sont plus rares, de même hémophilus, mycoplasma pneumoniae et pneumocoque. Il faut insister sur le fait que les angines à streptocoque n'ont pas de caractère clinique spécifique. 2

Le traitement de référence depuis 40 ans est la Pénicilline V administrée pendant 10 jours ou en cas d'intolérance un antibiotique de la famille des macrolides. Cette attitude n'apparaît plus adaptée actuellement non pas du fait d'une diminution de l'activité des produits mais surtout en raison du non-respect de la durée de traitement par le malade et par le médecin. D'autres thérapeutiques, avec des durées de traitement égales ou moindres, ont démontré une efficacité bactériologique et clinique égale ou supérieure à celle de la Pénicilline V. Des économies appréciables pourraient être réalisées en ne traitant que les seules angines streptococciques ce qui supposerait un usage généralisé des tests de diagnostic rapide par le praticien. Dans le but d'améliorer la compliance des patients, l'utilisation d'antibiotiques en traitement court serait possible (Amoxicilline, Céphalosporine orale de 2ème ou 3ème génération, Azithromycine). Au traitement antibiotique seront toujours associés des antalgiques, des antipyrétiques, éventuellement des anti-inflammatoires. Une forme particulière d'angine est la scarlatine due au SGA qui produit une toxine érythrogène (maladie à déclaration obligatoire n 4). Le diagnostic impose une éviction du malade et des sujets-contacts si ceux-ci ne bénéficient pas d'une antibiothérapie préventive. Après une incubation de trois à cinq jours, une angine rouge associée à des céphalées, des vomissements, une fièvre à 39-40. L'exanthème et surtout l'énanthème permettent le diagnostic. 3.2. Angines pseudomembraneuses (3 % des cas) Photo : Angine pseudomembraneuse dans le cadre d une mononucléose infectieuse La mononucléose infectieuse en est certainement la cause la plus fréquente. Cependant des germes pyogènes (staphylocoque doré, streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, pneumocoque) peuvent en être responsables. Il faudra absolument éliminer une diphtérie. 3.2.1. La mononucléose infectieuse Cette maladie causée par le virus d'epstein-barr, atteint principalement l'adolescent et l'adulte jeune (transmission salivaire). Après une incubation de 15 à 60 jours, apparait une fièvre à une angine érythémateuse ou érythémato-pultacée. L'examen montre un oedème pharyngé prédorninant sur la luette associé à une éruption purpurique du voile. Dans les formes pseudomembraneuses, les fausses membranes sont décollables, non extensibles, non adhérentes et non reproductibles. Le larynx n'cst pas atteint. On rencontre parfois un oedème palpébral. Il 3

existe une réaction ganglionnaire bilatérale. La rate est inconstament augmentée de volume. Il peut exister un rash cutané dont la fréquence est de 90 % environ après prise d'une pénicilline du groupe A qu'il faut proscrire. La numération-formule montre une leucocytose modérée faite essentiellement de mononucléaires hyperbasophiles. Le diagnostic de certitude sera apporté par le MNI-test (qui présente cependant quelques faux-positifs) et par la réaction de Paul Bunnell et Davidson qui est tout à fait spécifique. Le traitement ne comportera de corticoides (0,5 mg/kg de prednisone à dose dégréssive sur l5 jours par exemple) qu'en cas d'altération de l'état général, de symptômes pharyngés marqués ou de complications. Les macrolides (8 à 10 jours d'érythromycine par exemple) permettront d'éviter une surinfection pharyngée mais ne sont pas indispensables. 3.2.2. La diphtérie Maladie exceptionnelle à déclaration obligatoire n 6 dûe au bacille de Klebs-Loeffler (corynebacterium diphteriae), (3 cas par an en France). Après une incubation de 3 à 7 jours, apparait un malaise général avec fièvre à 38-38,5, associé à une angine à fausses membranes avec amygdales rouges recouvertes d'un enduit opalin et adhérent, qui se reproduit rapidement lors de son ablation et qui dans un second temps atteint le voile du palais et les piliers amygdaliens. Il s'y associe un coryza parfois séro-sanglant et des adénopathies sousmaxillaires bilatérales. L'état général est altéré. La dysphonie et la toux aboyante signent l'atteinte laryngo-trachéale (croup). Sérothérapie après avoir pratiqué un prélèvement de gorge sans en attendre le résultat si le sujet n'est pas vacciné et qu'il existe une notion de contage. Isolement impératif d environ 30 jours. En pratique, on attendra d'avoir éliminé une MNI pour débuter le traitement (MNI-test). 3.3. Angines ulcéreuses et ulcéronécrotiques 3.3.1. L'angine de Vincent Photo : Angine ulcérée unilatérale de Vincent Celle-ci est due à l'association de deux germes anaérobies: Fusobacterium nécrophorum et un spirochète du genre Borellia, surtout chez l'adolescent et l'adulte jeune. L'angine est douloureuse, unilatérale avec l'état général conservé, la fièvre à 37,5-38 C. L'amygdale est recouverte d'une ulcération à bords surélevés dont le fond est recouvert d'une fausse membrane grisâtre. L'haleine est fétide avec parfois hypersialorrhée. Il existe une réaction ganglionnaire unilatérale. Le prélèvement de gorge objective l'association fuso-spirillaire à l'examen direct. Le traitement : pénicilline G (IM) au métronidazole (IV). Traiter les causes bucco-dentaires. 4

3.3.2. Diagnostic différentiel Eliminer les angines des hémopathies (hémogramme), les cancers de l'amygdale (palpation + biopsie) et l'angine tuberculeuse, le chancre syphilitique. 3.4. Angines vésiculeuses 3.4.1. Les angines herpétiques Le début est brutal avec une fièvre à 39-40, un malaise général, des frissons, une dysphagie et une odynophagie. L'examen montre des bouquets de petites vésicules sur les piliers et le voile qui sont inflammatoires. Ces vésicules vont se rompre pour laisser place à des tâches recouvertes d'un exsudat blanchâtre entourées d'une auréole rouge. Il existe des adénopathies cervicales. L'évolution est favorable en 7 à l5 jours sans séquelles. Le diagnostic clinique peut éventuellement être étayé par les sérologies virales. Le traitement est purement symptomatique (repos, antalgiques, antipyrétiques, désinfection pharyngée, parfois anesthésiques locaux). Dans les formes étendues, un traitement antiviral peut être prescrit. 3.4.2. L'herpangine Dût au virus Coxsackie du groupe A, surtout chez l'enfant de moins de 3 ans, par petites épidémies estivales. Le tableau clinique est superposable à celui des angines herpétiques. Le traitement est symptomatique. 3.4.3. Diagnostic différentiel le zona pharyngien, avec une éruption unilatérale, l'aphtose qui intéresse plutôt la muqueuse bucco-gingivale et les éruptions bulleuses. 3.5. Angines gangréneuses Extrêmement rares de nos jours, elles sont dues à une infection à germes anaérobies sur un terrain débilité (diabète non équilibré, hémopathie, insuffisance rénale). On retrouve un tableau toxi-infectieux associé à une nécrose extensive de la loge amygdalienne. Traitement : antibiothérapie par voie intraveineuse. 4. Complications 4.1. Complications loco-régionales Le phlegmon péri-amygdalien : odynophagie, trismus, bombement des piliers amygdaliens. 5

Photo : TDM avec injection en coupe axiale Abcès péri-amygdalien gauche L'abcès rétropharyngé prévertébral. 4.2. Complications générales Fièvre (déshydratation, hyperthermie majeure et convulsions). Complications dues au streptocoque: GNA post-streptococcique: La maladie inflammatoire post-streptococcique: le rhumatisme articulaire aigu. la cardite rhumatismale la chorée de Sydenham. Autres : I'érythème noueux post-streptococcique, le rhumatisme post-angineux, la septicémie à streptocoque. Références : «Angines aiguës» Ayache D, Foulquier S, Cohen M et Elbaz P. Encycl Méd Chir (Elsevier, Paris), Oto-Rhino-Laryngologie, 20-500-A-10, 1997, 8p. http://www.docteurinfo.com/consensus_orl.html «Angines» Bourguignat E. ORL de l enfant (Médecine Sciences, Flammarion), 1996, pages 149-151. 6