LES TROUBLES DU SOMMEIL Cours du 8/03/2016 Psychomotricité 1ère année
Qu'est ce qu'un trouble du sommeil? Un phénomène qui perturbe le cycle du sommeil et entraîne des conséquences non désirées pour l'enfant et/ou la famille. Plusieurs présentations : Difficultés associés à l'endormissement ou à la maintenance du sommeil Somnolence diurne Mouvement ou activité non désiré ou perturbant lors du sommeil
PLAN I/ SOMMEIL NORMAL II/ INSOMNIES III/ SOMNOLENCE EXCESSIVE IV/ TROUBLES DU RYTHME CIRCADIEN (veille-sommeil) V/ PARASOMNIES
I/Le SOMMEIL NORMAL
A) Architecture normale du sommeil de l'adulte (1) STADES DU SOMMEIL sommeil lent : ralentissement et synchronisation de l'activité EEG 3 stades de profondeur croissante (critères EEG) : SL Léger (stade 1 et 2) SL Profond (stade 3) sommeil paradoxal (ou REM-sleep) : atonie musculaire
A) Architecture normale du sommeil de l'adulte (2) SOMMEIL LENT LEGER 3-5 cycles/nuit CYCLE DE SOMMEIL 90 min SOMMEIL PARADOXAL SOMMEIL LENT PROFOND les cycles de début de nuit sont plus riches en sommeil lent profond, les cycles de fin de nuit plus riches en sommeil paradoxal.
A) Architecture normale du sommeil de l'adulte (3) Données normatives et variations interindividuelles : sommeil lent léger : 50 % sommeil lent profond : 25 % sommeil paradoxal : 25 % temps total de sommeil (TTS) : 6-10 heures chronotype du matin : sujets couche-tôt et en forme le matin ; chronotype du soir : sujets couche- tard et en forme le soir.
A) Architecture normale du sommeil de l'adulte (4)
régulation homéostatique : B) RégulaCon du sommeil (1) P de sommeil = privation de sommeil- rebond de sommeil La quantité d'ondes lentes delta pendant le sommeil reflète la profondeur du sommeil et est régulée de manière homéostatique. Ainsi, un sujet en privation de sommeil aura une plus grande pression de sommeil et un rebond de sommeil très profond avec une forte activité EEG delta ;
régulation circadienne : B) RégulaCon du sommeil (2) l'alternance veille-sommeil suit un rythme circadien sous le contrôle de l'horloge centrale localisée dans les noyaux suprachiasmatiques. La pression circadienne de sommeil est maximum entre 1 h et 5 h du matin et à un moindre degré en début d'après-midi entre 14 h et 16 h.
B) RégulaCon du sommeil (3) régulation circadienne : La mélatonine est la principale hormone de régulation des rythmes chronobiologiques ; synthétisée par la glande pinéale la nuit et exerce un puissant effet hypnogène ; la lumière = synchroniseur de l'horloge biologique : elle inhibe la synthèse de mélatonine et exerce un effet éveillant.
C) EvoluCon avec l'âge (1) Nouveau-né : on distingue le sommeil actif (50 %), le sommeil calme (40 %) et le sommeil transitionnel (10 %).
C) EvoluCon avec l'âge (2) Enfant : durée de sommeil diminue avec l'âge nouveau-né, 16 heures (jusqu'à 20 heures) ; à 1 an, 14 heures ; à 6 ans, 11 heures ; à 12 ans, 9 heures à 10 heures ; mise en place des rythmes circadiens pendant le premier trimestre sieste : elle disparaît entre 4 et 6 ans.
C) EvoluCon avec l'âge (3) Adolescent : le rythme circadien veille-sommeil se décale (retard de phase, couche-tard, lève-tard) ; important à prendre en compte pour la prise en charge des troubles du sommeil de l'adolescent.
C) EvoluCon avec l'âge (4) A l'âge adulte : diminution du TTS, diminution de l'efficacité du sommeil (TTS/temps passé au lit), augmentation des éveils nocturnes ; diminution du stade 3 ; augmentation des stades 1 et 2 SP : constant.
C) EvoluCon avec l'âge (5) Sujet âgé : avance de phase et aplatissement du rythme circadien veille-sommeil (se couche plus tôt), sommeil de nuit de moins bonne qualité (fragmentation), apparition d'une somnolence diurne (la sieste est physiologique chez le sujet très âgé).
D) FoncCons du sommeil (1) Conservation de l énergie Restauration : Régénération des systèmes immunitaire, nerveux et musculosquelettique Sécrétion hormone de croissance lors du sommeil profond Consolidation d apprentissage Sommeil paradoxal
D) FoncCons du sommeil (2) Chez l'enfant : Le sommeil est important pour le développement Les troubles du sommeil de l'enfant peuvent avoir des répercussions significatives sur les performances cognitives, le comportement, l'humeur et le métabolisme, en particulier l'obésité.
E) ExploraCon du sommeil (1) Première étape : Interrogatoire, examen clinique Agenda de sommeil : sur plusieurs semaines, il permet d'apprécier l'architecture du sommeil.
E) ExploraCon du sommeil (2) Tests et questionnaires : qualité du sommeil et sévérité des troubles (ex Epworth)>10)
Polysomnographie : E) ExploraCon du sommeil (3) Enregistrement de l'eeg, mouvements oculaires, tonus musculaire (EMG) pour l'analyse du sommeil ± vidéo ; Enregistrement respiration, ronflement, SaO 2 ; EMG des muscles tibiaux antérieurs (mouvements périodiques nocturnes) et autres variables en fonction de l'orientation étiologique. Polygraphie ventilatoire : enregistrement de la respiration, du ronflement, de la SaO 2.
E) ExploraCon du sommeil (4) Évaluation de la somnolence diurne : tests itératifs de latence d'endormissement ; tests de maintien de l'éveil. Paramètres circadiens : actimétrie : évaluation rythme veille-sommeil et TTS par port d'un accéléromètre au poignet. enregistrement de température. Examens utiles dans le bilan des hypersomnies d'origine centrale : typage HLA ; dosage d'hypocrétine dans le LCS (en cas de difficultés diagnostiques)
II/ INSOMNIES
A) EPIDEMIOLOGIE Prévalence (pour information) : 19 % d'insomnie chronique dans la population générale (30 % de manière occasionnelle) ; 7 à 10 % utilisent des médications ; plus fréquent chez la femme et le sujet âgé. Enjeu de santé publique : coût socio-économique ; augmentation de la morbi-mortalité dans l'insomnie chronique sévère ; altération des interactions sociales et professionnelles
B) DEFINITION Au moins une des plaintes subjectives suivantes est ressentie : difficulté d'endormissement 3 fois par semaine réveil précoce 3 fois par semaine ; réveils nocturnes 3 fois par semaine ; sommeil non réparateur 3 fois par semaine. Associé à une sensation de détresse et/ou une perturbation du fonctionnement diurne (fatigue, somnolence diurne, troubles de mémoire, de concentration, de l'humeur, du comportement).
C) CLASSIFICATION Insomnie transitoire : < 3mois Causes occasionnelles réversibles stress psychologique : contrariété, deuil... ; stress physique : contrainte liée à une affection physique, douloureuse... ; facteurs environnementaux : niveau sonore, climat, altitude... ; mauvaise hygiène de sommeil. Perturbation du sommeil normale dans certaines circonstances risque de se pérenniser
C) CLASSIFICATION Insomnie chronique : > 3mois Insomnies secondaires Insomnie persistante primaire (psychophysiologique) Insomnie paradoxale Intrication des différents facteurs.
D) INSOMNIE CHRONIQUE Insomnies chroniques secondaires : un trouble mental (cf. troubles thymiques et troubles anxieux) une pathologie intrinsèque du sommeil syndrome des jambes sans repos et/ou mouvements périodiques nocturnes du sommeil ; syndrome d'apnées du sommeil ; pathologie douloureuse/inflammatoire chronique (cancer, rhumatisme, maladie neurologique, asthme nocturne et RGO nocturne)
D) INSOMNIE CHRONIQUE Insomnies chroniques secondaires : mauvaise hygiène de sommeil : variations dans les horaires de sommeil, siestes diurnes prolongées, temps passé au lit excessif, stimulants le soir avant le coucher : caféine, nicotine, alcool, activité physique) ; effets physiologiques d'une substance : en rapport avec la prise abusive ou liée à une dépendance à un médicament ou toxique.
D) INSOMNIE CHRONIQUE Insomnie psychophysiologique : la plus fréquente des insomnies chroniques primaires = insomnie «maladie» moment précis dans l'histoire du patient (deuil, séparation, circonstance pénible, mais pas de retour au sommeil normal difficultés d'endormissement + tb du maintien du sommeil associé à hyperéveil cognitif et émotionnel
D) INSOMNIE CHRONIQUE Insomnie psychophysiologique : appréhension du sommeil (conditionnement négatif) ; perçu comme non réparateur Échec tentatives de sieste «réparatrice» (difficulté d'endormissement) pensées dysfonctionnelles : attentes irréalistes par rapport au sommeil discordance entre l'importance subjective du retentissement diurne et la discrétion du retentissement objectif.
D) INSOMNIE CHRONIQUE Insomnie paradoxale: Plainte d'insomnie (réveils prolongés, nuit blanche) disproportionnée par rapport aux troubles objectivés intérêt de la polysomnographie objective une nuit d'une durée quasi-normale, traduisant une mauvaise perception du sommeil
D) INSOMNIE CHRONIQUE Intrication des différents facteurs L'insomnie est souvent évolutive et complexe, associant plusieurs facteurs.
E) SPECIFICITES CHEZ L'ENFANT Prévalence élevée : 25 à 50 % des enfants de moins de 5 ans ; 16 à 27 % des enfants en âge scolaire prépubertaire de 6 à 12 ans ; 17 à 39 % des adolescents. Les causes les plus fréquentes sont environnementales, organiques et psychologiques
E) SPECIFICITES CHEZ L'ENFANT causes environnementales (varient avec l'âge) petit enfant : mauvaises habitudes (bercement, biberon, lit des parents...) présence parentale lors de l'endormissement (l'enfant n'a pas pu apprendre à se séparer et à s'endormir seul dans son lit) ; enfants et adolescents : consommation télévisuelle et informatique (jeux informatiques, Internet), téléphones portables ;
E) SPECIFICITES CHEZ L'ENFANT causes organiques : ORL (otites, apnées du sommeil...), pneumologiques (asthme...), digestives (RGO, allergie aux protéines de lait de vache) ;
E) SPECIFICITES CHEZ L'ENFANT causes psychologiques : nourrisson : l'insomnie peut être révélatrice de difficultés relationnelles de l'enfant avec son entourage ou de déficits éducatifs ; Signe précoce de TED ou Retard Mental à partir de la deuxième année de vie : angoisse de séparation d'avec ses parents.
E) SPECIFICITES CHEZ L'ENFANT Dans tous les cas, l'évaluation clinique doit prendre en compte l'organisation mentale du nourrisson/de l'enfant, la fatigue/l'épuisement de son entourage, les conditions éducatives et relationnelles familiales.
III. Somnolence excessive et troubles de l'éveil
DEFINITION (1) Somnolence excessive : état subjectif et objectif d'éveil physiologique abaissé, de propension au sommeil, ou d'assoupissement. Pathologique si se produit «anormalement» vite dans des circonstances standardisées ou circonstances inappropriées. de la fatigue. Dépend d'une interaction entre régulation homéostatique (e.g privation de sommeil) et régulation circadienne (risque de somnolence max en 1ere partie de nuit et début d'après-midi).