1 DIFFUSION DES IMPURETES DANS LE SILICIUM. Philippe ROUX 2008

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1 DIFFUSION DES IMPURETES DANS LE SILICIUM 1 Philippe ROUX 2008 http://rouxphi3.perso.cegetel.net

2 I. CROISSANCE DE L'OXYDE DE SILICIUM Comme il a été exposé dans le chapitre conception des circuits intégrés monolithiques, la couche d'oxyde de silicium que l'on fait croître sur la plaquette et dans laquelle on prévoit des fenêtres de diffusion, joue un rôle essentiel dans le processus de diffusion des impuretés. En effet, la couche d'oxyde de silicium est imperméable à la diffusion des dopants habituels à condition que son épaisseur soit suffisante. 1) Epaisseur minimale de protection de l'oxyde de silicium Les figures 1 et 2 respectivement pour le Bore et le Phosphore (ou l arsenic), indiquent l'épaisseur indispensable de SiO 2 pour former écran à la diffusion de ces impuretés. Ces épaisseurs minimales d oxyde de silicium sont fonction du temps et de la température durant le processus de diffusion. Figure 1 : Cas du Bore Figure 2 : Cas du Phosphore 2) Croissance de l'oxyde de silicium La formation de la couche d'oxyde de silicium est obtenue en disposant les plaquettes dans un four, dont la température constante, se situe en général entre 900 et 1200 C. La mise en présence du silicium et d'un courant d'oxygène pur introduit dans le four conduit à la réaction chimique : S i + O 2 S i O 2. La formation de l'oxyde se fait alors sous oxygène sec. Ce procédé illustré par la figure 3 qui indique l épaisseur de SiO 2 en fonction du temps et de la température d oxydation. On obtient alors un oxyde de très bonne qualité à croissance lente. Pour obtenir un oxyde à croissance rapide mais de moins bonne qualité, on doit le développer dans une atmosphère de vapeur d'eau selon la réaction : S i + 2H 2 O S i O 2 + 2H 2. La figure 4 indique alors l'épaisseur d oxyde obtenue en fonction du temps et de la température du four.

3 Figure 3 : SiO 2 sous oxygène sec Figure 4 : SiO 2 sous vapeur d eau Dans les deux cas, la réaction chimique de croissance de l oxyde de silicium : S i + O 2 S i O 2 conduit à une consommation de silicium (figure 4). En effet, la réalisation d une couche d'oxyde d'épaisseur e ox, utilise une épaisseur de silicium de 0,4 e ox. eox SiO2 Origine du silicium avant oxydation Si Figure 4 : Attaque du silicium durant son procédé d oxydation Exercice 1 : On considère une plaquette de silicium dopé P, non oxydée. On désire faire diffuser localement à travers une fenêtre du phosphore afin de créer une jonction N + P. Cette diffusion sera effectuée à T = 1100 C durant 100 minutes. a. Déterminer l'épaisseur minimale d oxyde de silicium nécessaire pour protéger les zones hors fenêtre. Solution : 0,65 μm. b. Quelle sera la durée de croissance de l oxyde sous oxygène sec et sous vapeur d eau à la température T = 1200 C? Solutions : 10 heures sous oxygène sec et 36 minutes sous vapeur d eau.

4 II : DIFFUSION DES IMPURETES Prenons pour exemple la formation d une jonction N + P. La diffusion du phosphore, à température élevée constante, dans le silicium homogène P, s effectue en deux étapes : Etape de prédépôt (figure 5), en exploitant la solubilité limite N L du phosphore dans le silicium. Au terme de ce processus, on obtient un dépôt surfacique d épaisseur fine correspondant à une quantité Q préd d atomes de phosphore par cm 2. Atomes de phosphore déposés en surface : Qpréd (at.cm-2) SiO2 Si P homogène : Na constant Figure 5 Etape de redistribution des impuretés (figure 6) qui consiste à faire pénétrer plus profondément dans le silicium les impuretés phosphore précédentes, Q préd déposées en surface. Au bout d un temps déterminé, on a formé en x = x j une jonction N + P. SiO2 0 Si N+ xj Nd (x) Si P Na constant x Figure 6 Na (x) 0 xj x Ces deux phases de diffusion du phosphore (il en est de même pour le bore ou l arsenic) sont régies par les lois de Fick qui permettent de définir comment évolue la concentration N (x, t) du dopant lors du processus de dopage. 1) LOIS DE FICK a. Flux des impuretés : 1 loi de Fick Considérons une plaquette de silicium mise en présence d une solution gazeuse d impureté dopante, dans un four porté à une température de l ordre de 1000 C. Les atomes du dopant vont s étaler dans le silicium (figure 7) à partir de la surface selon un phénomène semblable à la diffusion des porteurs. En effet, les atomes dopants vont migrer des régions à forte concentration vers les régions à concentration plus faible.

Soit une surface située en x dans le silicium. La densité de flux F(x,t) des atomes d impuretés N (x,t) qui traverse cette surface à un instant t (on peut aussi parler de vitesse d'écoulement) est proportionnelle à leur gradient de concentration : N(x,t) F(x,t) = D x (1) 5 T = 1000 C F(x,t) N(x,t) dn (x,t)) N(x,t) x t 0 x x+dx Figure 7 x Le coefficient de proportionnalité est la constante de diffusion D (cm -2 s -1 ) des atomes dopants dans le semi-conducteur (figure 8).

Figure 8 : Constante de diffusion D dans le silicium des atomes dopants en fonction de la température réduite (1000 /T K). b) Equation de transport : 2 loi de Fick Considérons un volume élémentaire dv de silicium, de section S unité et d'épaisseur dx. On définit en x une densité de flux F (x,t) d'atomes de dopant (figure 9). 6 F(x) S = 1cm2 F(x) F (x) dx x x x+dx Figure 9 A un instant t, soit N(x,t).dx le nombre d atomes de dopant qui vont se fixer dans le volume élémentaire. Durant un temps dt, on définit alors une vitesse d'accumulation des atomes N(x,t) dopants : dx. t Cette vitesse d accumulation des atomes dopants, entraîne donc une modification de flux d impuretés entre x et (x+dx), telle que : N(x,t) F(x,t) N(x,t) F(x,t) dx = F(x,t) F(x,t) + dx t x soit : =. t x Compte tenu de la première loi de Fick, on obtient l'équation de transport suivante : N(x,t) t = D 2 N(x,t) x 2 (2) La relation (2) est une équation différentielle du deuxième ordre dépendant du temps et de la distance. Cette relation gère à la fois l'étape de prédépôt et de redistribution des impuretés. La solution N (x,t) de cette l'équation est étroitement liée aux conditions initiales qui sont différentes dans les étapes considérées. 2) ETAPE DE PREDEPOT DU DOPANT Au cours de cette première étape, les tranches de silicium sont soumises à une atmosphère contenant un composé gazeux de l'élément dopant dans un four porté à une température de l'ordre de 1000 C pendant quelques dizaines de minutes. Le composé gazeux de l'élément dopant est caractérisé par sa solubilité limite N L c est-à-dire la densité maximum d'impuretés que l'on peut introduire dans le silicium à la température de diffusion (figure 10). Cette densité d impuretés qui est indépendante du temps reste constante à la surface du semi-conducteur.

7 Figure 10 : Solubilité limite N L de divers dopants en fonction de la température Les atomes de dopant vont s'établir dans silicium en fonction du temps t et de la distance x, selon la loi : x N(x,t) = N L erfc (3) 2 Dt N L (at.cm -3 ) solubilité limite du dopant dans le silicium D (cm 2 s -1 ) : constante de diffusion à la température du prédépôt 2 D.t représente la longueur de diffusion des atomes dopants erfc (z) est la fonction d'erreur complémentaire définie selon : erfc(z) = 2 z e t 2 dt 1 0.1 0.01 0.001 erfc( z ) 1 10 4 1 10 5 1 10 6 1 10 7 1 10 8 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 z Figure 11 : Fonction erfc (z) en fonction de 0 < z < 4.

8 Si on appelle t p la durée du prédépôt, à la fin du processus, la quantité d'atomes Q préd (at.cm -2 ) de dopant résidant sur le silicium est donné par la relation : Q préd = 2N L Dt p (4) Exercice 2: Formation d'une jonction N + P On dispose d'une plaquette de silicium dopé P uniforme tel que N A = 5.10 16 at. cm -3. Pour fabriquer une jonction N + P, on effectue l'étape de prédépôt du phosphore en disposant la plaquette de silicium dans un four porté à T = 980 C durant t p = 12 minutes. Déterminer en utilisant les abaques, l'épaisseur x p de dépôt de phosphore et la quantité Q préd d'atomes correspondante. Solution : A T = 980 C correspond : 1000 T K = 0,8. On en déduit sur les abaques figures 8 et 10 : Constante de diffusion du phosphore dans le silicium : Dn= 1,5 10-14 cm 2.s -1 Solubilité limite du phosphore dans le silicium à 980 C : N L = 910 20 a.cm -2 x La relation (3) devient alors : erfc p 2 Dt = N(x,t ) p p = 51016 p N L 910 20 x La figure 11 donne alors : p 2 Dt = 2,8 p On en déduit : x p = 0,18 μm et Q préd = 3,33 10 15 at.cm 2 Figure 12 : Etape de prédépôt du phosphore

9 3) ETAPE DE REDISTRIBUTION DU DOPANT On dispose en fin de prédépôt de la quantité Q préd d'atomes de dopant à la surface de la plaquette (condition initiale de l'équation 2). On fait alors diffuser thermiquement en profondeur cette couche superficielle. La solution de l'équation de transport (2) devient : N(x,t) = Q préd Dt exp( x 2 4Dt ) (5) L expression silicium. Q préd Dt représente la concentration Q s des impuretés à la surface (x = 0) du Le profil de dopage est gaussien avec une concentration en surface qui diminue au fur et à mesure que le temps du processus de redistribution augmente. Exercice 3 : suite de la formation d'une jonction N + P. Après la phase de prédépôt de phosphore précédente, on effectue sa redistribution à 1100 C durant un temps t r de 60 minutes. Déterminer la profondeur x j de la jonction N + P ainsi réalisée ainsi que la concentration du phosphore Q s en surface. Solution : à 1100 C la constante de diffusion des atomes de phosphore devient : D = 310-13 cm 2.s -1 La relation (5) donne alors une profondeur de jonction x j = 1,74 μm avec Qs = 5,7 10 19 atomes.cm -3. Figure 13 : Formation de la jonction N + P

10 4) PROFIL DE DIFFUSION D'UN TRANSISTOR NPN Dans le chapitre conception des circuits intégrés monolithiques, nous avons exposé la procédure de réalisation d'un transistor NPN. Après la construction du mur d'isolement P (figure 14), on effectue dans une fenêtre d'oxyde, la diffusion de la base P, dans la couche N épitaxiale (futur collecteur) considéré comme uniforme : N C = 2.10 15 at.cm -3. Base P P+ N épitaxié C. E. N++ P+ P+ C. E. N++ P+ substrat P substrat P Figure 14 Les deux étapes, prédépôt suivi de la redistribution du bore, conduisent au profil de concentration N B (x) donné en figure 15. 1 10 20 1 10 19 Profil du phosphore : NE (x) Profil du bore : NB (x) 1 10 18 1 10 17 1 10 16 N C constant 1 10 15 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 x en microns Emétteur N + Base P Collecteur N xe =1.8 μm WB = 0. 8 μm xc =2.6 μm Figure 15 : Profils de diffusions d un transistor NPN La concentration N B (x) élevée en surface (5.10 17 at.cm -3 ) chute en fonction de la distance dans le silicium. A la distance x C où N B (x) égale la concentration N C, la densité nette d'impuretés est nulle. Pour x < x C la densité nette d'impuretés (N B (x) - N C ) est positive. Pour x > x C la densité nette d'impuretés (N B (x) - N C ) est négative. Donc x C représente la distance à laquelle la jonction base collecteur est formée.

11 La diffusion du phosphore dans la base pour former l'émetteur obéit aux mêmes règles. Son profil N E (x) commence à une concentration superficielle plus élevée (10 20 at.cm -3 ) et va jusqu'à une profondeur x E de 1.8 μm où est formée la jonction d émetteur. Cette jonction correspond à l'intersection des répartitions de base N B (x) et émetteur N E (x) des impuretés. L'épaisseur W B de la base du transistor est donc égale à 0.8 μm. Remarque : La diffusion du phosphore est réalisée dans le four porté à une température de l'ordre de 1000 C. Aussi les atomes de bore, soumis à la même température, vont continuer à diffuser. Lorsque l'émetteur est constitué, le profil N B (x) de la figure 14 se trouve alors modifié et déplacé vers la droite. III. IMPLANTATION IONIQUE Actuellement, on préfère introduire les impuretés dans le silicium par implantation ionique. On accélère, sous vide, par une énergie comprise entre 30 et 200 kev, un faisceau d'ions dopants (bore ou phosphore). L'énergie d'accélération et le courant de faisceau (concentration des ions dopants) déterminent la profondeur de pénétration des ions dans le silicium. On utilise fréquemment ce procédé lorsqu'il faut de minces couches dopées telles que : la région d'émetteur d'un transistor bipolaire, le canal d'un MOS et la région de grille d'un JFET. En effet, le contrôle des concentrations de dopage de telles régions étroites est plus facile en implantation ionique qu'en diffusion. La couche de SiO 2 forme encore une barrière efficace contre les ions implantés, pour ne doper que les régions munies de fenêtres. Autre avantage de l'implantation ionique, elle s'effectue à basse température. Par conséquent, les régions antérieurement dopées divergent beaucoup moins. Documentation : http://www.microelectronique.univ-rennes1.fr/fr/index_chap6.htm