QUELLE EST LA NATURE DE L ÉLÉMENT QU- DANS LES PHRASES CLIVÉES?

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QUELLE EST LA NATURE DE L ÉLÉMENT QU- DANS LES PHRASES CLIVÉES? María José Marcos García Universidad de Salamanca INTRODUCTION La structure clivée en français vient définie par un schéma constant et invariable: c est que/ qui. C est ainsi que la base de ce type de structures tourne autour de deux éléments: un verbe c est et un élément qu- qui présente une alternance formelle: qui, que. L objet de notre étude est cet élément qu-. Les différents courants linguistiques ont analysé l élément qu- selon des critères très différents. Le fait d établir quelle est la nature de cet élément constitue un problème pour les spécialistes. Notre objectif est de réaliser une apportation qui puisse aider à éclaircir un peu cette question. DU PRONOM RELATIF AU COMPLÉMENTEUR À cause des caractéristiques formelles de ces structures, la grammaire traditionnelle a considéré qu il s agit d une subordonnée relative. Ces linguistes considèrent que l élément quest un pronom relatif avec un antécédent. De cette façon ils expliquent l alternance qui/que en disant que qui apparaît lorsqu on met en relief le sujet et que s emploie lorsqu on met en relief un autre élément. Le problème se pose dans les cas ou l élément extrait, c est-à-dire, l élément situé entre c est et qu-, a une valeur circonstancielle. Dans ce cas, on trouve des syntagmes prépositionnels et des subordonnées circonstancielles. Lorsque la grammaire traditionnelle trouve un de ces éléments devant que, elle ne sait plus très bien comment expliquer ce que. Il y a des linguistes qui ne donnent aucune explication. D autres pensent que c est une conjonction. En tout cas, même ces grammairiens ont le pressentiment que cela n est pas un pronom relatif. Nous rejetons, par conséquent la théorie traditionnelle car nous considérons que c est une théorie très ambiguë et ne suit pas un critère homogène. On peut ajouter que ce n est pas une analyse approfondie. Les grammairiens se limitent à décrire ce qu ils observent. Il ne présentent pas un critère unique capable d englober toutes les formes. D un côté ils parlent de deux pronoms relatifs: qui, que. D un autre côté ils font référence à un élément que duquel ils soupçonnent que ce n est pas un relatif mais ils n analysent pas cet élément. Ils n arrivent à aucune conclusion. Cependant, il y a eu des spécialistes qui se sont rendus compte du problème assez tôt.

468 MARÍA JOSÉ MARCOS GARCÍA Nous considérons intéressante l idée proposée par Henri Frei en 1929. 1 Frei fait référence au phénomène du décumul du relatif. Ce qui, à l origine était un ensemble de formes relatives est remplacé par une forme invariable que, laquelle produit le décumul des pronoms relatifs. Frei considère cet élément que comme une conjonction vide. À partir de cette théorie, Emmanuel Calan 2 va plus loin et il parle du subordonnant que. La terminologie de Calan nous semble appropriée car il évite les termes pronom relatif et conjonction. C est un premier pas pour établir un critère homogène. Mais Calan ne s arrête pas là, il avance un peu plus. Il parle d un seul subordonnant ququi présente deux formes: qui et que. Ce subordonnant est invariable et plus neutre que le relatif. Cela lui permet de s adapter à des contextes très différents. Nous pouvons vérifier cette affirmation à partir de l exemple suivant Pierre a acheté des fleurs à Marie hier au marché À partir de cet énoncé nous pouvons construire plusieurs phrases clivées où les termes extraits sont très variés. C est Pierre qui a acheté des fleurs à Marie hier au marché C est des fleurs que Pierre a acheté à Marie hier au marché C est à Marie que Pierre a acheté des fleurs hier au marché C est hier que Pierre a acheté des fleurs à Marie au marché C est au marché que Pierre a acheté des fleurs à Marie hier Les termes qui précèdent le subordonnant sont très différents du point de vue formel et du point de vue fonctionnel; pourtant, on emploie toujours le même élément qu-, avec la variation que/qui qui constitue la différence entre la première phrase et le reste. Nous considérons que Calan a raison lorsqu il affirme que qu- est le deuxième élément de l actualisateur c est qu-. Nous sommes aussi d accord avec Calan quand il dit qu il existe un lien entre c est et quplus grand que le lien qui peut exister entre qu- et ce qu on pourrait considérer l antécedent du pronom relatif, c est-à-dire, le terme extrait. Ce même chemin est suivi par la grammaire générative. En général ces linguistes sont d accord sur le fait que cet élément qu- n est pas un vrai pronom relatif. La terminologie la plus fréquente à l intérieur du courant génératif c est complémenteur, bien qu il existe d autres terminologies. La grammaire générative distingue clairement ce complémenteur du vrai pronom relatif. Les deux présentent la même forme mais leur comportement syntaxique est tout à fait différent. Une question qui n a pas échappé à la grammaire générative, c est l alternance entre que et qui. Après l application de diverses règles ils arrivent à une conclusion générale avec laquelle nous sommes d accord. La forme qui apparaît dans les cas où le second verbe est séparé de son sujet. AUXILIAIRE DE DISPOSITIF Pour établir notre analyse personnelle nous partons de l approche pronominale où on emploie pour les phrases clivées la terminologie de dispositif d extraction. 1. Cf. Frei (1929) 2. Cf. Calan (1972)

QUELLE EST LA NATURE DE L ÉLÉMENT QU- DANS LES PHRASES CLIVÉES? 469 Dans ce dispositif nous distinguons trois éléments: un auxiliaire de dispositif, un terme extrait et la construction du second verbe. La terminologie que nous allons utiliser, c est, donc, terme auxiliaire de dispositif. L approche pronominale établit de façon claire les différences entre la phrase clivée et la phrase relative. Dans la structure clivée nous trouvons un auxiliaire de dispositif, dans la relative apparaît le pronom relatif avec son antécédent. Comme nous verrons plus tard, il existe des énoncés qui sont ambigus, d après l interprétation qu on leur donne, ce sont des énoncés relatifs ou des énoncés clivés. À partir de ce moment nous voulons exposer quelques caractéristiques du dispositif d extraction qui vont nous aider à prouver que l élément qu- n est pas un pronom relatif mais un simple auxiliaire de dispositif. Les linguistes qui parlent de pronom relatif considèrent qu il existe une subordonnée relative dont le verbe principal est le verbe c est. Cependant, le verbe c est n est pas un verbe constructeur dans ce type de structures. Le verbe qui construit les valences est le second verbe de la phrase, celui qui est toujours placé après qu-. C est à lui que je pense C est de lui que je me souviens L élément situé entre c est et que n est pas construit par le verbe c est. Le terme extrait n a aucun rapport de proportionnalité avec un pronom par rapport au premier verbe. *C est à lui *C est de lui L élément extrait est construit par les verbes penser et se souvenir. Je pense à lui Je me souviens de lui Nous avons choisi ces exemples où l élément extrait porte une préposition parce que cette préposition nous aide à voir d une façon plus claire que ces syntagmes prépositionnels sont régis par les verbes parler à quelqu un et se souveinr de quelqu un. Du point de vue syntaxique il n existe pas une grande différence entre les structures de base Je me souviens de lui Je pense à lui Et les phrases clivées C est à lui que je pense C est de lui que je me souviens Dans la phrase clivée le verbe c est sert à asserter une relation entre le second verbe et sa construction. 3 Ce second verbe construit les mêmes valences dans la structure de base et dans la structure clivée. Si on part du fait que le verbe c est ne construit pas ces compléments, on peut conclure que ce n est pas le verbe principal et, par conséquent, la subordination n existe pas. Si la subordination n existe pas, la relative est fausse et, par conséquent, l élément qu- ne fonctionne pas comme un pronom relatif. De la même façon, le terme extrait, considéré comme l antécédent de ce pronom, n a jamais cette fonction. Ce terme dépend du second verbe et réalise la même fonction qu il a dans la structure de base. 3. Cf. Benveniste Claire Blanche (1983)

470 MARÍA JOSÉ MARCOS GARCÍA Comme nous avons déjà signalé, il existe une construction parallèle où le verbe c est est le verbe constructeur. On peut, dans ce cas, parler de subordonnée relative et, par conséquent, de pronom relatif. Nous avons fait référence à ces énoncés qui sont ambigus. Voyons la phrase suivante. C est le chocolat que je voulais Cet énoncé peut avoir deux interprétations. Dans la première le verbe c est est le verbe constructeur et la seconde partie de la phrase est une subordonnée relative introduite par le pronom relatif que. La phrase équivaut à C est celui que je voulais La seconde interprétation est le dispositif d extraction où la valence objet le chocolat a été séparée de son verbe vouloir et elle a été placée devant ce verbe à l aide de c est que. La phrase équivaut à C est celui-ci que je voulais, pas celui-là Nous analyserons un autre exemple qui nous facilite d autres détails. C était le lendemain qu ils recevaient leurs cadeaux Si l on prend le verbe c était comme verbe constructeur avec une subordonnée relative, la phrase équivaut à: le lendemain du jour où ils recevaient leurs cadeaux. Dans ce sens, la tournure avec relatif que appartient plutôt à la langue parlée et familière. Si l on considère que c est un dispositif, la construction verbale est la suivante Le lendemain ils recevaient leurs cadeaux On interprète l énoncé de la façon suivante: on identifie le jour où ils recevaient leurs cadeaux, ce jour est situé le lendemain d un jour dont il a été question par ailleurs. Dans la première interprétation de cet énoncé on a fait une paraphrase où l on a introduit un nouveau relatif: où. Effectivement, lorsque l élément qu- est un pronom relatif on peut le remplacer par un autre pronom relatif. C est la fille à qui j ai prêté mon livre Cet enoncé équivaut à C est la fille à laquelle j ai prêté mon livre Cela n est pas possible dans le dispositif. La seule forme possible est que avec, parfois,la variante qui. C est à la fille que j ai prêté mon livre *C est à la fille laquelle j ai prêté mon livre *C est à la fille à laquelle j ai prêté mon livre C est un fait sur lequel a basé sa théorie Richard Kayne. 4 Pour ce linguiste la grande différence entre un complémenteur et un pronom relatif, c est que le pronom peut être remplacé par le relatif lequel, tandis que le complémenteur ne permet pas cette substitution. Ce dernier exemple découvre un autre trait qui caractérise la phrase clivée. Lorsque le terme extrait est un syntagme prépositionnel, la préposition est conservée dans ce syntagme mais elle n apparaît jamais à côté de que. Si nous trouvons une préposition à côté de que, c est parce que nous avons une relative avec son pronom relatif. C est la fille dont on parle C est de la fille qu on parle Dans la première phrase apparaît un SN qui est l attribut du verbe être, on peut l interprétrer comme: celle-ci est la fille. Ce SN est suivi d un pronom relatif dont qui englobe la préposition 4. Cf. Kayne (1976)

QUELLE EST LA NATURE DE L ÉLÉMENT QU- DANS LES PHRASES CLIVÉES? 471 de régie par le verbe parler. L antécédent de ce pronom est le SN la fille. Il existe un lien entre les deux, bien sûr. Le pronom représente le SN dans sa proposition avec le verbe parler. Mais chacun de ces deux éléments réalise sa fonction en rapport avec son verbe, la fille attribut de être, dont complément de parler. La seconde phrase, par contre présente un syntagme prépositionnel qui dépend directement du verbe parler de qulqu un. On parle de la fille Ce syntagme est placé devant son verbe grace au dispositif c est que. Dans la première phrase on pouvait remplacer la relative par un paradigme du type C est la fille sympathique Française Blonde Heureuse Qui est arrivée hier Que tu connais Ce paradigme ne peut jamais remplacer la seconde partie de la structure clivée. *C est de la fille sympathique Française Blonde Heureuse Qui est arrivée hier Que tu connais Finalement, nous voulons souligner l existence d une alternance entre les formes qui /que. La grammaire générative a développé maintes règles pour exliquer cette transformation de que en qui. Cependant, ils arrivent tous à une même conclusion avec laquelle nous sommes d accord. L auxiliaire de dispositif est un élément qu- qui présente une alternance entre e et i. On emploie i quand le sujet est loin du verbe constructeur. C est justement cet élément qui qui sépare le sujet et le verbe. Revenons à notre premer exemple: C est Pierre qui a acheté des fleurs à Marie hier au marché On emploie que dans tous les autres cas, où le verbe va toujours précédé de son sujet. C est des fleurs que Pierre a acheté à Marie hier au marché C est à Marie que Pierre a acheté des fleurs hier au marché C est hier que Pierre a acheté des fleurs à Marie au marché C est au marché que Pierre a acheté des fleurs à Marie hier En guise de conclusion, nous voulons souligner que l analyse de l élément qu- dans la structure clivée ne pose pas de problèmes aux spécialistes. On peut au moins reduire ces problèmes si on part du fait que la subordonnée relative et la pronom relatif n existent pas dans la phrase clivée. À partir de là, on peut analyser, si l on veut, les clivées et les relatives d une façon parallèle ou avec une approche contrastive, mais sans les mélanger ni les confondre. BIBLIOGRAPHIE BENVENISTE, Cl.-B. (1983) Examen de la notion de subordination, Recherches sur le français parlé, 4, pp. 71-115. CALAN, E. (1972) Étude sur le relatif français, La linguistique, 8 II, pp. 137-143.

472 MARÍA JOSÉ MARCOS GARCÍA FREI, h. (1929) La grammaire des fautes, Paris, Genève, Leipzig. KAYNE, R.-S. (1976) French relative que, in LUJAN, M.-HENSEY, F. (eds.) Current studies in Romance Linguistics, Washington. MOREAU, M.-L. (1971) L homme que je crois qui est venu. Qui, que: relatifs et conjonctions, Langue française, 11, pp. 77-90. SACAPPINI, S.-A. (1988) Étude des extractions en c est que, Aix-en-Provence. Mémoire de Maîtrise non publiée.