06.10.08 Mme Gross Gérontologie AUTONOMIE, DÉPENDANCE, HANDICAP I)Les liens entre autonomie et dépendance II)L'évaluation de la perte d'autonomie A)L'évaluation physique B)L'évaluation psychique C)L'évaluation de la perte d'autonomie IV)Les principaux facteur de dépendance Définitions L'autonomie : elle est définie par la capacité à se gouverner soimême. C'est la capacité et le droit d'une personne à choisir ellemême ses règles de conduite, l'orientation de ses actes, et les risques qu'elle est prête à courir. C'est la possibilité pour une personne d'effectuer sans aides les principales activités de la vie courante quelles soient physique, mentale, sociale ou économique. Le respect de l'autonomie d'une personne impose dans tous les cas une négociation centrée sur les souhaits de la personne âgée. Dépendance : impossibilité partielle ou totale pour une personne d'effectuer sans aides les activités de la vie quelles soient physiques, psychiques ou sociales et de s'adapter à son
environnement. C'est un état de la personne qui est dans l'incapacité de satisfaire un ou plusieurs besoins sans action de suppléance. C'est la situation d'une personne qui a besoin d'aide humaine et / ou instrumentale. Elle est souvent causée ou aggravée par la survenue d'une maladie. Chez la personne âgée il y a plusieurs causes de dépendance (aiguës ou chroniques). La situation va donc s'aggraver en plus des facteurs sociaux ou psychiques. *La fracture du col du fémur est un bon exemple car cela à des effets dramatiques. Elle se retrouve donc incontinente. *L'hospitalisation peut être source de dépendance. Une entrée en maison de retraite ou en institution non préparée, encore plus si elle n'est pas souhaitée peut être une source de dépendance. Il y aura des conséquences psychiques. Handicap (défini par l'oms) : dans le domaine de la santé, le handicap résulte pour un individu donné, d'une déficience ou d'une incapacité qui limite ou interdit l'accomplissement d'un rôle normal en rapport avec l'âge, le sexe, les facteurs sociaux et culturels. Il traduit l'écart entre l'incapacité physique et intellectuelle de la personne et les normes habituelles des qualités de vie. Plus l'écart est important, plus la personne est handicapée. Déficience : correspond à l'anomalie d'un organe, d'un système ou d'un appareil. Cette anomalie peut être sans conséquences pathologiques, mais le plus souvent elle est symptomatique et équivaut à la maladie. Incapacité : représente une des conséquences de la déficience, elle en est l'expression en terme de performance ou de fonction (ex : diminution de la force de préhension). I)Les liens entre autonomie et dépendance
Une personne peut ne pas être autonome tout en ayant conservée des aptitudes sensorielles et locomotrices qui assurent son indépendance. Et inversement un individu peut rester autonome tout en étant très dépendant (ex : handicapé en fauteuil roulant). L'autonomie va se manifester tant que la personne sera en mesure d'exprimer des choix personnels dictés par la raison. Ce n'est pas parce-que l'on a satisfait tous les besoins d'un individu que son désir est satisfait, ce qui est la base du respect de la dignité humaine. II)L'évaluation de la perte d'autonomie Elle répond à une obligation professionnelle de part l'article R 4311-2 du décret 2004 du CSP p 89 qui précise que les soins infirmiers ont pour objet entre autre de : «Protéger, maintenir, restaurer et promouvoir la santé physique et mentale des personnes ou l'autonomie de leur fonction vitale physique et psychique en vue de favoriser leur maintient, leur insertion ou leur ré-insertion dans leur cadre de vie familial ou social, de participer à l'évaluation du degré de dépendance des personnes.» Cette évaluation permet de faire un bilan précis des déficiences et de définir des moyens à mettre en oeuvre. Il ne peut y avoir d'évaluation réellement pertinente de la perte d'autonomie sans une évaluation globale du sujet âgé. A)L'évaluation physique Elle répertorie et distingue les pathologies des conséquences du vieillissement. B)L'évaluation psychique
Elle est capitale, elle concerne les fonctions cognitives (capacités d'apprendre, de réfléchir) et la recherche d'une dépression et plus généralement c'est une appréciation de l'état psychologique de la personne soignée. C)L'évaluation de la perte d'autonomie Elle consiste à considérer ce que fait la personne soignée dans son cadre de vie habituel. Elle va tenir compte des possibilités physiques, psychiques ou psychologiques mais aussi de son entourage familial, relationnel, des conditions d'habitation, des revenus et de l'histoire de vie de la personne. Il faut tenir compte du contexte dans lequel se situe l'évaluation car on sait que l'environnement joue un rôle extrêmement important dans l'autonomie. D'une façon générale une évaluation permet à une équipe de soins de réaliser 4 actions principales : -repérer les déficiences et incapacités qui retentissent sur l'environnement -d'établir un plan de soins pour limiter le handicap -communiquer avec d'autres acteurs de santé -suivre une même personne en évaluant son incapacité au fil du temps III)Les échelles d'évaluation Il y a plusieurs échelles. =>L'échelle de Katz Elle mesure les activités de la vie quotidienne. C'est une grille simple, facile à remplir, qui s'intéresse aux soins de bases (alimentation, toilette) Score à 6 : autonomie complète Score < 3 : dépendance
=>L'échelle Lawton Elle est simple mais plus évoluée que celle de Katz. Elle va évaluer les capacités de la personne à faire les tâches de la vie quotidienne mais en rapport avec les fonctions cognitives (ex : pour la maladie d'alzheimer). On peut tester la capacité de la personne à faire le ménage, la cuisine, prendre les transports etc. =>Le géronte Il évalue ce que la personne fait réellement seule. Cela représente un corps humain avec des cases (27) et on noirci une case si la tâche est réalisée. Il est utilisable et validé à l'hôpital comme à domicile. Le géronte varie en fonction du milieu. Ce géronte a comme avantage d'être facile à l'emploi, objectif. Il permet de faire un bon suivi de la perte d'autonomie. La loi 9760 de janvier 1997 a rendu obligatoire un outil de la dépendance des personnes âgées qui est la grille AGGIR. Cette grille décrit l'autonomie d'une personne en se fondant sur les observations des activités de la vie courante qu'elle effectue seule ou avec l'aide éventuelle d'un appareillage mais sans aide de l'entourage ou du personnel soignant. C'est un élément des appréciations des besoins d'aide et de soins d'une personne dans un environnement donné. Elle peut être utilisée partout. Les données de la grille AGGIR sont rentrées dans un logiciel et il va déterminer un groupe iso-ressources dans lesquelles rentre la personne évaluée. Cf polycop 3 Gérontologie Autonomie, dépendance, handicap (1), (2)
Les soignants, travailleurs sociaux, utilisent cette grille. Les financiers donnent des allocations aux Gir 1 à 4 Mais cette grille à d'autres fonctions en dehors de l'attribution du Gir pour l'attribution de l'apa : -c'est l'ajustement des moyens en personnel -aide à la planification de l'offre et de service de soins en fonctions des Gir -l'allocation des ressources aux structures d'accueil (plus une structure accueille des gens avec un Gir faible, plus elle a besoin d'argent) IV)Les principaux facteurs de dépendance *l'isolement : il y a environ 6 millions de personnes âgées qui vivent seules en France. C'est la cause du veuvage. 72 % des femmes de plus de 80 ans sont veuves. Deux raisons à cela : -les hommes meurent plus tôt que les femmes -les hommes ne restent pas célibataires morbidité : étude des maladies Cet isolement et ce veuvage ont une influence considérable sur le maintient à domicile et sur le risque de rentrer en institution. L'éloignement des famille, géographique entraîne un isolement. *les problèmes d'habitat : Environ 3 millions de personnes âgées habitent dans des communes rurales (¼ de la population). Ils sont donc éloignés des services médicaux. Les logements ne sont pas adaptés ou vétustes. Une dépendance minime va prendre une grande importance. *les relations inter-générationnels :
Elles occupent une place primordiale dans l'aide au maintient à domicile. La moitié des PA s'occupent de leurs enfants (petits enfants) pendant la période scolaire. La moitié des enfants viennent aider leurs parents quotidiennement. On considère que 80 % des soins d'assistance sont fournies par l'entourage à domicile. Il y a un risque d'épuisement de la famille. Notre rôle est de les faire déculpabiliser. Il y a un risque de rejet (on ne pourra plus supporter la personne). *l'absence réseau social : Notamment à la campagne le voisinage est important. Cela peut être un facteur de dépendance. Il permet un maintient au domicile qui sans lui serait impossible. *les facteurs extérieurs : Ils peuvent déclencher ou aggraver une dépendance. Ce sont des hospitalisations répétées, ou prolongées, un deuil, un déménagement, une entrée en institution, les difficultés financières ( pas se nourrir suffisamment).