UN AN EN FRANCE par Isabella Thinsz Musique On entend toujours l anglais mais le français, ça peut passer des semaines ou même des mois avant qu on entende le français à la radio ou à la télé, donc j ai trouvé que c était encore plus important d aller en France que d aller en Angleterre ou aux Etats-Unis. Je voulais apprendre la langue, j avais étudié le français pendant six ans à l école en Suède et puis j avais l impression de pas apprendre grand chose. Donc, je m appelle Carl-Erik Karlsson et j ai fait une année en France. J ai vécu au Mans. Je m appelle Mariel Naervik. J habite à Stockholm en Suède Je m appelle Maria Sandström, j ai 18 ans, j habite à Seskarö. C est une toute petite île près de Haparanda à Norrbotten. C est l automne 2002. 50 jeunes Suédois se préparent à partir en France pour y passer une année scolaire. Parmi eux, Maria, Carl-Erik et Mariel. Une année après, je les ai rencontrés pour parler de leur année en France. Et moi, je m appelle Isabella Thinz. J ai toujours voulu partir comme ça une année à l étranger et puis quand mon professeur de français m a parlé de cette possibilité de partir une année en France, j ai pensé pourquoi pas? et puis j ai fait une description de moi, j ai fait un entretien pour avoir cette possibilité d aller en France. Beaucoup d élèves suédois partent à l étranger après leur deuxième année du lycée. Mais Maria, elle, n avait que 17 ans et elle était un peu inquiète. J étais un peu nerveuse, bien sûr, pour l école, j avais un peu peur que ça soit trop difficile et surtout au niveau de français, au niveau de ma compréhension de la langue. 1
Ce n était pas facile au début mais Maria a eu le temps de s habituer à sa nouvelle vie. Et le premier jour, c est, j ai commencé doucement, j ai passé quelques jours avec ma famille, avec ma famille d accueil, on a visité la région, on est allés voir de la famille et à l école, oui c était doucement aussi. On a commencé à faire la connaissance avec le prof, avec les professeurs, on a commencé doucement... Au début, bien sûr c était difficile dans le sens où il fallait se concentrer beaucoup pour comprendre ce que les autres me disaient. Pour Carl-Erik, les premiers mois étaient une période de découverte mais au milieu de l année il a eu le mal du pays. Au début, je découvrais la France, je découvrais tout un système scolaire et je n avais pas peur je n avais pas envie de retourner en Suède mais au milieu là en décembre, en janvier, c était un peu difficile pour moi. Je me sentais un peu seul. En arrivant, les Suédois sont donc reçus par des familles d accueil. Quand les cours commencent, ils vivent dans l internat du lycée pendant la semaine mais ils passent les week-end et les vacances en famille. Oui, c était une famille très sympathique, oui, une famille typiquement française je trouve, ils apprécient bien la cuisine française. Comme partout en France, le repas est très important et on a passé beaucoup de temps avec leur famille aussi avec la grandmère surtout, on a, le dimanche, on a fait des petites excursions comme ça dans les alentours d Annonay, on a bien visité la région. J ai habité dans une famille de cinq personnes, y avait la mère, le père et puis trois enfants et un des garçons, je suis allé en même classe que lui. Ah, il a ton âge? Oui, il a mon âge. Carl-Erik a eu de la chance, sa famille d accueil est devenue sa famille française et les enfants sont devenus ses meilleurs amis. 2
Avant de partir en France, Mariel a essayé de savoir le plus possible sur sa famille d accueil. J avais demandé plein de questions, ils m ont dit que nous avons deux filles, une de 18 ans et une de 17 ans et moi j étais là Mais c est, c est super, c est vraiment parfait... et puis quand je suis venue, c était sympa et tout mais après j avais l impression de pas être... de pas faire partie de la famille et donc je me sentis un peu seule tout le temps parce que c était toujours eux et moi, c était jamais nous. Si Maria et Carl-Erik se sont bien entendus avec leurs familles d accueil, Mariel par contre a eu des problèmes. A la fin, elle a décidé de quitter sa famille. Avec ma, ma famille d accueil, on s est pas trop bien entendus, moi et ma famille d accueil, donc en fait, je les ai quittés. Je, je parlais avec le lycée, je disais : Et en fait, j ai changé la famille d accueil. Le monsieur avec qui j avais parlé, il avait dit Ah bon et t habites où maintenant? et je disais En fait, c est ça, parce que je, j habite nulle part sauf à l internat. Il était Ah d accord, qu est-ce que tu fais maintenant?. Et je demandais Heu, est-ce qu il y en a d autres familles d accueil? et il disait Bein non, ils sont tous occupées, les familles d accueil. Et puis, la semaine, la première semaine de, de lundi à vendredi, je vais demander à tout le monde s il pouvait me loger seulement pour le week-end et finalement personne pouvait me loger, j étais là, le, le vendredi après-midi Oh non, qu est-ce que je fais maintenant? Je vais pas habiter dans la rue quand même et puis j avais parlé avec le monsieur avec qui j avais parlé au début et il me disait Bon, mais si tu veux tu peux rester à l internat pendant le week-end. Je disais Bon d accord. A l internat, il faut suivre des règles qui semblent stricts pour les Suédois. Mais il y a aussi des avantages. Pendant la semaine scolaire, je restais à l internat de, de lycée. On n a pas la même liberté que chez soi, que à la maison, on doit avoir des autorisations pour sortir le soir par exemple. C est, c est un peu strict mais je me suis habituée et je restais dans une chambre avec deux filles et je trouve que quand on arrive tout seul heu dans un autre pays, c est bien de rester à l internat, ça permet de faire 3
beaucoup de connaissances avec des gens, avec des jeunes dont on ne fait pas nécessairement si on reste uniquement dans une famille d accueil. Pour Carl-Erik, Maria et Mariel les études n ont pas posé trop de problèmes mais il faut bien sûr s habituer à une autre manière d étudier et à un autre système scolaire. C était, c était très strict. On rencontre le professeur pendant le cours et, et c est tout. Souvent je connaissais pas, même pas le nom du professeur parce qu on disait toujours Madame ou Monsieur, le professeur c est quelqu un qu on voit pendant le cours et qu on vouvoie, on ne discute pas avec le professeur, le professeur a toujours raison et, et c est ça qui est différent. En Suède, il y a un dialogue et moi je préfère le dialogue, je préfère dans ce sens là, le rôle de, des professeurs suédois. Les professeurs parlent vite et en fait au début on comprend rien du tout pendant les cours. On est là, on regarde tout le monde qui écrit plus vite que je peux écrire en suédois presque et puis on est là Bon maintenant après une demi-heure, j ai compris deux mots, oui, c est bien. Mais, ça marche vite, de l apprendre. A la fin de l année, je, j écrivais aussi vite que tout le monde. Ici en Suède, je suis habituée de être, une assez bonne élève et je n étais pas vraiment en France même si, même si je faisais le plus grand effort que je pouvais, je ne pouvais pas réussir autant que je voulais. Et bien sûr, ils ont fait de bons amis en France. Dans ma classe tout le monde était quand même assez, assez sérieux, ils travaillaient beaucoup, ils faisaient ses leçons, donc c était un peu difficile à faire la connaissance avec les autres dans ma classe mais peu à peu j ai fait des amis, dans la classe et aussi à l internat où j ai habité pendant les semaines. Moi, je faisais de l athlétisme avec un petit club de, de l athlétisme et je passais beaucoup de mon temps avec mes amis de club et le week-end on a souvent passé des soirées ensemble. Il y avait de petits bars comme ça ou chez quelqu un du club. 4
Mes amis étaient presque tous des gens qui voulaient bien réussir et pour bien réussir dans l école française il faut travailler. Pour moi ça aurait été mieux si, si on n était pas autant à l école mais c est comme ça. Est-il très important de bien parler français pour étudier en France? Je suis sûre que c est bien d avoir une bonne connaissance de la langue française mais c est pas le plus important non plus. J ai même eu des amies en France qui sont arrivées en France sans parler un mot français et c est vrai que ça pose des problèmes mais elles ont bien réussi à la fin de cette année, elles ont bien parlé français. Quand on est jeune, on apprend vite. Et aujourd hui vous êtes de retour en Suède. Qu est-ce que vous avez pensé en quittant la France? En même temps qu on est content de rentrer en Suède, on est triste de quitter la France et c est vrai que tous ces sentiments-là sont difficiles, c est, c est difficile à exprimer en mots, je pense que tout le monde qui a passé une année comme ça à l étranger aura ce sentiment là. Je pense que l attitude est très importante, il faut être ouvert, il faut avoir la volonté de s adapter à la vie française, c est quand même une situation nouvelle et sûrement différente par rapport à la vie en Suède. Här lämnar vi Maria, Mariel och Carl-Erik och tackar dem för deras berättelser om sitt år i Frankrike, ett år som de säkert aldrig kommer att glömma. Om du som lyssnar har blivit intresserad av att få mer information och funderar på att söka ett stipendium till så vill jag rekommendera dig att gå in på Programkontorets hemsida: www.programkontoret.se. Där hittar du allt du behöver veta under rubriken: Ett år i Frankrike. musique 5