LA SAGA DES VALOIS-ANGOULEME Cette conférence, faite par Florent Gaillard-Gentilleau le 30 octobre 2015 au château de la Taillée, a été axée sur trois parties : 1 - le destin fabuleux de François Ier, aîné de la branche Valois Angoulême, qui est devenu roi de France le 1er janvier 1515 et a donné une descendance royale avec son fils Henri II, et ses trois petits-fils François II, Charles IX et Henri III ; cette branche s'éteindra et sera suivie par la branche des Bourbons avec Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, le Régent, Louis XV, Louis XVI... Notre excellent conférencier nous a expliqué comment un petit comté de province, le comté d'angoulême a eu un rôle très important dans l'histoire de France. 2 - la bataille de Marignan, les 13 et 14 septembre 1515, qui a consacré le jeune François Ier à la veille de ses 19 ans, et qui esquivera dans la mémoire collective la triste bataille de Pavie. 3 - la découverte dans la cathédrale d'angoulême d'une urne en plomb dans laquelle ont pu être identifiés Jean et Charles d'orléans, père et grand-père de François Ier. Ils ont été inhumés en présence de Mgr Dagens, évêque d'angoulême et académicien, le 15 février 2015. Etude de la branche Valois-Angoulême La dynastie des Valois remonte à Philippe Le Bel (1285-1314). Elle en est la branche cadette. En 1392, le roi Charles VI donne à son frère Louis, duc d'orléans, le comté d'angoulême. Quatre générations successives vont y vivre.
Louis d'orléans (1372-1407) Prince fastueux, il épouse une riche héritière, Valentine Visconti. Couple très en vue, ils tiennent les commandes du pouvoir et, de ce fait, se font beaucoup d'envieux. En 1407, Louis est assassiné sur ordre du duc de Bourgogne. Son épouse meurt l'année suivante. Ils sont tous deux enterrés à la basilique de Saint-Denis. Jean d'orléans, comte d'angoulême (1399-1467) Jean est le second fils de Louis d'orléans et Valentine Visconti. (Son frère aîné, Charles d'orléans, est resté célèbre en tant que poète.) Son enfance est marquée par la guerre de Cent Ans, en particulier par les affrontements entre les Armagnacs et les Bourguignons. A l'âge de 12 ans, il est livré comme otage à l'angleterre, en garantie du versement d'une rançon. Il y restera 32 ans, jusqu'en 1444 (et la rançon sera payée au moins trois fois). Jean met à profit ses années de captivité : il se cultive, en particulier dans le domaine littéraire, et constitue une bibliothèque exceptionnelle pour l'époque, riche de quelque 160 manuscrits. C'est aussi un homme éminemment religieux : il trouve dans la foi une consolation à ses épreuves. Il sera appelé «le Bon Comte», avec la réputation d'un homme sage. On pensera même à lui pour être Pape, et son procès en canonisation sera initié. A son retour en France, il s'installe dans son comté d'angoulême et y lance de grands travaux, dont la reconstruction des châteaux de Cognac et d'angoulême. A 50 ans, en 1449, il épouse Marguerite de Rohan, avec qui il aura plusieurs enfants dont un fils, Charles d'orléans, père de François Ier. Florent nous a appris qu'il était en train d'écrire un livre sur «le bon comte Jean». Tous les documents à son sujet n'ont pas encore été exploités, en particulier les archives du Vatican collectées lors de la demande de béatification. Bon travail Florent! Nous attendons votre livre avec impatience. Louise de Savoie Jean d'orléans
Charles d'orléans, comte d'angoulême (1459-1496) Second fils de Jean, il a 7 ans à la mort de son père. Il élit domicile au château de Cognac, où il vit très agréablement et librement (on lui connaît quelques liaisons et enfants bâtards). Charles poursuit l'œuvre de son père : bibliophile éclairé, il entretient des enlumineurs. A l'âge de 29 ans, en 1488, il épouse Louise de Savoie (née en 1476). Celle-ci n'a que 12 ans, mais sait prendre sa place, est consciente de son importance et aime les arts. Deux enfants naissent : Marguerite à Angoulême en 1492, et François à Cognac en 1494. Charles meurt en 1496, Louise se retrouve veuve à l'âge de 19 ans. Elle prend alors la direction du comté, tout en caressant le rêve que son fils, qu'elle appelle son «César pacifique», devienne un jour roi de France (comme le lui aurait prédit saint François de Paule, quelques années plus tôt). En 1498, elle déménage à Blois, alors que Louis XII (fils de Charles d'orléans, le prince poète) succède à Charles VIII. Quelques mots sur Louis XII. Celui-ci épouse en premières noces, sous l'insistance de Louis XI, Jeanne de France, très handicapée. Le mariage est annulé par le Pape et il peut épouser Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII, qui lui apporte la Bretagne en dot. De cette union naissent deux filles, et Louis XII meurt sans héritier mâle. Voulant à tout prix un garçon, Louis XII se marie une troisième fois, à l'âge de 52 ans, avec Marie d'angleterre (fille d'henri VII et sœur d'henri VIII), le 9 octobre 1514, mais il meurt moins de trois mois plus tard, le 1er janvier 1515. A noter que Louis XII avait eu la sagesse de donner sa fille Claude de France en mariage à son cousin François de Valois Angoulême (le futur François Ier). A défaut d'avoir un fils roi, sa fille pourrait être reine! Ce qui s'est effectivement produit. François Ier, comte d'angoulême (1494-1547) Le 1er janvier 1515, Louis XII meurt donc sans héritier. Le jeune François accède le jour même au trône de France, puis est sacré à Reims le 25 janvier 1515. C'est un homme à la stature imposante puisqu'il mesure plus d'1,95 m. Dès le printemps suivant, il forme le projet de reprendre le duché de Milan. Les 13 et 14 septembre
1515, la bataille de Marignan marque une victoire célèbre (mais bien sanglante : 16.000 morts en 16 heures). François Ier est un grand protecteur des arts et son règne est marqué par le raffinement de l'architecture et des objets. C'est la Renaissance. Les villes de son enfance jouissent de nombreux privilèges, et le château de Cognac est embelli (avec l'acquisition d'un superbe retable pour la chapelle). François Ier séjourne dans divers châteaux qu'il a construits ou restaurés : Blois, Fontainebleau, Chambord. A la suite et en mémoire de son grand-père le «Bon Comte Jean», auquel il était très attaché, il prend pour emblème la salamandre, décoration particulièrement présente au château de Blois. Il met à l'honneur les ouvrages enluminés (représentation de la bataille de Marignan...), les arts italiens (avec la présence de Léonard de Vinci). Le Louvre est lancé. Soucieux d'humanisme, François Ier crée le prestigieux Collège de France, qui existe toujours. François Ier promulgue l'ordonnance de Villers-Cotterêts, instituant les registres de baptême et imposant le français comme langue administrative. De lourds impôts sont perçus pour lever des troupes contre Charles Quint. En 1525, la bataille de Pavie est un cuisant échec. La France perd des terres et le roi est retenu prisonnier à Madrid par Charles Quint, en compagnie de ses enfants pendant un an. Suite au traité de Madrid, la France abandonne, ses territoires italiens, et la Bourgogne. L'époque est aux grands explorateurs. François Ier envoie le navigateur Verrazzano, qui découvre la baie de New-York. Le territoire abordé sera baptisé la «Nouvelle Terre d'angoulême». En 1514, François, qui n'était encore que comte d'angoulême, a épousé Claude de France, fille de Louis XII. Celle-ci lui a donné sept enfants, avant de mourir à l'âge de 25 ans en 1524. En 1530, François Ier se remarie avec Eléonore, sœur de Charles Quint : une alliance politique. François Ier s'éteint en 1494, après 32 ans de règne. Son tombeau se trouve à Saint-Denis. François entretenait des liens étroits avec sa mère, Louise de Savoie, et sa sœur, Marguerite : ce trio était nommé «la Royale Trinité». Au Musée de l'armée, on peut admirer l'épée de François Ier ainsi que son impressionnante armure mesurant 1,98 m. Archéologie familiale En 2011, lors de fouilles dans la cathédrale d'angoulême, a été exhumé un coffret de plomb contenant les ossements de 4 personnes. Grâce aux moyens modernes d'investigation, on a pu identifier deux de ces personnes comme étant le père et le grand-père de François Ier : le «Bon Comte Jean» et son fils, Charles d'orléans. Cette trouvaille historique a donné lieu à une célébration solennelle de réinhumation dans la cathédrale d'angoulême, célébration présidée par Monseigneur Claude Dagens, le 15 février 2015, en présence de Chantal de Sambucy née Orléans, une des filles de feu le Comte de Paris. Conférence donnée le 30 octobre 2015, au Florent Gaillard-Gentilleau, dans le cadre des VMF 79
Florent Gaillard-Gentilleau et Rémi Fruchard château de la Taillée Echiré 79