Au Bac Etude critique de doc Composition Croquis Schéma de travail Chapitre 2 : Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales Objectif : Les initiatives d intégrations régionales reflètentelles ou résorbentelles les tensions qui affectent le continent américain? Quelles sont les tensions sur le continent américain? A quoi sontelles dues? Quels contrastes économiques et culturels traduisentelles? Quelles sont les logiques des associations régionales? Introduction Les différences de culture et de niveau de développement, la volonté d hégémonie des ÉtatsUnis sur l ensemble du continent sont à mettre en relation avec les tensions qui affectent l Amérique latine et avec la concurrence entre les différentes constructions d associations régionales. Si certaines tensions opposent des États latinoaméricains entre eux pour des questions frontalières, les tensions les plus fortes impliquent les ÉtatsUnis. Elles proviennent de leur présence multiforme pour défendre leurs intérêts (lutte contre les producteurs de drogue par exemple) et d un rejet de l hégémonie étatsunienne par certains gouvernements (Cuba, Venezuela...). Deux logiques principales d intégration régionale s opposent : l Alena autour des ÉtatsUnis qui a comme perspective de devenir la Zone de libreéchange des Amériques ; le Mercosur, avec le Brésil comme pôle principal Comment les différentes tensions et formes d intégrations régionales s exprimentelles sur le continent américain? I Un continent aux multiples contrastes A Des inégalités de développement et de fortes disparités socioéconomiques Carte du Développement : P.206 Un nord développé (Canada et EU) et un sud hétérogène. Espaces intégrés à la mondialisation (littoral mégalopolis, sudeste brésilien ; des mégapoles (NY, Sao Paulo ) ; des CBD ; des espaces touristiques (Caraïbes )/ périphéries délaissées (espaces ruraux, bidonvilles Rio, intérieur des continents). Des migrations nombreuses entre l Amérique latine et les EU + exode rural en Amérique latine. 1
IDH (Indice de développement humain) EU 0,910 Haïti 0,454 Canada 0,908 Moyenne mondiale 0,682 Amérique latine 0,731 Sources : PNUD, 2011 Depuis le début du XXI ème siècle, l Amérique latine connaît de nombreux changements : Une partie «émerge» grâce à la forte croissance enregistrée ; ceci a permis une diversification des relations extérieures et des progrès sociaux. Ces pays comme le Brésil, le Venezuela, l Argentine ou le Chili possèdent des ressources leur permettant de s insérer dans la mondialisation. Mais les EtatsUnis dominent largement le continent et sont les principaux partenaires commerciaux des pays latino- américains. B Des contrastes culturels marqués La distinction entre l Amérique anglo- saxonne (au nord) majoritairement protestante et l Amérique latine essentiellement catholique et d origine ibérique, découle de la conquête coloniale. A cette opposition se rajoutent les apports culturels des amérindiens, des africains et des nouveaux migrants (asiatiques par ex.) Les Amérindiens sont peu nombreux au Nord (réserves avec droits spécifiques ; au Canada, les Inuits bénéficient d une autonomie sur leur territoire) ; ils vivent pour la plupart d entre eux dans la pauvreté. Au sud, les Amérindiens sont nombreux (centre et sud du Mexique, dans les Andes). culture les espaces américains : Antilles, Brésil, EtatsUnis (jazz). Les Africains, quant à eux ont marqué de leur 2
C Des régimes politiques différents L Amérique centrale a été morcelée en raison des dictatures, des guérillas. L Amérique du Nord connaît une unité autour de la démocratie mais sous des régimes différents (Canada appartient au Common Wealth). Aujourd hui la démocratie est majoritaire même si les oppositions idéologiques perdurent entre les régimes socialistes (Cuba, Vénezuela) et les régimes libéraux (Colombie, Mexique). II Un contient aux tensions multiples A Les facteurs de tensions L hégémonie américaine est la première source de tensions car l Amérique latine souhaite aujourd hui prendre ses distances, c est surtout le cas notamment de la Bolivie et du Venezuela néanmoins, Obama encourage l émancipation (gel du ZLEA depuis 2009). Les autres pays sont liés aux EU. Le Brésil quant à lui souhaite exercer une hégémonie sur l ensemble de l Amérique latine. B Les tensions entre Etats Tensions entre EU et Venezuela : http://www.france24.com/fr/20090723etatsunischavez- venezuelaobama Entre les Etats, les tensions sont parfois vives même s il n y a pas eu de guerre depuis 1995: Les tensions sont soit idéologiques Tensions entre Colombie et Venezuela : http://www.ina.fr/video/vdd09044078/tensionsalafrontierecolombievenezuela.fr.html ; elles peuvent être frontalières : démarcation contestée de la ZEE (Caraïbes), des réserves pétrolières (Surinam et Guyana), débordement du conflit (Equateur, Venezuela)et zone de migration (EU/Mexique) P. 213 et dossier P. 218219 C Les tensions internes Il existe enfin, des tensions internes qui s expliquent par les inégalités sociales (Brésil), et les activités criminelles (drogue). Ces tensions se concentrent dans les bidonvilles (favelas de Rio : en novembre 2011 : l armée tente de reprendre le contrôle des bidonvilles ). Les revendications des amérindiens peuvent également donner source à des tensions (Bolivie) + revendications au Canada (Quebec) III Une intégration plurielle A Deux unions dominent : ALENA ET MERCOSUR L ALENA (Accord de Libre échange Nord américain signé entre les EU, Canada et Mexique) est entré en vigueur en 1994 ; il organise la libre circulation de capitaux et des marchandises mais exclut la libre circulation des personnes. Le rapport de force est inégal entre les partenaires : Les entreprises EU/Canada investissent librement au Mexique mais les Mexicains sont jugés indésirables dans ces pays. Le PIB du Mexique ne représente que 6% de celui des EU mais il a choisi tout de même de s allier économiquement aux EU plutôt qu aux autres pays de l Amérique centrale. 3
L ALENA est un marché de 460 M d habitants et constitue la première aire de puissance de la planète avec un RNB (total des richesses produites en 1 an) de 17 000 milliards de dollars en 2010 (plus de ¼ de la richesse produite dans le monde). Cette intégration est surtout centrée sur les EU qui attirent 75% des exportations canadiennes et 78% des exportations mexicaines. Le MERCOSUR créé en 1991 par le Brésil, l Argentine, le Paraguay et l Uruguay souhaite s affirmer en Amérique du Sud comme un pôle économique : zone de libre échange puis union douanière en 1994. Il s est élargi avec le Venezuela et un marché de 213 M de personnes. C est surtout le Brésil qui en tire le plus de profits (délocalisation de firmes brésiliennes en Argentine. Pour aller plus loin : vidéo sur le bilan du Mercosur en 2011 : http://www.dailymotion.com/video/xpmz0x_20ansmercosurpart1_shortfilms Le 26 mars 2011 le MERCOSUR a eu 20 ans. Cet anniversaire fut l'opportunité de dresser un bilan du système d intégration en recueillant les témoignages de plusieurs protagonistes du MERCOSUR. Ces regards sur le MERCOSUR montrent les avancées et les difficultés du bloc et suggèrent les principaux défis pour une consolidation du MERCOSUR, tant au niveau interne que s'agissant de son insertion internationale. Partie 1 1. Introduction 2. Les débuts du MERCOSUR: 19861998 (07:04) 3. De la crise à la reprise : 19992010 (16:24) 4. Réforme institutionnelle (24:11) 5. Parlement du MERCOSUR (30:29) 6. Citoyenneté du MERCOSUR (34:55) 7. Transparence Image (38:01) 8. Commission des Représentants Permanents du MERCOSUR (42:04) 9. Intégration productive (43:57) Partie 2 1. Politiques publiques 2. Haut Représentant du MERCOSUR (02:16) 3. Réduction des asymétries / Accord d Itaipú (09:36) 4. Droits de l homme (19:14) 5. Entrée du Venezuela (24:03) 6. Négociations Union européenne MERCOSUR (28:32) 7. Relations Chine MERCOSUR (34:34) Durée totale: 01h33mn, Montevideo, Uruguay, juin 2011. B D autres organisations régionales nombreuses Les dirigeants d'amérique latine et des Caraïbes vont créer une organisation régionale qui ne comprendra ni les ÉtatsUnis ni le Canada pour faire contrepoids à l'organisation des États américains, où l'influence de Washington est jugée trop forte. L UNASUR (Union des nations d Amérique du sud) lancée en 2008 à Brasilia, témoigne d une volonté d intégration plus politique pour toute l Amérique du sud. Le Venezuela a impulsé l ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples d Amérique) en opposition au modèle néolibéral pour contrecarrer l influence des EU. P. 213 Le CELAC (Communauté des Etats latinoaméricains et des Caraïbes) créé en 2011 est un forum culturel et politique pour le développement de l ensemble du bloc régional. 4
AFP (23/02/2010) Les chefs d'etat et de gouvernement d'amérique latine et des Caraïbes, réunis en sommet à Cancun, au Mexique, ont décidé mardi la création d'un nouveau bloc régional dont les Etats Unis et le Canada ne feront pas partie, a annoncé le président mexicain Felipe Calderon. La nouvelle organisation devrait constituer une alternative à l'organisation des Etats américains (OEA), longtemps dominée par Washington et encore basée dans la capitale des EtatsUnis. La nouvelle organisation "devra stimuler en priorité l'intégration régionale en considérant la mise en valeur de notre développement durable, faire valoir les projets de la région dans les rendezvous internationaux et renforcer (notre) position face aux évènements mondiaux d'importance", a déclaré M. Calderon lisant la déclaration finale de ce sommet qui réunissait 32 pays, dont 24 représentés au niveau des chefs d'etat et de gouvernement. Cette nouvelle initiative "est d'importance historique", a déclaré au sommet le président cubain Raul Castro. "Cuba considère que les conditions sont remplies pour avancer rapidement vers la constitution d'une organisation régionale purement latinoaméricaine et caraïbe", a- til ajouté. M. Calderon, qui dirige la deuxième économie d'amérique latine après le Brésil, avait appelé le sommet, dès son ouverture lundi, à approuver la création d'un tel bloc régional qui garantirait "la participation effective de la région à l'économie et aux décisions mondiales", et défendrait la démocratie. Le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale latinoaméricaine, a renchéri en affirmant qu'il s'agit de "se défaire définitivement de la domination des EtatsUnis sur le continent". Naissance de la CELAC, le nouvel organisme régional américain qui vise à concurrencer l'oea Le sommet fondateur de la Communauté des Etats latinoaméricains et des Caraïbes s'est ouvert à Caracas, au Venezuela, vendredi 2 décembre 2011. Le sommet fondateur de la CELAC, la Communauté des Etats latinoaméricains et des Caraïbes, s'est ouvert pour deux jours ce vendredi 2 décembre à Caracas. La volonté du pays hôte, le Venezuela, est qu'elle devienne une alternative à l'organisation des Etats américains (OEA) où siègent aussi les EtatsUnis et le Canada. La CELAC est en gestation depuis plusieurs années déjà. Elle devait être portée sur les fonts baptismaux en juillet dernier mais son parrain, le président vénézuélien Hugo Chavez, avait alors reporté la cérémonie pour cause de cancer à traiter. Hugo Chavez se dit aujourd'hui guéri et peut donc présider à cette tentative de mise à l'écart de Washington dans les affaires de l'amérique latine et des Caraïbes. Car, il n'en fait pas mystère, pas plus que son allié équatorien Rafael Correa, la CELAC aurait vocation à remplacer l'organisation des Etats américains qui, outre qu'elle est basée à Washington, présente le défaut originel d'inclure les EtatsUnis et le Canada. La Communauté des Etats latinoaméricains et des Caraïbes aurait donc 33 membres : les 34 de l'oea, moins Washington et Ottawa, mais avec Cuba en plus. Malgré les divergences idéologiques en Amérique latine ni le Chili ni la Colombie par exemple ne campent sur les positions de gauche du Venezuela Hugo Chavez réussit la performance de réunir ce vendredi à Caracas l'ensemble ou presque, des 33 chefs d'etat concernés, tous acquis à l'idée qu'un tel forum régional est utile. Quant à faire de l'oea une coquille vide, on en est apparemment très loin. Cette institution vieille de plus de 60 ans, quoique dominée par les EtatsUnis, est un puissant système intergouvernemental doté de moyens financiers et de bureaux spécialisés, aux règles de fonctionnement et aux missions bien rodées. (Site RFI) REUTERS/Carlos Garcia Rawlins 5
http://www.dailymotion.com/video/xmqspx_creationdelacelacnouvelorganismeregionalamericain_news C Une intégration politique et économique limitée Concrètement, l intégration se décline en un ensemble de projets : Couloirs biocéaniques de transports multimodaux Nouvelle logistique portuaire et fluviale (Amazone, voie fluviale PanamaParaguay) et leurs connexions multiples. Des infrastructures de transports énergétiques se mettent en place à l initiative des gouvernements et des entreprises (notamment pétrolières). P.213 + P. 217 Mais il y a encore de nombreuses limites : À l'échelle continentale L'intégration à l'échelle du continent montre des limites. Le projet de la ZLEA est en sommeil. Les ÉtatsUnis entretiennent des liens privilégiés avant tout avec les autres membres de la Triade, de même que le Brésil investit davantage en Afrique que dans les autres pays d'amérique. À l'échelle régionale Au sein des différentes organisations régionales, on constate souvent un manque de solidarité économique, souvent lié au fait qu'à l'exception de l'alena ce sont des pays au profil socio- économique semblable qui s'allient entre eux et qu'il manque donc généralement une puissance motrice. À l'échelle locale C'est à cette échelle que le manque d'intégration est le plus visible. C'est le cas dans les grandes villes du sud du continent, avec la présence de quartiers d'auto construction concentrant la plupart des difficultés, comme le montre la situation des favelas à Rio. Aux ÉtatsUnis également, 12 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le continent américain est marqué par une intégration fonctionnelle forte alors même que l intégration politique et économique a du mal à se réaliser en raison des tensions entre les principaux acteurs de cet immense continent 6