BILAN 2001 : INTRODUCTION 1 INTRODUCTION Directeur : Bernard Stiegler A la lecture de cette description des activités que l Ircam aura menées en 2001, on sent bien que l Institut a abordé au cours des dernières années de nouveaux thèmes, dans ses différents secteurs d activités, dont la convergence forme sans doute le noyau embryonnaire de l avenir proche de l institution. A cet égard, c est un sujet de grande satisfaction, pour son nouveau directeur, de constater que sa propre stratégie, présentée au cours du précédent Conseil d administration et en introduction au projet d activité 2002, était bien inscrite en creux dans la politique de son prédécesseur et dans les réalisation de 2001 et qu à travers les tournants qu il prend, l Institut poursuit toujours les mêmes buts, ne revient pas en arrière et continue sa route au long cours. Une introduction au rapport d activité d un établissement de recherche et de création est aussi une synthèse qui permet à la fois une lecture rapide du document (bien qu elle ne puisse en rien remplacer une étude cursive) et une information de la manière dont le directeur perçoit lui-même les activités, ou du moins les hiérarchise. Cependant, il ne faut pas négliger qu un tel exercice peut être trompeur, et que l insistance nécessairement portée sur certaines activités ne signifie en rien la négligence pour les autres. Ceci rappelé, je soulignerai donc en premier lieu un fait frappant : la très intense croissance des activités de la recherche a abouti au recrutement de quinze nouveaux chercheurs ou ingénieurs, ce qui est considérable. Cela signifie qu il y a une très grande attente de la société nationale et européenne vis à vis de l Ircam en tant que centre de recherche dont l activité intense et mondialement connue de création musicale lui a
2 BILAN 2001 : INTRODUCTION fait gagner une expertise sans comparaison ailleurs dans le monde en matière de sciences et technologies de la musique et du son. Cette situation de particulière prospérité de la recherche et du développement en 2001, dont il faut souligner qu il est aussi bien dû au très remarquable dynamisme de Vincent Puig et de son équipe qu à la qualité scientifique et à la claire vision stratégique des chercheurs de l Ircam et en particulier de leur directeur, Hugues Vinet, cette situation a conduit à la fois à la création d une nouvelle équipe et à la collaboration de celles qui existaient déjà autour de nouveaux thèmes, dont, en particulier, la description des contenus musicaux et sonores. Dans le même moment, la «Boucle des contenus» culturels a été mise en place (fin décembre) avec la participation très active de l Ircam qui en fut à la fois un pôle d expertise (chargé d une mission spécifique) et un acteur (avec la BnF, la CSI, l Ina, l UCAD et le ministère de la Culture et de la Communication). Cet accès au haut débit confirme l installation de l Ircam sur les réseaux et apporte un potentiel (pour le moment l accès à un haut débit de 50 Mbit/s) prometteur pour de nouvelles activités à venir, en particulier pour la mise en ligne intensive de documents musicaux hypermédias. Or, on verra que dans ce domaine, aussi bien la Médiathèque que la direction de la Pédagogie ont lancé en 2001 de nouvelles initiatives. 2001 aura également été l année de la confirmation de la place enviable de l Ircam dans le domaine des technologies de spatialisation, avec le projet Carrouso, et celle du lien entre les recherches ircamiennes et les processus de normalisation du groupe MPEG. L équipe Acoustique instrumentale, avec sa recherche dans le domaine de la modélisation par éléments finis, l équipe Design sonore, avec l usage des sources multihaut-parleurs à directivité contrôlée, l équipe Analyse/synthèse, avec la soutenance d une thèse sur le contrôle gestuel, et, plus généralement, avec son activité d analyse du son musical qui permet l extraction automatique de nombreuses informations sur le signal, ainsi qu avec le système Psola, l équipe Systèmes temps réel, avec une nouvelle méthode pour le suivi de partition, et sa collaboration avec Philippe Manoury pour l opéra K..., mais aussi avec la production de cinq logiciels pédagogiques à partir des ressources de Jmax, l équipe Perception et cognition musicale, avec ses expérimentation en collaboration avec le compositeur Roger Reynolds, l équipe Représentations musicales, avec les systèmes de
BILAN 2001 : INTRODUCTION 3 résolution de contraintes locales, la modélisation algébrique et les techniques d extraction automatique du style musical et du rythme au service de la musicologie computationnelle, sur la base de technologies issues de l intelligence artificielle, ont poursuivi des tendances déjà lancées. Mais ces équipes ont aussi ouvert ou confirmé des possibles prometteurs, dont je dirai pour finir le sens unitaires qu ils prennent au milieu de l année 2002. Dans le domaine de la création, 2001 aura été marqué par le succès de l opéra de Philippe Manoury, K..., déjà évoqué. Plus généralement, la relation de la musique à la scène, à la danse, en particulier avec la collaboration avec Myriam Gourfink et Kasper Toeplitz, qui fut l occasion d une exploration de la notation Laban et de son usage dans le contexte d OpenMusic, mais aussi la relation de la musique aux installations sonores et au cinéma, telle que la technologie numérique en permet un intense développement, a nettement marqué l activité de création de l Ircam, annonçant de toute évidence une tendance à plus long terme. Les activités chorégraphiques ont été rendues possibles dans le cadre du département dirigé par François Raffinot, qui a luimême présenté une création, PR/On Line, et qui a permis d esquisser et de mesurer les possibilités et les conditions d une recherche technologique en relation avec la création chorégraphique. Le festival Agora 2001, dans ses diverses dimensions, y compris les Journées portes ouvertes, aura accueilli 15 870 spectateurs. Dans le domaine pédagogique, 2001 aura été particulièrement marqué par l engagement de l Ircam dans un DESS multimédia en collaboration notamment avec le Cnam ce qui signifie une offre tournée vers des professionnels du son de divers horizons. La pédagogie aura également largement contribué au projet des MusiqueLabs, logiciels réalisés avec l Éducation nationale en collaboration étroite avec l Inspection générale de la Musique. Plus généralement, l Ircam aura accueilli de nombreux professeurs et publics scolaires au cours de cette année. Enfin, un groupe informel a été constitué dans le but de définir les modalité d une édition hypermédia de l analyse musicologique d œuvres contemporaine qui aura été un embryon très important pour l éclosion d activités nouvelles en 2002 dans ce domaine. Le DEA Atiam, cogéré par la Pédagogie et la Recherche, aura permis l inscription de 23 étudiants en thèse.
4 BILAN 2001 : INTRODUCTION Le Forum Ircam, enfin, dont la responsabilité incombe au département Relations extérieures, a poursuivi son développement, avec environ 1 300 utilisateurs des logiciels auxquels il donne accès. Il faut dire ici encore à quel point ce département est essentiel au dynamisme de l Ircam et favorise, tout comme le service de la production et les assistants musicaux qui y travaillent, la cohésion de la recherche, de la création, du développement et de la pédagogie. Parmi ces points forts, deux sont à distinguer en particulier : celui autour duquel convergent des projets qui illustrent la place plus importante à accorder, à l avenir, à la réflexion et aux projets dans le domaine de l analyse technologique, et telle qu elle conduit à repenser aussi bien la création musicale que la musicologie, mais également leurs enseignements et leurs diffusion. A cet égard, les avancées propres à l année 2001 dans ce domaine, aussi bien en recherche qu en création et en pédagogie, sont les bases d un nouveau développement de l Ircam ; celui qui devrait voir la constitution, en 2003, d un pôle de recherche autour des technologies pour le spectacle, dans le prolongement de l exploration menée en chorégraphie.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 5 RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT Directeur scientifique : Hugues Vinet Le département Recherche et développement de l Ircam mène des recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires autour des problématiques musicales, dans le contexte de la création contemporaine. Leur mise en œuvre suit une organisation thématique par équipes spécialisées. Les travaux de recherche débouchent sur le développement d environnements logiciels, conçus pour les compositeurs et les professionnels de la musique et du son, diffusés dans le cadre du Forum Ircam. Cette articulation interdisciplinaire de compétences autour des sciences et technologies de la musique et du son, trouve, au-delà de la création contemporaine, de nombreux débouchés dans différents secteurs de l industrie. Dans l évolution pluriannuelle des activités de recherche et de développement de l Ircam, l année 2001 aura marqué à de nombreux égards une rupture, caractérisée par une forte intensification des travaux liée au démarrage de nouveaux projets, par un important renouvellement des thèmes de recherche des différentes équipes, et corrélativement par un investissement des compétences dans des enjeux sociétaux de plus en plus larges. Le démarrage, début 2001, de plusieurs projets réalisés dans le cadre de programmes nationaux et européens, s est traduit par un apport extérieur en moyens très important (quasi-doublement du budget du département, recrutement d une quinzaine de nouveaux collaborateurs), ainsi que par la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement affectant plusieurs équipes. Selon leurs thématiques et leurs modes d organisation, deux axes de travail peuvent être
6 BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT distingués : d une part un ensemble de projets autour de la description des contenus musicaux et sonores (Cuidado, Ecrins, Descripteurs pour la synthèse), associant plusieurs équipes de l Ircam à des partenaires extérieurs ; d autre part de nouveaux projets (Carrouso, Listen, Rimm) effectués par l équipe Acoustique des salles, également en association avec des consortiums européens. Cette montée en puissance des activités de recherche de l Ircam dans le cadre de financements externes trouve son interprétation dans une double conjonction : d une part une concentration à l échelle mondiale d enjeux économiques autour des industries de contenus, notamment audiovisuels, musicaux et multimédias, issue d un processus de convergence technologique (audiovisuel, informatique, télécommunications), suscitant en retour une demande de plus en plus forte de compétences dans ces domaines, et focalisant des investissements non seulement privés, mais aussi publics à l échelle nationale et européenne ; d autre part, la capitalisation d une expertise spécifique autour des sciences et technologies du son et de la musique, qui fait désormais de l Ircam un pôle de référence dans ces domaines, avec de nombreux atouts : approche pluridisciplinaire allant des sciences physiques à la cognition en passant par le traitement de signal, expérience originale de couplage entre recherche académique et développements applicatifs, culture du retour d usage... A l occasion de la création d un nouveau département scientifique au CNRS consacré aux sciences et technologies de l information et de la communication (STIC), il donc était naturel que l unité mixte de recherche Ircam-CNRS, structure commune aux deux institutions, obtînt son rattachement principal à ce département. Il est également à noter l arrivée, fin 2001, de deux professeurs des Universités en délégation CNRS, Francis Rousseaux (section 7) et Emmanuel Bigand (section 29). Parmi les autres structurations institutionnelles avec le milieu de la recherche, il importe aussi de mentionner la signature d une convention avec l Université de Paris VI, formalisant les modalités d accueil à l Ircam de la formation doctorale Atiam (acoustique, traitement du signal et informatique appliqués à la musique), désormais coordonnée par Gérard Assayag à la suite d Olivier Warusfel. De plus, à partir de la rentrée universitaire 2001, l Ircam a rejoint, avec le statut de laboratoire membre, l école doctorale
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 7 Edite, regroupant sous la tutelle de l Université de Paris VI et de l école Sup Télécom Paris plusieurs centres de recherche prestigieux de la région parisienne en informatique, traitement du signal et électronique. Le démarrage simultané de plusieurs projets ayant pour objet la description des contenus musicaux et sonores rend compte d une convergence entre l avancement des travaux de recherche de différentes équipes de l Ircam et l arrivée à maturation d un besoin du monde économique, se traduisant notamment dans le processus actuellement en cours de normalisation MPEG-7 (description des contenus audiovisuels) et dans l expérimentation de nouvelles formes de diffusion de la musique à travers les réseaux numériques. L enjeu en est le développement de nouvelles applications d accès et de manipulation des contenus à travers la gestion de structures de description ad hoc : recherche par contenu dans les bases de données musicales et sonores, transformations sonores spécifiées par des descripteurs de haut niveau, identification d extraits pirates, etc. Cette nouvelle orientation fédère les compétences pluridisciplinaires de nombreuses équipes de l Ircam : Analyse/synthèse (extraction de descripteurs de bas niveau à partir des signaux sonores, apprentissage et classification automatiques), Perception et cognition musicales (espaces de timbres, protocoles expérimentaux), Représentations musicales (extraction de descriptions à partir de représentations symboliques, critères de similarité musicale), Design sonore (conception d un catalogue d «essences sonores», taxonomies et descriptions morphologiques). De plus, dans la lignée de Studio en ligne (1996-1998), ces projets n envisagent la conception de nouvelles applications liées aux descripteurs qu à travers une validation effective reposant sur la réalisation d une application technique complète. Ce dernier objectif a conduit à la constitution, au cours de l année, d une nouvelle équipe Services en ligne (Pascal Mullon, Guillaume Boutard, Max Jacob), ayant pour mission d assurer les travaux d étude, conception, développement et coordination techniques liés aux projets Ecrins et Cuidado. En particulier, il est prévu le développement d une application client/serveur en ligne à l Ircam, donnant accès à une base de données d échantillons sonores, comprenant des sons de référence (Studio en ligne, échantillons commerciaux) et permettant également aux utilisateurs en production de partager leurs propres sons. De par l importance et la multiplicité des compétences qu il y a investies, l Ircam assure le pilotage des
8 BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT projets Ecrins (programme national Priamm) et Cuidado (programme européen IST, 5 ème PCRD), en collaboration avec de nombreux partenaires extérieurs (centres de recherche, industriels). Cette mission de coordination, particulièrement exigeante pour Cuidado relativement à la conduite de projet et à la gestion administrative, a donné lieu à la constitution d une structure de coordination (Hugues Vinet, Francis Rousseaux, Mélanie Dulong de Rosnay). Sur un thème proche, nous avons effectué, à la demande du cabinet du ministère de la Culture et de la Communication, une mission d expertise et de coordination du projet «Boucle des contenus», visant à promouvoir la diffusion en ligne de contenus culturels et éducatifs en dotant un ensemble d établissements culturels parisiens (Bibliothèque nationale de France, Cité des Sciences et de l Industrie, Ina, Ucad, ministère de la Culture/ Louvre, Ircam/Centre Pompidou/BPI) d un accès à haut débit au réseau Internet, à travers la maîtrise d ouvrage du GIP Renater. A l issue des consultations et études réalisées, un accord a été trouvé entre les différentes parties prenantes, et s est traduit par la mise en service du réseau au dernier trimestre 2001 pour plusieurs partenaires : Bibliothèque nationale de France, Ucad, Ircam. L Ircam, et avec lui le Centre Pompidou et la BPI, sont désormais dotés d un accès à haut débit à l Internet (de l ordre de 50 Mbits/s pour commencer). L ensemble de ces travaux, auxquels il convient d associer le projet WedelMusic (Médiathèque/Valorisation), jettent des bases à la fois scientifiques et techniques sur lesquelles pourra s appuyer l édition de documents hypermédias en ligne dans le cadre du nouveau projet institutionnel conduit par Bernard Stiegler. La mise en place, également au début de l année 2001, des projets européens Listen et Carrouso, a profondément infléchi les activités de l équipe acoustique des salles, en lui conférant d importants moyens lui permettant d aborder de nouvelles directions dans la continuité de ses travaux passés. Listen propose un nouveau champ d application de la spatialisation au domaine des expositions interactives, et s est traduit en 2001 par l implantation d un codage binaural optimisé pour les sources multiples, ainsi que par la réalisation d un outil auteur pour la conception de scènes sonores spatialisées. Carrouso, visant la transmission de scènes sonores au format MPEG-4, fournit notamment l occasion de poursuivre l établissement de liens entre approches géométrique et perceptive de la spatialisation, ainsi que d expérimenter
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 9 le procédé de restitution du champ acoustique par wavefield synthesis. Les thèses d Alexis Baskind, ainsi que celle démarrée fin 2001 d Etienne Corteel, s inscrivent en cohérence avec ces travaux. Quelle que soit l ampleur, tant sur les aspects quantitatifs que stratégiques, de ces nouveaux projets, il serait réducteur de ne pas tenir compte des multiples avancées obtenues par ailleurs dans les différentes équipes, se manifestant en nouvelles directions de travail et entre lesquelles une forte cohérence peut être globalement dégagée. Ainsi, l avancement de la thèse de Joël Bensoam en Acoustique instrumentale sur la modélisation par éléments finis a permis de jeter de nouvelles bases d évolution pour Modalys, en en étendant potentiellement les fonctions à la modélisation d objets tridimensionnels quelconques. L équipe Design sonore, constituée en 1999, a consolidé les différents axes de travail originaux fondant sa spécificité : source multi-haut-parleurs à directivité contrôlée (première installation utilisant les «cubes», réalisation d une version de concert, la Timée, à l occasion de la création de Duelle, de François Nicolas), sonification (expérimentation autour du sous-lignage sonore pour la communication vocale), contribution notable à la conception de descripteurs de haut niveau pour le projet Ecrins. Dans l équipe Perception et cognition musicales, avec la mise au point de nouveaux procédés d analyse de fréquence fondamentale ayant fait l objet de dépôts de brevets, l événement marquant aura été l aboutissement, à l occasion d un atelier concert et d un colloque dans le cadre du festival Agora, de la collaboration ayant associé le compositeur Roger Reynolds à Stephen McAdams et d autres chercheurs tout au long du processus de création de l œuvre The Angel of Death. En Analyse/ synthèse, au-delà de l important investissement effectué sur les descripteurs par Geoffroy Peeters, Patrice Tisserand et Jean-Philippe Lambert, on peut mentionner, entre autres, l aboutissement de la thèse de Marcelo Wanderley sur le contrôle gestuel, la contribution d Axel Roebel, tant à l élaboration de nouvelles méthodes d analyse de signal qu à la finalisation, attendue de longue date, du logiciel SuperVP, la généralisation des problèmes inverses sous différents aspects : apprentissage (Wim d Haes), inversion (Thomas Hélie), séparation monocapteur (stages et nouvelle thèse d Emmanuel Vincent), etc. La finalisation d une version de Diphone Studio comportant de nombreuses fonctions nouvelles, ainsi que l aboutissement à un stade
10 BILAN 2001 : préliminaire d une nouvelle génération d AudioSculpt, illustrent les efforts déployés pour systématiser la diffusion des travaux de l équipe sous forme de logiciels pour les musiciens, malgré les vicissitudes rencontrées relativement au recrutement et à la pérennisation de collaborateurs informaticiens de haut niveau. Dans l équipe Systèmes temps réel, l année aura également été riche en nouveautés : aboutissement des travaux de Nicola Orio proposant une nouvelle méthode, plus robuste que la précédente, pour le suivi de partition, création de l opéra K de Philippe Manoury utilisant jmax, portage de jmax sur PC/Windows et sous forme d extension (plug-in) du logiciel Director pour la réalisation du projet Musiquelabs, développement d une version de jmax pour MacOS X. Enfin, l équipe Représentations musicales a poursuivi la diversification de ses activités autour de plusieurs approches originales : développement d un éditeur de notation interactif, réalisation de plug-ins pour le logiciel Finale, premiers aboutissements de systèmes de résolution de contraintes locales, extraction automatique du style musical et du rythme, modélisation algébrique, organisation du séminaire MaMuPhi, etc. A travers les multiples facettes présentées par ces différentes approches transparaît une forte convergence des problématiques. Celles-ci visent en effet globalement à aborder le phénomène musical et sonore selon différents points de vue disciplinaires (modélisation physique, signal audionumérique, théories musicales, perception et cognition humaines ), à implanter des modèles et représentations informatiques formalisant ces connaissances, et à les mettre en œuvre à des fins de manipulation sous forme d applications technologiques. Les principaux verrous portent d abord sur le choix de modèles et représentations adaptées et en second lieu, une fois ces modèles stabilisés, sur l établissement de correspondances entre ces différentes approches : lien entre acoustique et signal (modélisation physique, reproduction électroacoustique), contrôle de la synthèse (passage du symbolique au signal, apprentissage de l interprétation), analyse (extraction de structures discrètes à partir du signal, reconnaissance des formes, séparation et segmentation ), lien entre signal et perception, etc. Cette grille de lecture met en évidence la forte unité, dans leur diversité, des différents travaux. Une autre problématique transversale concerne le caractère utilisable des logiciels ainsi élaborés (conception d interfaces homme-machine, ergonomie, ingénierie des besoins et du
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 11 retour d usage), qui fait également l objet d une approche de plus en plus systématique et trouvera différentes formes de consolidation dans les années à venir. 1. Acoustique 1.1. Acoustique instrumentale Responsable : René Caussé Depuis plusieurs années l effort entrepris, dans le cadre de collaborations, pour maîtriser l aéroacoustique a permis de mener à bien plusieurs études sur le fonctionnement d instruments qui jusqu ici nous étaient assez étrangers, comme la flûte à bec ou l accordéon. En 2001, les découvertes se sont poursuivies avec l étude de l oscillation de l anche double, pour laquelle les théories classiques de l acoustique instrumentale ne suffisent pas, et le développement d un modèle de flûte africaine dont le moteur de fonctionnement, le jet, est fortement turbulent. La démarche de notre méthode, classique, est maintenue : associer théorie et expérience, même si l approche expérimentale est toujours longue, fastidieuse et bien souvent à l opposé des impatiences existentielles de notre époque. Dans nos projets, le souci de s intéresser à la qualité à la fois mécanique, acoustique ou même fonctionnelle des instruments de musique est de plus en plus présent. On voit poindre une demande similaire en informatique musicale. L activité d application et de valorisation est, bien entendu, toujours tournée vers la musique, à la fois dans le domaine de la synthèse sonore par modélisation physique et dans la poursuite des projets d extensions des possibilités musicales d instruments. 1.1.1. Synthèse sonore par modélisation physique : Modalys L année 2001 est pour le logiciel Modalys l aboutissement d une réflexion entamée depuis deux ans, après dix ans d utilisation musicale et de quelques «escapades» dans le domaine du design sonore. Le modèle semi-analytique développé par les concepteurs de ce logiciel
12 BILAN 2001 : Acoustique est très proche d une formulation par éléments finis. C est donc tout naturellement en s appuyant sur cette formulation que nous avons proposé une refonte de ce logiciel pour étendre ses possibilités, tout en continuant à maintenir et d enrichir la version actuelle. Développement du logiciel Plusieurs lignes de développement ont abouti à de nouvelles possibilités proposées aux utilisateurs du Forum Ircam (versions Modalys 1.8 et Modalys 1.8.1), résumées ci-dessous : nouvel objet «table d harmonie de piano», issue des résultats de la thèse de Ph. Dérogis (octobre 1997) ; extension des fonctionnalités -VS (vectorial syntax) aux tubes ouvert/ouvert ; mécanisme de variables d environnement pour la gestion des fichiers sons et Midi ; création, suite à la demande de plusieurs compositeurs, d une bibliothèque de fonctions aléatoires ; fonctions d entrée/sortie pour la gestion d enveloppes (par exemple importer des enveloppes créées par d autres logiciels) ; nouvelles fonctions pour une manipulation plus simple des objets hybrides (fonctions écrites par le compositeur Mauro Lanza) ; amélioration de l interface utilisateur : nouvelles fonctionnalités de l éditeur de texte, mécanisme d aide en ligne ; compatibilité avec ModalysER restaurée (à partir de la version Modalys 1.8.1) ; correction de divers bogues. Aspects théoriques En vue d une refonte profonde du logiciel Modalys que nous souhaitons entreprendre à moyen terme, afin d étendre ses possibilités, l étude des aspects théoriques et numériques a été approfondie cette année. En particulier des sujets comme le schéma numérique utilisé par Modalys, la compensation des effets induits par la discrétisation ou la résolution des interactions non linéaires ont été considérés. Développements connexes à Modalys Le développement d un environnement graphique Matlab (appelé Tubelab) pour le calcul d impédances d entrée ou de fonctions de transfert d instruments à vent, entamé en 2000, a été poursuivi. Les modèles et principes utilisés sont ceux qui sont proposés par les travaux
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 13 aujourd hui classiques de D. Keefe ou de J. Kergomard, c est-à-dire l acoustique linéaire, avec pertes viscothermiques et formalisme quadripolaire des lignes de transmission : finalisation du portage en Matlab 6 du travail d Antoine Rousseau sur les modèles de résonateur et de rayonnement ; développement de l interface utilisateur, poursuivant le travail entamé par Nicolas Misdariis ; réalisation de nouvelles fonctions (visualisation 3D des géométries, recherche de résonances, calcul des champs de pression interne dans le plan spatial/fréquentiel) ; validation par comparaison avec le logiciel de «référence» Resonans sur plateforme PC. Bien qu en état de développement, Tubelab est déjà utilisable en interne pour différents projets comme celui sur le didgeridoo. Recherche/Encadrement/Collaborations en vue d une intégration dans Modalys Plusieurs études ou réflexions gravitent autour de Modalys soit en prévision d une intégration dans le logiciel (nouvel objet comme le marteau de piano, nouvelle connexion comme l anche de hautbois ), soit pour étendre ses possibilités (techniques par éléments finis), soit enfin pour des applications particulières. Citons, parmi celles-ci, les applications en ethnomusicologie autour des flûtes Ouldémé, celles en Design sonore (bruit de graillonnement) ou celles mises en œuvre dans la thèse de Olivier Houix. Dans ce dernier cas, il s agissait de réaliser un modèle de barre en éléments finis destiné à faciliter l interprétation de données expérimentales recueillies lors de frappes de barres en bois de différentes sections. Ce modèle devait permettre de situer dans les spectres des signaux de pression enregistrés, les pics correspondant aux modes de flexion, de torsion, et éventuellement de compression (bien qu à priori ces derniers soient très peu rayonnants). 1.1.2. Synthèse sonore par modèles physiques et techniques d éléments finis Le modèle, à l origine du logiciel Modalys, repose sur l hypothèse que les objets utilisables ont des déformées modales connues explicitement. Les objets concernés sont donc peu nombreux et se présentent comme des idéalisations des structures physiques réelles. Les données modales des objets réels peuvent être obtenues
14 BILAN 2001 : Acoustique expérimentalement (analyse modale), mais ces mesures sont généralement longues et coûteuses donc les objets ainsi obtenus sont peu nombreux. De plus, le temps de calcul, nécessaire à la résolution des équations des modèles, croît considérablement avec la complexité des assemblages. Dans une première phase de recherche, nous avons mis au point les bases théoriques d une nouvelle modélisation qui, tout en conservant les concepts fondamentaux du logiciel (sous structuration et interaction mutuelle) permettent d étendre les possibilités de synthèse sonore à des objets tridimensionnels de forme quelconque. Il a donc été nécessaire de mettre en oeuvre une formulation plus générale qui prenne en compte les réactions extérieures agissant aux frontières de chaque sousstructure. Cette modélisation utilise les techniques numériques d éléments finis pour discrétiser les solutions intégrales obtenues par le formalisme de Green ; elle autorise ainsi la synthèse sonore d objets à trois dimensions soumis à des efforts ou déplacements arbitraires sur leur surface. Cette étude a fait l objet, cette année, de plusieurs communications scientifiques. Quelques exemples d application (bol tibétain, barres, cordes, archet de violon) sont présentés sur le site Internet de l Ircam [http ://www.ircam.fr/equipes-/instruments/ bensoam/illustration/index.html, 2000]. Par-delà ces aspects théoriques, nous nous sommes aussi intéressés aux aspects pratiques du problème par une meilleure maîtrise du coût de calcul grâce à une organisation adaptée des tâches. La technique de résolution proposée présente l avantage de pouvoir scinder les calculs numériques en deux parties. La première met en jeu le calcul souvent lourd des tenseurs élémentaires de Green propres à chaque sousstructure ; ces tenseurs représentent la signature dynamique de l objet vibrant et sont calculés une fois pour toutes. La deuxième partie, beaucoup plus rapide, voire calculable en temps réel, effectue une convolution de cette signature avec l excitation liée à l environnement extérieur. Pour donner à la synthèse sonore un «réalisme» encore plus grand, il convient de prendre en compte le rayonnement acoustique. Là encore, nous avons commencé une réflexion et proposons d utiliser le formalisme de Green pour conserver la possibilité de décomposer les calculs en deux parties. En calculant au préalable les sauts des tenseurs de Green sur la surface rayonnante, il est possible de prédire le
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 15 rayonnement acoustique d une sous-structure immergée dans un fluide (ici, l air). Ceci permet «d écouter» un système acoustique en un point quelconque du système mais aussi en un point de l espace environnant. Cette étape du calcul n a été qu abordée. Par cette étude, il s agit donc, à terme, d une mise à disposition pour l utilisateur du logiciel Modalys, de nouveaux objets et de nouvelles fonctionnalités. Cependant, il est nécessaire de poursuivre l effort de recherche afin d obtenir une véritable description tridimensionnelle des interactions, étape indispensable pour implanter ces nouveaux objets et nouvelles fonctionnalités dans l architecture logicielle de Modalys. À l occasion d un contrat financé par le ministère de la Culture et de la Communication qui porte sur l étude de la qualité des archets en matériau composite (voir «1.1.3. Études et modifications des instruments de musique - lien avec la facture instrumentale», page 16), nous avons étudié le comportement dynamique d un archet de violon. Ces recherches ont mis en évidence l influence d une précontrainte statique sur le calcul des fréquences propres de vibration de l archet. La précontrainte liée à la tension de la mèche pose la principale difficulté de modélisation d un archet de violon par une technique d éléments finis. Le modèle mécanique de l archet que nous allons développer est construit sur la linéarisation des équations du mouvement au voisinage de l état précontraint. Par rapport à une situation sans précontrainte, cette démarche a pour conséquence d introduire dans la recherche des fréquences et des modes propres de vibration un terme supplémentaire, appelé raideur géométrique. Ce terme prend en compte le champ de contrainte qui règne au sein de la structure à l état d équilibre précontraint. Ces résultats sont généralisables à d autres objets physiques sous précontrainte : corde tendue, table d harmonie soumis à la «pression» du chevalet, etc. La complexité du fonctionnement mécanique de l archet (baguette et mèche) ne nous a pas permis de valider ces modèles numériques. Afin de pouvoir à terme obtenir un véritable outil de prévision calibré par l expérience, nous envisageons prochainement ce type de mesures pour des structures plus «simples» soumises à des contraintes, en collaboration avec le laboratoire MsMat de l École Centrale Paris
16 BILAN 2001 : Acoustique Tous ces nombreux avantages, résultat du couplage entre le logiciel de synthèse sonore Modalys et la technique des éléments finis sont, bien entendu, directement utilisables pour les activités de Design sonore. Participants : C. Vergez, J. Bensoam (thèse), O. Houix (thèse), O. Sohn et J. Munkberg (stage 3 e année École Centrale Paris). Collaborations internes : M. Lanza (compositeur en recherche), N. Misdariis (équipe Design sonore), équipe Perception et cognition musicales. Collaborations extérieures : R. Polfreman (Université de Hertfordshire, Royaume-Uni), N. Joly (Université du Maine, Le Mans), G. Kergourlay (Laboratoire de mécanique des Sols, Structures et Matériaux, École Centrale Paris). 1.1.3. Études et modifications des instruments de musique - lien avec la facture instrumentale Les trois projets principaux abordés portent sur les extensions des possibilités des instruments de musique et sur la caractérisation des archets de violon à partir d un ensemble diversifié d archets réalisés en matériaux de synthèse. Étendre les possibilités des instruments peut signifier intégrer des technologies de facture plus récentes, plus fiables par rapport à l existant comme pour la timbale ou rajouter de nouvelles possibilités en intégrant un élément résonnant comme pour la clarinette La première phase du projet sur les archets s est achevée en 2001. Dispositif automatique d accord de la timbale et becs accordables en cours de jeu À la différence de l année 2000, la réalisation d un dispositif d accord automatique pour la timbale a franchi une étape importante. Conçu pour remplacer l action du pied de l instrumentiste sur la pédale d accord, ce dispositif ouvre tout un champ de possibilités nouvelles en particulier lorsqu il est couplé à des programmes informatiques. Le deuxième prototype réalisé cette année, hydraulique à vérin émetteur et récepteur, a été testé à l atelier mécanique de l Ircam. Il satisfait comme son prédécesseur la possibilité d utiliser l instrument avec la pédale d origine. Pour cela il est nécessaire de connaître la position du vérin récepteur ou de la pédale à chaque instant d où la nécessité de contrôler le déplacement et la position initiale de la pédale (enfoncée ou relâchée) respectivement par des détecteurs à cibles et des détecteurs codés. Ce deuxième prototype n est pas encore optimisé
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 17 mécaniquement. Pour améliorer ses performances, il faudra dans le futur remplacer la vis sans fin par une vis à meilleur rendement (en particulier en diminuant les frottements). Une réflexion sur la commande de la timbale et de l utilisation de la charte Midi a été lancée en interne avec Emmanuel Fléty du service Création/Pédagogie. Pour l autre projet, les becs de clarinette à volume variable, tout l effort a porté sur la communication auprès des compositeurs et des fabricants en utilisant en particulier le site web réalisé avec le compositeur Harold Vasquez (http ://www.ircam.fr/equipes/ instruments). Signalons également la duplication et l amélioration de la fiabilité du dispositif, en particulier au niveau des câbles de commande, Caractérisation de la qualité des archets en matériau de synthèse. La première phase de ce projet, réalisé avec Jean-Pierre Maigret, concepteur d archets et à l origine de cette étude largement décrite dans le Rapport d activité 2000, s est achevée cette année et à fait l objet d une présentation au Symposium international d acoustique musicale de Perouge (Italie). Les buts sont d essayer de corréler les propriétés statiques et dynamiques mesurées ou calculées sur les archets aux jugements portés par les instrumentistes à la fois sur le plan de la maniabilité (ou jouabilité) et sur celui de la sonorité (ou timbre). Pour recueillir ces jugements des tests de dissemblance ont été organisés avec douze violonistes experts selon une procédure classique et précédemment utilisée au sein de l équipe pour analyser la qualité des trompettes (Rapport d activité 1998). Parallèlement aux tests, les commentaires des violonistes sur chaque archet sont recueillis lors d essais dits de «verbalisation libre». Les résultats des tests de dissimilarité entre archets sont analysés par le programme Exscal qui engendre un espace géométrique perceptif à plusieurs dimensions dans lequel les archets se positionnent. Il s agit alors de relier les dimensions de cet espace aux propriétés physico-mécaniques mesurées. Les premières conclusions portent principalement sur la maniabilité. En effet, la durée d adaptation à un archet est généralement bien plus longue que la durée du test et pour comparer les archets les violonistes utilisent les traits les plus saillants et les plus immédiats qui se rattachent généralement à la maniabilité. Ainsi la première dimension dans l espace perceptif caractérise l homogénéité de la baguette, la deuxième traduisant, quant à elle, un compromis entre raideur et
18 BILAN 2001 : Acoustique souplesse de l archet. Ce résultat souligne bien la nécessité d une mesure de l évolution de la rigidité en flexion de la baguette le long de l archet ou tout du moins en trois ou quatre points, ce qui n était pas pris en compte dans la première phase de nos mesures. Les dimensions suivantes, liées à la sonorité, n ont pu être identifiées clairement. Il est probable que le comportement dynamique des archets provoque une modulation de la force et de la vitesse de l archet, influençant ainsi le timbre. La tension de la mèche affecte le comportement dynamique de l archet, et, donc, sa qualité, comme nous avons pu le vérifier expérimentalement et par la modélisation. Pour cela, un modèle d archet en élément fini (baguette et crins) a été développé. sa validation soulève de nombreuses questions sur la précontrainte exercée par la tension de la mèche et sur le comportement du crin, élément de base de la mèche. Ce modèle devrait permettre à terme d étudier l influence des modifications apportées dans la réalisation de la baguette (composition et répartition des matériaux de synthèse). Participants : C. Dichtel, J. Bensoam. Collaborations internes : A. Terrier (atelier mécanique), E. Fléty (Création/Pédagogie). Collaborations extérieures : F. Laloë (Laboratoire ENS), P. Dutrieu et A. Damiens (clarinettistes), D. Ciampolini et R. Auzet (percussionnistes). 1.1.4. Modélisation physique des sources sonores en général La tâche de modélisation est le travail de fond de l équipe, tant les principes physiques rencontrés sont différents et complexes dans la multitude de familles instrumentales existantes. Certains mécanismes sont tellement généraux qu ils se trouvent présents dans des sources sonores autres que musicales. C est le cas par exemple du glissementadhérence (slip-stick), identifiable dans de nombreuses sources sonores industrielles (moteurs par exemple) ou naturelles (tremblements de terre). L année 2001 a vu débuter l étude d un instrument très ancien (le didgeridoo) intéressant à plusieurs titres, par sa simplicité et par la richesse de phénomènes méconnus mis en jeu dans les sons émis. La modélisation des sons de piano a été poursuivie tout comme celle des sons d automobile dans le cadre du design sonore. La modélisation du rayonnement des sources sonores se poursuit aujourd hui dans le cadre de l équipe Design sonore.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 19 Marteau de piano Depuis plusieurs années sont menées au sein de l équipe des études sur le piano, l objectif étant de proposer, à long terme, un modèle temps réel dérivé de Modalys qui couvrirait les différents aspects caractéristiques des sons de piano ainsi que le rayonnement. Pour cela, une diffusion par une source multi-haut-parleurs de type «Timée» serait envisagée. Si la simulation de l interaction entre le marteau et les cordes de «l unisson» permet de reproduire le début du son (entre 1 et 10 ms selon le registre), ce n est plus le cas par la suite (la décroissance et l extinction du son). En effet, d autres phénomènes doivent être pris en compte comme la vibration des cordes de «l unisson», qui sont légèrement désaccordées et couplées à la table d harmonie par l intermédiaire du chevalet. L action de l étouffoir pour l extinction du son, le rôle de la source étendue joué par la table d harmonie ou les bruits parasites au moment de l attaque sont autant de phénomènes à ne pas négliger pour accroître le réalisme de la production. La connexion «strike» de Modalys qui permet de frapper deux structures quelconques est loin de reproduire correctement un marteau de piano. En connectant deux masses et un ressort linéaire, ce modèle ne permet pas de simuler le comportement du feutre lorsqu il est compressé (existence d une non-linéarité forte traduisant la compression du feutre en fonction de la force appliquée) et les effets de mémoire de ce matériau (hystérésis). Pour cela un modèle plus physique que phénoménologique ou descriptif a été utilisé (modèle proposé par A. Stulov à partir d un modèle simple de matériaux à mémoire établi par Rabotnov). Dans ce modèle, les paramètres élastiques du feutre sont remplacés par des opérateurs dépendants du temps. Le comportement de ce modèle, testé à partir de Matlab et traduit dans le formalisme modal, est bien meilleur en ce qui concerne la stabilité, mais il nécessite des ajustements très précis de ses paramètres. Les sons ainsi engendrés et testés «à l oreille» sont sans comparaison avec ceux générés à partir de la connexion «strike». Cette étude se poursuivre par une validation expérimentale du modèle.
20 BILAN 2001 : Acoustique Didgeridoo Le didjeridoo est un instrument à vent australien de la famille des trompes, constitué d un tuyau creux d environ 1,5 m de long et de 4 cm de largeur en moyenne. Traditionnellement en bois d eucalyptus, il est évidé à la main ou parfois par l intervention des termites. Il en existe en teck, en bois fendu, en bambou ou même en plastique chauffé et déformé. C est la vibration des lèvres du joueur soufflant à une extrémité de l instrument, les lèvres posées directement sur le bois ou sur un rebord en cire ou en gomme d eucalyptus, qui met en mouvement la colonne d air. Il existe plusieurs techniques de jeu pour lesquelles l influence des résonances du conduit vocal est très importante sur le résultat sonore et le spectre, comme une étude préliminaire effectuée au laboratoire l a souligné. Les lèvres de l instrumentiste «voient» deux impédances (instrument et conduit vocal/respiratoire) qui sont dans un rapport très différent suivant la technique de jeu et qui parfois peuvent même s égaler. L objectif des deux études consacrées à cet instrument était double : apporter une aide aux instrumentistes (Baudouin Goepp) pour caractériser la qualité des différents instruments et aborder l étude de l influence du conduit vocal. En raison de la géométrie complexe de cet instrument, il était intéressant de savoir ce qui détermine les caractéristiques acoustiques d un didgeridoo. Pour cela, une grandeur physique pertinente est l impédance acoustique, mesurée à l embouchure. Il faut ensuite relier les informations que cette grandeur peut nous fournir, aux caractéristiques géométriques de l instrument, qu il est quasiment impossible d obtenir autrement que par radiographie. Afin de pouvoir mesurer l impédance d entrée, nous avons dû adapter le système existant aux dimensions d entrée hors gabarit des différents didgeridoos. Ce banc de mesure utilise la méthode dite du capillaire : un haut-parleur relié à un capillaire, constituant une charge acoustique de très grande impédance, forme une source de courant acoustique quasi parfaite. Le microphone en amont du capillaire mesure une pression proportionnelle au flux acoustique à la sortie du capillaire.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 21 Le banc existant permettait d obtenir l allure générale des courbes d impédance de tuyaux cylindriques : cependant, les pics s avéraient beaucoup plus larges que ne le prédisait la théorie et les mesures étaient très bruitées et parfois non reproductibles. Différentes améliorations ont été effectuées : l ensemble du dispositif a été placé en chambre anéchoïque et le signal envoyé par le haut-parleur a été modifié pour augmenter considérablement le rapport signal/bruit, en particulier à basse fréquence ; les couplages entre les différentes pièces mécaniques ont été rendus plus souples pour éviter des résonances parasites nuisibles ; le traitement des données (calcul de l impédance mais aussi filtrages, corrections) issues des mesures est effectué sous Matlab : le programme a été optimisé pour l ensemble des paramètres. Même si des améliorations considérables ont été apportées, la calibration est encore incomplète afin de pouvoir exploiter les mesures et atteindre l objectif premier, en l occurrence la caractérisation acoustique du didgeridoo. Parallèlement à cette caractérisation, des radiographies X ont été effectuées en collaboration avec le Laboratoire de recherche et de restauration du Musée de la Musique de Paris. Même si la radiographie d objets tridimensionnels ne présentant pas de symétrie cylindrique n est pas suffisante, car elle ne donne qu une simple projection d un objet 3D sur un film radiographique 2D, elle nous renseigne cependant sur les irrégularités de perce et sur les éventuelles fissures des parois. Modèles d instruments à anches doubles : L anche double a un processus de génération de son particulier. Pour beaucoup de notes, la durée de la fermeture (observée précédemment à partir d un simple dispositif de bouche artificielle et de vidéo (Rapport d activité 1997) est indépendante de la période d oscillation. Les phénomènes situés au niveau de l anche et de son prolongement immédiat sont déterminants pour l oscillation. En particulier le rôle joué par la résistance moyenne au flux en aval de l anche qui a une valeur importante par le fait que la section moyenne du tube est faible par rapport à l ouverture de l anche. L équipe a une certaine expérience sur les anches doubles et partage avec l équipe Analyse/synthèse la codirection d une nouvelle thèse sur le hautbois.
22 BILAN 2001 : Acoustique La première étape a consisté en une étude bibliographique des modèles utilisés pour les anches simples et des quelques rares travaux sur les anches doubles. À la suite, quelques explications avancées sur le comportement particulier des anches doubles ont été analysées. Parmi celles-ci, les plus prometteuses indiquent que les différences se situent au niveau du couplage entre le jet et la colonne d air de l instrument, notamment au niveau du recollement éventuel du jet, de la récupération partielle de pression ou de la dissipation turbulente ou visco-thermique le long des parois de l anche. Les mesures effectuées dans une deuxième étape sont des mesures de champ de pression oscillations et variations de pression statique le long de l anche et des observations par stroboscopie du déplacement de l anche simultanément avec les mesures de pression acoustique. Les expériences menées jusqu à présent ont mis en évidence les fluctuations de pression dues à la turbulence et ses variations spatiales et temporelles, en particulier la corrélation entre l intensité des fluctuations et l onde acoustique. Afin de pouvoir visualiser l écoulement dans l anche double, visualisation impossible à réaliser à l Ircam, et vérifier certaines des hypothèses émises sur le rôle joué par ce dernier, un contact avec le département «Mécanique- Energétique» du LIMSI à Orsay a été établi. Des mesures de vitesse à anémomètrie (Laser Doppler et par PIV corrélation d images de particules) sont envisagées et des échanges entrepris avec cette équipe pour adapter le dispositif et analyser les contraintes de ce type de mesure. Simultanément à ces études, un prototype de modèle de hautbois, néanmoins très simple, a été testé sous le logiciel Matlab puis en C. Il permettra de tester les différents modèles déduits des expériences ainsi qu à simuler certaines hypothèses qui, en retour, pourront être validées par d autres expériences. Il est envisagé dans le futur d adapter le code à jmax et de s orienter vers une simulation en temps réel. Ce modèle se compose d un excitateur semblable à l anche simple, mais qui inclut des pertes de charge le long de l anche. Cela introduit une hystérésis dans la caractéristique pression/débit, qui est responsable d un comportement de l anche, qualitativement différent. L anche peut, par exemple, transiter soudainement d un état ouvert à un état fermé. Ce modèle est couplé à une ligne à retard avec des filtres pour simuler le résonateur (propagation et réflexion à l extrémité
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 23 ouverte). La complexité de l excitateur pose des problèmes pratiques pour la conception de la simulation numérique : trois équations différentielles non-linéaires doivent être résolues par une méthode itérative. Ethnomusicologie et synthèse par modèles physiques (étude des échelles dans les musiques d Afrique centrale) Dans le cadre d un postdoc, une collaboration entre le laboratoire Langues-Musiques-Sociétés (FRE 2206 du CNRS) et l Ircam a été développée autour d un projet sur l étude des musiques en hoquet voco-instrumental des femmes Ouldémé d Afrique du Nord. L objectif était de comprendre comment ces musiciennes, qui alternent chant (hoquet) et jeu (flûtes), conçoivent leurs échelles musicales, et d étudier en particulier le problème de l influence réciproque qui existe entre échelle vocale et accord instrumental. Pour cela, il s agissait de mettre en œuvre des méthodes expérimentales interactives. Ainsi, en couplant le dispositif de simulation des flûtes à celui de l enregistrement multipistes et en modifiant conjointement et simultanément les propositions d échelles reconstituées concernant aussi bien l instrument que le chant, il est possible par l analyse de valider certaines hypothèses. Les flûtes des Ouldémé du nord Cameroun sont en roseau, ont une embouchure terminale et ne comportent aucun trou de jeu. Les musiciennes accordent leurs flûtes à la fois en les raccourcissant et en les humidifiant par ajout d eau ce qui a également pour effet de les faire «sonner» mieux. Le principe de la modélisation physique a été choisi pour réaliser ces «fausses» flûtes. Trois étapes ont été nécessaires pour y parvenir : l étude expérimentale d une flûte, la conception du modèle puis l élaboration d un dispositif de contrôle en temps réel. La répartition du budget alloué dans le cadre d un financement des projets Cognitique n a pas permis d atteindre l objectif visé ; cependant, ce projet a pu se poursuivre par l aide d un chercheur invité (Patricio de la Cuadra). À partir de la connaissance de la technique de jeu de ces flûtes, et en s appuyant sur l existant pour des instruments plus connus et proches de ces flûtes comme la flûte à bec par exemple, une étude expérimentale a été réalisée en collaboration avec le Laboratoire d acoustique musicale de l Université de Paris VI (Benoît Fabre). La particularité de ce type de flûte est de fonctionner avec un jet turbulent dont le comportement est assez mal connu et difficilement accessible
24 BILAN 2001 : Acoustique par la théorie ou la simulation. Le dispositif expérimental utilisé a permis de visualiser le mouvement du jet à différentes phases de l oscillation lorsque ce dernier est soumis à une excitation forcée par des haut-parleurs, simulant ainsi le champ acoustique transversal issu des résonances du tuyau. L analyse séquentielle des images successives a permis d évaluer différents paramètres : vitesse de propagation des perturbations transversales sur le jet, amplification spatiale, etc. Les résultats, qui restent exploratoires car utilisant une technique de détection sur des visualisations d écoulement qui est encore en cours de développement, montrent une forte diminution de la vitesse de propagation des perturbations sur le jet turbulent (qui serait de l ordre de 0.2*Uj avec Uj vitesse du jet) par rapport au jet laminaire (ou la vitesse de l ordre de 0.4*Uj soit une diminution d un facteur 2). C est une donnée cruciale pour la détermination de la fréquence de fonctionnement de l instrument et est donc un élément d explication pour le fait que malgré de grandes vitesses de jet, la flûte Ouldémé fonctionne toujours sur son fondamental. Un autre élément crucial dans la boucle de rétroaction est la réceptivité du jet à une perturbation acoustique d une amplitude donnée. Cela détermine notamment l amplitude de mouvement du jet au niveau du biseau, qui détermine l énergie insufflée dans le résonateur, compensant ainsi les diverses pertes, notamment visco-thermiques et de rayonnement. Le jet turbulent est «sourd» : il lui faut de forte amplitude de champ acoustique pour obtenir une oscillation nettement perceptible du jet. Néanmoins, une exploitation quantitative des données expérimentales n a pas pu aboutir, les techniques de séparation de ce qui vient de l instabilité intrinsèque du jet et de la réceptivité au champ acoustique n ayant pas encore donné de très bons résultats. Un premier modèle physique a cependant pu être dérivé de celui de la flûte à bec et implémenté en temps réel en temps qu objet externe Max/MSP. L étape suivante sera de développer un contrôleur Midi temps réel pour cette flûte virtuelle. Participants : C. Ségoufin (Postdoc projet flûtes Ouldémé) puis P. de la Cuadra (chercheur invité, Université Stanford, USA), C. Dichtel (vacations projet archet), A. Almeida (thèse), E. Humbert et O. de Lajudie (stage École Centrale Paris), M. Georget (stage UTC), A. Boudier et Y. Flavignard (stage ENSAM), C. Fritz (stage DEA Atiam), J. Lamoine (stage Université d Orsay). Collaborations internes : C. Vergez, équipe Analyse/synthèse et N. Misdariis (équipe Design sonore).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 25 Collaborations extérieures : B. Goepp (projet Didgeridoo) et J.-P. Echard (Laboratoire de recherche et de restauration, Musée de la Musique, Paris), J.-L. Tebec (ENSAM), J.-P. Maigret (archets), F. Marandola et N. Fernando (LMS, flûtes Ouldémé), B. Fabre (LAM, Université de Paris VI), F. Lusseyran et P. Gougat (LIMSI, Université d Orsay). 1.1.5. Valorisation de l expertise Comme chaque année, l équipe assure des activités pédagogiques dans l Institut (Cursus de composition et d informatique musicale, DEA Atiam) et à l extérieur : École centrale de Paris (Activité d Ouverture Culturelle) et DEA acoustique (Le Mans). Elle est également active au sein de sociétés savantes comme la Société française d acoustique (SFA) et l Acoustical Society of America. Publications dans des revues avec comité de lecture : [Vergez01d] Vergez C. and Rodet X., «Trumpet and trumpet player : a highly nonlinear interaction studied in the framework of nonlinear dynamics», International Journal of Bifurcation and Chaos, 2001. Conférences avec comité de lecture : [Bensoam01a] Bensoam J., Misdariis N., Vergez C. et Caussé R., «Finite element method for sound and structural vibration : musical application with Modalys, sound synthesis program based on modal representation», SCI 2001 (Conference on Systemics and Informatics), Orlando, USA, juillet 2001. [Lemaître01a] Lemaitre G., Vergez C., Rodet X. et Caussé R., «Physical modeling of oboe-like instruments : influence of the bore conicity and of the pipe neck after the double reed», SCI 2001, Orlando, USA, juillet 2001. [Bensoam01b] Bensoam J., Misdariis N., Vergez C. et Caussé R., «Integral formalism and finite element method applied to sound synthesis by physical modeling», ICA 2001, Rome, Italy, septembre 2001. [Causse01a] Caussé R., Maigret J.P., Dichtel C. et Bensoam J., «Study of violin bow quality», XX th International Symposium on Musical Acoustics (ISMA), Pérouge, Italie, septembre 2001. [Misdariis01a] Misdariis N., O. Warusfel and Caussé R., «Radiation control on multi-loudspeaker device», XX th International Symposium on Musical Acoustics (ISMA), Pérouge, Italie, septembre 2001. [Misdariis01b] Misdariis N., Fr. Nicolas, O. Warusfel etcaussé R., «Radiation control on multi-loudspeaker device : La Timée». in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001.
26 BILAN 2001 : Acoustique [Bensoam01c] Bensoam J., Misdariis N., Vergez C. and Caussé R., «Formulation intégrale et technique des elements finis appliquées a la synthèse sonore par modèles physiques», 5 e Congrès Français de Mécanique (CFM), Nancy, septembre 2001. Conférence plénière invitée Vergez C. et Hélie T., Virtual Acoustical Musical Instruments, SCI 2001, Orlando, USA (http ://www.iiis.org/sci/). Organisation de session invitée Organisation, par Vergez C. et Hélie T., de la session SCI in Musical Acoustics lors de la conférence SCI 2001 (http ://www.iiis.org/sci/). Conférences sans comité de lecture : Vergez C., «Modalys : modélisation physique de systémes producteurs de sons par décomposition modale (invited speaker)», Journées SFA GSAM : Modélisation physique des instruments de musique, Marseille, France, mai 2001. Rapports Caussé R. et Maigret J.-P., Caractérisation physique et qualitative en vue de perfectionnement d archets de violon en matériaux de synthèse fibres et résines, rapport final de recherche, décembre 2001. Fritz Cl. : Mise en place d un banc de mesure d impédance d entrée des instruments à vent. Application au didgéridoo, rapport du stage de DEA en Acoustique, Traitement du signal et Informatique Appliqués à la Musique, effectué du 18 mars au 9 juillet 2001 sous la direction de Christophe Vergez et René Caussé. Ségoufin Cl., Les flûtes Ouldémé, Ircam, rapport interne : Ircam, juillet 2001. Lamoine Jacques, «Etude des propriétés d un jet turbulent soumis à un champ acoustique transversal», maîtrise de mécanique, Université de Paris XI-Orsay, août 2001. Humbert E. et de Lajudie O., «Modélisation numérique de l ineraction marteau :corde du piano», projet de deuxième année, École Centrale Paris, juin 2001. Georget M., «Mise en place d un nouveau système de mesure d impédance d entrée des instruments à vent Application au didgeridoo», projet de fin d études, Université de Technologie de Compiègne, février 2001.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 27 Jurys de thèse et d habilitation : Ducasse E., Modélisation et simulation dans le domaine temporel d instruments à vent à anche simple en situation de jeu : méthodes et modèles, thèse de doctorat de l Université du Maine, décembre 2001. Vandernoot G., Caractérisation et optimisation de la restitution haute-fidélité en véhicule, thèse de doctorat de l Université de Paris VI, décembre 2001. Gilbert J., Systèmes acoustiques non-linéaires, propagation guidée unidimensionnelle et auto-oscillations. Application aux instruments de musique à vent, Habilitation à diriger des recherches : Université du Maine, décembre 2001. Œuvres utilisant Modalys : Brian Ferneyhough, Stelae for failed time, pièce pour 3 sopranos, 3 altos, 3 barytons et dispositif électronique, création à Paris (festival Agora), juin 2001. Mauro Lanza, Burger Time ou les Tentations de Saint Antoine, pièce pour tuba et électronique, commande du Mois européen de la musique de Bâle, novembre 2001. Paola Livorsi, Os, pour basse et dispositif électronique, Cursus de composition et d informatique musicale, Ircam, saison 2001. Seungyon-Seny Lee, Idiosyncracie, pour mezzo-soprano et dispositif électronique, Cursus de composition et d informatique musicale, Ircam, saison 2001. 1.2. Acoustique des salles Responsable : Olivier Warusfel L activité de l équipe Acoustique des salles a été principalement consacrée aux procédés de synthèse et de contrôle des scènes sonores. Cette activité a suscité des collaborations internes avec l équipe Temps réel (jmax), l équipe Perception et cognition musicales (perception spatiale) et l équipe Design sonore (source à directivité variable). Sur le plan musical, les développements ont permis d établir une solide collaboration avec la communauté des compositeurs et assistants musicaux autour des questions de spatialisation. Au-delà du terrain musical, ces recherches et développements trouvent également des
28 BILAN 2001 : Acoustique applications dans les domaines de la réalité virtuelle ou de la communication, et ont motivé de nouvelles collaborations tant universitaires qu industrielles. L année 2001 a été marquée par l initiation de différents projets européens (Carrouso, Listen et Rimm). Ces projets constituent simultanément l aboutissement des travaux menés précédemment et le point de départ de nouveaux thèmes de recherche. Ils fournissent notamment l occasion d intégrer les outils de spatialisation et de contrôle d une scène sonore (modèles perceptifs et physiques) dans des contextes applicatifs nouveaux pour l Ircam : le codage et la transmission de spectacles ou de scènes sonores (Carrouso) ou la réalité augmentée (Listen). Ces applications induisent de nouveaux champs de réflexion, en particulier sur les technologies de reproduction du champ acoustique, et les modalités de contrôle d une scène sonore dans un environnement interactif et multisensoriel. 1.2.1. Méthodes d extraction automatique des facteurs de description spatiale d une scène sonore. L objectif de ce travail est de développer des techniques d estimation des caractéristiques spatiales d une scène sonore à partir d un enregistrement multicanal. Les travaux généralement menés s attachent à extraire uniquement l information de localisation des sources. L ambition est ici plus large car l estimation vise également les aspects liés à l effet de salle. D autre part, l extraction doit se faire sans connaissance a priori de la réponse impulsionnelle de la salle ou de sa géométrie. Parmi les applications envisagées, citons l incrustation d événements sonores dans une scène pré-enregistrée ou encore le doublage cinématographique. Dans ces deux situations, l enjeu est de mettre en cohérence les événements rapportés avec la scène préexistante. Les caractéristiques spatiales peuvent être regroupées en trois catégories : les attributs inhérents à la salle ; ceux-ci ne sont liés qu à la géométrie et aux propriétés physiques des matériaux (temps de réverbération, densité de réflexions, réponse en fréquence de la salle), et peuvent reposer sur une analyse monophonique ;
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 29 les caractéristiques spatiales de la source, c est-à-dire principalement sa localisation et son éloignement par rapport à la cible. Leur détermination nécessite une analyse multicanal (stéréophonie, binaural) ; les attributs reposant sur les liens entre la source et la salle. Par exemple, la directivité de la source aura une grande influence sur la densité de réflexions latérales, et donc sur l impression d espace. Là aussi, l estimation de ces attributs nécessite plusieurs canaux. L étude menée jusqu ici a consisté à développer des outils permettant de révéler les aspects plus ou moins bas-niveau de l effet de salle, comme la distribution temporelle et l amplitude des réflexions précoces ou le temps de réverbération. Les techniques cepstrales de déconvolution homomorphique servent à isoler, sur chaque canal, l information stationnaire (principalement l effet de salle) de l information fluctuante (le signal). Les méthodes d analyse de champ diffus par décroissance intégrée peuvent être appliquées à l étude de la réverbération lors d un transitoire d extinction du signal. La seconde voie est l utilisation de modèles binauraux pour l analyse des indices spatiaux. En employant des techniques de modélisation de l audition, de l oreille (cochléogrammes) au système nerveux (analyses par corrélation, ou égalisation-annulation), et en nous inspirant des techniques de détection de hauteur spectrale et de localisation que l on trouve dans la littérature, nous avons cherché à révéler les réflexions précoces et tardives, pour estimer ensuite les différents attributs de l effet de salle. Les prochaines étapes seront notamment consacrées à l intégration de ces outils pour former l estimation des descripteurs de plus hautniveau comme les facteurs perceptifs utilisés dans le Spatialisateur et le format MPEG-4. L idée est de concevoir, à terme, un moteur d analyse/ prédiction intégrant une série de méthodes heuristiques privilégiant l estimation de certains paramètres en fonction de la nature du signal observé. Ces méthodes tenteront de s inspirer de l audition qui se focalise sur des aspects spatiaux différents en fonction du message sonore. Ainsi, il est par exemple plus facile de juger de la réverbérance lors d une extinction brusque plutôt que durant le discours musical. Il est également plus difficile de juger des aspects liés à la source lorsque celle-ci diffuse un son stationnaire et périodique. On peut aisément corréler ces particularités de notre audition à nos différents outils, qui
30 BILAN 2001 : Acoustique fournissent des résultats plus ou moins fiables en fonction du message sonore. De fait, il paraît judicieux de concevoir un moteur pouvant, en fonction du message sonore, piloter les modules d analyse et les focaliser sur les aspects les plus pertinents de l effet de salle, juger de la qualité de l estimation fournie et confronter celle-ci avec les estimations obtenues au préalable. Participant : A. Baskind (thèse). Financement : MESR. 1.2.2. Cognition spatiale auditive Ce projet concerne l étude des facteurs spatiaux qui régissent l organisation perceptive d une scène sonore. La notion d espace est simultanément considérée comme une dimension particulière de la représentation cognitive et comme facteur intervenant dans les mécanismes de ségrégation entre les constituants élémentaires d une scène sonore. Ce projet, mené en collaboration avec l équipe Perception et cognition musicales, vise à traiter le sujet à la fois sur les plans scientifique, en abordant les points de vue du neurologue et de l ingénieur, et des sciences humaines. La perception spatiale a été bien étudiée sur le plan des mécanismes de localisation. Cependant on connaît moins les mécanismes de ségrégation spatiale, notamment dans le cas de sources multiples, et plus généralement l organisation perceptive d une scène sonore. Une première expérience a été menée pour préciser les indices binauraux qui déterminent l organisation de messages parlés concurrents provenant de sources séparées dans l espace. Elle était basée uniquement sur des différences de localisation entre les messages concurrents. Des modalités variées de restitution ont été testées, comme l indice de retard interaural couplé ou non aux informations spectrales véhiculées par les fonctions de transfert d oreille. L analyse était centrée sur la détection des situations ou paramètres dominant dans la tâche de ségrégation (séparation privilégiée droite/gauche, corrélation du taux de discrimination avec l écart angulaire ou le retard interaural, etc.). Une deuxième expérience a abordé les aspects mettant en jeu un effet de salle, en travaillant notamment sur la notion de largeur de source. Participants : R. Gretzki, A. Baskind, Collaboration interne : A. de Cheveigné (équipe Perception et cognition musicales).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 31 Financement : Programme Cognitique, ministère de la Recherche. 1.2.3. Projet Carrouso Le projet Carrouso (Creating, Assessing and Rendering in Real Time of High Quality Audio-Visual Environments in MPEG-4 Context) fait l objet d un partenariat entre une dizaine d institutions ou établissements industriels européens parmi lesquels France-Télécom, la société Studer, l Université de Delft et l IRT (Institut für Rundfunk Technik) sont les collaborateurs principaux de l Ircam. Ce projet est consacré à l enregistrement, la transmission et la restitution d une scène sonore réelle ou virtuelle préservant ses propriétés perceptives, notamment spatiales, et autorisant leur manipulation interactive. Il s appuie sur le format de codage MPEG-4 qui privilégie, sur le plan de la spatialisation, une approche descriptive et paramétrique de la scène sonore. Les deux grandes particularités du projet sont, d une part, le codage par contenu lors de la transmission de la scène sonore et, d autre part, l utilisation de l approche holophonique pour l enregistrement et la restitution de la scène sonore. Cette approche est choisie afin de dépasser les limites des systèmes conventionnels en termes de fidélité de reproduction sur une zone d écoute étendue. Pour atteindre cet objectif, de nouvelles techniques de modélisation, d enregistrement et de restitution sonores sont développées, implantées et évaluées autour de démonstrateurs. Du côté de la prise de son, le principe envisagé est basé sur l utilisation d antennes microphoniques permettant de capter les sources sonores statiques ou mobiles en maximisant le son direct par rapport à l effet de salle. Les caractéristiques de localisation des sources sonores et de la qualité acoustique de la salle d émission sont paramétrées dans un format adapté à la transmission. L étape de transmission est réalisée dans le contexte du standard MPEG-4 sous la forme d objets sonores constitués de différents flux (liés aux sources enregistrées) assortis des paramètres de description de la scène sonore : position, orientation, directivité des sources et description physique ou perceptive de la qualité acoustique.
32 BILAN 2001 : Acoustique Dans l espace de restitution, les données transmises sont décodées et traitées afin de reconstituer le champ sonore original en utilisant une approche holophonique pour garantir un résultat perceptif homogène sur une zone d écoute étendue. La partie qui incombe à l Ircam est liée à l encodage et au décodage de la scène sonore en ce qui concerne la description de la qualité acoustique de la salle. Cette description prend la forme de paramètres destinés à être transmis conjointement avec les signaux des différentes sources sonores dans le cadre du standard MPEG-4. Celui-ci prévoit la possibilité de décrire la scène sonore, soit à partir de paramètres physiques et architecturaux, soit à partir de paramètres perceptifs. La description perceptive est déduite d une conversion entre les paramètres physiques et perceptifs, soit directement à partir des signaux captés par le réseau de microphones. Modifications de l interface du Spatialisateur A l occasion du projet Carrouso, un travail a été réalisé pour compléter les modules de contrôle du Spatialisateur. Il est rappelé que le contrôle du Spatialisateur peut s effectuer à deux niveaux. L un, dit de bas niveau, correspond à la description simplifiée de la réponse temps-fréquence sous forme d un ensemble de valeurs énergétiques dans différentes sections temporelles et spectrales, assorties du temps de réverbération en fonction de la fréquence. L autre, dit de haut niveau et dénommé Spat_OPer, consigne la traduction de ces paramètres sous forme de facteurs perceptifs qui s expriment sous la forme de lois de variations des paramètres de bas niveau. Jusqu alors, seule la traduction haut-niveau vers bas niveau avait été implantée. Un nouveau module permet de commander le Spatialisateur à partir du bas-niveau et de refléter les conséquences sur l interface de haut niveau. Cette fonctionnalité est notamment intéressante lors de l utilisation de réglages issus de la mesure d une salle existante : la réponse de la salle donne accès aux paramètres bas niveau, communiqués au Spatialisateur. L utilisateur peut ensuite reprendre le contrôle par ajustement dans le domaine des facteurs perceptifs. Scalabilité du Spatialisateur Le réglage de l ensemble des facteurs perceptifs présuppose le découpage de la réponse de la salle en quatre sections temporelles. Chacune d elles fait l objet d un module de traitement de signal dédié
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 33 et contrôlable indépendamment (direct, early, cluster, reverb). Pour s adapter à la puissance de calcul disponible, notamment lorsque le nombre de sources sonores d une scène donnée augmente, le Spatialisateur peut être instancié dans une version réduite n incluant pas les sections de réflexions précoces ou tardives. La réduction du nombre de degrés de liberté est alors palliée par le contrôle du recouvrement temporel entre les sections de premières réflexions et la réverbération tardive et les formules de passage entre facteurs perceptifs et paramètres de bas niveau doivent être adaptées. Par ailleurs pour éviter les problèmes de réduction de la densité de réflexions ou l apparition de d écho, la structure de l algorithme de réverbération a été légèrement modifiée. Définition d un outil auteur et d une interface utilisateur pour Carrouso Au cours du projet est apparu le besoin d un outil auteur et d une interface utilisateur pour créer la scène sonore et interagir avec ses différentes composantes. Dans le cadre de Carrouso, chaque source (ou éventuellement chaque groupe de sources) est enregistrée et transmise individuellement et de façon la plus anéchoïque possible. La position, l orientation de la source et l effet de salle associé sont décrits de manière paramétrique et transmis sous la forme d un flux MPEG-4 séparé. Ce choix permet de prendre en compte les modifications ou interactions à l étape d encodage ou de décodage. Un travail de réflexion a été mené pour définir les modalités requises pour ces interfaces en tenant compte notamment des contraintes liées au standard MPEG-4 et au contexte particulier de Carrouso. Bien que le contexte applicatif soit différent, il apparaît qu une partie du travail pourrait être basée sur l interface ListenSpace décrite dans le paragraphe «1.1.4. Modélisation physique des sources sonores en général», page 18. Par ailleurs, les mécanismes de transmission de l interface au sein du flux MPEG-4 ont été étudiés en particulier pour s adapter au différents contextes de transmission (profiles) : purement audio (audio profile) ou incluant audio et graphique. Dans le cas d une transmission globale (audio et graphique), la description graphique de l interface de contrôle et les modalités d interaction sont elles-mêmes transmises au sein du flux MPEG-4. Dans le cas d une transmission audio, il reste néanmoins possible de transmettre des contraintes
34 BILAN 2001 : Acoustique d interaction sur les différents paramètres de spatialisation, en particulier pour limiter les plages de variations de différents paramètres de la scène sonore. Extraction des paramètres perceptifs à partir de la réponse d une salle. Dans le cas de la transmission d une scène sonore réelle, la première étape consiste à associer aux différents signaux sources une description de la scène sonore. Celle-ci peut-être basée sur une caractérisation acoustique des conditions d enregistrement à partir d un jeu de réponses impulsionnelles. Le programme d extraction, implanté dans Matlab, utilise d une part les modules d analyse temps-fréquence développés précédemment par l équipe (Toolbox EDR) et est relié à l outil-auteur décrit ci-dessus. A partir de la représentation tempsfréquence, les différents paramètres perceptifs sont déduits et doivent être transcrits dans le langage de description de scène MPEG-4 (Binary Formats for Scenes, BIFS). Participant : Riitta Väänänen. Collaborations extérieures : Th. Spörer(Fraunhofer Institut), U. Horbach, E. Corteel, R. Pellegrini (Studer), Y. Mahieux, M. Emerit (FranceTélécom), Diemer de Vries (Technische Universiteit Delft), R. Rabinstein (Erlangen Universität), G. Zoia (EPFL). Financement : Commission européenne, programme IST, 5 ème PCRD. Durée 30 mois. 1.2.4. Projet Listen Le projet Listen (Augmenting everyday environments through interactive soundscapes), mené en partenariat avec le Fraunhofer Institut (Institut für Media Kunst IMK), la société AKG, le KunstMuseum de Bonn et l Université de Vienne, s inscrit dans le domaine de la réalité augmentée, notion ici considérée principalement dans sa dimension sonore. Le principe de Listen est d enrichir l environnement réel par des événements ou espaces sonores individualisés, artistiques ou didactiques, auxquels l utilisateur accède de manière immersive, transparente, intuitive. L individualisation des scènes sonores est rendue possible par l utilisation de casques sans fil qui sont repérés en position et en orientation. Leur aspect intuitif et immersif est obtenu en combinant des modèles comportementaux de chaque utilisateur avec des techniques de spatialisation du son pour la reproduction sur casque.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 35 L objectif est d immerger les visiteurs dans une scène sonore qui prolonge l espace réel dans lequel ils évoluent. Ils portent un casque sans fil muni d un capteur de position et d orientation dont les informations sont transmises à un serveur qui délivre, en conséquence, les messages sonores de manière à «fondre» ces événements dans la scène réelle aussi naturellement que possible. Les messages de paroles, extraits musicaux ou effets sonores sont intégrés dynamiquement dans une scène sonore individualisée en fonction des déplacements du visiteur, son parcours dans l exposition et ses préférences exprimées explicitement ou inférées à partir de l analyse de son comportement. Les signaux sonores peuvent être un commentaire didactique ou la composante sonore et musicale d une œuvre multisensorielle. La première application envisagée est celle d un guide audio évolué pour les expositions artistiques ou commerciales. Au cours du projet seront réalisés différents prototypes permettant de mener des études de validation des concepts et des technologies développés. Un prototype virtuel sera conçu pour tester, en laboratoire, les différentes modalités de description et de contrôle de la scène sonore composée par le commissaire d exposition. Un prototype réel sera installé au Musée de Bonn. Dans un premier temps, des artistes et professionnels de la muséographie seront conviés pour expérimenter l outil. Dans un second temps, l exposition réalisée sera ouverte au public et donnera l occasion d une campagne d évaluation du concept. Le projet Listen aboutira, en 2003, à la démonstration du système dans le cadre d une exposition au KunstMuseum de Bonn. De manière plus générale, les prototypes réalisés au cours du projet pourront constituer une plateforme d étude des relations entre audition et vision et ouvrir la voie à des études à dominante cognitive. Les principaux domaines de recherche impliqués dans le projet sont la modélisation de la scène sonore interactive proposée au visiteur, le moteur de rendu sonore et le développement du dispositif technique. L équipe acoustique des salles est notamment impliquée dans la conception et la supervision du moteur de rendu sonore, dans les études et développements liés à la modélisation acoustique de la scène sonore et dans la réalisation et l analyse des tests d évaluation psychoperceptive des différents modules développés et des prototypes réalisés.
36 BILAN 2001 : Acoustique En termes de restitution sonore, les enjeux technologiques de Listen impliquent des recherches et des développements qui s inscrivent dans le droit fil des travaux déjà réalisés à l Ircam dans le domaine des techniques binaurales. Les principaux axes de travail sont : l encodage multicanal du binaural, l adaptation individuelle de la diffusion sur casque et la transparence entre les espaces sonores réel et virtuel. Par ailleurs, les nouvelles formes de contenu multisensoriel proposées par le projet Listen nécessitent la conception d un outil-auteur dédié. L une des particularités de cet outil est d intégrer dans un système de représentation commun les univers réels (notamment à travers ses contraintes architecturales) et virtuels comprenant à la fois l incrustation de nouveaux objets sonores ou des modifications globales de la sensation d espace. Moteur de spatialisation L objectif est de réaliser un moteur de spatialisation qui doit fournir à chaque visiteur une scène sonore tridimensionnelle diffusée sur son casque d écoute. Le traitement comprend la synthèse de la localisation des différentes sources sonores conformément à la position et l orientation du visiteur dans le lieu d exposition et l ajout d un effet de salle. Parmi les différents enjeux liés à cette partie de l étude citons : la possibilité de traiter simultanément un grand nombre de sources sonores avec un mode de restitution binaural réputé coûteux en termes de puissance de calcul requise. Ce problème se situe dans la continuité des études menées précédemment dans le cadre de la thèse de Véronique Larcher consacrée aux différentes techniques d encodage d une scène sonore au format binaural ; l adaptation individuelle de la restitution binaurale. Les performances de localisation en mode binaural sont, en partie, liées aux caractéristiques morphologiques de l individu ce qui interdit l utilisation d une base de données de HRTF (Head Related Transfer Function) universelle ; l une des clefs du système envisagé est d assurer la transparence du système de restitution et la continuité entre le monde réel et le monde virtuel. Cette condition est importante pour préserver les liens sociaux entre les visiteurs et éviter que chacun se sente isolé dans sa «bulle virtuelle».
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 37 Format multicanal pour la restitution binaurale Ce travail s appuie sur les résultats obtenus par V. Larcher au cours de sa thèse. Il en constitue, dans le cadre du projet européen Listen, la continuation directe. L élaboration d espaces sonores complexes, constitués de nombreuses sources sonores restituées en mode binaural, amène à aborder le problème de la réduction des coûts de calculs, en utilisant un format intermédiaire multicanal. Ces techniques font appel à une décomposition des HRTF sous la forme d un jeu réduit de filtres de reconstruction. Chaque direction est encodée sous la forme de gains associés à ces filtres, ce qui justifie le terme d implantation multicanal de la synthèse binaurale. Une étude a été consacrée à la sélection et à l optimisation du format le plus approprié au contexte d utilisation. Analyse et évaluation objective Différentes sources Matlab, issues des études précédentes dans le domaine, ont été rassemblées en une toolbox Matlab unique. De nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées pour l évaluation objective : de la restitution (en particulier l évaluation du retard interaural) ; de la distance spectrale entre les données mesurées et le résultat de la modélisation. Différentes améliorations possibles de la décomposition statistique des HRTF (analyse par composantes principales et par composantes indépendantes, PCA & ICA) ont été envisagées, particulièrement en ce qui concerne la bonne restitution des basses fréquences (warping fréquentiel). Implantation de ces formatsen temps réel Les encodeurs et décodeurs issus de cette modélisation ont été implantés sous le double environnement Max et jmax, en prenant parti des particularités de chacun de ces deux logiciels. La modélisation multicanal a été intégrée dans l architecture du Spat~. L implantation de la PCA sous forme d un encodage universel avec décodage individuel, a montré l intérêt de la scalabilité de la méthode pour la maîtrise de la puissance processeur utilisée, ainsi que de la pertinence de l adaptation individuelle.
38 BILAN 2001 : Acoustique Transparence du casque L une des clefs du système envisagé est d assurer la transparence du système de restitution et la continuité entre le monde réel et le monde virtuel. Cette condition est importante pour préserver les liens sociaux entre les visiteurs et éviter que chacun se sente isolé dans sa «bulle virtuelle». Une étude a été consacrée à la conception d un dispositif adaptatif de prise de son attaché au casque d écoute et permettant de capter de manière aussi naturelle que possible les événements sonores extérieurs. Le contrôle de la transparence a deux objectifs : reconstruction du timbre global ; reconstruction des caractéristiques spatiales. Après étude des matériels disponibles pour la capture du son (micros de taille et de directivité souhaitées), l élaboration de premiers prototypes expérimentaux a donné lieu à des mesures en chambre sourde, ainsi qu à leur analyse. L écoute qui en a suivi a permis de conclure à l intérêt de la démarche, en particulier au niveau de la reconstruction du timbre, qui contribue avec pertinence au naturel de la reconstruction. L étude doit etre poursuivie dans le courant de l année 2002, en particulier sur la reconstruction de la localisation, sur l optimisation du retard lié au traitement, et sur l élimination d effets indésirables (effet Larsen). Participants : V. Larcher, E. Rio. Outil Auteur ListenSpace ListenSpace est une application graphique permettant de représenter, dans une vue bidimensionnelle, l ensemble des éléments qui constituent une scène du projet Listen. Ces éléments sont tout d abord d ordre réel (les murs, les ouvertures ) : ils permettent d établir une représentation précise de l espace physique qui sert de base et de repère à la description des éléments virtuels (sources sonores). Cette application est destinée, en premier lieu, aux commissaires d exposition qui assurent l organisation des œuvres dans le musée. Elle s adresse donc à un public non-expert en informatique auquel elle doit permettre, suivant des modalités qui lui correspondent, d intégrer à son travail habituel les aspects relatifs à la réalité augmentée propres à ce projet.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 39 ListenSpace contribue à faire coïncider les deux espaces, réel et virtuel, une des conditions nécessaires à l obtention de l effet d immersion recherché dans Listen. L ensemble de la scène est décrit à partir de la notion de «vertex» qui permet de repérer indistinctement autant les objets de la catégorie «physique» que ceux de la catégorie «virtuelle». L organisation géométrique des objets ne représente qu une part des possibilités de spécifications envisagées dans ListenSpace. En particulier, l application permet également de définir dans la mesure du possible les propriétés acoustiques des objets représentés. Il en va en particulier des objets «room» et «source» qui rassemblent, à eux deux, les paramètres de l interface perceptive du Spat~. L ajustement de ces paramètres peut se faire soit de manière individuelle pour chaque objet, soit à partir d une notion de modèle partagé par un ensemble d objets. Plutôt qu intégrée directement dans un système existant (jmax ou Avango, le logiciel de rendu d image tridimensionnel du GMD par exemple), ListenSpace a été conçue comme une application indépendante, capable de communiquer avec le reste de l environnement Listen. La transmission de la scène décrite dans ListenSpace aux autres applications du projet Listen peut être effectuée de différentes manières : l utilisation de fichiers permet de travailler et de stocker localement une description avant de l intégrer au reste du projet, tandis que la transmission par réseau permet d échanger, en temps réel, l intégralité de la description ainsi que les éventuelles modifications qui peuvent intervenir au cours du temps. L utilisation de protocoles de communication standard laisse envisager un grand nombre d utilisations du logiciel et, en particulier, autorise la connexion avec d autres applications comme jmax ou OpenMusic. En dehors du projet Listen, les besoins en termes d outils auteur se sont présentés à l Ircam dans des contextes similaires ou voisins. Par ailleurs, ListenSpace a été conçue de la manière la plus souple possible (Langage Java 1, compatibilité Windows, MacOS 9 et Linux, interfaces et protocoles de communication standard ) afin précisément, de s adapter à différentes variantes du contexte envisagé.
40 BILAN 2001 : Acoustique Une application directe de ListenSpace consiste à contrôler le Spat~, de manière plus riche que les interfaces de contrôle existantes et surtout indépendamment de la plate-forme matérielle envisagée. L apport de précision dans la description scénique pourrait notamment avoir des conséquences sur la qualité perçue du rendu sonore. Par ailleurs, ListenSpace répond de façon assez directe aux besoins qui se sont révélés dans le projet Carrouso. L application pourrait être utilisée, moyennant de faibles aménagements, comme outil-auteur, à l étape d encodage des données numériques, avant la transmission, tandis qu une version simplifiée, transcrite dans un langage de script compatible avec la norme MPEG-4 serait plus appropriée pour servir d interface utilisateur lors du décodage (voir le projet Carrouso). Participants : O. Delerue (Conception, développement ListenSpace), E. Rio (Format binaural multicanal, transparence casque), V. Larcher (Transparence casque), S. Roux (développement format multicanal Ambisonic). Collaborations extérieures : G. Eckel, J. Gossman, M. Specht (IMK- Fraunhofer, Allemagne), Chr. Schwald, Fr. Reining, B. Ruprechter (AKG, Autriche), R. Diehl, Chr. Schreier (KunstMuseum Bonn, Allemagne), A. Goiser (Technische Universität, Vienne, Autriche). Projet financé par la Commission européenne dans le cadre du programme IST, 5 ème PCRD. Durée : 36 mois. 1.2.5. Projet Rimm (Real-time Interactive Multiple Media Content Generation Using High Performance Computing and Multi-Parametric Human- Computer Interfaces) RIMM a consisté en une action de soutien pour la réalisation d un atelier concert exploitant des systèmes interactifs temps réel pour la manipulation et la génération de contenu multi-média. Le projet a fait l objet d une collaboration entre l Université de York et le SIM (Staatliches Institut für Musikforschung) de Berlin. Plus particulièrement, il s agissait d évaluer différentes technologies d interface et de logiciels de manipulation audio et vidéo dans le cadre d un projet de création regroupant un compositeur, un artiste vidéaste et un interprète. La partie dévolue à l Ircam était liée à la spatialisation et au traitement en temps réel des sons. A cette occasion, l équipe Acoustique des salles a poursuivi le développement des modules de spatialisation liés à la technique Ambisonic. Il est rappelé que cette
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 41 technique de spatialisation, basée sur une décomposition du champ sonore en harmoniques sphériques, présente l intérêt de fixer la scène sonore dans un format d encodage intermédiaire constitué d un nombre limité de canaux indépendants du nombre et de l organisation spatiale des haut-parleurs du dispositif de reproduction. Lors de la restitution, le document sonore fait l objet d un décodage dépendant du dispositif d écoute. Décodeurs Jusqu à présent, ces modules de décodage avaient été conçus pour un ensemble de configurations figées (nombre et position des hautparleurs). Le travail a consisté à généraliser ces objets afin de les adapter à une plus grande variété de dispositifs électroacoustiques. Dans le cadre d un système Ambisonics horizontal d ordre 1, il est désormais possible d utiliser une configuration semi-régulière de hautparleurs, de nombre quelconque (supérieur ou égal à quatre). Dans le cadre d un système Ambisonics en trois dimensions d ordre 1, toute configuration parallélépipédique de huit haut-parleurs est utilisable (auparavant, une seule configuration fixe existait). Format Ambisonic d ordre 2 Afin d obtenir un meilleur rendu de la scène sonore, des objets externes reposant sur une approche Ambisonic d ordre supérieur ont été développés. Un module de spatialisation lié au système Ambisonics horizontal d ordre deux est disponible pour des configurations de hautparleurs semi-régulières. Par rapport au format d ordre 1, on observe que la zone de validité du champ sonore se trouve élargie, et la localisation des sources est plus précise. L ensemble des modules de traitement du signal de la bibliothèque Ambisonics du Spatialisateur a été porté sous forme d objets externes écrits en langage C. Ce travail a été effectué dans les deux environnements Max/MSP et jmax/fts. Ce portage a permis d optimiser considérablement la charge de calcul. Participant : S. Roux. Collaboration interne : équipe Systèmes temps réel. Collaborations extérieures : Université de York (Royaume-Uni), Staatliches Institut für Musikforschung PK (Allemagne). Projet financé par la Commission européenne dans le cadre du programme IST, 5 e PCRD.
42 BILAN 2001 : Acoustique 1.2.6. Le Spatialisateur Portage sur la plate-forme de montage numérique ProTools de Digidesign Le Spatialisateur existe sur l outil de montage numérique ProTools de Digidesign, dans une version pour DSP 56002. Cette version subit d importantes contraintes liées au DSP lui-même et nécessite d adapter le traitement (localisation, effet de salle). L architecture reprend les différents modules élémentaires de la bibliothèque du Spatialisateur. Tous les modules de traitement sont compilés et assemblés conditionnellement et exécutés sous contrôle de circuits de coupure (bypass) individuels. L interface propose le contrôle du positionnement de la source dans un espace cartésien ou par ses coordonnées polaires. Ce contrôle peut être déconnecté pour donner accès directement aux paramètres de traitement. Tous les paramètres de traitement, même de plus bas niveau, sont contrôlables, par un jeu de différentes fenêtres. L effet de salle est contrôlable par facteurs perceptifs ou par les paramètres de bas-niveau. Quatre extensions distinctes peuvent tourner sur 56002 : réverbération complète constitué de 8 canaux de rebouclage, avec module Early sans filtrage, module Cluster, sans traitement du son direct ; tranche «direct» et traitement binaural, sans effet Doppler, avec réverbération à 4 canaux, sans Cluster ; version à 4 canaux contenant tout sauf la réverbération proprement dite ; version à 4 canaux contenant tout sauf les fonctions de transfert d oreille. La carte DigiDesign à base de 56002 (carte «Farm») comporte trois DSP. En termes de précision, on se heurte aux faiblesses du calcul en entier, qui ne peuvent être palliées que par la double précision, engendrant un accroissement du temps d exécution. Différentes solutions ont été explorées pour améliorer la qualité des filtres en calcul entier. La limitation du DSP en registres et accumulateurs rend un filtre en double précision presque trois fois plus long qu en simple précision. En termes de temps, on se heurte aux limitations de vitesse des DSP et de mémoire interne disponible. La puissance de calcul disponible sur
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 43 un DSP 56300 permet d implanter une version complète sur un seul DSP (présent en six exemplaires sur la carte ProTools IV). Le Spatialisateur est aujourd hui adapté à la version 5.1 du logiciel ProTools, avec sa capacité à sortir en format multicanaux, ainsi qu à exploiter les DSP 56300. Participant : Ph. Prévot. Bibliothèque d objets de spatialisation Spat Les principales évolutions du Spatialisateur concernent la poursuite des travaux d implantation de modules de localisation et le développement d un outil de contrôle général. La bibliothèque du Spatialisateur a été enrichie de modules de localisation tri-dimentionnel sur haut-parleurs et sur casque. En particulier, les modules liés à la technologie Ambisonics (encodeurs, matrices de transformations, décodeurs) ont été écrits sous forme d objets externes et ont été complétés par l adjonction de modules d ordre supérieur (ordre 2 en 2D et 3D). Par ailleurs la technique de reproduction sur casque (binaurale) a fait l objet d une nouvelle implantation multicanal et disponible dans les environnements Max/ MSP et jmax. Le format Ambisonic présente l avantage de rendre possibles des manipulations du champ sonore après encodage. Ces manipulations, sous formes de rotation et de focus, ont donné lieu à l implantation d objets jmax, comprenant la partie traitement du signal et l interface adaptée (trackball pour rotation 3D et contrôle du focus). Pour le contrôle, l évolution majeure repose sur le développement de ListenSpace (voir «1.1.4. Modélisation physique des sources sonores en général», page 18). Cette application, développée en Java, permet de contrôler le Spatialisateur à travers un port de communication. Ce choix technique permet notamment de s adresser indifféremment aux versions du Spatialisateur fonctionnant sous environnement Linux ou MacOS. Participants : O. Delerue, E. Rio, S. Roux. 1.2.7. Projet Orgue Palais des Beaux Arts de Bruxelles En parallèle à la construction de l orgue du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (PBA) par le facteur Georg Westenfelder et la société Syncordia, l Ircam a été chargé de concevoir le prototype d un système de synthèse sonore pouvant s adjoindre à l orgue (de facture classique) et étendre les possibilités de registration sonore. Les principales
44 BILAN 2001 : Acoustique fonctions à étudier sont les procédés de synthèse pour la création ou la transformation de sons étendant la palette sonore de l orgue et les procédés de diffusion sonore intégrant des fonctions de spatialisation. Ce projet met en jeu les compétences des équipes Acoustique des salles et Analyse/synthèse. Le travail réalisé au sein de l équipe acoustique des salles concerne principalement les études de diffusion et spatialisation du son. Ainsi, une campagne de mesure de réponses impulsionnelles a été effectuée dans la salle du PBA en plusieurs points de mesures et plusieurs configurations de sources. Ces données ont été partiellement dépouillées et devraient permettre de simuler la réponse de la salle dans un système d écoute déporté. Les prochaines étapes, réalisées en 2002, concerneront : la mise en place d une session d échantillonnage d une série représentative de jeux de l orgue à tuyau ; l étude du dispositif électroacoustique nécessaire à la diffusion des sons de synthèse. Différentes possibilités de spatialisation du son seront étudiées, notamment l ajout d effet de localisation, de réverbération ou encore l utilisation de dispositif de diffusion à directivité variable ; l étude d un dispositif de restitution en laboratoire ou en situation de répétition (casque ou haut-parleurs). Participants : V. Rioux, M. Poletti. 1.2.8. Conseil acoustique auprès de l Orchestre de Paris L Ircam s est vu confier une mission de conseil auprès de l Orchestre de Paris pour les corrections acoustiques nécessitées par sa mise en résidence dans le théâtre Mogador. Après caractérisation objective du théâtre, une première tranche de travaux a été effectuée. Les modifications principales concernent l élargissement du cadre de scène et le remplacement du sol et des sièges des espaces spectateurs. En raison de la faible volumétrie du théâtre, et sa réponse acoustique inadaptée, il s avère nécessaire d adjoindre aux corrections acoustiques traditionnelles un système électroacoustique permettant de simuler les conditions acoustiques requises par l activité symphonique. Compte tenu des particularités architecturales et acoustiques de la salle (ensemble de volumes couplés entre la scène, la salle et les secteurs sous balcons), il faut recourir à un système conçu
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 45 spécifiquement pour ce lieu. Ce système pourra reposer sur une conception hybride entre les propositions actuellement disponibles sur le marché. Cette partie du travail sera réalisée en 2002. Collaboration extérieure : Kahle Acoustics. Participant : B. Katz (2 mois). Publications et rapports d étude [Baskind01] Baskind, A. et Warusfel O., «Monaural and binaural processing for automatic estimation of room acoustics perceptual attributes», Actes, 17th International Congress on Acoustics, 2001 [Heidet01] Heidet A., Warusfel O., Vandernoot G., Saint-Loubry B. et Kemeny A., «A cost effective architecture for realistic sound rendering in the SCANeR II driving simulator», Human Centered Transportation Simulation Conference, Iowa City, novembre 2001. [Larcher 01] Larcher V., Techniques de spatialisation des sons pour la réalité virtuelle, thèse de l Université de Paris VI, mai 2001. [Misdariis 01a] Misdariis N., Nicolas F., Warusfel O. et Caussé R., «Radiation control on multi-loudspeaker device : La Timée», International Computer Music Conference (ICMC), septembre 2001. [Misdariis 01b], Misdariis N., Warusfel O. et Caussé R., «Radiation control on multi-loudspeaker device», XX th International Symposium on Musical Acoustics (ISMA), septembre 2001. [Vandernoot 01a] Vandernoot G. et Warusfel O., «Spectral characterization of listening conditions in car cabins», 17th International Congress on Acoustics, september, 2001, Rome. [Vandernoot 01b] Vandernoot G., Caractérisation et optimisation de la restitution haute-fidélité en véhicule, thèse de l Université de Paris VI, décembre 2001. [Warusfel 01a] Warusfel O. et Misdariis N., «Directivity synthesis with a 3D array of loudspeakers. Application for stage performance», Digital Audio Effects 2001 (DAFx), décembre 2001 Jury de thèse V. Larcher, Techniques de spatialisation des sons pour la réalité virtuelle, thèse de l Université de Paris VI, mai 2001. G. Vandernoot, Caractérisation et optimisation de la restitution Haute- Fidélité en véhicule, thèse de l Université de Paris VI, décembre 2001. Production musicale et postproduction François Nicolas, Eric Daubresse : création de Duelle.
46 BILAN 2001 : Acoustique 1.3. Design sonore Responsable : Louis Dandrel Coordinateurs scientifiques : René Caussé, Olivier Warusfel Le design sonore, intégré il y a deux ans aux activités de l Ircam, ouvre un champ de recherche et de création originales. Mais il est difficile, en raison de sa nouveauté et de sa spécificité, d en maîtriser les débouchés. Autant la notion de traitement acoustique ou de lutte contre le bruit est désormais acquise dans l industrie comme dans l architecture, autant celle de qualité sonore autrement dit de création sonore doit encore être imposée avec arguments et preuves. Aussi, est-ce une double orientation qui guide les activités de l équipe Design sonore : donner des bases scientifiques à cette nouvelle discipline ; faire des créations qui en favorisent le développement. 1.3.1. Recherche L activité scientifique de l équipe Design sonore au cours de l année 2001 peut être organisée autour de quatre grands pôles génériques : génération, diffusion, perception et description des sons. L aspect arbitraire de cette classification ne doit pourtant pas occulter le fait que ces domaines sont «perméables» et interagissent fortement entre eux. Cependant, cette approche présente l avantage de correspondre assez bien aux centres d intérêt de la spécialité «design sonore» et d être directement reliée à quatre projets phares qui ont concentrés le travail de l équipe durant cette année. Génération En terme de production sonore, de nombreux outils de synthèse numérique sont accessibles aux professionnels pour qui le son constitue une «matière première». Ces outils sont généralement basés sur deux concepts distincts : d une part l approche de type signal qui consiste à modeler et contrôler les caractéristiques temporelles et spectrales d un son; c est à l heure actuelle, la technique la plus répandue sur laquelle est basée la plupart des synthétiseurs (additive, modulation de fréquence, échantillonneur, etc.). D autre part, une approche de type modélisation physique qui consiste non plus à s intéresser au son en lui-même mais plutôt aux mécanismes physiques responsables de la production de ce son; cette technique récente, bien que plus difficile à mettre en oeuvre, semble promise à un bel avenir
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 47 dans la mesure où elle apporte des réponses nouvelles à la manière de créer des sons, tant au niveau du contrôle des modèles qu au niveau de la qualité des sons produits. C est dans le cadre du développement du projet Modalys que l équipe Design sonore explore, en collaboration avec l équipe Acoustique instrumentale, cette nouvelle voie de recherche relative à la synthèse des sons, l objectif étant de posséder, à terme, un outil fiable permettant de prédire et simuler le «comportement sonore» d un objet. Bien que Modalys soit déjà un moteur de synthèse que l on pourrait qualifier de deuxième génération c est-à-dire basé sur la modélisation physique il reste, jusqu à présent, limité à des situations idéales difficilement transposables à la réalité. En effet, à l image d un instrument de musique, la synthèse s effectue à partir de trois éléments de base : un excitateur, un résonateur et une interaction, tous trois décrits par des lois physiques de comportement. Pour l instant, ces lois sont obtenues soit de manière théorique (solutions analytiques), soit de manière expérimentale (analyses modales), ce qui limite grandement la base de données d objets modélisables. Le travail mené actuellement dans le cadre de la thèse de Joël Bensoam consiste à étendre les possibilités du logiciel en le couplant à un code de calcul par éléments finis qui permet de déduire le comportement physique d une structure quelconque à partir de ses données géométriques. Ce travail nécessite à la fois une approche fondamentale pour comprendre les théories mises en jeu dans la résolution du problème général, mais aussi un aspect applicatif pour implanter les résultats obtenus de manière compatible avec le «noyau» de Modalys. Pour étayer les premiers résultats obtenus dans ce domaine, un travail a été mené par deux étudiants de l École nationale supérieure des Arts et Métiers (Ensam) : Aurélie Boudier et Yoann Flavignard. Le sujet traité était l étude du bruit de graillonnement d une boîte de vitesses automobile : bruit résultant du choc entre les pignons primaires et secondaires de la boîte de vitesse et essentiellement dû à l acyclisme du moteur. Même si l objectif final n a pas été complètement atteint (c est d ailleurs la raison pour laquelle deux autres étudiants ont repris l étude en 2002), la méthodologie du stage est intéressante et s intègre parfaitement dans la problématique du
48 BILAN 2001 : Acoustique design sonore : à partir d un phénomène physique produisant un bruit jugé désagréable, on cherche dans un premier temps à modéliser le phénomène grâce à un outil de simulation sonore adapté, Modalys, puis on valide le résultat de manière perceptive en évaluant la dissimilarité entre le son d origine et le son du modèle. Cette première étape fournit un modèle pertinent dont on fait varier les paramètres afin d étudier au mieux les causes physiques du désagrément et de proposer des solutions pour la diminution de la gêne occasionnée. Concrètement, le stage a abouti à la modélisation des structures impliquées dans le graillonnement (roues dentées) ainsi que leur interaction. Le résultat sonore obtenu semble posséder de manière intrinsèque les spécificités du son d origine mais, faute de temps, sa validation perceptive n a pu être menée à bien Participant : N. Misdariis. Collaborations internes : J. Bensoam, R. Caussé (équipe Acoustique Instrumentale). Collaborations extérieures : A. Boudier, Y. Flavignard, J.-L. Tebec (Ensam). Diffusion Si le timbre et la sonie constitue les principaux vecteurs de la qualité sonore, une autre caractéristique peut également jouer un rôle important en terme de signature acoustique : la directivité, c est-à-dire la manière dont l intensité acoustique est rayonnée dans l espace. Cette information spatiale prend notamment toute son importance lorsqu il s agit de concevoir le rapport entre la source sonore et son milieu architectural puisqu elle influe directement sur la manière dont la source excite la salle. Partant de ce constat, l équipe Design sonore poursuit son travail dans le domaine de la diffusion des sons en développant un système électroacoustique permettant de simuler la directivité d une source sonore donnée, ou plus généralement, d affecter à la diffusion sonore une certaine fonction de directivité. La base du dispositif est un système multi-haut-parleurs constituant un ensemble de sources élémentaires sur lesquelles on décompose la directivité «cible» à atteindre. Dans une optique plus appliquée, les contraintes sur la précision de reproduction peuvent être relâchées au profit d un contrôle
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 49 plus souple de figures de directivité élémentaires (monopole, dipôles...) dont la combinaison permet notamment de gérer le rapport son direct / champ réverbéré. La recherche dans ce domaine s est effectué à plusieurs niveaux au cours de l année 2001 : la modélisation d un nombre accru de directivités de base avec la prise en compte de certaines harmoniques sphériques d ordre 2, qui, combinées à l harmonique sphérique d ordre 0 (monopole) engendre un rayonnement bi-directionnel possédant un indice de directivité plus grand que celui du dipôle (harmonique sphérique d ordre 1) ; sur la base de la structure cubique, la conception d un système multi-voies permettant de dédier une bande de fréquences spécifique à chaque sous-structure cubique, et ce afin de minimiser le problème de recouvrement spatial induit par une distance inter-haut-parleurs non nulle. La fabrication de ce nouveau prototype a été réalisée en collaboration avec la société Audio33 qui a mis à profit sa compétence en matière de construction de système d enceintes et d amplification ; la caractérisation expérimentale de ce nouveau dispositif ; la caractérisation objective, du point de vue de l auditeur, des directivités élémentaires grâce à l analyse de l évolution temporelle de l énergie rayonnée ; l optimisation de l outil de traitement de signal et de contrôle pilotant le dispositif, avec notamment la prise en compte d un module de convolution en temps réel ; l investigation du procédé en terme de potentiels sonore et musical, avec la collaboration d un compositeur en recherche (François Nicolas). Cette étape a notamment permis de développer un vocabulaire musical lié à différentes configurations spatiales qui a servi de base au travail compositionnel ultérieur ; la conception d un outil de simulation du rendu spatial de la source dans une salle donnée grâce à la mesure de sa signature acoustique (réponses impulsionnelles) ; Participants : N. Misdariis, E. Deruty, L. Dandrel. Compositeur en recherche : Fr. Nicolas. Collaboration interne : O. Warusfel (équipe Acoustique des salles). Collaborations externes : M. Deluc, B. Byk (Audio33).
50 BILAN 2001 : Acoustique Perception Le travail de l équipe dans le domaine de la perception des sons s est effectué, au cours de l année 2001, en étroite collaboration avec l équipe Perception et cognition musicales sur un projet qui illustre parfaitement la problématique rencontrée : projet RNRT Radio.Thèm mené en collaboration avec France Télécom R&D, Radio France et la société Hyptique. L objectif général du projet est de concevoir une radio thématique en ligne possédant diverses fonctionnalités. L équipe intervient dans l élaboration de principes d ergonomie et d identité sonore relatifs à la signalétique et à habillage sonore. L objet de l étude est donc ici la fonction de mise en relief d un mot ou groupe de mots par un procédé de soulignement sonore. Le procédé doit globalement satisfaire à deux exigences : l identification du mot souligné et la préservation du contexte dans lequel le «mot cible» se trouve. Le protocole expérimental utilisé pour l étude est assez conventionnel pour une expérience de psychoacoustique mais relativement original dans une démarche de type design sonore qui privilégie souvent une approche plus empirique pour aborder un problème de ce genre. Toutes les étapes de l expérience sont analysées par rapport au caractère spécifique de l étude : nécessité de créer autant de stimuli que de soulignements ; nécessité de créer des phrases comparables et contrôlées (locuteur unique, champ sémantique similaire, nombre de syllabes identique des mots cibles ) ; jugement quantitatif (échelle) et qualitatif (verbal) de l efficacité de restitution ainsi que de la gêne provoquée par la mise en relief sonore ; variation des critères physiques du souligneur : zone spectrale, fusion temporelle, synchronie, rapport d énergie. Ce travail de validation perceptive a abouti a l élaboration d un cahier des charges permettant de définir des principes fonctionnels de création des liens sonores pour une radio thématique. Participants : E. Deruty, L. Dandrel, N. Misdariis. Collaboration interne : P. Susini (équipe Perception et cognition musicales). Collaborations extérieures : France Télécom R&D, Radio France, Hyptique.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 51 Description et classification et description des échantillons sonores : projet Ecrins Le projet Ecrins (Environnement de classification et recherche intelligente de sons) est réalisé dans le cadre du programme national Priamm. Son objectif est de développer des outils de navigation dans une base de données sonores étendues, basés sur des descripteurs de haut niveau (recherche par contenu, édition), s inscrivant ainsi dans la continuité du projet Studio en ligne de l Ircam. Dans le cadre de ce projet, l apport de l équipe se situe essentiellement à deux niveaux : d une part, la constitution d un corpus d échantillons sonores de référence, en collaboration avec l Ina- GRM, et d autre part, la définition des descripteurs, en collaboration avec l équipe Perception et cognition musicales de l Ircam. Les études inscrites aux cahiers des charges ont débuté à la fin de l année 2000 et se sont poursuivies en 2001. La collaboration avec l Ina-GRM a permis de réaliser un premier corpus d une centaine de sons, associé à une méthodologie fonctionnelle élaborée par les deux partenaires : emplacement et codage des informations associées à chaque fichier-son, notamment toutes les données techniques (nomination, durée, format, date et origine du son) ainsi qu une description sommaire en terme de causalité et de morphologie (attaque, decay, panoramiques, variations d amplitude, variations de hauteurs, profils mélodiques ). Pour ce travail, les sons sont extraits, dans un premier temps, des différentes bases de données existantes : corpus de sons relatifs aux différents espaces de timbre (Grey, Krumhansl, Iverson, McGill), base Studio en ligne, sons industriels utilisés dans les projets de l équipe Perception et cognition musicales, etc. Quant à l étude des descripteurs sémantiques, elle a consisté d abord à édifier les principes d une classification des sons et à les valider. Participants : E. Deruty, L. Dandrel. Collaborations internes : P. Susini (équipe Perception et cognition musicales), X. Rodet (équipe Analyse/synthèse), équipe Services en ligne. Collaboration extérieure : Ina-GRM. 1.3.2. Production Les recherches sur la source multi-haut-parleurs à directivité contrôlable ont été appliquées à la réalisation de deux systèmes : la Timée et le Cube.
52 BILAN 2001 : Acoustique La Timée Ce système est destiné à une exploitation en concert. Il est constitué de trois éléments pour offrir une large bande passante et une reproduction «haute-fidélité» (voir «1.3.1. Recherche», page 46). En 2001, La Timée a été utilisée pour deux créations : Duelle de Fr. Nicolas ; pièce pour piano, violon voix et Timée, création le 13 juin 2001 dans le cadre du festival Agora. Five Imaginary Spaces de O. Schneller; pièce pour piano et Timée, création initialement prévue le 26 octobre 2001 dans le cadre du concert du Cursus de composition (reprise au festival Agora 2002). Participant : N. Misdariis. Collaborations internes : E. Daubresse (Production), B. Thigpen (Pédagogie). Le Cube le Cube est un système de diffusion plus simple et plus compact que la Timée. Il est moins cher et plus facilement transportable, mais aussi de bande passante plus réduite. Il utilise par ailleurs les mêmes principes. Le Cube a été utilisé au Mont Saint-Michel pour l installation permanente de L. Dandrel, Le jardin de la plaine-mer, inaugurée en juin 2001. Cette installation comporte deux cubes et deux systèmes stéréophoniques. Le Cube permet une spatialisation très riche et très spectaculaire, notamment si l on utilise des principes dérivés de la stéréophonie de phase. Participants : E. Deruty, L. Dandrel. 1.3.3. Publications Chapitres dans ouvrages collectifs [Dandrel01a] Dandrel L., «La musique multiple», in Université de tous les savoirs, qu est-ce que la culture?, tome 6, dir. Yves Michaux, Odile Jacob, Paris. [Dandrel00a] Dandrel L., «Ecouter l architecture & Une histoire du son en architecture», in L architecture sonore, ouvrage collectif, dir. Louis Dandrel, ed. Plan-Urbanisme Construction Architecture, ministère de l Equipement, des Transports et du Logement. [Dandrel00b] Dandrel L., «Le lieu des sons», in Les cahiers de la recherche architecturale, n 42/43, ed. Parenthèses.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 53 Conférences avec comité de lecture [Bensoam01a] Bensoam J., Misdariis N., Vergez C. et Caussé R., «Formulation intégrale et technique des elements finis appliquées à la synthèse sonore par modèles physiques», Actes du 15 ème Congrès Français de Mécanique, septembre 2001. [Bensoam01b] Bensoam J., Misdariis N., Vergez C. et Caussé R., «Integral formalism and finite element method applied to sound synthesis by physical modeling», Proc. of 17 th International Congress on Acoustics, septembre 2001. [Bensoam01c] Bensoam J., Misdariis N., Vergez C. et Caussé R., «Finite element method for sound and structural vibration. Musical application with Modalys sound synthesis program based on modal representation», Proc. of 5t h World Multi-Conference on Systemics and Informatics, juillet 2001. [Misdariis00a] Misdariis N., Ricot D. et Caussé R., «Modélisation physique de la vibration d une anche d accordéon», Actes du 5 ème Congrès Français d Acoustique, septembre 2000. [Misdariis01a] Misdariis N., Nicolas F., Warusfel O. et Caussé R., «Radiation control on a multi-loudspeakers device : La Timée», Proc. of International Computer Music Conference, septembre 2001. [Misdariis01b] Misdariis N., Warusfel O. et Caussé R., «Radiation control on a multi-loudspeakers device», Proc. of International Symposium on Musical Acoustics, septembre 2001. [Warusfel00a] Warusfel O., Misdariis N. et Caussé R., «Physical and perceptual modeling of sound-source radiation», Proc. of 139 th Meeting of the Acoustical Society of America, mai 2000. [Warusfel01a] Warusfel O. et Misdariis N., «Directivity synthesis with a 3D array of loudspeakers. Application for stage performance», Digital Audio Effects Conference, décembre 2001. Rapports de recherche [Deruty01a] Deruty E., «Document de synthèse : DES-ED- RAP161101.doc», rapport interne Ecrins, nov. 2001. [Deruty01b] Deruty E., «La taxonomie des sources sonores en terme de causalité : taxonomie2.doc», rapport interne Ecrins, oct. 2001. [Deruty01c] Deruty E., «La taxonomie des sources sonores en terme de causalité : taxonomie1.doc», rapport interne Ecrins, juin 2001. [Deruty01d] Deruty E., «Les descripteurs morphologiques des sons : descripteurs2.doc», rapport interne Ecrins, mai 2001. [Deruty01e] Deruty E., «Les descripteurs morphologiques des sons : descripteurs1.doc», rapport interne Ecrins, mars 2001.
54 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales [Deruty00a], Deruty E., «Compte-rendu de recherches liées au Cube et autres, septembre-décembre 2000», rapport interne, déc. 2000. [Deruty00b], Deruty E., «Compte-rendu de recherches liées au Cube, mars-juin 2000», rapport interne, juin 2000. 2. Perception et cognition musicales Responsable : Steve McAdams L intitulé «perception et cognition musicales» désigne l étude des représentations sensorielles et mentales, ainsi que les processus de traitement qui interviennent dans la perception des attributs musicaux et des relations entre ces attributs, dans la reconnaissance des sources sonores et dans la compréhension des structures musicales. Les travaux de l équipe s étendent donc des mécanismes physiologiques (traitement de signaux complexes par le système auditif, organisation perceptive, calcul des attributs auditifs) à la cognition musicale. Les mécanismes de base, considérés comme des processus d analyse des signaux musicaux du point de vue de l auditeur, doivent nécessairement être étudiés en parallèle avec les processus de niveau supérieur afin de comprendre les contraintes sur la représentation des événements auditifs qui forment les matériaux musicaux. L ensemble des projets trouve son équilibre entre les recherches fondamentales et appliquées, ces dernières se trouvant notamment dans les domaines de l ergonomie, de la qualité et du design sonores. Le fort ancrage de nos axes principaux dans la recherche fondamentale s explique par l existence au sein de cette équipe d un noyau conséquent de chercheurs CNRS. Les thèmes principaux de recherche fondamentale reçoivent les apports nouveaux de la physiologie et des neurosciences cognitives, dans le cadre de collaborations avec d autres laboratoires. La venue d Emmanuel Bigand, professeur de psychologie à l Université de Bourgogne, en délégation CNRS pour l année 2001-2002, confirme l orientation vers la recherche fondamentale des activités de l équipe, ainsi que l importance que lui accorde le CNRS.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 55 Les thèmes principaux qui seront détaillés ci-dessous comprennent les processus et mécanismes fondamentaux («2.1. Processus et mécanismes fondamentaux», page 55), l analyse de scènes auditives et la perception de sources («2.2. Analyse de scènes auditives et perception des sources», page 60), la qualité, l ergonomie et le design sonores («2.3. Qualité, ergonomie et design sonores», page 65), la cognition musicale («2.4. Cognition musicale», page 69) et le développement d outils d expérimentation, d analyse de données et d indexation multimédia, ainsi qu un toolbox Matlab de descripteurs auditifs («2.5. Outils», page 76). Une des spécificités de l équipe, et c est certainement sa ligne de force principale, est de réunir au sein d un même groupe des travaux qui couvrent toute la gamme d études sur l audition humaine non verbale, depuis le codage sensoriel jusqu à la cognition de la musique en temps réel. Une autre spécificité est sa pluridisciplinarité d approche, réunissant les techniques de la psychophysique et la psychologie cognitive, de la modélisation informatique, de la neurophysiologie et de l imagerie cérébrale. 2.1. Processus et mécanismes fondamentaux De la musique, on peut étudier aussi bien les aspects physiques de la production, la propagation et la structure du signal, que les dimensions mentales, esthétiques ou cognitives. L interface entre les deux reste l oreille, et, derrière l oreille, les nombreuses et complexes structures du système nerveux auditif. Comprendre leur fonctionnement est crucial pour pouvoir commencer à élucider les mécanismes perceptifs et cognitifs de plus haut niveau, comme l analyse des scènes auditives, la reconnaissance des sources sonores et la perception de la musique proprement dite, qui dépendent entièrement de la qualité de ce codage et traitement précoce. Les modèles d oreille servent de base aux méthodes du traitement de signal «auditivement pertinent». Les recherches sur ce sujet concernent les aspects temporels du masquage et la hauteur tonale [Krumbholz01a, Pressnitzer01c,e], et le timbre [McAdams01a].
56 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales 2.1.1. Aspects temporels du masquage auditif Le masquage d un son faible par un autre son concurrent est l un des phénomènes psychoacoustiques les plus élémentaires et doit être pris en compte lors du traitement de signaux complexes, pour en extraire des indices perceptivement pertinents. Il a été étudié depuis l origine de la psychoacoustique et a trouvé de nombreuses applications, l une des plus récentes étant la généralisation d algorithmes de compression de données sonores, de type MP3. De nombreux problèmes fondamentaux restent toutefois à élucider en ce qui concerne les aspects temporels du masquage : par exemple, est-ce qu un son régulier et un bruit aléatoire de même énergie ont le même pouvoir masquant? Une série d expériences psychophysiques a démontré que la réponse à cette question était très certainement non, avec des différences de pouvoir masquant de l ordre de 10 db. L utilisation d un son masqué de très courte durée a permis de mieux caractériser la dynamique temporelle de l effet. Les conséquences pour les modèles de masquage pourraient donc être importantes [Wulfrank01a]. Participants : T. Wulfrank (stage DEA), D. Pressnitzer. 2.1.2. Traitement des régularités temporelles de deuxième ordre La présence de régularités temporelles dans un signal acoustique est habituellement quantifiable par l examen du spectre de puissance du signal, ou, de façon équivalente, de son autocorrélation. Nous avons récemment proposé une méthode qui permet de produire des sons identiques quant à leurs taux d événements par seconde et quant à leur spectre de puissance/autocorrélation, mais qui diffèrent selon la forme des régularités. L ensemble des modèles de hauteur existants, qui travaillent sur une représentation purement acoustique des stimuli, prédit donc une hauteur exactement identique pour ces deux types de sons. Toutefois, il a été possible de mettre en évidence des écarts de hauteur perçue de plus de 20 % par rapport aux prévisions classiques [Pressnitzer01d]. Du fait de l aspect particulièrement surprenant de ces résultats, il a été souhaité de publier l article accompagné d exemples sonores dans le journal en ligne de l Acoustical Society of America (ojps.aip.org/arlo/). L écart de hauteur a pu être identifié avec certaines propriétés statistiques des stimuli qui apparaissent après filtrage auditif et non-linéarité cochléaire. Un modèle de traitement
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 57 auditif périphérique doit donc être pris en compte avant la détection de périodicité si l on espère pouvoir prédire la hauteur perçue de sons quelconques. Participants : D. Pressnitzer, A. de Cheveigné. Collaboration extérieure : I. Winter (The Physiological Laboratory, University of Cambridge, Royaume-Uni). 2.1.3. Réseau de corrélation Un nouveau modèle de traitement auditif a été développé sous le nom de «Réseau de Corrélation» (Generalized Correlation Network). Il s agit d un modèle général qui permet d implanter de façon cohérente et unifiée un ensemble de modèles de traitement particuliers, pour la hauteur, la localisation, la ségrégation. Ces modèles particuliers peuvent alors se concevoir comme des «programmes» qui tournent sur le modèle général, dont la structure modulaire facilite la mise en correspondance avec la structure du système auditif. Les traitements de signal rapide se font dans le premier module, dont le rôle est de calculer un ensemble complet de coefficients de corrélation (autocorrélation monaurale et corrélation binaurale). Le second module forme une combinaison linéaire de ces coefficients, et le troisième assure les traitements algorithmiques nécessaires à la fonction demandée au modèle [decheveigne01a,e,i,q]. Ce modèle a trouvé son application dans les méthodes d estimation de fréquence fondamentale (simple et multiples) décrites ci-après («2.1.4. Estimation de fréquence fondamentale (F0) simple et multiple», page 57). Participants : A. de Cheveigné, D. Pressnitzer. 2.1.4. Estimation de fréquence fondamentale (F0) simple et multiple La fréquence fondamentale est un paramètre essentiel pour les applications musicales, en tant que prédicteur de la hauteur musicale, et en tant qu ingrédient de nombreuses méthodes d analyse et de synthèse dont la qualité dépend de celle de la F0 estimée. Une technique d estimation (baptisée YIN) a été mise au point et évaluée sur une grande base de données. Les taux d erreurs sont trois fois moindres que les meilleures méthodes concurrentes. Outre sa fiabilité, la méthode présente l avantage de gérer la plage entière des F0s musicaux (les autres nécessitant en général des limites qu il faut prérégler), et de pouvoir être implantée avec une latence faible, ce qui est important
58 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales pour les applications interactives. L évaluation formelle a été conduite sur des bases de données de parole et de voix chantée [decheveigne01a,h,p]. La parole est utilisée car elle constitue une tâche difficile pour laquelle des références d évaluation existent, mais la validité des résultats s étend à la musique. Cette nouvelle méthode est la transposition directe de modèles de perception de la hauteur, et constitue une bonne illustration de la fécondité de la recherche fondamentale dans les domaines appliqués. Elle a fait l objet d un dépôt de brevet [decheveigne01d]. Cette méthode, comme la plupart des méthodes d estimation de F0, ne gère que les sons isolés alors que dans les applications, on rencontre souvent plusieurs instruments qui jouent en même temps. Une méthode a été mise au point qui permet l estimation de chacune des F0 d un ensemble de sons concurrents. Un brevet a été déposé [decheveigne01d]. Participant : A. de Cheveigné. Collaboration extérieure : H. Kawahara (Université de Wakayama et ATR, Japon). 2.1.5. Étude de confirmation des espaces de timbres L approche traditionnelle pour l étude des espaces de timbres est d analyser les jugements de dissemblance portés par des auditeurs sur un ensemble de sons d instruments naturels. Par analyse multidimensionnelle, l espace perceptif du timbre est dérivé et des corrélats physiques des dimensions perceptives sont recherchés [Peeters01a]. Afin de confirmer le rôle des paramètres acoustiques ainsi révélés dans la perception du timbre, nous avons utilisé des espaces de timbres synthétiques, où seuls variaient un nombre limité de paramètres physiques des sons. Ces paramètres sont dérivés des études psychoacoustiques antérieures. Le principe est de rechercher l espace perceptif correspondant à ces espaces synthétiques en utilisant exactement les mêmes méthodes que celles employées pour les espaces de timbres naturels, et ainsi de confirmer ou d infirmer le rôle de certaines dimensions physiques du son dans la perception du timbre musical. Nous avons analysé deux espaces où variaient le temps d attaque et le centre de gravité spectral. Un troisième paramètre variait également, mais était différent pour les deux espaces : le flux spectral ou la structure fine du spectre (niveau d atténuation des harmoniques pairs). Le rôle du temps d attaque, du centre de gravité spectral et de la
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 59 structure fine du spectre dans la perception du timbre a été confirmé. En revanche, avec le modèle choisi, le rôle du flux spectral dans la perception du timbre n a pas été confirmé [Caclin01a]. D autres recherches seront nécessaires pour déterminer la part de paramètres spectro-temporels comme le flux spectral dans la perception du timbre musical. Participants : A. Caclin (thèse), B. Smith, St. McAdams. Financement : Programme «Cognition et Traitement de l Information» (CNRS), projets Ecrins et Cuidado. 2.1.6. Dépendance du timbre sur la F0 Jusqu à présent, le timbre instrumental a été étudié dans des expériences où les sujets comparaient des instruments jouant la même note. Nous les avons étendues au cas où la hauteur varierait, avec plusieurs objectifs. D abord, vérifier si la hauteur et le timbre sont des dimensions séparables et si les résultats obtenus à une F0 (configuration d espaces de timbre, corrélation avec des descripteurs physiques) se généralisent à une plage plus grande. Ensuite, départager entre des méthodes de calcul qui diffèrent par leur dépendance sur la F0. Enfin, ouvrir la voie à l étude systématique des variations de timbre spécifiques à chaque instrument à travers sa tessiture. Ces questions sont importantes pour le compositeur désirant orchestrer son œuvre, pour le facteur d instruments pour concevoir des instruments nouveaux, et pour les applications d indexation par le contenu. Nos sujets devaient juger la dissemblance entre timbres d instruments naturels jouant soit la même note (l expérience étant répétée à plusieurs F0), soit des notes différentes (l expérience étant répétée avec plusieurs différences de F0). Les résultats montrent que : 1) la tâche est possible, les sujets pouvant ignorer des différences saillantes de hauteur et se concentrer sur le timbre, 2) le timbre de certains instruments varie de façon idiosyncrasique avec la F0, mais 3) le timbre varie peu avec F0, voire, dans le cas de certains instruments et dans la limite de la sensibilité expérimentale, pas du tout [Marozeau01a]. Participants : J. Marozeau, A. de Cheveigné, St. McAdams, S. Winsberg. Collaboration extérieure : D. Wessel (CNMAT, Université de Californie à Berkeley, USA). Financement : projets Ecrins et Cuidado.
60 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales 2.1.7. Études par imagerie cérébrale fonctionnelle des bases neurales de la perception du timbre Deux études ont été entreprises pour analyser les substrats cérébraux de la perception du timbre musical. D une part, une étude en Imagerie par Résonance Magnétique Fonctionnelle (IRMf), en collaboration avec l équipe d imagerie fonctionnelle à l Université de Stanford, vise à analyser les régions cérébrales impliquées dans la perception des différentes dimensions du timbre musical et leurs éventuelles interactions. Et, d autre part, une étude par ElectroEncéphaloGraphie (EEG), en collaboration avec l Université d Helsinki, a pour objectif d étudier les aspects temporels et quantitatifs des activités cérébrales liées à la perception du timbre. Ces deux études ont un ensemble de stimuli communs, extraits d un espace de timbres synthétiques tridimensionnel, qui a été caractérisé précédemment (voir «2.1.5. Étude de confirmation des espaces de timbres», page 58). L analyse des données est en cours, mais des résultats préliminaires ont déjà été obtenus. L étude en IRMf a permis de montrer que des régions corticales temporales bilatérales et des régions préfrontales droites sont impliquées dans la perception du timbre. Le rôle respectif de ces différentes régions et la part des différentes dimensions du timbre restent à élucider. L étude en EEG a révélé que l une des ondes EEG, la MMN (Mismatch Negativity) est différente pour chacune des dimensions du timbre, suggérant une certaine indépendance dans leurs traitements cérébraux respectifs. Des analyses complémentaires sont envisagées pour étayer cette hypothèse. Participants : A. Caclin, St. McAdams, B. Smith. Collaborations extérieures : D. Levitin (Université McGill, Canada), G. Glover, V. Menon, B. Krasnow, K. Mackenzie (Université de Stanford, USA), M. Tervaniemi, E. Brattico, R. Näätänen, P. Toiviainen (Université d Helsinki, Finlande). Financement : Programme «Cognition et Traitement de l Information» (CNRS). 2.2. Analyse de scènes auditives et perception des sources L analyse de scènes auditives (ASA) est un domaine dans lequel l équipe a joué un rôle historique et est reconnue mondialement [McAdams01c]. Elle participe d une démarche qui tend à prendre en compte la dimension écologique de la perception et de la cognition, et
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 61 son rôle dans l action qui détermine les chances de survie de l individu et de l espèce [decheveigné00a]. Ces processus sont à l œuvre de façon déterminante dans l écoute musicale où de nombreuses sources sonores doivent être traitées simultanément et séquentiellement pour en extraire le sens. Nous abordons à la fois les processus de ségrégation basés sur le traitement des données sensorielles [ex. Meddis01a, Neuert01a], ainsi que les processus de sélection d informations pertinentes sur la base des connaissances acquises au préalable [Bey02a]. La perception des sources sonores est un domaine relativement récent en audition et se focalise sur la perception auditive des propriétés d objets vibrants, ainsi que sur les processus de catégorisation des sources [McAdams01c]. L étude de ces derniers vise à fournir des principes de catégorisation auditivement pertinente des sources en général, et des instruments de musique en particulier. 2.2.1. Cognition spatiale auditive Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes d organisation de la scène sonore, en particulier spatiale, et les indices dont ils dépendent. Sont particulièrement visés les facteurs qui influent sur la clarté ou la «transparence» de la scène. Des résultats ont été obtenus dans deux directions : théorique, avec le développement du modèle «Réseau de Corrélation» (voir «2.1.3. Réseau de corrélation», page 57), et expérimentale avec la mise au point d une expérience permettant de mesurer l effet des différents indices spatiaux sur la ségrégation des sources [decheveigne01a,e]. Ces expériences ont permis de mettre en évidence l importance des indices de disparité spatiale, et aussi l influence de la technique de restitution binaurale (différence interaurale de spectre ou de délai, ou HRTF complet). Participant : A. de Cheveigné. Collaborations internes : O. Warusfel, A. Baskind, R. Gretzki (équipe Acoustique des salles). Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche). 2.2.2. Combinaison d information entre canaux fréquentiels Détecter un son pur présenté isolément nécessite un certain niveau de pression acoustique. Le niveau nécessaire à la détection est généralement rendu plus élevé par la présence simultanée d un deuxième son, et l on parle alors de masquage. Plus on ajoute de
62 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales signaux masqueurs, plus le seuil de détection augmente. Dans certaines conditions cependant, l ajout de signaux masqueurs peut provoquer une diminution du niveau nécessaire à la détection. Ceci est notamment le cas lorsque les signaux masqueurs possèdent une fluctuation temporelle d amplitude commune. On parle alors de démasquage par comodulation (DCM). Une étude physiologique sur les bases du phénomène de démasquage par comodulation a été réalisée en collaboration avec l Université de Cambridge. Un mécanisme simple pouvant expliquer une partie du DCM a été mis en évidence et localisé au niveau du noyau cochléaire [Pressnitzer01f]. Participant : D. Pressnitzer. Collaborations extérieures : I. Winter (Université de Cambridge, Royaume Uni), R. Meddis, R. Delahaye (Université d Essex, Royaume-Uni). 2.2.3. Illusion de continuité auditive Un mécanisme essentiel de formation d événements auditifs est illustré par l illusion de continuité auditive, qui démontre qu un son peut être perçu comme continu même s il est objectivement interrompu par un son de niveau plus élevé. Lors d un concert par exemple, nous pouvons diriger notre attention vers l une ou l autre des sections de l orchestre, un voisin qui nous parle, ou un soliste sur scène. Ce n est pas parce qu un événement plus fort que les autres intervient soudainement (une percussion?) que notre représentation de la scène auditive est «remise à zéro», que nous devrions reconstruire patiemment les différents flux auditifs qui existaient quelques instants auparavant. La cohésion d événements peut être maintenue à travers des périodes de bruit. Un projet a été lancé en 2001 pour étudier les bases neuronales du phénomène. Le signal choisi pour étudier l illusion consiste en un bruit régulièrement modulé en amplitude. Lorsque des portions de ce signal sont remplacées par du bruit de niveau suffisamment élevé, l illusion de continuité apparaît : le percept de régularité temporelle est continuellement présent alors que le stimulus physique est partiellement aléatoire. Une première phase du projet consistera à développer une série d expériences psychophysiques pour déterminer précisément les conditions d apparition de l illusion. Ensuite, la question sera d examiner la forme de l activité cérébrale pendant les périodes d illusion. La technique d imagerie cérébrale fonctionnelle par magnétoencéphalographie (MEG) sera utilisée. Pour réaliser ce projet, une collaboration interdisciplinaire entre plusieurs
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 63 laboratoires est absolument nécessaire. Les partenaires principaux sont le centre MEG/EEG de la Salpêtrière pour l acquisition et le prétraitement des données et le LMA pour la réalisation d un système de diffusion acoustique amagnétique. Participant : D. Pressnitzer. Collaborations extérieures : S. Baillet, R. Ragot (LENA-CNRS, Hôpital de la Salpêtrière), Ch. Vergez (LMA-CNRS). Financement : Programme «Cognition et Traitement de l Information» (CNRS). 2.2.4. Étude sur les structures vibrantes Une barre d une certaine géométrie et façonnée dans un certain matériau peut être la source d une grande variété d événements sonores, dépendants de la position et de la force d excitation. Il semble que le système auditif ne soit pas capable d extraire de cet ensemble de sons les aspects invariants qui permettent sa reconnaissance ou sa discrimination par rapport à d autres barres de géométries différentes. Au contraire, les auditeurs semblent se focaliser sur des hauteurs privilégiées qui sont liées aux propriétés mécaniques propres à chaque barre. Grâce à une expérience d appariement de hauteurs, les différentes hauteurs entendues dans chacun des sons de barre par un ensemble d auditeurs ont été obtenues. La co-occurrence des hauteurs entre chaque paire de sons a été modélisée, permettant ainsi de mettre en lumière ces processus. Ce modèle montre que le système auditif tend à effectuer une «pondération» perceptive entre ces différentes contributions spectrales. Ainsi suivant le contexte, les auditeurs semblent se focaliser sur les attributs perceptifs pertinents pour une tâche donnée. De plus, des études vibratoires par éléments finis des barres de métal permettent de relier les résultats précédents aux différentes contributions spectrales liées aux modes de torsion et de flexion. Lors de l analyse de ces expériences, les méthodes statistiques ont été affinées afin de proposer des tests de robustesse propres à l analyse des classifications. Participants : O. Houix (thèse), St. McAdams. Collaboration interne : R. Caussé, J. Bensoam, Chr. Vergez (équipe Acoustique Instrumentale).
64 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales 2.2.5. Classification et identification des sons Cette étude a été menée en collaboration avec Judith Brown du MIT qui travaille sur la reconnaissance automatique d instruments de musique à partir d extraits musicaux [Brown01a]. Nous voulions comparer sa méthode, inspirée des techniques de reconnaissance automatique de locuteurs, basée sur les coefficients cepstraux, à des résultats perceptifs d identification et de reconnaissance. Cette comparaison utilise le même corpus d extraits monophoniques de flûte, clarinette, saxophone et hautbois. Le choix de ces instruments est lié à cette technique de traitement du signal qui tente de séparer les contributions du résonateur et de l excitateur. Nous avons mené deux séries d expériences avec des groupes de musiciens et non musiciens : classification libre des extraits musicaux par groupes d instruments puis identification des instruments. Les résultats de la classification libre montrent une structure de classes par instrument de musique qui est nettement plus contrastée et homogène chez les musiciens que chez les non musiciens. La tâche s avère difficile pour les non musiciens. Nous retrouvons des valeurs comparables pour les musiciens à la classification automatique même s il existe des différences difficilement interprétables. L expérience d identification quant à elle donne des taux d identification inférieurs à l expérience de classification, même s ils sont supérieurs au hasard pour le groupe des musiciens. Les résultats montrent un taux d identification de la flûte nettement supérieur aux autres instruments et des confusions saxophone/hautbois ainsi que hautbois/clarinette qui apparaissent dans d autres études. Par contre ces résultats semblent s écarter de la classification automatique qui donne une reconnaissance faible pour la flûte sur ce corpus d extraits et une très bonne reconnaissance de la clarinette. Ces divergences peuvent en première analyse s expliquer par la méthode de classification automatique qui n intègre pas de modèle auditif. Les non-musiciens quant à eux ont une identification du type d instrument proche du hasard. Participants : O. Houix, St. McAdams. Collaboration extérieure : J. Brown (MIT).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 65 2.3. Qualité, ergonomie et design sonores En prolongement logique des recherches sur la qualité des sons (timbre) et des dimensions écologiques de la perception, l équipe a été amenée à se pencher sur les applications pratiques à la qualité sonore des produits [Junker01a, Susini01a] et des environnements, et au contrôle des paramètres qui les déterminent au travers du design sonore. L originalité et la spécificité de l équipe dans ce rôle est d apporter un ancrage scientifique et méthodologique à ce domaine. 2.3.1. Projet Predit Squad Ce projet avait pour objectif de caractériser, par une approche perceptive, les signaux parasites, dits «gris-gris», émergeant dans un habitacle de voiture. Deux aspects ont été examinés expérimentalement : le seuil de détection dans le bruit ambiant et le désagrément perçu au-dessus de ce seuil. Les expériences ont été effectuées sur un panel de sujets non experts, et sur un panel de sujets experts, issus du secteur automobile. Les seuils de détection obtenus des sujets experts et des sujets non experts sont similaires. Cependant, on note que les experts sont légèrement plus sensibles (2 à 3 db en moyenne). Les jugements de désagrément exprimés montrent une tendance similaire entre les sujets non experts. Le désagrément estimé augmente de manière significative lorsque le niveau au-dessus du seuil de masquage augmente. A partir de l analyse des données expérimentales, un modèle prévisionnel en termes de détection et d évaluation du désagrément a été élaboré. Le modèle repose sur un modèle de masquage et sur un calcul de la sonie par bande critique dû à Zwicker (DIN 45 631 et ISO 532B), d une part, et sur un calcul de l acuité dû à Bismarck, d autre part. Les simulations en détection ont donné de bons résultats avec un seuil de tolérance de ±2dB autour du seuil de masquage expérimental. Les évaluations de désagrément au seuil sont fortement corrélées au calcul de l acuité (86 % à 92 % de la variance expliquée) [Dufournet01a, Susini01g]. Participants : P. Susini, St. McAdams. Collaborations extérieures : 01dB, Vistéon, Métravib RDS, Renault, PSA Peugeot-Citroën. Financement : Programme Predit (ministère de la Recherche, ministère de l Environnement et de l Aménagement du Territoire).
66 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales 2.3.2. Projet Bouygues Telecom Dans ce projet de navigation vocale, le problème de la mise en relief sonore de mots cibles, dans un texte écouté, a été étudié. Un composant sonore ajouté au mot cible (soulignement sonore) a été choisi afin de faciliter le travail de posttraitement d un texte enregistré. La fonction de l «hyperlien sonore» ainsi définie est de souligner une information entendue, par exemple dans un flux radiophonique (Radio.Thém), afin d indiquer à l auditeur qu il peut disposer d un complément d information visuelle et/ou sonore. Cette question de signalétique sonore a soulevé le problème concernant la mise au point de tests, en termes d ergonomie sonore, adaptés au cas précis de l hyperlien. L objectif de l expérimentation menée a été de cerner dans quelle mesure un composant sonore créé répond à sa fonction de mise en relief d un mot. Dans ce but, un protocole expérimental spécifique a été élaboré afin de répondre de manière objective et qualitative aux deux questions primordiales posées par la mise en relief sonore d un mot. Les deux questions traitées sont : 1) Est-ce que le mot mis en relief (mot cible) est bien identifié et donc correctement restitué par un auditeur? 2) La compréhension du texte est-elle altérée par la présence du soulignement sonore? Ce projet a permis, d une part, de répondre à une demande d un industriel sur un problème pratique, et, d autre part, de créer un protocole expérimental et un matériel expérimental (phrases de parole) adaptés [Susini01h]. Participants : P. Susini, S. Vieillard, B. Smith, C. Marin. Collaborations internes : E. Deruty, L. Dandrel (équipe Design sonore). Collaboration extérieure : Bouygues Telecom. Financement : Bouygues Telecom. 2.3.3. Projet RNRT Radio.Thém Le premier objectif de ce projet a été abordé dans la continuité du projet Bouygues Telecom, en ce qui concerne la notion d hyperlien sonore. Cependant une démarche plus systématique a été mise en place afin de définir les caractéristiques acoustiques nécessaires pour produire un bon soulignement sonore (problématique de la sonification). Dans ce but, des expériences ont été mises en œuvre afin de définir un cahier des charges acoustiques nécessaires pour réaliser un soulignement sonore. Trois groupes d expériences ont été menés en suivant le même protocole (voir «2.3.2. Projet Bouygues Telecom», page 66). Dans chaque groupe, une combinaison de paramètres a été
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 67 étudiée : 1) la Signature Spectrale les paramètres étudiés sont la hauteur (grave, médium, aiguë) et l étendue spectrale (étroite, large, très large), 2) le Niveau et la Position les paramètres étudiés sont le rapport d énergie entre le soulignement et le mot (faible, moyen, fort), et le décalage temporel entre le soulignement et le mot (anticipé, synchrone, postérieur), 3) l effet de Rampe et de Modulation les paramètres étudiés sont la durée de la rampe précédant le mot (longue, courte, absente) et le contour temporel du soulignement (modulé par le contour du mot, non modulé). L analyse des données a permis d effectuer une synthèse sous la forme d un cahier des charges acoustiques [Susini01f]. Les principaux résultats seront présentés au congrès ICAD, 2002. Participants : P. Susini, S. Vieillard. Collaborations internes : E. Deruty, L. Dandrel (équipe Design sonore). Collaborations extérieures : France Télécom R&D, Radio France Multimédia, Hyptique. Financement : ministère de l Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie. 2.3.4. Projet Klaxon Face à une demande croissante des constructeurs automobiles pour une plus grande personnalisation des sons d avertisseur, la société Klaxon cherche à créer de nouveaux sons. Cet objectif s articule en deux problèmes : 1) définir des nouveaux sons adaptés, 2) créer un dispositif permettant de produire ces sons. Une recherche doctorale financée par une bourse Cifre, effectuée en collaboration avec le laboratoire d acoustique de l Université du Maine (Laum), a pour but de répondre à ces deux questions. La première partie du travail, réalisée à l Ircam, étudie les sons de klaxon existants et spécifie les nouveaux sons. Après avoir étudié la validité d une étude en laboratoire, nous nous sommes intéressés à caractériser la perception du timbre des klaxons. Cette caractérisation a été réalisée en deux étapes. Une première expérience utilisant une méthode de catégorisation libre a permis de révéler parmi l ensemble des sons enregistrés une structure commune de neuf familles. Les analyses étaient effectuées par la technique des clusters hiérarchiques. Une seconde expérience de jugements de dissemblances, analysée par Clascal, a fait apparaître que les sujets utilisent 3 dimensions perceptives pour juger les sons de klaxon. Les deux premières dimensions, corrélées respectivement à la
68 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales rugosité et au centre de gravité spectral, permettent d expliquer les différences de perception des différents types de klaxon. La suite des travaux s oriente vers l évaluation de l efficacité des sons à véhiculer le sentiment d urgence, de manière à déterminer quels doivent être les invariants des sons pour réaliser la fonction d avertissement [Lemaitre01a]. Participants : G. Lemaitre (thèse), P. Susini, St. McAdams, S. Winsberg. Collaborations extérieures : Klaxon, Xavier Meynial (Laum, Université du Maine). Financement : Klaxon. 2.3.5. Projet Ecrins Ce projet se donne comme objectif de fournir à des professionnels du son (postproduction, assistants musicaux, compositeurs) un outil leur permettant de gérer de larges collections d échantillons sonores. Le logiciel Ecrins devra permettre à terme de faciliter cette gestion en proposant une taxinomie des objets sonores, une classification automatique (fondée sur des descripteurs calculés) et une intégration de la subjectivité perceptive de chaque utilisateur. Une validation expérimentale des descripteurs dits «morphologiques» a été effectuée. Quinze personnes représentatives des utilisateurs potentiels du logiciel Ecrins ont passé un test d écoute assisté par ordinateur divisé en trois tâches : catégorisation et descriptions libres, tracé de profils et reconnaissance de portraits verbaux. On a ainsi pu mettre en valeur à la fois le caractère reconnu artificiel de l écoute «réduite» (au sens que lui donne Pierre Schaeffer) mais également la puissance de la description morphologique (des utilisateurs initiés peuvent reconnaître des sons relativement proches par la simple lecture de leurs portraits verbaux [Faure01a]). De plus, des tests de corrélations entre descripteurs de «bas-niveau» (calculés selon les spécifications de P. Tisserand) et leurs équivalents perceptifs ont montré qu il était possible de calculer des profils dynamiques et mélodiques perceptivement valides. Cette première phase de travail a donné lieu à deux documents texte [Rioux01a,b], ainsi qu un document hypertexte rassemblant les résultats des tests et échantillons sonores [Rioux01c]. Participants : V. Rioux, P. Susini, B. Smith, S. Vieillard, St. McAdams. Collaborations internes : P. Tisserand, X. Rodet (équipe Analyse/ synthèse), E. Deruty (équipe Design sonore), équipe Services en ligne.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 69 Collaboration extérieure : Ina-GRM. Financement : projet Ecrins. 2.4. Cognition musicale A un niveau supérieur de traitement des informations auditives, se situent les processus perceptifs et cognitifs impliqués dans la compréhension et l appréciation de la musique elle-même. Ce projet aborde à la fois la musique contemporaine occidentale et des comparaisons interculturelles de la perception musicale chez les occidentaux et les maghrébins à l écoute des musiques des deux cultures. Une des grandes opérations au sein de ce projet a été la production musicale The Angel of Death de Roger Reynolds, créée au festival Agora en juin 2001, avec un concert-atelier lors duquel une expérience en temps réel a été menée pendant l exécution de l œuvre. La problématique scientifique étend les travaux précédents dans le domaine de la similarité musicale [Matzkin01a, McAdams01d] et concerne plus particulièrement le suivi du processus de composition de la pièce, la perception de la similarité des matériaux musicaux et sa contribution à l expérience de la grande forme en musique, les processus de reconnaissance de matériaux musicaux transformés, l apprentissage implicite de structures musicales contemporaines et la perception de la musique au cours du temps. Un symposium spécial sera dédié à ce projet (sept présentations plus l écoute de l œuvre) lors du 7th International Conference on Music Perception and Cognition à Sydney, Australie en juillet 2002. 2.4.1. Observation, documentation et analyse du processus de création Roger Reynolds a une méthode de travail très systématique [Reynolds02a] qui se prête bien à une analyse extérieure. Il a gardé des cahiers remplis de notes abondantes et datées sur l évolution de sa pensée sur l œuvre, ainsi que toutes les esquisses, plans et développements pré-compositionnels. Compris dans ces éléments se trouvent des caractérisations verbales des matériaux, des idées générales et des résumés de lectures pertinentes, des représentations visuelles de textures et de configurations (qu il appelle des «cartes de
70 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales texture»), spécifications des «palettes» de hauteurs, tableaux de proportions numériques utilisées pour les nombres d éléments dans les accords et les textures, ainsi que pour la dérivation des durées de notes et de sections. De plus, plusieurs heures d entretiens sur des aspects spécifiques du processus compositionnel ont été enregistrées avec le compositeur, ainsi qu avec Frédéric Voisin, son assistant musical, pour la partie électroacoustique. L analyse de ces éléments (en cours) porte sur la caractérisation de la grande forme de la pièce, des matériaux thématiques et les processus cognitifs de résolution de problèmes compositionnels liés à trois aspects de l œuvre. Le premier concerne les contraintes imposées par le besoin de composer les cinq matériaux thématiques principaux pour deux instrumentations différentes : piano solo et orchestre de chambre avec seize musiciens. Le deuxième concerne le fait que la pièce est composée en deux moitiés qui ont été conçues avec un cadre temporel identique. Une moitié (S pour section) est conçue avec des frontières claires entre sections, certaines sections correspondant à un matériau thématique donné, d autres à des combinaisons de matériaux de différents thèmes ou à des transitions entre deux thèmes. L autre moitié (D pour domaine) est plus diffuse dans son effet puisque sa conception implique des domaines d influence de thèmes qui se chevauchent dans le temps. Le problème compositionnel à résoudre concerne la conception de ces deux moitiés comme instanciations distinctes des mêmes matériaux de base. Le troisième problème concerne le fait que la pièce peut être jouée dans deux versions, S-D ou D-S. Mais, la partie électroacoustique de l œuvre (sons traités par ordinateur invoquant l ange de la mort) se présente toujours pendant la deuxième moitié. Elle doit être conçue pour accompagner les deux moitiés malgré leurs grandes différences. Participant : St. McAdams. Collaboration interne : F. Voisin, assistant musical. Collaboration extérieure : R. Reynolds (Université de Californie à San Diego, USA). Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 71 2.4.2. Traitement des matériaux thématiques Classification et similarité des matériaux musicaux. L activité cognitive fondamentale que constitue le traitement des matériaux musicaux de l œuvre contemporaine The Angel of Death a été explorée sur la base d un paradigme expérimental visant à spécifier les critères perceptifs et cognitifs présidant au regroupement des matériaux de l œuvre en fonction de leur identité thématique. L expérience a été conduite avec les versions piano ou orchestrée des cinq thèmes de l œuvre. Trente-quatre extraits correspondant aux sections des thèmes ont été présentés et regroupés en fonction de leur «air de famille musical» et chaque groupe a été décrit verbalement. Le nombre moyen de classes créé par les auditeurs musiciens et non musiciens est relativement proche du nombre de thèmes de la pièce. On note que certaines relations de similitude ou de dissemblance sont préservées avec le changement d instrumentation, alors que d autres sont considérablement modifiées. Une analyse du contenu des verbalisations témoigne d une multiplicité de critères perceptifs de classification allant de la prégnance de patrons rythmiques et de hauteurs à des qualités d atmosphère ou encore des dominances instrumentales. De manière générale, les données tendent à montrer que les auditeurs s attachent préférentiellement aux caractéristiques de surface des matériaux pour extraire leur similarité, plutôt qu aux aspects de la structure musicale (palette de hauteurs, champs harmoniques, etc.). Participants : S. Vieillard, St. McAdams, O. Houix. Collaboration extérieure : R. Reynolds (Université de Californie à San Diego, USA). Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche). Reconnaissance de thèmes avec changements d instrumentation. Cette expérience aborde l impact d un changement de timbre lié à un changement d instrumentation (piano versus orchestre) sur la mémorisation d extraits musicaux de l œuvre de Reynolds. Pour la moitié des sujets, cette tâche était relativement facile puisque le timbre n était pas changé. L autre moitié des sujets était informée que les extraits allaient être joués par une autre formation instrumentale et qu ils allaient devoir malgré tout reconnaître ceux qu ils venaient d entendre. Les résultats démontrent un très fort effet de la présence du
72 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales changement de timbre sur les performances de mémoire, ce qui souligne que la constance perceptive des thèmes à travers un changement de timbre est loin d être un fait allant de soi en musique contemporaine, contrairement aux affirmations fréquentes des compositeurs. Les musiciens qui ont des performances bien meilleures que les non musiciens en l absence de changement de timbre, ont des performances catastrophiques lorsque ce changement de timbre (non anticipé par les auditeurs) se produit. Cette interaction suggère que les musiciens codent des éléments très proches de la surface musicale, liés aux couleurs de sons et aux familles instrumentales. Participants : E. Bigand, S. Vieillard, St. McAdams. Collaborations extérieures : F. Madurell (Université de Paris IV), B. Poulin (Université de Bourgogne). Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche). Perception des fonctions thématiques L objectif des expériences réalisées ici était de tester la perception des implications structurelles des matériaux thématiques composant les cinq thèmes de The Angel of Death. Dans un premier temps, les auditeurs se familiarisent avec les thèmes sur lesquels ils doivent porter différents types de jugements perceptifs, esthétiques et sémantiques. Ensuite, on leur présente des paires d extraits issus de ces thèmes, chaque paire contenant le passage identifié par le compositeur comme «l élément noyau» du thème. Les sujets doivent indiquer si les deux extraits de la paire appartiennent au même thème et si oui, lequel des deux apparaît avant l autre dans la musique. La tâche fait intervenir donc la compréhension des implications structurelles de ces extraits. Les sujets parviennent avec difficulté, mais à des seuils supérieurs au hasard, à réaliser la tâche d appartenance, y compris les non musiciens. Seuls les musiciens répondent à des taux supérieurs au hasard à la seconde tâche de séquencement temporel. Les corrélations avec les mesures de similarité obtenues sur le même matériel dans l étude sur la classification des extraits montrent que ces performances sont en partie liées aux jugements de similarité. Les résultats les plus intéressants concernent des performances remarquables des petits groupes d auditeurs non musiciens, qui bien que ne connaissant absolument pas ce type de musique, et ne portant pas de jugements esthétiques très favorables, parviennent malgré tout à des performances de réussite dans les deux tâches aussi élevées que celles des meilleurs musiciens.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 73 Participant : E. Bigand. Collaborations extérieures : F. Madurell (Université de Paris IV), D. d Adamo, B. Poulin (Université de Bourgogne). Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche). 2.4.3. Traitement des variations ou transformation des thèmes La problématique de la perception de la similarité entre les matériaux de la pièce The Angel of Death s articule nécessairement avec celle du traitement cognitif des thèmes et de leurs variations puisque la relation entre les matériaux thématiques et leurs transformations électroacoustiques (segmentation du thème et d une réorganisation systématique de ces segments selon un algorithme paramétré) repose sur la communauté de matériaux. Cette relation est examinée du point de vue du traitement mnésique et plus précisément à partir de l hypothèse selon laquelle il existerait une relation en mémoire implicite entre les matériaux thématiques et transformés. La question posée est de savoir si l écoute préalable d extraits thématiques favorise la reconnaissance des transformations appliquées à ces mêmes thèmes. Cette hypothèse a été testée à l aide d un paradigme d amorçage impliquant deux types de transformations conçus par le compositeur (Splitz et Spirlz), produites par des algorithmes de segmentation différents. L amorçage a consisté d abord à présenter des extraits thématiques, puis à demander aux auditeurs de mémoriser des transformations d extraits transformés dont la moitié correspondait à ceux qui sont exposés au début. Ensuite, les auditeurs doivent reconnaître, parmi de nouvelles transformations, celles qu ils avaient mémorisées. Les résultats obtenus n ont pas permis de mettre en évidence un effet d amorçage sur la reconnaissance, soulevant la question de la qualité de la relation thème-transformation. Une seconde expérience a donc été conduite sur les mécanismes de rafraîchissement de la trace mnésique des transformations par leurs thèmes correspondants. Les résultats de cette seconde expérience révèlent l existence d un effet de rafraîchissement des thèmes sur les transformations de type Spirlz mais pas sur les transformations de type Splitz. En tenant compte des particularités des algorithmes de segmentation, ces derniers résultats encouragent à poursuivre de nouvelles expérimentations pour sonder la relation thèmetransformation.
74 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales Participants : S. Vieillard, E. Bigand, St. McAdams. Collaborations extérieures : R. Reynolds (Université de Californie àsan Diego, USA, Fr. Madurell (Université de Paris IV). Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche). 2.4.4. Réception au cours de l écoute de l œuvre Peu d études empiriques sur les œuvres musicales complètes ont abordé le traitement des matériaux musicaux par des auditeurs et leur réaction au cours du temps à l écoute de l œuvre. La nature de The Angel of Death et l intérêt exprimé par le compositeur pour l expérience formelle des auditeurs ont conduit à mesurer des jugements continus sur deux échelles lors de l écoute en laboratoire ou en situation de concert. La première échelle se réfère à la perception de familiarité des matériaux musicaux utilisés dans l œuvre par rapport à ce qui a été entendu lors de la seule écoute de la pièce. L autre concerne la force de l expérience émotionnelle générée par la musique. Lors de la création mondiale de l œuvre à Paris, les auditeurs ont été affectés à des boîtiers de réponse [Smith01a] avec un curseur glissant qui permettait des jugements continus sur l une des deux échelles : une échelle de «familiarité» relative à ce qui a été entendu depuis le début de la pièce, indépendamment de l histoire personnelle d écoute musicale de l auditeur et une échelle de «force émotionnelle» sur laquelle les réactions émotionnelles positives ou négatives d une force équivalente devaient être jugées identiques. Les données continues lors des concerts des 6 et 7 juin ont été enregistrées. Lors de chaque concert, les 2 versions de la pièce (S-D et D-S ; voir «2.4.1. Observation, documentation et analyse du processus de création», page 69) ont été jouées, mais dans les deux ordres (S-D puis D-S le 6 juin et D-S puis S- D le 7 juin). Avant le concert de création de The Angel of Death, l ensemble de cette technique a été affiné à l écoute d autres pièces de Reynolds par plusieurs expériences en situation de laboratoire (auditeur isolé). De plus, l ensemble du dispositif technique a été testé dans la salle de conférence de l Ircam avec le personnel de l institut participant comme auditeurs. Du fait de grandes différences dans les profils temporels ainsi enregistrés et dans l utilisation des échelles, les profils ont d abord été normalisés et soumis à une analyse qui visait à classer les auditeurs en
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 75 groupes ayant des profils semblables. L intérêt principal était le lien entre les profils et la structure musicale pour chaque groupe indépendamment. Les profils de familiarité avaient tendance à être des fonctions en paliers (réaction subite à un matériau reconnu ou à un nouveau matériau). De grandes différences entre groupes d auditeurs dans la sensibilité à l occurrence des variations musicales ont été trouvées. Les caractéristiques musicales qui génèrent un sentiment de familiarité varient des textures globales aux configurations mélodiques et rythmiques spécifiques. Les réponses de certains groupes correspondent étroitement à la structure musicale telle qu elle a été conçue par le compositeur en termes du développement des matériaux musicaux. Les profils de force émotionnelle étaient plus continus et démontraient une plus grande variabilité interindividuelle. De nouveau, certains groupes ont montré une plus grande correspondance entre les profils et la forme musicale conçue par le compositeur que d autres groupes. Participants : St. McAdams, B. Smith, S. Vieillard, E. Bigand, A. Frey. Collaborations internes : E. Fléty, A. Jacquinot (département Production). Collaborations extérieures : R. Reynolds (Université de Californie à San Diego, USA), Ensemble Court Circuit. Financement : ACI Cognitique (ministère de la Recherche). 2.4.5. Comparaisons interculturelles de la perception musicale Notre étude, qui propose d utiliser la psychologie expérimentale comme un fondement pour l analyse perceptive de la musique modale improvisée, tente, à la fois, d esquisser les possibilités de l écoute musicale modale et d élucider l ensemble explicite de procédures à l aide desquelles l interprète développe, en temps réel, les structures modales et organise les progressions temporelles, propres à l œuvre. L objet consiste à traiter les processus perceptifs et les schémas cognitifs culturels qui permettront à l auditeur de représenter la continuité du flux du temps musical de l œuvre et à décrire la dynamique de certaines «actions» auditives dans l analyse stylistique de la forme musicale modale arabe.
76 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales Par ailleurs, les résultats et les données psychologiques révélés dans l expérience s opposent à certaines contraintes perceptives qui se veulent universelles et qui échappent donc à toute forme de déterminisme culturel. L objet principal de notre étude est donc de confronter les nouvelles tendances de l ethnomusicologie et de la psychologie de la musique, qui portent précisément sur le phénomène de l acculturation et sur les différentes stratégies de l écoute musicale, pour étudier la relation entre perceptibilité et valeurs esthétiques de la musique modale. Contrairement à ce qui a été éprouvé avec pertinence par M. Imberty, dans le contexte de la musique tonale, la macrostucture en musique arabe ne coïncide pas avec la «structure de réduction des prolongations» de la théorie générative de Lerdahl et Jackendoff (1983). Nos résultats attestent que le schéma simplifié de la structuration du temps et la représentation mentale de la progression temporelle prennent des formes spécifiques selon le contexte et le style musical. Les auditeurs ne possèdent pas la même série de règles mentales et ils n ont pas la capacité à tirer la même signification structurelle de la musique. Participant : M. Ayari (postdoctorat). Financement : Fondation Fyssen. 2.5. Outils Les recherches sur des problématiques nouvelles, comme la caractérisation des espaces perceptifs, les séries temporelles de réponses ou l indexation multimédia nécessitent que l on forge des outils nouveaux. Ceux-ci constituent à leur tour des avancées dans leurs domaines respectifs, et dans la mesure où ils sont conçus avec généralité, ils sont susceptibles de servir à d autres applications, voire de former la base de produits. 2.5.1. Outils mathématiques pour l analyse de données Données manquantes pour l analyse multidimensionnelle de proximités On peut définir l analyse multidimensionnelle de proximités (MDS) comme un ensemble de modèles multivariés qui représentent des objets ou stimuli comme des points ou des vecteurs dans un espace multidimensionnel. EXSCAL est un algorithme MDS développé par
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 77 Suzanne Winsberg et J. Douglas Carroll. En 2000, ce logiciel a été modifié pour incorporer les données manquantes, en utilisant un algorithme EM. Cette année, la performance de cette nouvelle version de l algorithme a été évaluée sous plusieurs conditions : pour différents niveaux d erreur, pour différents nombres de données manquantes et pour différentes distributions des données manquantes. Participante : S. Winsberg. Collaborations extérieures : J. D. Carroll, U. Atachuk, M. Arrufat (Université Rutgers, USA). Nouvelle technique pour déterminer le nombre de classes dans les modèles de classes latentes comme CLASCAL Des modèles de classes latentes ont été explorés et utilisés dans plusieurs contextes et dans toutes ces applications il a été démontré que cette approche est utile pour révéler des différences systématiques entre les classes de manière économique. Cependant, bien déterminer le nombre approprié de classes latentes est très important. Jusqu ici, un test de Hope a été utilisé. Cette nouvelle technique emploie le bootstrap. En 2001, les tests de validation ont été poursuivis. Nous avons trouvé des résultats équivalents à ou meilleurs que le test de Hope. Participante : S. Winsberg. Collaboration extérieure : G. De Soete (Université de Gand, Belgique). Le bootstrap des paramètres de CLASCAL Ce projet vise à utiliser le bootstrap pour déterminer la stabilité des coordonnées des stimuli qui résultent d une analyse des proximités (MDS), telle que CLASCAL. On développe un bootstrap qui donne des résultats, vérifiés par une analyse Monte-Carlo, qui sont beaucoup plus fiables que ceux qui existent actuellement. Participante : S. Winsberg. Collaboration extérieure : G. De Soete (Université de Gand, Belgique). Les deux projets suivants s inscrivent dans le cadre de la «fouille de données» (data mining) et de l «extraction de connaissances de grandes bases de données». De plus en plus, on a besoin de traiter un très grand nombre de données. Dans ce cas, il peut être avantageux d agréger les données. Cette approche a l avantage de réduire le nombre de données, mais les agrégats peuvent également avoir euxmêmes un grand intérêt. Quand les données sont agrégées, la table de données devient plus complexe, car les données contiennent de la
78 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales variation interne et sont structurées. Un casier de cette table peut contenir un intervalle, un histogramme, plusieurs valeurs liées par une taxinomie, plutôt que comme classiquement une seule valeur d une variable quantitative ou une seule modalité d une variable qualitative. MDS des données d intervalles Nous développons une technique d analyse des proximités qui traite des données en forme d intervalles. Les données pour chaque paire de stimuli sont des valeurs minimale et maximale. Ces données peuvent être le résultat d un seul sujet qui donne un intervalle plutôt qu une seule valeur, ou des valeurs qui viennent d un ensemble de sujets. Le résultat de ce type d analyse est un hypercube occupé par chaque stimulus plutôt qu un point comme on trouve dans les analyses classiques. Cette technique permettra à la fois de traiter les données qui viennent d un très grand nombre de sujets et aussi d estimer la stabilité des résultats d une analyse MDS. Participante : S. Winsberg. Collaborations extérieures : E. Diday, O. Rodriguez (Université Paris- Dauphine). ACP des histogrammes L analyse par composantes principales (ACP) est une technique de réduction de dimensionalité classique. On traite normalement un ensemble d observations mesurées sur un certain nombre de variables. Ici chaque observation est un histogramme permettant de traiter un très grand nombre de données. Par exemple, une observation peut être une région de la France, qui, elle, englobe beaucoup de personnes. Cette technique s insère dans le domaine de la fouille des données. Participante : S. Winsberg. Collaborations extérieures : E. Diday, O. Rodriguez (Université Paris- Dauphine). 2.5.2. Développement de PsiExp Pendant l année 2001, les premières expériences psychoacoustiques ont été faites en utilisant le portage de PsiExp dans l environnement jmax. Dans jmax, l objet externe jwindow, l interface utilisateur de PsiExp, a beaucoup évolué. De nombreux paramètres des éléments de l interface (police, taille et position de texte, couleurs de texte et du fond, style d activation, affichage des images) sont sous le contrôle du programmeur. Plusieurs instances de jwindow (et donc fenêtres
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 79 multiples) sont possibles. L objet jwindow est utilisé par l objet psyche pour avoir la fonctionnalité de PsiExp, mais jwindow peut être aussi utilisé tout seul comme objet du patcher, piloté par des messages ordinaires. Un patch help est en cours de développement pour cette deuxième utilisation. Participant : B. Smith. 2.5.3. «Sound Descriptor Toolbox» L objectif est d organiser et documenter les outils développés par l équipe, les mettre à disposition au sein de l Ircam et à l extérieur et recenser et fournir des liens vers les ressources extérieures. Les obstacles sont l hétérogénéité de ces ressources et la difficulté de concilier les impératifs de stabilité et documentation avec ceux de l élaboration exploratrice d outils nouveaux. La solution retenue est une hiérarchie commune dans laquelle les outils (sources Matlab) et la documentation (fichiers HTML) coexistent, servie par un serveur HTTP et accessible par NFS depuis les stations de travail, et donc utilisable aussi bien comme bibliothèque Matlab que comme documentation WWW. Outre un ensemble de routines génériques de base, sont actuellement accessibles des outils d estimation de F0 (YIN) et de spectrogramme d excitation cochléaire et centroïde spectral (ERBspect). L accès depuis les clients WWW attend la réorganisation des serveurs HTTP de l Ircam. Participants : A. de Cheveigné, D. Pressnitzer, J. Marozeau. 2.5.4. ScaleTree : un outil d indexation multimédia La croissance rapide des données multimédia requiert leur indexation à l aide de métadonnées. Celles qui sont extraites automatiquement du contenu (spectre, fréquence fondamentale, etc.) sont particulièrement utiles, mais elles posent certains problèmes : le stockage est coûteux (si la résolution est fine), les besoins de résolution diffèrent selon les applications et au cours du temps, et pourtant toutes les applications ont besoin de trouver les métadonnées sous un format standard. Une solution à ce problème a été développée sous le nom de ScaleTree. Il s agit d une structure qui représente les métadonnées à une résolution arbitraire (pouvant être modifiée ultérieurement au besoin), tout en maximisant l interopérabilité entre résolutions différentes. La structure est destinée à être utilisée par chaque descripteur, auquel elle confère alors la propriété requise de
80 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales «scalabilité». Le ScaleTree offre une panoplie de statistiques (moyenne, variance, covariance, extréma, histogramme, etc.) permettant d implanter des algorithmes de recherche rapide. Il a été incorporé dans la partie audio de la norme MPEG-7 (sous le nom de Scalable Series) et sert de base à la plupart de ses descripteurs. Un brevet américain a été déposé [decheveigne01c]. Outre cette contribution à MPEG-7 Audio, nous avons conçu le noyau des descripteurs de signal («bas niveau»). Un deuxième brevet [decheveigne01f] a été pris sur un mécanisme qui permet l accès par un indice temporel à une structure hiérarchique de métadonnées (comme celle qu utilise MPEG-7), en d autres termes de trouver tous les descripteurs qui s appliquent à un instant donné. Cette fonctionnalité est importante notamment dans les applications de type streaming pour éviter une accumulation illimitée de métadonnées caduques. Participants : A. de Cheveigné. Collaboration interne : G. Peeters (équipe Analyse/synthèse). 2.6. Publications Articles dans des revues à comité de lecture [Bey02a] Bey C. et McAdams S., «Schema-based processing in auditory scene analysis», Perception & Psychophysics, à paraître. [Brown01a] Brown J., Houix O. et McAdams S., «Feature dependence in the automatic identification of musical woodwind instruments», Journal of the Acoustical Soceity of America, 109, 2001, p. 1064-1072. [decheveigne01p] de Cheveigné A. et Kawahara H., «YIN, a fundamental frequency estimator for speech and music», Journal of the Acoustical Soceity of America, à paraître. [McAdams01d] McAdams St. et Matzkin D., «Similarity, invariance and musical variation», Annals of the New York Academy of Sciences, 930, 2001, p. 62-76. [Neuert01a] Neuert V., Pressnitzer D., Patterson R. D. et Winter I. M., «The response of single units in the inferior colliculus of the guinea pig to damped and ramped sinusoids», Hearing Research, 159, 2001, p. 36-52. [Pressnitzer01d] Pressnitzer D., de Cheveigné A. et Winter I. M., «Perceptual pitch shift for sounds with similar waveform autocorrelation», Acoustical Research Letters Online, 3, 2001, p. 1-6.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 81 [Pressnitzer01f] Pressnitzer D., Meddis R., Delahaye R. et Winter I. M., «Physiological correlates of comodulation masking release in the mammalian VCN», Journal of Neuroscience, 21, 2001, p. 6377-6386. [Pressnitzer01b] Pressnitzer D., Patterson R. D. et Krumbholz K., «The lower limit of melodic pitch», Journal of the Acoustical Society of America, 109, 2001, p. 2074-2084. [Pressnitzer01e] Pressnitzer D., Winter I. M. et de Cheveigné A., «Physiological correlates of the perceptual pitch shift for sounds with similar waveform autocorrelation», British Journal of Audiology, à paraître. Direction d ouvrages [Reynolds02a] Reynolds R., Form and Method : Composing Music. The Rothschild Lectures, St. McAdams, éd., London, Contemporary Music Studies, Harwood Academic Press, à paraître. Chapitres dans des ouvrages collectifs [decheveigne00a] de Cheveigné A., «L analyse de scènes auditives computationnelle», La parole, des modèles cognitifs aux machines communicantes. Développement, J. Mariani, éd., Paris, Hermès, à paraitre. [Faure01a] Faure A. et McAdams S., «Des sons aux mots : comment parle-t-on du timbre musical?», Langage et pensée : 10ème Séminaire Jean-Louis Signoret, F. Viader et F. Eustache, éds., Bruxelles, De Boeck, 2001. [Krumbholz01a] Krumbholz K., Patterson R. D. et Pressnitzer D., «The perception of periodicity near the lower limit of pitch», Physiological and Psychophysical Bases of Auditory Function, A. J. M. Houtsma, A. Kohlrausch, V. F. Prijs et R. Schoonhoven, éds., Maastricht, Shaker Publishing BV, 2001, p. 75-82. [McAdams01c] McAdams St. et Drake C., «Auditory perception and cognition», Stevens Handbook of Experimental Psychology : Vol. 1. Sensation and Perception, H. Pashler et S. Yantis, éds., New York, Wiley, 2002, p. 397-452. [Meddis01a] Meddis R., Delahaye R., Fantini D., Winter I. M. et Pressnitzer D., «A model of a brainstem circuit that might be involved in comodulation masking release», Physiological and Psychophysical Bases of Auditory Function, A. J. M. Houtsma, A. Kohlrausch, V. F. Prijs et R. Schoonhoven, éds., Maastricht, Shaker Publishing BV, 2001, p. 252-257.
82 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales [Pressnitzer01c] Pressnitzer D. et Patterson R. D., «Distortion products and the perceived pitch of harmonic complex tones», Physiological and Psychophysical Bases of Auditory Function, A. J. M. Houtsma, A. Kohlrausch, V. F. Prijs et R. Schoonhoven, éds., Maastricht, Shaker Publishing BV, 2001, p. 97-104. Résumés publiés dans des revues à comité de lecture [decheveigne01a] de Cheveigné A., «Running autocorrelation model of F0 estimation», Journal of the Acoustical Society of America, 2001, p. 2417. [Marozeau01a] Marozeau J., de Cheveigné A., McAdams St. et Winsberg S., «The perceptual interaction between the pitch and timbre of musical sound», Journal of the Acoustical Society of America, 109, 2001, p. 2288. Actes de congrès [Lemaitre01b] Lemaitre G., Vergez C., Rodet X. et Caussé R., «Physical modeling of oboe-like instruments : influence of the bore conicity and of the pipeneck after the double reed», Proceedings of SCI 2001, 10, 2001, p. 563-568. [decheveigne01h] de Cheveigné A. et Kawahara H., «Comparative evaluation of F0 estimation algorithms», Eurospeech, 2001, p. 2451-2454. [decheveigne01i] de Cheveigné A., «Generalized Correlation Network model of auditory processing», Workshop on Consistent & Reliable Acoustic Cues for Sound Analysis, 2001. [decheveigne01q] de Cheveigné A. et Pressnitzer D., «Generalized correlation network», Hearnet Workshop, May 2001, 2001. [Dufournet01a] Dufournet D., Susini P., Slama M. et McAdams St., «An annoyance meter for squeak-and-rattle diagnostics», 17th International Congress on Acoustics, Rome, vol. X, session 8_10, 2001, p. 38-39 [CD-ROM]. [Junker01a] Junker F., Susini P., Cellard P. et Martin N., «Sensory evaluation of air-conditioning noise : Comparative analysis of two methods», 17th International Congress on Acoustics, Rome, vol. III, session 6_09, 2001, p. 22-23 [CD-ROM]. [Susini01a] Susini P., Perry I., Winsberg S., Vieillard S., McAdams St. et Winsberg S., «Sensory evaluation of air-conditioning noise : Sound design and psychoacoutic evaluation», 17th International Congress on Acoustics, Rome, vol. III, session 6_09, 2001, p. 20-21 [CD-ROM].
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 83 Travaux universitaires [Caclin01a] Caclin A, Etude de la perception du timbre musical : Psychophysique et imagerie cérébrale, École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, mémoire de DEA (Sciences Cognitives), 2001. [Matzkin01a] Matzkin D., Perception de similarité de mélodies tonales et non tonales : étude pluridisciplinaire, École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, thèse de doctorat (Sciences Cognitives), 2001. [Wulfrank01a] Wulfrank T., Etudes des aspects temporels du masquage auditif : Expériences et modélisation, Université de Paris VI, mémoire de DEA (Atiam), 2001. Rapports de recherche [Lemaitre01a] Lemaitre G., Susini P., McAdams St. et Winsberg S., Etude de l effet du mode de fixation des avertisseurs sonores automibles sur la perception du son, rapport intermédiaire, contrat Klaxon-Ircam- Université du Maine, 2001. [Rioux01a] Rioux V., Projet Ecrins/validation expérimentale : problématique, rapport Ecrins PCM-VR-TEX-001V4, 2001. [Rioux01b] Rioux V., McAdams S., Smith B., Susini P. et Vieillard S., Projet Ecrins/validation expérimentale : phase I, descripteurs morphologiques, rapport Ecrins PCM-VR-RAP-001V2, 2001. [Rioux01c] Rioux V., Document hypertexte rassemblant résultats des tests et échantillons sonores, http ://iii/~rioux/, 2001. [Smith01a] Experimental setup for The Angel of Death, http :// www.ircam.fr/pcm/bks/death, 2001. [Susini01f] Susini P., Vieillard S., Marin C. et Smith B., Etude des Hyperliens sonores, rapport intermédiaire, projet RNRT, Radio.Thèm, 2001. [Susini01g] Susini P., Vieillard S., McAdams St. et Smith B., Elaboration d un modèle de détection automatique et d un estimateur de désagrément de bruits parasites, Predit, ministère de l Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, 2001. [Susini01h] Susini P., Vieillard S., Smith B. et Marin C., Projet de navigation vocale, rapport de fin de contrat, Bouygues Télécom, 2001. Diffusion de connaissances [McAdams01a] McAdams S., «Psychology of music : Perception/ Cognition : Timbre», The New Grove Dictionary of Music and Musicians, 2nd ed., S. Sadie et J. Tyrell, éds., London, Grove Music, 20, 2001, p. 538-539. [McAdams01b] McAdams S., «Le concert des sens reste sous le joug du biologique», Revue du Palais de la Découverte, 284, 2001, p. 53.
84 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales Brevets [decheveigne01c] de Cheveigné A., «Method for the scaling of the indexing data of a multimedia document», USA, 2001. [decheveigne01f] de Cheveigné A., «Méthode d indexation dans une structure de description multimédia», France, 2001. [decheveigne01e] de Cheveigné A., «Estimation de périodes fondamentales de sources concurrentes multiples notamment de son», France, 2001. [decheveigne01d] de Cheveigné A., «Procédé d extraction de la fréquence fondamentale d un signal sonore au moyen d un dispositif mettant en oeuvre un algorithme d autocorrélation», France, 2001. [Peeters01a] Peeters G., McAdams S., Susini P., Misdariis N., Krimphoff J. et Smith B. K., «Procédé de caractérisation du timbre d un signal sonore selon au moins un descripteur», France, 2001. 2.7. Autres activités Colloques et séminaires Caclin A. et McAdams S., «Etude de la perception du timbre musical : Psychophysique et IRMf», séminaire du département de Radiologie, SHFJ/CEA, Orsay, novembre 2001. Caclin A., Smith B. et McAdams S., «Etude de la perception du timbre musical : Psychophysique et imagerie cérébrale», Journées Annuelles du Réseau de Sciences Cognitives d Île-de-France, Paris, octobre 2001. de Cheveigné A., «Fundamental Frequency Estimation», séminaire du département de psychologie (Ray Meddis), Université d Essex, janvier 2001. de Cheveigné A., ICA and Hearing, séminaire NTT Communication Sciences Laboratory, Japon, novembre 2001. de Cheveigné A., ICA and Hearing, workshop CREST (Hideki Kawahara), Université de Tokyo, novembre 2001. de Cheveigné A. et Pressnitzer, D., «Generalized Correlation Network, réunion du réseau Hearnet», Université de Cambridge, mai 2001. [de Cheveigne01a, vérifier si ça colle avec les corrections de Sandrine]. de Cheveigné A., «The YIN method of fundamental frequency estimation», séminaire du Department of Design Information Sciences, Université de Wakayama, novembre 2001. de Cheveigné A., «The YIN method of fundamental frequency estimation», séminaire à ATR Spoken Language Information Processing Research Labs, Japon, novembre 2001.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 85 Houix O., «Auditory categorisation of sound sources», IPO, Center for User-System Interaction, Eindhoven, Pays-Bas, mars 2001. Houix O., «Catégorisation auditive des sources sonores», Séminaire Recherche et Création, Ircam, mai 2001. Houix O., «Classification d extraits musicaux», IV e Journées Jeunes Chercheurs en Acoustique Musicale, Ircam, mai 2001. McAdams S., «L approche psychomécanique : Détection et organisation d événements, reconnaissance d actions et d objets», Colloque «Objets et espaces sonores», Paris, mars 2001. McAdams S., «Organisation perceptive de l environnement sonore : du quotidien à la musique», Groupe Cerveaux et Machines, Institut Fredrik R. Bull, Louveciennes, mai 2001. McAdams S., Smith B., Vieillard S. et Bigand E., «Le projet Reynolds», séminaire Recherche et Création, Ircam, mai 2001. McAdams S., «Perception et reconnaissance des sources sonores», 9 e colloque de l École Doctorale Cerveau-Comportement-Cognition, Roscoff, septembre 2001 Winsberg S., «MDS of proximity data with psychoacoustic applications», atelier invité du Prague Sound Studio, Académie de Musique, République Czech, avril 2001. Winsberg S., «CONSCAL : Constrained multidimensional scaling», séminaire du Prague Sound Studio, Académie de Musique, République Tchèque, avril 2001. Winsberg S., «PDA and other techniques of FDA», conférence invitée, Université de Naples, octobre 2001. Présentations aux congrès de Cheveigné A., «Generalized Correlation Network model of auditory processing», workshop CRAC (consistent and reliable audio cues), Alborg, septembre 2001 [decheveigne01i]. de Cheveigné A. et Kawahara, H. Comparative evaluation of F0 estimation algorithms, conf. Eurospeech [decheveigne01h], Aalborg, septembre 2001. Dufournet D., Susini P., Slama M. et McAdams S., An annoyance meter for squeak-and-rattle diagnostics, 17th International Congress on Acoustics, Rome, septembre 2001. Junker, F., Susini, P., Cellard, P. et Martin, N., Sensory evaluation of air-conditioning noise : Comparative analysis of two methods, 17th International Congress on Acoustics, Rome, septembre 2001.
86 BILAN 2001 : Perception et cognition musicales Marozeau J., de Cheveigné A., McAdams St. et Winsberg S., The perceptual interaction between the pitch and timbre of musical sound, 141st Meeting of the Acoustical Society of America, Chicago, IL, USA, juin 2001. Susini P., Perry I., Vieillard S., Winsberg St. McAdams, S. et Rodet, X., Sensory evaluation of air-conditioning noise : Sound design and psychoacoustic evaluation, 17th International Congress on Acoustics, Roma, septembre 2001. Subventions et contrats actifs en 2001 Système de détection et de caractérisation des bruits "squeaks and rattles" (P. Susini, St. McAdams, B. Smith, S. Vieillard en collaboration avec 01dB, Métravib, PSA, Plastic Omnium), programme Predit (ministère de l Aménagement du Territoire et de l Environnement), janvier 2000-décembre 2001. Composition et cognition musicales : Création, perception, appréciation (St. McAdams, E. Bigand, S. Vieillard, B. Smith en collaboration avec R. Reynolds, Université de Californie à San Diego ; Fr. Madurell, Université de Paris IV ; B. Poulin, D. d Adamo, Université de Bourgogne ; J.-M. Chouvel, Université de Reims), programme Cognitique du MRT, novembre 2000-octobre 2002. Etude de laperception des sons d avertisseurs d automobiles. Application au contrôle de sons d avertisseurs électrodynamiques nonlinéaires (G. Lemaitre, P. Susini, St. McAdams, S. Winsberg en collaboration avec X. Meynial, Université du Maine ; G. Hurst, B. Letinturier, SCE Klaxon), SCE Klaxon, octobre 2000-mars 2002. Aspects mécaniques, psychophysiques et cérébraux de la perception des sources et événements sonores (St. McAdams, A. Caclin, B. Smith en collaboration avec M-H. Giard, INSERM ; A. Chaigne, ENSTA), programme CTI du CNRS, décembre 2001-novembre 2004. Bases neurales de l illusion de continuité auditive (D. Pressnitzer, A. de Cheveigné, St. McAdams en collaboration avec R. Ragot, S. Baillet, A. Ducorps, D. Schwartz, LENA-CNRS ; I. Winter, Univ. Cambridge ; C. Vergez, LMA-CNRS), programme CTI du CNRS, décembre 2001- novembre 2004. Projet de navigation vocale (P. Susini, S. Vieillard, B. Smith, C. Marin en collaboration avec l équipe Design sonore), Bouygues Télécom, avril 2001-juin 2001. Radio thématique personnalisable en ligne sur le Web (Radio.Thém.) (P. Susini, S. Vieillard, E. Deruty, L. Dandrel en collaboration avec France Télécom R&D, Radio France Multimédia, Hyptique), programme RNRT du MRT, janvier 01-mars 2002.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 87 Participation aux projets Ecrins et Cuidado. Jurys universitaires Legros L., (thèse de Mécanique) Université Aix-Marseille II, décembre 2001 [S. McAdams, rapporteur]. Matzkin D., (thèse de Sciences Cognitives) EHESS, décembre 2001 [S. McAdams, directeur de thèse]. Clément S., (thèse de Neurosciences) Université Bordeaux II, décembre 2001 [S. McAdams, rapporteur]. Baruch C., (HDR de Psychologie) Université de Paris V, décembre 2001 [S McAdams, rapporteur]. Organisation de rencontres scientifiques Pressnitzer P. et Drake C. (organisateurs), Atelier «Perception et cognition auditives (PECA)», Réseau de Sciences Cognitives de l Île-de- France, plusieurs séances au cours de l année, Paris et Boulogne- Billancourt. Pressnitzer D. et Baillet S. (organisateurs), Colloque international du Réseau de Sciences Cognitives de l Île-de-France «Magnétoencéphalographie et audition», mars 2001, Paris. McAdams St. et Reynolds R. (organisateurs), Colloque scientifique du festival Agora, «Forme et temps : La perception au fil de l œuvre», Ircam-Centre Pompidou, Paris, juin 2001. Enseignements dispensés en Perception et cognition auditives Houix O., Perception et surdité, M.S.T Interprétation en langue des signes, Université Paris-Dauphine, 2001. McAdams S., Membre du Conseil Pédagogique, programme doctoral en Sciences Cognitives, EHESS/Université de Paris VI/ENS/ Polytechnique. McAdams S., Perception et cognition auditives, Magistère de Biologie, ENS. McAdams S., Introduction to the psychology of music, Master class, Civica Scuola di Musica di Milano. Pressnitzer D., Psychoacoustique, DEA Atiam, Université de Paris VI/ Aix Marseille 2. Pressnitzer D., Psychoacoustique, DEA Acoustique Appliquée, Université du Maine. Pressnitzer D., Psychoacoustique, Institut supérieur d électronique du Nord (ISEN, Lille).
88 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons Susini P., Qualité et environnement sonores, CEAA/DESS Acoustique Architecturale, École d Architecture de Paris-La-Défense/Université de Paris VI. Susini P., Méthodes de détection et de caractérisation des bruits. Journées de formation 01dB, Paris. Participation aux Conseils et Bureaux McAdams S., membre du Conseil d administration, Société Française d Acoustique. McAdams S., membre du Conseil technique du groupe Acoustique Musicale, Acoustical Society of America. McAdams S., membre du Conseil scientifique, Réseau de Sciences Cognitives d Île-de-France. Susini P., membre du bureau du Groupe Audition, Société française d Acoustique. Participation aux comités de rédaction de revues scientifiques McAdams S., Consulting editor, Cognition. McAdams S., Associate editor pour l acoustique musicale, Journal of the Acoustical Society of America. McAdams S., Associate editor, Music Perception. McAdams S., Rédacteur en chef adjoint pour la France, Contemporary Music Review. 3. Analyse et synthèse des sons Responsable : Xavier Rodet L équipe Analyse/Synthèse mène des recherches et développements sur l analyse, la transformation et la synthèse des signaux sonores. L analyse de sons comprend toutes les méthodes permettant d extraire et de structurer automatiquement différents types d informations du signal, comme la fréquence fondamentale ou les évolutions spectrales, qui déterminent la hauteur et le timbre du son perçu. Bien d autres informations non strictement musicales intéressent des domaines comme l acoustique industrielle, le design sonore et le multimédia à des fins, par exemple dans ce dernier cas, d indexation. Ces méthodes
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 89 sont fondées sur le traitement du signal, les statistiques, la théorie de l information, les techniques d apprentissage et la reconnaissance des formes mais aussi sur la connaissance de la perception auditive et de la production sonore par les systèmes acoustiques. La transformation et la synthèse des sons permettent de répondre d abord aux demandes des musiciens pour la création de nouveaux sons et de nouvelles musiques. Un exemple typique est la synthèse d un chœur virtuel par ordinateur sur la scène d un opéra. Transformation et synthèse des sons trouvent également de nombreuses applications dans des domaines comme la téléphonie mobile, les jeux vidéos, l aide à la navigation ou la réalité virtuelle en général. Analyse et synthèse requièrent la conception et de développement de modèles du signal sonore, par exemple le modèle du signal d un violon ou d une automobile et de modèles des systèmes acoustiques, par exemple le modèle du fonctionnement physique de la trompette. Ces modèles sont implantés dans des programmes informatiques exécutés par des ordinateurs PC ou Macintosh. Enfin, l équipe développe des logiciels mis à la disposition d utilisateurs musiciens mais aussi ingénieurs du sons, acousticiens et amateurs. Les travaux de recherche des années précédentes ont abouti entre autres à deux thèses soutenues en 2001. Des avancées importantes ont ainsi été obtenues dans le domaine des modèles de signaux comme le modèle Pitch Synchronous Overlapp Add, la modélisation physique de la trompette ou la caractérisation des sons. Ce dernier domaine représente une activité nouvelle tant pour l équipe Analyse/synthèse que pour la communauté d informatique musicale en général. Son développement actuel est lié à celui du multimédia et des réseaux, à la création d œuvres visuelles et audio, et aux normes MPEG-4 ou MPEG-7. En collaboration avec d autres équipes de l Ircam, nous avons également contribué à l élaboration de la norme MPEG-7 et à la définition d autres standards comme le Sound Description Interchange Format (SDIF). Il n est donc pas surprenant que ce type d activité ait connu, pour l année 2001, une forte croissance avec trois projets, l un européen, un autre français et le dernier privé. Ceci n empêche pas d autres activités de recherche de connaître également des avancées importantes, en particulier sur l acquisition automatique des paramètres de contrôle, que ce soit par inversion des modèles ou par apprentissage, deux thèmes nouveaux pour l équipe. Enfin, l activité de
90 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons développement s est aussi intensifée autour de deux logiciels principaux pour les musiciens, dont un entièrement nouveau (AudioSculpt-2), qui comprennent tous deux une part d interface graphique utilisateur et une part de moteurs de calcul. Finalement le travail avec les musiciens, compositeurs et la pédagogie se traduit par de nombreuses œuvres et installations utilisant les travaux de l équipe, comme l opéra de P. Manoury, K..., créé en 2001. 3.1. Activités de recherche 3.1.1. Modèles de signaux Opérateur de réassignement et estimation de partiels Estimation du début des partiels Les opérateurs de réassignement constituent une méthode appropriée pour trouver le moment d initialisation d un nouveau partiel d un modèle additif. Cette application a été étudiée pour améliorer non seulement les performances d adaptation du modèle d analyse additive PBench, mais aussi les résultats du logiciel Additive. Quand le bloc courant de l analyse ne couvre qu une petite partie de la fenêtre, l initialisation ne peut pas être faite correctement à cause du manque du données. Deux indicateurs du degré de recouvrement de la fenêtre par le partiel ont été étudiés, l opérateur standard de réassignement du temps et l opérateur différentiel de l amplitude selon le temps normalisé par l amplitude elle même. On a montré qu en développant la formule mathématique du deuxième indicateur, on trouve un résultat intéressant : la dérivée de l amplitude selon le temps donne la même formule que la dérivée de la phase selon le temps, avec la différence que la première est la partie réelle de la valeur complexe et la deuxième en est la valeur imaginaire. En simulant les débuts de partiel avec différents types de transition, on a trouvé que les deux opérateurs sont presque équivalents. Et le seuil optimal a été déterminé pour que le partiel couvre la fenêtre au moins à moitié. Estimation de la fréquence et de la pente de fréquence pour un
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 91 partiel non stationnaire. La seule solution connue pour estimer analytiquement la fréquence et sa pente à partir d une TFCT (transformée de Fourier à court terme) repose sur l utilisation d une fenêtre gaussienne. Dans ce cas, il existe un algorithme qui permet de détecter exactement la fréquence et sa pente. Cet algorithme a été étudié. On a trouvé que, à cause des effets de troncature de la fenêtre Gaussienne, l estimation n est suffisamment exacte que pour le cas d une taille de fenêtre très grande. Pour améliorer l estimation avec une taille de fenêtre normale, l utilisation de l opérateur de réassignement a été étudiée avec la contrainte de n utiliser que la fenêtre courante pour estimer la fréquence et sa pente. Deux solutions ont été trouvées. Dans le premier cas, on utilise le calcul des fréquences instantanées pour le pic dans la fenêtre courante et aussi dans la fenêtre décalée d un échantillon avant et après. Avec cette information, on obtient l estimation de la pente en utilisant l évolution de la fréquence pendant la durée de la fenêtre. L autre possibilité est de calculer la dérivée des opérateurs de réassignement au cours du temps. Le résultat peut être calculé exactement comme un opérateur de réassignement en utilisant deux nouvelles fenêtres. Les résultats sont les mêmes pour les deux cas. Si l on estime la pente fréquentielle pour une signal de parole, les vecteurs fréquentiels tracent clairement les partiels sinusoïdaux. Un problème est que la méthode fonctionne bien pour les fenêtres du type spline mais est moins robuste avec les fenêtre standard (Hamming, Hanning...). Apparemment, les fenêtres utilisées pour le calcul de la dérivée des opérateurs de réassignement sont nulles à la fréquence zéro et la robustesse dépend donc de la forme du pic central du spectre de la fenêtre. Cette dépendance doit être étudiée plus profondément. Modèle shape invariant pour la parole Le modèle shape invariant proposé par McAuley et Quartieri en 1992 a été étudié pour améliorer les résultats obtenus par les modèles additifs en traitement de la parole. Différentes méthodes de synchronisation de la phase pour les partiels ont été essayés avec le modèle additif PBench et un signal de parole simple contenant seulement de la parole voisée. Les résultats obtenus avec la méthode shape invariant sont toujours meilleurs que toutes les autres méthodes considérées et cette méthode est la seule qui a permis d obtenir une voix synthétique correcte lorsque la dilatation est très grande. Pour
92 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons cette étude, tous les informations nécessaires pour effectuer la synchronisation, notamment la sélection du partiel fondamental, ont été données à la main. A l avenir, un algorithme doit être développé pour n utiliser que les informations déjà contenues dans l ensemble des partiels. L application du modèle shape invariant dans le vocodeur de phase reste à étudier. Participants : A. Roebel, G. Peeters, X. Rodet. Estimation de la fréquence fondamentale avec des modèle probabilistes L estimation de la fréquence fondamentale est une étape clé de nombreuses analyses (additive, Psola, etc.). Il apparait nécessaire de disposer d un programme d estimation plus robuste et plus précis que celui existant à ce jour (F0). Le première étape a été consacrée a réimplanter la méthode de B. Doval en Matlab et à étudier la sensibilité des résultats obtenus aux paramètres du modèle. La nouvelle impléantation a aussi été faite de façon à permettre d étudier également d autres algorithmes d estimation probabilistes. Concernant le premier but, les stagiaires ont montré que le résultat obtenu dépend sensiblement du modèle de bruit. Le problème ici est que les paramètres sont inconnus et qu ils ne peuvent pas être estimés à partir des données. En conséquence, un nouveau modèle probabiliste a été développé en utilisant des paramètres qui sont plus directement relié aux paramètres du signal connu, par exemple la relation entre signal et bruit. Fondé sur plusieurs méthodes de caractérisation du signal développées par B. Doval, la nouvelle méthode utilise une mesure dedistance, la divergence de Kullback-Leibler suivant un modèle probalibiliste gaussien pour obtenir les probabilités des fréquences fondamentales considérées. Les résultats obtenus avec ce modèle ont une erreur du même ordre que l ancien modèle F0. Le but du troisième stage était d étudier plus profondément les résultats du nouveau modèle probabiliste. Les modèles de signaux utilisés ont été modifiés pour les rendre plus proches des spectres rencontrés. Afin de pouvoir comparer les résultats obtenus de façon efficace, l interface graphique associée au programme d estimation a subi quelques changements.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 93 Un avantage du modèle est que les paramètres du modèle peuvent être adaptés de façon simple pour optimiser la validité du résultat. Pour la première approche d adaptation, la décision a été prise d adapter seulement les paramètre du modèle gaussien de base, c est-à-dire la variance relative du bruit, celle relative aux fréquences probables et la pondération du bruit par rapport à ces fréquences. Ces paramètres permettent d adapter le modèle en utilisant seulement les distances déjà précalculées, ce qui rend l adaptation plus efficace. Un nouveau programme a donc été réalisé afin de calculer les gradients nécessaires. Participants : A. Roebel, M. Durand (stage), G. Peeters, X. Rodet. Synthèse concaténative par sélection d unités sonores Les différents aspects de ce travail sont l estimation, la classification et la structuration de paramètres, l utilisation d une base de données hétérogènes de sons et de caractéristiques, et une recherche sur la conception et l architecture logicielles fondées sur des composants réutilisables. La synthèse par concaténation et transformation d unités sonores, Caterpillar, a été présentée aux Journées jeunes chercheurs en acoustique musicale [Schwarz01b]. L année 2001 a vu deux développements importants : un système d alignement sonore (voir suivant) à été mis au point avec Nicola Orio (Systèmes temps réel) pour la segmentation des enregistrements d instruments et pour la préparation des bases d unités ; avec l aide de Sylvie Noël (stagiaire), une base de données relationnelle (sous PostgreSQL) a été conçue et mise au point. Elle est interfacée avec le système de synthèse concaténative Caterpillar par des extensions de Matlab qui accèdent au serveur de base de données PostgreSQL directement. Ceci permet le stockage sécurisé (concept de transactions) de grandes quantités de données. Participants : X. Rodet, D. Schwarz (thèse), S. Noël (stage), G. Peeters, W. D Haes, A. Roebel. Collaboration interne : N. Orio (Systèmes temps réel). Alignement d un enregistrement avec sa partition L alignement de musique consiste à obtenir l association d événements dans une partition avec les temps correspondant d un signal audio de la musique correspondante. Le signal est donc segmenté selon les événements de la partition. Une nouvelle méthode d alignement automatique a été développée, en utilisant la méthode de
94 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons «Dynamic Time Warping» (DTW). Elle utilise la structure des pics spectraux, augmentée par un modèle d attaques et de silence. Cette technique peut traiter des signaux audio considérés comme difficiles à aligner, comme la musique polyphonique, des trilles, ou des séquences rapides. Une optimisation de la représentation du chemin d alignement rend la méthode applicable aux fichiers sonores volumineux. Cette méthode a été décrite et présentée dans [Schwarz01a]. Participants : X. Rodet, D. Schwarz (thèse). Collaboration interne : N. Orio (Systèmes temps réel). Orgue du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles En parallèle à la construction de l orgue du Palais des Beaux-Arts (PBA) de Bruxelles par G. Westenfelder et la société Syncordia, l Ircam a été chargé de concevoir le prototype d un système de synthèse sonore pouvant s adjoindre à l orgue (de facture classique). Ce projet met en jeu les compétences des deux équipes Acoustique des salles et Analyse/ synthèse. L équipe Analyse/synthèse des sons a préparé un ensemble de procédures permettant d analyser finement un corpus d échantillons sonores prélevés sur un orgue acoustique. L analyse repose sur un modèle nouveau de séparation de sources déterministe (somme de sinusoïdes) et stochastique (bruit blanc filtré par des résonances). Ces analyses sont effectuées en utilisant les bibliothèques de l équipe (en particulier Pbench d Axel Röbel) et une extraction de f0 (yin, développée par Alain De Cheveigné, équipe Perception et cognition musicales). L analyse entièrement automatique d un ensemble d échantillons représentant un ou plusieurs registres a donc été validée. Ces analyses sont exportées en format SDIF. Une intégration dans Max/MSP au sein d un échantillonneur dédié est en cours. Participants : X. Rodet, V. Rioux. Collaborations internes : O. Warusfel (équipe Acoustique des salles), Alain de Cheveigné (équipe Perception et cognition musicales). Séparation de signaux audio monocapteur par des techniques statistiques Ce travail, mené en stage de DEA Atiam par B. Delezoide et E. Vincent, et poursuivi en thèse dans l équipe par E. Vincent, a pour but d extraire la partie jouée par chaque instrument (ou source) dans un enregistrement monocapteur d un mélange d instruments (ou de sources). L analyse en sous-espaces indépendants (ISA) sur le
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 95 spectrogramme est une méthode permettant de résoudre partiellement le problème dans le cas aveugle (on ne connaît rien des sources, ni des caractéristiques du mélange). Elle consiste à séparer le module du spectrogramme du signal en plusieurs composantes de spectres «indépendants» au sens statistique, puis à les regrouper selon des critères de distance entre ces spectres. Le stage de DEA a permis d implanter cette technique et d étudier de nombreux points encore flous sur ses hypothèses et son fonctionnement. De bons résultats ont été obtenus pour l analyse de bruits «naturels» ou l extraction d attaques, mais le modèle reste insuffisant pour une extraction de qualité des instruments d un extrait musical. Le travail de thèse a débuté par une étude bibliographique de la séparation de sources, et particulièrement des modèles permettant l utilisation de connaissances a priori sur les instruments pour améliorer la qualité de séparation (cas semi-aveugle). Deux directions ont pour l instant été retenues : l ISA (analyse par composantes indépendantes) et les modèles de Markov cachés (HMM). Une étude complémentaire du modèle de l ISA a fourni des résultats encourageants (prise en compte de l indépendance à la fois des spectres et des amplitudes temporelles des composantes, utilisation du spectrogramme complexe) et devrait se révéler utile dans le cadre des HMM (l apprentissage par HMM est facilité lorsqu on l initialise par une bonne approximation a priori). Participants : X. Rodet, E. Vincent (stage DEA, thèse), B. Delezoide (stage DEA), A. Roebel. Collaboration interne : groupe de travail sur la déconvolution aveugle de sources avec des participants des équipes Perception et cognition musicales et Acoustique des salles. Collaborations extérieures : J.-F. Cardoso (ENST), S. Dubnov (Université Ben Gourion, Israël), GdR ISIS équipe METISS (IRISA Rennes) et IRCCyN (École Centrale de Nantes). 3.1.2. Caractérisation des sons Projet Cuidado Dans le projet Cuidado, l équipe Analyse/synthèse est en charge de la description d échantillons et d enregistrements musicaux à partir de l analyse du signal sonore, et coordonne les activités des partenaires participant à cette tâche. Pour les échantillons, un ensemble de descripteurs, de procédures d extraction automatique, ainsi que de
96 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons relations permettant de déterminer des paramètres de haut niveau à partir de ces descripteurs ont été déterminés. Les descripteurs sont regroupés en grandes catégories comprenant descripteurs temporels, descripteurs d énergie, descripteurs du spectre, descripteurs harmoniques, descripteurs perceptifs. Ces descripteurs peuvent ensuite faire l objet d une modélisation de leur évolution temporelle. Ce dernier point doit encore être amélioré. Le résultat est ensuite utilisé pour des recherches par similarité de sons ou dans un système de classification automatique des sons en classe d instruments utilisant d une part l analyse factorielle discriminante afin de déterminer un nombre réduit de descripteurs pertinents et d autre part une classification de type probabiliste (modèle gaussien multidimensionnel) ou de type K Plus Proches Voisins. Une maquette de ces fonctionnalités à été proposée. Pour les échantillons, l équipe est en charge du développement d un système de reconnaissance d extraits musicaux dans une large base de données (Web Music Monitoring System) fondé sur la technologie appelée «signature sonore» ou «fingerprint». Les enjeux de cette année porté sur l évaluation du système pré-existant au projet et de son amélioration en rapport avec la résistance du système aux dégradations du son (variation de volume, compression, égalisation). Une maquette de ces fonctionnalités à été proposée. Participants : X. Rodet, G. Peeters. Collaborations internes : équipe Services en ligne, équipe Perception et cognition musicales. Collaborations extérieures : P. Herrera (Institut de l audiovisuel, Université Pompeu Fabra, Barcelone, Espagne), Shl. Dubnov (Université Ben Gourion, puis Université hébraïque de Jérusalem, Israël). Projet Ecrins Ce projet est réalisé dans le cadre d une collaboration entre l Ircam, l Ina-GRM et la société Digigram. L objectif du projet est de développer des outils, destinés aux professionnels de la production sonore, proposant différentes interfaces de navigation à travers une grande base de données d échantillons sonores à partir de descripteurs de haut niveau (recherche par contenu, édition). Dans le cadre de ce projet, un ensemble de méthodes de calculs de descripteurs a été établi
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 97 [Tisserand01b] [Tisserand01c]. Ces méthodes de calculs ont été implantées sous forme d une bibliothèque écrite en C++ qui a été intégrée dans le logiciel Xtrack du partenaire Digigram. La validation de certains de ces descripteurs a été effectuée en collaboration avec l équipe Perception et cognition musicales. La recherche d algorithmes de classification a débouché sur l implantation de prototypes sous Matlab. Ces prototypes sont en cours d implantation sous forme d une bibliothèque C++ afin d être incorporés dans les applications. Afin de pouvoir communiquer efficacement entre les différents partenaires, un logiciel permettant de stocker des informations dans les fichiers sons a été écrit. Il permet ainsi de manipuler facilement les fichiers sons tout en conservant une description de leur contenu. Participants : X. Rodet, P. Tisserand, G. Peeters. Collaborations internes : V. Rioux (équipe Perception et cognition musicales), E. Deruty (équipe Design sonore), équipe Services en ligne. Collaborations extérieures : Ina-GRM, Digigram. Projet Descripteurs pour la synthèse Dans le cadre d une thèse sur la génération et l utilisation de sons synthétiques dans des applications multimédia reposant sur la norme MPEG-4, le France-Télécom R&D (FT) développe un outil de génération de fichiers sonores au format Structured Audio (.mp4). L Ircam assure la direction de ce travail de thèse (X. Rodet). Cet outil devra permettre de synthétiser à terme toute une panoplie de signaux sonores susceptibles d être utilisés dans les applications intéressant FT. Il y a naturellement une profonde interaction entre ce projet, le projet Cuidado et le projet Ecrins. L outil comprend un système d analyse de signaux naturels et avec traduction en paramètres de bas niveau. La deuxième étape du travail nécessaire pour réaliser l outil de génération de fichiers sonores est faite par l équipe Analyse/synthèse dans le cadre d un contrat avec France Télécom R&D. Cette analyse doit permettre d extraire des paramètres de haut niveau, permettant aussi une caractérisation des signaux pour leur utilisation future dans des applications d indexation. Cette analyse a pour but essentiel de servir à la resynthèse d un signal perceptivement semblable au signal analysé, en dérivant les paramètres nécessaires à la synthèse à partir des paramètres de haut niveau. L ensemble des sons étant extrêmement vaste, il a été indispensable de se limiter à une classe de sons constituée
98 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons des sons de courte durée, de l ordre de quelques secondes, et ne présentant pas d évolution importante du timbre, tels que les notes isolées des instruments de l orchestre. Le calcul des descripteurs est fait au moyen de programmes prenant en entrée les descripteurs de bas niveau fournis par les programmes d analyse et fournissant en sortie les valeurs des descripteurs de haut niveau. Les descripteurs sont organisés de façon hiérarchique : plus on descend dans l arborescence, plus la qualité de re-synthèse est grande, au prix cependant d un surcoût en sensibilité et en capacité de stockage. La représentation de ces descripteurs est faite dans le dans le standard SDIF (cf. http :// www.ircam.fr/equipes/analyse-synthese/sdif/index.html.). Une base de données de sons destinée aux tests des programmes de calcul des descripteurs et à l évaluation des descripteurs a été constituée et les programmes évalués sur cet ensemble. Participants : X. Rodet, J.-P. Lambert, G. Peeters, P. Tisserand. Collaborations extérieures : J.-B. Rault et G. Fayemendi (France Télécom R&D). 3.1.3. Modèles physiques Méthodes d inversion de systèmes dynamiques, modèles de la production de la voix et d instruments de musique Pendant la première année de thèse, nous nous étions concentrés sur une étude bibliographique de la modélisation physique des vents et de la théorie des systèmes dynamiques. Ceci nous avait poussés à mettre notre système sous la forme de modèles paramétriques et particulièrement de systèmes différentiels non linéaires à retards (SAR), bien adaptés à l inversion. L échec lors de l identification sur un modèle de Prony, nous avait conduit à refaire une étude physique des résonateurs des vents : d abord sur le rayonnement (de type sphérique), puis sur le résonateur en l approchant par une concaténation de tronçons de cônes et en approchant le rayonnement par celui d une calotte sphérique. Durant la deuxième année de thèse, nous avons conçu puis appliqué un principe de changement de coordonnées implicites qui transforme une EDP (équation aux dérivées partielles) d une grandeur scalaire X(x,y,z,t) en une autre EDP d une grandeur X2(s,t) de façon équivalente. L application de cette méthode à l équation des ondes permet donc d améliorer sensiblement les méthodes trouvées dans la littérature, ainsi que celle précédemment
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 99 étudiée, tout en conservant une faible complexité algorithmique pour la simulation (permettant d envisager à terme le temps réel). Cette méthode nous a également permis de trouver des résultats physiques plus fondamentaux (systèmes de coordonnées particuliers, nouvelles justifications d approximations) et a pu être étendue à des modélisations plus complexes prenant en compte les phénomènes de couches limites ou de vibration de parois. Participants : X. Rodet, Th. Hélie (thèse). Collaboration interne : C. Vergez (équipe Acoustique instrumentale). Collaboration extérieure : École des Mines de Paris. Etude des écoulements dans les anches Bien que leur principe de fonctionnement soit similaire aux anches simples, les anches doubles présentent des particularités qui rendent leur étude plus complexe. Les modèles à anche simple doivent être modifiés pour inclure les détails physiques responsables des différences de son entre les deux types d anche. Cependant, les modèles conçus jusqu à présent pour les anches doubles semblent n avoir réussi qu à mettre en évidence la difficulté théorique et pratique posée par ces instruments et par les écoulements y ayant lieu. Le but de cette thèse est d arriver à un modèle physique pour les instruments à anche double, l étude physique de l instrument mettant l accent en particulier sur les caractéristiques de l écoulement d air entre les deux anches. Cela nous permettra d identifier les structures et phénomènes décisifs dans le fonctionnement de l instrument et d extraire des paramètres réalistes pour appliquer dans le modèle. Le travail de thèse a commencé par une étude bibliographique des modèles utilisés pour les anches simples et des recherches d explication pour le comportement particulier des anches doubles. Les idées les plus prometteuses indiquent que les différences se situent au niveau du couplage entre le jet et la colonne d air de l instrument, notamment au niveau du recollement éventuel du jet, de la récupération partielle de pression ou de la dissipation turbulente et/ou viscothermique le long des parois de l anche. Le matériel existant à l Ircam permet de faire des mesures du champ de pression oscillations et variations de pression statique le long de l anche et d observer le déplacement de l anche simultanément avec les mesures de pression. Les expériences menées jusqu à présent ont
100 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons mis en évidence les fluctuations de pression dues à la turbulence, et ses variations spatiales et temporelles, en particulier la corrélation entre l intensité des fluctuations et l onde acoustique. Dans le dernier trimestre un contact a été établi avec le LIMSI à Orsay, pour pouvoir faire des mesures de champ de vitesse de l écoulement dans l anche double, ou dans un modèle simplifié de celle-ci. En effet, les mesures de vitesse à anémométrie (Laser Doppler et par PIV corrélation d images de particules) sont très précises, mais imposent des contraintes sur les écoulements et sur les conduits qui les contiennent. Simultanément à ces études, on a développé un prototype de modèle de hautbois, qui reste néanmoins très simple. Il servira à tester les modèles déduits des expériences, ainsi qu à produire des hypothèses qu il faudra tester par d autres expériences. Ce prototype a été testé sous le logiciel Matlab, et il a été porté en C. L adaptation du code à jmax est en cours et une simulation en temps réel est envisageable à court terme. Ce modèle est constitué d un excitateur semblable à l anche simple, mais qui inclut des pertes de charge le long de l anche. Cela introduit un hystérésis dans la caractéristique pression/débit qui est responsable d un comportement de l anche qualitativement différent l anche peut, par exemple, transiter soudainement d un état ouvert à un état fermé. Ce modèle est couplé à une ligne à retard avec des filtres de réflexion et propagation pour simuler le résonateur. La complexité de l excitateur pose des problèmes pratiques pour la conception de la simulation numérique : il faut, en effet, résoudre trois équations différentielles non-linéaires par une méthode itérative. Participants : X. Rodet, A. Almeida (thèse). Collaborations internes : R. Caussé, C. Vergez, équipe Acoustique instrumentale. 3.1.4. Contrôle de la syntèse Etude du geste instrumental Marcelo M. Wanderley a fini sa thèse de doctorat sur le contrôle gestuel de la synthèse sonore et l interaction interprète-instrument dans le contexte du jeu instrumental avec des nouveaux instruments. La soutenance a eu lieu le 7 juin 2001 à l Université de Paris VI et le candidat a obtenu la mention maximale. Participants : X. Rodet, M. Wanderley (thèse).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 101 Collaboration interne : équipe Systèmes temps réel. Collaborations extérieures : P. Desain (Music Mind Machine Group, NICI, Université Nijmegen University, Pays-Bas), Ph. Depalle (Université McGill, Montréal, Canada). Méthodes par apprentissage pour l estimation des paramètres de contrôle d algorithmes de synthèse Dans le contexte de la recherche sur l estimation des paramètres de contrôle (Rapport d Activités 2000 et [D haes 01]), un nouvel algorithme est proposé pour la recherche des K plus proches voisins dans un espace multidimensionel. Cet algorithme peut se scinder en deux étapes : 1) décomposition hiérarchique ; 2) recherche dans la décomposition. La décomposition hiérarchique est réalisée en utilisant des hyperplans déterminés par analyse en composantes principales. Pour cette raison l algorithme a été nommé : séparation en composantes principales (principal component split). La recherche parcourt l arbre et évite d évaluer des nœuds qui ne peuvent pas contenir de plus proches voisins. On a montré que cette décomposition optimise la probabilité que des vecteurs qui sont proches soient groupés ensemble. Cette approche produit un algorithme très efficace. On a montré que pour un nombre de dimensions inférieur ou égal à 4, le temps de calcul croît de manière logarithmique avec le nombre de vecteurs. Deux article ont été proposés pour publication, l un pour une conférence [D Haes02b] et l autre pour un journal [D Haes01a]. Participants : X. Rodet, W. D Haes (thèse), Th. Hélie. Collaboration extérieure : Université d Anvers (Belgique). 3.2. Activités de développement 3.2.1. Développements généraux Développement du standard SDIF et de ses applications Ce standard de format de fichier, indépendant des plates-formes, extensible et en accès libre, spécifie très précisément les types de données de description des signaux audio et leur représentation. Il permet donc à des logiciels différents de communiquer immédiatement dès lors que leurs entrées/sorties sont conformes au standard. Il facilite
102 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons également la maintenance des fichiers de données grâce aux informations annexes encapsulées dans le fichier, et en permettant à des données hétérogènes de coexister dans un seul fichier. Une bibliothèque de fonctions C de lecture/écriture, ainsi que des applications, ont été développées et mises en licence «open source» LGPL sur le site de l équipe http ://ircam.fr/anasyn/sdif. Durant l année 2001, des extensions concernant la performance de la bibliothèque et la simplicité de son API (Application programming interface) ont été développées. D autres applications ont permis de faciliter l accès aux fichiers SDIF, par exemple une application d édition et visualisation graphique des données des fichier SDIF. La bibliothèque SDIF a connu diverses améliorations pour les utilisateurs. Le changement le plus important est la réorganisation de la gestion des types. A partir de la version 3.4, les types par défaut qui sont utilisés, s il n y a pas de fichier SdifTypes.STYP, sont les mêmes que les types définis par les fichier SdifTypes.STYP par défaut. De plus, tous les bugs rapporté par les utilisateurs extérieurs ont été résolus. Participants : A. Roebel, D. Schwarz, P. Tisserand. Collaborations extérieures : M. Wright (Cnmat, Université de Californie à Berkeley, USA). SuperVP Le logiciel Super-VP est un vocodeur de phase développé à l Ircam il y a une dizaine d années. C est le moteur de calcul utilisé en particulier dans le logiciel AudioSculpt. Il est apparu indispensable de pallier certains problèmes de la version actuelle, et d intégrer des améliorations apparues récemment dans la technique du vocodeur de phase. Ce travail vient en complément de la nouvelle version d AudioSculpt développée sur Macintosh. Le logiciel Super-VP a été réorganisé profondément afin de faciliter son fonctionnement propre. Les travaux ont été effectués en parallèle avec le développement d Audiosculpt 2.0. Concernant Super-VP, les modules de dilatation temporelle, de rééchantillonnage, de filtrage et d analyse (FFT et LPC) ont été retouchés, avec une réorganisation cependant limitée par la structure existante du logiciel. Malgré ces restrictions, plusieurs améliorations de l organisation interne ont été effectuées. Les résultats d une dilatation ou d un rééchantillonnage sont de haute qualité par rapport à celle des vocodeurs de phase standard. Une synchronisation
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 103 de phase a été implantée et a amélioré les fonctions de transfert pour les amplitudes des partiels non stationnaires. Les améliorations obtenues concernant la «phasiness» pour les signaux parole sont faibles et l implantation d un modèle «shape invariant» apparaît nécessaire. Participants : A. Roebel, D. Ralley. Collaboration extérieure : A. Lithaud. Outils de visualisation et d analyse de signaux Xspect Comme l ont montré encore de récents travaux de posttraitement pour des films, le logiciel de visualisation et d analyse de signaux Xspect, écrit en X/Motif sous Unix, est un outil quotidien essentiel aux travaux de l équipe (http ://www.ircam.fr/equipes/analyse-synthese/ xspect/index-e.html). Il a, en particulier, été nécessaire d améliorer et d accélérer le calcul et le tracé des sonagrammes. Certains problèmes de ce logiciel ont été résolus. Le changement le plus important est l utilisation de la bibliothèque libaudiofile pour accéder le fichier sons. Avec cette bibliothèque, plusieurs formats nouveaux sont accessibles avec Xspect. D autres travaux de fond ont été effectués sur le code, en particulier concernant la ré-initialisation des variables. Le traitement des couleurs pour le spectrogramme a été réimplanté. Participant : A. Roebel. Développement d une Interface graphique pour additive Pendant le projet de fin d études de Hans Van Gompel (Université d Anvers, Informatique) encadré par Wim D haes, une interface graphique pour additive a été réalisée en Java. De plus, l interface permet de visualiser les données SDIF. Ceci est réalisé par une couche logicielle d interface C (JNI, Java native interface) qui permet d utiliser la bibliothèque C existante. Participants : X. Rodet, W. D Haes (thèse), H. Van Gompel (stage). Collaboration extérieure : Université d Anvers (Belgique). 3.2.2. Développement sur Macintosh Logiciel AudioSculpt-2 Le développement de la toute nouvelle version du logiciel AudioSculpt a été poursuivi. Le cahier des charges a été élaboré en 1999-2000 par A. Ricci. L écriture du logiciel, commencée en 2000, a été poursuivie par D. Ralley en suivant les spécifications précises du cahier des charges et en collaboration avec le développement de
104 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons Diphone. En particulier, des classes C++ et des bibliothèques sont partagées par les deux logiciels, ce qui diminue la charge de développement et accélère la mise au point. Un prototype a été réalisé au printemps 2001, permettant de tester les choix et les résultats avec des collaborateurs de l Ircam. Une version expérimentale a été produite pour l automne 2001 pour être soumise à des béta-testeurs puis au Forum. De nouvelles versions ont été développées depuis. AudioSculpt-2 est d ores et déjà utilisable. Participants : X. Rodet, D. Ralley, A. Roebel, A. Lefèvre. Collaborations internes : équipes Production et Pédagogie. Collaboration extérieure : A. Lithaud. Logiciels Diphone-Studio Le développement de l ensemble Diphone Studio s est poursuivi et de nombreuses améliorations on été faites pendant l année 2001 : ajout de l analyse des enveloppes spectrales dans AddAn, prise en compte des enveloppes spectrales dans la synthèse additive ; implantation du langage de définition des actions effectuées sur les applications de Diphone-Studio ; possibilité de définir des enchaînements d actions (comme des analyse, des synthèses, la création et la synthèse d une séquence) dans ce langage, accepté et interprété par les applications de Diphone- Studio ; nouvelle méthode d analyse additive, Hidden Markov Model (HMM), en particulier pour les sons inharmoniques ; segmentation automatique des sons pour la définition des diphones et la création directe de dictionnaires ; exécution de plusieurs séquences en parallèle avec un temps commun, utilisant des plug-ins de synthèse quelconques ; possibilité de substituer des paramètres d une séquence dans un autre ; traitements (analyse et synthèse) de fichiers de sons jusqu à 24 bits. Participants : X. Rodet, A. Lefèvre, D. Ralley. Collaborations internes : équipes Production et Pédagogie.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 105 3.3. Informations annexes 3.3.1. Publications Articles parus dans des revues à comité de lecture [Vergez01] Vergez C. and X. Rodet, «Trumpet and Trumpet Player : a highly nonlinear interaction studied in the framework of nonlinear dynamics», International Journal of Bifurcation and Chaos, juillet 2001. [Rioux01] Rioux, V. & Västfjäll, D. (2001) «Analyses of Verbal Descriptions of the Sound Quality of a Flue Organ Pipe», in Musicae Scientae, Spring 2001, vol. V, Number 1, p 55-79. Actes de congrès avec comité de lecture [Orio01] Orio N., N. Schnell & M. Wanderley, «Input Devices for Musical Expression : Borrowing Tools from HCI», in Proceedings of the New Interfaces for Musical Expression Workshop (NIME) during ACM CHI 2001, Seattle, USA, avril 2001. [Wanderley01] Wanderley M., «Quantitative Analysis of Performer Non-Obvious Gestures», in Proceedings of the IV Gesture Workshop, Londres, avril 2001. [Schwarz01a] Orio N. and D. Schwarz, «Alignment of Monophonic and Polyphonic Music to a Score», in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [Rodet01] Rodet X. and F. Jaillet, «Detection and modeling of fast attack transients», in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [Hélie01a] Hélie T., C. Vergez et X. Rodet, conférence plénière invitée «Virtual Musical Instruments : Contribution to physical modeling and control of self-sustained instruments», in Proceedings of the 5th World Multi-Conference on Systemics, Cybernetics and Informatics, Orlando, International Institute of Informatics and Systemics, 2001. [Lemaitre01] Lemaitre01 G., C. Vergez, X. Rodet et R. Caussé, «Physical modeling of oboe-like instruments : influence of the bore conicity and of the pipe neck after the double reed», in Proceedings of the 5th World Multi-Conference on Systemics, Cybernetics and Informatics, Orlando, International Institute of Informatics and Systemics, 2001. [Roebel01b] Röbel A., «Adaptive additive synthesis using spline based parameter trajectory models», in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001.
106 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons [Vergez01a] Vergez C. et X. Rodet, «Trumpet and trumpet player : modelisation and simulation in a musical context», in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [Vergez01b] Vergez C. et X.Rodet. «Trumpet and trumpet player : physical modeling in a musical context.» (invited paper) ICA 2001, Rome, septembre 2001. [D haes01] D haes W. et X. Rodet X, «Automatic Estimation of Control Parameters : An Instance-Based Learning Approach», in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [Hélie01b] Hélie T., D. Matignon, «Damping models for the sound synthesis of bar-like instruments», in Proceedings of the 5th World Multi- Conference on Systemics, Cybernetics and Informatics, Orlando, International Institute of Informatics and Systemics, 2001. [Peeters01a] Peeters G., «Musical Timbre Similarity», AES 110th Convention Amsterdam (Holland), mai 2001. [Susini01] Susini P., I. Perry, S. Vieillard, S. Winsberg, St. McAdams, X. Rodet, «Sensory evaluation of air-conditioning noise : Sound design and psychoacoutic evaluation», ICA 2001, Rome, septembre 2001 [Wanderley01a] Wanderley M. and P. Depalle, «Gesturally Controled Digital Audio Effects», in Proceedings of the COST-6 Conference on Digital Audio Effects (DAFx-01), Limerick, Ireland, décembre 2001. [Wanderley01b] Wanderley M., «Gestural Control of Music», InternationalWorkshop Human Supervision and Control in Engineering and Music, Kassel, septembre 2001. [Wanderley01c] Wanderley M., M.H. Serra, M. Battier and X. Rodet, «Gestural Control at Ircam», in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [Wanderley01e] Wanderley M., and Th. Hélie, «Detailed Study on the Expressive Movements of Acoustic Instrument Performers with Applications to Human-Computer Interaction in Complex Multiparametric Contexts», 3rd Conference on Sensorimotor Controls in Men and Machines, Marseille, octobre 2001. Congrès de normalisation, congrès sans comité de lecture, et rapports [Tisserand01a] Tisserand P., «Result of CE on Timbre Similarity», ISO/IEC JTC 1/SC 29/WG 11, Pisa meeting, m6805, MPEG-7.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 107 [Tisserand01b] Tisserand P., and, X. Rodet, Calcul des descripteurs bas niveaux, rapport intermédiaire du Projet Priamm Ecrins, Ircam, Paris, juin 2000. [Tisserand01c] Tisserand P., and, X. Rodet, Rapport d avancement sur le travail sur les descripteurs, rapport intermédiaire du Projet Priamm Ecrins, Ircam, Paris, octobre 2000. [Peeters01C] Peeters G., «MPEG-7 Multimedia Content Description Interface», Part 4 : Audio (4.3.15-4.3.22, 5.3) ISO/IEC FCD 15938-4, Ircam, 2001. Travaux universitaires, mémoires, thèses, habilitations [Wanderley 01d] Wanderley M., Performer-Instrument Interaction : Application to Gestural Control of Sound Synthesis, thèse de doctorat, Université de Paris VI, juin 2001 [Peeters01B] Peeters G., Modèles et modélisation du signal sonore adptés aux caractéristiques locales, thèse Atiam, Ircam, July 2001. [Vincent01] Vincent E., Séparation de signaux audio : principes statistiques de l analyse en composantes indépendantes et applications au signal monophonique, rapport de stage de DEA Atiam, Ircam, juin 2001. [Delezoide01] Delezoide B., Analyse en sous espace indépendants pour la séparation de signaux audio, rapport de stage de DEA Atiam, Ircam, juin 2001. [Bailleul01] Bailleul S., Modélisation physique de guides d ondes à symétrie de révolution, rapport de stage de maîtrise de mathématiques appliquées, Université d Orléans, août 2001. [Noel01] Noel S., Mise en œuvre d une base de données de sons, rapport de stage de l École nationale supérieure d Electrotechnique, d Electronique, d Informatique, d Hydraulique de Toulouse, Ircam, août 2001. Article invité dans une revue [Vergez01c] Vergez C. et X. Rodet, «Etude d un système non linéaire musical», Sciences, avril 2001. Recensions d articles et propositions Recension en tant qu expert pour the Information Society Future and Emerging Technologies unit de la Commission européenne (X. Rodet). Recension pour SIGGRAPH 2001 (X. Rodet). Recension d un article pour le journal IEEE transactions on Signal Processing (X. Rodet). Recension d un article pour le journal OrganisedSound (X. Rodet). Recension de Research Proposal pour ISF, Israel (X. Rodet). Recension d une proposition en tant qu expert pour RIAM (X. Rodet).
108 BILAN 2001 : Analyse et synthèse des sons Recension de propositions pour la conférence ICMC (X. Rodet, G. Peeters). Diffusion de connaissances Organisation de la session Physical Modeling à la 5th World Multi- Conference on Systemics, Cybernetics and Informatics, Orlando, International Institute of Informatics and Systemics, 2001 (Th. Hélie et C. Vergez). Conférence de X. Rodet, «Outils de description de phénomènes sonores» au Collège Iconique de l Ina, juin 2000, publié dans Les cahiers du collège Iconique, Ina, 2001, pp 93-123. Mission invitée de X. Rodet à l Université de Santa Cruz, Californie, octobre 2001. Conférence au Digital Arts/New Media Focussed Research Activity group. Mission de X. Rodet à l Université de Berkeley, Californie, octobre 2001. Conférence «Détection de Transitoirs et Diphone Studio», au CNMAT. Cours de X. Rodet au DEA Atiam, «Modèles physiques et modèles de signaux». Conférence de Th. Hélie au Séminaires interne de recherche et création «Inversion d un modèle de lèvres dans les cuivres ; Modélisation de la propagation des ondes dans les cuivres et rayonnement», mars 2001. Conférence de G. Peeters au Séminaires interne de recherche et création «Modèles et modification du signal sonore adaptés à ses caractéristiques locales», octobre 2001. Conférence de A. Roebel au Séminaires interne de recherche et création «Additive analysis/synthesis using adaptive and reassignment techniques», octobre 2001. Conférence de B. Delezoide et E. Vincent au Séminaires interne de recherche et création «Séparation de signaux audio monocapteur par analyse en sous-espaces indépendants», novembre 2001. Conférence de J.P. Lambert au Séminaires interne de recherche et création «Descripteurs des sons pour la synthèse», novembre 2001. Jurys universitaires X. Rodet, président du jury de thèse de M. Wanderley, Université de Paris VI. X. Rodet, membre du jury de thèse de G. Peeters, Université de Paris VI. Travaux avec des compositeurs Opéra K... de P. Manoury (travaux de G. Peeters et X.Rodet)
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 109 Contrats contrat de recherche avec France-Télécom R&D sur les «Descripteurs pour la synthèse» ; contrat Européen IST CUIDAO ; contrat Ministériel Ecrins. 4. Représentations musicales Responsable : Gérard Assayag L équipe Représentations musicales est spécialisée dans la représentation symbolique des structures musicales, la composition assistée par ordinateur (CAO), la musicologie computationnelle et les langages et paradigmes informatiques adaptés à la musique. La réflexion sur les représentations de haut niveau des concepts et structures musicales, appuyée sur les langages informatiques originaux développés par l équipe, débouche sur l implantation de modèles qui peuvent d évidence se tourner vers la création comme vers l analyse. Sur le versant création, on a pu constater, depuis que les logiciels en question ont pu être diffusés vers une communauté importante de musiciens, des formes de pensée originales liées à cette caractéristique particulière des supports informatiques qu ils peuvent représenter (et exécuter) à la fois la partition finale, ses divers niveaux d élaboration formelle, et ses générateurs algorithmiques. Il est à noter que les œuvres ainsi élaborées contiennent pour une part leur propre analyse structurelle. Les travaux décrits ci-dessous, concernant la résolution de contraintes musicales, le concept d hyper-partition, et plus généralement le langage OpenMusic, relèvent de cette tendance. Sur le versant musicologique, les outils de représentations et de modélisation permettent une approche véritablement expérimentale qui dynamise de manière significative la discipline. Ainsi des hypothèses peuvent être testées et validées qui, sans cette puissance de calcul symbolique et combinatoire, relèveraient simplement de la croyance.
110 BILAN 2001 : Représentations musicales Les travaux décrits ci-dessous sur les descripteurs musicaux, l analyse inductive, les relations mathématique-musique s inscrivent dans cette approche analytique. 4.1. Résolution de contraintes musicales et recherche locale Thèse de Charlotte Truchet, Contraintes musicales et recherche adaptatives, Lip6, financement AMN, codirection G. Assayag et P. Codognet (Lip6). Ce sujet est traité par Charlotte Truchet dans le cadre de sa thèse. La programmation par contraintes (PLC) est un paradigme de programmation, qui connaît depuis quelques années un succès certain, tant d un point de vue théorique et académique que pratique et industriel. Elle allie la simplicité d écriture de programmes et la déclarativité d un langage de haut-niveau à la puissance et à l efficacité du calcul sur des domaines spécifiques à l aide d outils particuliers et optimisés («solvers de contraintes»). La notion de contrainte se traduit par une relation (logique) portant sur un ensemble de variables (inconnues d un problème) et les liant ainsi entre elles. Une contrainte donne donc une information partielle sur les valeurs que les variables peuvent prendre, contraignant donc cet espace de valeurs. Le tout forme un CSP, Constraint Satisfaction Problem L idée de base de la programmation par contraintes est d intégrer le concept de contrainte dans un langage de programmation de haut-niveau pour pouvoir programmer, calculer et raisonner avec cette notion d information partielle, tout en assurant la cohérence de l ensemble des contraintes et en réduisant le plus possible les domaines de valeur des variables, c est-à-dire l aspect combinatoire. Une fois le CSP écrit dans un langage précis, il est passé à un solver qui se charge de trouver des valeurs satisfaisant les contraintes. La PLC trouve naturellement une place en musique, comme le montrent les nombreux travaux sur l harmonisation automatique. En musique contemporaine, une phase de consultation de compositeurs liés à l Ircam a permis de constater le nombre et la diversité des CSPs musicaux. Au total, une douzaine de CSPs ont été étudiés et résolus, en composition et en analyse musicale. Cette phase a notamment permis d établir une sorte de cahier des charges pour la conception d un système de résolution de contraintes adapté à la musique. Pour
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 111 l analyse, trois problèmes sont issus de travaux de Marc Chemillier : une analyse de structures en canon dans le répertoire de harpe du peuple Nzakara, une analyse des textures chez G. Ligeti et un problème de structures rythmiques chez les pygmées Aka. Le principe est de représenter l analyse sous forme d un CSP, que l on passe au solver. Si la partition analysée est bien une solution, on peut conclure à la correction de l analyse. En composition, plusieurs problèmes ont été étudiés, par exemple une harmonisation à structure donnée pour le compositeur Georges Bloch, ou la génération d une suite de gestes musicaux ayant des propriétés particulières, pour Gilbert Nouno. Après l intégration d une méthode classique de résolution dans OpenMusic (package Backtrack), la deuxième phase a porté sur l étude d une méthode innovante appelée recherche adaptative. Cet algorithme, dû à Philippe Codognet, appartient à la famille des algorithmes de recherche locale, qui ont récemment largement prouvé leur efficacité par rapport aux CSPs classiques. Il correspond particulièrement bien au cahier des charges musicales. Pour l instant, cet algorithme est incorporé à OpenMusic via les objets musicaux, ce qui permet l édition des solutions dans les éditeurs d OpenMusic. La phase ultérieure consistera à intégrer visuellement l écriture des contraintes ellesmêmes. Une collaboration a été menée avec Carlos Agon pour expérimenter l intégration dans OpenMusic et les outils visuels. Plusieurs pièces musicales ont été réalisées avec les outils développés dans ce projet : Empreinte sonore de la fondation Bayeler de Georges Bloch, une pièce in situ articulée à la visite de l exposition Abstraction/Ornement dans cette fondation à Bâle ; Coïncidences pour orchestre de Fabien Lévy (Billaudot Editeur) ; Aschenblume pour ensemble de Mauro Lanza ; Burger Time pour tuba et electronique de Mauro Lanza ; Droben Schmettert ein greller Stein pour contrebasse, ensemble et électronique de Michael Jarrell, assistant Gilbert Nouno. Participants : Ch. Truchet (thèse, Université de Paris VI), G. Assayag. Collaboration interne : G. Nouno, assistant musical. Compositeur en recherche : G. Bloch. Collaborations extérieures : Ph. Codognet (LIP6, Université de Paris 6), M. Chemillier (Université de Caen), F. Lévy (compositeur)
112 BILAN 2001 : Représentations musicales 4.2. Modélisation du rythme Thèse de Benoît Meudic, Modélisation de structures musicales, Atiam, Lip6. Financement Cuidado IST. Codirection : G. Assayag et E. St James. Le travail effectué dans l équipe représentation musicale sur la modélisation du rythme s inscrit dans le cadre du projet Cuidado et dans le cadre de la thèse de Benoît Meudic. Ces deux projets ont commencé simultanément en novembre 2001. Le rythme est une composante très importante de la musique. Pourtant, il est assez difficile d en établir un modèle qui soit accepté et compris par tous. En effet, les instruments habituels de mesure du rythme que sont notre perception et notre savoir musical peuvent varier selon la sensibilité de chacun. Par exemple, un musicien a une connaissance et une expérience de la métrique et du tempo qu il peut utiliser dans son écoute alors qu un non musicien peut être sensible au rythme sans qu il utilise cette représentation. De plus, le rythme a la particularité d être un phénomène perceptif, immatériel. Pour établir un modèle, il faut donc rechercher le rythme non seulement dans la musique mais aussi dans les processus très complexes mis en oeuvre par notre perception. Le projet Cuidado vise à établir des applications informatiques de recherche et de manipulation d échantillons sonores et de musiques à partir de bases de données. La mise en œuvre de ces fonctions repose sur la l utilisation de descripteurs musicaux appropriés. La modélisation du rythme répond à plusieurs des objectifs de ces deux projets. En effet, le rythme peut être utilisé pour caractériser et décrire une musique, ou un style musical, et il est aussi indispensable à l analyse des structures musicales de plus haut niveau (motifs, phrases, mélodies, rythme harmonique, résumé musical). Durant l année 2001, un modèle d extraction automatique de pulsation et de métrique a été développé dans l environnement OpenMusic. Le modèle proprement dit se base sur une représentation symbolique (type Midi) de la musique, qui peut donc être vue comme une suite de notes caractérisées par leurs hauteurs, onsets (instants auxquels la note est jouée), durées et dynamiques.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 113 L extraction de la pulsation se fait en plusieurs étapes : plusieurs hypothèses sont d abord faites sur les pulsations possibles, puis l algorithme cherche à les confirmer en les propageant dans la séquence musicale. Une mesure de «qualité de propagation» permet de déterminer les pulsations les plus pertinentes. La difficulté de la modélisation provient du fait que la pulsation peut varier au cours du temps. En effet, si la musique est issue d une interprétation, de nombreuses variations de tempo sont à attendre, qu elles soient volontaires (rubato, ralentis) ou non (erreurs, approximation des valeurs de durée). Par exemple, lorsqu une même note est répétée sur un instrument, elle n est jamais vraiment jouée de la même façon, certaines durées étant très légèrement plus courtes ou plus longues que les autres. Ces différences qui ne sont souvent pas perceptibles pour l oreille sont néanmoins mesurées par l ordinateur. Pour répondre à cette problématique, nous avons établi une hiérarchisation des éléments de la séquence musicale à l aide des paramètres Midi dont nous disposons (hauteur, durée, intensité etc.), de façon à faire ressortir les évènements rythmiquement les plus saillants indépendamment des rubato ou des déviations d interprétation par rapport à la partition. En faisant l hypothèse que les pulsations «tombent» de préférence sur ces événements, nous pouvons ainsi suivre les variations de tempo. Le modèle d extraction de la métrique, qui consiste à effectuer des groupements de pulsations, crée une nouvelle hiérarchisation non plus des événements mais des «segments d événements» correspondant aux segments de pulsations détectées précédemment. La hiérarchisation est faite suivant plusieurs critères tels que la densité des segments (nombre de notes contenues dans le segment), ou la dynamique moyenne du segment. Ensuite, des groupements sont effectués autour des segments les plus importants hiérarchiquement. Les premiers résultats permettent de différencier les musiques à métrique binaire des musiques à métrique ternaire. Au cours de la prochaine période, nous comptons prolonger notre analyse de manière à faire émerger des descripteurs de plus haut niveau pouvant rendre compte de groupements non plus de pulsations, mais de mesures (en supposant qu une mesure est la représentation d un groupement métrique), le but étant de parvenir à faire émerger la structure musicale
114 BILAN 2001 : Représentations musicales à tous ses niveaux. L analyse ne sera alors plus axée sur le rythme, mais prendra aussi en compte la recherche de motifs mélodiques ou harmoniques. Participants : B. Meudic, G. Assayag Collaboration interne : organisation du projet Cuidado. Collaborations extérieures : P. Herrera (UPF, Barcelone), J.- J. Aucouturier (Sony CSL). 4.3. Modélisation algébrique des structures musicales Thèse de Moreno Andreatta : Méthodes algébriques dans la musique et la musicologie du XX e siècle : aspects théoriques, analytiques et compositionnels. EHESS-ENS-CNSMDP-EPHE, sous la codirection de Alain Poirier (Directeur du CNSMDP), Guerino Mazzola (Université de Zürich), Marc Chemillier (Université de Caen) et G. Assayag (Ircam). La thèse de Moreno Andreatta a pour objectif l approfondissement des liens entre musique et mathématiques en développant un triple point de vue sur la musique et la musicologie du XX e siècle : discussion théorique sur la possibilité epistémologique d un rapprochement mathématiques-musique, applications analytiques de quelques théories mathématiques de la musique, applications compositionnelles. Pour ce qui concerne les enjeux analytiques et compositionnels (théorie descriptive et prospective de la musique) les travaux menés cette année ont permis la classification d accords et de rythmes selon le concept d action d un groupe sur un ensemble (avec généralisation aux systèmes microtonaux). Les groupes concernés sont le groupe cyclique Zn, le groupe dyhédral Dn et le groupe affine Affn. L introduction de deux nouveaux groupes a permis de considérer des structures plus riches, par exemple les canons rythmiques par inversion (groupe dihédral) et les canons rythmiques par augmentation (groupe affine). Il est à noter que les phénomènes d augmentation et de diminution rythmique ainsi que d inversion ne concernent pas que les compositeurs contemporains : des canons de ce type sont présents par exemple chez Bach.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 115 Une étude algébrique de la Set theory d Allen Forte selon le paradigme du groupe dihédral et sa généralisation au cas du groupe affine a été aussi menée,(inspirée par les travaux de David Lewin et Guerino Mazzola). Ces recherches ont elles aussi fait l objet d une implantation dans OpenMusic, dans lequel nous disposons maintenant du catalogue des Pitch Classes d Allen Forte comme résultat de l action du groupe dihédral D12 sur Z12 (recherche en cours pour la généralisation aux structures microtonales) et du catalogue des Orbites affines de Guerino Mazzola comme résultat de l action du groupe affine Aff12 sur Z12 (recherche en cours pour la généralisation aux structures microtonales). L activité analytique s est déployée autour Nomas Alpha de Xenakis, pour laquelle il existe désormais un modèle génératif presque complet en OpenMusic. Cette pièce est basée sur un modèle de rotation du cube dans l espace (implantation complète) et la théorie des cribles (implantation en cours). Pour ce qui concerne l aspect épistémologique, on a constaté que l approche algébrique tend à ignorer l objet musical proprement dit pour se consacrer aux relations qui le constituent. Cette démarche est explicite dans la théorie des groupes et devient radicale dans la plus récente théorie des Catégories. Des travaux philosophiques (A. Badiou) ont exploré récemment cette question sur le plan de l ontologie. Il reste à faire un lien entre un système philosophique nourri de la théorie des catégories et une théorie de la musique susceptible d être implantée (problème de calculabilité). Ce point fait l objet d une collaboration avec G. Mazzola, mathématicien à l Université de Zurich. Une collaboration intensive entre Moreno Andreatta et Carlos Agon a permis de donner une existence informatique aux concepts développés dans la thèse. Trois pièces ont été créées à l aide des outils issus de cette recherche : Coïncidences pour orchestre et Où Niche L Hibou pour ensemble de Fabien Lévy (Billaudot Editeur) et Empreinte sonore de la fondation Bayeler de Georges Bloch, une pièce in situ articulée à la visite de l exposition Abstraction/Ornement dans cette fondation à Bâle. Participants : M. Andreatta, C. Agon, G. Assayag Compositeur en recherche : G. Bloch Collaborations externes : A. Poirier (CNSM), M. Chemillier (Université de Caen), G. Mazzola (U. Zurich, Suisse), T. Noll (T.U. Berlin, Allemagne).
116 BILAN 2001 : Représentations musicales 4.4. Analyse musicale automatique suivant une modélisation cognitive d induction d analogies. Thèse d Olivier Lartillot, Analyse musicale automatique suivant une modélisation cognitive d induction d analogies, codirection G. Assayag et E. St-James, Atiam, Lip6, financement MENRT. Cette thèse poursuit une recherche initiée lors du stage de DEA Atiam visant à la conception d une méthodologie d analyse musicale par apprentissage automatique non supervisé. Ce stage préliminaire consistait en l amélioration des performances d un outil informatique d apprentissage automatique de style musical basé sur un algorithme de compression de séquences inventé par Lempel et Ziv puis de génération automatique de nouvelles séquences musicales suivant le modèle stylistique. De cette approche, ce stage préliminaire a permis de mettre à jour un certain nombre de limitations, qui sont autant de pistes de recherche pour une approche plus pertinente : Dans les algorithmes de compression de données, seules sont détectées les exactes similitudes entre motifs. Un élargissement du point de vue nécessite de faire appel à l apprentissage symbolique automatique (ou machine learning). Les algorithmes de recherche de motifs considèrent généralement la musique sous la forme de séquence de symboles. Cette réduction unidimensionnelle néglige le caractère contrapuntique de la polyphonie musicale. L analyse devrait pouvoir considérer la partition même, sans phase préalable de simplification. L algorithme mis en œuvre lors du stage était somme toute très simple, notamment en comparaison avec les mécanismes mis en jeu lors d une véritable analyse musicale. Une approche informatique ne pourra avoir un intérêt réel pour le musicologue que s il s éloigne d une simple algorithmique pour s approcher davantage d une intelligence artificielle. La première année de cette thèse a tenté de poser le problème de manière adéquate et d entreprendre un état de l art de l ensemble des domaines scientifiques susceptibles de répondre à notre problématique parachevée par une étude d ordre épistémologique. Nous nous sommes ainsi attachés à intégrer notre problématique dans une démarche musicologique, l exprimant comme une prolongation des techniques analytiques proposées par la musicologie du vingtième siècle. Nous avons eu l occasion de développer ce thème lors du 2 e Colloque
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 117 international d epistémologie musicale. La compréhension de l œuvre, telle qu elle est suggérée par l analyse musicale traditionnelle, consiste en une réduction de la partition en une structuration, dont les mécanismes ont été établis a priori. L acte même d analyse musicale se décomposant suivant plusieurs dimensions musicales, on obtient un ensemble de schémas synthétiques : succession récursive de parties de l analyse formelle, classement d ensembles de notes de l analyse harmonique, et marquage de motifs caractéristiques de l analyse motivique. La musique se satisfait-elle d une telle réduction? La théorie des processus thématiques de Rudolph Reti semblerait inaugurer une autre conception de l analyse, bien plus ambitieuse, qui consisterait à envisager le phénomène musical dans toute sa complexité et son étendue, à estimer la pertinence de chaque note dans son contexte propre. Un tel projet se confronte à deux difficultés de taille : la tâche semble particulièrement fastidieuse, d une part ; et des choix doivent être décidés parmi une infinité de décisions possibles et éviter toute subjectivité implicite. L intérêt d une informatisation de cette approche se trouve ainsi justifié. Mais se pose alors le problème de la modélisation des mécanismes analytiques. Nous avons montré lors d une présentation au séminaire MaMuPhi les limitations de l emploi des concepts de probabilité et de logique dans ce cadre, et la nécessité de prendre en considération le mécanisme d induction, qui joue un rôle central ici. Au terme de cette étude comparative pluridisciplinaire, l approche cognitive s avère la plus prometteuse, en particulier les travaux du collectif Holland, Holyoak, Thagard et Nisbett de modélisation cognitive des mécanismes d induction et d analogie. À la traditionnelle décomposition de l analyse musicale en points de vue motivique, formel, et harmonique, une approche cognitive généraliserait l ensemble en une recherche générale d analogies entre structures. Un tel outil musicologique permettrait non seulement de révolutionner la compréhension des oeuvres classiques, mais également une analyse des musiques contemporaines, ethniques, voire électro-acoustiques. Participant : O. Lartillot. Collaboration externe : E. St James (Lip6).
118 BILAN 2001 : Représentations musicales 4.5. Evolutions d OpenMusic vers l Hyperpartition. OpenMusic contient un format de représentation ainsi qu un ensemble d outils pour la notation musicale sur ordinateur, matérialisés par des éditeurs graphiques. Les éditeurs initiaux ont évolué récemment et ont été étendus selon diverses techniques d écriture mieux en accord avec l architecture d OpenMusic. La double façon de créer des objets en OpenMusic, soit en utilisant un algorithme, soit par une édition manuelle, est désormais réalisable pour tout objet musical à tout niveau de structure. Les nouveaux éditeurs musicaux donnent en effet à l utilisateur la possibilité de visualiser et de manipuler le contenu des structures musicales à chacun des niveaux hiérarchiques (voix, mesure, groupe, accord, etc.) en utilisant des fonctionnalités spécifiques pour chaque niveau. OpenMusic intégrait initialement notation et programmation visuelle en prenant comme point de départ les algorithmes. La notation musicale était insérée dans les algorithmes afin de montrer le résultat d un processus à un certain moment du calcul. Désormais, un nouveau paradigme d intégration a été implanté. Il est en maintenant possible de partir d une partition et d introduire des relations fonctionnelles entre les sous-structures de la partition. Le but est de s approcher aussi près que possible de la feuille d esquisse du compositeur. En suivant cette approche, nous avons défini une syntaxe graphique pour la spécification de problèmes de contraintes. Ces expressions graphiques peuvent être introduites dans une partition, mettant en relation certaines parties de l œuvre qui vont jouer le rôle des variables. Une résolution du problème affecte donc ces variables en permettant de modifier localement la partition par des moyens algorithmiques. Ce travail a été présenté dans le cadre du Workshop Musical Constraint CP-2001 et a fait l objet d une collaboration avec Charlotte Truchet. Enfin une autre approche de la notation a été expérimentée avec l aide du compositeur Jean Luc Hervé. Il s agit de noter le geste musical plus que des symboles abstraits tels que les notes. Un travail de spécification a été mené par J.-L. Hervé, menant à la définition d une nouvelle typologie musicale et d un ensemble de classes associées dans OpenMusic. Les opérateurs d articulations de ces gestes, notamment dans les maquettes sont actuellement à l étude. Participant : C. Agon. Compositeur en recherche : J.-L. Hervé.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 119 4.6. Valorisation industrielle : when Finale meets Open- Music Coda Music édite le logiciel de gravure musicale le plus vendu dans le monde Finale. Depuis quelques années Coda intègre dans Finale des plug-ins, extensions logicielles chargées dynamiquement, permettant de rajouter des fonctionnalités, éventuellement réalisées par des tierces parties. L équipe a développé un ensemble de 12 plug-ins qui ont éte intégrés dans la version 2002 de Finale. Ces extensions concentrent une petite partie de la technologie algorithmique issue de la recherche musicale dans l équipe ainsi que du savoir faire capitalisé dans OpenMusic. Ces fonctionnalités portent sur l harmonisation, la construction de rythmes, la modulation de fréquence, la multiplication d accords, la décomposition harmonique d accords, entre autres. Deux plug-ins particuliers permettent un export et un import direct entre Finale et OpenMusic, constituant une incitation forte à utiliser OpenMusic et Finale ensemble. Cette stratégie est renforcée par le fait qu OpenMusic est de surcroît distribué sur le CD d installation de Finale. Des publics qui n étaient pas atteints, comme les écoles et certaines universités américaines sont ainsi visés. Le développement, réalisé par Olivier Delerue dans l équipe a été intégralement financé par Coda. Le projet est par ailleurs nettement bénéficiaire. Participants : G. Assayag, O. Delerue. Collaborations internes : A. Gerzso, V. Puig (Valorisation). Collaboration extérieure : Coda Music Technology (USA). 4.7. Publications Direction d ouvrages [Assayag 99a] Mathematic and Music, EMS Diderot Forum 1999, 400 p. environ, Sous la direction de G.Assayag, J.F. Rodrigues, H. Feichtinger. Springer Verlag Ed. A paraître. [Assayag 99b] Math Musique, Séminaire mamuphi, 400 p. environ, Sous la direction de G. Assayag, Fr. Nicolas, G. Mazzola, à paraître.
120 BILAN 2001 : Représentations musicales Chapitres dans des ouvrages collectifs [Assayag01a] Assayag G. «De la calculabilité à l implantation musicale», Conférence du séminaire Math Musique et Philosophie, à paraître dans les Cahiers de l Ircam. [Cazaban01a] Cazaban, C., Andreatta,M., Agon, C. et Vuza D. «Anatol Vieru : formalisation algébrique et enjeux esthétiques. «Conférence du séminaire Math Musique et Philosophie, à paraître dans les Cahiers de l Ircam. [Lartillot01b] Lartillot, O. «L analyse musicale : une affaire d induction et d analogie «Conférence du séminaire Math Musique et Philosophie, à paraître dans les Cahiers de l Ircam. [Lartillot01c] Lartillot O. «kanthume : un projet d analyse analogique suivant un modèle cognitif d induction». 2ème Colloque International d épistémologie musicale, Ircam 2001, à paraître. [Assayag01b] Assayag, G. et Dubnov, S. «Universal Prediction Applied to Stylistic Music Generation.» Forum Diderot 99, Springer Verlag, à paraître. [Assayag01c] Assayag G. et Agon C. «Object Oriented Programming in OpenMusic», in The Topos of Music, G. Mazzola, éd., à paraître chez Birkhäuser Verlag, ca 1200 p. [Andreatta01c] Andreatta M. «Group Theoretic Methods in Composition and Theory» in The Topos of Music, G. Mazzola, éd., à paraître chez Birkhäuser Verlag, ca 1200 p. [Truchet01e] Truchet Ch., Agon C. et Assayag G., «Recherche adaptative et contraintes musicales» JFPLC 2001, P Codognet, éd., Paris, Hermes, 2001. Articles parus dans des revues à comité de lecture [Rueda01] Rueda C., Alvarez G., Quesada L., Tamura G., Valencia F., Diaz J.F. et Assayag G.. «Integrating Constraints and Concurrent Objects in Musical Applications : A Calculus and its Visual Language.» Constraints Journal 6(1), 2001. [Andreatta01b] Andreatta M. et Vuza D. T., «On some properties of periodic sequences in Anatol Vieru s Modal Theory», Tatra Mt. Math. Publ. 23, 2001, p. 1-15. Actes de congrès avec comité de lecture [Chemillier01] Chemillier M. et Truchet Ch., «Two Musical CSPs» CP 01 Workshop on Musical constraints Chypre 2001 [Truchet01a] Truchet Ch., Agon C. et Codognet Ph., «A Constraint Programming System for Music Composition, Preliminary Results» CP 01 Workshop on Musical constraints Chypre 2001
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 121 [Truchet01b] Truchet Ch., Agon C. et Assayag G., «Recherche adaptative et contraintes musicales» Actes des JFPLC 2001, 2001, Paris. [Truchet01c] Truchet Ch., Assayag G. et Codognet Ph., «Visual and Adaptive Constraint Programming in Music» Proceedings of the ICMC 2001, Cuba, 2001. [Truchet01d] Truchet Ch., Agon C., Assayag G. et Codognet Ph., «CAO et contraintes» Actes des JIM 2001, Bourges, 2001. [Lartillot01a] Lartillot O., Dubnov Shl., Assayag G. et Bejerano G. «Automatic modeling of musical style»in Proceedings of the International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [Andreatta01] Moreno A., Noll Th., Agon C. et Assayag G., «The Geometrical Groove : rhythmic canons between Theory, Implementation and Musical Experiment»» Actes des JIM 2001, Bourges, 2001. [Meudic01] Meudic B., «TRAM, un outil générique d analyse formelle appliqué à la musique» Actes des JIM 2001, Bourges, 2001. 4.8. Divers Recension de l ouvrage de Luigi Verdi, Organizzazione delle altezze nello spazio sonoro temperato (Ensemble 900, Treviso 1998, p. 382), dans Analisi, Ricordi, N. 34, janvier 2001, 28-31. A paraître en français dans Musurgia, revue de la SFAM. Moreno Andeatta. «Méthodes algébriques en musique : aspects théoriques, compositionnels et analytiques», Séminaire Recherche/Création, Ircam, 16 mai 2001. «Musical Experiments with Canons in OpenMusic», Second International Seminar on Mathematical Music Theory, 22-29 juillet 2001, Sauen, Allemagne. Moreno Andreatta, Carlos Agon. «Constraint Programming in Music», Second International Seminar on Mathematical Music Theory, 22-29 juillet 2001, Sauen, Allemagne. Charlotte Truchet. «Representation and Manipulation of Musical Objects " Second International Seminar on Mathematical Music Theory, 22-29 juillet 2001, Sauen, Allemagne. C. Agon. Organisation du séminaire mensuel MaMuPhi avec François Nicolas et les Journées d Entretemps. Gérard Assayag, Moreno Andréatta, Carlos Agon.
122 BILAN 2001 : Systèmes temps réel Organisation des Séminaires mensuels MaMuX (Mathématiques, Musique et relations avec d autres disciplines) M. Andreatta, C. Agon, G. Assayag en collaboration avec G. Mazzola (U. Zurich). Organisation du CP 01 Workshop on Musical constraints, Chypre 2001, Charlotte Truchet, Carlos Agon. Organisation de la journée d étude autour d Anatol Vieru dans le cadre du séminaire MaMuPhi, Moreno Andreatta, Carlos Agon. Participation aux journées de l ASTI et de l AFPLC 2001, Charlotte Truchet, Gérard Assayag Participation au 2 e Colloque International d épistémologie musicale, Ircam 2001, O. Lartillot. Participation aux journées de la FWO-society on Foundations of Music Research, Gérard Assayag, Gand, 2001. 5. Systèmes temps réel Responsable : François Déchelle L équipe Systèmes temps réel effectue des recherches et des développements autour de l interaction et de l utilisation du temps réel tout d abord pour la création musicale, mais aussi pour l audio et le multimédia dans des contextes plus larges, pédagogiques ou industriels par exemple. Les développements sont organisés autour de l environnement jmax, un environnement de programmation visuelle pour la réalisation d applications audio et multimédia temps réel, conçu et développé par l équipe. L architecture de jmax, privilégiant la portabilité, s organise autour de deux composants : un serveur qui effectue les traitements en temps réel de signal et de contrôle. Ce serveur, nommé FTS, est implanté en langage C ; une interface graphique utilisateur implantée en Java. L utilisation de jmax pour des productions à l intérieur de l Ircam ou pour des projets de développement particuliers ainsi que sa diffusion par le Forum Ircam engendre pour l équipe une activité de
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 123 développement et de support utilisateur conséquente. A cet égard, la réalisation du projet MusiqueLabs sur PC-Windows a mobilisé une part importante des ressources de l équipe durant la seconde moitié de l année 2001. Deux nouvelles versions de jmax ont été développées durant l année 2001 : la version 2.5 et la version 3.0. La version 2.5 a apporté des améliorations dans l interface graphique, des changements dans le noyau de FTS, de nouveaux objets ainsi qu un premier portage sur MacOS X. La version 3.0 a été mise en chantier en juillet 2001 pour le projet MusiqueLabs; elle introduit des changements profonds dans l architecture du système ainsi qu un portage sur Windows. Les recherches menées dans l équipe sont essentiellement focalisées sur le suivi de partition, ensemble de techniques et algorithmes permettant de synchroniser dans le contexte du concert un accompagnement électronique avec un soliste. Ces recherches sont menées en collaboration avec des compositeurs et organisées autour de projets musicaux précis. 5.1. jmax version 2.5 Cette version a été développée durant le premier semestre 2001 et a été distribuée au Forum Ircam d avril 2001. Elle comprenait des améliorations notables dans l interface graphique, quelques changements dans le noyau de FTS ainsi qu une bibliothèque d objets enrichie. 5.1.1. Développement de l interface graphique La plate-forme Java 2 (Java Development Kit 1.2 et ultérieur) a été introduite courant 2000. L interface graphique de jmax a été adaptée pour tirer parti des nombreuses nouveautés offertes par Java 2 : intégration de la boîte à outils graphiques Swing, meilleure performance, machine virtuelle HotSpot, Java2D. Toutefois, cette transition a entraîné de nombreuses corrections dans le code de l interface graphique, en particulier au niveau de la gestion des polices de caractères et ceci surtout sur plate-forme SGI.
124 BILAN 2001 : Systèmes temps réel De petites améliorations de l interface graphique ont été apportées : panneau de recherche d objets, panneau de contrôle DSP. La disponibilité de Java2D a permis d ajouter une fonction d affichage des connexions de type signal entre les objets, permettant de mieux séparer visuellement les parties contrôle et signal d un patch. De nouveaux objets graphiques pour la visualisation des flux ont été développés : «display» (affichage d une valeur de type quelconque, type primitif, objet ou signal), «vecdisplay» (affichage de l historique des valeurs) et «scope» (affichage d un signal sous forme d oscilloscope). Une nouvelle version de l éditeur «BPF» (breakpoint functions) a été développée. Participants : R. Borghesi, N. Schnell. 5.1.2. FTS La version 2.4 de FTS introduisait un premier service de garbage collector (ramasse-miettes) : utilisant la technique du compte de références, ce ramasse-miettes permettait l envoi d objets dans les messages et le stockage de références à des objets. Dans la version 2.5, ce ramasse-miette a été intégré dans le noyau de FTS et son usage a été étendu à de nombreuses classes d objets. Le module DSP de compilation et d exécution des objets de traitement de signal a été enrichi : les connexions multiples de plusieurs sorties vers une même entrée ont été rendues possibles, la gestion du type des connexions a été intégrée permettant par exemple de visualiser les connexions véhiculant des signaux. Le système d entrées-sorties audio, basé dans la version 2.4 sur l abstraction des «devices», a été réimplanté sous forme d objets nommés «ports audio» ; cette implantation, utilisant le module DSP et le système à objets, est plus efficace et simplifie la réalisation des ports audio lors d un portage. Un nouvel analyseur syntaxique pour les expressions et les messages a été prototypé. Cet analyseur est basé sur les outils Flex et Bison, puissants générateurs d analyseur lexicaux et syntaxiques disponibles sous Linux. Participants : Fr. Déchelle, N. Schnell.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 125 5.1.3. Bibliothèques d objets La bibliothèque d objets a été enrichie des objets suivants : «messconst» (message), «messtab» (dictionnaire avec importation et exportation des fichier coll de Max/MSP), «bpf» et «env~» (enveloppes réalisées à l aide de fonctions affines par morceaux) «play» et «play~» (lecture générique à vitesse variable d une structure de données). La bibliothèque d objets distribuée dans le Forum a été augmentée des paquetages suivants : «granular» : synthèse granulaire classique (objet «sogs~» ) ; synthèse granulaire synchrone au pitch basée sur l analyse Psola (objet «pags~») ; «paf» : synthèse de voix par formants alignés en phase ; «chant» : synthèse de voix par fonctions d onde formantiques, implantation dans jmax de l outil Chant développé dans l équipe Analyse/synthèse ; L objet «pags~» est une implantation complète de la synthèse de choeur utilisée dans l opéra K de Philippe Manoury et utilise l algorithme Psola développé dans l équipe Analyse/Synthèse. Participant : N. Schnell. Collaboration interne : équipe Analyse/synthèse. 5.1.4. Portages Le portage de jmax sur MacOS X a été réalisé. La première version de MacOSX a été disponible courant décembre 2000, ce qui a permis de réaliser une première phase de portage. Ce portage a été complété en mars 2001, avec la disponibilité d une nouvelle version de MacOSX corrigeant les nombreux problèmes de stabilité et de performance de la version de décembre 2000. Dans ce portage, les entrées-sorties audio ont été implantées avec la nouvelle API audio «CoreAudio». Basée sur un modèle de callback, cette API très efficace a nécessité pour son support une adaptation du modèle de fonctionnement de FTS qui n était pas prévu initialement pour fonctionner suivant ce modèle. Participants : Fr. Déchelle, R. Borghesi.
126 BILAN 2001 : Systèmes temps réel 5.2. Projet MusiqueLabs Le projet MusiqueLabs, initié par le département Pédagogie, est une collaboration avec le ministère de l Éducation nationale et vise le développement d applications d informatique musicale à vocation didactique, destinées à l enseignement de la musique dans les lycées et collèges. Le public visé impose la réalisation d interfaces de manipulation simple et le projet a donc compris une phase de conception initiale centrée sur l ergonomie des interfaces. La plate-forme cible était le PC sous système Windows. Afin de permettre le fonctionnement sur des machines de faible puissance, la génération du son est déléguée à un synthétiseur General Midi externe ou intégré dans la carte son de la machine. 5.2.1. Architecture logicielle Le prototypage initial a été développé sur Macintosh avec Max/ MSP, mais la non-disponibilité de ce logiciel sur Windows a amené à considérer une solution technique utilisant jmax. L analyse qui a été faite des applications telles qu elles avaient déjà été développées dans Max/MSP a conduit à remettre en question les choix de développement effectués, un environnement tel que Max n étant pas l outil le mieux adapté au développement d interfaces graphiques, et à proposer une stratégie de développement basée sur l emploi d outils adéquats, à savoir jmax pour les patchs de synthèse et Macromedia Director pour la réalisation des interfaces graphiques. Dans ce cadre, le développement d une nouvelle version majeure de jmax a démarré en juillet 2001, visant les étapes suivantes : réalisation d une bibliothèque client servant au développement d interfaces graphiques de contrôle ; réalisation d un module d extension de Director (Xtra) basé sur cette bibliothèque portage sur Windows ; réorganisation de l architecture de FTS afin de permettre un fonctionnement séparé de son interface graphique Java. Participants : Fr. Déchelle, R. Borghesi, P. Hanappe, N. Schnell. Collaboration interne : R. Cahen (Pédagogie).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 127 5.2.2. Bibliothèque client Une première phase de développement a consisté en la réalisation d une bibliothèque de classes C++ pour la communication entre une application cliente et le moteur FTS. Cette bibliothèque fournit le support pour la connexion de l application à FTS et pour l envoi de messages entre objets FTS et objets de l application. Le protocole de communication entre l application et FTS est un protocole binaire, dans un souci d efficacité maximale, et peut utiliser comme couche de transport une socket TCP/IP ou un «pipe». La première version de cette bibliothèque a été implantée sur Linux et sur Windows. Participants : Fr. Déchelle, P. Hanappe. 5.2.3. Xtra Director Un Xtra est un module d extension du logiciel Macromedia Director et peut être accédé depuis un script Lingo. L Xtra FTS est basé sur la bibliothèque client décrite ci-dessus. Il fournit à une interface développée avec Director les services de connexion avec FTS ainsi que d envoi de messages entre objets FTS et éléments de l interface. La première version de cet Xtra permettait la connexion d une interface Director à un serveur FTS tournant sur une machine Linux. Cette configuration, disponible moins d un mois après le début des développements, a permis de paralléliser le développement de jmax sur Windows et les développements applicatifs (patchs et interfaces Director). Participants : Fr. Déchelle, P. Hanappe. Collaboration extérieure : S. Tissot. 5.2.4. Portage sur Windows Le portage de FTS sur Windows a débuté fin juillet 2001. Une première phase de réorganisation des sources du noyau a permis de simplifier très largement l architecture des sources. La chaîne de compilation a été récrite pour utiliser les outils standards automake et autoconf, ce qui a permis de factoriser de manière complète les dépendances de compilation vis-à-vis de la plate-forme cible.
128 BILAN 2001 : Systèmes temps réel Après une première phase de portage visant à intégrer les sources dans VisualC++ et à résoudre les problèmes de compilation, les interfaces audio (basées sur DirectSound) et Midi ont été réalisées. Une première version opérationnelle était disponible début septembre 2001. Le temps de portage sur Windows (environ un mois) a démontré la validité des efforts de portabilité qui ont été entrepris depuis le début du développement de jmax. Participants : Fr. Déchelle, P. Hanappe. 5.2.5. FTS Afin de pouvoir faire fonctionner FTS séparé de son interface graphique, les fonctionnalités qui restaient supportées par le langage de script (Tcl) intégré à l interface graphique Java ont été réimplantées dans FTS à l aide d objets. Ces fonctionnalités comprenaient : configuration d entrées-sorties : choix de l interface Midi et audio environnement utilisateur : choix des bibliothèques de modules chargées au démarrage de FTS programmation des modules : déclaration des chemins de recherche des fichiers, déclaration des abstractions et templates Ces fonctionnalités ont été réalisées dans FTS à l aide des objets «package» et «project». Un «package» décrit de manière extensive une bibliothèque d objets : chemins de recherche, déclaration des templates, bibliothèque dynamique, fichiers de données. Un «project» décrit de manière similaire l ensemble des «packages» utilisés dans une application. Les objets «package» et «project» sont sauvegardés dans des fichiers binaires au format jmax en utilisant le mécanisme standard de sauvegarde d objets. L implantation de ces nouvelles fonctionnalités a été menée en septembre 2001, permettant d aboutir début octobre 2001 à une première version de FTS fonctionnant sans son interface graphique Java. Cette version a été connectée aux interfaces graphiques développées avec Director pour aboutir à une première application (Polycycle) à mi-octobre 2001. Participants : Fr. Déchelle, P. Hanappe. Collaboration interne : R. Cahen (Pédagogie). Collaboration extérieure : S. Tissot, D. Chiron.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 129 5.2.6. Développement d objets jmax Afin de supporter le développement des patchs nécessaires pour les applications MusiqueLabs, un important développement d objets a été mené. Le caractère général des fonctionnalités de ces objets les rend intéressants dans toutes les applications de jmax. Un premier développement a concerné le système de gestion du temps de FTS. Le concept de «bases de temps» hiérarchiques a été introduit et utilisé dans tous les objets temporels de jmax. Une base de temps est une source d événements temporels et peut être asservie à une horloge externe (horloge d échantillonnage, frame rate, Midi time code)ou à une autre base de temps. Un système de «preset» généralisé a été introduit, basé sur le mécanisme de sauvegarde de l état d un objet. Un objet jmax peut sauver son contenu sous forme de liste de messages. Ces messages sont stockés dans un objet «dumper» qui peut tout aussi bien la sauvegarder dans un fichier au format binaire jmax, la stocker dans un preset ou la sauvegarder dans un fichier texte indépendant du patch. Participant : N. Schnell. Collaboration interne : R. Cahen (Pédagogie). 5.3. Suivi de partition Les activités de recherche sur le thème du suivi de partition ont repris durant l année 2000, pour aboutir après un état de l art approfondi à une première approche utilisant les algorithmes de «Dynamic Time Warping». Les recherches menées durant l année 2001 ont porté sur l utilisation des modèles de Markov cachés pour aboutir au milieu de l année à une première implantation en temps réel dans jmax. 5.3.1. Application des modèles de Markov cachés au suivi de partition Le suivi de partition peut être considéré comme un cas particulier d alignement de séquence qui a été étudié de manière extensive dans d autres domaines (reconnaissance de la parole, génétique). Dans ces domaines, les modèles de Markov cachés sont devenus très populaires par leurs excellents résultats et par leurs capacités d apprentissage.
130 BILAN 2001 : Systèmes temps réel Des approches statistiques du problème du suivi de partition ont déjà été tentées, reposant sur les modèles de Markov cachés et sur une analyse multidimensionnelle du signal incluant la fréquence fondamentale, l enveloppe spectrale et les caractéristiques d amplitude. On peut citer les travaux de Cano, Loscos et Bonada ou de Raphael. L approche choisie ici combine des modélisations au niveau note et au niveau signal en prenant en compte les erreurs de l interprète tout en utilisant le signal audio comme entrée. Un modèle à deux niveaux est utilisé pour modéliser séparément l exécution de la partition et le signal. La modélisation de l exécution est prise en compte par les états du niveau supérieur, séparés en deux catégories : les états «n» («normaux») qui reconnaissent les notes correctes et «g» («ghost») qui reconnaissent les erreurs locales. Chaque note de la partition est représentée par un état de type «n» et un état associé de type «g», chaque état «n» étant connecté aux états «n» et «g» suivants. Les transitions entre états «n» et «g» modélisent les trois classes d erreur possibles : fausse note, note en plus, note sautée. La modélisation du signal est prise en compte par les états du niveau inférieur, chaque état du niveau supérieur étant en fait composé d un ensemble d états du niveau inférieur. Les états du niveau signal prennent en compte pour chaque note de la partition les caractéristiques relatives à l attaque, le soutien et le silence éventuel. La durée de la note est modélisée par un «cluster» d états associés à une probabilité d auto-transition non-nulle. La topologie et les fonctions de probabilités utilisées ont été étudiées dans le cadre du stage de fin d études de Vincent Mouillet, décrit ci-dessous. Les émissions des états du niveau signal sont basées sur les caractéristiques spectrales du signal en calculant en particulier un banc de filtres passe-bande centrés sur la séquence des harmoniques de la note attendue. D autres paramètres tels que le log de l énergie, sa dérivée, le rapport entre harmoniques paires et impaires sont intégrés dans le calcul des émissions. Cette approche permet de plus de prendre en compte des signaux polyphoniques ainsi que des trilles. L alignement d une séquence est effectué par le décodage, basé de manière classique sur l algorithme de Viterbi. Le critère d optimalité de l algorithme de Viterbi est un critère global, ce qui n est pas nécessairement le plus judicieux pour le suivi de partition. Un
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 131 algorithme de décodage différent a été élaboré, reposant sur un critère d optimalité local où l on considère uniquement un alignement correct du dernier état. Ce décodage est calculé par un algorithme de programmation dynamique comme l algorithme de Viterbi, donc à un faible coût de calcul. L application des techniques d apprentissage a été étudiée. Bien que ces techniques soient essentielles dans l utilisation des modèles de Markov cachés, leur utilisation dans le contexte particulier du suivi de partition a des implications vis-à-vis de l interprète et du compositeur qui ne sont pas encore totalement appréhendées. Une première approche de l apprentissage a utilisé les échantillons de la base de Studio en ligne pour optimiser les probabilités d émission des états du niveau signal. Un algorithme alternatif à l algorithme de Baum-Welch classiquement utilisé pour l apprentissage a été proposé, reposant de manière similaire à l algorithme de décodage sur un critère d optimalité local. Participants : N. Orio, F. Déchelle. 5.3.2. Prise en compte des informations temporelles dans les Modèles de Markov cachés Ce travail a été réalisé par Vincent Mouillet, stagiaire du Conservatoire national des Arts et Métiers Institut d Informatique d Entreprise [mouillet01]. L objectif de ce stage était d intégrer une modélisation du temps au suivi de partition basé sur les Modèles de Markov Cachés. Une étude théorique des différentes modélisations possibles a été menée, afin de déterminer la plus adaptée aux contraintes du temps réel. La méthode retenue est une modélisation implicite de la durée, à l aide de modèles dits «en clusters». L étape suivante de la recherche a consisté à mettre au point des méthodes d optimisation des paramètres du modèle, pour représenter au mieux la durée des notes. Plusieurs critères d optimalité ont été établis, et les algorithmes correspondants ont été intégrés à l application.
132 BILAN 2001 : Systèmes temps réel Les résultats obtenus avec la nouvelle application sont très positifs : la qualité du suivi a été nettement améliorée par rapport aux modèles sans gestion des données temporelles, tout en conservant une complexité algorithmique adaptée au temps réel. Participants : V. Mouillet (stage), N. Orio, Fr. Déchelle. 5.3.3. Objets jmax pour le suivi de partition et développements de jmax spécifiques L éditeur de séquence multipistes développé en 2000 a été utilisé dans le contexte du suivi de partition pour noter la partition à reconnaître ainsi que son accompagnement. Des adaptations de cet éditeur ont été apportées : objet de synchronisation externe qui permet de découpler la structure de données «séquence» de son utilisation par les objets de suivi de partition, importation et exportation de fichiers Midi standards. La technique de suivi basée sur les modèles de Markov cachés qui a été exposée précédemment a été implantée sous forme d objets jmax. Ces objets utilisent pour la notation de la partition l éditeur de séquence déjà décrit, une piste spécifique étant associée à la partition à reconnaître et les autres pistes représentant l accompagnement synthétique à synchroniser. Les objets de suivi existent sous deux formes, pour le suivi audio et pour le suivi Midi. Bien que l approche par les modèles de Markov cachés ne prenne tout son sens que pour un suivi audio, son application au suivi Midi peut également apporter des éléments intéressants (robustesse, apprentissage). Les objets de suivi de partition ont été testés sur plusieurs pièces du répertoire : En Echo de Philippe Manoury (enregistrement de la voix seule et enregistrement d une répétition), Anthèmes 2 de Pierre Boulez. Les résultats sont très encourageants du point de vue de la robustesse face aux erreurs ainsi que sur la reconnaissance de passages tels que trilles ou accords qui étaient hors de portée des algorithmes de suivi précédemment utilisés. Participants : N. Orio, N. Schnell, R. Borghesi, Fr. Déchelle. Collaborations internes : S. Lemouton, A. Gerzso (département Création). Compositeur en recherche : Ph. Manoury.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 133 5.4. Création de l opéra K... La création de l opéra K... de Philippe Manoury à l opéra Bastille en mars 2001 a nécessité un travail de support qui s est prolongé jusqu au début 2001. En particulier, la découverte tardive d un ensemble de bugs du système opératoire Irix, système tournant sur les stations SGI utilisées dans cette production, a imposé un développement de nouveaux objets d entrée-sortie Midi utilisant directement les ports séries et non la bibliothèque Midi intégrée dans le système Irix. Ce développement a utilisé le concept de «bytestream», nouveau mécanisme d entrée-sortie de bas niveau introduit dans jmax durant l année 2000 et basé sur une hiérarchie de classes semblable au paquetage java.io disponible dans le langage Java. Participants : Fr. Déchelle, N. Schnell. Collaborations internes : J. Boissinot (service informatique), S. Lemouton (département Création). 5.5. Étude de l adaptation du langage visuel jmax au traitement vidéo temps réel Ce travail a été réalisé par Paul Brossier, stagiaire du DEA Atiam [brossier01]. Les signaux audio et vidéo peuvent être vus comme deux déclinaisons du concept de flux (suite infinie de valeurs du même type) à taux constant, le moteur de traitement du signal de FTS étant en fait un moteur de traitement de flux. Cette remarque a conduit logiquement à étudier la transposition du modèle de traitement de FTS au traitement vidéo temps réel. L utilisation de traitement vidéo temps réel dans la création artistique contemporaine est de plus en plus répandue : danse, installations, musique techno. Néanmoins, la mise en œuvre pratique se heurte d abord au problème de la puissance de calcul nécessaire et ensuite au manque d outils auteurs intégrant dans un même modèle les traitements audio et vidéo. Le support par jmax du traitement vidéo apporterait un élément de réponse intéressant à ce manque identifié. Dans ce stage, un état de l art exhaustif des réalisations existantes dans ce domaine a d abord été établi, mettant en parallèle GEM, EyesWeb, VNS, Nato, VDSP, Video4jMax et d autres réalisations. Une
134 BILAN 2001 : Systèmes temps réel étude approfondie du support matériel et logiciel nécessaire a été menée, identifiant les solutions existantes dans les domaines des entrées-sorties, de l accélération matérielle et des bibliothèques existantes (par exemple OpenGL). Des solutions adaptées aux différents besoins existants (synthèse d images 3D, traitement de flux vidéo) ainsi qu aux passerelles entre ces solutions ont été proposées. Dans le cadre du traitement vidéo, il a été montré que le traitement de flux vidéo pouvait avec un surcoût de calcul négligeable implanté sous forme d objets de contrôle utilisant le garbage collector disponible dans jmax. Enfin, un prototype original a été développé. Basé sur OpenGL, ce prototype permet de construire des modèles 3D à l aide de patchs jmax et de contrôler en temps réel l animation de ces modèles. Les excellentes performances de ce prototype ont validé l approche choisie et permettent d envisager des développements ultérieurs. Participants : P. Brossier (stage), Fr. Déchelle, N. Schnell. 5.6. Collaborations Des collaborations avec les sociétés Genesis et PSA ont été établies, autour de l utilisation de jmax sur plate-forme Linux pour la réalisation d environnements sonores de simulation dans un contexte industriel. Un projet de collaboration avec la société Hyptique a été élaboré, basé sur l utilisation des fonctionnalités de jmax développées dans le cadre du projet MusiqueLabs pour la construction d interfaces graphiques de contrôle basée sur Director. Participants : Fr. Déchelle, R. Borghesi, N. Schnell. Collaboration interne : service Valorisation. Collaborations extérieures : PSA, Genesis, Hyptique. 5.7. Publications Actes de congrès avec comité de lecture [dechelle01a] Déchelle Fr., Geiger G. et Phillips D., «Demudi : The Debian multimedia distribution», Proceedings of the 2001 International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 135 [orio01a] Orio N. et Déchelle Fr., «Score following using spectral analysis and hidden Markov models», Proceedings of the 2001 International Computer Music Conference, San Francisco, International Computer Music Association, 2001. [orio01b] Orio N., «An automatic accompanist based on hidden Markov models», in AI*IA : Advances in Artificial Intelligence, F. Esposito, éd., Proceedings of the 7th Congress of the Italian Association on Artificial Intelligence, Bari, Springer-Verlag, 2001, p. 64-69. Travaux universitaires : mémoires, thèses, habilitations [brossier01] Brossier P., Etude de l adaptation d un langage visuel pour la représentation de traitements vidéo temps réel, rapport de stage, DEA Atiam, 2001. [mouillet01] Mouillet V., Prise en compte des informations temporelles dans les modèles de Markov cachés, rapport de stage- Conservatoire national des arts et métiers, Institut d Informatique d Entreprise, 2001. 5.8. Autres activités Participation aux cours du DEA Multimédia Cnam/Ircam. Participation au Workshop «Free Software for Music and Multimedia» organisé à Florence par Nicola Bernardini (Tempo Reale). Participation aux Journées mondiales du logiciel libre à Bordeaux, organisées par l Inserb et l Aful : groupes de travail sur les logiciels musicaux, workshop de développement d objets jmax. 6. Services en ligne Responsable : Pascal Mullon Les projets Ecrins et Cuidado (Content-based Unified Interfaces and Descriptors for Audio/music Databases available Online Information Society Technology Project No. 1999-20194), initiés début 2001, visent la mise en œuvre de recherches pluridisciplinaires sur la description des sons, dans le contexte de la normalisation MPEG- 7, se traduisant par la réalisation de nouvelles applications d accès et de manipulation des sons (recherche par contenu dans les bases de données sonores et musicales, identification d extraits sonores,
136 BILAN 2001 : Services en ligne manipulation sur la base de descriptions de haut niveau, etc.). Tous deux pilotés par l Ircam en collaboration avec de partenaires extérieurs, les deux projets fédèrent l expertise des différentes équipes de recherche concernées de l Ircam (Ecrins : collaboration Ina-GRM et Digigram, programme national Priamm, équipes Analyse/synthèse, Design sonore, Perception et cognition musicales, durée 18 mois ; Cuidado : Université Pompeu Fabra, Sony CSL, Université Ben Gourion, Oracle, Creamware, Artspages, équipes Analyse/synthèse, Représentations musicales, Perception et cognition musicales, durée 36 mois). Ecrins et Cuidado, en s appuyant sur l intégration des travaux d équipes de recherche en matière d analyse du contenu sonore, visent tous deux l élaboration d applications opérationnelles, à travers lesquelles ces nouveaux concepts se trouveront sollicités en grandeur réelle. L élaboration de tels systèmes, essentiellement sous forme de dispositifs client/serveur en Internet ou intranet, correspond à une activité relativement neuve à l Ircam, initiée dans le cadre du projet Studio en ligne (1996-1998). Ces deux projets ont donc suscité, au début de l année 2001, la création de l équipe Services en ligne. La constitution de l équipe s est faite dans le courant de l année, l effectif final de trois personnes n ayant été atteint qu à la fin du mois de septembre. La double vocation de l équipe, combinant l intégration des briques logicielles développées par les équipes de recherche et le développement, sur cette base, des applications cibles, découle donc directement du contenu des deux projets. Ces deux axes d activité incluent toutes les grandes thématiques du développement logiciel en ligne :mise en place d une plate-forme physique et logicielle répartie, définition d un modèle logique de données, conception objet des différents modules, développement proprement dit, anticipation des évolutions, conception fonctionnelle, élaboration des interfaces homme-machine, validation, gestion de configuration, suivi de projet Ces différents volets de l activité de l équipe peuvent aussi être répartis, de façon plus classique, entre activité technique et activité fonctionnelle ; ce point de vue permet en particulier de mettre en lumière le rôle de coordination de l équipe, et ses échanges avec les différents partenaires des projets. Au niveau fonctionnel, les aspects ergonomiques sont étudiés, soit en collaboration directe avec des
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 137 utilisateurs potentiels, soit avec les équipes directement en contact avec ceux-ci. Au niveau technique, l intégration des développements fournis par les divers partenaires ne sera possible que si tous les modules respectent un certain nombre de caractéristiques communes (choix de standards pour la représentation des données, homogénéisation des bibliothèques extérieures utilisées, compatibilité avec les systèmes d exploitation...) ; en tant qu intégrateur, l équipe joue un rôle pilote dans cette harmonisation technique. 6.1. Plates-formes Cuidado et Ecrins ont pour objectif commun la mise en ligne (sur Internet ou en intranet) de corpus de données sonores et musicales. Cette mise en ligne ne vaut bien sûr qu accompagnée de services permettant l exploration du fonds audio ainsi constitué ; les aspects prospectifs des projets se situent entre autres à ce niveau. Un des premiers objectifs de l équipe était donc de concevoir, d acquérir et d installer une plate-forme permettant d assurer les fonctions de stockage, de traitements internes et de fourniture de services en ligne requise pour les projets. Une telle plate-forme est déjà constituée de plusieurs niveaux matériel, système d exploitation, et produits logiciels génériques (middleware). 6.1.1. Matériel et système d exploitation Stockage Le système de stockage des données sonores a fait l objet d une étude approfondie. Il constitue en effet la base des systèmes en ligne et, à ce titre, doit répondre à un certain nombre de critères à la fois techniques (sûreté et disponibilité des données, performances, possibilités d extensions du volume disque initial, volume maximal ), organisationnels (prise en main et exploitabilité quotidienne du système), technico-commerciaux (respect des standards par le système, possibilité de changer de solution dans le cas d un fournisseur trop contraignant ou au contraire disparaissant du marché ) et budgétaires (respect de l enveloppe dédiée aux investissements matériel dans le cadre des projets).
138 BILAN 2001 : Services en ligne La spécification de ces divers critères de choix, puis la confrontation de ceux-ci avec les systèmes de stockage existant sur le marché, ont abouti à l identification d un éventail de solutions s étendant du techniquement acceptable au très haut de gamme la sécurité des données et la souplesse de maintenance des systèmes augmentant à mesure que l on s élève sur cette échelle. Les solutions les plus intéressantes se situant dans des ordres de budgets en rapport dix avec ceux des deux projets réunis, une phase de négociation commerciale a été entamée, en particulier avec la société Network Appliances. Cette action s est soldée par l acquisition d un système de stockage Nework Appliances dans des conditions financières compatibles avec les sommes allouées dans le cadre des projets. Collaboration interne : service Informatique. Unités de traitements et système d exploitation Les projets qui nous intéressent promettent d être gourmands en ressources processeur (traitement du signal audionumérique, exploration d un corpus volumineux sur la base de critères de recherche complexes ). En même temps, la forte vitesse d évolution de la puissance des machines rendra immanquablement obsolète, dans deux ans, toute machine achetée aujourd hui. Il nous a donc semblé primordial de mettre en place une infrastructure physique flexible, dont la capacité de calcul puisse être facilement mise à jour, par ajout ou par remplacement de matériel, en fonction des nouvelles possibilités offertes sur le marché. Ces considérations nous ont d emblée dissuadés d opter pour une solution de type gros systèmes propriétaires (Sun, IBM ). Le prix de ces solutions et les difficultés (techniques et financières) rencontrées par le passé dans l exploitation quotidienne de telles installations ont achevé de nous convaincre de l opportunité d une architecture constituée d un ensemble de PC connectés entre eux, et se répartissant l ensemble des traitements de façon dédiée. Au niveau du choix du système d exploitation, le système Linux a été choisi ; il respecte nos contraintes techniques (système d exploitation réputé adapté aux plates-formes serveur réparties, robustesse), logistiques (compétences systèmes présentes à l Ircam), budgétaires et stratégiques (système non propriétaire, existence de nombreux produits libres de droit).
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 139 La plate-forme physique est finalement constituée de quatre PC, achetés et réceptionnés à l Ircam, dédiés respectivement au serveur Internet, à la base de données, aux modules de traitement du signal et au streaming. Ces quatre machines sont connectées entre elles et à la baie de stockage Network Appliances par un double réseau interne distinguant les échanges transactionnels (requêtes) et les échanges de données audio. Collaboration interne : service informatique. 6.1.2. Middleware et autres produits logiciels Dans l optique d une architecture répartie sur plusieurs machines, et en nous appuyant sur la spécification générale des projets, nous pouvions déjà identifier, choisir et mettre en place les produits constituant l infrastructure logicielle de la plate-forme serveur. Ces éléments sont a minima : un système de gestion de base de données ; un produit middleware prenant en charge les échanges entre modules logiciels répartis sur plusieurs plates-formes physiques, en s appuyant sur un standard (Corba, RMI, Soap ) ; un serveur d application. Pour ces différents éléments, l étude des solutions existantes a été effectuée, et confrontée à une grille d évaluation incluant des critères commerciaux (coût des produits, licences d utilisation dans le cas des freewares) et des critères techniques (compatibilité avec le système d exploitation, performances, robustesse). Système de gestion d architecture répartie Pour le choix du middleware, l analyse théorique a été complétée par l implantation, dans des maquettes reproduisant au mieux l architecture finale, des solutions candidates encore inconnues à l Ircam (c est-à-dire : Soap et RMI Corba ayant déjà été largement exploité dans le cadre de Studio en ligne). Ces diverses technologies ont ainsi pu être appréhendées de façon précise dans leurs différents aspects (contraintes sur le code, outils logiciels requis, robustesse, limitations techniques...). Des tests comparatifs ont été effectués sur leurs performances respectives. Cette première phase a conduit au choix de la technologie Corba.
140 BILAN 2001 : Services en ligne À l issue de ce choix, les principales implantations Corba (Object Request Brokers, ORB) disponibles sur le marché ont été étudiées de façon théorique. Système de gestion de base de données (SGBD) La base de données actuellement utilisée en développement est PostGreSQL ; le choix de ce produit (open source disponible sous Linux) a répondu initialement à des impératifs techniques et calendaires (nécessité de mettre en place rapidement une base de données minimale pour les premiers développements). Le passage à une base Oracle est prévu : les premières version du système Ecrins fourniront un retour quant aux performances de PostGreSQL, et permettront de juger de la pertinence du passage à Oracle. Le dialogue entre le SGBD et les modules développés par l équipe est assuré par le module de communication JDBC et l utilisation du standard SQL. L universalité de ces éléments permet de rendre le changement de SGBD (passage à Oracle) aussi léger que possible. Solution de streaming La problématique du streaming a fait l objet d une étude particulière, tant au niveau des formats audios à employer que des solutions logicielles existantes (serveurs de streaming, logiciels clients dédiés) et des protocoles réseaux employés par celles-ci. Diverses solutions ont été envisagées ; une analyse des caractéristiques techniques de plusieurs produits a ainsi pu être faite. Une solution de streaming a été mise en place et validée en intranet dans le cadre des premiers développements Ecrins. La robustesse de cette solution face à une charge réseau importante n étant pas garantie (le protocole utilisé est TCP/IP), nous envisageons de la reconsidérer au cours de l année 2002 (tests en charge, étude de faisabilité des solutions fondées sur le protocole RTP/RTSP). Il est à noter que le streaming a été volontairement isolé, physiquement et logiquement, du reste du système : en soi, il se déroule sur une et une seule des quatre machines, laquelle est dédiée à la conversion MP3 à la volée, sur la base d un accès direct à la baie de stockage. Le streaming proprement dit est donc indépendant de la base de données comme du serveur d application. Cette simplicité de principe permet d aborder le streaming de façon très indépendante du
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 141 reste du système, ce qui simplifierait au maximum un éventuel changement de solution technique et la résolution de problèmes de performance ou de charge. Plate-forme cible : synthèse La plate-forme logicielle finalement constituée se compose d un serveur d application Tomcat, du middlware Orbacus (communication entre modules répartis utilisant le standard Corba), et d un SGBD (actuellement PostGreSQL) accédé en SQL via JDBC. Le streaming s appuie sur un encodage MP3 à la volée effectué par le logiciel Lame ; le flux ainsi produit est transmis par le protocole Internet standard TCP/ IP. L ensemble de ces éléments a été installé sur la plate-forme de développement ; le système complet ainsi constitué est donc utilisé quotidiennement. 6.1.3. Plate-forme de développement La plate-forme de développement mise en place en 2001, constituée de deux postes sous Linux, reflète autant que faire se peut la plateforme cible : en particulier, elle s appuie sur le même système d exploitation, et héberge les mêmes produits middleware. Elle n est constituée en revanche que de deux postes ; cette différence entre les deux plates-formes physiques ne pose pas de problème : en masquant au code applicatif les mécanismes de communication entre les modules répartis, l ORB fournit un niveau d abstraction grâce auquel le code développé ne dépend pas de l architecture physique. La plate-forme de développement héberge en outre tous les outils spécifiquement dédiés aux actions de développement. Ces divers outils ont été choisis et installés durant l année 2001. Il s agit en particulier de l environnement de développement JBuilder, de l outil de conception UML Objecteering, de l éditeur de documents XML XMLSpy, et d une base unique de gestion de configuration CVS permettant à la fois la structuration des fichiers sources, la sauvegarde quotidienne des développements, la définition des versions successives du système et le partage par les développeurs des modifications apportées par chacun.
142 BILAN 2001 : Services en ligne 6.2. Conception technique 6.2.1. Architecture générale du système L architecture générale du système a fait l objet d un premier document de conception durant l été 2001. Ce document, en isolant les différents types de données, de traitements et de services mis en jeu dans les projets, et en jetant les bases des interactions entre eux, donnait une première structuration des différentes composantes du système final : modules de traitement incluant les développements des équipes scientifiques, modules d accès aux données sonores et aux métadonnées, services de haut niveau destinés à être sollicités directement par un utilisateur connecté. 6.2.2. Conception détaillée Le document d architecture générale a servi de point de départ à un travail de conception technique détaillée. Cette étude a permis de définir précisément les différents types de modules impliqués dans les projets (packages), puis d entrer dans la structure interne de chacun d entre eux (diagrammes de classe, de collaboration), en identifiant les éléments qu ils pouvaient avoir en commun. Cette modélisation statique de la structure objet des éléments du système est complétée par une vision dynamique (diagrammes de séquences) donnant, pour chacun des services offerts à l utilisateur, le déroulement des traitements effectués par chacun des modules et la description des données échangées entre ceux-ci. L ensemble de ce travail de conception a été réalisé en utilisant la méthodologie de conception UML ; en offrant un formalisme standardisé et compris par une majorité de développeurs, cette méthodologie permet une communication simple autour de ces travaux, qui ont par exemple pu être transmis tels quels aux partenaires des projets. Délibérément, les fonctions de génération automatique de code à partir des modèles objet n ont pas été utilisées ; le rapport entre la complexité de mise en œuvre de ces techniques et la qualité potentielle du résultat obtenu nous a semblé trop élevé. L ensemble de cette modélisation du système est donc mise à jour au fur et à mesure que se précisent les apports des équipes scientifiques et qu avancent les développements sur les deux projets.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 143 6.2.3. Structure de la base de données La définition des données utilisées dans les systèmes, amorcée dans le document de conception générale, a elle aussi fait l objet d une conception visant à l exhaustivité, dans la mesure de l état d avancement des travaux de recherche sous-jacents. La définition des données correspondant à des fonctions de gestion classique (gestion des utilisateurs du système, des préférences, des échantillons sonores et de leurs caractéristiques techniques...) correspond à un problème connu de modélisation logique de données dans un format relationnel ; cette tâche a été effectuée rapidement, et a permis de définir la structure des tables à définir dans le SGBD, ainsi que les relations existant entre les données de ces tables. Pour les métadonnées définies et utilisées par les modules scientifiques (descripteurs de contenu audio), le même travail est complexifié, à la fois par l aspect prospectif de ce volet des projets (la définition des données elles-mêmes évolue en fonction des travaux de recherche) et par le fait que les fonctions de recherche avancée (recherche par le contenu) visées dans ces projets s appuient précisément sur ces descripteurs : pour atteindre des objectifs de performance acceptables sur ces «fonctionnalités phares», la modélisation et la représentation relationnelle des descripteurs doit faire l objet d une optimisation, difficile à mener à partir de descripteurs encore en gestation. Aussi bien, tandis que la modélisation des données «non scientifiques» peut être considérée comme terminée, celle des descripteurs sera sans doute amenée à évoluer, en particulier sur Cuidado, où les travaux de recherche font l objet d un calendrier plus étendu. La modélisation des descripteurs utilisés pour Ecrins s est déroulée dans le cadre d une collaboration étroite avec les équipes scientifiques ; de fait, la structuration des données et les relations existant entre elles ne peuvent être abordés qu après une réelle compréhension de la signification de celles-ci. Dans le cadre de la modélisation en base des descripteurs, l équipe s est donc investie dans plusieurs domaines, tels que la structuration de thésaurus de qualification d échantillons sonores (réflexion sur les travaux d Emmanuel Deruty), ou encore le contenu du standard MPEG-7. Collaborations internes : équipes Analyse/synthèse, Design sonore.
144 BILAN 2001 : Services en ligne Collaborations extérieures : Ina-GRM, Digigram, Sony CSL, Creamware, Université Pompeu Fabra (Barcelone, Espagne), Oracle. 6.2.4. Choix des formats L étude des divers formats de données audio a été largement avancée en 2001 et sera achevée au début de l année 2002. Elle vise à éclairer les choix effectués dans les projets au niveau des formats audionumériques des données sonores stockées et utilisées comme standard interne sur les serveurs. Ce travail présente de nombreux volets : stratégiques (propriété des formats, existence de logiciels de lecture sur les plates-formes clientes visées) et techniques (souplesse du format, compression, coût processeur des conversions associées). La liste des formats audionumériques supportés par les systèmes doit aussi être choisie. L étude de la problématique des conversions de formats et de ces différents corollaires (charge des machines, performances au vu de l utilisateur, existence de modules de conversion, possibilité d intégration) tient une grande place dans l ensemble de cette réflexion. 6.3. Conception fonctionnelle 6.3.1. Aspects théoriques : les services La conception d architecture générale proposait déjà, dans une perspective technique, une liste de services offerts par les serveurs Internet à un client connecté. Ces services, déduits des spécifications générales des projets, constituaient la base d une conception fonctionnelle. Cette réflexion a été complétée sur Ecrins, en collaboration avec le GRM, et a conduit à l élaboration d un premier document fonctionnel proposant une interface utilisateur donnant accès à un certain nombre des services cités ci-dessus. Cette première proposition d interface a fait l objet d une série d observations de la part des divers intervenants du projet. Hormis certains défauts ponctuels, il nous est surtout apparu que la conception fonctionnelle nécessitait l adoption d une approche distinguant nettement les services offerts à l utilisateur (déjà fort complexes et
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 145 encore mal définis) des aspects graphiques pour lesquels les limitations des solutions techniques existantes étaient aussi à prendre en compte dans un contexte d applications en ligne. Un document de conception fonctionnelle, indépendant de toute considération graphique ou ergonomique, a donc été produit. Il définit un certain nombre de notions générales (utilisateurs, groupes d utilisateurs, droit d accès aux données), de données (notion de propriétés des données, de filtre, de cible de recherche, de sélection, de presse-papier) et de services (navigation, recherche, login, consultation des préférences...). À l issue de cette phase de conception fonctionnelle, une première séance de travail a été effectuée avec le département Production de l Ircam, lequel constitue une population d utilisateurs potentiels du système Ecrins. Cette action, conjuguée avec d autres échanges du même type, vise à éviter les phénomènes de divergences entre le système développé et les besoins et modes de travail quotidiens des utilisateurs. Collaboration interne : service Production. Collaboration extérieure : Ina-GRM. 6.3.2. Aspects ergonomiques Sur la base de cette spécification fonctionnelle, une nouvelle interface graphique a été élaborée sous forme d une maquette (HTML), et soumise aux partenaires du projet dans le cadre d un document de spécification d interface. Cette interface graphique a aussi fait l objet d un travail commun avec le service Production de l Ircam. Cette seconde interface, amendée au vu des remarques dont elle a pu faire l objet, constitue la base des développements Ecrins en cours. 6.4. Constitution des données Dans le cadre d Ecrins, quarante CD audio d échantillons sonores commerciaux acquis par l Ircam ont été convertis en audionumérique (AIFF). Cette opération, qui a nécessité le développement d un module d automatisation des phases de segmentation (détection des index des plages audio) et de capture numérique, a permis la constitution d une
146 BILAN 2001 : Services en ligne base de sons directement exploitables sous Ecrins. Ces données pourront donc être partagées par tous les utilisateurs d Ecrins au sein de l Ircam. 6.5. Développements 6.5.1. Maquette Ecrins Le mois de novembre a vu l agrégation des différents travaux précédemment évoqués dans le cadre d une première maquette opérationnelle, incluant les fonctionnalités les plus élémentaires du système : connexion au système d un utilisateur déjà inscrit, récupération sur le poste client d un ou plusieurs échantillons sonores de la base Ecrins, écoute en ligne (streaming) d un échantillon. Par delà les fonctions élémentaires qu elle proposait, cette première réalisation constituait surtout une validation opérationnelle des choix architecturaux effectués durant les mois précédents : derrière la connexion de l utilisateur et le téléchargement des sons, toute la structure logicielle, serveur d application, SGBD, dialogue Corba entre ces modules, était mise en oeuvre. 6.5.2. Ecrins version 1 Ce premier développement a été immédiatement suivi par la réalisation de la version 1 du système Ecrins. Le contour fonctionnel de cette version comprend toutes les fonctions génériques du système (connexion de l utilisateur, gestion de ces préférences, application des règles contrôlant la visibilité des données pour tel ou tel utilisateur) ainsi que toutes les fonctions liées à la navigation dans le corpus d échantillons organisé en classes (navigation dans une classification arborescente, sélection par l utilisateur de ces échantillons préférés). Les fonctions de téléchargement et d écoute en ligne sont bien sûr présentes dès cette version 1. Ce développement s articule autour de plusieurs grands axes : la mise en place, dans le SGBD, de la structure de données définies en phase de conception, et le renseignement de cette structure avec des données permettant a minima les tests unitaires ;
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 147 le développement (en langage Java) de modules assurant le dialogue avec cette base de données, et fournissant en résultat des données élaborées (par exemple issues de plusieurs requêtes à la base de données). Dans la version 1 d Ecrins, l utilisateur n a aucune possibilité de modification sur les données ; en conséquence, ces modules, dans la première version du système, n effectuent que des requêtes de consultation. Dans les versions ultérieures, ces modules prendront aussi en charge les modifications de données, et seront donc aussi garants de la cohérence de celles-ci ; le développement (en langage C++) de modules d accès à la base d échantillons sonores (téléchargement et streaming) ; le développement des services de haut niveau offerts en ligne (servlets), réceptionnant les requêtes émises par le client lors des actions de l utilisateur, supervisant le traitement correspondant en s appuyant sur des appels aux modules cités précédemment, et fournissant en retour le résultat attendu par l utilisateur (en général une nouvelle page HTML). La fin du développement de cette version est prévu pour la fin du mois de janvier 2002. Fin décembre 2001, les fonctionnalités de navigation et la consultation des échantillons étaient globalement opérationnelles. 6.6. Suivi de projets L Ircam joue un rôle majeur dans le maintien en cohérence des diverses contributions des partenaires. L équipe Services en ligne, pour sa part, prend en charge les aspects techniques de cette tâche de coordination. Il s agit entre autres de prendre en charge ou d initialiser des séries d actions (études, choix de produits, développements de briques logicielles réutilisables) permettant d assurer la cohérence technique des modules produits par l ensemble des équipes. Mais d autres actions, comme par exemple la définition de versions de développement intermédiaires, permettent également de faire converger les travaux de l ensemble des équipes vers un tout homogène et opérationnel. Dans ce cadre, l intégration de travaux de nature scientifique, par définition susceptibles d évolutions fréquentes, ne peut se faire que par une approche itérative.
148 BILAN 2001 : Services en ligne 6.6.1. Coordination du projet européen IST Cuidado Le coordinateur d un projet IST a des responsabilités contractuelles particulières, qui débordent les obligations usuelles d un chef de projet. Coordination scientifique et administrative La coordination scientifique et administrative du projet Cuidado est assurée par l Ircam, qui doit prendre en charge l organisation des réunions de travail ainsi que la rédaction d un Progress report synthétique accompagné d un état des coûts détaillés, demandés chaque semestre par la Commission européenne. Elaboration d une méthode de suivi de projet et d assurance qualité Le projet Cuidado est de type «ingénierie concourante» ; son suivi rigoureux pose des problèmes méthodologiques intéressants et parfois spécifiques, concernant notamment la définition d un espace de spécification, mais aussi la gestion contradictoire des décisions, le monitoring continu des tâches planifiées, ainsi que la capitalisation de la mémoire technique du projet, considérée comme un véritable processus constructif. Sur tous ces sujets, l équipe de coordination Cuidado a proposé des méthodes qui ont été validées par la Commission européenne, ainsi que des outils opérationnels qui sont actuellement mis en œuvre. Spécification des besoins des utilisateurs Le but du projet est de concevoir des réseaux de relations entre des descripteurs musicaux au «Knowledge Level 1», qui soient à la fois dynamiques et capitalisables par les utilisateurs du système au format de connaissances métier. Mais c est aussi de parvenir à dégager la correspondance la plus calculable possible entre les descripteurs du niveau des connaissances et ceux, dits de «bas niveau», du niveau physique acoustique : en effet, la nouveauté du projet tient au fait que l on vise l analyse et la structuration a posteriori de contenus existants, et non plus seulement la création de contenus par transformation paramétrique de contenus. 1. Alan Newell, «The Knowledge Level», Journal of Artificial Intelligence 18, 1982
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 149 Pour parvenir à spécifier les besoins des futurs utilisateurs des applications pilote Cuidado en évitant les paradoxes de la conception centrée utilisateur, une méthodologie incrémentale a été mise en place, qui mobilise différents groupes d utilisateurs (http :// www.cuidado.mu). Participants : H. Vinet, Fr. Rousseaux, P. Mullon, M. Dulong de Rosnay. Collaborations internes : équipes Analyse/synthèse, Design sonore, Perception et cognition musicales, Représentations musicales. Collaborations extérieures : tous partenaires Cuidado et Ecrins. 6.7. Recherche exploratoire Avec les projets Cuidado et Ecrins comme arrière-plan expérimental, la recherche exploratoire vise l élaboration incrémentale d une musicologie différentielle, prenant acte des trois processus constructifs de modélisation suivants : par le calcul (typique de l approche MPEG) ; par les ontologies (typique de l acquisition des connaissances) ; par l herméneutique matérielle. Ces trois approches de modélisation définissent un espace de modélisation en dialogue interprétatif et constitutif avec les réalisations concrètes. La recherche est principalement conduite dans le cadre de la délégation CNRS de Francis Rousseaux, professeur des Universités. Approche par le calcul par les ontologies par l herméneutique matérielle signe excès de l inscription médiation de la classification épuisement de la catégorisation modalité calcul sur le signal numérique représentation des connaissances étude des conditions de possibilité matérielles des déploiements conceptuels enjeux définir de nouvelles descriptions interprétatives, prescrites par le potentiel des machines, et proposer aux hommes de les utiliser et de les penser représenter l interprétation comme synthèse de connaissances manipulables à la fois par la pensée et par des automates pensée de l écart entre les catégories conceptuelles et le procès en singularisation qui caractérise la vie éprouvée de la conscience, en rapport toujours-déjà technologique avec le monde
150 BILAN 2001 : Services en ligne apories et difficultés lieux de développement exemple musical seuls deux ordres sur les descripteurs proposés sont envisageables : 1. un ordre de calcul 2. un ordre de rentabilité économique le consortium de normalisation MPEG la «durée effective» d un signal sonore est un descripteur MPEG en voie de normalisation Participant : Fr. Rousseaux. acquérir les connaissances et les ordonner sont les deux faces d une même activité de modélisation, qui a bien du mal à choisir entre des ordres théoriques (l abstraction ou la généralisation) et des ordres pratiques (utilité pour un usager), d où des problèmes d acquisition et de maintenance des ontologies les communautés universitaires se réclamant de «l acquisition des connaissances» dans son Traité des objets musicaux, Pierre Schaeffer a proposé une ontologie pour la description des sons sur le mode de l écoute réduite (au sens de la phénoménologie) - irréductibilité de la vie en singularité de la conscience - rendre compte (par exemple) que la mise en présence artificielle de connaissances provoquent la synthèse interprétative et stimulent la découverte les tenants d une herméneutique matérielle comme philosophie première dans Différence et répétition, G.Deleuze montre l incommensurabilité du singulier avec le particulier (dans le domaine du théâtre) 6.8. Publications Revues nationales et internationales avec comité de lecture [Rousseaux01a] Rousseaux Fr., «La notion d œuvre à l heure de la musique en ligne : comment concevoir la nécessaire médiation des affinités électives?», Université des Arts volume 3, «La critique : le rapport à l œuvre», Klincksieck Editions, direction Marc Jimenez, à paraître.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 151 [Bonardi&al.01a] Bonardi A., Rousseaux Fr., «Composing an Interactive Virtual Opera : The Virtualis Project», Leonardo 35, nº 3 ; Creativity and Cognition Conference, Loughborough University, 10-13 octobre 1999, Actes, New York, ACM Press, 1999, à paraître (juin 2003). Articles dans des ouvrages collectifs publiés [Rousseaux01b] Rousseaux Fr., «Vagabonds, pédants ou philistins : choisir en beauté (à propos de Thomas Mann et du test de Turing)», in Art lyrique et art numérique : à propos d une scénographie interactive de NORMA, Observatoire Musical Français, Université de Paris IV, A. Bonardi, éd., à paraître. Conférences internationales avec actes et comité de lecture [Bonardi&al.01b] Bonardi A., Rousseaux Fr., «The Virtualis Project : Interacting with Operatic Contents», actes Electronic Imaging & the Visual Arts, Florence, Italie, 18-22 mars 2002. [Rousseaux&al.01a] Rousseaux Fr., Akdag H., Borgi A., «G- Polymorphous Object Classes : an Air Traffic Flow Management Application», actes The Fifteenth International Conference on Industrial & Engineering Application of Artificial Intelligence & Expert Systems, Cairns (Australie), 17-20 juin 2002. [Rousseaux01c] Rousseaux Fr., «Musical knowledge and elective affinities : get the former to actualise the latter, actes European Meetings on Cybernetics and Systems Research, Vienne, Autriche, 2-5 avril 2002. [Bonardi&al.01c] Bonardi A., Rousseaux Fr., «Towards Interactive Operas : the Virtualis project», actes Cultural Heritage and Technologies in the Third Millennium, Milan (Italie), 3-7 septembre 2001. [Rousseaux&al.01b] Rousseaux Fr., Akdag H., Truck I., «Air Traffic Management System : a G-Polymorphous Model», actes 5th World Multiconference on Systemics, Cybernetics and Informatics, volume XVII, p. 332-337, Orlando (Floride, USA), juillet 2001. Workshops de conférences internationales avec actes et comité de lecture [Bonardi&al.01d] Bonardi A., Francis Rousseaux Fr., «Interacting with Operatic Contents», Conférence «Information Presentation and Natural Multimodal Dialogue», Vérone (Italie), 13-15 décembre 2001. [Bonardi&al.01e] Bonardi A., Francis Rousseaux Fr., «Esquisse d un opéra interactif : le projet Virtualis», Conférence «Hypertextes & Hypermédias», Valenciennes (France), 18-20 octobre 2001.
152 BILAN 2001 : Services en ligne [Rousseaux01d] Rousseaux Fr., «How to categorise singularity? Some phenomenological lessons from the music field through the Cuidado IST project and the MPEG7 process», Conférence invitée au centre Telecom Italia Group of Companies «Scuola Superiore G. Reiss Omoli», L Aquila (Italie), 21-27 janvier 2002. [Rousseaux01e] Rousseaux Fr., «Pourquoi le WEB resterait-il sourd à nos envies de musiques?», Conférence «Musical creativity» of European Society for the Cognitive Sciences of Music, Liège (Belgique), 5-8 avril 2002. Conférences nationales avec actes et comité de lecture [Rousseaux01f] Rousseaux Fr., «Connaissances musicales et affinités électives : acquérir les premières pour actualiser les secondes», Journées francophones d Extraction et de Gestion des Connaissances, Montpellier (France), 21-23 janvier 2002 [Bonardi&al.01f] Bonardi A., Rousseaux Fr., «Virtualis, opéra interactif», Journées d informatique musicale, actes des JIM2001, Bourges (France), 7-9 juin 2001, p. 247-257. Conférences sans actes publiés [Rousseaux01g] Rousseaux Fr., «Design of a co-operative system for listening to music», European Society for the Study of Cognitive Systems, workshop on «Multidisciplinary Aspects of Learning», Clichy (France), 17-19 janvier 2002 Rapports internes [Mullon01a] Mullon P., «Compte-rendu réunion 12/07/01 (réunion de travail sur les catégories)», juillet 2001. [Mullon01b] Mullon P., «Compte-tendu réunion du 13/08/01 (Ircam- Grm). Première proposition d interface Ecrins», août 2001. [Mullon01c] Mullon P., «Compte-rendu réunion Ircam-Digigram (remarques sur première maquette)», septembre 2001. [Mullon01d] Mullon P., «Ecrins, conception fonctionnelle», octobre 2001. [Mullon01e] Mullon P., «Ecrins, seconde proposition d interface», novembre 2001. [Boutard01] Boutard G., Architecture technique du système, novembre 2001. [Jacob01a] Jacob M., Schéma de la base de données Ecrins, novembre 2001. [Jacob01b] Jacob M., «Study on descriptors storage and management», décembre 2001.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 153 [Jacob01c] Jacob M., «Study on users and permissions», décembre 2001. [Jacob01d] Jacob M., «Study on sample storage», décembre 2001. [Rousseaux01h] Rousseaux Fr., «User feed-back methodology», Deliverable Cuidado, juin 2001. [Rousseaux01i] Rousseaux Fr., «Internal Web site», Deliverable Cuidado, juin 2001. [Rousseaux01j] Rousseaux Fr., Dulong de Rosnay M., site interne du projet à accès réservé aux partenaires, htpp ://www.ircam.fr/projects/ cuidado/wg, Deliverable Cuidado, juin 2001. [Rousseaux01k] Rousseaux Fr., «Quality assurance method Online documentation and quality control specification, Deliverable Cuidado, juin 2001. [Cuidado01] All Cuidado Consortium participants, «Technical and functional specifications», Deliverables Cuidado, juin 2001. [Bach01a] Bach D., Honisch M., Vinet H., Peeters G., Herrera P., «Music Test Sets», Deliverables Cuidado, juin 2001. [Bach01b] Bach D., Honisch M., Wüst O, Pachet F., Puig V., Rousseaux Fr., «Dissemination and Use Plan», Deliverables Cuidado, juin 2001. [Rousseaux01l] Rousseaux Fr., Dulong de Rosnay M., Vinet H., Periodic Progress Report n 1, Covering period : 01/01/01-30/06/01, Progress report Cuidado, août 2001. 7. Logistique 7.1. Service informatique L année 2001 été marquée, pour le service informatique, non seulement par la volonté de bien préparer l Institut au passage à l Euro, mais également par les conséquences de l arrivée des nouveaux projets scientifiques importants, et par le raccordement de l Ircam à la «Boucle des contenus». Un nouveau technicien Macintosh, Youcef Bensaïd, a été recruté à la suite à la démission de la personne qui occupait ce poste.
154 BILAN 2001 : Logistique 7.1.1. Passage à l Euro Préparation pour le passage à l Euro Le passage à l euro a été significatif essentiellement pour les systèmes informatiques du service Financier et du service du Personnel. Le progiciel de comptabilité SIR-EPA est utilisé principalement par le service financier, mais aussi par l ensemble des personnes des différents départements et services de l Ircam qui doivent effectuer des manipulations comptables. Des mises à jour successives compatibles avec l Euro ont été installées permettant de travailler pendant la période de double circulation de la monnaie. Par ailleurs, la base des données au service Production a été doublée d une «base» de tests, de façon à permettre au service financier de vérifier à l avance que la «bascule» en euro opération lourde, puisqu elle modifie toutes les données internes du système, qui doit être effective pour l exercice 2002 ne poserait pas de problème particulier. Pour le logiciel de paye Payami, utilisé par le service du Personnel, la version que nous utilisions jusqu à présent ne permettait pas de passer à l Euro. Cette version, bien que fonctionnant sur un serveur Windows NT4, n utilisait que les fonctionnalités du DOS. Il a donc été procédé à l installation et à la mise en service d un nouvelle version de ce logiciel, utilisant cette fois-ci les ressources de Windows, et rendue compatible (après plusieurs mises à jours) avec le passage à l Euro. Hormis les logiciels ci-dessus mentionnés, les applications utilisées à l Ircam n ont pas fait l objet d une vigilance particulière pour le passage à l euro, excepté pour la suite Office, qui a nécessité une surveillance pointue, en s assurant que les personnes qui utilisent massivement ces outils disposent, sur leur ordinateur, d une version suffisamment récente et donc compatible avec l Euro. 7.1.2. Réseaux Internes Au cours de l année 2001, les réseaux internes n ont pas connu de profonde modification. Cependant, on notera la poursuite de la croissance du nombre de prises connectées, suite à l arrivée des nombreuses nouvelles machines et des nouveaux projets.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 155 Une nouveauté a aussi marqué l année 2001, à savoir la demande de beaucoup de collaborateurs de pouvoir connecter leur ordinateur portable personnel au réseau de l Institut. Chaque opération nécessite une prise dédiée sur les commutateurs, car ces machines sont intégrées dans un réseau virtuel (VLAN) privé réservé à cet usage. Dans cette même optique, il a été aussi mis en place à titre expérimental, un réseau de type 802.11b (Ethernet par radio). En effet, sur les Macintosh de dernière génération cette fonctionnalité est prévue en standard, seule la carte Airport de faible coût devant être acquise. Il est à noter qu il s agit bien d une évaluation, car si le débit de ce ce type de réseau est inférieur à celui des réseaux filaires, ce qui ne pose pas de problème pour l usage qui en est fait, le déploiement massif sans précautions de ce type de réseau ne serait pas sans poser de graves problèmes de sécurité. La migration d un réseau unique partagé («à plat») vers des réseaux virtuels (VLAN) est maintenant accomplie. Deux stagiaires ont participé a cette action. Le premier, lors d un stage d une durée de quatre semaines, qui s est déroulé au cours du mois de janvier dans le cadre d une formation de Technicien de maintenance et micro informatique et réseau, a permis de traiter le bâtiment administratif de l Ircam (Bâtiment C). Le second, dans le cadre d un stage AFPAA (formation pour adultes) de Technicien supérieur en réseaux et télécommunications, d une durée de 3 semaines au mois de décembre, a permis de remettre à niveau le câblage du bâtiment B. Celui-ci était pratiquement resté dans l état de désordre qui avait résulté de la période de réhabilitation du bâtiment A où tout l ensemble du personnel avait dû être logé provisoirement dans les bâtiments B et C. 7.1.3. Boucle des contenus Ce projet a été initié en février 2000 par les ministres de la culture et de l Éducation nationale (Catherine Trautmann et Claude Allègre). Rappelons qu il s agissait de proposer à des sites ayant des contenus pédagogiques ou culturels, de bénéficier des tarifs très avantageux pour pouvoir les rendre accessibles à haut débit. L Ircam a très rapidement répondu favorablement à cette offre en présentant un dossier de candidature.
156 BILAN 2001 : Logistique Les premiers sites retenus sur cette boucle à haut débit ont été la Bibliothèque nationale de France, La Cité des Sciences et de l Industrie, l Université de Paris X, le ministère de la Culture et de la Communication, l Ucad (Musée des Arts Décoratifs), et l Ircam. L Ina a été aussi retenu mais sera raccordé physiquement au NDR de Marne la vallée. L Ircam, à la demande du directeur de cabinet du ministère de la Culture et de la Communication, a effectué une mission d étude et de coordination visant à identifier les besoins et contraintes des différents établissements concernés et à proposer des recommandations et solutions de mise en œuvre, tant sur les aspects techniques, financiers que juridiques. Cette mission a été coordonnée par Hugues Vinet avec la collaboration de Laurent Ghys et Julien Boissinot. A la suite du rendu de cette mission, réalisée au cours du second trimestre 2001, un accord a rapidement été trouvé entre les différentes parties prenantes (établissements publics, ministère de la Culture et de la Communication, GIP Renater), en vue d une connexion des sites avant la fin 2001. Renater, opérateur de ce projet, a aussi proposé à ces sites un raccordement pour les besoins propres de leurs utilisateurs (hors serveurs de contenus) offre à laquelle nous avons souscrit. Le raccordement effectif à l Ircam a eu lieu le 21 décembre et la connectivité avec Renater est devenue la suivante : un raccordement (transport) à 34 Mbit/s sur une boucle SDH 2.5 Gbps vers le NIO Renater, le Réseau Rerif (Region d île de France) n est donc plus traversé ; un trafic non limité pour les serveurs de contenus de l Ircam, du Centre Georges Pompidou, et de la BPI ; un trafic limité à 20 Mbit/s pour les utilisateurs des trois sites confondus. Il est à noter qu il n est pas fait appel à de la métrologie, ce qui aurait pu amener à des dépassements de consommation, et par conséquent à des problèmes budgétaires en cours d année. Le routeur de sortie de l Ircam qui assure aussi un filtrage minimum obligatoire ne permettait pas de tels débits ; pour prévoir un passage à ces débits augmentation d un facteur supérieur à dix nous avons
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 157 évalué et expérimenté son remplacement par un ordinateur beaucoup plus puissant, ce qui nous a permis de calibrer la machine définitive de sortie du site. Il été finalement décidé de séparer sur deux machines distinctes (bien qu identiques matériellement) le routage entre les différents sites et le filtrage pour l Ircam, étant entendu que le Centre Georges Pompidou et la BPI assurent eux-mêmes leur propre filtrage au moyen de «garde barrières». Il a été possible d utiliser des machines standard classiques, dépourvues de disque dur, sous un système d exploitation libre, à la place d équipements propriétaires coûteux qui ne s avèrent finalement pas absolument nécessaires, compte-tenu des débits considérés, de l évolution de la puissance des machines courantes, mais aussi des compétences système des administrateurs de ces routeurs. 7.1.4. Évolution des Serveurs Les serveurs d annuaire, de courrier électronique, de gestion des imprimantes et de partage de fichiers ayant été mis en place en 2000 utilisaient aussi du matériel courant et des logiciels libres. Ils ont donné toute satisfaction. Aussi, nous avons eu la volonté de poursuivre dans cette direction en adoptant la même technologie pour les serveurs Web, les serveurs FTP et le serveur de listes de diffusion de courrier électronique. Bien que les équipements aient été acquis au premier semestre de cette année, il n a pas été possible de les installer, de les configurer, et de faire migrer nos données et logiciels sur ces serveurs, faute de moyens humains suffisants dans l équipe. Une des raisons de cette pénurie a été l arrivée importante de personnels, chercheurs, développeurs, ou administratifs nouvellement arrivés à l Ircam pour collaborer aux nouveaux projets, et qui ont mobilisé des ressources importantes du service informatique pour l achat et l installation de leurs postes de travail, sans qu il soit affecté de personnel supplémentaire.
158 BILAN 2001 : Logistique 7.2. Atelier de mécanique L atelier de mécanique effectue la conception et la réalisation de prototypes mécaniques en réponse aux demandes formulées par les différents services de l Ircam, notamment les équipes scientifiques et le secteur de la production. En 2001, les réalisations les plus représentatives ont été les suivantes : Modification d une table tournante B&K adaptation d un plateau de 600m et d un siège pour recevoir un sujet (mesures de directivité), O. Warusfel, équipe Acoustique des salles. Relevés de cotes sur une série d archets et réalisation d un banc de mesures pour l analyse modale de l archet de violon, R. Caussé, équipe Acoustique instrumentale. Réalisation des perçages et ouvertures sur les quatre boîtiers des cabines audiométriques, St. McAdams, équipe Perception et cognition musicales. Étude et réalisation de la motorisation pour la caméra Sony DV et de deux treuils pour le déplacement de chariots de travelling, E. Fléty, A. Jacquinot, service Production. Réalisation d un montage pneumatique pour l étude de l anche du hautbois, R. Caussé. Modification d une série de cinquante façades de boîtiers, Fr. Gibouin. Réalisation d un support pour H.-P. six voies, N. Misdariis, équipe Design sonore. Réalisation d outillage pour la perce de deux flûtes en roseaux (flûte Ouldémé), R. Caussé, équipe Acoustique instrumentale. Réalisation d un support pour sonomètre St. McAdams, équipe Perception et cognition musicales. Réalisation d un outillage de mesure et prise de cotes internes sur deux axes, réalisation d un plan côté du Didjeridoo, R. Caussé, équipe Acoustique instrumentale. Réalisation d un montage pour mesures (analyse modale)sur la flûte Ouldémé, R. Caussé, équipe Acoustique instrumentale. Modification de deux pieds support H.-P., A. Jacquinot, service Production.
BILAN 2001 : RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT 159 Etude et réalisation de 4 pièces support micros pour équipé des casques Sennheiser (dispositif de retour de l environnement sonore), O. Warusfel, équipe Acoustique des salles. Renforts sur douze éléments de scène (soudures), A. Jacquinot, service Production. Réalisation de six platines pour la fixation de H.-.P sur des supports à rotule, B.Thigpen, département Pédagogie. Poursuite des travaux sur la timbale, dispositif accord automatique (déport de la pompe hydraulique et validation des valeurs de tension de la peau), R. Caussé, équipe Acoustique instrumentale. Etude et réalisation d un équipement modulable de mesure à trois dimensions pour la chambre sourde, O. Warusfel, équipe Acoustique des salles.
160 BILAN 2001 : Logistique Création musicale Directeur artistique : Eric De Visscher L année 2001 a vu l aboutissement d un certain nombre de projets artistiques issus d une vraie politique de collaboration entre équipes de production et de recherche. C est le cas notamment de K, opéra de Philippe Manoury, présenté avec grand succès à l Opéra-Bastille : le compositeur a su mettre les technologies développées à l Ircam (synthèse vocale, spatialisation, traitements en temps réel) «à l épreuve de la scène», non seulement en les rendant parfaitement fiables pour fonctionner dans des conditions de spectacle, mais surtout en leur donnant un véritable sens dramaturgique. Une telle option ouvre la voie vers un secteur d activité plus large que le seul champ de la musique, où les technologies pourront servir non seulement dans la danse, l opéra et le concert, mais aussi dans des contextes liés au théâtre, à l installation sonore voire au cinéma. Un tel projet se concrétisera dès l année 2003 avec la création d un véritable de pôle des technologies du spectacle. De la musique au spectacle : tel est le sens des multiples projets chorégraphiques qui ont jalonné l année 2001, des projets présentés dans le festival Agora jusqu à la dernière création de François Raffinot, P.R./On Line, sur des musiques de Pierre Boulez et Luca Francesconi. D autres projets, tel celui de Kasper T. Toeplitz et Myriam Gourfink, ont montré les possibilités infinies d une intégration forte entre la musique et la danse, par le biais d une technologie commune aux deux disciplines. La musique de concert occupe cependant toujours une place centrale au sein de l Ircam et l implication de musiciens, solistes ou en ensemble, instrumentistes ou chanteurs, reste essentiel dans le processus de création. Les œuvres de Roger Reynolds et François Nicolas ont montré, tout comme le faisait Philippe Manoury dans le domaine de l opéra, combien l intégration des équipes de recherche
BILAN 2001 : Création musicale 161 dans la création restait féconde et constituait le socle explicite sur lequel s appuyait toute la démarche de l Ircam. A cet égard, le rôle des assistants musicaux, en tant que traits d union entre compositeurs et chercheurs, apparaît comme incontournable. Enfin, la valorisation du patrimoine artistique de l Ircam passe par une politique de diffusion. A Paris, la saison musicale, présentée en commun avec l Ensemble Intercontemporain, et le festival Agora apparaissent comme les moments forts de l activité. A l extérieur, une importante activité de tournées aura à nouveau mené l Ircam sur les routes de France et d Europe, rencontrant à chaque fois de nouveaux publics avides de découverte. La propagation du patrimoine passe aussi par la remise à jour, sur des plates-formes actuelles, des œuvres plus anciennes et par des accords avec les éditeurs de ces partitions afin qu ils puissent assurer une bonne distribution du matériel électronique, distribué avec la partition. Ce travail de diffusion est le fruit d une collaboration intense entre la direction artistique et les équipes administratives et techniques du service de la Production. Notons enfin que de plus en plus de projets s opèrent dans le cadre de partenariats avec d autres structures et notamment au sein du réseau Varèse, réseau européen pour la création et la diffusion musicales, un réseau regroupant une quinzaine de programmateurs de plus de dix pays européens. Des projets d accueil, notamment dans le cadre d Agora, mais aussi de création ont ainsi pu être mis sur pied grâce au soutien que l Union européenne octroie à ce réseau. 1. Activités musicales en studio Directeur de la Production : Alain Jacquinot Directeur de la Pédagogie, chargée du suivi technologique : Marie- Hélène Serra Coordinateur des assistants musicaux : Eric Daubresse Responsable de l ingénierie sonore : Frédéric Prin Les activités dans les studios de l Ircam sont initiées et validées par le directeur artistique, encadrées par le directeur de la Production, pour les questions organisationnelles et administratives, et le directeur de la
162 BILAN 2001 : Logistique Pédagogie pour le suivi technico-scientifique. Ces derniers déterminent le choix de l assistant musical et/ou de l ingénieur du son pour chaque projet artistique et suivent l évolution du travail jusqu à sa réalisation finale. L interaction suivie entre la direction artistique et le département de la production permet également d organiser au mieux la programmation des concerts pendant lesquelles ces œuvres réalisées en studio sont présentées, à l Ircam ou à l extérieur. L importance croissante de l activité de diffusion des œuvres démontre un intérêt grandissant pour ce qui constitue aujourd hui le «répertoire» de l Ircam et nécessite la mise en œuvre d une structure administrative et technique de plus en plus performante. La documentation et les portages des œuvres sur des plates-formes récentes constitue de ce fait une activité capitale qui rend la diffusion des œuvres plus aisée, même sans l intervention de techniciens de l Ircam au concert. 1.1. Les compositeurs en production Lorsqu un compositeur vient travailler dans les studios de l Ircam, la précision de son projet et son degré d intégration des processus techniques sont parfois très variables. C est ici qu interviennent tout le savoir-faire et la capacité de compréhension des assistants musicaux, chargés de réaliser de manière concrète les idées parfois peu formalisées des compositeurs. Mais le rôle d assistant ne se limite pas à cette simple exécution ou translation ; il devient bien souvent un véritable partenaire de la création, en proposant des idées et des processus techniques qui influencent en retour la création elle-même. L intelligence de compréhension, la complicité dans le processus de travail et le respect des rôles de chacun sont donc des éléments essentiels de ce rapport unique qui lie le compositeur à l assistant musical. Les assistants musicaux du secteur Création de l Ircam qui ont travaillé en studio avec les compositeurs en 2001 sont : Eric Daubresse (coordinateur des assistants musicaux), Serge Lemouton, Tom Mays, Gilbert Nouno, Olivier Pasquet, Manuel Poletti et Frédéric Voisin.
BILAN 2001 : Création musicale 163 1.2. L ingéniérie sonore L année 2001 a été marquée par la création de l opéra de Philippe Manoury K..., à l Opéra Bastille, permettant ainsi une étroite collaboration entre les équipes techniques des deux institutions. La difficulté au niveau de l ingénierie sonore a été de se soumettre aux lois des représentations données en alternance, engendrant l impossibilité d installer un système de diffusion complexe qu il n était guère envisageable de remonter avant chaque soirée. L option retenue a donc été d étudier avec soin le système de diffusion sonore existant à l opéra, pour ne retenir que les haut-parleurs que nous pensions adaptés à la diffusion de la partie électronique de l œuvre. La difficulté majeure pour l ingénieur du son étant de recréer un espace commun au trois mondes à savoir, les chanteurs sur scène, l orchestre dans la fosse et l électronique dans la salle. Pour réaliser ce projet, une série de tests a été pratiquée, un an avant le début des représentations, nous permettant de déterminer l emplacement des haut-parleurs à rajouter, au système existant, pour compléter l espace et remplacer les sources trop éloignées en termes de couleur. Ces données ont alors rendu possible l optimisation de la spatialisation pour que l essentiel du travail de mise en espace soit réalisé, avant la première répétition. On notera également l utilisation d une fibre optique pour transmettre les signaux Midi entre le clavier dans la fosse et les ordinateurs SGI situées à plus de 130 m. D autre part, la reprise de l activité discographique du studio 8 de l Ircam, et notamment le projet d édition des œuvres d Emmanuel Nunes, Lichtung I* et II*, nous a permis d apprécier le potentiel de la console mise en place en 2000. Grâce à l expérience des concerts au cours desquels ces pièces ont été interprétées, nous avons pu choisir les deux types de captation à mettre en œuvre durant les sessions d enregistrement : les micros spécifiques pour les transformations qui doivent isoler le plus possible l instrument sur son canal, pour que son «parcours» électronique reste lisible ; les micros spécifiques pour redonner une image sonore cohérente de l orchestre.
164 BILAN 2001 : Logistique La véritable difficulté restant la réduction d une pièce pour orchestre et treize hauts parleurs sur les deux canaux stéréo. Pour optimiser l efficacité du spatialisateur transaural, la phase de mixage final et la post-production de l électronique seront simultanées impliquant cinq CPU en cascades numériques. 1.3. Les compositeurs en recherche Les activités détaillées des compositeurs en recherche durant l année 2001 se trouvent précisées sous la rubrique recherche, à l entête des différentes équipes de recherche. Pour mémoire, citons les compositeurs choisis (de commun accord entre les directions scientifiques et artistiques) en 2001 : Georges Bloch (Représentations musicales) ; Karim Haddad (Représentations musicales); Jean-Luc Hervé (Représentations musicales) ; Mauro Lanza (Représentations musicales et Acoustique instrumentale) ; Philippe Manoury (Systèmes temps réel) ; Roger Reynolds (Perception et cognition musicales) ; Hans Tutschku (Analyse/synthèse). 1.4. Les portages L évolution technologique constante et la demande croissante de diffusion des œuvres réalisées à l Ircam nous oblige à constamment revoir certaines œuvres pour adapter le dispositif électronique à de nouvelles plates-formes. En adoptant des outils couramment disponibles sur le marché informatique, l Ircam rend également possible la reprise de ces œuvres sans son intervention technique lors du concert. Ainsi, la diffusion de ces œuvres ne se trouve pas entravée par des raisons de disponibilité du personnel de l Ircam ou en raison de budgets ne permettant pas de faire voyager ce personnel en tournée. Ces portages débouchent sur la réalisation d une documentation technique et de matériel électronique utilisés lors des concerts. Pour les œuvres éditées, l Ircam passe un contrat avec les éditeurs relatif à l utilisation de ce matériel lors de la diffusion des pièces.
BILAN 2001 : Création musicale 165 1.5. Les développements techniques pour les projets danse et musique En 2001, l équipe centrée autour d Emmanuel Fléty, ingénieur, a contribué à l élaboration d outils de captation de gestes, par caméra vidéo, utilisée notamment dans les productions de François Raffinot. Pour le spectacle P.R./On Line, un dispositf de pilotage à distance d une caméra vidéo a également été développé, permettant la rotation de la caméra. 1.6. Les compositeurs du cursus de composition et d informatique musicale Chaque année, l Ircam accueille dix compositeurs 2, sélectionnés par le jury du comité de lecture organisé conjointement par l Ircam et l Ensemble Intercontemporain, afin d y parfaire leurs connaissances en informatique musicale et de rencontrer de manière privilégiée les compositeurs majeurs de notre époque. A la fin de leur période de formation, ils réalisent une œuvre personnelle pour instrument soliste et dispositif électronique. Celles-ci sont réalisées dans le cadre des studios de la pédagogie et bénéficie de l aide des assistants de la pédagogie. Le secteur Production n intervient que dans l organisation du concert final et des séances d enregistrements préalables au travail en studio. 2. Réalisations musicales 2.1. Opéra et théâtre musical Philippe Manoury : K... D après Le Procès de Franz Kafka 2. Voir «Les étudiants», page 229.
166 BILAN 2001 : Réalisations musicales Opéra pour voix, chœur, orchestre et dispositifs électroniques en temps réel Mise en scène : André Engel Adaptation : Bernard Pautrat Commande : Opéra national de Paris-Bastille Assistant musical : Serge Lemouton Ingénieur du son : David Poissonnier Développement informatique : Equipes de recherche de l Ircam Création : le 7 mars 2001 à l Opéra-Bastille Orchestre et Chœur de l Opéra National de Paris Direction : Dennis Russel Davies Technique Ircam Durée : 90 minutes Editeur : Durand, Paris Après 60 e Parallèle, créé au Châtelet en 1997, l Opéra-Bastille a passé commande d un opéra à Philippe Manoury et le choix du compositeur s est porté sur Le Procès de Franz Kafka. Ce projet d envergure fut l occasion de poursuivre de manière plus approfondie l application de techniques de pointe en informatique musicale au domaine scénique, en collaboration avec plusieurs équipes de recherche de l Ircam : en premier lieu, de nouvelles techniques de synthèse vocale ont été développées par Geoffroy Peeters de l équipe Analyse/synthèse, pour créer un chœur virtuel, composé de quarante interprètes virtuels générés atome après atome sur l environnement informatique temps réel jmax. Un ensemble de règles d interaction entre les voix (désynchronisations, désaccords, variation de timbre, accentuations) dérivées d études faites sur un chœur réel, constitue le «chef de chœur» virtuel dirigeant l ensemble des interprètes virtuels. Ensuite, grâce à ce logiciel de traitement en temps réel jmax, l électronique est utilisée comme un véritable instrument qui produit le son en temps réel au moment de la représentation et se synchronise avec l orchestre et les voix, dirigés par le chef. Le résultat sonore (tempo, spatialisation, réverbération, mixage ) n est pas fixé totalement à l avance mais est contrôlé pendant le spectacle. Enfin, la spatialisation a été réalisée spécialement pour l Opéra-Bastille par Véronique Larcher et Olivier Warusfel (équipe Acoustique des salles) en collaboration avec l équipe des ingénieurs du son. Philippe
BILAN 2001 : Création musicale 167 Manoury a réellement composé avec l espace, grâce au Spatialisateur, pour créer des lieux sonores virtuels qui modifient la perception habituellement frontale de l opéra. Dans la salle de l Opéra-Bastille, le rendu sonore de l orchestre et des chanteurs est très différent suivant la position où se trouve le spectateur : à cet effet, l équipe des ingénieurs du son de l Ircam a été conduite à mener un travail d approche pointilliste afin de garder pour l ensemble des spectateurs une écoute équilibrée de la partie électronique de l œuvre ou de sa fusion avec l orchestre. Kaija Saariaho : L Amour de Loin Opéra pour 3 solistes, chœur, orchestre et sons électroniques Livret : Amin Maalouf Mise en Scène : Peter Sellars Commande : Festival de Salzbourg et Théâtre du Châtelet Assistant musical : Gilbert Nouno Ingénieur du son : Frédéric Prin Création : le 15 août 2000 au Festival de Salzbourg, reprise à Paris au Théâtre du Châtelet le 26 novembre 2001 Orchestre du SWR (Baden-Baden & Freiburg) Arnold Schönbergchor Solistes : Dawn Upshaw, Dagmar Peckova, Dwayne Croft Direction : Kent Nagano Durée : 90 minutes Editeur : Chester Music, Londres L argument de cet opéra prend sa source dans la Vie Brève de Jaufre Rudel, prince de Blaye, l un des premiers grands troubadours du XII e siècle. Sur la trame narrative de la biographie romancée de ce poètemusicien, et notamment son Amour de Loin pour la comtesse de Tripoli, viennent se tisser librement des épisodes et des personnages inspirés tant de la poésie et des romans médiévaux que de la mythologie. Dans cette production prestigieuse par ses participants et la qualité de sa présentation, l Ircam joue un rôle particulier en donnant à la compositrice la possibilité d étendre les dimensions orchestrales et vocales au monde de l électronique, de l amplification et de la spatialisation du son afin de créer de nouveaux espaces sonores, semblables aux mondes multiples qui sont évoqués dans l opéra. En vue de la reprise au Théâtre du Châtelet en novembre 2001, un nouveau travail de spatialisation et de mixage avec les sons instrumentaux a été
168 BILAN 2001 : Réalisations musicales effectué dans les studios de l Ircam. Ce travail a permis de stabiliser certains paramètres, afin de pouvoir les adapter, plus tard, à la configuration de chacune des salles où l opéra sera présenté (notamment à l Opéra de Santa Fe durant l été 2002). 2.2. Ballet, film, installation, représentation Roland Auzet : Schlag Conception - cirque et musique : Roland Auzet Collaboration artistique marionnettes et chorégraphie : Etienne Bideau-Rey Collaboration artistique imagerie virtuelle et vidéo : Catherine Ikam Musique, vidéo temps réel et dispositifs informatiques réalisés dans les studios du Site Cra Assistant musical : Manuel Poletti Ingénieur concepteur des outils multimédia : Emmanuel Fléty Création : en juin 2003 au jardin des Tuileries à Paris sous chapiteau dans le cadre du festival Agora Interprètes : Philipp Boë, Isabelle Rivoal, Jack Souvant, Philippe Socrate, Jean-Luc Horofino, Etienne Bideau-Rey, Catherine Ikam, ensemble instrumental, autres en cours de distribution Technique Ircam Durée : nc Editeur : nc Après Le Cirque du Tambour, le percussionniste et compositeur Roland Auzet a défini un nouveau projet incluant des artistes de cirque dans un environnement façonné par les nouvelles technologies. Le spectacle propose une exploration du vivant à travers les prismes du réel et du virtuel. Il met en scène les deux dimensions (par le son, l image et le geste) et couvre le champ de leurs interactions. Outre les techniques de cirque, la proposition de Roland Auzet fait également appel aux marionnettes (tant dans le domaine virtuel que réel) qui constituent en quelque sort e le lien précieux entre les deux réalités. Le travail musical de Roland Auzet s appuie sur une longue expérience des techniques de traitement en temps réel du son instrumental et vocal, et résulte d un travail de recherche autour de la captation du geste et du mouvement, réalisé à l Ircam avec l ingénieur Emmanuel Fléty et des assistants musicaux.
BILAN 2001 : Création musicale 169 Jonathan Harvey : Mythic Figures Œuvre musicale pour la chorégraphie Utopies de Michèle-Anne De Mey Bande magnétique réalisée à l Ircam (comprenant notamment des extraits de Advaya, Bhakti, One Evening et Mortuos plango vivos voco) ; assistant à la réalisation : Sebastien Naves Création : le 20 juin 2001 au Théâtre des Bouffes du Nord, sous forme d un atelier dansé intitulé Exercice de style : Dialogue (et préfigurant le spectacle Utopies), dans le cadre du festival Agora Commande : Compagnie Michèle-Anne De Mey Danseurs : Pascale Gigon, Grégory Grosjean, Gemma Higginbotham, Samuel Lefeuvre, Kate Mc Intosh, Sofiane Ouissi, Nicoleta Rafaelisova, Nicolas Vladyslav. Technique Ircam Durée : 10 minutes Editeur : Faber Music, Londres Dans le cadre de sa nouvelle création (Utopies, sur des musiques de Jonathan Harvey et Robert Wyatt première représentation prévue en septembre 2001 à Strasbourg, dans le cadre du Festival Musica), Michèle-Anne De Mey expose pour le festival Agora son processus d écriture chorégraphique sur une composition de Jonathan Harvey écrite à son intention : Mythic Figures, musique enregistrée sur support magnétique ou numérique. Réalisée en 2001 dans les studios de l Ircam, cette œuvre constitue un montage, savamment élaboré par le compositeur, d enregistrements de ses œuvres existantes, formant ainsi un parcours musical inédit à travers son œuvre. Arrangement ou «remix», Mythic Figures marque également le retour du compositeur vers la musique écrite pour bande seule (ou «sons fixés»), une forme utilisée notamment dans Mortuos plango vivos voco et Ritual Melodies, qu il réalisa également à l Ircam. Martin Matalon : Escorpion Œuvre musicale pour le film L Âge d Or de Luis Buñuel Effectif : piano, 6 percussions et dispositif électronique Commande : Ircam et les Percussions de Strasbourg Œuvre produite et diffusée avec le soutien de l Union européenne, dans le cadre du Réseau Varèse, réseau européen de création et de diffusion musicale Assistant musical : Tom Mays
170 BILAN 2001 : Réalisations musicales Création : le 5 octobre 2003 dans le cadre du Festival Musica, reprise le 30 novembre 2002 au Huddersfield Contemporary Music Festival (Royaumi-Uni), le 12 février 2003 à l Arsenal (Metz), les 27-28 mars 2003 à la Cité de la Musique (Paris), en octobre 2003 au Festival Ultima (Oslo) Dimitri Vassilakis, Les Percussions de Strasbourg Technique Ircam Durée : 60 minutes Editeur :Gérard Billaudot, Paris Après le succès de Metropolis, musique pour le film du même nom de Fritz Lang, et après avoir pris quelques distances avec l électronique et la musique pour film, Martin Matalon a souhaité revenir travailler à l Ircam pour un nouveau projet cinématographique : L Âge d Or de Luis Buñuel. Ce film, longtemps interdit, est un des premiers films parlants réalisés en France et possède déjà une bande sonore constituée d extraits symphoniques choisis par le cinéaste. Le défi consiste donc à respecter les intentions de l auteur et de proposer en même temps une autre lecture du film. Le projet réalisé avec l accord des héritiers du réalisateur bénéficie de la collaboration scientifique et technique du Musée national d art moderne, dont le département cinéma expérimental est détenteur du tirage original et reconstitué du film. Outre les problèmes habituels de relation à l image que pose ce genre de projet, L Age d Or a nécessité des recherches sur la séparation de la musique enregistrée (à supprimer) et de la voix parlée (à conserver) et sur le rapport entre certains bruitages et la musique nouvellement composée. David Shea : Eight Scenes for Computer Dispositif musical pour une installation sonore Commande : Centre Pompidou pour l exposition Sonic Process Assistant musical : Jean Lochard Création : le 2 mai 2002 au Musée d art contemporain de Barcelone, reprise au Centre Pompidou dans l exposition Sonic Process (ouverture le 16 octobre 2002) L Ircam collabore à l exposition Sonic Process du Centre Pompidou (commissaire Christine Van Assche) par une participation technique à deux travaux d installation, dont celle de David Shea. Ce musicien créateur de musiques issues des techniques d échantillonnage, nous a demandé de concevoir un échantillonneur performant et maniable dans
BILAN 2001 : Création musicale 171 l environnement Max/MSP, remplaçant ainsi ses instruments habituels. Ce dispositif lui permettra de créer la structure sonore de son installation prévue pour cette exposition, et il compte également utiliser ce même dispositif en concert. Kasper T. Toeplitz : L Ecarlate Œuvre musicale pour une chorégraphie Chorégraphie : Myriam Gourfink Commande : Ircam Assistant musical : Frédéric Voisin Création : le 6 juin 2001 à l Espace de projection, dans le cadre du festival Agora Danseuses : Carole Garriga, Bogdana Roundouyeva Musiciens : Didier Casamitjana, percussions et Power-book, Kaspert T. Toeplitz, basse électrique et power-book) Technique Ircam Durée : 80 minutes environ Editeur : inédit Dans le cadre des activités chorégraphiques de l Ircam, cette production a mis en œuvre une nouvelle collaboration entre un chorégraphe et un compositeur. Les deux créateurs, qui possèdent déjà une longue expérience de travail commun, partagent un même goût pour la radicalité expressive et pour l univers brut et violent issu des musiques et danses actuelles, tout en cherchant à extraire l essence de cette énergie. Il en ressort un travail extrêmement épuré, tendu, où danse et musique fusionnent de diverses manières. Les deux protagonistes travaillent sur des procédés d écriture et de notation similaires, et un des défis technologiques de ce projet a consisté à intégrer une écriture chorégraphique (la notation Laban) dans les systèmes de composition assistée par ordinateur utilisés et développés à l Ircam, tel OpenMusic. Les rapports entre mouvement et sons passent par l utilisation de notions complexes d intelligence artificielle, comme celle de réseau de neurones. 2.3. Œuvres pour ensemble Jean-Louis Agobet : Antiphonal Memory Œuvre pour ensemble et électronique
172 BILAN 2001 : Réalisations musicales Commande : Ircam Assistants musicaux : Tom Mays, Ipke Starke, Frédéric Voisin Création : le 27 avril 2001 au Centre Pompidou Ensemble Intercontemporain Direction : Patrick Davin Technique Ircam Durée : 25 minutes Editeur : Jobert, Paris Jean-Louis Agobet a participé au cursus de composition et d informatique musicale en 1994 et a reçu une commande dans le cadre du comité de lecture en 1995. La réalisation de cette commande pour ensemble instrumental et dispositif de traitement en temps réel fut maintes fois retardée, ce qui explique son achèvement tardif. L œuvre entière est conçue à partir d un matériau résultant de l analyse par suivi de partiels de dix modèles instrumentaux. En amont de la composition proprement dite, il fut donc nécessaire de développer une application (dans PatchWork puis OpenMusic) capable de traiter des données d analyse par suivi de partiels. Ces données ont fourni par constitution d accords, de profils mélodiques et de chemins harmoniques, les éléments constitutifs de l écriture musicale. Elles ont également produit des paramètres pour le traitement en temps réel (dans l environnement Max/MSP) des sons instrumentaux, principalement par l utilisation de filtres résonants. Mary Finsterer : Sand Œuvre pour ensemble et électronique Effectif : flûte, flûte en sol, 2 hautbois, clarinette/clarinette basse, basson, contrebasson, 2 cors, 2 trompettes, 2 trombones, tuba, 3 percussions, célesta, harpe, 3 violons, 2 altos, 2 violoncelles, contrebasse Vidéo : Dean Golja Commande : Ircam Assistant musical : Manuel Poletti Création : le 14 décembre 2001 au Centre Pompidou Ensemble Intercontemporain Direction : Rolf Gupta Durée : 20 minutes Editeur : Ricordi, Milan
BILAN 2001 : Création musicale 173 Lauréate du comité de lecture 1997-1998, l Australienne Mary Finsterer a étudié et travaillé aux Pays-Bas, notamment avec Louis Andriessen. Après le stage d informatique musicale qu elle a suivi en octobre 1999, elle a travaillé en 2000-2001 à la réalisation de cette œuvre, inspirée des multiples imageries liés au sable et au désert. L œuvre se caractérise par de longues trames sonores, évoluant avec minutie et vise à créer des relations nouvelles entre sons acoustiques et électroniques, ainsi qu entre sons et images : «le projet musical consiste à séparer intentionnellement le matériau instrumental, le paysage sonore électroacoustique et les images projetées sur écran, créant ainsi une sensation d étrangeté ou d éloignement issue de ces environnement disparates. L intention de cette pièce est d une certaine manière d imiter la sensation de décalage que nous avons parfois dans notre habitat, vécue non pas comme une source de conflit mais bien comme une situation digne d intérêt.» (Mary Finsterer) Michael Jarrell : Droben schmettert ein greller Stein Œuvre pour contrebasse, ensemble et électronique Commande : Ensemble Modern, Musikmonat Basel et Ircam-Centre Pompidou Assistant musical : Gilbert Nouno Création : le 15 novembre 2001 dans le cadre du Musikmonat de Bâle, reprise le 8 juin 2002 au Centre Pompidou dans le cadre du festival Agora Enno Senft, contrebasse Ensemble Modern Direction : Dominique My Durée : 20 minutes Editeur : Henry Lemoine, Paris Michael Jarrell a déjà réalisé plusieurs œuvres à l Ircam, la dernière en date étant Formes-Fragments IIb, créée dans le cadre du festival Agora en 1999. Ce nouveau travail résulte d un souhait déjà ancien d explorer le pizzicati harmoniques de la contrebasse et leurs réflexions possibles dans des sons électroniques. L instrument évolue donc principalement dans des registres aigus, tandis que l électronique et l ensemble évoluent plutôt dans les parties graves. Tous les sons électroniques ont été réalisés à partir d échantillons de sons de contrebasse et l on assiste ici à une sorte de faux temps réel : le contrebassiste déclenche des sons auparavant stockés dans l ordinateur, qui résulte cependant du traitement d échantillons de ce même
174 BILAN 2001 : Réalisations musicales instrument. Dans l esprit forcément rhizomatique qui caractérise sa musique, la prise en compte d un élément infime (ici, le pizzicato harmonique) provoque une prolifération sonore toujours foisonnante. Philippe Leroux : Voix Rex Œuvre pour voix, petit ensemble et électronique Texte de Lin Delpierre Commande : Commande de l Etat et de l Ircam Assistant musical : Frédéric Voisin Création : le 21 janvier 2003 à l Ircam Donatienne Michel-Dansac, Ensemble L Itinéraire, direction Pierre- André Valade Durée : 20 minutes Editeur : Gérard Billaudot, Paris Suite à l expérience de M, pour deux pianos, deux percussions et électronique, l Ircam et le compositeur ont souhaité poursuivre une collaboration portant sur l interaction entre voix et électronique, avec une formation instrumentale proche du type Pierrot Lunaire. S intéressant aux différentes techniques vocales issues de cultures musicales très diverses, Leroux intègre ainsi la production vocale la plus sophistiquée aux outils de traitement et de synthèse sonore les plus récents. Cette œuvre constituée de plusieurs mouvements se terminera par l enregistrement de la voix parlée du poète Lin Delpierre : si le poème constitue bien évidemment la base du matériau vocal de la chanteuse, son analyse rythmique constitue le socle temporel sur lequel s articule toute la pièce. Brice Pauset : Perspectivae Sintagma II (canons) Œuvre pour piano, haute-contre, contralto, ensemble et dispositif électronique Textes : syntagmes réunis par Peter Szendy (d après le Pseudo-Aristote, Charles Baudelaire, Jacques Derrida, Antonio Averlino dit le Filarète, Wentzel Jamnitzer, Antonio di Tucci Manetti et Léonard de Vinci) Effectif de l ensemble : flûte, clarinette, tuba, violon, alto, violoncelle, contrebasse Commande : Ircam Assistant Musical : Olivier Pasquet Création : le 3 avril 2001 à l Ircam Catherine Dagois, contralto, Jean Nirouët, haute-contre, Jean-Pierre Collot, piano
BILAN 2001 : Création musicale 175 Ensemble Recherche (Freiburg) Direction : Johannes Kalitzke Durée : 35 minutes Editeur : Henry Lemoine, Paris En 1997, Brice Pauset réalisa Perspectivae Sintagma I pour piano et dispositif électronique en temps réel. Très vite, il fut décidé qu une grande partie des développements informatiques et musicaux de ce projet trouverait des prolongements dans une œuvre plus élaborée où la relation entre le piano et l électronique serait prolongée par la dimension «orchestrale» de l ensemble. En accord avec le compositeur, qui a déjà fréquemment fait appel à cet ensemble, ce sont les membres de l Ensemble Recherche qui ont été choisis pour la création de l œuvre. Le livret a été écrit par Peter Szendy, à partir de textes aussi divers que ceux de Pseudo-Aristote, Derrida, Baudelaire ou Léonard de Vinci. Outre la synthèse sonore, qui produit des timbres proches des sons sinusoïdaux et qui se rapproche ainsi du premier Perspectivae, un travail important de spatialisation a ici été mené, comportant une réelle composition rythmique du mouvement, corrélée à et parfois disjointe de l écriture de la partition. Les canons qu indique le sous-titre ne sont plus seulement générés par comparaison entre l interprétation du pianiste et la partition archivée dans la mémoire de l ordinateur. C est un cantus firmus traversant toute la pièce qui devient le sujet d imitations dans le dispositif informatique. Roger Reynolds : L Ange de la mort / The Angel of Death Œuvre pour piano, ensemble et électronique Effectif de l ensemble : flûte, hautbois, clarinette, clarinette basse, basson, cor, 2 trompettes, 2 trombones, 2 percussions, 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse Commande : Ircam Assistants musicaux : Frédéric Voisin et Tom Mays Création : le 7 juin 2001 au Centre Pompidou dans le cadre du festival Agora Jean-Marie Cottet, piano Ensemble Court-circuit Direction : Pierre-André Valade Durée : 25 minutes Editeur : Peters Edition, Londres
176 BILAN 2001 : Réalisations musicales Cette œuvre unique en son genre constitue le résultat d une collaboration extrêmement poussée entre le compositeur Roger Reynolds et l équipe de recherche Perception et cognition musicales de l Ircam dirigée par Stephen MacAdams. A tous les stades de la conception de la pièce, une concertation intense a été menée : la pièce elle-même possède une forme mobile, dans laquelle certaines parties sont interchangeables. Le matériau écrit pour le piano peut être interprété par l ensemble et vice-versa ; de même, l ordre des deux séquences principales de l œuvre peut être inversé. Ces variations permettent aux scientifiques de recueillir un maximum de données sur la perception de la forme par l auditeur et sur les critères de reconnaissance et de variabilité des matériaux musicaux. Dans la présentation «expérimentale» de la pièce, les auditeurs ont réagi au «stimulus» musical sur ces critères au moyen d un système de capteurs spécialement conçus à cet effet. Rand Steiger : Ecosphere Œuvre pour ensemble instrumental et électronique Effectif : flûte/piccolo/flûte en sol, hautbois/cor anglais, clarinette/ clarinette basse, clarinette /clarinette contrebasse, 2 cors, trombone ténor-basse, 2 percussions, 2 synthétiseurs, 2 violons, alto, violoncelle, contrebasse Commande : Ircam Assistant musical : Olivier Pasquet Création : le 1 er mars 2002 au Centre Pompidou Ensemble Intercontemporain Direction : Patrick Davin Durée : 25 minutes Editeur : inédit Lauréat du comité de lecture en 1999, le compositeur américain Rand Steiger a proposé un projet dans lequel l interaction entre instruments et électronique a été fortement développée. Professeur à l Université de Californie à San Diego, il connaît particulièrement bien les outils logiciels de l Ircam et notamment le suivi de partition et le traitement du son en temps réel. L œuvre, écrite pour ensemble, comporte un certain nombre de parties solistiques qui bénéficient d un traitement informatique particulier. Ces sons sont mêlés à des sons de synthèse, puis spatialisés. Inspirées des relations écologiques entre l homme et son environnement, l œuvre explore différents «climats»
BILAN 2001 : Création musicale 177 correspondant à des régions géographiques bien précises et qui ont inspiré au compositeur différentes formes de relations entre les sons instrumentaux et électroniques. Le traitement en temps réel, réalisé sur le logiciel Max/MSP, met en œuvre un grand nombre de transformations simultanées de sons instrumentaux, ce qui a constitué une véritable prouesse technique. 2.4. Œuvres pour solistes ou musique de chambre Gérard Grisey : Prologue (nouvelle version) Œuvre pour alto et électronique Assistant musical : Eric Daubresse, Xavier Meunier (stagiaire) Création : le 3 avril 2001 à l Ircam Interprète : Garth Knox Durée : 15 minutes Editeur : Ricordi, Milan Cette création posthume est le résultat naturel d un travail entrepris du vivant du compositeur. Dès 1996, il avait pris contact avec l Ircam en vue d élaborer une nouvelle version de Prologue (pour alto solo, première pièce de la série des Espaces Acoustiques) où le son de l alto se voyait initialement prolongé par des résonateurs «naturels» ou acoustiques (instrument Baschet, onde Martenot, gong). Ce dispositif, lourd à installer et à déplacer, pouvait se voir facilement remplacé par des résonateurs «artificiels» réalisés par des logiciels informatiques. Des contacts intenses avec Eric Daubresse avaient ainsi permis de développer plus avant des techniques de résonance. Ce travail qui n a pu être achevé dans ses détails par le compositeur, a été poursuivi par l assistant musical, en étroite collaboration avec Garth Knox, instrumentiste hors pair impliqué dès le début dans ce projet. Pierre Jodlowski : Mixtion Œuvre pour saxophone et électronique Commande : Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Selmer et Ircam, pour le concours de la classe de saxophone du Conservatoire Création : le 28 mai 2002 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, puis à l Ircam dans le cadre du festival Agora Interprètes : Classe de saxophone (professeur Claude Delangle)
178 BILAN 2001 : Réalisations musicales Durée : 15 minutes Editeur : nc Les collaborations entreprises ces dernières années entre le secteur de la Pédagogie de l Ircam et le Conservatoire national supérieur de musique de Paris ont permis d aboutir à un projet de commande conjointe, destiné à une œuvre de concours d instrument et visant à familiariser les jeunes instrumentistes à l interprétation d œuvres avec électronique. Le choix du compositeur s est effectuée sur proposition de l Ircam. L œuvre est écrite en fonction de critères pédagogiques, mais vise avant tout à exister en tant qu œuvre autonome et sera d ailleurs présentée outre le cadre du concours de saxophone, lors du festival Agora. Mauro Lanza : Burger Time ou les Tentations de Saint Antoine Œuvre pour tuba et électronique Commande : Mois européen de la musique à Bâle Création : le 16 novembre 2001 dans le cadre du Mois européen de la musique à Bâle, reprise le 22 janvier 2002 à l Ircam Technique Ircam et Studio du Conservatoire de Musique de Bâle David Zambon, tuba Durée : 16 minutes Editeur : nc Le Mois de la Musique de Bâle a proposé à l Ircam de passer commande à un jeune compositeur connaissant bien les ressources technologiques de l Ircam. Le choix de Mauro Lanza s est fait à la suite de son travail entamé lors du cursus de composition et d informatique musicale, et ensuite comme compositeur en recherche. Maîtrisant parfaitement des logiciels comme Modalys, Lanza s est inspiré des sons de jeux vidéo pour proposer une étrange combinatoire sonore où le rapport entre sons électroniques déclenchés et instrument acoustique ressemble plus à l impossible réconciliation des contraires qu à l habituelle fusion entre sons électroniques et acoustiques. Une œuvre provocante qui fera l objet en 2002 d un possible traitement vidéo. Sohrab Uduman : tracing metamorphosis Œuvre pour quatuor à cordes et électronique Commande : Ircam Assistant musical : Gilbert Nouno Création : le 31 mai 2002 à l Ircam dans le cadre du festival Agora
BILAN 2001 : Création musicale 179 Le Quatuor Arditti Durée : environ 15 minutes Editeur : inédit Sélectionné par le comité de lecture 1998-1999, le compositeur anglais Sohrab Uduman a proposé l écriture d un quatuor à cordes, dédié au Quatuor Arditti. Relativement novice en matière de nouvelles technologies informatiques, il a d abord suivi le stage d informatique musicale en octobre 2000, avant d entreprendre une période de production en 2001. Ce projet s inscrit dans la politique artistique de l Ircam de promotion de création d œuvres pour instruments à cordes avec électronique, que ce soit en formation soliste ou chambriste. Avant d entamer la production de l œuvre, le compositeur a ainsi déjà pris connaissance d autres œuvres pour cette famille d instruments, notamment Anthèmes 2 de Pierre Boulez qu il a pu étudier techniquement en profondeur. Rolf Wallin : Phonotope I Œuvre pour quatuor à cordes et électronique Commande : Ircam et Festival Ultima (Oslo) Assistant musical : Olivier Pasquet Création : le 7 octobre 2001 à Oslo dans le cadre du festival Ultima, reprise le 31 mai 2002 à l Ircam dans le cadre du festival Agora Quatuor Arditti Durée : 15 minutes environ Editeur : Chester Music Le compositeur norvégien Rolf Wallin figure parmi les compositeurs les plus inventifs de sa génération. Maniant aussi bien l écriture symphonique que les improvisations électroacoustiques, il possède une rare maîtrise des outils d informatique musicale qu il utilise de manière sincère et originale. Intéressé par les procédes de formalisation de l écriture instrumentale et informatique, Wallin a écrit une partition ouverte basée sur l idée de «jeu», dans laquelle les interprètes doivent construire un parcours, toujours différent, toujours inattendu. L ordinateur réagit en temps réel aux choix effectués par les musiciens et déclenche des séquences sonores établies en fonction des interactions entre instrumentistes.
180 BILAN 2001 : Réalisations musicales 2.5. Musique vocale Brian Ferneyhough : Stele for Failed Time Œuvre pour chœur et électronique Effectif : 16 voix (4 sopranos, 4 altos, 4 ténors, 4 basses) Commande : Jean-Philippe et Françoise Billarant Assistant musical : Gilbert Nouno Création : le 13 juin 2001 à l Ircam dans le cadre du festival Agora Neue Vocalsolisten Stuttgart Direction : Manfred Schreier Durée : 12 minutes Editeur : Peters Edition, Londres Alors que Brian Ferneyhough avait déjà fréquemment collaboré aux activités pédagogiques de l Ircam et qu il utilise régulièrement des logiciels comme PatchWork dans le cadre de la composition assistée par ordinateur, il n avait à ce jour encore jamais réalisé d œuvres dans les studios de l Ircam. Cette nouvelle pièce vocale lui fournit une occasion de revenir au traitement électronique du son de la voix, tel qu il l avait déjà pratiqué dans des pièces antérieures. L entièreté du matériau électronique est générée à partir d échantillons de voix, et des enregistrements de la propre voix du compositeur, lisant des textes dans une langue inventée et incompréhensible, ont servi de matériau vocal de base. Un important travail de spatialisation des sons traités a été mené. Bien qu ayant une existence propre, cette composition pour chœur et électronique constitue également le postlude d un opéra de chambre dont la réalisation est en cours et qui s intitule Shadowtime. Cet «opératorio», consacré à la pensée du philosophe allemand Walter Benjamin, sera présenté à la Biennale de Munich en mai 2004, pour tourner ensuite dans les principales capitales européennes. Mauro Lanza : Erba nera che cresci segno nero tu vivi Œuvre pour soprano et sons de synthèse Texte : Amelia Rosselli (1930-1996) Création partielle : le 29 septembre 1999 à l Auditorium Germain-des- Prés dans le cadre du concert du Cursus de composition et d informatique musicale Assistant musical : Mikhail Malt Création de la version finale : le 2 mai 2001 au Théâtre Sylvia Montfort
BILAN 2001 : Création musicale 181 Assistant musical : Manuel Poletti Donatienne Michel-Dansac, soprano Durée : 12 minutes Editeur : inédit Au départ de la recherche musicale de Mauro Lanza (compositeur né en 1975, ayant suivi le cursus de composition et d informatique musicale de l Ircam en 1998-1999), il y a une réflexion soutenue sur les rapports entre la musique et le langage, moins sur le plan sémantique que formel : comment le langage engendre des formes à partir d un nombre réduit de symboles? C est ce même principe qui gouverne son écriture musicale, et dans Erba nera che cresci segno nero tu vivi c est la composante rythmique qui génère l essence du matériau musical. Grâce à OpenMusic, Mauro Lanza a pu construire une complexité rythmique étonnante, tandis que la relation entre la voix et les sons électroniques s est faite par une synthèse sonore basée sur des modèles physiques, en particulier par l utilisation extrêmement poussée du logiciel Modalys. Mauro Lanza n ayant pu terminer son œuvre pour le concert du cursus en 1999, il fut décidé de lui permettre de poursuivre ce travail dans les studios de l Ircam, en vue d une création qui eut lieu en mai 2001, dans le cadre du festival Extension du Domaine de la Note, produit par La Muse en Circuit au Théâtre Sylvia Montfort. François Nicolas : Duelle Œuvre pour mezzo-soprano, violon, piano et dispositif électroacoustique projeté par la Timée Texte : Creuse espérance de Geneviève Lloret et poèmes de Nelly Sachs et Paul Celan, Anna Akhmatova et Emily Dickinson Commande : Ircam Assistants musicaux : Eric Daubresse, Philippe Dao Collaboration sicentifique : Olivier Warusfel, Nicolas Misdariis, René Caussé Création : le 13 juin 2001 dans le cadre du festival Agora Interprètes : Marie Kobayashi, mezzo-soprano, Nicolas Miribel, violon, Fuminori Tanada, piano Durée : 47 minutes Editeur : Jobert, Paris Cette œuvre s inscrit dans la continuité du travail effectué par François Nicolas comme compositeur en recherche auprès des équipes Acoustique instrumentale et Acoustique des salles. Le travail portait sur
182 BILAN 2001 : Réalisations musicales la directivité des haut-parleurs et le rayonnement des sources. Le point de départ de ce projet est la constitution d un duo pour instruments et la Timée (un hexaèdre comprenant plusieurs haut-parleurs capables de rayonner le son dans différentes directions, voir équipes Acoustique des salles et Acoustique Instrumentale), chacune de ces sources ayant un rayonnement particulier. Au lieu d une diffusion électronique qui englobe ou entoure l auditeur dans la salle, il s agit ici d un dispositif qui permet à ce dernier de localiser de manière précise la source du son, comme c est le cas pour un instrument acoustique. «Duelle adopte un point de vue radical : ne diffuser que des sonorités instrumentales enregistrées et non transformées. Donc pas d opérations électroacoustiques (filtrage, réverbération, harmonisation, synthèse, etc.) dans Duelle (à deux exceptions près), mais des percussions, des flûtes, un clavecin, des violons, un grand orgue, un piano et des voix parlées dont les réalités sonores sont restituées telles quelles. Leur passage par la Timée ne révèle alors que mieux le génie musical propre de ce dispositif.» (François Nicolas) Marco Stroppa : Come Natura di Foglia, canti lontani per voci ed elettronica Œuvre pour huit voix et électronique Commande : Françoise et Jean-Philippe Billarant Assistant musical : Serge Lemouton Création partielle : le 23 juin 1997 à l Ircam dans le cadre de l Académie d été Electric Phoenix Création définitive : le 4 juin 2002, dans le cadre du festival Agora Neue Vocalsolisten Stuttgart Durée : 40 minutes Editeur : Ricordi, Milan Une première version de Come natura di foglia eut lieu en juin 1997, l œuvre étant écrite alors pour les quatre chanteurs de l ensemble Electric Phoenix. En 2001, Marco Stroppa a entamé la réalisation d une nouvelle version de cette œuvre, augmentant l effectif vocal (passant à huit chanteurs) et rallongeant l œuvre. Celle-ci constitue toujours une exploration de techniques vocales issues de différentes cultures du monde, vue comme modèles non pas pour une world music dégradée, mais comme formes originales permettant la création de nouveaux modèles de synthèse sonore. La dramaturgie de l œuvre sera
BILAN 2001 : Création musicale 183 rehaussée d extraits de textes issus de la culture chamanique. Pour la première fois, Stroppa a fait appel à des techniques de transformation en temps réel, dont la fonction est d assurer un lien plus dynamique entre les parties vocales chantées et les sons de synthèse diffusés. 3. La programmation Les éléments fondateurs de la programmation 2001 ont été les suivants : la poursuite de la saison musicale parisienne présentée conjointement avec l Ensemble Intercontemporain et incorporant outre les concerts, un certain nombre de spectacles et de participation à des projets chorégraphiques. Les concerts coproduits avec l Ensemble Intercontemporain visent avant tout à présenter les créations issues des studios de l Ircam ; l enracinement du festival Agora dans le paysage musical et culturel parisien : point d orgue de la programmation de l Ircam et symbole de l ouverture menée par l Ircam depuis plusieurs années, il a pu toucher en 2001 un large public, souvent issu d autres domaines que celui de la musique ; suite à la réalisation de projets pluridisciplinaires majoritairement produits et financés par l Ircam (spectacles de Georges Aperghis et de François Raffinot, concert-spectacle de James Dillon), nous avons été amenés à mettre en place une véritable politique de diffusion et de tournées. Au-delà des reprises d œuvres du répertoire de l Ircam dans des festivals specialisés, cette politique vise, tout comme le festival Agora, à sortir du cadre proprement musical pour se tourner vers d autres publics. Elle requiert de la part de l Ircam une organisation spécifique et renforcée visant à assurer une logistique optimale pour ces tournées et la recherche de contacts dans des secteurs qui jusqu à présent n avaient pas été sollicités par l Ircam.
184 BILAN 2001 : La programmation 3.1. Concerts de la saison Ircam-Ensemble Intercontemporain 3.1.1. Coproductions Ircam/Ensemble Intercontemporain 27 avril, Centre Pompidou, Grande salle Ensemble Intercontemporain Direction Patrick Davin Technique Ircam Frédéric Voisin, Juhani Liimatainen, assistants musicaux Jean-Louis Agobet : Antiphonal Memory* 3, commande de l Ircam-Centre Pompidou, création mondiale Régis Campo : Faërie, commande de l Ensemble Intercontemporain, création mondiale Magnus Lindberg : Joy* (227 spectateurs) 14 décembre, Centre Pompidou Ensemble Intercontemporain Direction Rolf Gupta Technique Ircam Mary Finsterer : Sand*, commande de l Ircam-Centre Pompidou, création mondiale Jean-Marc Singier : Chocs d embouts de bribes, en vrac : déclics, micmacs, commande de l ensemble Intercontemporain, création mondiale José Manuel López López : Viento de Otoño, création française Edgard Varèse : Déserts (avec le film de Bill Viola) (427 spectateurs) 3.1.2. Autres concerts de l Ensemble Intercontemporain dans le cadre de la saison commune Ircam/Ensemble Intercontemporain 12 janvier, Goethe-Institut Solistes de l Ensemble Intercontemporain György Kurtág : Douze Microludes, opus 13 Anton Webern : Quatuor à cordes, opus 28 Matthias Pintscher : In nomine Figura II/Frammento Günter Steinke : C - Arco Michael Jarrell : Zeitfragmente (150 spectateurs) 19 janvier, Théâtre du Châtelet 3. * Œuvres réalisées à l Ircam
BILAN 2001 : Création musicale 185 Christine Schäfer, soprano Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Arnold Schoenberg : Pierrot Lunaire, opus 21 Orchestre de Paris Direction Pierre Boulez Béla Bartók : Deux portraits pour orchestre, opus 5 SZ 37 Le mandarin merveilleux, opus 19 (1878 spectateurs) 20 février, Cité de la Musique, salle des concerts Hilary Summers, contralto Alain Billard, clarinette, clarinette contrebasse, clarinette basse Pierre Strauch, violoncelle Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott György Ligeti : Concerto de chambre Guo Wenjing : Inscription on bone, opus 24 Liza Lim : Machine for contacting the dead, commande de l Ensemble Intercontemporain, création mondiale (459 spectateurs) 27 février, 28 février, Cité de la Musique, salle des concerts Solistes de l Ensemble Intercontemporain Etudiants du Conservatoire de Paris Master-classes de György Kurtág (963 spectateurs) 3 mars, Cité de la Musique, amphithéâtre du Musée Solistes de l Ensemble Intercontemporain Rafael Amira : Bubbles rain Franco Donatoni : Ali Giacinto Scelsi : Duo Iannis Xenakis : Mikka, Mikka «S» Jonathan Harvey : Death of Light / Light of Death (254 spectateurs) 4 mars, Cité de la Musique, amphithéâtre du Musée Donatienne Michel-Dansac, soprano Solistes de l Ensemble Intercontemporain Philippe Schœller : Volubilis Peter Eötvös : Psalm 151 Charles Wuorinen : Bassoon variations Toshio Hosokawa : Renka I George Crumb : Madrigals : Book III (210 spectateurs) 6 mars, Cité de la Musique, salle des concerts Julie Moffat, soprano
186 BILAN 2001 : La programmation Sophie Cherrier, Emmanuelle Ophèle, flûtes Ensemble Intercontemporain Direction Hans Zender Charles Ives : The Unanswered Question Isabel Mundry : Le Silence - Tystnaden Hans Zender : Music to hear 4 Enso (Lo-Shu VII) Bernd Alois Zimmermann : Omnia Tempus Habent Edgard Varèse : Intégrales (374 spectateurs) 17 mars, Cité de la Musique, amphithéâtre du Musée Solistes de l Ensemble Intercontemporain Olga Neuwirth : Quasare/Pulsare Giacinto Scelsi : Ko-Lho Bruno Maderna : Pièce pour Ivry Tristan Murail : Le fou à pattes bleues Bruno Maderna : Dialodia George Crumb : Eleven Echoes of Autumn (212 spectateurs) 17 mars, Cité de la Musique, salle des concerts Laura Aikin, soprano Hidéki Nagano, piano Frédérique Cambreling, harpe Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Pierre Boulez : Dérive 2 Igor Stravinsky Deux Poèmes de Balmont Trois Poésies de la lyrique japonaise Philippe Manoury : Passacaille pour Tokyo Wolfgang Rihm : Die Stücke des Sängers, commande de l Ensemble Intercontemporain, création mondiale Elliott Carter : A Mirror on Which to Dwell (979 spectateurs) 18 mars, Cité de la Musique, amphithéâtre du Musée Solistes de l Ensemble Intercontemporain Technique Ensemble Intercontemporain Gérard Buquet : Fanfares Giacinto Scelsi : Quatro pezzi, pour trompette Frédérick Martin : Quintette de cuivres Rolf Gehlhaar : Camera oscura Yan Maresz : Metallics*, pour trompette et électronique (173 spectateurs) 11 avril, Cité de la Musique, salle des concerts László Hadady, hautbois
BILAN 2001 : Création musicale 187 Hae-Sun Kang, violon Chœur de chambre Accentus Chef de chœur, Laurence Equilbey Ensemble Intercontemporain Direction David Robertson Luca Francesconi : Plot in fiction Ivan Fedele : Concerto pour violon et orchestre Luigi Dallapiccola : Canti di prigionia (429 spectateurs) 3 mai, Goethe-Institut Solistes de l Ensemble Intercontemporain Paul Hindemith : Kleine Kammermusik, opus 24/2 Michael Obst : Quatuor Brian Ferneyhough : Time and motion study I Hanns Eisler : Divertimento, opus 4 Helmut Eder : Quintette à vent (90 spectateurs) 16 mai, Cité de la Musique, salle des concerts Solistes de l Ensemble Intercontemporain Direction artistique Jonathan Nott Pour faire un portrait de John Cage Atelier de création avec des collèges, lycées et écoles de musique (237 spectateurs) 22 mai, Cité de la Musique, salle des concerts Marianne Pousseur, soprano/actrice Jean-Claude Berutti, mise en espace Rudy Sabounghi, collaboration artistique Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Hanspeter Kyburz : Parts Salvatore Sciarrino : Lohengrin, action invisible pour soliste, instruments et voix d après la nouvelle de Jules Laforgue (394 spectateurs) du 2 au 13 juillet Académie de musique du XX e siècle Jonathan Nott, Myung-Whun Chung, direction artistique Solistes de l Ensemble Intercontemporain, encadrement musical Jeunes musiciens en fin d études supérieures Jeudi 12 et vendredi 13 juillet, Cité de la Musique, salle des concerts Concerts de clôture (1804 spectateurs) 3 octobre, Cité de la Musique, salle des concerts Synergy Vocals
188 BILAN 2001 : La programmation Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Fausto Romitelli : Professor Bad Trip : Lesson II and III Steve Reich : Music for Eighteen Musicians (669 spectateurs) 18 octobre, Cité de la Musique, salle des concerts Ensemble Intercontemporain Direction David Robertson Philippe Hurel : Quatre Variations Gérard Grisey : Modulations Igor Stravinsky : Concerto en Mib, «Dumbarton Oaks» Hanspeter Kyburz : Concerto pour piano et ensemble, création française (nc) 20 novembre, Cité de la Musique, salle des concerts Ensemble Intercontemporain Direction Peter Eötvös Peter Eötvös : Steine Elliott Carter : Asko Concerto Peter Eötvös : Triangel (596 spectateurs) 26 novembre, Théâtre des Bouffes du Nord Solistes de l Ensemble Intercontemporain Jan Dismas Zelenka : Sonate n 5, en fa majeur Jonathan Harvey : Modernsky Music Patrick Marcland : Desairs Elliott Carter : Sonate Jean-Sébastien Bach : Sonate en trio en sol majeur (256 spectateurs) 4 et 5 décembre, Cité de la Musique, salle des concerts Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Claude Debussy : Danses Pierre Boulez : Dérive 2 Arnold Schoenberg : Pierrot Lunaire, opus 21 (1977 spectateurs) 3.1.3. Concerts avec d autres formations ou solistes 16 janvier, Ircam, salle Igor-Stravinsky Un compositeur, une œuvre Didier Meu, contrebasse Technique Ircam Mikhail Malt, assistant musical François Narboni : Heldenplatz*
BILAN 2001 : Création musicale 189 (55 spectateurs) 24 janvier, Ircam, Espace de projection Mireille Deguy, mezzo-soprano Quatuor de saxophones Habanera L Itinéraire Direction Mark Foster Giacinto Scelsi : Pranam II György Ligeti : Etudes pour piano Mauro Lanza : Gli occhi urgenti di Barbugno, création mondiale Fabien Levy : Durch, in memoriam Gérard Grisey Misato Mochizuki : Si bleu, si calme* (270 spectateurs) 7, 10, 12, 20, 23, 27 mars, Opéra-Bastille Philippe Manoury K... * Opéra en douze scènes commande de l Opéra National de Paris-Bastille, création d après Le Procès de Franz Kafka Livret de Bernard Pautrat et André Engel Mise en scène, André Engel Décors, Nicky Rieti Lumières, André Diot Informatique musicale réalisée à l Ircam-Centre Pompidou K, Andreas Scheibner Leni/La femme de l huissier, Susan Anthony Mademoiselle Bürstner, Eva Jenis Une femme, Nora Gubisch Le directeur adjoint/l avocat, Nicolas Cavallier Le juge d instruction, Gregory Reinhart Totorelli, Kenneth Riegel Block/L huissier, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke Franz/L oncle, Robert Wörle Willem/Un homme, Ian Thompson Technique Ircam : Assistant musical, Serge Lemouton Développement technique, Norbert Schnell Spatialisation, Olivier Warusfel et Véronique Larcher Programme de synthèse vocale, Xavier Rodet et Geoffroy Peeters Orchestre de l Opéra National de Paris Direction Dennis Russell Davies (2028, 2411, 1657, 2301, 2465, 2585 spectateurs) 20 mars, Ircam, salle Igor-Stravinsky Un compositeur, une œuvre Isabel Soccoja, soprano avec la participation de Jacques Roubaud Technique Ircam
190 BILAN 2001 : La programmation Hans Tutschku, assistant musical François Sarhan : Nuit sans date* (39 spectateurs) 25 mars 2001, Ircam, Espace de projection Ives Ensemble Martijn Padding : Piéton de Hauterives Ivo van Emmerik : Birdstone Peter Adriaansz : 3-pt. (untampered) Product Michel van der Aa : Above (nc) 26 mars, Ircam, Espace de projection Quatuor à cordes de l Itinéraire L Itinéraire Direction Pascal Rophé Allain Gaussin : Chakra Benjamin de la Fuente : Accord d argile, commande de l Itinéraire, création mondiale Igor Stravinsky : Ragtime Luca Francesconi : Aria Novella, commande de l Itinéraire, création mondiale (252 spectateurs) 3 avril, Ircam, Espace de projection Catherine Dagois, contralto Jean Nirouët, haute-contre Jean-Pierre Collot, piano Garth Knox, alto Brice Pauset, piano Ensemble Recherche Direction Johannes Kalitzke Technique Ircam Eric Daubresse, Olivier Pasquet, assistants musicaux Brice Pauset : Perspectivae Syntagma I* Gérard Grisey : Prologue*, création mondiale de la nouvelle version Brice Pauset : Perspectivae Syntagma II*, commande de l Ircam-Centre Pompidou, création mondiale (203 spectateurs) 6 avril, Ircam, Espace de projection Lucas Fels, violoncelle Ensemble Recherche Technique Experimentalstudio SWR, Freiburg André Richard, Michael Acker, projection du son Günter Steinke : Arcade, création française Casper Johannes Walter : Gesang der Töne (aus der Nähe), création mondiale Mark André : Ab II, création française Luigi Nono : A Pierre. Dell Azzurro silenzio, inquietum
BILAN 2001 : Création musicale 191 (191 spectateurs) 24 avril, Ircam, salle Igor-Stravinsky Un compositeur, une œuvre Jean Geoffroy, percussion Technique Ircam Mikhail Malt, assistant musical Bruno Mantovani : Le Grand Jeu* (30 spectateurs) 2 mai, Théâtre Sylvia Montfort Donatienne Michel-Dansac, soprano Laurent Bômont, trompette Mikhail Malt, assistant musical Philippe Manoury : En Echo* Yan Maresz : Metallics* Mauro Lanza : Erba nera che cresci segno nero tu vivi* (112 spectateurs) 3 mai, Ircam, salle Igor-Stravinsky Un compositeur, une œuvre Donatienne Michel-Dansac, soprano Technique Ircam Mikhail Malt, assistant musical Mauro Lanza : Erba nera che cresci segno nero tu vivi* (27 spectateurs) 20, 21, 23 septembre, Centre Pompidou, Grande salle P.R./On Line* François Raffinot, conception et chorégraphie Joanne Leighton, Patrick rébus, danseurs Hae-Sun Kang, violon Benny Sluchin, trombone Technique Ircam Luca Francesconi : Animus* Pierre Boulez : Anthèmes 2* (214, 188, 250 spectateurs) 8, 9, 10 novembre, Ircam, Espace de projection Donatienne Michel-Dansac, Sylvie Levesque, Geneviève Strosser, Sylvie Sacoun, voix Olivier Pasquet, ordinateur Technique Ircam Machinations*, spectacle de Georges Aperghis (142, 208, 251 spectateurs) 14 novembre, Ircam, Espace de projection Ensemble Itinéraire Direction Mark Foster
192 BILAN 2001 : La programmation Fausto Romitelli : Amok Koma, commande du Cirm (Nice) et du Studio Agon (Milan) François Narboni : Neanderthal fandango Hugo Wolf / Gérard Grisey : Wolf Lieder Iannis Xenakis : Nomos Alpha Florence Baschet : Femmes (nouvelle version) (250 spectateurs) 28 novembre, Ircam, Espace de projection Vincent David, saxophone Andrew Gerzso, assistant musical Technique Ircam Pierre Boulez : Dialogue de l ombre double*, version pour saxophone et électronique (237 spectateurs) 26, 29 novembre, 2 décembre, Théâtre du Châtelet Kaija Saariaho : L Amour de loin* Opéra en cinq actes, co-commande du Festival de Salzbourg et du Théâtre du Châtelet sur un livret d Amin Maalouf création française Peter Sellars, mise en scène George Tzypin, décors Martin Pakledinaz, costumes James F. Ingalls, lumières Dawn Upshaw, Clémence, Comtesse de Tripoli Lilli Paasikivi, Le Pèlerin Gerald Finley, Jaufré Rudel, Prince de Blaye et Troubadour Technique Ircam Gilbert Nouno, assistant musical Chœur de chambre accentus Chef de chœur, Laurence Equilbey Orchestre de Paris Direction, Kent Nagano (1776, 1776, 1855 spectateurs) 3.2. Le festival Agora 2001 (du 5 au 23 juin 2001) 3.2.1. Concerts et spectacles Le festival Agora constitue désormais le moment fort de la politique de diffusion musicale de l Ircam. L édition 2001 a toujours pour objectif l ouverture vers la danse (grâce aux productions du département chorégraphique de l Ircam et aux spectacles invités), le théâtre, le jazz, le cinéma et des éclairages spécifiques sur des
BILAN 2001 : Création musicale 193 compositeurs aux univers différenciés (notamment les compositeurs invités de l Académie d été 2001, à savoir Marc-André Dalbavie et Brian Ferneyhough). Un accent particulier a été mis sur des projets résultant d une étroite collaboration entre la recherche et la création (projets de Roger Reynolds et François Nicolas). Un week-end consacré à la musique pour cordes de Pierre Boulez a eu lieu à Fontainebleau, en collaboration avec l association Pro Quartet. Enfin, le concept des portes ouvertes à l Ircam a été fondamentalement revu, le week-end traditionnellement dévolu à cette mission étant remplacée par un ensemble permanent d activités gratuites et ouvertes au public durant toute la durée du festival. Le festival a bénéficié du soutien de nombreux partenaires, parmi lesquels le Centre Pompidou, le Forum des images, le Théâtre des Bouffes du Nord et la Cité de la Musique. Le festival Agora a reçu 15 870 spectateurs. 5 juin, 20h30, Théâtre des Bouffes du Nord Die Hamletmaschine-oratorio Musique : Georges Aperghis Texte : Heiner Müller Françoise Kubler, soprano Vincent Le Texier, Jean-Marc Salzmann, barytons Jean-Pierre Drouet, percussions Geneviève Strosser, alto Chœur SWR Vokalensemble Stuttgart Ensemble Ictus Direction : Georges-Elie Octors (460 spectateurs) 6, 7, 8 juin, 20h30, Ircam, Espace de projection L Ecarlate* Chorégraphie : Myriam Gourfink Musique : Kasper T. Toeplitz, commande de l Ircam-Centre Pompidou, création Lumières : Sylvère Sayag Costumes : Kova Assistante informatique à la chorégraphie (analyse du mouvement en temps réel) : Laurence Marthouret Assistant musical (informatique musicale et chorégraphique en temps réel) : Frédéric Voisin Technique Ircam Danseuses : Carole Garriga, Bogdana Roundouyeva Musiciens : Kasper T. Toeplitz, basse électrique et ordinateur, Didier Casamitjana (percussions et power-book) (177, 88, 124 spectateurs)
194 BILAN 2001 : La programmation 7 juin, 20h30, Centre Pompidou, Grande salle The Angel of Death* Ensemble Court-circuit Direction : Pierre-André Valade Jean-Marie Cottet, piano Assistant musical : Frédéric Voisin Collaboration scientifique : Stephen McAdams, Emmanuel Bigand Technique Ircam Roger Reynolds The Angel of Death, commande de l Ircam, création Versions/Stages I & II Versions/Stages III & IV The Angel of Death (reprise) (215 spectateurs) 9, 10, 11 juin, 20h30, Centre Pompidou, Grande salle Twelve Seasons Concept : Michèle Noiret, Paolo Atzori, Todor Todoroff Chorégraphie : Michèle Noiret création française Musique : Karlheinz Stockhausen, Tierkreis Composition électroacoustique originale et interactions : Todor Todoroff Assistant à la chorégraphie : Fred Vaillant Scénographie électronique et images : Paolo Atzori Lumières : Xavier Lauwers Costumes : Azniv Asfar Danseurs : Caroline Cornelis, Joëlle Demulder, Stéphane Hisler, Mélanie Munt, Claire O Neil, Jordi L.Vidal Musiciens : «Trio European Wind» (Barre Bouman, clarinette, Achim Gorsh, trompette et piano, Gillian Lampater, flûte) (224, 180, 290 spectateurs) 10 juin, 16h, Ircam, Espace de projection Récital Andreas Staier Andreas Staier, pianoforte Franz Schubert, Impromptu en ut mineur (D899) Brice Pauset : Kontra-Sonate, Mouvement I, création française Franz Schubert : Sonate en la mineur (D845) Brice Pauset : Kontra-Sonate, Mouvement II, création française (165 spectateurs) 12, 13, 14, 15, 16 juin, 20h30, Théâtre des Bouffes du Nord Irène Jacob - Benoît Delbecq 1 ère partie : «L Etourdissante performance de Berthe Trépat, pianiste médaille d or» extrait de Marelle de Julio Cortázar Création Irène Jacob, comédienne Benoît Delbecq, piano et électronique
BILAN 2001 : Création musicale 195 Mise en scène : Jérôme Kircher Son : Etienne Bultingaire Technique Ircam 2 ème partie : Benoît Delbecq 5 Benoît Delbecq, piano François Houle, clarinette Michael Moore, clarinette, clarinette basse et saxophone alto Jean-Jacques Avenel, contrebasse Steve Argüelles, batterie et électronique Compositions de Benoît Delbecq (254, 171, 292, 233, 328 spectateurs) 13 juin, Ircam, Espace de Projection 19h : concert 1 Ferneyhough Ian Pace, piano Brian Ferneyhough Lemma-Icon-Epigram Epigrams Three Pieces for Piano Opus Contra Naturam, création française 21h : concert 2 Ferneyhough - Nicolas Marie Kobayashi, mezzo-soprano Nicolas Miribel, violon Fuminori Tanada, piano Assistant musical : Eric Daubresse Collaboration scientifique : René Caussé, Nicolas Misdariis, Olivier Warusfel François Nicolas : Duelle*, commande de l Ircam, création Neue Vocalsolisten Stuttgart Direction : Manfred Schreier Assistant musical : Gilbert Nouno Brian Ferneyhough Missa Brevis Stele for the Failed Time*, commande de Françoise et Jean-Philippe Billarant, œuvre réalisée à l Ircam, création Technique Ircam (214, 257 spectateurs) 14, 15, 16 juin, 20h30, Centre Pompidou, Grande salle Avis de démolition Conception, chorégraphie, images vidéo et scénographie : Hervé Robbe Musique : Andrea Cera, réalisée avec la collaboration de l Ircam-Centre Pompidou Lumières : Sylvie Garot, assistée de Jean-Gabriel Valot Costumes : Laurence Alquier Danseurs : Romain Capello, Emeline Calvez, Ariane Guitton, Edmond Russo, Shlomi Tuizer, Yoshifumi Wako (283, 199, 358 spectateurs)
196 BILAN 2001 : La programmation vendredi 15 juin, Ircam, Espace de Projection 19h : Portrait(s) 1 Jarle Rotevatn, piano Ensemble BIT20 Direction : Ingar Bergby Ensemble Court-Circuit* Direction : Pierre-André Valade Marc-André Dalbavie : In Advance of the Broken Time... Rolf Wallin : Boyl Martin Matalon : Trame IV, commande de l ensemble BIT20, création Marc-André Dalbavie : Tactus 21h : Portrait(s) 2 Hélène Devilleneuve, hautbois Eiichi Chijiwa, violon Claire Merlet, alto Quatuor de l Ensemble BIT20* Ensemble Court-Circuit Direction : Pierre-André Valade Assistant musical : Jacques Duthen Marc-André Dalbavie : Interlude 1 (extrait) Steve Reich : Different Trains* Marc-André Dalbavie : Interlude 1 (extrait) Marc-André Dalbavie : Diadèmes* (220, 219 spectateurs) 16, 17 juin, Château de Fontainebleau Pierre Boulez à Fontainebleau Transcriptions, métamorphoses 16 juin, Château de Fontainebleau, Salle de la Belle Cheminée 15h : Atelier présenté par Pierre Boulez Quatuor Parisii Introduction au Livre pour quatuor de Pierre Boulez 18h : Concert Quatuor Parisii Thierry Brodard, violon Jean-Michel Berrette, violon Dominique Lobet, alto Jean-Philippe Martignoni, violoncelle Pierre Boulez Livre pour quatuor, mouvements I et II Jean-Sébastien Bach L art de la fugue, arrangement pour quatuor à cordes Pierre Boulez Livre pour quatuor, mouvements III et V Anton Webern Quatuor op. 28 Pierre Boulez Livre pour quatuor, mouvements VI (263, 366 spectateurs) 17 juin, Château de Fontainebleau, Salle de la Belle Cheminée 11h : Atelier-concert présenté par Pierre Boulez Salle de la Belle Cheminée
BILAN 2001 : Création musicale 197 Jean-Guihen Queyras, violoncelle Hae Sun Kang, violon Ensemble de violoncelles de Paris Direction : Pierre Boulez Andrew Gerzso, assistant musical Technique Ircam Pierre Boulez Messagesquisse Anthèmes Anthèmes 2* 18h : Concert-découverte présenté par Pierre Boulez Manège Sénarmont Quatuor Parisii Orchestre Philharmonique de Radio-France Direction : Pierre Boulez Anton Webern 5 Mouvements pour quatuor à cordes op. 5 5 Mouvements pour quatuor à cordes op.5, arrangement pour orchestre à cordes Alban Berg Suite lyrique pour quatuor à cordes Suite lyrique, arrangement pour orchestre à cordes Pierre Boulez Livre pour quatuor, mouvements 1a et 1b : Vivo-Moderato Livre pour cordes, mouvement 1a : Variations (331, 404 spectateurs) 18, 19, 20 juin, 20h30, Ircam, Espace de Projection Le Colonel des Zouaves Texte : Olivier Cadiot Mise en scène et scénographie : Ludovic Lagarde Musique : Gilles Grand Costumes : Virginie et Jean-Jacques Weil Lumières : Sébastien Michaud Participation artistique : Odile Duboc, chorégraphe Acteur : Laurent Poitrenaux (245, 135, 282 spectateurs) 19 juin, 20 h, Cité de la Musique, salle des concerts Ensemble Intercontemporain / Accentus Maria Husmann, soprano, Jeanne-Marie Conquer, violon, Frédéric Stochl, contrebasse, Michel Cerutti, cymbalum Chœur de chambre Accentus Chef de chœur Laurence Equilbey Ensemble Intercontemporain Direction David Robertson György Kurtág : Quatre chants sur des poèmes de János Pilinszky Elliott Carter : Penthode
198 BILAN 2001 : La programmation Marc-André Dalbavie : Mobiles, texte de Guy Lelong, commande de l Ensemble Intercontemporain et de la Cité de la Musique, création (756 spectateurs) 20, 21 juin, 20h30, Théâtre des Bouffes du Nord Michèle Anne De Mey / Jonathan Harvey 1ère partie : concert Quatuor Danel Jonathan Harvey String Quartet n.2 Mortuos Plango Vivos Voco* String Quartet N.3 2ème partie : spectacle Utopies Chorégraphie : Michèle Anne De Mey Scénographie et lumières : Simon Siegmann Costumes : Isabelle Lhoas Assistante : Edith Depaule Musique : Jonathan Harvey Compagnie Michèle Anne De Mey (329, 134 spectateurs) 21, 22 juin, 20h30, Centre Pompidou, Grande salle Olga de Soto - Salvatore Sciarrino 1. Salvatore Sciarrino L orologio di Bergson Mario Caroli, flûte 2. Par une main ou par le vent mais l air est immobile Chorégraphie et interprétation : Olga de Soto Musique : Salvatore Sciarrino, Canzona di ringraziamento Scénographie et costumes : Thibault Vancraenenbroeck Eclairages : Laurence Halloy Musicien : Mario Caroli, flûte 3. Salvatore Sciarrino Morte Tamburo Mario Caroli, flûte 4. Éclats mats (2001) création Chorégraphie : Olga de Soto Musique : Salvatore Sciarrino, Tre notturni brillanti et Ai limiti della notte Musicien : Garth Knox, altiste Danseurs : Edith Christoph, Olga de Soto, Vincent Druguet (284, 286 spectateurs) 22 juin, 20h30, 23 juin, 18h00, Ircam, Espace de projection Zoo Muzique Une exposition de musiciens-parlants de Jacques Rebotier Texte, musique, mise en scène : Jacques Rebotier Scénographie, costumes : Virginie Rochetti Lumière, vidéo : Bertrand Couderc Assistante à la mise en scène : Frédérique Bruyas Création sonore : Henry Fourès (Studio M.I.M à Marseille)
BILAN 2001 : Création musicale 199 Direction musicale : Pierre Roullier Avec : Petra Ackermann, Isabelle Berteletti, Laurent Bômont, Mélanie Brégant, Laurence Chave, Sylvain Cornille, Eric Crambes, Marc Duvernois, Stéphane Gabin, Shinya Hashimoto, Sona Khochafian, Adeline Lecce, Jean- Marc Liet, Tanguy Ménez, Virginie Michaud, Denis Paumier, Pierre Roullier, Didier Silhol, Bernard Cavanna. (174, 148 spectateurs) 23 juin, 20h30, Théâtre des Bouffes du Nord La nuit Agora : Arrangements-remix Vincent David, saxophone Assistant musical : Andrew Gerzso Technique Ircam Pierre Boulez : Dialogue de l ombre double*, version pour saxophone, création Edmund J. Campion : Corail (Coral), création française Gustav Mahler arrangé et interprété par le Uri Caine Ensemble Uri Caine Ensemble Uri Caine, piano Chris Speed, clarinette, saxophone Ralph Alessi, trompette Jim Black, batterie Joyce Hammam, violon Drew Gress, contrebasse DJ Olive, platines Vincent David, saxophone Assistant musical : Mikhail Malt Technique Ircam Andrea Cera : Deliverance* Olivier Cadiot et Ambitronix Olivier Cadiot : texte et comédien Ambitronix : Steve Argüelles, batterie, électronique in situ et Benoît Delbecq, piano, sampler, bass station Avec le concours du Collectif Hask. David Shea, DJ, échantillonneur : Satyricon (431 spectateurs) 3.2.2. Journées portes ouvertes Concerts et spectacles 6, 7, 8, 9, 10, 11 juin, 11h-22h, Centre Pompidou, Grand Foyer Permis de Construire Installation audiovisuelle Conception, chorégraphie et mise en espace : Hervé Robbe Création vidéo : Christian Boustani
200 BILAN 2001 : La programmation Création musicale : Andrea Cera, réalisée avec la collaboration de l Ircam- Centre Pompidou Costumes : Laurence Alquier Interprètes : Romain Capello, Emeline Calvez, Christina Clark, Ariane Guitton, Edmond Russo, Shlomi Tuizer, Yoshifumi Wako (3 000 spectateurs) 13, 14, 15, 16 juin, 12h30, Centre Pompidou, Grand Foyer Hommage à Xenakis Daniel Ciampolini, percussions Assistant musical : Frédéric Voisin Technique Ircam Iannis Xenakis : Psappha, version pour percussion acoustique Edmund Campion : Losing Touch* Steve Reich : Clapping Music Iannis Xenakis : Psappha*, pour percussion et sons électroniques (720 spectateurs) 20, 21, 22, 23 juin, 12h30, Centre Pompidou, Grand Foyer Work in progress Home Studio*, création Chorégraphie : François Raffinot Musique : Luca Francesconi, Animus* Assistant musical : Tom Mays Technique Ircam Danseur : Patrick Rébus Musicien : Benny Sluchin, trombone (600 spectateurs) Installations sonores 6 au 19 juin, Ircam, Studio 5, Ircam Mendel Installation sonore interactive Concepteurs : Frédéric Blin, Pierre Jodlowski, Christophe Ruetsch. Décors : Jean-Marie Baudean. (300 spectateurs) 6 au 23 juin, Ircam, Studio 3, Ircam Une image, que nous appelons le temps Installation sonore de Heiner Goebbels, d après un extrait du Timée de Platon Commande de l Ircam-Centre Pompidou pour l exposition Le temps, vite organisée au Centre Pompidou en 2000. Assistant musical : Frédéric Voisin. Récitants : Ruggero de Pas (italien), Geno Lechner (allemand), Francisco Nuñez (espagnol), Phyllis Roome (anglais), André Wilms (français). (300 spectateurs) Autres activités 6 au 23 juin, Ircam Visite de l Ircam (300 spectateurs)
BILAN 2001 : Création musicale 201 6 au 8 juin, Centre Pompidou Colloque science et art Forme et temps La perception au fil de l œuvre Colloque international sous la responsabilité de Stephen McAdams (directeur de recherche, Ircam-CNRS) et de Roger Reynolds (compositeur, professeur à l Université de Californie à San Diego) (250 spectateurs) 6 au 23 juin, Ircam, Salle Igor-Stravinsky Conférences : La technologie sur scène, Le studio du futur, La musique en ligne (800 spectateurs) 3.3. Tournées 3.3.1. Tournées avec l Ensemble Intercontemporain 21 janvier Santa Cruz de Tenerife (Canaries) 22 janvier Las Palmas (Canaries) Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Pierre Boulez : Pli selon Pli (1800 spectateurs) 24 février Valence Ensemble Intercontemporain Direction Pascal Rophé technique Ircam Docteur Mabuse* de Fritz Lang Musique de Michael Obst (1446 spectateurs) 19 mars Munich 21 mars Hambourg Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Pierre Boulez : Dérives 2 Philippe Manoury : Passacaille pour Tokyo Pierre Boulez : Sur Incises (1074, 445 spectateurs)
202 BILAN 2001 : La programmation 20 mars Cologne Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Pierre Boulez : Dérives 2 Philippe Manoury : Passacaille pour Tokyo Wolfgang Rihm : Die Stücke des Sängers, commande de l Ensemble Intercontemporain Elliott Carter : A Mirror on Which to Dwell (527 spectateurs) 23 mars Hambourg Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Edgard Varèse : Intégrales Wolfgang Rihm : Die Stücke des Sängers, commande de l Ensemble Intercontemporain Pierre Boulez : Improvisations sur Mallarmé I & II Pierre Boulez : Incises Pierre Boulez : Anthèmes 2* (445 spectateurs) 27 mai Lisbonne Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Technique Ircam Emmanuel Nunes : Lichtung I* et II* (426 spectateurs) 28 mai Lisbonne Ensemble Intercontemporain Direction Pascal Rophé Giacinto Scelsi : Pranam II Stefan Wolpe : pièce pour trompette et sept instruments Unsuk Chin : Akrostichon Roberto Gerhard : Leo Ivan Fedele : Concerto pour violon et orchestre (334 spectateurs) 1 er septembre Lucerne Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Philippe Hurel : Six miniatures en trompe-l œil Hans Peter Kyburz : Concerto pour piano et ensemble Gérard Grisey : Modulations
BILAN 2001 : Création musicale 203 Hans Peter Kyburz : Dyptichon (nc) 15 septembre Schwaz Ensemble Intercontemporain Direction John Störgards Yan Maresz : Eclipse Olga Neuwirth : Hooloomooloo Eduard Demetz : Bild 3 Arnold Schoenberg : Symphonie de chambre, opus 9 (330 spectateurs) septembre Strasbourg, Musica Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Yan Maresz : Eclipse György Ligeti : Hamburgisches Concert Peter Eötvös : Triangel (383 spectateurs) 20 octobre Metz Ensemble Intercontemporain Direction David Robertson Igor Stravinsky : Concerto en Mib, Dumbarton Oaks Hanspeter Kyburz : Concerto pour piano et ensemble Philippe Hurel : Quatre Variations Gérard Grisey : Modulations (nc) 2 novembre Bâle, Musikmonat Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Concert Yan Maresz : Eclipse Marco Stroppa : From Needle s Eye Fredrik Zeller : Der Boleroattraktor Yan Maresz : Metal Extensions Du 4 au 5 novembre Musique de Chambre Du 6 au 7 novembre Ateliers Dirigés 8 novembre Concert Pierre Jodlowski : Barbarismes, trilogie de l an mil Marc-André Dalbavie : Mobiles
204 BILAN 2001 : La programmation (1617 spectateurs) 17 novembre Lille Ensemble Intercontemporain Direction Peter Eötvös Peter Eötvös : Steine Elliott Carter : Asko Concerto Peter Eötvös : Triangel (600 spectateurs) 1 er décembre Amsterdam Ensemble Intercontemporain Direction Pierre Boulez Claude Debussy : Danses Pierre Boulez : Dérive 1 et 2 Arnold Schoenberg : Pierrot Lunaire (1601 spectateurs) L Ensemble Intercontemporain et l Ircam bénéficient du soutien financier de l AFAA (Association Française d Action Artistique) pour plusieurs de ces tournées 3.3.2. Tournées avec d autres formations 24 mars Genève, Festival Archipel Ensemble Contrechamps Direction Jurjen Hempel, André Richard Emmanuel Nunes : Nachtmusik I* Paolo Castiglioni : Cantus planus II Luigi Nono : Risonanze erranti (450 spectateurs) 17 mai Munich, Musica viva Projection des films de la série Musiques d aujourd hui : Roland Auzet, Edmund J. Campion 18 mai Brice Pauset : Perspectivae Sintagma I* Luca Francesconi : Animus* Yan Maresz : Metallics* Marco Stroppa : Zwielicht (256 spectateurs) 12 septembre Toulouse, Cité de l Espace Solistes Ictus
BILAN 2001 : Création musicale 205 Bruno Mantovani : Le Grand Jeu* Luca Francesconi : Mambo Edmund J. Campion : Losing Touch* Yan Maresz : Metallics* Jonathan Harvey : Le Tombeau de Messiaen Javier Alvarez : Temazcal (220 spectateurs) 7 octobre Oslo, Festival Ultima Arditti Quartet Technique Ircam Rolf Wallin : Quatuor à cordes et électronique*, création Magnus Lindberg : Quatuor à cordes (306 spectateurs) 14 octobre Tallin Hae-Sun Kang Béla Bartók : Concerto pour violon avec le film Rosas, de Peter Greenaway Steve Reich : Violin Phase Pierre Boulez : Anthèmes 2* (364 spectateurs) 15 novembre Bâle, Musikmonat Ensemble Modern Direction Dominique My Technique Ircam Michael Jarrell : Droben schmettert ein greller Stein*, pour contrebasse, ensemble et électronique, création (533 spectateurs) 17 novembre Bâle, Musikmonat et Festival Echtzeit! David Zambon, tuba Technique Ircam et Studio du Conservatoire de Musique de Bâle Mauro Lanza : Burger Time ou les Tentations de Saint-Antoine*, création (718 spectateurs) 17 novembre Vienne, Festival Wien Modern 22-23 novembre Reims, Le Manège, Scène Nationale 1er décembre Brême Donatienne Michel-Dansac, Sylvie Levesque, Geneviève Strosser, Sylvie Sacoun, voix Olivier Pasquet, ordinateur
206 BILAN 2001 : Enregistrements Technique Ircam Machinations*, spectacle de Georges Aperghis (400, 182, 200 spectateurs) 4. Enregistrements Le ralentissement du marché du disque et le développement exponentiel d autres activités (festival, tournées) ont mené à un net ralentissement de l activité d enregistrement. En 2001, deux disques ont été enregistrés dans la série «Compositeurs d Aujourd hui» en vue d une sortie en 2002. Emmanuel Nunes Emmanuel Nunes : Lichtung II*, pour ensemble et électronique Ensemble Intercontemporain Direction Jonathan Nott Enregistrement : septembre 2001 Sortie prévue en 2002 : Portrait Emmanuel Nunes (comprenant Lichtung I*, déjà enregistré et II*), dans la série «Compositeurs d Aujourd hui», en coproduction avec l Ensemble Intercontemporain et Universal Music France Yan Maresz Metallics*, pour trompette et électronique Metal Extensions, pour trompette et ensemble Entrelacs Eclipse, pour clarinette et ensemble Ensemble Intercontemporain, Direction Jonathan Nott Enregistrement prévu les 17 et les 18 décembre 2001 Sortie prévue en 2002 : Portrait Yan Maresz, dans la série «Compositeurs d Aujourd hui», en coproduction avec l Ensemble Intercontemporain et Universal Music France
BILAN 2001 : Création musicale 207 La valorisation des espaces prévus pour l enregistrement (Espace de Projection et/ou Studio 8) s est effectuée par des mises à disposition contre rétribution de ces espaces à des sociétés de production discographique comme Harmonia Mundi et Agon. 5. Le comité de lecture L Ensemble Intercontemporain et l Ircam, deux institutions au service de la création musicale contemporaine, animent ensemble, depuis plusieurs années, un comité de lecture chargé de découvrir de nouveaux talents et d offrir à des compositeurs encore peu connus la possibilité d écrire une œuvre nouvelle ou de se former aux technologies de pointe dans le domaine de l informatique musicale. De nombreux compositeurs, aujourd hui reconnus par la critique et le public, furent sélectionnés par ce comité. Chaque année, un nouveau jury se réunit. Il est formé de spécialistes indépendants et reconnus de la vie musicale d aujourd hui : ils sont compositeurs, chefs d orchestre, musicologues, producteurs de radio ou organisateurs de festivals. Ils connaissent les exigences de la création. C est à ce titre que l Ensemble Intercontemporain et l Ircam leur confient la responsabilité de reconnaître les talents de demain. Cette année, outre Jonathan Nott, chef d orchestre et directeur musical de l Ensemble Intercontemporain et Eric De Visscher, directeur artistique de l Ircam, le jury a été composé de trois compositeurs : Kaija Saariaho (Finlande), Ivan Fedele (Italie) et Yan Maresz (France) et d un musicien de l Ensemble Intercontemporain, Pierre Strauch. Les candidats retenus furent : pour les commandes pour ensemble de l Ensemble Intercontemporain : Christophe Bertrand (France), Janis Petraskevics (Lettonie) ; pour les commandes de l Ircam incluant des nouvelles technologies à réaliser à l Ircam : Mathew Adkins (Royaume-Uni), Andrea Vigani (Italie) ;
208 BILAN 2001 : Le comité de lecture pour le cursus de composition et d informatique musicale de l Ircam : Luca Antignani (Italie), Franck Bedrossian (France), Jiyoun Choi (Corée), Jérôme Combier (France), Miyuki Ito (Japon), Thomas Meadowcroft (Royaume-Uni/Austalie), Farangis Nurulla-Khoja (Tadjikistan), Chañaral Ortega Miranda (Chili), Riika Talvitie (Finlande), Jongwoo Yim (Corée) ; Francesco Filidei (Italie), sélectionné par le comité de lecture 2000 avait reporté son inscription au cursus pour la saison 2001/2002. Thomas Meadowcroft s est desisté ; pour le stage d été de composition et d informatique musicale de l Ircam : Javier Arciniegas (Colombie), Joanna Bailie (Royaume-Uni), Linda Bouchard (Canada), Nathan Erik Breitling (Etats-Unis), Claudio Gabriele (Italie), Wim Henderickx (Belgique), Lara Morciano (Italie), Akiko Murakami (Japon), Damien Ricketson (Austalie), Carlos Sanchez-Gutierrez (Mexique), Kotoka Suzuki (Japon), Helena Tulve (Estonie) ; Carlos Sanchez-Gutierrez s étant désisté, Marie Samuelson (Suède), qui figurait sur la liste d attente, a suivi le stage.
BILAN 2001 : Création chorégraphique 209 Création chorégraphique Artiste en résidence et directeur artistique : François Raffinot Chargé de diffusion et de coordination : Damien Valette Depuis 1999, François Raffinot a rejoint l Ircam. Il anime un groupe de danseurs et œuvre au développement de liens plus profonds entre la danse et la musique contemporaines : commandes spécifiques à des compositeurs, présence sur scène des interprètes (instrumentistes ou chanteurs) au côté des danseurs, projets de recherche (notation chorégraphique, contrôle gestuel informatique ). D autres chorégraphes sont régulièrement invités à partager cet esprit de création. L Ircam reçoit un financement spécifique de la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles au sein du ministère de la Culture et de la Communication. 1. Créations 1.1. Création de François Raffinot P.R. / On Line (Home Studio)* Création 2001 Conception et chorégraphie : François Raffinot Lumières : Pascale Bondu / François Raffinot Costumes : Fiametta Horvat
210 BILAN 2001 : Le comité de lecture Système de captation vidéo en direct : Emmanuel Fléty P.R. Musique : Luca Francesconi, Animus*, pour trombone et électronique (1995-1996, Ed. Ricordi) avec Patrick Rébus (danse) et Benny Sluchin (trombone) Eric Daubresse, assistant musical Technique Ircam Durée : 30 minutes On Line Musique : Pierre Boulez, Anthèmes 2*, pour violon et électronique (1997, Ed. Universal) avec Joanne Leighton (danse) et Hae-Sun Kang (violon) Andrew Gerzso, assistant musical Technique Ircam Durée : 30 minutes Coproduction Ircam-Centre Pompidou et Les Spectacles Vivants Centre-Pompidou. Avec le soutien de l Union européenne, dans le cadre du programme Culture 2000. Représentations de PR les 20, 21, 22, 23 juin 2001 dans le cadre du festival Agora, Centre Pompidou, Grand Foyer. Nombre de spectateurs : 400. Représentations de PR/On Line les 20, 21, 23 septembre 2001, Centre Pompidou, Grande salle. Nombre de spectateurs : 712. 1.2. Créations d autres chorégraphes L Ecarlate Chorégraphie : Myriam Gourfink Musique : Kasper T. Toeplitz, commande de l Ircam-Centre Pompidou Lumières : Sylvère Sayag Costumes : Kova Assistante informatique à la chorégraphie : Laurence Marthouret Assistant musical : Frédéric Voisin Technique Ircam Danseuses : Carole Garriga, Bogdana Roundouyeva
BILAN 2001 : Création chorégraphique 211 Musiciens : Kasper T. Toeplitz, basse électrique et ordinateur, Carol Robinson, clarinettes et ordinateur Coproduction Compagnie Myriam Gourfink et Ircam Centre Pompidou. Coréalisation Ircam et Les Spectacles vivants Centre Pompidou, avec le soutien de BNP Paribas. Représentations 6, 7, 8 juin 2001 dans le cadre du festival Agora, Ircam, Espace de projection. Nombre de spectateurs : 389. Michèle Anne De Mey / Jonathan Harvey. Création 2001 Chorégraphie : Michèle Anne De Mey Scénographie et lumières : Simon Siegmann Costumes : Isabelle Lhoas Assistante : Edith Depaule Musique : Jonathan Harvey Compagnie Michèle Anne De Mey Production Astragale asbl. Coréalisation Ircam-Centre Pompidou, CICT/Théâtre des Bouffes du Nord. Avec le soutien de la Délégation générale et du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, du British Council et de BNP Paribas. Représentations 20, 21 juin 2001 dans le cadre du festival Agora, Théâtre des Bouffes du Nord. Nombre de spectateurs : 463. Olga de Soto - Salvatore Sciarrino 1. Mario Caroli, flûte Salvatore Sciarrino L orologio di Bergson 2. Par une main ou par le vent mais l air est immobile Chorégraphie et interprétation : Olga de Soto Musique : Salvatore Sciarrino, Canzona di ringraziamento Scénographie et costumes : Thibault Vancraenenbroeck Eclairages : Laurence Halloy Musicien : Mario Caroli, flûte 3. Mario Caroli, flûte Salvatore Sciarrino Morte Tamburo
212 BILAN 2001 : Le comité de lecture Création (2001) Chorégraphie : Olga de Soto Musique : Salvatore Sciarrino, Tre notturni brillanti et Ai limiti della notte Musicien : Garth Knox, alto Danseurs : Edith Christoph, Olga de Soto, Vincent Druguet Production Cie Abaroa (Coto de Caza asbl), en coproduction avec Charleroi/Danses Centre chorégraphique de la communauté française de Belgique. Coréalisation Ircam et Les Spectacles vivants-centre Pompidou Avec le soutien de la Délégation générale et du Centre Wallonie- Bruxelles à Paris, et de l Istituto Italiano di Cultura. Représentations 21, 22 juin 2001 dans le cadre du festival Agora, Centre Pompidou, Grande salle. Nombre de spectateurs : 570. 1.3. Accueils dans le cadre du festival Agora Twelve Seasons Conception : Michèle Noiret, Paolo Atzori, Todor Todoroff Chorégraphie : Michèle Noiret Création française Musique : Karlheinz Stockhausen, Tierkreis Composition électroacoustique originale et interactions : Todor Todoroff Assistant à la chorégraphie : Fred Vaillant Scénographie électronique et images : Paolo Atzori Lumières : Xavier Lauwers Costumes : Azniv Asfar Danseurs : Caroline Cornelis, Joëlle Demulder, Stéphane Hisler, Mélanie Munt, Claire O Neil, Jordi L.Vidal Musiciens : European Wind (Barre Bouman, clarinette, Achim Gorsh, trompette, Gillian Lampater, flûte) Production Compagnie Michèle Noiret/Tandem asbl. Coproduction avec Le Théâtre Les Tanneurs, le KunstenFESTIVALdes arts, La Monnaie/De Munt, Bruxelles/Brussel 2000, Charleroi/Danses - Centre chorégraphique de la Communauté française de Belgique, Les Îles de Danses (Île-de-France Opéra et Ballet) et Le Festival Danse à Aix.
BILAN 2001 : Création chorégraphique 213 En compagnonnage avec La Ferme du Buisson, Scène nationale (Marne-la-Vallée), en collaboration avec The Academy of Media Arts, Cologne (KHM). Avec le soutien de la Délégation générale et du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Présentation Ircam-Centre Pompidou. Avec le soutien de BNP Paribas. Représentations 9, 10, 11 juin 2001 dans le cadre du festival Agora, Centre Pompidou, Grande salle. Nombre de spectateurs : 694. Avis de démolition Conception et chorégraphie : Hervé Robbe Musique : Andrea Cera, réalisée avec la collaboration de l Ircam-Centre Pompidou Images vidéo : Hervé Robbe et Sylvie Garot Scénographie : Hervé Robbe Lumières : Sylvie Garot, assistée de Jean-Gabriel Valot Costumes : Laurence Alquier Danseurs : Romain Capello, Emeline Calvez, Ariane Guitton, Edmond Russo, Shlomi Tuizer, Yoshifumi Wako Production Centre chorégraphique national du Havre Haute- Normandie Hervé Robbe. Coproduction Ircam - Centre Pompidou, CICV Pierre Schaeffer Montbeliard Belfort. Avec la participation du Fresnoy, Studio national des arts contemporains et le soutien du Festival Octobre en Normandie et de l Arsenal de Metz. Ce projet bénéficie du mécénat de la Fondation BNP Paribas. Coréalisation Ircam et Les Spectacles vivants - Centre Pompidou. Avec le soutien de BNP Paribas. Représentation 14, 15, 16 juin 2001 dans le cadre du festival Agora, Centre Pompidou, Grande salle. Nombre de spectateurs : 840. Permis de Construire Installation audiovisuelle Conception, chorégraphie et mise en espace : Hervé Robbe Création vidéo : Christian Boustani Création musicale : Andrea Cera, réalisée avec la collaboration de l Ircam-Centre Pompidou Costumes : Laurence Alquier Interprètes : Romain Capello, Emeline Calvez, Christina Clark, Ariane Guitton, Edmond Russo, Shlomi Tuizer, Yoshifumi Wako
214 BILAN 2001 : Activités de Recherche Production Centre chorégraphique national du Havre Haute- Normandie Hervé Robbe. Coproduction Ircam - Centre Pompidou, CICV Pierre Schaeffer Montbeliard Belfort. Avec la participation du Fresnoy, Studio national des arts contemporains et le soutien du Festival Octobre en Normandie et de l Arsenal de Metz. Ce projet bénéficie du mécénat de la Fondation BNP Paribas. Coréalisation Ircam et Les Spectacles vivants - Centre Pompidou. Présentations les 6, 7, 8, 9, 10, 11 juin 2001, de 11h à 21h, dans le cadre du festival Agora, Centre Pompidou, Grand Foyer. 2. Activités de Recherche Durant l année 2001, Frédéric Voisin, également assistant musical, a procédé à la mise en place, à titre exploratoire, d un pôle de recherche sur l interaction danse-musique. A la croisée des chemins entre les équipes scientifiques de l Ircam (Systèmes temps réel, Représentations musicales) et création chorégraphique, le travail initié a d abord constitué en un état des lieux de la recherche et de ses applications artistiques dans les domaines suivants : captation et analyse du mouvement ; cognition chorégraphique ; représentation, calcul et écriture chorégraphique. Le bilan de cette étude, réalisée par de nombreux contacts avec des centres de recherche et des chorégraphes, permettra de définir à l avenir les pistes à suivre en vue d établir un véritable champ de recherche et de développement technologique directement liées à la connaissance et la pratique chorégraphique. 3. Pédagogie L Ircam a initié différentes activités pédagogiques et notamment un cycle de conférences données à l Ircam autour de l écriture chorégraphique. Par ailleurs, François Raffinot a par ailleurs enseigné dans différentes formations et stages, notamment organisés par le Centre national de la Danse.
BILAN 2001 : Pédagogie 215 Pédagogie Directeur Pédagogie : Marie-Hélène Serra L année 2001 aura été l année de la préfiguration de ce que sera un projet équilibré de pédagogie à l Ircam. En ce sens, quatre tendances sont à souligner : Premièrement, une expansion de la formation au niveau universitaire avec la participation de l Ircam dans le DESS Jeux multimédias. Même si la participation de l Institut se concrétisera au printemps 2002, ce DESS préfigure d autres participations dans l enseignement universitaire autour d autres thèmes porteurs de la recherche à l Ircam. Deuxièmement, une structuration mieux ciblée au niveau de la formation professionnelle avec des programmes plus adaptés aux besoins des professionnels de la musique et plus ouverts à d autres métiers du son, par exemple, dans le monde de l audiovisuel. Troisièmement, une présence accrue dans nos murs des étudiants et des professeurs du milieu scolaire (collèges et lycées) qui désirent des formations qui vont de conférences sur la musique du 20ème siècle jusqu à des ateliers sur des pièces de musique contemporaine figurant à l option musique du baccalauréat. Enfin, et par rapport au grand public, une richesse accrue dans l offre de conférences, colloques et ateliers qui témoignent de la diversité des métiers artistiques qui irriguent la vie de l Institut. L année 2001 aura été aussi marquée par la volonté de rendre disponible une forme de la pédagogie à l extérieur de l Institut à travers deux projets importants, qui sont des logiciels pédagogiques élaborés en collaboration avec l Éducation nationale et des analyses d œuvres réalisées à l Ircam.
216 BILAN 2001 : Pédagogie 1. Saison publique 1.1. Musique / opéra - conférences et rencontres L opéra aujourd hui L opéra est un genre musical relativement récent en Occident, dont les pratiques se sont fixées presque définitivement au siècle passé : voix lyriques, orchestre dans la fosse, théâtre à l italienne Que signifie l écriture d un opéra aujourd hui? À l heure où de nombreux compositeurs s y essaient à nouveau, ce cycle de conférences permettra de mieux cerner les enjeux et les problématiques, à travers la question des formes dérivées, de la dramaturgie, du livret, de la mise en scène et des pratiques opératiques dans d autres cultures. L opéra aujourd hui : une forme problématique L opéra du XX e siècle a une histoire fragmentée, qui ne laisse guère apparaître de consensus sur une «forme» donnée. Il y a conflit entre, d une part, des conceptions dramaturgiques nouvelles qui tendent à redéfinir les rapports entre la musique, le texte et l action scénique et, d autre part, une pétrification des conventions dans le fonctionnement même de l institution. Les expériences menées au cours de ce siècle n ont jamais réussi à imposer une «tradition» de la nouveauté, comme ce fut le cas pour la musique instrumentale. À partir de telles tensions, seront analysées les expériences récentes de l opéra et plus particulièrement les conceptions dramaturgiques ayant renouvelé le genre. Conférencier : Philippe Albera, musicologue, directeur des éditions Contrechamps. Lundi 8 janvier 2001. Opéra et dramaturgie négative Une prophétie : «l Opéra est mort». L opéra donnerait à voir et à écouter son propre trépas. Dans certaines œuvres, l action se détache de toute mimesis, le lieu scénique s affranchit du corporel ou de la matière des praticables et des rideaux de scène. L œuvre dévoile le vide, la création paradoxale d un art se donnant sous la forme de la négation et de la raréfaction, de l affaiblissement et de la disparition.
BILAN 2001 : Pédagogie 217 Conférencier : Laurent Feneyrou, musicologue, CNRS. Lundi 22 janvier 2001. Opéra et «polyglottisme» : la question du livret Le «polyglottisme» en musique, comme coexistence de plusieurs langues ou niveaux de langue au sein d une même œuvre, est un phénomène répandu de nos jours. Référence à un monde «plurilingue»? Métissage culturel? Nouvelle Tour de Babel? Les manipulations littéraires, par pluritextualité et polyglottisme conjugués, postulent un nouveau type de narration. Dans sa volonté de témoigner d une diversité du réel, l hétérogénéité des langages textuels et musicaux devient alors un enjeu esthétique fondamental de l opéra. Conférencière : Geneviève Mathon, musicologue, Université de Tours. Lundi 5 février 2001. La mise en scène dans l opéra aujourd hui Envisager l espace scénique comme une métaphore de l univers est le projet secret de tout homme de théâtre. Comment dire aujourd hui sur la scène le rapport à la fois ancestral et toujours renouvelé du corps aux voix, des formes aux sentiments, du concret à l abstrait, de l intuition au concept, du matériel au spirituel, de l angoisse à la sérénité, de l ombre à la lumière? À partir de son travail avec des compositeurs tels Aperghis, Berio et Xenakis, Yannis Kokkos nous parlera de son expérience de metteur en scène et de scénographe. Conférencier : Yannis Kokkos, metteur en scène et scénographe. Lundi 5 mars 2001. Autour de K, opéra de Philippe Manoury K, opéra en douze scènes inspiré du Procès de Franz Kafka sera créé en mars 2001 à l Opéra national de Paris-Bastille. K, opéra d aujourd hui fidèle aux formes classiques? Afin de renouveler la relation des musiciens au public et des chanteurs à l orchestre, le compositeur Philippe Manoury s est appuyé sur un dispositif informatique temps réel réalisé à l Ircam. Ce dernier permet de multiplier les matériaux sonores et participe de la dramaturgie et d une scénographie mêlant le visuel et le sonore. Conférenciers : Philippe Manoury, compositeur, André Engel, metteur en scène. Rencontre animée par Omer Corlaix, journaliste. Mercredi 14 mars 2001.
218 BILAN 2001 : Pédagogie Au-delà de l opéra : le renouveau du théâtre musical Certaines approches ont cherché à modifier le genre opéra à travers le «théâtre musical». Cette conférence présentera un bref panorama des expériences radicales des années soixante, notamment Berio, Nono, Kagel et Pousseur, et des principales évolutions des trente dernières années. Conférencier : Giordano Ferrari, musicologue. Lundi 19 mars 2001. D une tradition lointaine à la modernité : Jinghu (Opéra de Pékin) et création lyrique d aujourd hui L opéra classique chinois Xiqu est l héritier d une longue tradition, depuis ses origines antiques au VIIIe siècle av. J-C. jusqu à la naissance du genre emblématique Jingju Opéra de Pékin (fin du XVIIIe siècle). Après la présentation de ses différentes composantes chant, récitatif, gestuelle, danse et systèmes musicaux Xipi et Erhuang, Ning Chunyan analysera, avec la complicité d une joueuse de pipa, comment certains artistes contemporains ont su s approprier ce genre ancré dans une tradition musicale fortement codée. Conférencière : Ning Chunyan, metteur en scène et enseignante à l Université de Paris VIII. Avec la participation de Wang Weiping, pipa. Lundi 2 avril 2001. 1.2. Musique / danse- conférences et rencontres Noter la danse aujourd hui Dès la fin du XIX e siècle, renouant avec une démarche entreprise à la Renaissance, les arts et les sciences se préoccupent à nouveau du mouvement. Le recours à l écriture, qu il se réfère à un système de notation tendant à l universel, ou qu il relève de pratiques confidentielles, qu il participe à l élaboration du projet ou qu il mémorise l acte dansé, indique une forte relation entre le mouvement et sa transcription. Aujourd hui, les techniques de captation et d encodage du mouvement réactualisent la notation. La traduction numérique du mouvement entraîne la danse sur le territoire du virtuel où elle rejoint la synthèse de l image et du son, et les langages informatiques qui seront destinés à l analyse et à la création artistique.
BILAN 2001 : Pédagogie 219 Ce cycle de conférences invite des spécialistes à partager avec le public, une réflexion autour de la notation de la danse, son sens et ses usages. Histoire des notations À partir d une rapide évocation des différents procédés de notation de la danse mis au point depuis la Renaissance, Philippe Le Moal soulignera les principaux enjeux et problématiques de la transposition «écrite» du mouvement. Conférencier : Philippe Le Moal, chercheur et enseignant en histoire de la danse, directeur du Dictionnaire de la Danse (Larousse, 1999). Lundi 15 janvier 2001. Traductions En se fondant sur des partitions du système Feuillet et de la notation Laban, François Raffinot et Jean-Christophe Boclé présenteront quelques mesures de réalisations corporelles qui permettront de saisir la précision et les difficultés particulières d interprétation liées à ces deux écritures. Anne-Valérie Lila expliquera les grands principes de la notation Benesh en les illustrant de quelques exemples tirés de la partition de Al Segno (chorégraphie de François Raffinot et Emmanuelle Vo-Dinh créée en juin 2000). Ces extraits de texte seront mis en correspondance avec les images vidéo du spectacle. Conférenciers : François Raffinot, chorégraphe, directeur du département chorégraphique de l Ircam, Jean-Christophe Boclé, danseur, chorégraphe, spécialiste en cinétographie Laban, Anne-Valérie Lila, spécialiste en notation Benesh. Lundi 29 janvier 2001. Écritures, empreintes, tracés : dessins et notations des chorégraphes Les notations en danse sont rarement abordées sous l angle de leur existence graphique. Elles n en constituent pas moins des modes de représentation qui, à travers les âges et différents supports, ont conçu des visibilités inconnues et singulières, reflets ou extensions de l œuvre, exercices du trait où s inscrit le corps de l artiste.
220 BILAN 2001 : Pédagogie Histoire d une transmission. Autour de la création de So Schnell Au lendemain de la disparition de Dominique Bagouet sont fondés Les Carnets Bagouet. Issus de l histoire de la compagnie Bagouet, les danseurs des Carnets Bagouet travaillent avec l œuvre du chorégraphe, la mémoire de cette œuvre et la transmission de sa pensée. En 1998, ils reprennent So Schnell, une de ses dernières œuvres. Le compositeur Frédéric Durieux avait entrepris de collaborer à cette œuvre en réalisant une partition musicale dans les studios de l Ircam. Il la détruisit et, en hommage posthume, il écrivit So Schnell, zu früh, in memoriam Dominique Bagouet. La séance débutera par la projection du film Histoire d une transmission, So Schnell à l Opéra de Marie-Hélène Rebois. Conférenciers : Anne Abeille des Carnets Bagouet, Frédéric Durieux, compositeur, Marie-Hélène Rebois, réalisatrice. Lundi 12 mars 2001. Entre les signes : interprétation et états de corps Si l outillage cognitif élaboré par Laban demeure exemplaire, c est grâce aux contributions décisives qu il aura apporté à un projet resté inachevé : celui de l analyse de l agir corporel. Sa «cinétographie», système notationnel du mouvement publié en 1928, constitue un moment de cette vaste recherche. En faire usage ne permet pas seulement aux danseurs d aujourd hui d interroger en acte l histoire de leur propre activité. Ce qu elle autorise également, c est une émancipation à l égard de l hégémonie de la tradition orale-mimétique et de l assujetissement que celle-ci n a cessé de reconduire dans l histoire des pratiques chorégraphiques. Conférencier : Christophe Wavelet, chercheur et critique, membre du Quatuor Albrecht Knust. Lundi 26 mars 2001. Écriture a priori assistée par ordinateur L approche corporelle de Myriam Gourfink est largement influencée par sa découverte de l informatique et du yoga. Sa danse, caractérisée par la lenteur, relève d un minutieux travail de visualisation intérieure, une attention extrême portée à toutes les parties du corps. Elle envisage l espace comme un ensemble de trajectoires reliées entre elles par des points invisibles. «C est la façon dont on pense son corps et ce corps dans l espace qui est au centre du processus chorégraphique.
BILAN 2001 : Pédagogie 221 Cependant penser ne veut pas dire élaborer une série d indications inflexibles, qui embrigadent les corps. La partition, le dispositif, est une proposition soumise à la sensibilité de l interprète, une incitation à une certaine élasticité.» Conférencière : Myriam Gourfink, chorégraphe. Avec la participation de Laurence Marthouret, spécialiste en notation Laban, Frédéric Voisin, développeur en informatique, Kasper T. Toeplitz, compositeur. Lundi 23 avril 2001. Danse, notation et technologies Paul Kaiser a collaboré avec Merce Cunningham à plusieurs reprises (BIPED, Hand-Drawn Spaces). Il est à la recherche d une nouvelle forme d art qui émergerait de la confluence entre la danse, les arts visuels et les mondes informatiques. Dans cette nouvelle forme, les trois composantes de ce spectacle vivant, jusque-là toujours dissociées, la notation, la performance et l enregistrement, fusionnent. La notation modèle la performance qui modèle l enregistrement, qui modèle la notation, qui à son tour modèle la performance, etc. Ce processus, qui se construit lui-même récursivement, peut être à l origine d une nouvelle attitude dans la création. Conférencier : Paul Kaiser, artiste multimédia, groupe Riverbed. Lundi 30 avril 2001. 1.3. Musique / compositeurs - concerts commentés Cette série de concerts propose au public de découvrir de jeunes compositeurs ayant expérimenté, chacun à sa manière, la création musicale grâce à des outils informatiques acquis pendant le Cursus de composition de l Ircam. Écoutes, commentaires et échanges entre compositeur, musicologue et interprète permettront d approcher ces auteurs et leurs œuvres. Deliverance, Andrea Cera Un passage, un moment d interactivité, entre le monde de la musique «populaire» d aujourd hui et la musique savante est-il possible? Une tentative à l aide d un dispositif informatique autour du saxophone. Vincent David, saxophone. Vendredi 8 décembre 2000. Dans le cadre du symposium ISEA 2000.
222 BILAN 2001 : Pédagogie Heldenplatz, François Narboni Une musique inspirée par le texte de Thomas Bernhard : une femme qui entend encore les cris de la Place des Héros, cinquante ans après Hitler ; une contrebasse et un fragment de Mahler qui donnent vie au drame. Didier Meu, contrebasse. Mardi 16 janvier 2001. Nuit sans date, François Sarhan Sur un texte de Jacques Roubaud de onze vers et onze mots, l éternelle question du rapport entre les mots, leurs sonorités, le poème et sa musique. Isabel Soccoja, soprano. Avec la participation de Jacques Roubaud. Mardi 20 mars 2001. Le Grand Jeu, Bruno Mantovani Un univers musical créé par la rencontre et la confrontation entre la percussion et l écriture électroacoustique. Jean Geoffroy, percussion. Mardi 24 avril 2001. Erba nera che cresci segno nero tu vivi, Mauro Lanza Le texte, non pas pour sa rhétorique, mais comme «source générative» pour la musique. Un agencement rythmique élaboré, confié à un ensemble instrumental purement électronique, accompagne le texte chanté par la soprano. Donatienne Michel-Dansac, soprano. Jeudi 3 mai 2001. Rencontres animées par Giordano Ferrari, musicologue. 1.4. Musique / acoustique conférences et ateliers Une approche acoustique de l écriture musicale Deux conférences pour mettre en regard la composition musicale et les lois de l acoustique. En guise de complément pratique, ont suivi deux ateliers jalonnés d expérimentations concrètes avec l ordinateur.
BILAN 2001 : Pédagogie 223 L œuvre et son espace (conférence 1) Cette première conférence a clarifié les liens qui ont pu s établir au cours de l Histoire entre l écriture d une œuvre musicale et l espace de sa diffusion. Elle a examiné aussi l impact des inventions techniques modernes (électricité, électronique et informatique) ayant amené les compositeurs à une conception étendue de l espace. Jeudi 18 janvier 2001. Perception et composition (conférence 2) Cette deuxième conférence a essayé de dégager des convergences entre les théories récentes de la psychoacoustique et des cas classiques d écriture et d orchestration. Les notions de consonance et de dissonance, de fusion et de fission, de tension et de détente ont été réexaminées dans cette perspective. Jeudi 25 janvier 2001. L œuvre et son espace (atelier 1) Ce premier atelier a été consacré à des expériences d acoustique des salles. On a pu, avec l ordinateur, simuler différentes conditions d écoute et mesurer leur influence sur l audition du texte musical. Jeudi 1er février 2001. Perception et composition (atelier 2) Ce deuxième atelier a été consacré à des expériences de psychoacoustique autour de notions telles que les flux auditifs, la fusion et la fission spectrales... Intervenants Mikhail Malt, François Sarhan. Jeudi 8 février 2001. 1.5. Musique / texte conférences et ateliers Une approche structurelle des relations entre texte et musique Un parcours en trois conférences pour mettre en perspective les rapports des mots à la musique, au fil du temps et dans les pratiques contemporaines. En complément, deux ateliers ont permis de réexaminer les différents éléments de cette question à l aide de l ordinateur.
224 BILAN 2001 : Pédagogie Prima la poesia, prima la musica (conférence) Une des questions essentielles des relations entre poésie et musique à travers l histoire est la primauté éventuelle de l une sur l autre. Aujourd hui encore, le choix des mots, texte ou prétexte, modèle et éclaire sous différents angles les aspects de la musique vocale. Jeudi 8 mars 2001. Un auteur et ses musiciens (conférence) Goethe, Verlaine, Mallarmé : autant de grands poètes qui ont inspiré des générations de compositeurs. Plus récemment, Gertrud Stein, par ses livrets et poèmes audacieux, a inspiré des musiciens tels que Pascal Dusapin et Virgil Thompson. Jeudi 15 mars 2001. Un musicien et ses auteurs (conférence) Peu de compositeurs se sont renouvelés autant que Ligeti : à chaque phase de son parcours, il adopte une nouvelle et passionnante attitude en présence des textes qu il utilise. Parmi des auteurs aussi différents que de Ghelderode, Carroll ou Ligeti lui-même, une parenté stylistique se dessine Jeudi 22 mars 2001. Texte et musique : une approche expérimentale avec l informatique (ateliers) Ces deux ateliers ont permis d aller plus avant, à l aide de l ordinateur, dans l exploration des influences respectives et croisées entre texte et musique. En partant de l étude détaillée de certaines partitions abordées lors des précédentes conférences, les correspondances entre structures musicales (rythmique et mélodique) et textuelles (syntaxe, phonologie, métrique) sont décrites, dans le but d une reconstitution musicale partielle. De nouvelles correspondances ont pu alors se dégager Intervenants : François Sarhan, Mikhail Malt. Avec la participation de Benoît Meudic, informaticien. Jeudi 29 mars 2001 et jeudi 5 avril 2001.
BILAN 2001 : Pédagogie 225 1.6. Musique/esthétique - débats et séminaire d Entretemps Dans le cadre de sa démarche éditoriale, l Ircam accueille l association Entretemps. Placée sous le signe d un manifeste pour une «intellectualité musicale», celle-ci organise des débats et un séminaire, tout en poursuivant une activité d édition (revue, ouvrages collectifs, partitions, catalogues de compositeurs). 1.6.1. Débats - Les samedis d Entretemps - La musique n est pas seule Autour d un écrit récent sur la musique, un débat sous forme de lectures et d interventions critiques. Musique et psychanalyse - L atelier intérieur du musicien. Max Graf (Éditions Buchet / Chastel, 1999). Samedi 21 octobre 2000. Séance animée par François Nicolas. Musique et politique - La rumeur des batailles. Martin Kaltenecker (Éditions Fayard, 2000). Samedi 16 décembre 2000. Séance animée par Laurent Feneyrou. Musique et histoire - Le sacre du musicien (La référence à l Antiquité chez Beethoven). Élisabeth Brisson (Éd. CNRS, 2000). Samedi 19 mai 2001. Séance animée par Laurent Feneyrou. Musique et philosophie - Adorno, la vérité de la musique moderne. Anne Boissière (Presses Universitaires du Septentrion, 1999). Samedi 24 novembre 2001. Séance animée par Peter Szendy. Sous la direction de Laurent Feneyrou, François Nicolas, Peter Szendy. Le samedi de 10h à 12h30, Ircam, salle Igor-Stravinsky. 1.6.2. Le séminaire d Entretemps - Musique, mathématiques et philosophie En quel sens pensée musicale et pensée mathématique sont-elles contemporaines? S il ne s agit pas seulement d appliquer la seconde à la première, la philosophie est-elle requise pour que ces deux disciplines se confrontent et dialoguent sur un pied d égalité? Quel rôle exact l informatique joue-t-elle dans un tel rapprochement entre logiques différentes (scientifique et artistique) de pensée? Partant des points de rencontre comme des points d impasse entre mathématiques et musique, il s est agi de s interroger sur les conditions et les modalités de ces croisements.
226 BILAN 2001 : Pédagogie Samedi 13 janvier, 3 février, 3 mars, 7 avril, 5 mai 2001. Sous la direction de Gérard Assayag, Guerino Mazzola, François Nicolas. 1.7. Musique / épistémologie colloque Observation, analyse, modèles : peut-on parler d art avec les outils de la science? Deuxième congrès international d épistémologie musicale, en collaboration avec la Société française d analyse musicale (Sfam) et le Centre de recherche en psychologie, sociologie et didactique de la musique (Université de Paris X-Nanterre), avec le soutien du ministère de la Recherche, programme Cognitique. Aujourd hui, les réflexions épistémologiques traversent l ensemble des disciplines ayant pour objet la musique. Comment s articulent en musicologie les approches historique, analytique et herméneutique? Comment les sciences du comportement et de la perception (sociologie, psychologie, psychoacoustique ) se confrontent-elles aux problèmes du sujet, de l universel, de la quantification? Ces interrogations relèvent en fait d une problématique commune : comment les méthodes scientifiques peuvent-elles accéder aux faits artistiques? Ce deuxième colloque international d épistémologie musicale, qui fait suite à celui organisé en 1992 à Tel Aviv, a abordé les différents aspects de cette question : quelles méthodes d observation, d analyse, de modélisation appliquer? Ces méthodes sont-elles pertinentes, objectives, universelles, réfutables? Quelles sont les influences de la culture et des convictions du chercheur dans sa démarche? Quel est le statut du discours, de la théorie, de la connaissance? Ce colloque a mis en présence théoriciens du signal, musicologues, ethnomusicologues, psychologues et sociologues de la musique, cogniticiens et épistémologues. Intervenants : Christophe d Alessandro, Chargé de recherche au CNRS (LIMSI - Orsay) ; Simha Arom : Ethnomusicologue, Directeur de recherche émérite au CNRS ; Mondher Ayari, Maître-assistant à l Institut Supérieur de Musique de Sousse (Tunisie), Membre de l équipe Perception et cognition musicales ; Marc Chemillier, Professeur, Département d intelligence artificielle, Université de Caen ; Jean-Marc Chouvel, Professeur, Département de musique, Université de Reims ; Amy Dahan Dalmedico,
BILAN 2001 : Pédagogie 227 Directeur de Recherche au CNRS, Centre Alexandre Koyré, Maître de conférence à l École Polytechnique en Histoire et philosophie des sciences, François Delalande, responsable des recherches en sciences de la musique au Groupe de recherches musicales (GRM) de l Ina ; Nathalie Fernando, ATER, Université de Saint-Etienne et membre du laboratoire Langues- Musiques-Sociétés (CNRS) ; Anne-Marie Green, Professeur, Département de sociologie, Université de Franche-Comté ; Michel Imberty, Professeur en psychologie de la musique, Université de Paris X-Nanterre ; Antonio Lai, ATER, département de musique, Université de Paris VIII ; Pierre-Paul Lacas, psychanalyste ; Fabien Lévy, compositeur, conseiller pédagogique à l Ircam ; Nicolas Meeùs, Directeur de l UFR de musicologie, Université de Paris IV- Sorbonne ; Jean Molino, Professeur honoraire, Université de Lausanne (Suisse) ; Jean-Jacques Nattiez, Professeur titulaire à la Faculté de musique de l Université de Montréal (Canada) ; Dominique Pradelle, Maître de conférences, UFR de philosophie, Université de Paris IV-Sorbonne ; Marc Rigaudière, Professeur agrégé à l Université de Reims ; André Riotte, compositeur, vice-président de la Sfam ; Yizhak Sadaï, Professeur à l Université de Tel-Aviv (Israël), Département de Musique Comité scientifique : Jean-Michel Bardez, Président de la Société française d Analyse Musicale ; Jean-Marc Chouvel, Professeur, Université de Reims ; Michel Imberty, Professeur, Université de Paris X-Nanterre ; Fabien Lévy, Compositeur, conseiller pédagogique, Ircam ; Yizhak Sadaï, Département de musique, Université de Tel Aviv (Israël) ; Hugues Vinet : Directeur scientifique, Ircam. Musiciens : Mathieu Steffanus : clarinette, Laurent Camatte : Alto, Caroline Cren : Piano. Comité d organisation : Jean-Marc Chouvel, Fabien Lévy. Vendredi 19 et samedi 20 janvier 2001. 2. Missions éducatives 2.1. Formations destinées aux compositeurs à la recherche d une spécialisation Deux formations sont proposées pour les compositeurs souhaitant intégrer l informatique et les nouvelles technologies à leur démarche de création. La première, le Cursus de composition et d informatique musicale, offre, durant une année entière, un enseignement approfondi avec la possibilité de réaliser une œuvre en studio. La seconde, le Stage
228 BILAN 2001 : Missions éducatives de composition et d informatique musicale, propose un programme intensif de trois semaines centré sur l apprentissage des logiciels de composition développés à l Ircam, qui permet aux compositeurs d acquérir les bases suffisantes pour prolonger le travail chez eux de façon plus personnelle. Les compositeurs désirant suivre l une ou l autre formation doivent présenter leur candidature au Comité de lecture. Les deux formations accueillent chaque année dix à douze participants. À ces deux programmes s ajoute l Académie d été qui accueille un public plus large avec plus de quatre-vingts participants. 2.1.1. Cursus de composition et d informatique musicale Conçu pour de jeunes compositeurs issus des conservatoires nationaux ou de leurs équivalents internationaux, le Cursus propose une formation intensive d une année, permettant aux participants de découvrir et d expérimenter l usage de l informatique et des nouvelles technologies dans la création musicale. Organisation Le Cursus se déroule de novembre 2000 à novembre 2001. Il est réparti en deux périodes. La première combine des cours d informatique musicale et des cours de composition ; elle forme les compositeurs à la maîtrise de l informatique en studio et en concert. La seconde est consacrée à la réalisation d un projet musical intégrant les connaissances acquises. Première période (du 6 novembre 2000 au 30 avril 2001) Cours d informatique musicale : les techniques informatiques enseignées concernent les différents aspects de la composition avec l informatique : écriture musicale assistée par ordinateur, analyse, synthèse et traitement du son, interaction temps réel entre musicien et ordinateur, spatialisation du son et interfaces gestuelles pour le contrôle de la synthèse sonore. Les cours et travaux pratiques s appuient principalement sur les développements réalisés à l Ircam, respectivement : OpenMusic, AudioSculpt, Diphone-Studio, Modalys, jmax, Max/MSP (Ircam/Cycling 74), le Spatialisateur et l interface capteurs-midi AtoMic Pro. En outre, les participants peuvent suivre une formation de base aux dispositifs Midi ainsi qu aux techniques
BILAN 2001 : Pédagogie 229 d enregistrement et de mixage, à travers des outils du commerce : séquencement Midi et audio avec LogicAudio de EMagic et mixage multipistes avec ProTools de Digidesign. Cours de composition : ils ont été dispensés par plusieurs compositeurs de renommée internationale, dont Ivan Fedele, Brian Ferneyhough, Philippe Hurel, Philippe Manoury, Tristan Murail, Marco Stroppa et Alejandro Viñao. Le programme pédagogique du Cursus est renforcé par des séminaires sur les recherches scientifiques et les créations musicales en cours à l Ircam ainsi que par des conférences d artistes présentant des travaux intégrant les technologies. Deuxième période (1er mai 2001 au 30 octobre 2001) Les six derniers mois se déroulent dans les studios de la Pédagogie. Ils sont consacrés à la réalisation d un projet musical où l occasion est donnée aux compositeurs de s approprier les outils informatiques en les incorporant à un travail personnel de création. Le cadre général du projet est une pièce «mixte» pour instrument soliste et dispositif informatique, d une durée d environ dix minutes. Pendant cette deuxième période, les compositeurs du Cursus sont encadrés par les assistants musicaux de la Pédagogie. Les projets, esquisses ou œuvres achevées, sont joués dans un concert programmé dans la saison musicale de l Ircam, en collaboration avec les interprètes de l ensemble Court-circuit. Philippe Hurel, son directeur artistique, assure le suivi compositionnel des étudiants. Les dix pièces réalisées dans le cadre du Cursus seront présentées le 15 juin 2002 en clôture du festival Agora. Chacune des pièces écrites pour ce concert fait l objet d une documentation technique et musicale sous la forme d un Cahier d exploitation qui en constitue la trace indispensable pour une exécution future. Ce cahier permet en outre d intégrer chacune de ces pièces à l ensemble du répertoire Ircam. Les cahiers d exploitation sont validés par les assistants musicaux ainsi que par Marc Battier, responsable de la documentation à l Ircam. Leur rédaction par l étudiant fait partie du projet pédagogique. Les étudiants Dix compositeurs ont été retenus par le jury du Comité de lecture qui s est réuni en février 2000.
230 BILAN 2001 : Missions éducatives Christophe Bertrand (France), Frédéric Kahn (France), Seungyon- Seny Lee (Corée), Paola Livorsi (Italie), Kumiko Omura (Japon), Oliver Schneller (Allemagne), Stephanie Schweiger (Allemagne), Rogelio Sosa (Mexique), Georgia Spiropoulos (Grèce) Johan Tallgren (Finlande). L équipe L enseignement de l informatique musicale et l encadrement de la réalisation des projets artistiques sont assurés par les assistants musicaux du département Pédagogie : Jean Lochard, Mikhail Malt et Benjamin Thigpen. Chaque assistant est plus particulièrement chargé d un domaine : Jean Lochard : analyse, synthèse et traitement du son. Mikhail Malt : écriture musicale assistée par ordinateur ; Benjamin Thigpen : interaction temps réel et spatialisation ; Autres intervenants : François Eckert : techniques et esthétique musicale de la prise de son ; Marc Battier (Ircam) : perspectives sur le répertoire Ircam ; documentation des œuvres ; Emmanuel Fléty (Ircam) : capteurs et interfaces pour la captation du jeu instrumental ; Mauro Lanza : synthèse du son par modélisation physique et assistant pour les travaux pratiques. Environnement de travail La Pédagogie met à disposition des compositeurs trois studios avec écoute quadraphonique ainsi qu un plus petit équipé d une écoute stéréophonique de proximité. Chaque lieu est équipé de deux ordinateurs Apple Macintosh PowerPC. L un sert au mixage multipistes et au séquencement Midi et audio et l autre au traitement en temps réel avec Max/MSP et jmax. Les logiciels de composition temps différé sont installés sur les deux machines. Des équipements Midi et audio (échantillonneurs, processeurs de réverbération, synthétiseurs, claviers, etc.) viennent compléter les ressources informatiques. Une salle de cours et travaux pratiques équipée de six Macintosh PowerPC avec installation audio et équipement Midi est affectée au Cursus pendant toute l année.
BILAN 2001 : Pédagogie 231 Une participation aux frais d un montant de 7 000 F est demandée à chaque compositeur. Elle comprend l adhésion au Forum Ircam, l inscription à la Médiathèque et les frais de scolarité. 2.1.2. Stage de composition et d informatique musicale Ce stage était destiné aux compositeurs sélectionnés par le Comité de lecture Ircam/EIC 2001. Il s est déroulé à l Ircam et a permis aux participants d acquérir une formation sur les outils informatiques destinés à la composition. À l issue de ce stage, les participants ont acquis suffisamment de connaissances pour pouvoir poursuivre, de façon plus personnelle et chez eux, le maniement des outils enseignés. Cours techniques Durant trois semaines, ce stage a offert un enseignement pratique intensif (105 heures) sur les logiciels de création musicale développés à l Ircam et distribués par le Forum. Quatre grands volets de l informatique musicale ont été abordés : analyse, synthèse et traitement du son avec AudioSculpt, Diphone et Modalys ; écriture musicale assistée par ordinateur avec OpenMusic ; interaction temps réel entre musicien et ordinateur avec Max/MSP (Ircam / Opcode / Cycling 74) ; spatialisation avec le Spatialisateur. Cours de composition En complément des aspects techniques, ont été proposés des cours de composition figurant au programme de l Académie d été 2001, qui se déroulaient parallèlement au stage, du mercredi 13 juin au vendredi 22 juin, notamment avec Brian Ferneyhough et Marc-André Dalbavie. Les participants au stage ont également pu assister à quatre concerts (dans le cadre du festival Agora) consacrés à leurs œuvres, le mercredi 13 et le vendredi 15 juin. L équipe L enseignement de l informatique musicale a ét dispensé par les assistants musicaux du département Pédagogie : Mikhail Malt, Benjamin Thigpen ainsi que par Mauro Lanza et Manuel Poletti Mikhail Malt : Ecriture musicale assistée par ordinateur ; Benjamin Thigpen et Manuel Poletti : Interaction temps réel et spatialisation ; Benjamin Thigpen et Mauro Lanza : Analyse, synthèse et traitement du son.
232 BILAN 2001 : Missions éducatives Autres intervenants Ircam : Karim Haddad, Mauro Lanza et Manuel Poletti étaient également, chargés de travaux pratiques. Stagiaires Douze participants ont été sélectionnés par le jury du Comité de lecture qui s est réuni à la mi-janvier 2001 : Javier Arciniegas (Colombie), Joanna Bailie (Royaume-Uni), Linda Bouchard (Canada), Nathan-Erik Breitling (Etats-Unis), Claudio Gabriele (Italie), Wim Henderickx (Belgique), Lara Morciano (Italie), Akiko Murakami (Japon), Damien Ricketson (Australie), Marie Samuelsson (Suède), Kotoka Suzuki (Japon), Helena Tulve (Estonie) ; Andrea Vegari (Italie) a également participé au stage, dans le cadre de sa commande d œuvre obtenue auprès du comité de lecture 2001. Environnement de travail Une salle de cours et travaux pratiques équipée de six Macintosh PowerPC avec installation audio et équipement Midi a permis aux stagiaires de manipuler les outils enseignés par binômes. Ces machines étaient en accès libre sans interruption. Une participation aux frais d un montant de 4 000 F a été demandée à chaque compositeur. 2.1.3. Académie d été Du mercredi 13 au vendredi 22 juin 2001 Cette neuvième édition de l Académie d été de l Ircam, désormais intégrée au festival Agora, a proposé aux 84 participants (compositeurs, interprètes, musicologues ) un programme intensif consacré aux avancées récentes des technologies en rapport avec la création musicale et chorégraphique. Chaque matin, des cours de composition ont été donnés par Brian Ferneyhough et Marc-André Dalbavie, qui ont mis en évidence l apport de l informatique à leur écriture musicale. Ces compositeurs ont reçu individuellement certains participants de l Académie souhaitant leur présenter leur travail. Des conférences scientifiques, données par des chercheurs de l Ircam, ont permis de découvrir les aspects fondamentaux de la recherche musicale et ses applications dans la création.
BILAN 2001 : Pédagogie 233 Chaque après-midi, des ateliers de technologies ont offert aux participants des démonstrations pratiques des différents logiciels conçus pour l aide à la composition, l analyse et la synthèse sonore, l interaction temps réel et la spatialisation. Un cycle spécifique a été consacré aux utilisations de ces systèmes dans le cadre d une interaction entre musique et danse. En fin d après-midi, les participants de l Académie ont rencontré les artistes présentés au festival Agora lors de conférences. Ils ont également assisté aux concerts et spectacles du festival Agora. En parallèle, ils ont pu suivre des ateliers, en groupe restreint, autour des logiciels développés à l Ircam, avec les assistants du département pédagogique. 2.2. Formation universitaire en troisième cycle : formation doctorale «Acoustique, traitement du signal et informatique appliqués à la musique» (Atiam) Créé à la rentrée universitaire 1993-1994 et réhabilité pour quatre ans en 2000, le DEA en Acoustique, traitement de signal et informatique appliqués à la musique est le fruit d une collaboration avec l Université de Paris VI (Lam), l Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II), l Université Joseph Fourier de Grenoble, l Université du Maine, l École nationale supérieure des Télécommunications Paris et l Ircam. Le DEA Atiam, interdisciplinaire par nature, s appuie sur des équipes d accueil réparties sur le territoires national, notamment : l Acroe à Grenoble, le département de Traitement du signal et des images (TSI) de l ENST, l Ircam, le Laboratoire d acoustique musicale (Lam), le laboratoire d informatique de Paris VI (LIP VI) et le Laboratoire de mécanique et d acoustique (Lma) du CNRS à Marseille. Les quatre disciplines dont la réunion fait l originalité et l intérêt de la formation doctorale (acoustique, traitement du signal, informatique, musique) ont motivé le rattachement à différentes écoles doctorales liées à chaque établissement d habilitation : «Sciences mécaniques, acoustique, électronique» (SMAE) et «École Doctorale d Informatique, télécommunications et électronique» (EDITE) pour Paris VI et l ENST, «Mécanique, physique et modélisation» pour Aix- Marseille II et «Mathématiques et informatique» pour Grenoble. Cette
234 BILAN 2001 : Missions éducatives formation est sanctionnée par un diplôme délivré conjointement par l Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II), l Université de Paris VI et l Université Joseph Fourier de Grenoble. Michèle Castellengo, directeur du Laboratoire d acoustique musicale CNRS de Paris VI, est responsable de la formation doctorale ; Olivier Warusfel, responsable de recherche à l Ircam, en a assuré la coordination jusqu en juin 2001, Gérard Assayag, responsable de recherche à l Ircam lui a succédé à partir de juillet 2001. En dépit de difficultés de financement, la formation doctorale Atiam connaît toujours un très vif succès, en raison de son originalité et de la haute qualité de ses enseignements. Parmi les 140 candidats qui ont postulé pour l année 2001-2002 à cette formation, 15 étudiants ont été retenus. Ils proviennent de grandes écoles (Polytechnique, Centrale), d écoles d ingénieurs et de l Université ; deux auditeurs libres ont été autorisés à se joindre à eux. Six thèses ont été soutenues en 2001. Objectif Le DEA Atiam a pour but de délivrer les bases scientifiques et la culture musicale nécessaires pour aborder le domaine de la recherche scientifique et technique lié à la création et à la pratique musicale contemporaines. Les principales disciplines enseignées sont l acoustique, l informatique et le traitement du signal, à la fois d un point de vue général et également sous l angle particulier du musical, englobant ces disciplines : acoustique instrumentale et architecturale, psychoacoustique, informatique temps réel, composition assistée par ordinateur, analyse/synthèse et traitement du son. Organisation et orientation 2001-2002 Une telle formation doit, par nature, être réalisée en collaboration avec les différentes structures pédagogiques et de recherche qui, sur le plan national ou européen, ont la maîtrise des connaissances et des expériences nécessaires. Outre l Ircam, qui assure l organisation et la coordination des enseignements, de l encadrement et d une partie des travaux de stage, plusieurs structures universitaires sont associées. En les énonçant par discipline, les différents modes de collaboration sont :
BILAN 2001 : Pédagogie 235 acoustique : acoustique physique, mécanique des vibrations, acoustique instrumentale, acoustique des salles, psychoacoustique et sciences cognitives. En collaboration avec l Université de Paris VI, l Université du Maine et le CNRS ; traitement du signal : codage, filtrage, représentation tempsfréquence, synthèse et traitement des sons. En collaboration avec l ENST Paris et le CNRS de Marseille ; informatique : algorithmes, programmation, informatique symbolique, informatique temps réel, représentations des structures musicales, composition assistée par ordinateur. En collaboration avec l Université de Paris VI ; culture et applications musicales : musiques du XX e siècle, applications des techniques d analyse, traitement et synthèse des sons, applications de l analyse et de la composition musicales assistées par ordinateur. Projet pédagogique Les cours théoriques ont été assurés à Paris de septembre 2001 jusqu à fin février 2002. Les stages de DEA auront ont eu lieu de mars à juillet 2001. Les stages et les thèses sont effectués pour la plupart dans l une des institutions qui participent au DEA, mais ils peuvent aussi se dérouler dans d autres laboratoires. Les enseignements théoriques et l initiation aux techniques de recherche en acoustique, traitement du signal et informatique représentent un total de 195 heures. Chaque discipline enseignée fait l objet d un contrôle. Pour chacune des disciplines, l enseignement est réparti en quatre modules : l enseignement de mise à niveau, l enseignement fondamental ou théorique, l enseignement spécifique ou appliqué et l enseignement approfondi ou initiation à la recherche, ce dernier étant sous forme d options. De plus, les modules de connaissances spécifiques comprennent des cours d applications musicales. Voici la répartition des modules : les modules de mise à niveau (24 heures) sont conçus pour compenser les différences de formation initiale entre les étudiants ;
236 BILAN 2001 : Missions éducatives les modules de connaissances fondamentales (72 heures) regroupent les notions théoriques et essentielles de la discipline concernée, y compris des notions souvent considérées comme secondaires, mais qui se révèlent indispensables pour les applications musicales ; les modules de connaissances spécifiques (96 heures) constituent la partie la plus originale par rapport aux enseignements d autres DEA. Les cours scientifiques regroupent des notions qui relèvent des applications musicales. Les cours d applications musicales (36 heures) complètent le cas échéant les concepts présentés dans les cours scientifiques et ont surtout pour objet de montrer comment ils peuvent être utilisés dans un contexte musical. Des compositeurs seront sollicités pour venir présenter eux-mêmes leurs œuvres ; les modules de connaissances approfondies (36 heures minimum) sont des modules de type optionnel qui constituent une véritable initiation à la recherche ; Les enseignements pratiques ont lieu en moyenne à raison d une séance toutes les deux semaines. De plus, les étudiants ont accès à des stations de travail, ce qui leur permet d acquérir une expérience personnelle et pratique dans les disciplines enseignées. Équipe doctorale Michèle Castellengo (responsable, Université de Paris VI-Lam), Michel Bruneau (Université du Maine), Claude Cadoz (Acroe- Ensimag), Denis Matignon (ENST Paris), Emmanuel Saint-James (Université de Paris VI), Jean Kergomard (CNRS, Marseille) Olivier Warusfel (Ircam) et Gérard Assayag (Ircam). Les enseignants Certains membres de l équipe doctorale enseignent dans la formation : Michel Bruneau, Michèle Castellengo, Denis Matignon, Emmanuel Saint-James, Olivier Warusfel et Gérard Assayag. Les autres professeurs appartiennent au CNRS (Michèle Castellengo, Daniel Pressnitzer et Benoît Fabre) ou viennent de l ENST-Paris (Olivier Cappé).
BILAN 2001 : Pédagogie 237 L Université de Paris VI participe également à la formation en octroyant des heures d enseignement de Emmanuel Saint-James et de Benoît Fabre. Claude Depollier, de l Université du Maine, assure des cours de mathématiques et Jean-Loup Florens, de l Acroe, ceux d informatique temps réel. Les étudiants 16 des 17 étudiants inscrits en DEA en 2000-2001 ont obtenu le diplôme. Pour la rentrée 2001, quinze étudiants et deux auditeurs libres ont été retenus. Deux étudiants viennent de grandes écoles (Polytechnique, École centrale), trois étudiants viennent d écoles d ingénieurs et dix sont titulaires d une maîtrise avec mention en physique, électronique, mathématique et informatique. Les étudiants en thèse Six étudiant ont soutenu leur thèse en 2001. Vingt trois étudiants sont inscrits en thèse dans la formation doctorale Atiam et quatre d entre eux vont prochainement soutenir leur thèse. Trois étudiants issus de la promotion 2000-2001 ont obtenu une aide financière et commencent une thèse. 2.3. Stages spécialisés 2.3.1. La générativité en musique et dans les autres arts Durant ce stage, le concept de générativité a été abordé sous différents angles : scientifique, technique et artistique. La première partie du stage a permis de donner un ensemble de bases théoriques et un enseignement pratique sur une sélection de logiciels conçus pour la programmation de processus de composition musicale, OpenMusic et Max, et pouvant être utilisés dans d autres contextes. La deuxième partie a présenté un panorama d illustrations artistiques, à travers les interventions d invités tels que Jean-François Colonna, chercheur à l École Polytechnique, Jacques Jouet, poète et romancier, membre de l Oulipo, et François Sarhan, compositeur. Les frais inscription pour chaque participant s élevaient à 4000 F (individuel) et à 9000 F (organisme).
238 BILAN 2001 : Missions éducatives Intervenants Ircam : Roland Cahen, Mikhail Malt, Benoît Meudic. Artistes et chercheurs invités : Tom Johnson, compositeur, composition algorithmique ; Jacopo Baboni Schilingi, compositeur, composition par modèles interactifs ; musique et poésie générative ; François Sarhan, compositeur, musique et poésie à contraintes ; Jacques Jouet, poète et romancier, membre de l Oulipo, littérature et contraintes ; Jean-François Colonna, chercheur, Centre de mathématique appliquée, École Polytechnique, France Telecom - R&D, simulation numérique et synthèse d image. Du lundi 12 au samedi 17 février 2001. 2.3.2. Musiques actuelles Outils pour la générativité et l interactivité temps réel Durant ce stage, des démonstrations et des travaux pratiques se sont succédés sur les thèmes suivants : génération sonore en temps réel ; interaction gestuelle avec des moteurs génératifs ; relation entre génération sonore et traitement de l image, ceci à travers différents logiciels qui ont été explorés : Max/MSP (Ircam/Opcode/Cycling 74) et Nato pour le son et la vidéo. Les frais d inscription pour chaque participant s élevaient à 3 000 F (individuel) et à 4 900 F (organisme). Intervenants Ircam : Jean Lochard, Cyrille Brissot. Invités : André Katori, producteur, AudioRom LTD ; Jean-Jacques Birgé, artiste multimédia. Du mardi 10 au vendredi 13 avril 2001 2.3.3. Design sonore L équipe Design sonore de l Ircam est spécialisée dans les applications de la recherche musicale à la maîtrise de l environnement sonore : conception et réalisation sonore de lieux publics ou privés, prise en compte de la dimension sonore dans la conception de produits industriels Un stage de deux jours a réuni 7 participants les 31 mars et 1er avril 2001. Il a traité à la fois des aspects fonctionnels et esthétiques du design sonore à partir d analyse de projets et a proposé une initiation à l acoustique appliquée à l architecture, les arts plastiques, le paysage. L objectif était d aider les participants à définir les paramètres sonores d un projet et à les intégrer dans le processus de réalisation.
BILAN 2001 : Pédagogie 239 2.4. Formations à la demande Les services ou organismes de formation continue et professionnelle à la recherche de compétences correspondant à des besoins particuliers ou à de nouvelles ouvertures culturelles, dans le domaine de la musique contemporaine, des sciences et des technologies musicales, pourront bénéficier de programmes adaptés, préparés en amont avec l équipe de la Pédagogie. Autour d une proposition de base consacrée à une initiation à l écoute des musiques du XX e siècle («2.4.1. Initiation à l écoute des musiques du XXe siècle», page 239), de nombreuses variantes pourront être expérimentées, certaines s orientant vers la pratique de l informatique musicale, d autres vers des aspects plus théoriques et de culture générale. 2.4.1. Initiation à l écoute des musiques du XX e siècle D une durée modulable, ce stage pour tout public est l occasion de vivre en accéléré l aventure des musiques au XX e siècle. De nombreuses écoutes d œuvres clés, commentées par un musicologue spécialiste de l époque contemporaine, aident à dégager des repères historiques et esthétiques. Des supports visuels multimédias ainsi qu un accès par réseau informatique à la Médiathèque de l Ircam viennent étayer l itinéraire pédagogique. Un groupe est composé au maximum de vingt personnes. Intervenant : François Sarhan. 2.5. Ateliers adultes Création musicale avec les logiciels de l Ircam Ces ateliers proposent une pédagogie par la pratique des logiciels de création musicale développés à l Ircam, avec des spécialistes possédant une solide expérience de l enseignement et de l assistance aux compositeurs. Ils sont destinés à toute personne ayant déjà une première expérience de la musique avec informatique. Les différents aspects de la composition avec ordinateur sont abordés : synthèse et traitement du son, écriture musicale assistée par ordinateur, interaction temps réel, spatialisation. Un atelier généraliste, reprenant l ensemble de ces outils au sein d une même composition, conclut ce programme.
240 BILAN 2001 : Missions éducatives Tous les logiciels étudiés sont développés à l Ircam et distribués par le Forum, à l exception de Max/MSP. Traitement du son : AudioSculpt 1, introduction Visualiser et modifier l intérieur du son : c est ce que propose le logiciel AudioSculpt grâce à une interface graphique intuitive et riche de manipulations. On apprendra à éditer le sonagramme, transposer, dilater, croiser les sons, etc. Intervenant : Karim Haddad. Samedi 17 et dimanche 18 novembre 2001. Traitement du son : AudioSculpt 2, niveau avancé L ensemble des fonctionnalités avancées d AudioSculpt est présenté dans toutes ses particularités. Les modules d analyse tels que transformation de Fourier, effets de masquage, prédiction linéaire, analyse des formants, sont expliqués ainsi que la segmentation temporelle et l exportation de données vers d autres logiciels. Intervenant : Hans Tutschku. Samedi 6 et dimanche 7 janvier 2001. Synthèse du son : Modalys 1, introduction Comment construire un instrument de musique virtuel? En assemblant les éléments de base d instruments acoustiques traditionnels corde, tuyau, plectre, marteau et en reproduisant ou détournant leurs mécanismes habituels. Intervenant : Jean Lochard. Samedi 1er et dimanche 2 décembre 2001. Synthèse du son : Modalys 2, applications musicales Le logiciel Modalys, conçu pour la synthèse sonore par modèles physiques, ouvre au profit du compositeur d infinies possibilités. Il produit des matériaux sonores inédits et fournit de nombreuses fonctions pour les modeler dans le temps. Cet atelier est consacré à la présentation d un choix d exemples musicaux qui sont expliqués et pratiqués par tous. Intervenant : Mauro Lanza. Samedi 27 et dimanche 28 janvier 2001.
BILAN 2001 : Pédagogie 241 Traitement du son : Diphone 1, introduction Ce logiciel, principalement destiné au morphing sonore, offre les moyens de construire une phrase musicale à partir d éléments sonores isolés. Ces éléments sont soit des échantillons, soit des paramètres représentant le son, comme par exemple les fréquences et les amplitudes des partiels. L introduction à Diphone rappelle les mécanismes de base du logiciel et s attache aux aspects de l analyse et de la synthèse additive avec le programme AddAn. Intervenant : Jean Lochard Samedi 24 et dimanche 25 novembre 2001. Écriture assistée par ordinateur : OpenMusic 1, introduction OpenMusic est un environnement de programmation graphique destiné à accompagner le compositeur dans la phase d esquisse. Les premiers pas dans OpenMusic consistent à repérer les mécanismes de l interface graphique et à les expérimenter à travers quelques objets musicaux simples. Cette introduction concerne les fonctionnalités de base, le calcul et la représentation de structures musicales simples (séquences mélodiques, accords, séquences d accords ). Intervenant : Mikhail Malt. Samedi 17 et dimanche 18 novembre 2001. Écriture assistée par ordinateur : OpenMusic 2, applications Il s agit pour le musicien d approfondir et personnaliser l emploi de OpenMusic : apprendre à traduire sa pensée musicale en termes informatiques, en s aidant notamment des divers éditeurs intégrés au logiciel. Dans cet objectif sont décrits : les mécanismes d itération et de récursion, les éditeurs de notation musicale, les possibilités d échange de données (texte et Midi) entre OpenMusic et AudioSculpt, le concept d objet et, enfin, une introduction à quelques bibliothèques (OMEsquisse, OMProfile et OMRepmus). Intervenant : Mikhail Malt. Samedi 13 et dimanche 14 janvier 2001.
242 BILAN 2001 : Missions éducatives Écriture assistée par ordinateur : OpenMusic 3, applications avancées Pour les utilisateurs avancés désirant s orienter vers une programmation pointue, ce troisième atelier étend le maniement de OpenMusic aux fonctions génériques, au développement et à la définition de méthodes, à la création de libraires et à l utilisation des classes et de la maquette. Intervenant : Mikhail Malt. Samedi 10 et dimanche 11 mars 2001. Interaction temps réel : Max/Midi, introduction Le début de la séance est réservé à la norme Midi, dont l accès est facilité par la manipulation directe dans Max. Après une révision des principes de programmation dans Max, sont construits avec les enseignants quelques «patches» mettant en œuvre des interactions simples. Intervenant : Jean Lochard. Samedi 24 et 25 novembre 2001. Interaction temps réel : Max/MSP 1, introduction Max (Ircam/Opcode) et sa bibliothèque audio MSP (Cycling 74) sont conçus pour des situations interactives entre musicien et ordinateur. Cet atelier étudie les principaux modules de Max/MSP, parmi lesquels les méthodes de synthèse du son, les mécanismes de l échantillonnage et les traitements élémentaires tels que transposition, delay, filtrage. Intervenant : Benjamin Thigpen. Samedi 8 et dimanche 9 décembre 2001. Interaction temps réel : Max/MSP 2, applications avancées Trois thématiques sont explorées : la synthèse granulaire, l analyse du spectre par transformée de Fourier et le suivi de l interprète grâce à la détection de la hauteur, de l amplitude et du spectre. Intervenant : Benjamin Thigpen. Samedi 3 et dimanche 4 mars 2001. Interaction temps réel : interfaces gestuelles pour la génération sonore Cet atelier transmet les bases théoriques et techniques nécessaires pour accéder au domaine de la captation du jeu instrumental. Après un aperçu scientifique général de la recherche sur le geste instrumental,
BILAN 2001 : Pédagogie 243 suivent un exposé sur la technologie des capteurs les plus courants et la conversion analogique/midi, et des démonstrations de situations interactives intégrant différents dispositifs d acquisition gestuelle. Intervenants : Emmanuel Fléty, Benjamin Thigpen, Marcelo Wanderley, Benjamin Carat. Samedi 24 et dimanche 25 mars 2001. Spatialisation Une initiation à l interface de commande du Spatialisateur de l Ircam (version Max/MSP sur Macintosh) est prolongée par des exercices pratiques permettant de synthétiser une acoustique, orienter le son dans l espace, fabriquer des trajectoires Intervenant : Benjamin Thigpen. Samedi 28 et dimanche 29 avril 2001. Interaction entre logiciels Ce dernier atelier traite de l interaction entre logiciels, dans la perspective d un travail de composition en studio. Deux exemples de réalisations concrètes sont expliqués de façon à accompagner les participants dans un parcours pratique. Le premier exemple associe, pour la génération du plan formel et harmonique, OpenMusic à une large palette d outils réservée à la synthèse et au traitement du son, la préparation de la bande de repérage temporel (clic-track) et le mixage. Le deuxième exemple concerne une utilisation originale de Modalys : le filtrage d échantillons sonores. Dans Modalys, les objets filtrants sont produits en important les résultats d une analyse spectrale. Le recours à un objet hybride permet de générer une variation continue du filtrage. Intervenant : Mikhail Malt Dimanche 1er avril 2001. Le tarif d un atelier se déroulant sur les deux jours du week-end était de 1 400 F pour un individu et de 2 900 F pour un organisme ; une réduction de 50% a été accordée aux adhérents du Forum.
244 BILAN 2001 : Missions éducatives 2.6. Ateliers scolaires Les ateliers scolaires de l Ircam accueillent les classes de lycées et collèges (jeunes de 10 à 17 ans) et offre un éventail d activités pédagogiques avec l ordinateur, où se combinent apprentissage, jeu et création. Outre un choix de thèmes prédéfinis (voir plus loin), le programme d un atelier peut être précisé et préparé en amont avec l équipe des animateurs de l Ircam. Un disque compact contenant le résultat de la séance est disponible sur demande. Le jour, l horaire et les modalités d accueil de la classe sont à convenir avec l Ircam. Les tarifs sont de 1 600 F pour un atelier de une heure et demie, 2 000 F pour deux heures et 3 200 F pour trois heures. Une visite guidée de l Ircam est possible sur demande, et donne lieu à un supplément de 400 F. 2.6.1. Découverte Apprendre à écouter Une découverte progressive du son avec des exercices mêlant l écoute et la visualisation, des jeux d association et de classification. Une exploration guidée de l univers sonore avec des outils scientifiques et des propositions musicales. Le son à portée de main Par des moyens graphiques simples, comme le dessin à la souris ou la tablette graphique, les participants explorent, par le biais de multiples transformations, la matière sonore et ses propriétés. Une découverte méthodique et créative de nouvelles formes sonores par l écoute et la manipulation. Fabriquer un instrument de musique virtuel En s appuyant sur des modèles simulant les instruments traditionnels, il est possible d imaginer avec l ordinateur des instruments virtuels. Après une initiation aux mécanismes élémentaires des instruments traditionnels, les participants inventent des instruments de leurs choix avec un logiciel permettant l assemblage et l ajustage de leurs constituants.
BILAN 2001 : Pédagogie 245 2.6.2. Création Histoires de sons Une petite histoire est racontée puis recomposée sous forme sonore avec l ordinateur. Les participants disposent d une palette de sons et d outils pour les assembler et les transformer. Le son de l image et l image du son Une séquence vidéo, composée d objets graphiques animés et dotés de qualités diverses (couleur, forme, densité, vitesse ), est proposée aux participants. Ils doivent chercher les sons qui traduisent (ou contredisent) les caractéristiques visuelles de ces objets, et ajuster leurs durées, hauteurs et timbres. La démarche inverse consiste à réaliser des dessins et des images qui épousent les qualités sonores d une séquence musicale. Création collective L atelier débute par une première phase de préparation où des cellules de deux à trois élèves élaborent des matériaux sonores (sons, éléments rythmiques et mélodiques ) et effectuent une série d exercice pour s entraîner à travailler ensemble. Le groupe passe ensuite à une réalisation collective. Un style de musique particulier pourra être choisi. Intervenants : Emmanuel Jourdan, Jean Lochard. 2.6.3. Ateliers interdisciplinaires Musique et poésie Une démarche originale d analyse et de création avec l ordinateur, autour d un ou de deux poèmes célèbres mis en musique, amène à mieux comprendre les relations qui peuvent unir la poésie et la musique. En se basant sur certains éléments du texte la disposition des rimes, la longueur des vers et leurs caractéristiques rythmiques, et en mettant en évidence quelques principes du passage à la version chantée, les participants réalisent eux-mêmes différents accompagnements du poème chanté. Intervenants : François Sarhan, Jean Lochard.
246 BILAN 2001 : Autres missions pédagogiques Musique et mathématique Les concepts mathématiques sont abordés sur l ordinateur grâce à des applications graphiques interactives opérant une transposition au domaine musical. Les participants manipulent directement les objets mathématiques tout en jouant sur leurs propriétés sonores. Cette démarche, fondée sur l expérimentation et l audition, ouvre de nouvelles voies pour saisir des éléments abstraits. Elle est renforcée par des références à des œuvres de musique contemporaine illustrant des relations particulières entre mathématiques et composition. Deux thèmes sont proposés : la théorie des probabilités et la suite numérique. Quatorze ateliers ont été organisés pendant l année 2001. Intervenants : Stéphane Schaub, Emmanuel Jourdan. 3. Autres missions pédagogiques 3.1. Pédagogie en ligne, cédéroms et bornes interactives La Pédagogie a suivi deux orientations principales : profiter de l Internet pour faire connaître les activités se déroulant à l Ircam (ateliers, conférences...) («3.1.1. Internet», page 246) ; collaborer avec d autres institutions pédagogiques («3.1.2. Collaboration avec le ministère de l Éducation nationale», page 247) et soutenir la diffusion du répertoire des œuvres Ircam au travers de la Médiathèque (section «3.1.3. Projet européen MusicWeb», page 248). 3.1.1. Internet Grâce au langage Java et ses extensions, nous prévoyons la réalisation d un ensemble d applications informatiques interactives choisies pour leur caractère représentatif et qui seront visibles sur le site Internet de l Ircam. En 2001 nous avons commencé par de petits exercices illustrant les ateliers «Musique/acoustique» et «Musique/ texte». Coordination : Marie-Hélène Serra. Conception et réalisation : Mikhail Malt, Benoît Meudic, Antoine Salliot, François Sarhan.
BILAN 2001 : Pédagogie 247 3.1.2. Collaboration avec le ministère de l Éducation nationale Un groupe de travail réunissant des professeurs d éducation musicale de l Éducation nationale et des spécialistes d informatique musicale de l Ircam a été mis en place dès 1999 pour mener une réflexion sur le développement d applications didactiques pour les jeunes des collèges et lycées. Celle-ci a abouti à la rédaction d un cahier des charges pour la réalisation d un ensemble de «petits logiciels» interactifs, téléchargeables par réseau, et remplissant une fonction pédagogique spécifique. Ce projet s est vu attribué une aide financière, dans le cadre du dispositif de soutien au développement des ressources multimédias et audiovisuelles émanant de la Sous-direction des technologies éducatives du ministère de l Éducation nationale. La mise en œuvre du projet a débuté en octobre 2000. Début 2002, seront livrés six logiciels («hauteurs et intensités», «polycycles», «structures rythmiques», «Echelles et modes», «Nuages» et «Montage») permettant l étude, la manipulation, l expérimentation d une ou plusieurs dimensions du langage musical. Elaborés dans le cadre du dispositif de soutien aux ressources multimédias piloté par la Direction de la technologie du ministère de l Éducation nationale, elles seront mises en ligne officiellement sur site du ministère. Fruit d une collaboration entre les équipes de l Ircam et un groupe de professeurs de l Éducation nationale, ces logiciels permettront aux enseignants aussi bien au niveau du collège que du lycée de faire découvrir d une façon interactive les bases de la musique à travers un support que permettent à la fois l expérimentation et la création. Coordinateur Ircam : Marie-Hélène Serra, Andrew Gerzso. Coordinateur Éducation nationale : Jean-Luc Idray, Vincent Maestracci. Professeurs : Pascale Hertu, David Jannequin, Daniel Marfaing, Martine Muensoz, Patrick Sirop. Intervenants Ircam : Benjamin Thigpen, Roland Cahen (coordinateur du développement). Developpement Max/MSP sur Macintosh : Thierry Fournier, Emmanuel Jourdan. Développement jmax sur Windows : François Dechelle, Peter Hanappe, Norbert Schnell. Développement Director : Denis Chiron, Sylvie Tissot. Graphisme : Françoise Courbis, Christian Rondet.
248 BILAN 2001 : Autres missions pédagogiques 3.1.3. Projet européen MusicWeb Ce projet a réuni cinq partenaires européens : le conservatoire royal de La Haye (Pays-Bas), l Université de Glasgow (Royaume-Uni), l École de musique et de théâtre de Hannovre (Allemagne), l Ircam (France), l IICM (Institute for Information Processing and Computer Supported New Media) de Graz (Autriche), et l Université technique de Darmstadt (Allemagne). Il a consisté à développer un environnement d enseignement structuré pour diverses catégories d étudiants en musique, en profitant des ressources du multimédia et des réseaux. Le rôle de l Ircam a été de fournir des contenus pédagogiques sur la musique contemporaine. Un cédérom réalisé en 1999 sur les œuvres vocales créées à l Ircam a été repris et adapté à ce contexte. Intervenants Ircam : Coordination : Marie-Hélène Serra. Développement multimédia : Guillaume Dimanche. Musicologues : Marc Battier, Alain Bonardi. Gestion des droits : Nicolas Menut. 3.1.4. Analyses hypermédias Témoignant de la volonté de rendre accessibles au plus grand nombre des informations sur les œuvres réalisées à l Ircam, le projet Analyses hypermédias désire, soit à travers la médiathèque, soit à travers d autres supports multimédias, répondre aux besoins d étudiants et enseignants du collège jusqu à l Université et au niveau professionnel en proposant les clefs de la compréhension de la musique de notre temps en général et de la création de l Ircam en particulier. Fin 2001, les analyses correspondant aux oeuvres suivantes ont été livrées en première version : Esprit des dunes de Tristan Murail Les Chants de l amour de Gérard Grisey Advaya de Jonathan Harvey Mortuos plango, vivos voco de Jonathan Harvey En écho de Philippe Manoury Métallics de Yan Maresz NoaNoa de Kaija Saariaho Perspectivae Syntagma I de Brice Pauset. Direction : Marie-Hélène Serra. Responsable informatique : Michel Fingerhut.
BILAN 2001 : Pédagogie 249 Musicologue responsable de la documentation : Marc Battier. Technicien hypermédia : Vincent Gourson. Musicologues : Alain Bioteau, Alain Bonardi (coordination), Bruno Bossis, Pierre Couprie, Giordano Ferrari, Philippe Lalitte, François Sarhan. 3.1.5. Partenariats Un atelier instrumental en collaboration avec la classe de flûte du Conservatoire national supérieur de Paris dirigée par Sophie Cherrier a été mis en place en novembre et décembre 2001 et s est conclu par un concert au Conservatoire. Des pièces mixtes pour flûte et électronique temps réel ont été étudiées : Jupiter de Philippe Manoury, Donacis Ambra de Ivan Fedele et Dialog/No Dialog de Pierre Jodlowski.
250 BILAN 2001 : Autres missions pédagogiques MÉDIATHÈQUE Directeur : Michel Fingerhut 1. Publics On note en 2001 une nette progression de la fréquentation de la Médiathèque en chiffres absolus (jusqu à quelque 30 lecteurs «installés» par jour, sans parler des passages non comptabilisés pour de brefs recours aux documentalistes et pour l emprunt et le retour de documents), et qui dépasse les périodes où la Médiathèque était ouverte 40 heures par semaine (en 2001, 20 heures par semaine) 800 700 600 Inscriptions quotidiennes: 20F 1998 2001 500 1997 2000 400 1999 300 Inscriptions annuelles: 150F, 200F, 300F 200 1996 1996 1997 1998 2000 2001 100 1999 0 Une étude ne étude des usages a été menée fin 2001, qui indique tout d abord la satisfaction générale des utilisateurs et une demande d ouverture accrue. L utilisation des fonds se répartit comme suit par type de document :
BILAN 2001 : MÉDIATHÈQUE 251 100.00 90.00 80.00 70.00 60.00 50.00 40.00 Ircam Non ircam 30.00 20.00 10.00 0.00 Livres Partitions Dossiers Revues de presse Revues Enregistrem. Comme le montre ce graphique, le personnel de l Ircam a recours à plus de livres, partitions, périodiques et mémoires que les visiteurs externes à l Ircam. Ceci peut s expliquer d une part par la possibilité qu il a d en emprunter et de les consulter aussi ailleurs mais le nombre en étant limité, il faut aussi en voir l explication probablement dans le fait qu il est composé entièrement de chercheurs et d étudiants. La répartition des domaines concernés, pour le public Ircam, est la suivante : 70,00 Grove Internet Mémoires Vidéos 60,00 50,00 40,00 30,00 Livres Revues 20,00 10,00 0,00 Musical/art Scientifique Divers Lecteurs Ircam : domaines concernés en moyenne (%) par visite
252 BILAN 2001 : Fonds Les modes d accès aux documents (graphique ci-dessous) reflètent une utilisation non exclusive du catalogue (en ligne) : celle-ci est souvent combinée à une recherche directe sur les rayonnages et par une consultation des documentalistes de service à l accueil. 90,00 80,00 70,00 60,00 50,00 40,00 30,00 20,00 10,00 0,00 Rayonnage Catalol. Info Personnel Modes de recherche des documents Pas de réponse Ircam Non Ircam 2. Fonds Près de 2500 notices ont été modifiées ou créées en 2001, selon la répartition suivante : Nouvelles ou modifiées en 2001 Monographies 652 495 Mémoires et thèses 64 27 Actes de congrès 2 1 Partitions 797 662 Périodiques 696 1006 Documents sonores 249 175 Vidéos 15 0 Dossiers documentaires 2 Cédéroms 1 Total 2478 2366 Nouvelles ou modifiées en 2000
BILAN 2001 : MÉDIATHÈQUE 253 En terme de charge de travail, c est un accroissement plus important qu il n y paraît ; en effet, la Médiathèque n ayant pas été ouverte au public au début de 2000, les documentalistes étaient plus disponibles alors pour ce travail qu en 2001. L acquisition d une carte de numérisation vidéo (dont les coûts sont devenus abordables) a permis la numérisation et mise en ligne de 70 films du fonds. À terme, toutes les vidéos seront traitées ainsi. 3. Technologies La Médiathèque a entamé la réécriture du logiciel de consultation des fonds multimédia (audio, vidéo) réalisé à l origine par la société Archimed. Cette activité a pour buts principaux : la fin de la dépendance sur cet éditeur de logiciels qui ne parvenait pas à le finaliser et le mettre à jour ; l utilisation de nouveaux formats (plus compacts, de meilleur qualité) de multimédia en réseau : ceci a permis notamment de reprendre les quelques vidéos numérisées à l ouverture de la
254 BILAN 2001 : Collaborations extérieures Médiathèque, d y rajouter la majeure partie des acquisitions plus récentes, de renumériser le tout par nos propres moyens dans un format performant, et de les rendre disponibles en ligne ; le rajout de fonctionnalités (notamment : la consultation de la pochette numérisée des disques, lorsqu elle est disponible). L image cidessus montre la partie visible de ces nouvelles fonctionnalités. La mainmise sur ce logiciel permettra d y intégrer des fonctionnalités futures (telles la normalisation des métadonnées, la recherche dans les contenus numérisés audio, vidéo, textuels voire leur annotation). Conjointement, un redéveloppement de la base de données multimédia (référençant les contenus audio et vidéos) a été entreprise, après l arrêt définitif du serveur d origine (datant de l ouverture de la Médiathèque) sur laquelle cette base était installée. Cette opération permet d utiliser des technologies plus récentes (PHP, MySQL), qui pourront aussi être mises en œuvre pour la recherche dans les contenus, en «collaboration» avec le logiciel de consultation (voir ci-dessus). 4. Collaborations extérieures AIBM (Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux) En 2001, Michel Fingerhut a prêté son assistance au comité d organisation de la conférence internationale de l AIBM. Bibliothèque Gustav Mahler L assistance fournie par le personnel de la Médiathèque au projet d informatisation de la Bibliothèque Gustav Mahler, en vertu de la convention passée entre les deux institutions, s est poursuivie en 2001. Elle concerne principalement les aspects de support et de conseil techniques.
BILAN 2001 : MÉDIATHÈQUE 255 Ever Dans le cadre d une convention établie entre l Ircam et Ever, Michel Fingerhut a poursuivi la mission de test des logiciels de l éditeur débutée en 2000. Celle-ci concerne, en premier lieu, l implémentation du protocole Z39.50. OSTC (Services fédéraux belges des affaires scientifiques, techniques et culturelles) Les Services fédéraux des affaires scientifiques, techniques et culturelles belges font administrativement partie des Services du Premier Ministre et relèvent de l autorité du ministre fédéral qui a la politique scientifique dans ses attributions. Ils ont sollicité la participation de Michel Fingerhut pour expertiser des projets présentés dans le cadre de leur appel d offre pour le programme pluriannuel de support à la société de l information. Fondation canadienne pour l innovation La Fondation canadienne pour l innovation (FCI), organisme autonome créé par le gouvernement fédéral canadien afin de renforcer la capacité de recherche canadienne, a été dotée d un budget initial de un milliard de dollars (canadiens) pour subventionner des projets novateurs dans des établissements canadiens à but non lucratif. Pour la troisième fois, elle a sollicité la participation de Michel Fingerhut à une commission pluridisciplinaire chargée d évaluer et de fournir des recommandations sur un ensemble de plus de 300 projets d infrastructure fédérale présentés par des Universités et centres de recherches canadiens. Groupe utilisateurs Doris/Loris Cette association regroupe les utilisateurs du logiciel Loris, utilisé à la Médiathèque pour le catalogage, la consultation et le prêt de ses ouvrages. En 2000, une commission Qualité a été créée sous la présidence de Michel Fingerhut. Dans ce cadre, une base de données destinée à répertorier les problèmes du logiciel et les solutions ou palliatifs éventuels a été conçue par Michel Fingerhut et réalisée par Adrian Scharrer. Elle est disponible en ligne sur le site de la Médiathèque, et a déjà été renseignée de plus d une centaine de références par les membres du Club.
256 BILAN 2001 : Collaborations extérieures La conférence ISMIR (Music Information Retrieval) Le comité scientifique de la conférence ISMIR, fonctionnant par cooptation, a proposé à Michel Fingerhut de le rejoindre. En 2001, celle-ci s est tenue à l Université d Indiana, et Michel Fingerhut a été responsable de l établissement de son programme scientifique. Le comité a aussi accepté la candidature de l Ircam pour l accueil de la conférence en 2002, qui sera donc présidée par Michel Fingerhut. Projet européen WedelMusic WedelMusic est un nouveau projet européen IST coordonné par l Université de Florence (Département d informatique) pour la distribution et l accès aux partitions musicales au format numérique. Dans ce projet, l Ircam est chargé du développement des interfaces d analyse et du système de distribution local installé dans les bibliothèques, chez les détaillants ou les magasins de musique. Le projet a débuté en janvier 2000 et se terminera en mai 2002. Le personnel du projet est rattaché à la Médiathèque. Conférences Réunion des Experts informatiques auprès de la cour, janvier 2001, Paris : conférence invitée «Arpanet/Internet depuis 1979» (Michel Fingerhut). Bibliothèque nationale de France, mai 2001, Paris : «Numérisation et collection multimédia à la Médiathèque de l Ircam» (préparé par Michel Fingerhut, présenté par Vincent Gourson). ACM-IEEE Joint Conference on Digital Libraries, juin 2001, Roanoke (Virginie, USA) : participation invitée à la table ronde sur les bibliothèques numériques musicales (Michel Fingerhut). Bibliothèque municipale de Lyon, juin 2001 : conférence invitée à l intention du personnel de la BM «numérisation et collections multimédia à la Médiathèque de l Ircam» (Michel Fingerhut). Journées d informatique musicale (JIM), juin 2001, Bourges : «Outils d analyse musicale et recherche sur le contenu : une démarche musicologique» (Alain Bonardi, Jérôme Barthélemy). Conférence internationale de l AIBM/IAML (Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux), juillet 2001, Périgueux : conférence invitée «Music archives documents (print and digital) and their use in online tools at the Ircam Multimedia Library» (Michel Fingerhut).
BILAN 2001 : MÉDIATHÈQUE 257 Conférence Media e Teche, dans le cadre de Bibliocom 2001 (AIB Associazione italiana bibliotheche), octobre 2001, Rome (Italie) : conférence invitée «The Multimedia Library at the Digital Crossroads» (Michel Fingerhut). International Symposium on Music Information Retrieval (ISMIR), Bloomington (Indiana, USA), octobre 2001 : «Figured Bass and Tonality Recognition» (Jérôme Barthélemy). International Conference on Web Delivering of Music (WedelMusic), novembre 2001, Florence (Italie), : «Similarity in computational music : a musicologist s approach» (Jérôme Barthélemy). Réunion du GESTE (groupement d éditeurs de services en ligne), décembre 2001, Ircam : «Contenus en ligne à la Médiathèque de l Ircam» (Michel Fingerhut). Formations Formation sur la numérisation des documents sonores organisée par l Ircam à l intention des agents du ministère de la Culture et de la Communication, septembre 2001 : «Archivage, compression, mise en ligne et diffusion, catalogage et indexation» (Michel Fingerhut). Publications [Barthelemy01a] : Barthélemy, Jérôme, Alain Bonardi, Marcos Bezerra de Menezes : «Outils d analyse musicale et recherche sur le contenu : une démarche musicologique», actes de la conférence JIM 2001, Bourges, juin 2001. [Barthelemy01b] : Barthélemy, Jérôme, Alain Bonardi : «Figured Bass and Tonality Recognition», actes de la conférence ISMIR 2001; Bloomington, octobre 2001. [Barthelemy01c] : Barthélemy, Jérôme, Alain Bonardi : «Similarity in computational music : a musicologist s approach», actes de la conférence WedelMusic 2001, Florence, novembre 2001. [Fingerhut01a] Fingerhut, Michel : «The Multimedia Library at the Digital Crossroads», actes de la conférence Bibliocom 2001, Rome, octobre 2001.
258 BILAN 2001 : Collaborations extérieures Personnel Le demi-poste de secrétariat a été vacant pendant sept mois, jusqu à l engagement d une vacataire. Le poste de documentaliste CNRS est toujours vacant. La carence du demi-poste d assistant informatique a été partiellement compensée en proposant à Vincent Gourson (emploi jeune) d en assurer une partie des tâches en contrepartie d une prime.
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 259 RELATIONS EXTERIEURES Directeur des relations extérieures : Vincent Puig Au cœur des enjeux culturels, sociaux et économiques soulevés par le phénomène Internet, la musique a, sans doute plus que toutes les autres branches, bénéficié puis souffert de la spéculation boursière de 2001. Le secteur a connu une concentration sans précédent qui permet aujourd hui à cinq groupes de dominer le marché mondial de la musique (AOL-Time Warner, Vivendi-Universal, BMG, Sony et EMI) et, dans le même temps, un nombre sans précédent de sociétés start-up se sont montées et ont disparu dans l année. Ces mutations fortes et rapides coïncident avec le démarrage de projets européens qui confrontent l Institut, pour la première fois, aux problématiques de l accès à la musique et de l écoute, et non plus seulement à celles de la création musicale. L année 2001 est donc, pour l Ircam, une année tremplin plus qu une année d achèvement, et, pour la direction des relations extérieures, l occasion d explorer de nouveaux chantiers de valorisation et de communication et de consolider l image et les ressources de l Institut dans ces activités. L année 2001 fut donc marquée par le démarrage effectif de plusieurs projets nationaux et européens sur la problématique de l indexation et des méta-données (Ecrins, Cuidado) ainsi que sur l écoute active et la spatialisation (Rimm, Listen, Carrouso). Ces projets contribuent largement à une hausse des ressources de recherche et développement de 300%, à hauteur de 1,8 millions d euros (84% des recettes de valorisation) et apportent une forte visibilité internationale à travers la participation de l Ircam à plusieurs salons internationaux et aux réunions de standardisation MPEG-7.
260 BILAN 2001 : Collaborations extérieures Les activités de développement de services (projet Wedel, Forum Ircam, ventes de produits et d édition, licences) sont en progression cette année et représentent environ 16% des recettes de valorisation à hauteur de 0,3 millions d euros. Avec près de 1 300 utilisateurs, en comptant les inscriptions au Forum, les achats du logiciel Max/MSP (65 acheteurs) et l édition avec la société Coda Music Technology de modules de composition pour le logiciel leader d édition de partition Finale 2002, la diffusion de logiciel s est bien développée en France et en Europe (respectivement 33% et 48%) avec un taux de renouvellement des inscriptions Forum de 35%, stable par rapport à l année précédente. 1. Valorisation 1.1. Valorisation de la recherche 1.1.1. Brevets Avec la nouvelle convention de partenariat signée avec France Telecom en 2000, il faut noter un nombre important de nouvelles demandes de brevet : Méthode de mise à l échelle de données proposée dans le cadre de MPEG-7 (demande USA déposée le 16 septembre 2001) inventeur : A. de Cheveigné ; Système de reconnaissance musicale utilisé dans Cuidado (demande française du 27 décembre 2001) inventeurs : G. Peeters, X. Rodet, L. Worms ; Procédé de caractérisation du timbre instrumental intégré à la norme MPEG-7 (demande française du 29 septembre 2001) inventeurs : St. McAdams, J. Krimphoff, P. Susini, N. Misdariis, B. Smith, G. Peeters ; Indexation d une structure multimédia (demande française du 30 avril 2001) inventeur : A. de Cheveigné ; Estimation de la fréquence fondamentale (demande française du 1er juin 2001) inventeur : A. de Cheveigné ;
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 261 Estimation des fréquences fondamentales de sources multiples (demande française du 17 mai 2001) inventeur : A. de Cheveigné. Ainsi que la délivrance des brevets suivants : AtoMIC Pro : périphérique d acquisition, de traitement et de conversion de signaux analogiques (brevet français accordé le 22 juin 2001) inventeur : E. Fléty ; Procédé de modélisation de la propagation non-linéaire d une onde (brevet français accordé le 8 juin 2001) inventeurs : X. Rodet, Chr. Vergez ; Sympatos : simulation des résonances sympathiques sur un instrument électronique (brevet européen accordé le 7 janvier 2001) inventeurs : G. Assayag, G. Bloch. 1.1.2. Licences de brevets Les négociations pour la licence du Spatialisateur se sont poursuivies avec la société Creative Labs et, dans le cadre du projet Edhisson, avec la société Digigram. Le principe d une convention tripartite entre l Ircam, France Telecom et le CNRS pour le dépôt et la valorisation des brevets issus de l Ircam a également été établi et devrait se formaliser au cours de l année 2002. 1.1.3. Collaborations industrielles Contrairement à l année précédente, les collaborations industrielles se sont accrues et, avec elles, un nombre important de nouveaux doctorants. L équipe Perception et cognition musicales a pu achever une importante étude pour l amélioration du confort acoustique dans l habitacle des véhicules dans le cadre d un programme Predit (ministère de la Recherche) avec les sociétés O1dB, Metravib et Plastic Omnium Automobile. Elle a également initié une étude Cifre de trois ans sur la perception des sons d avertisseurs automobiles avec la société SCE/Klaxon. En analyse/synthèse, un contrat de recherche externe associé à un travail de thèse a été conclu avec France Telecom R&D pour l étude objective de sons naturels et l extraction de descripteurs perceptifs de haut niveau utilisant le format SDIF (Sound Description Interchange Format) développé par l Ircam et le CNMAT de l Université de Berkeley ainsi qu à la norme MPEG-4 (format SAOL dérivé de Csound). L équipe systèmes temps réel est également intervenue pour
262 BILAN 2001 : Collaborations extérieures l utilisation de jmax dans un simulateur de vol développé par la société Genesis pour le compte du groupe Eurocopter. Enfin, avec un peu de retard, l Ircam est intervenu pour la conception et le développement d un système de synthèse de sons associé aux grandes orgues du nouveau Palais de Beaux Arts de Bruxelles. Ce travail a nécessité une large concertation avec des facteurs d orgues et des musiciens afin de compléter le dispositif naturel de l orgue avec un dispositif de synthèse de grande qualité sonore et de manipulation aisée. Les besoins industriels en design sonore se dessinent plus précisément et l Ircam a pu mener à bien cette année des projets combinant compétences scientifiques et artistiques. Ce fut le cas notamment avec l inauguration du Jardin de la Plaine-mer, une installation de Louis Dandrel pour le compte du Centre des Monuments Nationaux sur le site du Mont Saint Michel et utilisant la technique de diffusion sonore à directivité contrôlée, appelé CUBE, brevetée par l Ircam. L équipe Design sonore est également intervenue pour réaliser des maquettes sonores à la demande du groupe PSA et pour mener à bien une importante étude sur les sonneries de téléphones portables pour le compte de la société Bouygues Telecom. Il faut enfin saluer une importante collaboration avec l industrie musicale menée à bien par l équipe Représentation Musicale pour le développement de 10 «plug-ins» de composition intégré au leader mondial de l édition de partition Finale 2002. C est la première fois que des outils de composition assistée par ordinateur sont portés par l Ircam sur ce type de logiciel. Les 10 plug-ins offrent les fonctionnalités suivantes : création de rythmes ; création de la fondamentale virtuelle ; arrangement d accords ; morphing de mélodies ; morphing d accord ; création d accords ; harmonisation de mélodies ; génération d accords modulés ; séparation d accords ; liaison de notes communes. L ensemble est complété par un outil qui permet d exporter et d importer des données entre Finale et OpenMusic qui a servi pour prototyper ces plug-ins et qui est également distribué avec le logiciel Finale. Les extensions (plug-ins) Finale de l Ircam illustrent la volonté de l Institut de rendre accessibles ses technologies et son expertise musicale à un large public par des partenariats actifs avec l industrie du
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 263 logiciel musical. D autres collaborations sont en cours dans les domaines de la spatialisation, du traitement du signal en temps réel et de l analyse/synthèse du son. Grâce à un partenariat étroit avec la société Edinote (Paris), Finale 2002 est également distribué à présent par l Ircam. 1.1.4. Prestations de service Des interventions sous forme de prestations de service doivent également être mentionnées. C est le cas des travaux menés à la demande de l Orchestre de Paris pour l évaluation acoustique de la salle du théâtre Mogador menée en collaboration avec Eckhard Kahle ainsi que pour la conception du nouvel auditorium du Musée des Arts Premiers qui se poursuivront en 2002. L Ircam est également intervenu en collaboration avec le compositeur Pierre Charvet pour la réalisation de la bande son spatialisée du film Life d Audrey Schebat, présenté au Festival de Cannes de cette année. Des prestations de relations publiques et de mise à disposition d espaces ont été mises en œuvre pour le compte du groupe Totalfinaelf, pour la société Siemens Audiologie et enfin pour le groupement des éditeurs de services en ligne GESTE. 1.1.5. Développements Internet et Multimédia La direction des relations extérieures est intervenue cette année pour mettre en place la seconde convention de collaboration avec la Direction de la Technologie du ministère de l Éducation nationale qui devrait permettre de mettre en ligne en 2002, pour toutes les classes d éducation musicale, cinq applications pédagogiques baptisées MusiqueLab et développées à partir de Max et jmax par le département Pédagogie en collaboration avec un groupe de professeurs de musique. Enfin, dans le cadre du projet européen MusicWeb, l Ircam s est associé aux conservatoires de La Haye et de Rotterdam, à l Université de Darmstadt développeur du format musical GUIDO, et à la faculté de musique de Glasgow pour mettre en ligne de nouveaux contenus musicologiques relatifs au répertoire Ircam pour voix et électronique. Le service informatique a poursuivi la gestion des connexions Internet pour le Centre Pompidou et la BPI.
264 BILAN 2001 : Collaborations extérieures 1.2. Projets nationaux et européens sur les technologies de l information et de la communication 1.2.1. WedelMusic (coordination) Le projet WedelMusic, lancé le 1 er janvier 2000, s achevera deux mois plus tard que prévu, fin juin 2002. Réunissant des éditeurs musicaux, des bibliothèques et des centres de recherche, son objectif est de développer un système sécurisé de consultation et de distribution de partitions musicales interactives. L Ircam a mis en place une équipe comprenant un chef de projet, un développeur et un musicologue pour réaliser le système de distribution locale et des outils de consultation de catalogue et de recherche par le contenu dans la partition. Le développement de ces éléments est supervisé par la Médiathèque, de l Ircam qui sert de lieu d accueil pour l installation et les tests du système. L équipe a respecté les échéances prévues et les résultats obtenus sur le distributeur local comme sur les outils d analyse ont été évalués avec succès lors de plusieurs réunions combinant un atelier avec les utilisateurs et un examen par la commission européenne et deux experts extérieurs mandatés par elle. Ces réunions se sont tenues en février à l Ircam, en juillet à Luxembourg et en novembre à l occasion de la première conférence Wedel à Florence. Les outils d analyse permettent notamment la recherche par thème, l analyse harmonique, l analyse des tonalités, la réduction pour piano, la détection de cadences et l écriture de nouvelles règles de recherche. Ces outils d analyse s appuient sur une exportation du format Wedel qui est une représentation intermédiaire indépendante. On peut imaginer dans l avenir un développement pour exporter directement de Finale ou d OpenMusic vers cette représentation intermédiaire. Partenaires du projet : Département Informatique de l Université de Florence (I), Artec (B), BMG Ricordi (I), Suvini-Zerboni (I), FNB/SVB (ND), École de Musique de Fiesole (I), Fraunhofer Institut-IGD (D), ILSP (G). Intervenants WedelMusic : J. Barthélemy (chef de projet), M. Bezerra (développeur), V. Puig, A. Bonardi (spécifications d usage, groupe utilisateur et gestion administrative). 1.2.2. Cuidado (spécifications et dissémination) Le projet Cuidado (Content-based Unified Interfaces and Descriptors for Audio/music databases available Online) a pu débuter en janvier 2001 en s appuyant notamment sur la base de sons et le
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 265 prototype de recherche par le contenu de Studio en Ligne et sur les études d usage et les actions de normalisation entreprises dans le projet Cuidad. Les équipes perception et cognition musicale, analyse/ synthèse et représentation musicale de l Ircam sont impliquées ainsi qu une nouvelle équipe Systèmes en ligne qui gère par ailleurs le projet national Ecrins. L année 2001 fut essentiellement consacrée aux spécifications, au développement des descripteurs audio de bas niveau et aux analyses des besoins utilisateurs ceci à l occasion de plusieurs ateliers et réunions notamment en janvier à Oslo et à Paris, en avril lors des ateliers du Forum Ircam à Paris et en juin à nouveau à Paris. Partenaires du projet : Université Pompeu Fabra (Espagne), Sony CSL, Oracle (Espagne), Université Ben Gourion (Israel), CreamWare (Allemagne), ArtsPages (Norvège). 1.2.3. Listen Le projet Listen, piloté par le GMD/Fraunhofer Institut en Allemagne, a mobilisé depuis janvier 2001 l équipe Acoustique des salles dans un projet de réalité virtuelle pour la restitution de scènes audio et vidéo pour des musées en collaboration avec l Université de Vienne (Autriche), l École du son de Londres (Royaume-Uni), le Kunstmuseum de Bonn (Allemagne) et la société AKG. Premier résultat important pour les perspectives de valorisation de l Ircam, le logiciel d édition de scènes virtuelles ListenSpace propose une interface conviviale qui s appuie sur les formats de représentation architecturaux et sur une grande portabilité par l utilisation de Java. 1.2.4. Carrouso Ayant également débuté en janvier, Carrouso (Creating, assessing and rendering in real time of high quality audio-visual environments in MPEG-4 context) s est consacré au développement d un système de transmission sur réseaux et de restitution de scènes audio holographiques (format WFS ou Holophonique) encodées en MPEG-4. Le projet est piloté par le Fraunhofer Institut (Allemagne) avec la participation de l équipe Acoustique des salles, Studer (Suisse), l Université de Delft (Pays-bas), France Telecom et Thomson Broadcast. Les perspectives de valorisation de nos contributions reposent sur le succès espéré du formalisme MPEG-4 qui incorpore déjà le Spatialisateur de l Ircam.
266 BILAN 2001 : Collaborations extérieures 1.2.5. Rimm Cette action de soutien sur 9 mois s est achevée cette année avec la réalisation d un atelier concert utilisant les techniques de spatialisation Ambisonics et le Spatialisateur en collaboration avec l Université de York et le SIM de Berlin. 1.2.6. Projets nationaux en cours Ecrins Ecrins, qui se terminera en mai 2002, est un projet Priamm (ministère de l Industrie CNC) initié avec l Ina-GRM et la société Digigram qui vise le développement de descripteurs audio pour des bases de données d échantillons concrets ou électroacoustiques. L objectif est d intégrer des outils de recherche et d édition par similarité sonore dans l environnement de post-production Xtrack de Digigram et dans une nouvelle version du Studio en ligne de l Ircam. Plusieurs réunions utilisateurs en interne comme avec des professionnels du domaine se sont tenues cette année. Radio.Thém Radio.Thém est un projet exploratoire RNRT (ministère de la Recherche) pour l étude et le développement d une radio thématique personnalisable en ligne sur le Web intégrant un environnement sonore dont les caractéristiques perceptives (notamment le timbre) doivent correspondre à l image de marque visée par le diffuseur. Les équipes Perception et cognition musicales et Design sonore ont collaboré avec France Telecom R&D (coordinateur), Radio France Multimédia et la société Hyptique pour tester de nouveaux concepts comme les balises sonores mobiles appliquées en premier lieu à la Radio du Livre de Radio France. Edissohn Edissohn est également un projet Priamm précompétitif qui a obtenu un financement du ministère de l Industrie pour le portage du Spatialisateur de l Ircam sur de nouvelles cartes de postproduction audio de la société Digigram en collaboration avec France Telecom R&D. Aucune action n a pu être entreprise en 2002 et, à la rédaction de ce rapport, un nouveau partenaire industriel était recherché, compte tenu du recentrage de l activité de Digigram sur la diffusion «broadcast».
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 267 1.2.7. Autres projets présentés DiCoMuS DiCoMuS est un projet d étude sur les méthodes et les outils de description et d indexation des contenus musicaux et sonores présenté par l Ircam dans le cadre du dispositif ELRA/DGLF qui n a pas été retenu. Gestedit Dans le cadre du programme RNTL, l Ircam et la société française leader mondial des outils d intelligence artificielle ILOG ont conçu un projet pour le développement d un éditeur de gestes et de leurs caractéristiques cinématiques associées. L outil destiné à la création musicale mais également au développement des jeux vidéos permet de constituer des «partitions» de gestes permettant de contrôler des processus de synthèse sonore. Le projet n a pu être accepté en l état mais devrait faire l objet de nouvelles demandes en 2002 en associant notamment des sociétés du domaine de la simulation (développement d avatars) et du jeu et l Université McGill à Montréal pour bénéficier de l expertise de Marcelo Wanderley, ancien doctorant sur ce thème à l Ircam. EPEE EPEE est un projet Riam non retenu qui visait le développement d un système d enrichissement des contenus audiovisuels à destination des malentendants en collaboration avec l association de malentendants AVISUF, le CEA-LIST pour l indexation vidéo et la société Image Ressource pour l intégration. Pour l Ircam, l ambition était d analyser automatiquement la bande son des programmes pour générer des «sous-titres» musicaux par exemple des icônes représentant les instruments joués, le type de voix, l énergie ou les hauteurs. MusiMobile MusiMobile, présenté avec succès au Riam, devrait débuter en mai 2002. Il s agit de développer un service de reconnaissance de titres musicaux diffusés dans les espaces publics, à la radio ou à la télévision par une simple captation d un extrait sur un téléphone portable. La signature audio (ou «fingerprint») du morceau analysé par un algorithme breveté par l équipe Analyse/synthèse de l Ircam est
268 BILAN 2001 : Collaborations extérieures envoyée sur un serveur qui va opérer la comparaison avec la base de données des titres disponible et retourner à l utilisateur le titre du morceau et, éventuellement, une URL pour achat ultérieur. Phase Présenté dans une première version dans le cadre du RNTL, le projet Phase a été accepté dans le cadre du programme Riam. Il permettra de développer une plate-forme haptique d application sonore en collaboration avec le CEA-LIST et la société multimédia Ondim. L objectif est de combiner des interfaces haptiques, sonores et visuelles pour l exploration du son, l éveil musical et la composition. Agnula Agnula est la plus importante mesure d accompagnement accordée par la Commission européenne dans le domaine du logiciel libre. Coordonnée par Tempo Reale en Italie avec la participation de l Ircam, l Université Pompeu Fabra de Barcelone, l institut suédois de technologie KTH, la branche européenne de la Free Software Foundation et la société Red Hat, elle représente une aide de près de 2 millions d euros dont 300 Keuros pour l Ircam sur deux ans. Dans le domaine audio, le contexte quelque peu désorganisé du développement libre appelait à trouver des solutions professionnelles garantissant l accès à des outils fiables, compatibles et supportés. En imposant la participation de Red Hat dans le projet, l Ircam a clairement orienté l objectif vers la réalisation d une distribution audio pour les professionnels avec la possibilité à terme de coupler les services payants de Red Hat et ceux du Forum Ircam. Dance.media.net Dance.media.net est un projet Culture 2000 qui permettra à l Ircam de financer le montage du spectacle de François Raffinot, Home Studio, à Paris, à Cologne et à La Haye en collaboration avec le Holland Dance Festival et le Tanz Performance. Montage et valorisation des projets : V. Puig, D. Baudouin (assistante). Collaborations internes : direction scientifique, équipes scientifiques.
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 269 1.3. Le Forum et la diffusion des logiciels Le nombre d abonnés au Forum est resté relativement stable cette année avec plus de 500 membres, soit près de 1 150 utilisateurs, en comptant cinq usagers par organisme inscrit. Cependant, cette apparente stabilisation s est accompagnée d une forte augmentation des recettes d abonnement (+23% par rapport à fin 2000) qui s explique par des inscriptions aux trois bouquets de logiciels plus systématiques et une stabilité des inscriptions des organismes (30%). Le déficit de membres américains reste identique à l année dernière, à hauteur de 14%, alors que la proportion de membres européens hors France est en forte augmentation (48% au lieu de 38%). Le taux de renouvellement est stable à hauteur d un tiers des membres, ce qui fait reposer la croissance du Forum trop exclusivement sur les nouvelles inscriptions. Les activités des membres sont de plus en plus tournées vers la création dans des domaines variés (52% au lieu de 48%). De même, les activités nouvelles telles que le multimédia, l ingénierie sonore ou les arts plastiques et de la scène passent de 18% à 22%. La proportion des activités d enseignement et de recherche reste à hauteur de 26%. Parmi les nouvelles institutions inscrites en 2001, on peut mentionner : Conservatoire national de Cagliari (Italie) ; CNR Bayonne (France) ; Delft University (Pays-Bas) ; University of Illinois (USA) ; Fachhochschule Darmstadt (Allemagne) ; Hamilton College, New York (USA) ; Best Logic Sound (Corée) ; Multimedia Lab, Zurich (Suisse) ; Archives de l Université de Zurich (Suisse) ; Iceland Academy of the Arts (Islande) ; Napier University, Edinburgh (UK) ; Norvegian Concert Institute (Norvège) ; Northbrook College, Northampton (UK) ; Queen s University, Belfast (UK) ; School of the Art, Chicago (USA) ; Oberlin Conservatory (USA) ; University Missouri-Kansas (USA) ;
270 BILAN 2001 : Collaborations extérieures University of Surrey, Guildford (UK) ; Wabash EMS College, Indiana (USA) ; NYU, FAS Department of Music (USA) ; University College Northampton (UK). La demande en support technique a considérablement augmenté avec la diffusion Linux, et les moyens devront encore être augmentés en 2002 avec les distributions sur Mac OS X et Windows. Ceci renforce l importance du site ForumNet qui, comme le site Web de l Ircam, n a pas pu être mis à jour comme prévu cette année. Les ateliers du Forum du 4 au 6 avril comptaient 137 participants et ceux du 28 au 30 octobre accueillaient 160 personnes. Ils deviennent un important rendez-vous pour les compositeurs et les développeurs de la musique numérique. Des trois groupes thématiques du Forum, le groupe Traitement du son reste le plus populaire malgré l absence d une nouvelle version d AudioSculpt (76% des membres soit 20 membres de plus qu en 2000) ; vient ensuite le groupe Composition Assistée par ordinateur (62% des membres inscrits et 24 nouveaux membres). Le groupe Temps réel souffre d un faible renouvellement de l offre d applications nouvelles (59% des membres inscrits et seulement 13 nouveaux membres) et du peu d utilisateurs de Linux à ce jour, soit une dizaine de membres. Parmi les nouvelles documentations élaborées ou révisées pour les besoins du Forum on peut citer : AudioSculpt 2.0. Introduction, A. Lithaud, octobre 2001, 38 p. Diphone Studio. Applications. Additive Analysis, Chant, Resonance Models, H. Tutschku, mars 2001, 69 p. Diphone-Studio. Manuel de Resan, R. Mules, novembre 2001, 30 p. Diphone_Studio version 4r2n. Mise à jour du manuel, A. Lithaud, en collaboration avec X. Rodet et A. Lefèvre, novembre 2001, 61 p. OpenMusic Bibliothèque Kant 2.5, B. Meudic, avril 2001, 28 p. OM Modalys version 1.0, M. Lanza, septembre 2001, 18 p. Responsable : A. Gerzso. Responsable de la documentation : M. Battier. Animation et support technique : K. Haddad (à mi-temps). Animation et réseaux : C. Brissot (à mi-temps). Administration Forum et vente des logiciels : P. Palumbo. Gestion des fichiers et site Web : St. Dubois.
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 271 Ventes de logiciels et d équipements L accord de distribution établi avec Cycling 74 a permis à l Ircam de vendre plus de 60 copies du logiciel Max/MSP. Le nombre total de copies vendues par l Ircam et Cycling 74 est estimé à 250 pour l année 2001 comme en 2000. La version Windows de Max est reportée à nouveau pour fin 2002. Trente exemplaires de l interface capteurs-midi AtoMIC Pro ont été vendus et une série de trente nouveaux exemplaires sera mise en fabrication en 2002. Dix exemplaires du logiciel NATO pour le traitement de la vidéo en temps réel ont été distribués par l Ircam, mais l accord avec les développeurs a été interrompu. Redevances Les redevances sur les ventes de Max versées par la société Cycling 74 ont augmenté par rapport à l année dernière. Par ailleurs, la société Auvidis/Naïve a bien versé ses redevances sur les ventes du disque Farinelli. L accord d édition conclu avec la société Hyptique pour le cédérom 10 jeux d écoute a généré une redevance correspondant à environ 500 exemplaires vendus en 2001, ce qui prouve la nécessité d éditer ce type de produit au niveau international. 2. Site Web et produits d édition 2.1. Site Web L architecture, le graphisme et le système de payement sécurisé du site Web n ont pu être mis à jour comme prévu principalement en raison de l impossibilité de changer le serveur ce qui a pu intervenir début 2002. En revanche l ensemble des bons de commandes en ligne ont été réécrits en format dynamique et le rapport d activité de l Ircam a pu être publié pour la première fois en ligne.
272 BILAN 2001 : Site Web et produits d édition 2.2. Studio en ligne L interface Ecrins n étant pas encore disponible, la commercialisation des échantillons a été totalement interrompue en 2001 et la collaboration avec la société Shooting Star pour l édition de DVD de sons naturels et de sons artificiels synthétisés avec Modalys ne s est pas concrétisée. 2.3. Documentations musicales Parmi les cahiers d analyse et d exploitation des œuvres réalisés par la valorisation cette année on peut citer : Jean-Louis Agobet, Antiphonal Memory, 53 p. Christophe Bertrand, Dikha, 15 p. Marc-André Dalbavie, Diadèmes, édition révisée, 41 p. Ivan Fedele, Donacis ambra, édition révisée, 29 p. Luca Francesconi, Animus, édition révisée, 57 p. Jonathan Harvey, Advaya, édition révisée, versions française et anglaise, 48 p. Frédéric Kahn, Pendant la matière ou l espace furieux, 15 p. Seungyon-Seny Lee, Idiosyncrasy, 15 p. Paola Livorsi, Os, 15 p. Bruno Mantovani, Le Grand jeu, édition révisée, 15 p. Tristan Murail, L Esprit des dunes, édition révisée, 46 p. Michael Obst, Dr. Mabuse - Der Spieler, édition révisée, 23 p. Kumiko Omura, Double contour, 15 p. Oliver Schneller, Five Imaginary Spaces, 15 p. Stephanie Kreszenz Schweiger, verblich, 15 p. Rogelio Sosa, Ejecta, 15 p. Georgia Spiropoulos, Saksti, 15 p. Johan Tallgren, strömmande genomlyst, 15 p. 2.4. Information et Veille technologique De nouvelles fiches d information ont été réalisées en format A5 pour les logiciels du Forum et ceux qui sont distribués par l Ircam (Finale, StarSync, AtoMIC). Les fiches techniques au format A4 sont à présent réservées aux travaux de recherche et à la présentation des
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 273 équipes ; ont été ainsi éditées des fiches sur la synthèse PAGS, les projets Carrouso, Listen et Cuidado, les équipes Services en ligne et Design sonore. Deux dossiers de veille technologique (n 19 et 20) ont été diffusés. 2.5. Vente des éditions Enfin, en combinant ses ressources, la direction des relations extérieures a poursuivi la diffusion des éditions, livres et disques, par ses ventes à l accueil, par correspondance, par la mise en place de nouvelles pages Web pour la vente en ligne et par la promotion sur les salons. Le cédérom sur le contrôle gestuel de la musique a été diffusé à 400 exemplaires et une réédition a été entreprise. L Ircam a diffusé près d un millier de disques et près de 2 200 livres en comptabilisant la diffusion par l éditeur L Harmattan. Responsable de la documentation : M. Battier. Information scientifique : D. Baudouin. Vente des éditions : P. Palumbo, D. Lioté. Site Web : V. Verdier. 3. Communication 3.1. Manifestations extérieures Beaucoup d activités présentées lors de salons ou de conférences sont détaillées dans les chapitres précédents, on se contentera de donner ici une liste récapitulative des manifestations extérieures au cours desquelles nous avons présenté les activités de l Ircam : MIDEM Cannes, du 22 au 23 janvier (présentation du projet WedelMusic) ; MusicMesse Francfort, du 7 au 11 mars (stand Ircam et WedelMusic) ; AES Amsterdam, du 11 au 13 mai (Atelier AES-DELOS sur les Métadonnées et atelier MPEG-7) ;
274 BILAN 2001 : Communication Salon de la Musique, du 29 mars au 3 avril (Stand Ircam sur l Espace du Living et conférence de Cyrille Brissot et Karim Haddad) Journée des Orchestres, Espro, les 16 et 17 mai ; Journées d informatique musicale, Bourges, du 7 au 10 juin (Conférence d A. Gerzso) ; Séminaire de la BPI sur Internet et musique, conférence de Vincent Puig, le 18 juin ; Visite congressistes IAML à l Ircam, le 7 juillet ; Atelier durant les Rendez-Vous Electroniques, Centre Pompidou, C. Brissot, le 7 septembre ; ICMC, La Havane, 17 au 23 septembre (conférences Ircam, stand Ircam présentant disques, logiciels, cédéroms) ; Voice 2001, Caen, conférence de Vincent Puig, le 16 octobre ; Le Virtuel et la Pierre, Fontevraud, conférence de Vincent Puig, du 25 au 26 octobre ; Nicephore Days à Châlon, du 15 au 17 novembre (stand Ircam) ; Salon de l éducation, présentation des Musique Lab, du 21 au 24 novembre ; Colloque de philosophie «L Inimitable et le transmissible», Université de Paris-Sorbonne, conférence de Marc Battier, le 5 décembre ; Journées Professionnelles du Val de Marne, conférence d Andrew Gerzso, le 10 décembre ; Rome, CRM, conférence de Marc Battier sur la lutherie électronique et la composition, décembre ; Assises Nationales du GESTE (Groupement des Editeurs de Services en ligne), Espro, le 13 décembre (présentation de Vincent Puig, Michel Fingerhut et François Pachet). 3.2. Publications/rapports/presse Battier M., «Laboratori», in Enciclopedia della Musica, vol. I, J.-J. Nattiez, éd., Milan, Einaudi, p. 404-419, 2001. A paraître en français sous le titre : «Laboratoires de la musique», Actes Sud, 2002.
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 275 Battier M., «La scienza e la technologia come fonti d ispirazione», in Enciclopedia della Musica, vol. I, J.-J. Nattiez, éd., Milan, Einaudi, p. 360-379, 2001. A paraître en français sous le titre : «Science et technologie comme source d inspiration au XXe siècle», Actes Sud, 2002. Battier M., «La querelle des poètes phonographistes : Apollinaire et Barzun», in Littérature et musique dans la France contemporaine, Actes du colloque des 20-22 mars 1999 en Sorbonne, textes réunis par J.-L. Backès, Cl. Coste et D. Pistone, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2001, p. 167-179. Battier M., trois articles pour le catalogue de l exposition Un Musée aux rayons X. Dix ans de recherche au service de la musique, Musée de la Musique (Paris) : «Les instruments du XX e siècle présentés dans le catalogue», «Synthétiseur modulaire Moog», «le Mellotron», 2001. Battier M., «De la machine à l oreille. Le paradoxe de la musique concrète», in Du sonore au musical. Cinquante années de recherches concrètes (1948-1998), S. Dallet et A. Veitl, éds., Paris, L Harmattan, p. 67-75, 2001. Gerzso A., «Le contrôle gestuel à l Ircam», Actes des Journées d informatiques musicales, juin 2001 Puig V., Baudouin D., Dossier d information 19, avril 2001. Puig V., Baudouin D., Dossier d information 20, novembre 2001. Puig V., «Le Virtuel, la Voix, le Geste : Représentation, interaction, sémantique/émotions», Actes du colloque le Virtuel et la Pierre, Fontevraud, mai 2001 (à paraître). 3.3. Autres activités Jurys universitaires Mikhail Malt, thèse, EHESS, M. Battier, Directeur de recherche. Laurent Pottier, thèse, EHESS, M. Battier, Directeur de recherche. Gian Franco Vinay, Habilitation à diriger des recherches, Université de Rouen, M. Battier, président. 3.4. Supports de communication Le graphiste Michal Batory a réalisé l image et la brochure de la saison musicale 2001/2002, commune à l Ensemble Intercontemporain et l Ircam et tirée à 35 000 exemplaires.
276 BILAN 2001 : Communication En 2001, la communication du festival Agora (5-23 juin) s est encore affinée. Michal Batory a créé un document programme de 40 pages sur le même modèle que l année précédente pour les concerts, les spectacles et les portes ouvertes. Ce programme a été imprimé sur rotative à 100 000 exemplaires. Le service communication a également pris en charge la fabrication des programmes de concerts distribués le soir au public. 14 000 exemplaires ont ainsi été édités. Une brochure bilingue français/anglais spécifique de 20 pages a été réalisée en interne pour la promotion de l Académie d été (13-22 juin). Le service a réalisé en interne les dépliants concernant le comité de lecture (5 000 exemplaires), la saison pédagogique (20 000 exemplaires), la Médiathèque (5 000 ex.). Il s est également chargé de la création des petites affiches, dépliants et tracts utilisés toute l année pour les relances et l information quotidienne du public sur les différentes activités de l Ircam (ateliers du Forum, colloque, Rendezvous électroniques, conférences et ateliers pédagogiques, produits éditoriaux). Il a aussi maquetté une partie des produits éditoriaux : Cédérom du forum, livres co-édités avec l Harmattan. 3.5. Diffusion de l information Le fichier de contacts a été constamment remis à jour pour permettre un meilleur ciblage des publics en fonction des différentes activités de l Institut : musique, danse, théâtre, informatique musicale, arts plastiques, audiovisuel, pédagogie, comité de lecture, académie d été, médiathèque, musiques actuelles et multimédia. Afin de compléter le fichier scientifique, dans la perspective des nouvelles orientations de l Ircam pour 2002, une première synthèse des contacts disponibles dans l Ircam a été réalisée. La promotion de la saison musicale a été principalement réalisée par un envoi en nombre de la brochure auprès du fichier commun à l Ensemble Intercontemporain et à l Ircam. La promotion des concerts a été assurée, en cours d année, par une relance trimestrielle des abonnés, par des achats d espace et par le travail des attachées de presse des deux institutions.
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 277 Un effort particulier de communication (communiqué de presse, citation de l Ircam dans les programmes) a été réalisé autour de deux productions lyriques auxquelles l Ircam était associé : K de Philippe Manoury, présenté à l Opéra Bastille en mars et L Amour de loin de Kaija Saariaho, au Théâtre du Châtelet en novembre. Les autres documents Pédagogie, Comité de lecture, Forum ont été principalement diffusés par des envois en nombre ciblés. Les activités de la pédagogie (conférences thématiques, stages et ateliers) ont bénéficié d un effort particulier de diffusion auprès de relais privilégiés : comités d entreprise, écoles spécialisées, médiathèques, conservatoires, Universités, salons et forums, enseignants. Opus 64 a tenu les journalistes informés des activités de l Ircam tout au long de l année par des relances régulières. Par leur intermédiaire, l Institut a également été très souvent sollicité par la presse écrite et audiovisuelle sur des sujets aussi bien artistiques que scientifiques. L information concernant spécifiquement Agora a été largement diffusée. La brochure a bénéficié d un envoi en nombre auprès du fichier de l Ircam, du Théâtre des Bouffes du Nord, de dépôts, d un encartage de 22.500 exemplaires dans Le Monde de la Musique et de 19 500 exemplaires dans Diapason (numéro de mai 2001, kiosques et abonnés Île-de-France). Un partenariat avec l hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles a donné lieu à l édition d un supplément de 16 pages, rédigé par la rédaction du magazine. Il a été tiré à 100 000 exemplaires : 80 000 diffusés dans le numéro du 22 mai 2001 et 20.000 tirés à part. Une campagne d affichage a eu lieu en boutiques sur Paris et dans les lieux partenaires. Enfin, des achats d espaces ont été effectués dans la presse :Les Inrockuptibles, Mouvement, Musica Falsa. Sur l ensemble de la communication du festival, l Ircam a bénéficié de trois partenariats média avec Les Inrockuptibles, la chaîne câblée Mezzo et le site internet Divento.com. Comme les années précédentes, Opus 64 s est particulièrement mobilisé sur le festival Agora : un dossier de presse spécifique a été conçu et envoyé à l ensemble de la presse.
278 BILAN 2001 : Communication Le service communication est également chargé du suivi des tournées de l Ircam et de la diffusion des documents de communication qui leur sont liés (biographies de compositeurs, notices de programmes, présentations de l Institut, photographies), en liaison avec la direction artistique et la direction de la production. 3.6. Accueil du public Dans le cadre des saisons musicales 2000-2001 et 2001-2002, 19 concerts ont été organisés à l Espace de projection, en salle Igor- Stravinsky et dans la grande salle du Centre Pompidou. Le service de la communication était chargé des réservations, de l accueil du public, de la billetterie et des programmes de concerts, en liaison avec l Ensemble Intercontemporain qui gère les abonnements. Le festival Agora 2001 a représenté un temps fort dans l année : les 21 concerts et spectacles (36 représentations) présentés en alternance à l Ircam, au Centre Pompidou, au Théâtre des Bouffes du Nord, à la Cité de la Musique et à Fontainebleau du 5 au 23 juin 2001, ont accueilli près de 10 000 spectateurs. les Journées portes ouvertes, organisées pour la neuvième fois, tout au long d Agora, ont bénéficié de l ensemble de la communication du festival. Elles ont accueilli environ 6 500 personnes. Le service communication a pris en charge l ensemble de la logistique d accueil du festival pendant trois semaines, en journée et le soir, ainsi que les relations publiques et les réceptions. La direction des relations extérieures a assuré une vente permanente des éditions et des logiciels durant tout le festival. En plus des Journées portes ouvertes, des visites de groupe destinées au grand public furent proposées tout au long de l année. Chargée de communication : S. Manceau de Lafitte. Assistante PAO : V. Verdier. Secrétaire-assistante : D. Lioté. Animatrice de promotion artistique : Chl. Vitoux. Hôtesses d accueil : S. Besnard, M. Mendez-Carrera, B. Montfort, St. Soléansky, V. Weinzaepfel. Vente Billetterie : G. Vidal. Service de presse : Société Opus 64 (V. Samuel, V. Weill).
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 279 ANNEXES Conseil d administration du 13 juin 2001 Membres titulaires ayant le droit de vote Membres de droit Jean-Jacques AILLAGON Président Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou Président de l association Sylvie HUBAC Directrice de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles Ministère de la Culture et de la Communication Vice-président de l association Représentée par Michel REBUT-SARDA Directeur adjoint, DMDTS Jean-Marc DESHOUILLERS Directeur de la Mission Scientifique Universitaire (section Mathématiques et informatique) Ministère de la Recherche Jean-Pierre DALBERA Chef de la Mission de la recherche et de la technologie Ministère de la Culture et de la Communication Philippe REGNIER Directeur scientifique au CNRS Représentant Madame Marie-Claude Maurel, directrice du Département des Sciences de l Homme et de la Société au CNRS
280 BILAN 2001 : Communication Membres désignés Michel FANO Compositeur Bruno MAQUART Directeur général du Centre national d art et de culture Georges- Pompidou Dominique PAINI Directeur du département du développement culturel Centre national d art et de culture Georges-Pompidou Membres élus Pierre BOULEZ Directeur honoraire de l'ircam Claude CADOZ Directeur de l'association pour la création et la recherche des outils d expression Acroe Membres présents à titre consultatif n ayant pas le droit de vote Régis de BREBISSON Commissaire aux comptes Gérard ROUVERY Contrôleur financier Ministère de la Culture et de la Communication Représenté par Christophe Griffault Simone ADOUE-VILLA Déléguée du Contrôleur financier Bernard STIEGLER Invité en tant que futur directeur de l Ircam Laurent BAYLE Directeur de l'ircam Norddine BELAL Responsable financier de l'ircam Cyrille DEFAYE Secrétariat du Conseil
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 281 Conseil d administration du 10 décembre 2001 Membres titulaires ayant le droit de vote Membres de droit Jean-Jacques AILLAGON Président Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou Président de l association Sylvie HUBAC Directrice de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles Ministère de la Culture et de la Communication Vice-président de l association Représentée par Michel Rebut-Sarda Directeur adjoint, DMDTS Jean-Marc DESHOUILLERS Directeur de la Mission Scientifique Universitaire, (section Mathématiques et informatique), Ministère de la Recherche Jean-Pierre DALBERA Chef de la Mission de la recherche et de la technologie Ministère de la Culture et de la Communication Philippe REGNIER Directeur scientifique au CNRS Représentant Madame Marie-Claude Maurel, directrice du Département des Sciences de l Homme et de la Société au CNRS Membres désignés Michel Fano Compositeur Bruno MAQUART Directeur général du Centre national d art et de culture Georges- Pompidou Dominique PAINI Directeur du département du développement culturel Centre national d art et de culture Georges-Pompidou
282 BILAN 2001 : Communication Membres élus Pierre BOULEZ Directeur honoraire de l'ircam Claude CADOZ Directeur de l'association pour la création et la recherche des outils d expression Acroe Membres présents à titre consultatif n ayant pas le droit de vote Régis de BREBISSON Commissaire aux comptes Représenté par Philippe Boucher Hugues GENEVOIS Chef du bureau des écritures et de la recherche Directrice de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles Ministère de la Culture et de la Communication Gérard ROUVERY Contrôleur financier Ministère de la Culture et de la Communication Représenté par Simone Adoue-Villa Bernard STIEGLER Invité en tant que futur directeur de l Ircam Laurent BAYLE Directeur de l'ircam Norddine BELAL Responsable financier de l'ircam Dany BEAUDOUIN Représentant du personnel de l Ircam Cyrille DEFAYE Secrétariat du Conseil
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 283 L équipe Ircam Direction Laurent Bayle Cyrille Defaye Directeur Assistante Services généraux Administration Personnel Bertrand Périsson Line Dao Ghislaine Montagne Michel Pillet Bâtiment Georges-Elie Giscard Alain Nicolas André Le Mée Jean-François Laloge Chantal Vogel Jean-Paul Rodrigues Finances Norddine Belal Sylvie Parolari Majida Ayad Direction artistique Eric De Visscher Suzanne Berthy Odile Vaillant Responsable Assistante chargée de paye Secrétaire Agent administratif Responsable Technicien d exploitation Technicien de maintenance (jusqu'en février) Technicien de maintenance (à partir de mars) Secrétaire Technicien reprographie Responsable Comptable Assistante-comptable Directeur artistique Attachée de direction Chargée de mission, Centre Pompidou
284 BILAN 2001 : Communication Editions Peter Szendy Claire Marquet Marc Texier Conseiller éditorial Attachée d'édition Musicologue Direction des relations extérieures (organisation à partir d octobre) Vincent Puig Directeur des relations extérieures Marc Battier Responsable de documentation Dany Baudouin Assistante Forum Andrew Gerzso Paola Palumbo Karim Haddad Cyrille Brissot Stéphanie Dubois Communication Sophie Manceau de Lafitte Diane Lioté Chloé Vitoux Véronique Verdier Sophie Besnard Malena Mendez-Carrera Béatrice Montfort Stéphanie Soléansky Valérie Weinzaepfel Responsable Forum Attachée marketing Support technique Forum Animateur Forum Gestionnaire pages Web et fichiers Chargée de communication Secrétaire-assistante Animateur de promotion artistique Assistante technique PAO Hôtesse d accueil Hôtesse d accueil Hôtesse d accueil Hôtesse d accueil Hôtesse d accueil Service de presse Valérie Samuel Agence Opus 64 Valérie Weill Agence Opus 64 Direction de la Médiathèque Michel Fingerhut Directeur Delphine Oster Documentaliste Sandra El Fakhouri Documentaliste hypermédia Hélène Dontenville, Stagiaire puis bibliothécaire documentaliste (depuis septembre) Vincent Gourson Technicien hypermédia Stéphanie Auricombe Bibliothécaire documentaliste (1 mois)
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 285 Marie Lerat, Bibliothécaire documentaliste (6 mois) Nicolas Rubisiak, Bibliothécaire documentaliste (1,5 mois) Dominique Doublet Secrétaire (jusqu en juillet) Jenny Bernardi, sécrétaire depuis septembre Jean-Paul Rodrigues Magasinier Projet WedelMusic Jérôme Barthélemy Chef de projet (à partir de mars) Marcos Bezerra de Menezes Chargé de développement (à partir de septembre) Alain Galliari Coordinateur administratif (mars à juillet) Alain Bonardi Coordinateur administratif (à partir d octobre) Stagiaires Benoit Montigné Robin Shields Université de Rennes II Université de Californie, Santa Cruz (juillet-août) Recherche et développement Direction scientifique Huges Vinet Directeur scientifique, directeur de l UMR Ircam-CNRS, coordinateur des projets Cuidado et Ecrins Florence Quilliard-Monjal Assistante Rousseaux Francis Chargé de coordination projet Cuidado, Professeur, Université de Reims, délégation CNRS (à partir de septembre) Mélanie Dulong de Rosnay Coordinatrice administrative des projets européens Sylvie Benoit-Stanek Assistante équipes scientifiques Dominique Doublet Secrétaire (jusqu en juillet) Irène Mezières Stagiaire assistante IFOCOP (jusqu en novembre) Mephon Sidic Stagiaire, Université de Reims URSA Champagne/Ardennes (jusqu en septembre)
286 BILAN 2001 : Communication Équipe Acoustique instrumentale René Caussé Responsable Catherine Dichtel Chargée de recherche Claire Ségoufin Chargée de recherche Christophe Vergez Chargé de recherche et de développement Gérard Bertrand Technicien des trois équipes Acoustique Chercheurs stagiaires et étudiants André Almeida Thèse, Université de Paris VI (co-encadrée avec équipe Analyse/synthèse) Joël Bensoam Thèse, Université du Maine Claudia Fritz Stage puis thèse Atiam, Université de Paris VI Mathieu Georget Stage, Université technologique de Compiègne Olivier Houix Thèse, Université du Maine Eric Humbert Stage Ecole Centrale Paris Olivier de Lajudie Stage Ecole Centrale Paris Jacques Lamoine Stage, Université d Orsay, Paris Sud Jacob Munkberg Stage, Ecole Centrale Paris Olivier Sohn Stage, Ecole Centrale Paris Compositeurs en recherche Mauro Lanza François Nicolas Chercheur invité Patricia de la Cuadra CCRMA, Université de Stanford (USA) Équipe Acoustique des salles Olivier Warusfel Responsable Gérard Bertrand Ircam, technicien des 3 équipes acoustique Olivier Delerue Chargé de recherche et de développement Reinhard Gretzki Chargé de recherche (d octobre à décembre) Brian Katz Chargé de recherche Véronique Larcher Chargée de recherche (février)
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 287 Manuel Poletti Philippe Prévot Emmanuel Rio Vincent Rioux Sébastien Roux Riitta Väänänen Assistant de production Chargé de développement, ingénieur de recherche, ministère de la culture et de la communication. Chargé de recherche et de développement Responsable du projet Orgue Bruxelles Chargé de recherche et de développement Chargée de recherche Chercheurs stagiaires et étudiants Alexis Baskind Thèse Atiam, Université de Paris VI Magali Deschamps Stage ingénieur du son CNSMDP Véronique Larcher Thèse Atiam, Université de Paris VI Guillaume Vandernoot Thèse Atiam, Université de Paris VI, Cifre, Renault Compositeur en recherche François Nicolas Consultant François Eckert Équipe Design sonore Louis Dandrel René Caussé Olivier Warusfel Emmanuel Deruty Nicolas Misdariis Patrick Susini Ingénieur du son Responsable Coordinateur scientifique Coordinateur scientifique Assistant de production Chargé de recherche et de développement Chargé de recherche (collaboration équipe Perception et cognition musicales) Chercheurs stagiaires et étudiants Aurélie Boudier Stage ENSAM, Paris Yoann Flavignard Stage ENSAM, Paris Compositeur en recherche François Nicolas
288 BILAN 2001 : Communication Équipe Perception et cognition musicales Stephen McAdams Responsable, directeur de recherche (DR2, CNRS) Gérard Bertrand Technicien des 3 équipes Acoustique Emmanuel Bigand Professeur d'université en délégation (CNRS) (à partir de septembre ). Alain de Cheveigné Chargé de Recherche (détachement CR2 CNRS) Holle Kirchner Assistante de recherche Daniel Pressnitzer Chargé de recherche (CR2, CNRS) Vincent Rioux Chargé de Recherche Bennett Smith Ingénieur de recherche Patrick Susini Chargé de recherche Sandrine Vieillard Assistante de recherche Chercheurs invités, post-doc Mondher Ayari Fondation Fyssen Cécile Marin Université de Paris III Martine Turgeon Fondation Fyssen Suzanne Winsberg Université Rutgers (USA) Chercheurs stagiaires et étudiants Anne Caclin Stagiaire DEA puis thèse, Ecole Normale Supérieure/EHESS Aline Frey Stagiaire maîtrise, Université de Paris VIII Olivier Houix Thèse, Université du Maine (co-encadrement Acoustique instrumentale) Guillaume Lemaitre Thèse Université du Maine, Cifre Klaxon Daniel Matzkin Thèse, EHESS Jérémy Marozeau Thèse Atiam, Université de Paris VI Thomas Wulfrank Stagiaire DEA-Atiam, Université de Paris VI Compositeur en recherche Roger Reynolds Équipe Analyse/synthèse des sons Xavier Rodet Responsable Jean-Phillippe Lambert Chargé de recherche et de développement
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 289 Adrien Lefèvre Geoffroy Peeters Manuel Poletti David Ralley Vincent Rioux Axel Röbel Patrice Tisserand Chargé de développement Chargé de recherche et de développement Assistant de production Chargé de développement Responsable du projet Orgue Bruxelles Chargé de recherche et de développement Chargé de recherche et de développement Chercheurs, stagiaires et étudiants André Almeida Thèse, Université de Paris VI (co-encadrement équipe Acoustique instrumentale) Sébastien Bailleul Stage, Université d'orléans Francis Corson Thèse Atiam, ENS-ULM, Université de Paris VI Bertrand Delezoide Stage DEA Atiam, puis thèse Université de Paris VI, bourse CEA Michael Durand Stage, INSA Lyon Wim D'Haes Thèse, Université d'anvers Thomas Hélie Thèse ATS, Paris XI-Orsay Sylvie Noël Stage, ENSEEIHT (École nationale supérieure d'electrotechnique, d'electronique, d'informatique, d'hydraulique de Toulouse). Geoffroy Peeters Thèse Atiam, Université de Paris VI, puis contrat Ircam Diemo Schwarz Thèse Atiam, Université Pde aris VI Emmanuel Vincent Stage DEA Atiam, puis thèse Atiam, Université de Paris VI, ENS Paris Hans Van Gompel Stage, Université d Anvers Marcelo Wanderley Thèse, Université Paris VI Compositeur en recherche Alejandro Viñao Consultant Alain Lithaud Compositeur
290 BILAN 2001 : Communication Équipe Représentations musicales Gérard Assayag Responsable Carlos A. Agon Amado Chargé de recherche et de développement Olivier Delerue Chargé de développement Stagiaires et étudiants Moreno Andreatta Olivier Lartillot Benoit Meudic Charlotte Truchet Thèse EHESS/ENS/CNSMDP Thèse Atiam, Université Paris VI Thèse Atiam, Université de Paris VI, projet Cuidado Thèse, Université de Paris VI, ENS Paris Compositeurs en recherche Georges Bloch Jean-Luc Hervé Équipe Système temps réel François Déchelle Responsable Riccardo Borghesi Chargé de développement Peter Hanappe Chargé de développement Nicola Orio Chargé de recherche et de développement Norbert Schnell Chargé de recherche et de développement Stagiaires et étudiants Paul Brossier Franck Lays Vincent Mouillet Stage, Université de la Méditerrannée Aix-Marseille II Stage, Université technologique de Compiègne Stage, Cnam Compositeur en recherche Philippe Manoury Services en ligne Pascal Mullon Guillaume Boutard Chef de projet (à partir de juin) Chargé de développement
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 291 Max Jacob Service informatique Laurent Ghys Julien Boissinot Youcef Bensaid Olivier Labat Patrice Pierrot David Sansault Atelier de mécanique Alain Terrier Chargé de développement (à partir de septembre) Responsable Administrateur système Technicien Ingénieur système Technicien Technicien (jusqu en octobre) Technicien Création et Pédagogie Marie-Hélène Serra Directeur Pédagogie Alain Jacquinot Directeur de Production Fabien Levy Conseiller pédagogique (jusqu'en janvier) Philippe Lalitte Conseiller pédagogique (à partir de février) Eric Daubresse Coordinateur assistants musicaux Création Emmanuel Fléty Ingénieur, chef de projet Assistants musicaux Création/Pédagogie Serge Lemouton Création Tom Mays Création Gilbert Nouno Création Olivier Pasquet Création Manuel Poletti Création Frédéric Voisin Création Jean Lochard Pédagogie Mikhail Malt Pédagogie Benjamin Thigpen Pédagogie Hans Tutschku Pédagogie Denis Lorrain Assistant informatique musicale Cyrille Brissot Animateur pédagogie Emmanuel Jourdan Animateur d ateliers en informatique musicale (à partir de juin)
292 BILAN 2001 : Communication Professeurs de composition Philippe Hurel Compositeur Ivan Fedele Compositeur Brian Ferneyhough Compositeur Jonathan Harvey Compositeur Philippe Manoury Compositeur Tristan Murail Compositeur Marco Stroppa Compositeur Alejandro Viñao Compositeur Intervenants Andrea Cera Mauro Lanza François Sarhan Stéphane Schaub Musiques actuelles Cursus de composition Ateliers, conférencier Ateliers jeunes Musicologues Alain Bioteau Alain Bonardi Bruno Bossis Pierre Couprie Giordano Ferrari Philippe Lalitte Son Frédéric Prin David Poissonnier Sébastien Naves Xavier Bordelais Etienne Bultingaire Franck Rossi Mathieu Farnarier David Bichindaritz Pierre Gufflet Emmanuel Martin Régie David Fort Marc Richaud Mathieu Bodard Responsable ingénierie du son Ingénieur du son Technicien ingénierie sonore Ingénieur du son (intermittent) Ingénieur du son (intermittent) Ingénieur du son (intermittent) Régisseur son (intermittent) Assistant son (service civil) Assistant son (service civil) Assistant son (service civil) Régisseur général Régisseur (intermittent) Assistant régisseur (service civil)
BILAN 2001 : RELATIONS EXTERIEURES 293 Moyens techniques Daniel Raguin François Gibouin Jérémie Henrot Martine Gaultier Logistique Agnès Couaillier Agnès Fin Nathalie Beaufranc Marie-Thérèse Join Natacha Moënne-Loccoz Astrid Schirmer Klaus-Peter Altekruse Coordinateur des moyens techniques Technicien de maintenance Assistant son (régie des studios) Technicienne câblage Chargée de production Secrétaire de production Assistante Pédagogie Assistante Pédagogie Assistante Pédagogie Assistante Production Secrétaire Production Création chorégraphique François Raffinot Damien Valette Danseurs Chorégraphes invités Directeur artistique Chargé de production Intermittents du spectacle Intermittents du spectacle
294 BILAN 2001 : Communication