Las Meninas de Velázquez Chef d œuvre du siècle d or espagnol les Ménines est un tableaux qui a fait l objet de nombreuses interprétations. Alors pourquoi ces nouvelles créations? Ont-elles la même portée que l originale? Caractéristiques de base Titre : Les Ménines (ou La famille de Philippe IV) Auteur : Diego Velazquez Date : 1656 Dimensions : 321x181cm Lieu de conservation : Musée du Prado de Madrid Genre : Portrait Sujet : Une scène d intérieur représentant une grande pièce du palais de l'alcázar à Madrid, dans laquelle se trouvent plusieurs personnages de la cour du roi Philippe IV d'espagne. Composition : 1er plan : à gauche le dos d'un tableau (que le propre Velazquez est en train de peindre), à droite, un chien qui se réveille sous les coups de pieds du nain Nicolas Pertusato. 2me plan : à gauche du nain et presque au même niveau que la princesse une autre naine Les 2 nains font partie de la cour royale. A l époque, ils étaient «les bouffons» qui amusaient le Roi et sa Cour. 3me plan : la Princesse de face. L Infante Margarita a 5 ou 6 ans. Elle porte la robe typique de la Cour à cette époque (élément visuel qui sera le plus «reconnaissable» du tableau et sera largement repris dans les versions suivantes) Elle est placée au centre et de couleur claire, pour se détacher de l ensemble du tableau. C est ELLE le centre d attention de tous et de tout. Sa dame de compagnie (Meninas en espagnol) lui présente un plateau en or avec un verre rouge posé dessus.
4me plan : à droite de la princesse, légèrement en retrait, la deuxième Menina fait la révérence. Les Meninas étaient des jeunes filles issues de l aristocratie. Elles étaient choisies pour servir la princesse. C était un privilège et un honneur 5me plan : le peintre Diego Vélasquez pinceau et palette dans les mains. Il s'est auto représenté en train de peindre. Il porte la Croix de l ordre de Santiago, privilège qui nous montre son statut de «favori» auprès de Roi. 6me plan : la gouvernante et un garde du corps. La gouvernante souligne l importance de l éducation religieuse à l époque. 7me plan mais dans deux espaces différents: A gauche : la reine Mariana et le roi Philippe IV, vagues portraits fantomatiques apparaissant par reflet dans un miroir. Par le jeu de miroir le couple royal semble être placé hors de la peinture, à l'endroit même où un observateur se placerait pour l admirer. C'est-à-dire que le spectateur est à la place du couple royal et il devient lui même, un instant, le modèle du tableau. On appelle cette situation une «mise en abîme A droite : Le Chambellan apparaît en contre jour dans un espace ouvert. C est lui qui en se détachant de la lumière de la porte crée un contraste essentiel qui accentue la mise en abîme déjà existante. Le Chambellan, noir sur fond blanc, s oppose à la Princesse, blanche sur fond sombre, et ne fait que la détacher davantage. Les personnages sont en pleine action, c est comme si la scène était en train de se dérouler sous nos yeux. L œuvre montre un tableau en train de se faire. Ce tableau, que Velazquez est en train de peindre, est celui que nous observons. Pourtant, c est le couple royale qui se reflète à notre place. Alors nous ne savons pas réellement quel est le sujet du tableau. Il nous peint nous, spectateurs qu il fixe directement? Il peint la Petite princesse alors centre d attention du royaume? Il peint les personnages qui se reflètent dans le miroir du fond et qui se tiendraient alors à notre place (le Roi et la Reine)? C est là tout le mystère du tableau et ce qui fait son génie. Le tableau a par ailleurs un rôle diplomatique. Il montre la stabilité, la puissance et la richesse du pouvoir royal en Espagne. Il insiste par ailleurs sur l importance de l éducation (religieuse) et des statuts de privilèges à la Cour.
Une interprétation des Menines : Grupo Cronica Il s agit d un groupe d artistes espagnols présent de 1960 à 1980 et représentant du Pop Art. Les artistes utilisaient des références populaires (comme les bandes dessinées, les publicités) qu ils intégraient dans des œuvres plus classiques. Cela créait alors des associations anachroniques qui donnent une vision plus enthousiaste des œuvres classiques. Mais ce détournement d'un tableau classique remet aussi en question la société d'aujourd'hui. On retrouve les éléments du tableau original (les personnages pour la plupart) mais dans un décor différent. Cet appartement typique des années 70 où s accumulent des objets sans grande valeur, contraste avec le riche intérieur de l œuvre originale. La télévision tient une place privilégiée dans les salons espagnols, alors que la dictature franquiste contrôlait toute diffusion médiatique. Au premier plan, une bouée en plastique et un ballon se sont glissés au milieu des personnages. Ils font référence au football et aux vacances à la plage, symboles des loisirs industrialisés à l'excès. Il suffit de penser aux immenses complexes touristiques qui ont transformé les côtes d'espagne en véritables usines à touristes pour des vacanciers venus de toute l'europe. Quant au football, il est le sport médiatique par excellence. On retrouve également les peintres qui, comme Velazquez à son époque, se sont représentés dans le tableau sous l habit de personnages du XVII siècle. Le message ici est totalement différent : on a plus une impression de gaieté, d amusement dans une Espagne qui vit encore sous la dictature franquiste. Les artistes revendiquent une certaine liberté, de frivolité.
Ce groupe d artiste a également réinterprété le «Guernica» de Picasso : plus coloré, plus serein, il provoque une toute autre sensation au spectateur. Les élèves ont créé leur propre version des Menines en respectant la place des personnages. Replace les éléments 1 - L'infante Marguerite- Thérèse 2 - Doña Isabel de Velasco (demoiselle d'honneur) 3 - María Agustina Sarmiento de Sotomayor (demoiselle d'honneur) 4 - Maribarbola (naine allemande) 5 - Nicolas Pertusato (nain italien) 6 - Doña Marcela de Ulloa (chaperonne de la princesse) 7 - Garde du corps 8 - Chambellan de la reine, chef des ateliers de la tapisserie royale et parent probable du peintre 9 - Vélazquez (le peintre) 10 Le roi Philippe IV 11 - La reine Mariana