PACES - Année 2014-2015 UE 7 : Santé Société Humanité Concours blanc du 13 avril 2015 Durée de l épreuve : 2 heures Nom : Prénom : Numéro d anonymat : Vous disposez de deux documents : Ce fascicule comportant 9 QROC, à rendre en fin d épreuve. o Pour chaque question, répondre brièvement dans l espace pré-défini. o La notation tiendra compte de la présence des idées clées ainsi que du soin, de l expression et de l orthographe. Un fascicule comportant 40 QCMs. Pour chaque question, répondre vrai ou faux à chacun des items. La calculette est interdite. Ce fascicule est imprimé recto/verso. Ce questionnaire sera ramassé en fin d épreuve.
Que faire des embryons congelés? Texte modifié à partir de l article de bioéthique.net du 03 juin 2013. La fécondation in vitro conduit à «produire» en France des milliers d embryons surnuméraires qui restent congelés dans l attente de la décision de leurs géniteurs. Des vies suspendues dans l azote liquide dont les stocks ne cessent de grossir. Un vrai dilemme éthique. En France, 171 000 embryons humains étaient conservés dans les cuves d azote liquide des Centres d étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos) français le 31 décembre 2010, selon le rapport annuel de l Agence de biomédecine. Les embryons conçus en laboratoire par les techniques d assistance médicale à la procréation (AMP) ne sont pas tous transférés dans l utérus de la future mère. En général, trois embryons au maximum sont transférés, entre deux et cinq jours après la fécondation in vitro (FIV), afin de limiter les risques de grossesses multiples. Ceux qui restent et qui sont viables sont congelés en vue d un transfert ultérieur. Ainsi, un couple faisant appel à la FIV à une forte probabilité d avoir des embryons congelés et leur avenir pose des questions difficiles à résoudre. 19 embryons pour une naissance Pour faire naître environ 14 000 enfants conçus par fécondation in vitro chaque année, il faut concevoir 270 000 embryons. En effet, lors d une fécondation in vitro, une dizaine d ovocytes sont ponctionnés chez la mère et mis en contact avec les spermatozoïdes, ce qui aboutit en moyenne à la production de cinq embryons viables par FIV. Et comme quatre tentatives de FIV sont nécessaires en moyenne on aboutit à une statistique de 19 embryons conçus pour une naissance. Les embryons non implantés chez la mère, appelés pudiquement «embryons surnuméraires», sont congelés dans l azote à liquide à - 196 C. La plupart sont destinés à être décongelés et transférés pour les couples qui vont poursuivre leur parcours en AMP dans les mois ou années suivantes. Et quand le couple se sépare ou ne désire plus d enfants, que faire de ces embryons? Quelques pistes de réflexion éthique Utiliser les embryons pour la recherche? Certains couples qui ne souhaitent plus avoir d enfant s orientent vers cette option, pour que leurs embryons ne soient pas «inutiles». Ce que refusent beaucoup de parents pour un motif éthique : pour eux, cela équivaudrait à traiter ces embryons comme un simple matériel de laboratoire, une matière organique que l on utiliserait au gré des besoins de la science. Cette «utilisation» conduit en effet à les détruire et donc à leur ôter la vie. Donner ses embryons à un couple stérile? Les couples qui ont des embryons congelés, qui ne veulent plus d enfants, le plus souvent parce qu ils ont eu les enfants qu ils souhaitaient, peuvent les céder pour le don. Le couple donneur est alors reçu en entretien avec le médecin du centre CECOS où leurs embryons sont conservés. 2
Les deux conjoints doivent donner leur accord et signer un formulaire de consentement, dans lequel la règle de l anonymat réciproque est clairement énoncée. Il devra ensuite confirmer sa décision par un courrier, adressé au moins trois mois après l entretien. Mais tout n est pas aussi simple. Un article du Monde daté du 23 mars 2013 révèle que ces couples redoutent d avoir un enfant «dans la nature» : «L idée qu il puisse exister un enfant de nous ailleurs était inconcevable, exprime une mère. Je me serais aussi toujours demandée s ils ont été bien accueillis. «D autres redoutent des rencontres entre frères et sœurs qui s ignorent. «Les lois changent, je craignais qu ils ne recherchent un jour leur origine», ajoute Caroline, 42 ans. Poursuivre la conservation? Alors beaucoup se résignent à prolonger chaque année leur conservation. Parmi les «projets parentaux en cours», selon les termes de l Agence de biomédecine, une bonne partie concerne des couples indécis depuis des années et n aboutira jamais à une grossesse. Sans parler de ceux qui ont divorcé ou déménagé et ne donnent plus de nouvelles. C est ainsi que près de 30 000 embryons sont en quelque sorte orphelins, les «stocks» ne cessent de grossir et de plus en plus d «œufs» sont considérés comme «abandonnés», révèle Le Parisien dans un article paru en mai 2011. Sur le plan éthique, cette conservation prolongée des embryons congelés est problématique. Le maintien des embryons par cryoconservation dans un état d animation suspendue n est-elle pas une offense à leur dignité en tant qu individu? Les laisser mourir après décongélation? Certains comparent le statut des embryons cryoconservés, orphelins, et voués à la destruction analogue à celui des patients en fin de vie qui sont soumis à un acharnement thérapeutique. En effet, dans un document très argumenté sur ce sujet, Mgr Jacques Suaudeau, docteur en médecine et en théologie, compare le congélateur dans lequel les embryons sont cryoconservés aux moyens qui caractérisent l acharnement thérapeutique, en fin de vie : arrêter la cryoconservation des embryons, qui les maintient dans une situation artificielle et indigne de vie suspendue, pourrait être considéré comme licite et juste. Il s agirait donc, dans cette perspective, de «laisser mourir» ces embryons maintenus artificiellement en survie et qui ne peuvent être accueillis dans leur lieu naturel de développement, l utérus de leur mère biologique. Pas vraiment de bonne solution Finalement, s il n y a pas unanimité en ce qui concerne la solution à proposer pour résoudre ce problème posé par la situation de ces embryons, c est peut-être parce qu il n y a pas en fait de «bonne solution» à ce dilemme éthique. Une piste de réflexion pourrait être d encourager un projet de loi qui viserait à limiter la pratique de production embryonnaire. 3
A partir des éléments du texte ci-dessus et de votre enseignement de «Sciences Humaines et Sociales», répondez aux questions suivantes : Q1. Quel est le statut juridique de l embryon et du foetus? Comment la CCNE tente t- elle d y remédier? Q2-1. Quelles lois protègent l embryon? Q2-2. Pourquoi les lois de protection des personnes ne concernent-elles pas l embryon et le foetus? Q2-3. Citez et décrivez une affaire juridique qui illustre le principe..... Q3. Les embryons congelés peuvent-ils être qualifiés d individus au sens premier du terme? Pourquoi?...... 4
Q4. A quel concept fait référence la phrase Les couples qui ont des embryons congelés, qui ne veulent plus d enfants? A quel raisonnement, autre que le don, celui-ci conduit-il?.... Q5. En 2005, la justice a statué sur une affaire relative à des embryons décongelés. Rappelez brièvement l affaire et les conclusions de la Cour d Appel de Douai...... Q6. Pourquoi parle t-on aujourd hui de redécouverte de l embryon?.. 5
Q7. Expliquez le raisonnement du Mgr Jacques Suaudeau qui compare patients en fin de vie et embryons en vous aidant de la définition de l acharnement thérapeutique... Q8. Le don d embryons congelés peut s assimiler à une greffe. Citez les cinq grands principes qui régissent la greffe en France....... Q9. Que sont devenus morale, sciences (rappeler les 3 T) et famille au postmodernisme?.. 6