I. NECESSITE DE LA FILTRATION



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Remarque préliminaire FILTRATION DE L'AIR Nous limiterons ici notre étude aux filtres à média fibreux. Il existe néanmoins d'autres types de filtres tels que les filtres électrostatiques, les filtres à effet photocatalytiques, ou encore les filtres à charbon actif. Il existe également des systèmes de filtration par eau. I. NECESSITE DE LA FILTRATION Pour la santé On trouve dans l'air des bâtiments un certain nombre de polluants qui sont la cause d'un très grand nombre de problèmes respiratoires ( y sont dus près de 50% des congés pour maladie professionnelle selon une étude de l'oms - Organisation Mondiale de la Santé - ). Parmi les polluants les plus courants, on trouve: - Champignons allergogènes 34% - Bactéries allergogènes 9% - Particules de fibres 7% - Fum ée de tabac 4% - Monoxyde de carbone 3% Pour l'industrie La mise en oeuvre de certains processus industriels ou de machines de précisions (micro électronique, industries pharmaceutiques et agroalimentaire) nécessite une protection contre les poussières qui peuvent être à l'origine de graves dysfonctionnement ou malfaçons. Pour les systèmes de conditionnement d'air Les installations de traitement d'air doivent être protégées de l'encrassement et de l'empoussièrement qui nuisent au bon fonctionnement des différents éléments (encrassement des batteries chute du coefficient d'échange) et favorisent la prolifération de gènes nuisibles (champignons, bactéries, virus...). Les dépôts de poussière sont également responsables de la propagation des incendies. Enfin, les rejets d'air vers l'extérieur d'un système doivent être contrôlés dès lors que cet air est en mesure de véhiculer des particules dangereuses (centrales nucléaires, laboratoires confinés). II. CARACTERISTIQUES DES PARTICULES II.1. NATURE On classe généralement les polluants en 2 grandes catégories: - Particules inertes Minérales ou chimiques, elles ne se reproduisent pas. Leur origine est naturelle (érosion, éruptions volcaniques...etc.), ou liée à l'activité humaine (combustions, exploitations minières ou agricoles, industries métallurgiques...etc.). Ex: cendres, fumées, suie, poussières, amiante, molécules gazeuses... Chap6: Filtration de l'air 1

- Particules viables ou biologiques Lorsque les conditions de leur développement sont réunies (nourriture+conditions climatiques), ces partic ules sont susceptibles de se reproduire. On peut les classer en 3 catégories: o Pathogènes (organismes pouvant induire des modifications ou manifestations nuisibles chez un être vivant) o Opportunistes (leur risque d'action pathogène dépend de la fragilisation du sujet ou de son état de réceptivité) o Sacrophytes ou commensales (organismes pouvant vivre et se développer chez un être vivant sans entraîner de manifestations pathologiques) Quelques exemples: acariens, spores, bactéries, virus II.2. TAILLE DES PARTICULES Remarques Les bactéries dont la taille est pratiquement toujours inférieure à 0,1[µm] sont présentes dans l'air à une concentration numérique qui est de l'ordre de 1/10000 ème de la concentration particulaire. L'amiante se présent sous forme de bâtonnets cylindriques de 1 à 10 [µm] de long et de 0,02 à1[µm] de diamètre. II.3. CONCENTRATION Il apparaît clairement que le nombre de particules (de même que leur nature) varie avec la situation géographique et l'activité du lieu. Valeurs indicatives des concentrations globales de poussière - Zone rurale 0,01 mg/m 3 à 0,15 mg/m 3 - Zone urbaine 0,1 mg/m 3 à 0,75 mg/m 3 - Zone industrielle 0,5 mg/m 3 à 3 mg/m 3 Chap6: Filtration de l'air 2

II.4. REPARTITION Le diagramme de Whitby permet d'apprécier la répartition des poussières dans l'air atmosphérique selon 3 méthodes (qui aboutissent à des résultats très différents et qui ne peuvent, de ce fait, pas être comparées): 1. Répartition en nombre Comptées au microscope électronique, le diagramme indique que 99,9% des particules d'un volume d'air donné ont un diamètre inférieur à 1[µm]. 2. Répartition en surface Cette méthode permet de juger de l'effet de salissement provoqué des poussières: l'ombre des particules est projetée sur une surface plane; on observe qu'environ 85% de la surface obtenue est due à des parti cules dont le diamètre est inférieur à 1[µm]. 3. Répartition en masse Ainsi, on constate sur la courbe n 3 (poids) que la masse des particules de diamètre inférieure à 1[µm] représente 27% de la masse totale des particules. Ces pourcentages en poids sont mesurés par sédimentation. Rappel sur la sédimentation La sédimentation des particules correspond à la chute des particules par gravité. 0,1 µm 1 µm 10 µm 25 µm Pas de sédimentation (mouvement brownien) Sédimentation lente, les particules restent en suspension dans les courants d air Sédimentation à vitesse moyenne Sédimentation rapide L'intérêt est du diagramme de Whitby est de prévoir l'action d'un filtre. Par exemple, si on met en place un filtre qui intercepte toutes les particules supérieures à 1 µm, on va capter 73% de la masse globale des particules mais seulement 0,1% en nombre. Chap6: Filtration de l'air 3

III. PRINCIPE DE LA FILTRATION Média: support sur lequel va se faire la filtration. Il existe 4 mécanismes principaux qui décrivent l arrêt des particules par les fibres du média. Effet Tamisage Les particules d un diamètre supérieur à la distance entre deux fibres ne peuvent pas passer. Effet d inertie Les particules lourdes ont une force d inertie trop grande pour pouvoir accompagner le courant d air quand celui-ci s incurve autour d une fibre. Les particules suivent leur direction d origine et s attachent à la fibre à l endroit de l impact, soit par adhésivité physique, soit par adhésivité électrique (forces de Van der Waals). Effet d interception Les particules légères accompagnant le courrant d air sont interceptées si leur centre passe à une faible distance de la fibre. Effet de diffusion Les particules dont le diamètre est inférieur à 1µm ont un mouvement vibratoire dû au mouvement brownien des molécules de l air et se fixent sur les fibres si elles entrent en contact. Remarque En filtration, on essaie surtout de retenir les particules de petites dimensions. On doit donc veiller à privilégier les mécanismes d interception et de diffusion. Pour cela, on réduit la vitesse de l air dans les médias fibreux pour augmenter la probabilité du contact particule/fibre. Dans ces conditions, les particules plus grosses sont arrêtées sans risque de "re-largage". Chap6: Filtration de l'air 4

Nous pouvons, en cumulant les 4 effets, tracer la courbe d efficacité d un filtre en fonction de la taille des particules. Le minimum d efficacité est caractérisé par le MPPS qui correspond donc de fait à la taille des particules les plus pénétrantes. La MPPS (Most Penetrating Particle Size) représente la dimension particulaire la plus difficile à arrêter. IV. CARACTERISTIQUES DES FILTRES Afin de sélectionner correctement un filtre, on est amené à déterminer des paramètres caractéristiques qui rendent compte de l action de chaque filtre : IV.1. L EFFICACITE L efficacité d un filtre représente la variation de particule entre l amont et l aval du filtre par rapport à la concentration initiale. C L efficacité d un filtre est égale à: 0C C E= L Avec: C0: Concentration particulaire en amont ; CL: Concentration particulaire en aval. 0 NB: L efficacité d un filtre est liée à la méthode employée pour effectuer sa mesure. Il faut donc préciser lorsque l on donne une efficacité la méthode qui a permis de déterminer sa valeur. Chap6: Filtration de l'air 5

IV.2. PERTE DE CHARGE Le filtre est un élément qui évidemment oppose une résistance à l écoulement de l air. Au fur et à mesure de son utilisation le filtre va s encrasser. Son colmatage progressif fait croître sa perte de charge mais aussi son efficacité. La durée de vie d un filtre sera fonction de sa perte de charge maximum admissible (ou perte de charge limite). Lors de la maintenance, on aura toujours affaire avec un compromis entre le coût d un nouveau filtre et la consommation énergétique de l installation. V. CLASSIFICATION DES FILTRES V.1. PRESENTATION DES DIFFERENTES METHODES DE MESURE Il existe 4 méthodes retenues par l'afnor et EUROVENT, qui se distinguent notamment par l'aérosol employé. Méthode Gravimétrique (ASHRAE) Opacimétrique (ASHRAE) Photométrique Fluorométrique Type d'aérosol Synthétique Atmosphérique Particules solides de chlorure de sodium Particules solides d'uranine NB: Un aérosol est la phase pseudo-homogène constituée par les particules en suspension (non sédimentée) avec l'air ou le gaz support. Remarque sur les méthodes ASHRAE 1. La méthode gravimétrique est utilisée pour les filtres à moyenne efficacité: elle correspond à la mesure de la masse de particule piéger par le filtre. C est donc une efficacité pondérale. Du fait de la répartition du poids des particules sur le diagramme de Whitby, on comprend facilement que cette efficacité sera élevée, même si le filtre n arrête que les grosses particules. 2. La méthode opacimétrique détermine l'efficacité des filtres à haute efficacité: la poussière atmosphérique, prélevée au moyen des deux sondes de prélèvement identiques, placées en amont et en aval du filtre à l essai, est recueillie sur deux disques de papier filtre à très haute efficacité. Au moyen d un opacimètre, on mesure l opacité des dépôts de poussière sur les deux disques de papier. C est donc une efficacité basée sur la surface projetée des poussières. Le test de l efficacité opacimétrique est basé sur le noircissement de deux disques témoins. C est une méthode équivoque. Toujours d après le diagramme de Whitby, on se rend compte qu une efficacité opacimétrique élevée traduit le pouvoir d arrêt d un filtre même pour des petites particules. NB: Le test opacimétrique traditionnel est remplacée depuis 2003 (réforme de la norme E779) par un test au DEHS à 0,4µm (brouillard d'huile de paraffine). Chap6: Filtration de l'air 6

V.2. CLASSIFICATION La norme EN 779 définit neuf efficacités de filtre : Norme EN 779-2003 Groupe de filtre Classe de filtre Grossier (gravimétrique) Fin (Opacimétrique) Efficacité gravimétrique minimale Efficacité opacimétrique (DEHS à 0,4µm de puis 2003) G1 50% G2 65% EU2 G3 80% EU3 G4 90% EU4 F5 40% 40 = E < 60 % EU5 F6 60% 60 = E < 80 % EU6 F7 80% 80 = E < 90 % EU7 F8 90% 90 = E < 95 % EU8 F9 95% E >= 95 % EU9 Eurovent (ancien) La norme EN 1882 de 1995 qui définit le protocole d essai des filtres à haute et ultra efficacité : On génère un brouillard de particule de taille comprise entre 0,1 et 0,2 µm. On réalise un comptage particulaire en amont et en aval du filtre et on en déduit la taille de particule la plus pénétrante ainsi que son efficacité minimum pour cette taille de particule. La norme EN 1882 définit huit efficacités de filtre : Norme EN 1882 Groupe de filtre Classe de filtre Haute efficacité HEPA Ultra efficacité ULPA Efficacité minimale H 10 85% EU10 H 11 95% EU11 H 12 99,5% EU12 H 13 99,95% EU13 H 14 99,995% EU14 U 15 99,9995% U 16 99,99995% U 17 99,999995% Eurovent (ancien) Remarques: La pénétration P d'un filtre correspond au rapport des concentration aval/amont; on a donc P=1-E, où E est l'efficacité du filtre. Le coefficient d'épuration correspond à l'inverse de la pénétration soit D=1/P. Il est très difficile de comparer les différentes méthodes car il n'y a pas de relation d'équivalence entre elles de sorte le tableau ci-dessous ne sera à considérer qu'à titre indicatif, d'autant que la classe de filtre EU pour Eurovent est une ancienne norme qui a été remplacée par les normes précédemment décrites. Cf. tableau ci-après. Chap6: Filtration de l'air 7

Chap6: Filtration de l'air 8

VI. TECHNOLOGIE DES FILTRES Classe Efficacité Technologie S S D F Vitesse de l air dans le média (m/s) APPLICATION G1 à G4 Moyenne Efficacité Gravimétrique EG G1: EG<65% G2: 65%< EG <80% G3: 80%< EG <90% G4: 90%< EG Plan Multiplans Ondulés 1 2 à 3 3 à 7 1 à 3 0,8 à 1,25 0,8 à 1,25? Installation de conditionnement d air (prix modique)? Pré filtrage F5 à F9 Haute Efficacité Opacimétrique EO F5: 40%<EO<60% F6: 60%< EO <80% F7: 80%< EO <90% F8: 90%< EO <95% F9:95%< EO H10 à H14 Très haute MPPS de 85 à 99,995% U15 à U17 Ultra Haute Filtres "absolus" MPPS de 99,9995 à 99,999995% A poches Ondulés A petits plis A plis profonds A plis profonds A petits Plis 12 à 31 2 à 5 50 à 78 24 à 39 50 à 89 61 à 116 0,1 à 0,2 0,5 à 0,8 0,05 0,08 à 0,1 0,025 à 0,04 0,025 à 0,04? Installation de climatisation ou la protection contre la pollution doit être efficace (hôpitaux, salles informatiques...)? Salle blanche, salle stérile? Filtration de l air extrait de locaux à risques d émanations de particules toxiques Avec: S S D = F Surface Développée Surface Frontale Remarque: Les groupes G (filtres grossiers, méthode gravimétrique) et F (filtres fins, méthode opacimétrique) sont définis par la norme européenne EN 779. Les groupes H (haute efficacité) et U (Ultra haute efficacité) sont définis par la norme européenne EN 1882 de 1995 qui définit le protocole d'essai des filtres à haute et ultra haute efficacité: on génère un brouillard de particule de taille comprise entre 0,1 et 0,2 µm. On réalise un comptage particulaire en amont et en aval du filtre et on en déduit la taille de particule la plus pénétrante ainsi que son efficacité minimum pour cette taille de particule. Chap4: Filtration de l'air 9

Filtre à moyenne efficacité Filtre à haute efficacité Filtres à très haute efficacité Chap4: Filtration de l'air 10

BTS FEE 1 ère Année Cours de Climatisation VII. LA CHAINE DE FILTRATION L'objectif dans une chaîne de filtration sera toujours de protéger les filtres du colmatage par d'autres filtres d'efficacité moindre. Remarque: Pour le maître d'œuvre d'une installation de climatisation, la filtration peut être une opération fondamentale ou accessoire en fonction de l'objectif recherché. On distingue 2 types de filtration: la filtration en climatisation de confort et la filtration en des salles "blanches" ou "propres" VII.1. FILTRATION EN CLIMATISATION DE CONFORT Objectif Dans ce type d'installation, le filtre concourt au bon fonctionnement de l'installation en évitant son empoussièrement trop rapide (notamment au niveau des batteries). Le choix des filtres sera fait en fonction: - du débit d'air - du type d'installation - du coût d'exploitation Choix et implantation des filtres Il est conseillé de prévoir (pour une centrale classique): 1. Un filtre de premier rang (entrée de centrale): efficace pour protéger les équipements dont l'efficacité opacimétrique EO doit au minimum être de 50% (EU5) et si possible plus de 85% (EU7).Pour les sites très pollués, un filtre sur l'air neuf est à prévoir. 2. Un filtre finisseur (en sortie de centrale, voire à chaque point de soufflage), si possible de classe EU9 (EO=95%). 3. Un filtre placé sur la reprise d'air d'efficacité minimale (EU6), puisque l'air repris est généralement très pollué. Chap4: Filtration de l'air 11

BTS FEE 1 ère Année Cours de Climatisation Exemple Schéma repris sur le catalogue CAMFIL Maintenance Lorsque le filtre s'encrasse (colmatage), sa perte de charge augmente ce qui réduit le débit d'air. On se fixe donc une perte de charge acceptable (environ 10%) et le remplacement est effectué lorsque cette limite est atteinte. La mesure est réalisée par un manomètre différentiel ou un pressostat (pour la télégestion). Remarque: Cette méthode est préférable au remplacement périodique (moins coûteuse et plus efficace) puisqu'elle tient compte des conditions d'utilisation réelles (encrassement plus ou moins rapide en fonction de la qualité de l'air qui est variable). Chap4: Filtration de l'air 12

BTS FEE 1 ère Année Cours de Climatisation VII.2. FILTRATION DANS L ULTRA PROPRETE Définition d'une salle propre Une salle "propre" est un enceinte délimitée dans laquelle on contrôle la pollution particulaire du volume gazeux qui s'y trouve. On y contrôle la température, l'hygrométrie et la pression de même que tout autre paramètre défini. Les salles propres doivent remplir 2 fonctions: 1. Constituer une barrière physique entre le milieu propre et son environnement et réduire l'entrée des particules (cloison étanche + surpression + sas d'accès). 2. Réduire le nombre de particule à l'intérieur (filtration). On distingue 2 types de salles propres: A flux turbulent (classes 100000 à 10000 cf. ci-après) A flux turbulent (classes 100000 à 10000 cf. ci-après) Chap4: Filtration de l'air 13

BTS FEE 1 ère Année Cours de Climatisation Classes d'empoussièrement Afin de répondre au besoin de la maîtrise de l'environnement de production, une définition normalisée de la qualité de l'air ambiant a été défini. La classe d'empoussièrement correspond au nombre de particules de taille supérieure ou égale à 0,5µm présente dans un volume pied-cube (soit environ 0,283 litres). Ainsi la classe 10000 correspond à une quantité maximale de 10000 particules de taille supérieure ou égale à 0,5mm dans un échantillon de 0,283 litres d'air. Issu d'un document RGF réalisé par l'aspec NB: ASPEC=ASsociation pour la Prévention et l'etude de la Contamination Dans la pratique, la classe d'empoussièrement est mesurée au cours d'un comptage particulaire. Les mesures doivent se situer sous les ligne de classe représentées dans le diagramme logarithmique situé ci-dessous. Chap4: Filtration de l'air 14

BTS FEE 1 ère Année Cours de Climatisation Exemples de cas (extraits du catalogue CAMFIL) A flux turbulent (classes 100000 à 10000 cf. ci-après) Chap4: Filtration de l'air 15

BTS FEE 1 ère Année Cours de Climatisation A flux turbulent (classes 100000 à 10000 cf. ci-après) Chap4: Filtration de l'air 16