Liens entre la peinture et la poésie Ophélie dans Hamlet Ophélie est un personnage fictif de la tragédie d Hamlet, une célèbre pièce de William Shakespeare. Elle partage une idylle romantique avec Hamlet qui va la rendre folle et la conduire à la mort. Elle est la source d'inspiration de nombreux tableaux peints par Delacroix, Redon, Millais, Delaroche et un poème d'arthur Rimbaud. Les tableaux de Delacroix et Odilon Redon. Tableau d Eugène Delacroix. Cette œuvre, appelée La mort d Ophélie, a été réalisée en 1844 par le peintre français Eugène Delacroix (1798-1863). C est une huile sur toile (23cm x 30cm) exposée au Musée du Louvre à Paris qui représente Ophélie, le célèbre personnage féminin, imaginé par William Shakespeare dans Hamlet. Tableau d Odilon Redon.
Ce tableau intitulé Ophélia a été peint en 1905 par le peintre Odilon Redon (1840-1916). Ce pastel sur toile (50,5cm x 67,5cm) qui est visible au Musée du Louvre à Paris représente le célèbre personnage d Ophélie issue de Hamlet d après William Shakespeare Tableau de John Everett Millais : Ophélie. Cette huile sur toile (76cm x 112cm) appelée Ophélia a été peinte en 1852 par l artiste britannique Sir John Everett Millais (1829-1896) représente Ophélie (Ophélia en anglais), un personnage de Hamlet de Shakespeare, en train de chanter juste avant de se noyer. On peut admirer cette œuvre à la Tate Gallery de Londres. Autres tableaux représentant Ophélie : Cette huile sur toile (171cm x 148cm) réalisée en 1855 par le français Paul Delaroche (1797-1856) est intitulée La jeune Martyre représente Ophélie, personnage de Shakespeare (Hamlet), flottant sans vie à la surface de l eau. Ce tableau est conservé au Musée du Louvre à Paris.
Le peintre français Ernest Hebert (1817-1908) a exécuté en 1876 cette huile sur bois intitulée Ophélie qui représente le personnage imaginé par Shakespeare dans Hamlet avec qui elle partage une idylle romantique. Ce tableau de dimensions 43,7cm par 22,6 cm de large peut être admiré au musée Ernest Hébert à Paris Je trouve que beaucoup de tableaux représentant Ophélie sont lugubres. Ils sont noirs et Ophélie est morte. Mais d autres, comme celui d Odilon Redon, sont plus joyeux, on y trouve des fleurs de toutes les couleurs, on pourrait même confondre Ophélie avec des buissons. Ce qui attire mon regard, quand j observe le tableau de Paul Delaroche, c est Ophélie : elle est blanche sur une rivière noire. L œuvre d Ernest Hebert présente une Ophélie au caractère inquiétant, elle est entourée de bois. Ses sourcils noirs contrastent avec sa chevelure blonde, ornée de lys. Son regard cerné fixe le spectateur d un air grave et déterminé.
Arthur Rimbaud «Ophélie» in Poésie. I Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile : - Un chant mystérieux tombe des astres d'or II O pâle Ophélia! Belle comme la neige! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté! C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure, À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits, Que ton cœur écoutait le chant de la Nature Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ; C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ; C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux! Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle! Tu te fondais à lui comme une neige au feu : Tes grandes visions étranglaient ta parole - Et l'infini terrible effara ton œil bleu! III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ; Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. Arthur Rimbaud
Ce poème est triste car il décrit la mort d une dame du nom d Ophélia quand elle était très jeune, emportée par le courant d un fleuve. Arthur Rimbaud la décrit comme la plus belle femme au monde, il était certainement amoureux d Ophélia. Il compare Ophélia à un fantôme qui flotterait comme un lys sur le fleuve donc ce poème est aussi un peu fantastique. La nature a l air triste en sa présence. Ce poème dégage beaucoup de mélancolie. Je pense que le mot qui caractérise le mieux l atmosphère dans la première strophe du texte est le mot «calme». On retrouve cette idée de calme dans d autres mots et expressions dans tout le reste de cette première strophe : «lentement, murmures, brise, mollement, soupirent, petit frisson d aile». Ces mots et expressions décrivent une certaine torpeur et les mouvements décrits sont très lents. Les allitérations se font avec les lettres «l» (calme, étoile, blanche, lys, flotte, voile, hallalis ), «m» (mille, fantôme, murmure, romance ) et «s» (baise, seins, saules, frissonnants, roseaux ). La nature réagit de manière triste, douce et mélancolique en présence d Ophélie. «Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.» «Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle» «Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile». On peut dire que le portrait de la jeune fille se confond dans le paysage car Rimbaud décrit Ophélia comme un fantôme, elle est donc translucide. D autre part, ses cheveux et ses vêtements se confondent avec le fleuve. A deux reprises, Rimbaud compare Ophélie à un lys ou à de la neige comme pour mieux exprimer le fait qu elle se confonde parfaitement dans la nature.la neige et le lys sont tous deux des symboles de douceur et de pureté. Lorsque l on regarde certains tableaux représentant Ophélie comme ceux de Delaroche ou Millais, on ne peut pas dire si le poème décrit le tableau ou si le tableau est une illustration du poème car on retrouve dans ces peintures les thèmes évoqués dans le poème comme la nature, la tristesse, la mort, le fantastique. Ces œuvres sont représentatives du romantisme car elles se complètent pour exprimer les états de l âme, le mystère, le rêve, le passé Elles témoignent d une sensibilité mélancolique, parfois morbide et fantastique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/oph%c3%a9lie Sitographie http://www.tate.org.uk/servlet/viewwork?cgroupid=999999961&workid=21987&searchid=1 5328&tabview=image) http://www.geographis.ch/~podouphis/delaroche.htm http://www.histoire-image.org/site/zoom/zoom.php?i=1051&oe_zoom=1926 Théo C. et Marc Antoine L.