Résultats des comptages au chant d oiseaux de montagne Comme chaque printemps, la Fédération des Chasseurs a procédé à des suivis de sites de référence d oiseaux de montagne. Réalisés dans le cadre de l Observatoire des Galliformes de Montagne, ces comptages se déroulent chaque année de la même façon sur les mêmes secteurs, en collaboration avec les chasseurs des ACCA concernées et de l ONCFS. L objectif est d appréhender l évolution des effectifs d oiseaux sur le long terme. LE TETRAS LYRE Deux sites sont suivis en Maurienne par la FDC 73, un sur la commune de St Sorlin d Arves et l autre sur la commune de Bramans. Un autre est suivi conjointement par les deux fédérations des Chasseurs dans le val d Arly. L évolution des effectifs recensés sur ces sites depuis le début est la suivante : 4 Coqs chanteurs sur St Sorlin d'arves 3 3 34 2 2 1 23 21 19 22 24 27 2 29 2 211 2 Sur les années de suivi, les effectifs sont stables, avec un pic en 2 après la bonne année de reproduction de l été 29.
4 4 3 3 2 2 1 Coqs chanteurs sur Bramans 39 37 33 2 2 27 2 21 19 11 2 21 22 23 24 2 2 2 2 2 On constate une chute importante des coqs chanteurs sur ce site depuis 2. Une explication possible est la série de mauvaises reproductions des années précédentes dans la vallée. Malgré la fermeture de la chasse en 211, la baisse se poursuit. 9 7 4 3 2 Coqs chanteurs sur le val d'arly 73 7 7 2 2 3 1 2 9 3 47 37 2 1992 1993 1994 199 199 1997 199 1999 2 21 22 23 24 2 2 27 2 29 2 2 Sur la zone test du Val d Arly, le nombre de coqs est similaire à 211. On constate sur ce massif des variations importantes d effectifs depuis une vingtaine d années. Le G.I.C. du Grand Arc procède également à des comptages de coqs sur le massif depuis une vingtaine d années, voici la courbe de l évolution de ce massif :
Evolution du nombre de coqs recensés sur le massif du Grand Arc sur 2 ans 4 99 7 74 9 2 4 4 4 3 3 33 2 1991 1992 1993 1994 199 199 1997 199 21 22 23 24 2 2 29 2 Quelques années de suivi manquent sur la courbe d évolution mais les comptages de coqs sur le massif du Grand Arc montrent des variations importantes d effectifs sur les deux décennies. Au milieu des années 9, on observe un creux identique à actuellement qui s explique par des mauvaises reproductions. Au début des années 2 en revanche, une succession de bonnes reproductions indiquait un pic d effectifs, notamment après 23, année de la canicule. A voir si dans les années futures, les effectifs de coqs peuvent remonter la pente D autres sites sont suivis par d autres partenaires de l OGM sur le département, voici les résultats de quelques-uns :
4 3 3 2 2 1 Coqs chanteurs en Lauzière 3 37 32 31 34 3 24 2 22 23 23 19 199 199 1997 199 1999 2 22 24 2 2 2 2 Le site de la Lauzière, suivi par l ONF, est globalement stable depuis une quinzaine d années, avec des périodes de haut et de bas. 7 4 Coqs chanteurs sur les Arcs Villaroger (PNV) 71 3 9 3 2 29 2 22 24 2 2 2 2 Le site des Arcs-Villaroger est un des rares sites en augmentation depuis une dizaine d années. COMMENTAIRES Seuls les suivis de longue durée permettent d avoir une vision large de l évolution des populations de tétras lyres. Les massifs qui recensent depuis une vingtaine d années montrent une tendance assez proche : Après une période de creux au milieu des années 9, les effectifs sont remontés avec une pointe au début des années 2. Cette évolution se fait en dents de scie à l inverse des ongulés qui est plutôt linéaire. Une succession de mauvaises reproductions occasionne des chutes de populations comme dans les années 9. A l inverse, l année de la canicule a vu une reproduction record qui a entraîné une remontée rapide des effectifs au milieu des années 2. Cela dit, des cas particuliers existent. D autres facteurs interviennent sur l évolution des populations d un massif qui sont l évolution des habitats.
Les oiseaux sont plus exigeants que les ongulés et la fermeture des habitats de reproduction pour les poules ainsi que les grosses infra structures touristiques diminuent à terme les potentialités pour le tétras lyre. LA PERDRIX BARTAVELLE 3 sites sont suivis au printemps en Savoie : 1 par la FDC 73 sur la commune de Bourg St Maurice et 2 par le PNV sur les communes de Tignes et Aussois. Bartavelles chanteurs sur Bourg St Maurice 1 17 1 1 1 11 4 7 9 11 9 2 2 211 2 29 2 27 2 2 24 23 22 21 2 1999 199 1997 199 199 1994 1993 Bartavelles chanteurs sur Tignes (PNV) 2 2 2 21 1 1 2 21 24 2 27 29 211 4
Bartavelles chanteurs sur Aussois (PNV) 3 2 2 2 2 1 11 4 21 22 24 2 2 27 2 29 2 211 2 Depuis le début des années 2, les 3 sites suivis présentent la même évolution, à savoir un creux au début, un pic en 27/2 et une chute de populations en fin de période. Chez la perdrix bartavelle, les variations de populations sont encore plus marquées que pour le tétras lyre, comme le montre le site de Bourg St Maurice suivi par la FDC 73 sur une vingtaine d années. Espèce en limite d aire de répartition dans les Alpes du Nord, les hivers rigoureux ont raison des oiseaux affaiblis qui ne s enfouissent pas dans la neige pour se protéger du froid comme le font les tétras et lagopèdes. En ce moment, les effectifs sont au plus bas comme à la fin des années 9, après un pic au début de la décennie 9 et dans les années 27/2. LE LAGOPEDE ALPIN 2 sites sont suivis par la FDC 73 et 1 par le PNV en Savoie. 1 site situé en limite de l Isère est également recensé par la FDC 3. Lagopèdes chanteurs sur Ste Foy Tarentaise 1 9 7 4 2 1993 1994 199 199 1997 199 1999 2 22 24 2 2 29 2 2
Contrairement à la perdrix bartavelle, le lagopède alpin se maintient bien sur ce site depuis une vingtaine d années sans grosses variations. En fin de période, les résultats sont même en augmentation. Lagopèdes chanteurs sur le col de la croix de fer (FDC 3) 2 22 2 1 1 9 21 23 27 29 2 211 2 Plusieurs années manquent sur ce secteur qui voit ses effectifs augmenter en fin de période comme sur Ste Foy Tarentaise. Lagopèdes chanteurs au plan du lac (PNV) 4 4 44 42 41 3 3 3 34 32 3 2 31 2 2 1 2 21 22 23 24 2 2 2 211 Ce secteur en zone totalement protégée semble évoluer moins favorablement que les deux autres sites chassés. Pour le lagopède, le faible nombre de sites recensés ne permet pas de dégager des tendances d évolution à grande échelle.
CONCLUSION Ces espèces reliques font l objet de beaucoup d attentions et de suivis depuis un grand nombre d années. Il faut dire que seulement départements français abritent ces oiseaux en France et que la Savoie est très concernée pour le tétras lyre et le lagopède alpin. Selon l Observatoire des Galliformes de Montagne qui centralise tous les résultats de comptage des Alpes, le tétras lyre est en baisse dans les Alpes Internes du Nord et dans les Pré Alpes du Nord au cours de la dernière décennie, seuls les Alpes Internes du Sud sont stables voire en augmentation. La perdrix bartavelle est en augmentation sur la décennie 2, des massifs comme les Préalpes ont même été colonisés. La chute observée en ce moment concerne la décennie 2. Le lagopède alpin, quant à lui, voit ses effectifs stables sur les sites suivis. Philippe AULIAC FDC 73