Séance 2 et 3 : «Le sel dans les océans»



Documents pareils
EXERCICE II. SYNTHÈSE D UN ANESTHÉSIQUE : LA BENZOCAÏNE (9 points)

LABORATOIRES DE CHIMIE Techniques de dosage

Mesures calorimétriques

Fiche de révisions sur les acides et les bases

(aq) sont colorées et donnent à la solution cette teinte violette, assimilable au magenta.»

TS1 TS2 02/02/2010 Enseignement obligatoire. DST N 4 - Durée 3h30 - Calculatrice autorisée

259 VOLUMETRIE ET TITRATION DOSAGE DU NaOH DANS LE DESTOP

Synthèse et propriétés des savons.

10 en agronomie. Domaine. Les engrais minéraux. Livret d autoformation ~ corrigés. technologique et professionnel

TECHNIQUES: Principes de la chromatographie

FICHE 1 Fiche à destination des enseignants

Rappels sur les couples oxydantsréducteurs

pka D UN INDICATEUR COLORE

DÉTERMINATION DU POURCENTAGE EN ACIDE D UN VINAIGRE. Sommaire

THEME 2. LE SPORT CHAP 1. MESURER LA MATIERE: LA MOLE

La fonte des glaces fait-elle monter le niveau de la mer?

Titre alcalimétrique et titre alcalimétrique complet

Physique Chimie. Réaliser les tests de reconnaissance des ions Cl -,

TS 31 ATTAQUE DE FOURMIS!

BAC BLANC SCIENCES PHYSIQUES. Durée : 3 heures 30

TP : Suivi d'une réaction par spectrophotométrie

EXERCICE 2 : SUIVI CINETIQUE D UNE TRANSFORMATION PAR SPECTROPHOTOMETRIE (6 points)

TPG 12 - Spectrophotométrie

Où sont les Hommes sur la Terre

Vitesse d une réaction chimique

BREVET DE TECHNICIEN SUPÉRIEUR QUALITÉ DANS LES INDUSTRIES ALIMENTAIRES ET LES BIO-INDUSTRIES

C2 - DOSAGE ACIDE FAIBLE - BASE FORTE

SP. 3. Concentration molaire exercices. Savoir son cours. Concentrations : Classement. Concentration encore. Dilution :

Metrohm. ph-mètre 780 ph-/ionomètre 781. Un nouveau concept qui fait référence. Analyse des ions

Exemple de cahier de laboratoire : cas du sujet 2014

Suivi d une réaction lente par chromatographie

Comment suivre l évolution d une transformation chimique? + S 2 O 8 = I SO 4

4. Conditionnement et conservation de l échantillon

Solutions pour le calibrage et l entretien Gamme complète d accessoires indispensables

Perrothon Sandrine UV Visible. Spectrophotométrie d'absorption moléculaire Étude et dosage de la vitamine B 6

CHAPITRE 6 : LE RENFORCEMENT DU MODELE PAR SON EFFICACITE PREDICTIVE

ACIDES BASES. Chap.5 SPIESS

BTS BAT 1 Notions élémentaires de chimie 1

SUIVI CINETIQUE PAR SPECTROPHOTOMETRIE (CORRECTION)

Sujet. calculatrice: autorisée durée: 4 heures

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Spectrophotomètre à réseau

Exercices sur le thème II : Les savons

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

Chapitre 7 Les solutions colorées

UNEP /UNESCO /UNCH / ECA

CODEX ŒNOLOGIQUE INTERNATIONAL. SUCRE DE RAISIN (MOUTS DE RAISIN CONCENTRES RECTIFIES) (Oeno 47/2000, Oeno 419A-2011, Oeno 419B-2012)

Plate forme de modélisation en vue de la prédiction de la durée de vie des bétons vis-à-vis de la pénétration d agents agressifs

BACCALAURÉAT GÉNÉRAL PHYSIQUE-CHIMIE

TP 3 diffusion à travers une membrane

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

Les solutions. Chapitre 2 - Modèle. 1 Définitions sur les solutions. 2 Concentration massique d une solution. 3 Dilution d une solution

TRAVAUX PRATIQUESDE BIOCHIMIE L1

33-Dosage des composés phénoliques

Chapitre 11: Réactions nucléaires, radioactivité et fission

Annexe III du Protocole au Traité sur l'antarctique, relatif à la protection de l'environnement Elimination et gestion des déchets

Meine Flüssigkeit ist gefärbt*, comme disaient August Beer ( ) et Johann Heinrich Lambert ( )

Chap 1: Toujours plus vite... Introduction: Comment déterminer la vitesse d une voiture?

CORRECTION EVALUATION FORMATIVE TEST DE NIVEAU Date : PROMOTION :

Risques psychosociaux et petites entreprises Outil "Faire le point"

Une solution parfaitement adaptée

PRISE EN MAIN DU SPECTROPHOTOMETRE UV-VISIBLE SHIMADZU U.V. 240

Le séchage des ateliers :

ANALYSE SPECTRALE. monochromateur

Décrets, arrêtés, circulaires

La spectrophotométrie

L inégale répartition de l énergie solaire est à l origine des courants atmosphériques

Séquence 5 Réaction chimique par échange de protons et contrôle de la qualité par dosage

Site : mail : mennier@isnab.fr SUJET ES - session 2003 Page 1 68-(7(6VHVVLRQ

Le confort toute l année

Séquence 4. Comment expliquer la localisation des séismes et des volcans à la surface du globe?

Traitement des sols fins compactés : contribution à la reconnaissance des conditions défavorables

1 ère partie : tous CAP sauf hôtellerie et alimentation CHIMIE ETRE CAPABLE DE. PROGRAMME - Atomes : structure, étude de quelques exemples.

Mesures et incertitudes

A chaque couleur dans l'air correspond une longueur d'onde.

Chapitre 7 - Relativité du mouvement

Correction ex feuille Etoiles-Spectres.

Session 2011 PHYSIQUE-CHIMIE. Série S. Enseignement de Spécialité. Durée de l'épreuve: 3 heures 30 - Coefficient: 8

L eau dans le corps. Fig. 6 L eau dans le corps. Cerveau 85 % Dents 10 % Cœur 77 % Poumons 80 % Foie 73 % Reins 80 % Peau 71 % Muscles 73 %

PHYSIQUE-CHIMIE DANS LA CUISINE Chapitre 3 : Chimie et lavage

Olympiades de chimie : chimie et habitat

PARTIE 7: ICEMATIC PARTIE 7: ICEMATIC ICEMATIC. Types de glace. Machines à glaçons. Machines à glace en grains. Silos. Crushers. Titel. Titel.

Produits pour hygiène en cuisine nettoyage de bâtiments détergents pour textiles

Variotec 150/GV. La ferrure. Domaine d'utilisation. Données spécifiques HAWA-Variotec 150/GV. Exemples de construction. Entailles du verre.

enquête pour les fautes sur le fond, ce qui est graves pour une encyclopédie.

AGREGATION DE BIOCHIMIE GENIE BIOLOGIQUE

Sartorius DocuClip & Docu-pH Meter. La nouvelle référence pour des analyses électrochimiques sûres

Note technique. Consommation électrique d'un poêle à granulés à émission directe

Acides et bases. Acides et bases Page 1 sur 6

Des molécules hydrophobes dans l eau

Savoir écouter, assimiler : s approprier

Rôle des nuages dans l'anomalie de température de l'hiver 2007 en Europe

β-galactosidase A.2.1) à 37 C, en tampon phosphate de sodium 0,1 mol/l ph 7 plus 2-mercaptoéthanol 1 mmol/l et MgCl 2 1 mmol/l (tampon P)

Fonctions homographiques

DM n o 8 TS Physique 10 (satellites) + Chimie 12 (catalyse) Exercice 1 Lancement d un satellite météorologique

Plate-formes inclinées SUPRA & SUPRA LINEA

SESSION 2013 ÉPREUVE À OPTION. (durée : 4 heures coefficient : 6 note éliminatoire 4 sur 20) CHIMIE

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

Science et technologie : Le truc de Newton

Transcription:

Séance et 3 : «Le sel dans les océans» I. Circulation thermohaline et climat, Activité découverte Document 1 : «La circulation océanique» La salinité et la température de l eau varient d un point à l autre. Les masses d eau circulent dans l océan mondial en se mélangeant très peu les unes aux autres. De ce fait, leur température et leur salinité évoluent très lentement et servent aux océanographes pour tracer la provenance de ces masses d eau. L eau océanique est entraînée dans de grands courants qui mettent en jeu une énergie cinétique considérable. L essentiel de cette énergie se trouve dans les courants de surface (généralement moins d un kilomètre d épaisseur), dont le moteur est le vent. Chaque grand bassin océanique est le siège d un courant tournant (à cause de la force de Coriolis) le long de son pourtour : dans le sens des aiguilles d une montre dans l hémisphère Nord; dans le sens inverse dans l hémisphère Sud. Un courant important, également causé par le vent, fait le tour du continent antarctique. La salinité et la température de l eau étant variables d une masse d eau à l autre, il en résulte des différences de densité entre ces masses. Ces différences sont la cause d une autre circulation, profonde, appelée circulation thermohaline : dans la mer de Norvège, mais aussi autour de l Antarctique, les eaux deviennent très froides. Une partie de l eau gèle (vers - 1,8 C) pour donner la glace de mer (banquise), et, ce faisant, expulse son sel, qui augmente la salinité de l eau liquide. Cette eau va ensuite parcourir un grand périple au fond de l ensemble de l océan mondial. À la faveur des remontées d eau froide profonde, produites par la diffusion vers les masses plus chaudes ou causées par le vent sur certains bords de côtes ou dans la zone équatoriale, ces eaux vont remonter vers la surface où elles se réchaufferont. Elles seront prises par la circulation de surface et finalement ramenées dans les zones de formation d eau profonde, après un périple pouvant durer 1 000 ans. D après : http://www.cea.fr/jeunes/themes/le_climat/le_climat/la_machine_climatique_-_eme_partie

Document : «Salinité et température à la surface de l océan atlantique» D après http://bulletin.mercator-ocean.fr Document 3 : «Variation de la masse volumique de l eau avec la température et la salinité» 1. Pourquoi la solidification de l eau de mer ne se produit pas vers 0 C, comme pour l eau douce?. Lors de la formation de la glace de mer, comment évolue la densité de l eau qui se trouve sous la banquise? 3. Interprétez la plongée des eaux de mer observée dans le nord de l océan Atlantique. 4. La température hivernale moyenne est beaucoup plus faible à Montréal (Amérique du Nord) qu à Bordeaux (Europe de l Ouest), deux villes portuaires pourtant situées à la même latitude (environ 45 N). a. Comparer la température et la salinité des eaux de mer à proximité de ces deux villes. b. Quelle(s) hypothèse(s) formuler pour expliquer les différences constatées? 5. Pourquoi est-ce important de connaître la salinité de l eau de mer?

Remarque importante : la salinité d une eau de mer est la masse d espèces solides ioniques dissoutes dans 1 kg d eau. C est une information utile aux océanographes et aux climatologues. II. Salinité et chlorinité : quelle différence? Analyse du problème Dans l eau de mer les proportions relatives des espèces dissoutes restent quasiment constantes quelques soit la salinité. Le tableau ci-dessous indique les masses des principales espèces ioniques présentes dans une eau de mer de salinité S = 35 g.kg -1. Les valeurs sont exprimées en g.kg -1. La chlorinité (Ch) caractérise la masse totale des ions halogénures dans l eau. Elle est exprimée également en gramme par kilogramme d eau. 1. Comment la mesure de la chlorinité d une eau permet-elle de connaître sa salinité? La question qui se pose maintenant est la suivante : quelle technique expérimentale utiliser pour déterminer la chlorinité d une eau? Expérience préliminaire Précipitation du chlorure d argent Dans un tube à essai, introduire environ ml de solution aqueuse de chlorure de sodium, Na + (aq) + Cl - (aq) de concentration en soluté apporté C 1 = 5,0 x 10 - mol.l -1. Ajouter quelques gouttes de solution aqueuse de nitrate d argent (I), Ag + (aq)+ NO3 - (aq), de concentration en soluté apporté C =,5 x 10 - mol.l -1. Conserver le mélange A obtenu. 1. Noter vos observations. Écrire l équation de la réaction chimique mise en jeu dans cette expérience. 3. Peut-on utiliser les ions argent pour doser les ions chlorure? Que nous manque-t-il? Précipitation du chromate d argent Dans un autre tube à essais, verser ml de solution aqueuse de chromate de potassium, K + (aq) + CrO 4 - (aq), de concentration massique 50 g.l -1. Ajouter quelques gouttes de solution aqueuse de nitrate d argent (I). Conserver le mélange B obtenu. 4. Notez vos observations. 5. Écrire l équation de la réaction chimique mise en jeu.

Précipitation préférentielle Dans le mélange A, ajouter quelques gouttes de solution de chromate de potassium. Agiter. Dans le mélange B, ajouter quelques gouttes de solution de chlorure de sodium. Agiter Dans un troisième tube à essai, verser ml de solution de chlorure de sodium et quelques gouttes de solution de chromate de potassium. Ajouter alors goutte à goutte et en agitant la solution de nitrate d argent (I). 6. Notez vos observations, notamment quand le deuxième précipité apparaît. Pourquoi parle-t-on de précipitation préférentielle? 7. Quel rôle peut donc jouer le chromate de potassium? 8. A l instant où le précipité de chromate d argent apparait quelle relation existe-t-il entre la quantité de matière n Cl- des ions Cl - initialement présents dans le tube à essai et la quantité de matière n Ag+ des ions argent ajoutés? 9. Soient C la concentration de la solution de chlorure de sodium utilisée, V le volume de la solution de chlorure de sodium utilisée, C Ag+ la concentration de la solution de nitrate d argent utilisée, V Ag+ de solution de nitrate d argent versée à l apparition du précipité de chromate d argent. Quelle relation lie-t-elle ces 4 grandeurs? III. Détermination de la chlorinité d une eau de mer, Activité expérimentale Nous allons utiliser les paragraphes précédents pour doser une eau de mer de concentration inconnue C en ions halogénure : réaliser un dosage consiste à déterminer la concentration d une espèce chimique dissoute. Cette notion sera revue en enseignement spécifique. Différentes techniques de dosage existent ; nous allons utiliser ici une méthode de titrage, c est-à-dire une technique utilisant une réaction chimique (la réaction n 1 étudiée précédemment). L apparition du précipité de chromate d argent nous permet de repérer l équivalence du dosage. L équivalence d un titrage est atteinte lorsqu on a réalisé un mélange stœchiométrique du réactif titrant (ici les ions argent) et du réactif titré (ici les ions chlorure). Les deux réactifs sont alors totalement consommés. A l équivalence la relation trouvée au paragraphe précédent est utilisable.

1. L échantillon d eau de mer étant trop concentré pour pouvoir être dosé directement on le dilue 0 fois. Indiquez les manipulations que vous allez effectuer compte tenu du matériel dont vous disposez. Effectuez la dilution puis réalisez le montage pour effectuer le dosage comme indiqué dans le schéma cicontre. Faites un premier dosage rapide en utilisant 10,0 ml de solution diluée, puis un deuxième avec un goutte à goutte plus précis. Noter le volume V E de solution versé à l équivalence. V E =.. ml.. Déterminez la concentration molaire de la solution diluée puis celle de l eau de mer. En déduire la concentration massique C m équivalente en ions chlorure de l eau de mer. 3. Quelle grandeur physique caractéristique de la solution inconnue est-il nécessaire de connaître pour pouvoir calculer sa chlorinité? Utilisez le matériel disponible pour la déterminer. 4. Calculez la chlorinité Ch, de l eau de mer étudiée. En déduire sa salinité S. IV. Un thermomètre isotopique, résoudre une problématique Problématique : Comment l analyse d un échantillon de glace polaire permet-elle aux paléoclimatologues de reconstituer les climats du passé? Document 1 : À l état naturel, l élément oxygène présente principalement deux isotopes stables, 16 O (99,76 %) et 18 O (0, %). La formule d une molécule d eau est donc 16 O ou 18 O selon l isotope d oxygène qui la compose. La proportion de 18 O est plus faible dans la vapeur d eau formée par évaporation que dans l eau de l océan d où elle provient. De plus, lorsque la vapeur d eau se liquéfie sous forme de précipitations (pluie, neige, etc.), la proportion de 18 O dans l eau de ces précipitations est d autant plus faible que la température est basse. Cette variation des proportions des différents isotopes d un élément en fonction des conditions est appelée le fractionnement isotopique.

Document : «Fractionnement isotopique» Pour évaluer le fractionnement isotopique, les physiciens calculent le δ 18 O («delta 18 O», exprimé en «par mille», ) selon : 18 O 18 18 O O 16 16 O O éch ref 1 1000 ( 18 O/ 16 O) éch représente le rapport mesuré dans l échantillon d eau de pluie, de neige, de glace, etc. à étudier. ( 18 O/ 16 O) réf représente le rapport mesuré dans une eau de référence (eau de mer). Ainsi, δ 18 O prend des valeurs négatives quand la proportion de 18 O est plus faible dans l échantillon que dans la référence. Document 3 : «Relation entre la température et le δ 18 O» Dans différentes stations météorologiques, la température moyenne annuelle et le δ 18 O moyen dans les précipitations annuelles ont été calculés : 1. Lors de l analyse d échantillons d eau de pluie, la valeur de δ 18 O est toujours négative si l eau de référence est l eau de mer. Expliquez ce résultat.. Proposez une hypothèse sur la volatilité relative des molécules 16 O et 18 O pour expliquer le fractionnement isotopique observé au cours de l évaporation. 3. Étude graphique : a. Tracez la courbe représentant les variations de δ 18 O des précipitations en fonction de la température. b. Modélisez la courbe et déterminer l équation de la courbe modélisée. 4. Pour un échantillon de glace polaire daté de 100 000 ans, on trouve δ 18 O = - 43,3. Déterminez la température au pôle il y a 100 000 ans.