Sommaire: Fertilisation raisonnée de la vigne

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Transcription:

Sommaire: Fertilisation raisonnée de la vigne I-Bases de la fertilisation raisonnée. II-Analyses de terre. III-Mise en œuvre de la fertilisation raisonnée. IV-Etudes de cas. V-Conclusions. Compléments en ligne sur le site de l INPT et moodle: - Quizz et exercices. - Cours + dossier de documents complémentaires. 1

III-Mise en œuvre de la fertilisation raisonnée. III-1. Apports de matières organiques. III-2. Fertilisation azotée III-3. Fertilisation P III-4. Fertilisation K, Mg III-5. Les apports en Fe III-6. ph III-7. Mn, Cu C. Dumat 2

III-1. Apports de matières organiques. Mécanismes en jeu Sarments Composts 3

Mécanismes en jeu

10

11 camille.dumat@ensat.fr

Restitution des sarments Lors du pré-taillage ou de la taille, les sarments peuvent être restitués en entier ou broyés en ayant pris soin de respecter les mesures prophylactiques concernant les maladies du bois. La valeur organique des sarments est de l ordre de 150 à 170 kg d humus produit par tonne restituée. Sachant qu en vignes basses et étroites la quantité de sarments est comprise en moyenne entre 2-3 tonnes/ha, on peut ainsi compenser une perte en humus de 300-500 kg/ha/an. Les éléments minéraux apportés doivent être pris en compte dans le plan de fertilisation : par ex. en Pinot Noir sur une base de 47 hl/ha, ils sont estimés en N/P/K/Mg respectivement à 9/5/11/3 unités/ha.

Compostage Le compostage est une technique consistant à aérer les matières organiques (fumier, fientes...) en vue de stimuler leur décomposition sous l action des micro-organismes. Il s accompagne d une perte de masse importante. Le co-compostage consiste à mélanger des déchets organiques d origine différente : animale (fumiers, lisiers, fientes) et végétales (issus de la taille, de la tonte, marcs de raisin ) puis à aérer les andains constitués afin d en accélérer la décomposition. Sur vigne ces deux techniques permettent de réduire les temps d épandage, de diminuer le tassement du sol, de désodoriser les effluents d élevage et de détruire les mauvaises herbes et les germes pathogènes

III-2. Fertilisation azotée de la vigne. L apport azoté du viticulteur ne dépassera pas les 50 unités/ha annuellement. En cas d enherbement permanent du sol, un apport supplémentaire de 30 à 50 unités/ha est possible, uniquement en cas de carence constatée. Face à une carence modérée en azote, une correction sous forme minérale est généralement mise en place au printemps de l année suivante. La solution à long terme passe par l amélioration du statut organique du sol.

III-3. Fertilisation phosphatée. Le P joue un rôle essentiel dans les mécanismes énergétiques de la vigne. Cependant, les besoins de la vigne restent faibles : environ 15 à 20u de P 2 O 5 par an. Avant plantation et en fonction des résultats de l analyse de terre, une fumure de fond phosphatée pourra être apportée si P 2 O 5 assimilable < 0,15 g/kg (méthode Joret- Hébert) ou 0,45 g/kg (Olsen). Toutefois, la quantité n excède pas 200 (sol calcaire) à 400 (sol acide) unités de P 2 O 5.

Le choix de l engrais phosphaté apporté en fumure de fond (avant un labour profond) se fait en fonction du ph et de la teneur en calcaire du sol. En sol acide : forme soluble dans l acide citrique ou formique (phosphate naturel ou bicalcique). En sol calcaire : phosphates organiques ou minéraux sous forme soluble dans le citrate d ammonium dont au moins 90 % dans l eau (ex : super triple). Dans ce dernier cas, l apport doit être limité pour éviter rétrogradations et pertes par ruissellement. Il peut aussi être apporté sous forme soluble en milieu alcalin (phospal).

Sur vigne en place : aucune fumure phosphatée n est nécessaire. Les analyses régulières du phosphore (analyse pétiolaire, la plus pertinente) ou du phosphore assimilable (analyse de terre) sont des indicateurs du comportement de la vigne dans son sol. Les teneurs souhaitables dans les pétioles à mi-véraison sont de 0,16 % sur pinot noir et 0,12-0,16 % sur chardonnay.

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III-4. Fertilisation K, Mg de la vigne. Il existe un antagonisme entre K et Mg qui se traduit par une différence d absorption par les racines : K est absorbé prioritairement par rapport au Mg. Le choix du porte-greffe joue sur les possibilités d absorption et l utilisation des 2 éléments. Les exportations d une vigne en Bourgogne sont d environ 1 unité/ha de K 2 O/hl produit et 10 à 15 unités/ha de MgO, quelle que soit la production.

Analyse de végétal (pétioles en particulier) Les résultats de l analyse de pétioles s interprètent comme l indique le tableau. Les valeurs de références peuvent être ajustées localement et annuellement en fonction du millésime.

Fumure de fond en K La question de la fumure de fond ne se pose que pour le K en raison du risque de lessivage du Mg. En cas de faible teneur en Mg dans le sol, on veille à maîtriser particulièrement la fumure potassique et à apporter dès la 3 e, voire 2 e année, une fumure d entretien régulière en magnésie. Concernant le potassium, les rapports K/CEC et K/Mg mentionnés dans le tableau donnent une indication du potentiel.

Fumure d entretien K, Mg La quantité apportée est fonction des résultats des analyses de pétioles et de terre. Environ 60 unités/ha par an en potasse (max. 90) et 10-15 unités/ha en Mg (max. 30).

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III-5. Les apports en fer. Dans le cas de chlorose revenant de façon régulière (chaque année ou presque) quel que soit le climat printanier, des apports au sol sont faits (fer chelaté (EDDHA)), plutôt que des apports foliaires dont l efficacité est limitée. Sauf exception, l apport est limité à 1 000 g de fer/ha/an et doit être fait avec un volume d eau important (supérieur à 500 l/ha).

III-6. ph.

III-7. Mn, Cu

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