Andersen contes en musique Concert narratif par les Moteurs Multiples à partir de 7 ans Lise Ardaillon : interprétation, dramaturgie Sylvain Milliot : musiques 1
La cie Moteurs Multiples propose de faire découvrir ou redécouvrir quatre contes d Andersen dans une adaptation musicale à la façon d un concert narré ou d une pièce d écoute. La comédienne Lise Ardaillon et le musicien Sylvain Milliot abordent les contes à la façon d «un cinéma pour les oreilles» - selon l expression consacrée de Michel Chion - plongeant l auditeur dans des tableaux sonores et musicaux qui sont autant de nouvelles perspectives sur ces contes issus du patrimoine imaginaire de l humanité. Ces histoires très célèbres que sont La petite fille aux allumettes, Les nouveaux habits de l empereur, Le vilain petit canard et Le rossignol, ont été de nombreuses fois adaptés au cinéma et dans les livres ; ils restent des récits au contenu universel, recélant souvent une critique sociale acerbe ou édifiante, ainsi qu un humour vif et grinçant. Dans les versions en musique de ces quatre contes par les Moteurs Multiples, la musique de Sylvain Milliot n est pas un simple accompagnement : elle révèle les tensions dramatiques, elle éclaire le récit et lui livre un espace où déployer son sens. La musique est un véritable élément dramaturgique ; c est la musique qui permet à l auditeur de construire des images. Pour ainsi dire elle est à ce titre un élément scénographique : chaque auditeur peut ainsi faire une expérience visuelle intérieure. 2
L interprétation de la comédienne Lise Ardaillon fait exister chaque personnage du récit et revient à la fonction originaire du conte : raconter une histoire. Le corps de la comédienne devient le vecteur de ces différentes voix. Le dispositif que constitue le concert-narratif est nouveau : ce qu il garde du théâtre c est le pouvoir de la parole ; celle-ci fait exister un monde, fait surgir le sens et permet l incarnation. Mais dans le même temps la comédienne devient conteuse, narratrice. Sa voix, mêlée aux sons et à la musique, devient un personnage à part entière, tantôt en distance du récit, tantôt partie prenante de l histoire. En même temps que le conte est dit, l univers qu il figure apparaît dans les mots jusque dans l esprit de l auditeur. Ainsi, l auditeur est au plus près du récit, dans un rapport intime avec la voix de la conteuse portée par les ambiances sonores et musicales. Mais il est aussi témoin de la construction du récit lui-même, dont la force dépend aussi du pacte fictionnel que l auditeur passe avec la conteuse. Chaque conte a son propre traitement musical et poétique lié au sens du récit. Parfois fantastique ou onirique ; parfois burlesque ou grave, le conte se donne comme un rêve éveillé, une sorte de capsule de fiction dans laquelle chaque auditeur peut s y retrouver. Les contes d Andersen parlent à tout le monde, aux enfants comme aux parents. Les symboles et les caractères qu ils décrivent ont une portée universelle. 3
Le concert narratif Il s agit d un spectacle sonore et musical ; c est à dire que le public est dans une situation d écoute, comme au concert. Les Moteurs Multiples ont déjà réalisé plusieurs adaptations de textes littéraires sous cette forme (20 000 lieues sous les mers de Jules Verne, La montagne magique de Thomas Mann, Le petit Nicolas de Goscinny, La métamorphose de Kafka). A chaque fois, l enjeu artistique est d être au service d un texte et de manifester sa force poétique grâce à la musique. La comédienne n est pas juste une narratrice mais bien la voix et le corps par lesquels le sens du texte est livré au public. Ces concerts-narratifs offrent une nouvelle façon d aborder des textes. Alors que des lectures publiques peuvent paraître quelquefois rigides et qu une adaptation musicale ou théâtrale peut gommer certains aspects essentiels d un texte pour des raisons de mise en scène, le concert-narratif, lui, permet au contraire de faire exister un texte sous une autre perspective. La musique peut lui donner une autre couleur ou un autre éclairage. De même, l auditeur n est pas captif d un visuel, d une scénographie, d une mise en scène, mais il est actif et construit le récit avec les interprètes. Son imaginaire est beaucoup plus sollicité que dans une adaptation scénique. Pour des enfants (mais aussi des adultes) souvent confrontés aux images externes, cela permet de réactiver une pratique autrefois liée à la lecture solitaire, celle de construire ses propres images à partir des mots d un auteur. 4
Les contes Les nouveaux habits de l empereur Deux escrocs arrivés dans une ville font croire à l empereur ainsi qu aux habitants qu ils tissent des habits avec une étoffe aux propriétés magiques ; les vêtements tissés sont invisibles aux idiots et aux incompétents. Ils font croire qu ils ont tissé des vêtements pour l empereur dans cette étoffe, alors qu ils n ont rien fait. Comme bien-sûr personne ne veut passer pour un idiot et un incompétent, tout le monde dans la ville et dans la cour feint de voir les habits. Il faudra l innocence d un enfant pour que l évidence saute aux yeux. Andersen livre ici un conte très actuel dans sa veine burlesque et politique. Il y dénonce les faux-semblants, la bêtise et la flatterie, la vanité des courtisans et l arbitraire du pouvoir. La petite fille aux allumettes Au cours de la soirée de la nouvelle année, une petite fille pauvre tente de vendre des allumettes aux passants, dans le froid et la neige. Pour se réchauffer elle allume des allumettes et voit dans leur lumière des images d une vie meilleure : un festin, un foyer chaud, sa grand-mère. Mais la petite fille mourra de froid, abandonnée. Dans ce célèbre conte, Andersen décrit une société rongée par les inégalités et la tragique existence d une enfant des rues. Le conte reste néanmoins empreint d une grâce et d une certaine clarté onirique. Le vilain petit canard Un petit canard, considéré comme étant plus laid que ses frères, va vivre une succession de rejets et devra mener une existence solitaire. Jusqu à ce qu il découvre qu il n est pas un canard et qu il devienne un cygne. Ce conte est resté célèbre car il reste un plaidoyer pour la différence et une critique acerbe d une société basée sur les distinctions, tant physiques que morales ou de naissance. Le rossignol L empereur de Chine apprend qu un merveilleux rossignol vit dans la forêt de son royaume. Il le fait venir à la cour et lui décerne les honneurs. Jusqu à ce que s entichant d un rossignol mécanique, il délaisse le premier rossignol. Pourtant à l article de la mort, quand l empereur sera abandonné de tous, c est le rossignol vivant qui viendra redonner l espoir et le souffle de vie à l empereur. Ce conte moins connu que les précédents est toutefois un des plus beaux d Andersen. Dans une ambiance fantastique et onirique, il est une méditation poétique sur la mort et la vie, sur la nature et la force de l art. 5
Les interprètes de la cie Moteurs Multiples Lise Ardaillon est metteure en scène, dramaturge et comédienne, Sylvain Milliot est compositeur, musicien et auteur. Au sein de la cie Moteurs Multiples ils réalisent des spectacles qui articulent textes et musiques dans le souci d une écriture contemporaine tournée vers les questions philosophiques du langage, de la fiction et des questions existentielles et politiques. Leurs spectacles utilisent des moyens formels contemporains dans une démarche d écriture de plateau, où le texte est un élément parmi d autres d une construction du sens qui passe aussi par les sons, la musique, les images. Depuis 2007 ils ont créé plusieurs spectacles (Découenné(e)(s), le cochon est homme comme les autres, Davos, Créature(s), Le Veilleur), des pièces sonores et des concerts narratifs (Radio Libre Dick, Vaudeville, La métamorphose, La montagne magique, 20 000 lieues sous les mers, Le petit Nicolas, Microfictions). Adresse mail : cielesmoteursmultiples@gmail.com Site internet : moteursmultiples.fr Extraits de pièces sonores : https://soundcloud.com/lesmoteursmultiples Lise Ardaillon : 06 89 31 91 16 Sylvain Milliot : 06 79 33 28 51 6