Comment les paysans du Sud. peuvent-ils se nourrir. et nourrir le monde?

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Transcription:

Comment les paysans du Sud peuvent-ils se nourrir et nourrir le monde?

1 Malnutrition et crise alimentaire. 2 Que disent les prospectives? 3 La mobilisation internationale. 4 L exemple de l Afrique de l Ouest. 2

1 Malnutrition et crise alimentaire 3

La malnutrition persiste Nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde * 1974 900 millions 1996 850 millions 2007 850 millions 2008 923 millions 2009 1015 millions * Personnes vivant sous le seuil minimum de consommation énergétique selon les normes FAO-OMS. 4

La malnutrition est un phénomène structurel L objectif du Millénaire est de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d ici 2015. Cet objectif ne sera pas atteint. 5

Les causes de la malnutrition 1. La pauvreté 2. La mauvaise répartition de la production. 3. Le contexte politique les guerres les troubles 4. La hausse des prix en 2008 5. La crise économique mondiale en 2009. 6

La crise alimentaire En 2008, les prix s envolent. Des émeutes de la faim frappent les pays importateurs 7

L exemple du riz Conséquences sur le prix Indice des prix mondiaux OSIRIZ / InfoArroz Source Osiriz 8

L exemple du riz Production et consommation mondiales de riz blanc Source Osiriz 9

Comment en est-on arrivé là? Des causes conjoncturelles : le marché réagit à la baisse des stocks - sécheresses - envolée contagieuse des matières premières - crise financière et spéculation. Des causes structurelles : la demande augmente. La production plafonne. - désinvestissement dans l agriculture - démantèlement des services agricoles - dépendance par rapport aux importations crise d une conception des politiques agricoles et de l agriculture dans l économie 10

Insécurité et crises alimentaires Une double question de pauvreté La pauvreté des consommateurs La pauvreté des agriculteurs des pays en développement pas d accès au financement et aux moyens de production impossibilité de prévoir les conditions et les prix de vente pas de filets de sécurité. L agriculture vivrière délaissée 11

Que disent les prospectives? 12

Les déterminants La demande alimentaire Croissance démographique Croissance économique Urbanisation Évolution des régimes alimentaires Politiques de santé publique 13

Les déterminants La production agricole rendements x surfaces cultivées les politiques agricoles le financement de la production vivrière le progrès technique le changement climatique 14

Les besoins alimentaires Répondre à la croissance démographique Nov 2008 2030 2050 6,742 milliards 8,2 milliards +27% 9 milliards +34% dont : Asie : 4,5 milliards Afrique : 1,7 milliards Population mondiale 15

OCDE Amérique Latine Les besoins alimentaires Résorber la malnutrition Afrique Subsaharienne Afrique du Nord Proche Orient URSS Asie MONDE 3955 3142 2366 3356 3276 2793 2800 FAO 2030 : 2540 2850 3000 Objectif 2050 : 3000 3000 3500 Les disponibilités alimentaires en kilocalories par habitant et par jour Source Agrimonde INRA CIRAD - FAO 16

Des surfaces cultivables disponibles mais inégalement réparties Extrait du rapport Agriculture mondiale: horizon 2015/2030 (FAO) 17

Augmenter les rendements Des augmentations réparties tenant compte de la diversité des agricultures et des écologies Quintaux par hectare 50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 OCDE Asie Amérique latine Afrique du Nord Moyen-Orient Afrique subsaharienne Pays en transition Rendements céréaliers en quintaux par hectare Monde 18

Les conséquences du changement climatique Source : UNEP/GRID-Arendal 19

Irrigation et ressources en eau de 1997-99 à 2030 20

Des échanges internationaux indispensables Excédents potentiels forts Excédents potentiels Déficits occasionnels Risques de déficits Déficits structurels Source FAO 21

Esquisse de scénario Il faudrait que la production augmente d au moins 70 %. Cette augmentation devrait provenir à 90 % des rendements. Les surfaces cultivées ne devraient pas croître de plus de 120 millions d hectares. Les échanges resteront indispensables. Mais cet objectif exige une condition : Priorité à l investissement dans les pays en développement. 22

3 La mobilisation de la communauté internationale 23

Avant la crise Désintérêt à l égard de l agriculture Les réformes économiques exigées par le FMI étranglent les politiques agricoles (ajustement structurel). Les bailleurs de fonds privilégient d autres priorités et l aide publique à l agriculture s effondre. L ouverture des marchés n est pas couplé à l accès à l investissement. 24

mais Des réactions au milieu des années 2000 Le rapport sur le développement 2008 de la Banque Mondiale est décidé avant la crise alimentaire. L évaluation Internationale des Sciences et Technologies Agricoles au Service du Développement (EIAST) de 2005 à 2008 traduit les préoccupations de la recherche. La nouvelle philanthropie : la fondation Bill & Melinda Gates est créée en janvier 2000. Elle lance AGRA (Alliance pour la Révolution Vert en Afrique) avec la fondation Rockefeller en 2007. 25

Pendant la crise : réunions et déclarations 3 au 8 juin 2008 juillet 2008 juin 2008 : conférence de haut niveau à la FAO : Nations Unies Plan d action global : France : pour un partenariat mondial pour la sécurité alimentaire Résultats en urgence des déclarations d intention : l aide alimentaire : 22 milliards de dollars 26

Après la crise La sécurité alimentaire de retour dans les priorités Le retour de la sécurité alimentaire dans l agenda de la communauté internationale (G8 - G20 - Sommet mondial de l alimentation.) L expression de nouvelles approches qui demandent encore à être confirmées Priorité au soutien à l agriculture locale plutôt qu à l aide alimentaire (G8 de l Aquila) Nouvel engagement de 21 milliards de dollars (G8 de l Aquila) Le FMI accorde des aides sans l obligation des réformes structurelles. La création d un fonds spécial pour la sécurité alimentaire (G20 Pittsburgh)? Le retour de régulations? Peut-être mais lesquelles? Un nouveau consensus en faveur de l investissement pour l agriculture? 27

mais des retombées incertaines L aide publique à l agriculture n a pas encore remonté. Les négociations du cycle de Doha restent au point mort. Les modalités de l aide publique restent inadaptées. prêts aux Ėtats lenteur de l instruction / rapidité des décaissements les organisations agricoles restent des acteurs marginaux. 28

4 L exemple de l Afrique de l Ouest 29

Afrique subsaharienne Des paysans nombreux, proches de nous mais délaissés totale Population en millions Afrique de l Ouest Population 663 251 Population agricole 408 121 % population agricole / totale 61 48 30

31

Une augmentation de la production sans intensification Les potentialités agricoles de l Afrique de l Ouest (CEDEAO) Février 2008 32

Les rendements du riz plafonnent Les potentialités agricoles de l Afrique de l Ouest (CEDEAO) Février 2008 33

Malgré le potentiel agricole, la région reste dépendante Les rendements céréaliers plafonnent à 1 tonne par hectare (moyenne mondiale 3,2 tonnes, OCDE 5 tonnes, Asie 3 tonnes) 9 kg par hectare d engrais (pour une moyenne mondiale de 100 kg) 2.300 kilocalories/jour/habitant de disponibilité alimentaire Une dépendance en augmentation à l égard des importations (15 à 25 millions de tonnes d importation alimentaire) 34

L Afrique n a pas accès aux intrants Source FAO 35

L agriculture vivrière doit être conçue comme une activité économique Un objectif de développement durable : la viabilité des exploitations agricoles Les organisations agricoles au cœur des politiques agricoles Des politiques agricoles favorables à l investissement L accès aux investissements publics et privés pour les organisations agricoles. 36

L accès au crédit, condition majeure faciliter l accès aux intrants préfinancer maîtriser la commercialisation financer le stockage investir dans la transformation financer les équipements mobiliser l innovation investir dans le capital humain contribuer à la couverture des risques se doter de fonds propres 37

Renforcer les fonctions économiques des organisations agricoles collecte et commercialisation des excédents ; accès au crédit ; formation à la gestion et à l exercice des responsabilités ; discipline coopérative des adhérents. 38

Les modalités de l action Sur mesure et formation 1. Un mécanisme financier pérenne : L apport financier de FARM est utilisé par les groupements comme fonds de garantie pour obtenir des emprunts. Les intrants ou les équipements sont préfinancés. Les agriculteurs remboursent le groupement à la récolte. 2. Un accompagnement de longue durée par : La formation, L appui technique, Diffusion de bonnes pratiques. 39

Pourquoi des financements privés? Pour l action, les fonds privés donnent la garantie de L autonomie de la conception, La réactivité et l adaptation au calendrier agricole, La contractualisation directe avec les opérateurs. Pour les donateurs, ils offrent La participation à une action de solidarité, La garantie de l utilisation ciblée des fonds, Le soutien à une approche innovante de gestion durable, La défiscalisation d une partie des dons. 40

Conclusion Les paysans peuvent se nourrir et nourrir le monde mais il faut La prise en compte de la diversité des agricultures et des cultures Les groupements paysans au cœur des politiques publiques Des investissements dans l agriculture vivrière Des politiques agricoles favorables La solidarité internationale des sociétés civiles. 41

www.fondation-farm.org Merci! 42