CHIRALITÉ. La chiralité d un objet désigne sa propriété de ne pas être superposable à son image dans un miroir plan.

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Transcription:

CIRALITÉ Le premier critère mis en place pour distinguer des catégories de stéréoisomères repose sur la nature des déformations appliquées pour passer d un stéréoisomère à un autre : rotation autour d une liaison/rupture d une liaison. Il existe un second critère qui repose sur des considérations de symétrie. Chiralité La chiralité d un objet désigne sa propriété de ne pas être superposable à son image dans un miroir plan. Un objet possédant un plan ou un centre de symétrie est achiral (non doué de chiralité). Exemples : Une main est un objet chiral. Une molécule contenant un carbone asymétrique est chirale 27

MLÉCULES CNTENANT UN CARBNE ASYMÉTRIQUE Plan de symétrie A A A B C D = D C B B D C Molécule chirale, non superposable à son image dans un miroir plan 28

MLÉCULES CNTENANT PLUSIEURS CARBNES ASYMÉTRIQUES Une molécule contenant plus d un carbone asymétrique n est pas nécessairement chirale. Plan de symétrie Plan de symétrie Molécule chirale, non superposable à son image dans un miroir plan Existence d'un plan de symétrie! molécule achirale I N N Existence d'un centre de symétrie! molécule achirale 29

ÉNANTIMÉRIE C est la relation existant entre deux objets chiraux, images l un de l autre dans un miroir plan. Ces deux objets sont dits énantiomères. Exemple : 3 Plan de symétrie 4 2 2 C C 4 = N 2 2 N N 2 C 1 1 Configuration absolue S Configuration absolue R 3 Les deux énantiomères d une molécule chirale ne contenant qu un unique carbone asymétrique sont respectivement de configuration absolue R et S. 30

DIASTÉRÉISMÉRIE Deux stéréoisomères non énantiomères sont diastéréoisomères. Exemples : et E Z C C S S et S R 31

RELATINS D ÉNANTIMÉRIE / DIASTÉRÉISMÉRIE Une molécule possédant n carbones asymétriques comporte 2 n stéréoisomères en relation d énantiomérie et de diastéréoisomérie. Exemple : Deux carbones asymétriques possédant des substituants distincts 4 stéréoisomères : C Diastéréoisomérie S S S C R Diastéréoisomérie Enantiomérie Enantiomérie Diastéréoisomérie R C S R Diastéréoisomérie C R 32

CAS DU CMPSÉ MÉS Une dégénérescence se manifeste lorsque les substituants portés par les deux carbones asymétriques sont de même nature ; les stéréoisomères (R,S) et (S,R), en relation d énantiomérie, sont alors identiques : S Diastéréoisomérie R S S Diastéréoisomérie Identité Enantiomérie Diastéréoisomérie R R R S Diastéréoisomérie L espèce chimique correspondante qui possède un plan de symétrie est appelée méso. 33

ÉPIMÉRIE Deux stéréoisomères de configuration sont épimères s ils ne diffèrent que par la configuration d un seul atome asymétrique (carbone le plus souvent). Exemple : 1 C 1 C 2 2 3 3 4 4 5 5 6C 2 6C 2 glucose mannose 34

ÉMILE FISCER ET LE GLYCÉRALDÉYDE À la fin du dix-neuvième siècle, E. Fischer a arbitrairement associé les configurations absolues R et S aux échantillons des énantiomères du glycéraldéhyde, produits ultimes de dégradation des oses, faisant tourner le faisceau de lumière linéairement polarisée respectivement : - vers la droite (échantillon dénommé D par E. Fischer pour dextrogyre) et vers la gauche (échantillon L pour lévogyre). C C C 2 Enantiomère R : D(+) C 2 Enantiomère S : L(-) E. Fischer avait une chance sur deux de se tromper. Toutefois, les analyses cristallographiques effectuées longtemps après ont démontré qu il avait eu raison et que l attribution des configurations absolues était exacte. Il n existe aucune relation entre la configuration absolue et l action sur la lumière polarisée d une molécule. 35

NMENCLATURE D/L La nomenclature D/L est couramment utilisée en série ose. n place la chaîne carbonée la plus longue sur un axe vertical et le groupe de nombre d oxydation le plus élevé vers le haut dans la représentation de Fischer. Si le groupe hydroxyle latéral le plus éloigné du groupe carbonyle est porté sur la droite de l axe comme dans le D-glycéraldéhyde, le composé est D (L s il est à gauche comme dans le L-glycéraldéhyde). Ainsi glucose et mannose naturels appartiennent à la série D. n parle ainsi de D-glucose et de D-mannose. 1 C 1 C 2 2 3 3 4 4 5 5 6C 2 6C 2 D-glucose D-mannose 36

ACIDES AMINÉS La nomenclature D/L est aussi employée dans la série des acides aminés RC(N 2 )C. Lorsque l on place le groupe carboxyle vers le haut et le groupe spécifique R vers le bas, le groupe N 2 se trouve à droite de l axe dans la représentation de Fischer du stéréoisomère D (respectivement à gauche de l axe dans la représentation de Fischer du stéréoisomère L). C C N 2 2 N C 3 C 3 D-alanine L-alanine La série L est celle des acides aminés naturels. 37

RELATINS STRUCTURE-PRPRIÉTÉS DES ISMÈRES Quelles sont les caractéristiques moléculaires déterminant les propriétés physiques et chimiques? La structure (à la fois globale et locale) des molécules qui gouverne les interactions moléculaires est à l origine des propriétés physiques. Exemple : les grandeurs énergétiques de changement d état. 1 2 1 2 Les interactions moléculaires en phases condensées dépendent de la taille et la géométrie des molécules. L environnement de chacun des groupes caractéristiques qui gouverne la réactivité. Exemple : a b Encombrements stériques distincts autour du groupe - changement de cinétique de réaction de manière générale, deux isomères quelconques présentent des propriétés physiques et chimiques distinctes 38

DIASTÉRÉISMÈRES Deux diastéréoisomères se distinguent à la fois par leurs propriétés physiques et chimiques. Ils ne possèdent pas les mêmes géométries, les mêmes environnements autour de chacun des sites réactifs, 3 C C 3 3 C C 3 2 3 2 2 3 2 Formes distinctes, Environnements différents pour les groupes - : - identiques au premier rang (mêmes positions des 3 autres substitutuants sur C2), - différents au second rang (positions relatives des 3 substituants sur C3 distinctes). 39

ÉNANTIMÈRES Deux énantiomères possèdent les mêmes géométries, les mêmes environnements autour de chacun des sites réactifs ; ils présentent les mêmes propriétés physiques et chimiques. C 3 C 3 N 2 C 2 N C Formes identiques, Environnements identiques au premier rang Exemples de situations dans lesquelles se manifestent une différence de comportement entre énantiomères : - vis-à-vis de la lumière polarisée : l activité optique - vis-à-vis d entités chirales : deux énantiomères présentent des propriétés différentes lorsqu ils interagissent avec des entités chirales ; il existe en effet alors une relation de diastéréoisomérie entre les espèces chimiques résultant de l interaction (phénomènes de reconnaissances, et dédoublement). 40

ACTIVITÉ PTIQUE Une cuve à faces parallèles transparentes de longueur l remplie d une solution d un énantiomère à la concentration C provoque la rotation du plan de polarisation d un faisceau de lumière polarisée d un angle α obéissant à la loi de Biot : l α = [α] λ θ lc θ : température ; λ : longueur d onde du faisceau lumineux. α s exprime en degrés ( ), l en dm, C en g cm -3 et le pouvoir rotatoire spécifique en dm -1 g -1 cm 3. Faisceau de lumière monochromatique C! (-) ou l (+) ou d I 0 I // I! Polariseur Analyseur I t Deux énantiomères possèdent des pouvoirs rotatoires spécifiques opposés. Un mélange racémique, c est-à-dire un mélange équimolaire d énantiomères, est donc inactif par compensation. 41

RECNNAISSANCE CIRALE Les différences d affinité de deux énantiomères pour des sites d interactions chiraux Les systèmes biologiques sont constitués de molécules chirales (protéines, glucides, acides nucléiques, ). Les réponses physiologiques des systèmes biologiques dépendent de l énantiomère considéré. Exemples : reconnaissances. Les phénomènes de reconnaissance impliquent l interaction de différentes positions de la molécule reconnue par des sites complémentaires localisés sur des surfaces (membranes, surfaces protéiques, ). Deux énantiomères peuvent ne pas présenter simultanément de complémentarité satisfaisante. A D B' B C C' D D' B' B C C' A D' complémentarité complète : interaction favorable complémentarité incomplète : pas d'interaction 42

RÉPNSES BILGIQUES DÉPENDANT DE LA CIRALITÉ N N N N deur de citron deur d'orange Tératogène! malformations de l'embryon Antinauséux Limonène Thalidomide Pseudomonas cepacia lipase 43

SÉPARATIN D ÉNANTIMÈRES PAR CRMATGRAPIE SUR PASE CIRALE Le principe repose sur l itération de l opération de reconnaissance chirale. 10 : 90 séparation par chromatographie chirale en phase gazeuse 50 : 50 + 97 : 3 44

DÉDUBLEMENT D UN RACÉMIQUE Le plus souvent, les transformations chimiques fournissent des mélanges racémiques. Dans un grand nombre de situations, il est nécessaire d extraire un seul des énantiomères. Il faut alors procéder à un dédoublement. Mais comment réaliser cette opération alors que les propriétés physiques et chimiques des énantiomères sont identiques? La solution consiste à combiner le mélange racémique avec une espèce chimique chirale existant sous forme d un seul énantiomère (produit naturel), puis à profiter de la différence de propriétés entre les diastéréoisomères formés. 45

DÉDUBLEMENT DE LA 1-PÉNYLÉTANAMINE PAR L ACIDE TARTRIQUE Étape 1 : Formation d un couple de diastéréoisomères par réaction acido-basique N 2 N 2 1 + C 2 C Réaction acido-basique N 3 N 3 C C C C Etat initial : mélange racémique des énantiomères S et R de la 1-phényléthanamine 1 (inséparables) + acide tartrique naturel (R,R) 2 Etat final : mélange équimolaire de 2 sels diastéréomères séparables : 1(S),2(R,R) + 1(R),2(R,R) Étape 2 : Séparation des diastéréoisomères par recristallisation N 3 C C Séparation N 3 C C N 3 C C N 3 C C Etat initial : mélange équimolaire de 2 sels diastéréisomères 1(S),2(R,R) + 1(R),2(R,R) Etat final : sels diastéréoisomères 1(S),2(R,R) + 1(R),2(R,R) séparés 46

Étape 3 : Régénération des deux énantiomères de la 1-phényléthanamine + 2(Na +, - ) N 3 C C réaction acido-basique N 2 Na +, - C C -,Na + + 2(Na +, - ) + 2 2 N 3 C C N 2 Etat initial : neutralisation des sels diastéréisomères 1(S),2(R,R) + 1(R),2(R,R) séparés Etat final : énantiomères 1(S) et 1(R) séparés + tartrate de sodium 2(R,R) Étape 4 : Régénération de l acide tartrique Na +, - C C -,Na + + 2( +,Cl - ) réaction acido-basique C C + 2(Na +,Cl - ) 47

BILAN N 2 N 2 + 2(Na +, - ) + 2( +,Cl - ) N 2 + 2 2 + 2(Na +,Cl - ) N 2 Le mélange racémique des deux énantiomères de la 1-phényléthanamine, contenu dans un récipient unique, est dédoublé au prix d une neutralisation acido-basique. À l issue des différentes opérations, les énantiomères R et S de la 1-phényléthanamine sont isolés dans deux récipients séparés. 48

DÉDUBLEMENT DES MÉLANGES RACÉMIQUES D ACIDES n emploie des alcaloïdes, bases naturelles énantiomériquement pures, pour dédoubler des mélanges racémiques d acides. Exemples : N R Me N R N N Brucine R = C 3 Strychnine R = Quinine 49

INDUCTIN ASYMÉTRIQUE L existence d un centre asymétrique dans une molécule peut déterminer une préférence stéréochimique pour un centre asymétrique nouvellement formé. Exemple : C 3 1) C 3 MgI 2) 2 3 C C 3 + 3C C 3 1 2 67 % 33 % C 3 C 3 MgI C 3 C 3 MgI Attaque de l'organomagnésien sur le groupe carbonyle par la face avant Interaction de l'organomagnésien avec l'atome d'hydrogène (petit) en! lors de l'attaque sur le groupe carbonyle Attaque de l'organomagnésien sur le groupe carbonyle par la face arrière Interaction de l'organomagnésien avec le radical méthyle (moyen) en! lors de l'attaque sur le groupe carbonyle " btention préférentielle du diastéréoisomère 1 50