Panorama de l astronomie. 7. Spectroscopie et applications astrophysiques



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Transcription:

Panorama de l astronomie 7. Spectroscopie et applications astrophysiques Karl-Ludwig Klein, Observatoire de Paris Gilles Theureau, Grégory Desvignes, Lab Phys. & Chimie de l Environement, Orléans Ludwig.klein@obspm.fr, Tél. 01 45 07 77 61 http://lpce.cnrs-orleans.fr/~theureau/panorama/panorama.html

Spectroscopie L outil de base en astrophysique: mesures des composition, températures, vitesses, champs magnétiques dans les astres

Astronomie & astrophysique Astronomie : mouvement des astres, forces qui les gouvernent (gravitation). Astrophysique : nature des astres, leur composition, les processus physiques qui y ont lieu. Nous pouvons explorer des parties de notre système solaire par des satellites artificiels (planètes & satellites naturels, milieu interplanétaire), mais ne disposons que du rayonnement pour la plupart des objets astrophysiques. Comment mesurer les paramètres des astres au travers de leur rayonnement? Comte (vers 1830): des connaissances autres que les positions des astres resteront à jamais inaccessibles à nous.

Les couleurs des étoiles Constellation d Orion Les étoiles ont des couleurs différentes Couleurs d un gaz : notion «chaud» (bleu) - «froid» (rouge) de la flamme d une bougie Couleurs d un corps solide chaud : fer modérément chaud (rouge, faible intensité) - fer très chaud (blanc, forte intensité)

Eléments d analyse spectrale (http://media4.obspm.fr/public/fsu/) Décomposition de la lumière visible par un prisme: spectre Newton : les couleurs séparées ne sont pas de nouveau séparées lorsque l on les fait passer par un prisme : couleurs élémentaires On peut mesurer l intensité en fonction de la couleur (= longueur d onde, λ)

Rayonnement : corps solide & gaz dense Augmentation T augmentation luminosité : énergie/surface/temps F = σ St T 4 (1) diminution longueur d onde de l émission la plus intense : λ max =b/t (2) Trois spectres : - T=7000 K, λ max = 414 nm (bleu-violet) - T=5800 K, λ max = 500 nm (vert) - T=5000 K, λ max = 580 nm (vert-jaune) Lois de Stefan (1) et de Wien (2)

Rayonnement : gaz dense & dilué Le spectre du Soleil (lumière visible) Spectroscope imaginaire Spectroscope Spectre continu, raies d absorption superposées Spectre continu Répartition de l énergie émise en fonction de la couleur température des couches émettrices : 5800 K pour le Soleil Lumière doit traverser les couches plus externes (gaz plus froid), y est partiellement absorbée. Pourquoi des raies?

Que signifient les raies spectrales? Un peu de physique atomique

Constats : Gaz très denses et solides (fer chaud) émettent spectre continu ; ensemble de raies spectrales caractéristique d un élément chimique; mêmes λ en émission (gaz chaud) et en absorption (gaz froid).

Emission et absorption par un atome hν - - + hν Un e - peut être éloigné du noyau par l absorption d énergie (provenant du rayonnement incident). Lorsqu un e - s approche du noyau, il émet du rayonnement (un photon, fréquence ν=c/λ, énergie hν). La différence entre les niveaux d énergie de l e - est l énergie du photon émis ou absorbé: ΔE=hν=hc/λ Atome constitué d un noyau (+) et d un ou plusieurs électrons (-). Modèle simple (N. Bohr) : électrons (e - ) en orbites autour du noyau.

Emission et absorption par un atome + - hν Atome constitué d un noyau (+) et d un ou plusieurs électrons (-). Modèle simple (N. Bohr) : électrons (e - ) en orbites autour du noyau. - + e - lié dans un atome: orbites discrètes (Bohr) spectre λ discret (raies) Gaz très dense : autant d événements d émission que d absorption spectre λ continu e - libre dans solide ou gaz : ΔE continu spectre λ continu (solides incandescents, gaz chauds) Autre possibilité : e - transitant de l état libre à un état lié (atomes d un gaz; recombinaison)

Emission et absorption par un atome : hydrogène Différentes orbites (niveaux d énergie) possibles pour un e - Série de raies par transition vers un même niveau final à partir de différents niveaux de départ Exemple: raies d émission, série de Balmer (1 Angstrom = 0,1 nm) :

Qu apprenons-nous par la spectroscopie? 1. La composition chimique des astres L occupation des niveaux électroniques, donc les positions des raies dans le spectre, sont caractéristiques des éléments chimiques.

Raies spectrales : traceurs de la composition chimique des astres 400 500 600 700 λ [nanomètres] H, série Balmer (émission) Etoiles (absorption), mais même longueur d onde que spectre de laboratoire

Raies spectrales : traceurs de la composition chimique des astres Pour la Science, no. spécial Déc. 1994 Mesures dans étoiles de notre Galaxie, d autres galaxies, dans le milieu interstellaire. Eléments chimiques que nous connaissons sur Terre L élément le plus simple (H) est le plus abondant (sauf Terre) «Numéro atomique» = nombre de protons au noyau = nombre d électrons autour du noyau.

Raies spectrales : traceurs de la composition chimique des astres Les raies spectrales dépendent de l élément chimique. L absorption est d autant plus forte (la raie est d autant plus prononcée) que le nombre d atomes absorbants est grand. Difficulté : la présence d une raie spectrale dépend aussi de la température : T peut être si basse que tous les atomes sont dans l état le plus bas (tous les électrons sur l orbite la plus interne) et l énergie du rayonnement ne suffit pas à les élever à un niveau supérieur. T peut être si élevée que tous les atomes sont ionisés. Dans les deux cas : pas de raie, même si l élément est abondant!

Qu apprenons-nous par la spectroscopie? 2. Températures La répartition de la brillance parmi les couleurs dépend de la température de l émetteur.

Spectres : traceurs de la température des astres Lois de Stefan & de Wien : les températures des étoiles varient d environ 3000 K (étoiles rouges) à plusieurs 10 000 K (étoiles bleues). Le spectre continu des étoiles permet de mesurer la température de la couche émettrice (= «surface» de l étoile). Les raies spectrales donnent des indications sur les couches au-dessus. Les températures mesurées montrent que les étoiles sont constituées de gaz.

Classification des spectres des étoiles Satellite Hipparcos, 1995 Diagramme Hertzsprung-Russell Géantes rouges Séquence principale Naines blanches L(étoile) / L(Soleil) 10 6 10 4 10 2 1 10-2 10-4 chaude & brillante chaude & faible Soleil froide & brillante froide & faible 40000 20000 10000 5000 2500 Température [K] Classification des étoiles selon leur spectre: pour un gaz en équilibre thermodynamique L=4πR 2 σt 4 (loi de Stefan); une étoile est brillante parce qu elle est (1) chaude ou (2) grande.

Raies spectrales : traceurs de la température des astres Observation : spectres d étoiles de classes différentes (couleur foncée=absorption). Température Nomenclature : élément + état d ionisation; p. ex. He I = atome neutre d hélium He II = atome une fois ionisé Effets de la température : dans les étoiles O4 les raies He I sont faibles, raie He II forte Dans les B0, HeII faible, HeI fort moins chaude que O4 classe spectrale reflète température à la «surface» de l étoile

Qu apprenons-nous par la spectroscopie? 3. Champs magnétiques Les raies spectrales se démultiplient si elles sont produites en présence d un champ magnétique.

Effet Zeeman : mesure du champ magnétique Le champ magnétique de la Terre se manifeste par l orientation de l aiguille de la boussole. Processus de base : interaction champ magnétique - courant électrique (= charges électriques en mouvement). Dans un atome : les électrons de l enveloppe atomique constituent des courants électriques qui interagissent avec un champ magnétique externe. Modification des niveaux d énergie des électrons.

B Effet Zeeman : mesure du champ magnétique hν +1 hν hν 0 - + - + - - hν +1 L énergie des électrons est modifiée en fonction de l orientation du plan par rapport au champ magnétique. Résultat : démultiplication de certains niveaux d énergie en présence d un champ magnétique. Démultiplication résultante des raies. Différence entre les λ des raies démultipliées = mesure de l intensité du champ magnétique, la polarisation de la lumière = mesure de sa direction.

Effet Zeeman : mesure du champ magnétique du Soleil Gauche : cliché du Soleil, taches solaires (Observatoire de Meudon) Droite : Mesure du champ magnétique du Soleil (composante en direction de l observateur; satellite SoHO) Taches = régions de champs mag intenses (0,3 T)

Effet Zeeman : mesure du champ magnétique du Soleil Modification du champ magnétique autour d un groupe de taches solaires. L van Driel-Gesztelyi, Obs; Paris

Qu apprenons-nous par la spectroscopie? 4. Vitesses La longueur d onde des raies spectrales dépend de la vitesse de la source et de l observateur.

Effet Doppler : ondes sonores λ 0 λ 0 λ 0 Une source sonore émet des ondes à des intervalles réguliers au repos p/r observateur : λ obs =λ 0 s approche : λ obs =λ 0 -Δλ ( bleu) s éloigne : λ obs =λ 0 +Δλ ( rouge) " #$ $ 0 = V c

Effet Doppler : quelques applications en astrophysique Exoplanètes, rotation des galaxies, expansion de l Univers

Newton : loi de la gravitation universelle - généralisation des lois de Kepler P. Lantos, Le Soleil en Face Newton : si le Soleil exerce une force sur les planètes, celles-ci doivent également exercer une force sur le Soleil Conséquence des attractions mutuelles Soleil-planètes : Trajet du centre du Soleil par rapport au centre de masse (CM) du système solaire, sous l influence des planètes Perturbations multiples (planètes) Mouvement complexe du centre solaire Amplitude du mvt > rayon solaire

Effet Doppler : exoplanètes La planète force l étoile orbite autour du centre de masse ( ) du système. Décalage Doppler raies de l étoile. r * r p http://media4.obspm.fr/exoplanetes/pages_exopl-methodes/vitesses-radiales.html

Effet Doppler : exoplanètes Mesure : υ * (effet Doppler), période orbitale P (Mayor & Quéloz 1995, Nature) : r * r p " * = 2#r * P $ r * ( r * + r p ) 3 Kepler 3: P 2 r * = m p $ r 3 * r p m * P 2 = G ( m 4# 2 * + m p ) % 1+ r ( p ' * & ) r * 3 = r 3 % * P 1+ m * 2 ' & m p ( * ) 3 = = r 3 * P 2 ( m * + m p ) 3 3 m p r * 3 P 2 ( m * + m p ) 2 m p 3! = G 4" # $ m ' * 2 & % m ) p ( 3 ( * m * + m p ) 2 3 m p = G P 2 4" 2 3 r *

Effet Doppler : rotation des galaxies Deux cartes de la même galaxie spirale, en lumière visible (gauche) et ondes radio, λ=21 cm (H neutre; droite; couleurs indiquent vitesses - bleu = approche, rouge = éloignement)

Effet Doppler : galaxies lointaines Spectres en lumière visible de 2 galaxies : une proche (noir), une lointaine (rouge) Constat : le spectre de la galaxie lointaine est décalé vers les grandes λ (vers le rouge) Intensité Δλ Δλ Δλ Longueur d onde F. Durret, IAP Paris http://media4.obspm.fr/public/amc/bb/ big-bang/redshift/bb-historique/index.html

Effet Doppler : galaxies lointaines! E. Hubble (1929 ): décalage vers le rouge augmente avec la distance r de la galaxie Confirmé par de nombreuses observations Interprétation V = "# c # 0 «Loi de Hubble» V=H 0 r Vitesse V [km/s] Distance r [Mpc] Riess, Press & Kirshner (1996), Astrophysical Journal 473, 88 http://media4.obspm.fr/public/amc/bb/ big-bang/redshift/decalage-rouge/index.html

Expansion de l Univers : qu est-ce que cela signifie? Répartition des galaxies : Margaret Geller, Harvard-Smithsonian Observatory Image newtonienne : mouvement dans un espace absolu à géométrie euclidienne (coordonnées x, y, z). Mais : Par rapport à quoi les galaxies se meuventelles? Qu est-ce que l espace absolu (sinon l espace défini par les galaxies et les amas de galaxies?)

Expansion de l Univers : qu est-ce que cela signifie? r(t) r(t 0 ) Alternative : géométrie non-euclidienne. Inaccessible à notre intuition. Mais : imaginons un «univers» 2D sur la surface d une sphère : ballon gonflable. Expansion dans la 3ème dimension (invisible aux habitants 2D de cet Univers).

Expansion de l Univers : qu est-ce que cela signifie? θ R(t) d(t) R(t) rayon de la sphère, augmente au cours du temps N = nombre de galaxies sur le cercle, d(t)=r(t)θ leur distance moyenne Les coordonnées des galaxies (longitude, latitude) ne changent pas, les galaxies s éloignent parce que R(t) augmente. Eloignement le long de la surface d (t) = R (t)" = R (t) d(t) R(t) = H(t)d(t)

Expansion de l Univers : L idée du «big bang» Extrapolation vers le passé : l Univers était plus compact et plus chaud. Une étape de plus dans ce raisonnement : l univers actuel a débuté par une phase très dense / très chaude - analogie avec une explosion («big bang»). Univers actuel = débris de cette explosion, dans lesquels se sont formés les particules élémentaires, les premiers noyaux atomiques, les atomes, les galaxies Début de cette phase il y a env 15 milliards d années Indications observationnelles : l expansion actuelle, l abondance des éléments chimiques simples (H, He), le rayonnement «cosmologique» (= fond d émission faible provenant de toutes les directions du ciel)

Expansion de l Univers : L idée du «big bang» Début de cette phase il y a env 15 milliards d années Indications observationnelles : l expansion actuelle, l abondance des éléments chimiques simples (H, He), le rayonnement «cosmologique» (= fond d émission faible provenant de toutes les directions du ciel) CERN

En dehors de la lumière visible Rayonnements radio, IR, UV, X, gamma

La chaleur du Soleil: rayonnement infra rouge W. Herschel (1800): expériences de transmission de la lumière solaire par des verres de différentes couleurs. Rouge: réduit l intensité lumineuse, moins la chaleur. Vert: réduit la chaleur, moins l intensité. Conclusions : gros de l intensité lumineuse du Soleil portée par la lumière jaune/verte ; chaleur transportée par rayonnement au-delà du rouge dans le spectre (rayonnement «infra rouge»). http://coolcosmos.ipac.caltech.edu/cosmic_classroom/ir_tutorial, http://www.cavendishscience.org/phys/infrared/irexpt.htm

Ondes électromagnétiques (EM) Fin 19 ème siècle (Hertz): lumière et rayonnement IR font partie des ondes électromagnétiques. Les ondes EM sont des variations périodiques du champ électromagnétique; se propagent dans des milieux (p.ex. l air) et dans le vide. Conséquence : astres devraient émettre d autres ondes EM que la lumière visible. Quelques tentatives infructueuses de détecter le rayonnement du Soleil en ondes radio (λ de qq mètres) vers 1900. Nous savons aujourd hui que l atmosphère de la Terre ne laisse pas passer toutes les émissions EM (p.ex. : absorption des UV par couche O 3, réflexion des ondes radio longues par l ionosphère).

Le spectre électromagnétique Relation entre fréquence (ν) et longueur d onde (λ): λν=c (c = vitesse de propagation). L œil humain n est sensible qu à une petite partie du spectre EM. Rayons gamma, X, UV absorbés par l atmosphère, ondes radio λ>30 m réfléchies par l ionosphère de la Terre.

Résumé La spectroscopie fournit des informations sur la constitution des astres : composition chimique, températures, vitesses (Doppler-Fizeau), champ magnétique (Zeeman). Elle nous a apporté des connaissances essentielles sur les propriétés et la structure de l Univers : Les éléments chimiques constituant l Univers sont les mêmes que sur la Terre. H élément le plus abondant. Les étoiles sont des sphères de gaz dont les T de «surface» vont de 3 000 K à qq dizaines de milliers de K. Le diagramme Hertzsprung- Russell caractérise l état des étoiles (et le stade de leur évolution; cours suivant). De nombreuses étoiles semblent être accompagnées de planètes (pas une surprise) qui nous permettront de comprendre comment se forment des systèmes planétaires et quelles sont les conditions pour le développement de la vie. L Univers dans son ensemble n est pas statique, mais en expansion. Cela suggère que l Univers actuel est issu d une phase initiale à haute température et densité.