DIFFRACTIONS ZUZANNA ROKITA 2015
L oeil perçoit le monde, enregistre la lumière et le cerveau crée des images basées sur cette perception. Cependant notre manière de percevoir les choses dépend aussi de l environnement dans lequel nous évoluons. Notre vision nous est propre, souvent nous voyons ce que nous souhaiterions voir, l environnement peut interagir et modifier notre perception. Nous pourrions nous demander si ce que l on vois existe vraiment ou si nous vivons dans une illusion perceptive de la réalité créée par notre esprit. La lumière est à l origine de notre perception, mais ce n est que par le moyen de la vision que nous pouvons mesurer celle ci de manière objective. «La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres.» La Formation de l esprit scientifique, Gaston Bachelard, éd. Vrin, 1938, p. 13 «En utilisant lui aussi la terre, le potier Butadès de Sicyone découvrit le premier l art de modeler des portraits en argile ; cela se passait à Corinthe et il dut son invention à sa fille, qui était amoureuse d un jeune homme ; celui-ci partant pour l étranger, elle entoura d une ligne l ombre de son visage projetée sur le mur par la lumière d une lanterne ; son père appliqua l argile sur l esquisse, en fit un relief qu il mit à durcir au feu avec le reste de ses poteries, après l avoir fait sécher.» Histoire naturelle, Pline (23 79), Livre XXXV, 151 et 152. La peinture et la photographie sont des techniques qui à l origine étaient censé reproduire la réalité. L essence de chacune de ces techniques est la lumière. Pline le Vieux démontre par l exemple ci contre que : la peinture trouve son origine dans une projection de lumière. La photographie fut crée en XIX siècle quand on a commencé a expérimenter avec des éléments chimiques, la sensibilité de la lumière. Niepce et après Daguerre on réussit à obtenir et conserver une image avec de argent iode et du mercure. La sensibilité des éléments chimiques est donc à la racine de la photographie. Mon travail s articule autour d une réflexion picturale sur l origine de l image par la lumière. Celle ci est pour moi le fondement de la peinture et de la photographie, de l image en général. Elle est le premier degrés de notre perception. La lumière est omniprésente dans l univers, même si au quotidien nous ne sommes pas à même de capter ses propriétés infinies. Elle reste un mystère inaccessible, difficile a qualifier, elle reste pour nous insaisissable. Mes peintures sont faites sans pinceau, par pulvérisation de spray, elles imitent le principe lumineux en respectant une géométrie propre au rayonnement. Mes phonogrammes sont des enregistrements radicaux d ombre et de lumière, le degrés d opacité de l objet détermine la présence de formes le papier photosensible. Le projecteur a diapositives est un jeu optique entre matériau transparent et la lumière. Ces oeuvres sont des tentatives de représentation de la lumière à son degrés le plus primaires, les jeux de formes et de techniques picturales sont les outils de ma démarche. Ils visent à créer une synthèse du processus lumineux.
Diffraction 3,Calques superposé sur le toile noir, 2015, 210 x143 cm Plastiformes,calque plastique, toile noir, 2015, 210 x143 cm
Ombré Déterioration de lumière, Spray sur toile, 2015, 210 x143 cm Ombré Dentelles, Spray sur toile, 2015, 210 x143 cm
Ombré Dentelles 2, Spray sur toile, 2015, 210 x143 Plastiformes 2,calque plastique, toile noir, 2015, 210 x143
Ecriture de lumière, photogramme, 2015, 50 x 60 cm
Ecriture de lumière, photogramme, 2015, 50 x 60 cm Ecriture de lumière, photogramme, 2015, 50 x 60 cm
vue de l exposition Cmienie, Galerie Nova à Cracovie vue de l exposition Cmienie, Galerie Nova à Cracovie
vue de l exposition Cmienie, Galerie Nova à Cracovie
vue de l exposition DNSAP, École nationale supérieure des beaux-arts à Paris installation lumineuse, projecteur de diapositives, 2015
vue de l exposition DNSAP, École nationale supérieure des beaux-arts à Paris