Structure de la peau (1)

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23/02/2016 Camille GERMOND L2 CR : NICOLAS Margot Revêtement Cutané Dr. Odile LACROIX 14 Pages Structure de la peau (1) Plan : A. Généralités B. Structure de l'épiderme I. Les kératinocytes II. Les mélanocytes III. Les cellules de Langerhans IV. Les cellules de Merkel V. Pathologies de l'épiderme C. Structure de la jonction dermo-épidermique D. Structure du derme et de quelques annexes I. Les constituants du derme II. Les annexes cutanées E. Structure de l'hypoderme Le diaporama est disponible sur l ENT. Les éléments évoqués dans ce cours seront repris largement dans d autres cours. A. Généralités La peau est l enveloppe qui entoure tout notre corps. La peau doit être considérée comme un organe à part entière, c est l organe le plus volumineux de l organisme. Chez un adulte de poids et de taille moyens, on estime que la peau représente environ 2 m² de surface et pèse 1/3 du poids corporel. La peau possède de multiples fonctions : Protection et barrière : la peau nous protège des rayons UV, mais aussi des agressions mécaniques, chimiques, infectieuses et même thermiques, chaudes ou froides. Cette fonction est très importante. Sensibilité : la peau est l organe sensoriel le plus étendu de l organisme car elle contient divers récepteurs pour le toucher, la pression, la température et la douleur. CR : ce rôle est également très important. Thermorégulation : la peau permet la lutte contre le froid grâce à l accumulation de tissu adipeux souscutané. Elle permet également la lutte contre le chaud grâce à la sécrétion de sueur par les glandes sudoripares et à l augmentation du débit sanguin dans le derme. Le rôle de thermorégulation de la peau est extrêmement important pour notre organisme. 1/14

Rôle immunologique notamment dans le phénomène de rejet de greffe de peau. Rôle métabolique : la peau permet un stockage de réserves énergétiques sous forme de tissu adipeux. Elle participe également à la synthèse de vitamine D. Organisation générale de la peau : En histologie on lui distingue 4 parties, de la superficie vers la profondeur : Epiderme: partie la plus superficielle, c est un épithélium de surface Jonction dermo-épidermique : limite très fine située entre l'épiderme et le derme Derme : tissu conjonctif Hypoderme : constitue la partie la plus profonde de la peau, ce tissu conjonctif permet de relier le derme aux tissus sous-jacents. Il a la particularité de contenir du tissu adipeux. Dans le derme, on retrouve un certain nombre de structures qui sont les annexes cutanées représentées par : les phanères : poils, cheveux et ongles les glandes sébacées (sécrétant le sébum) et les glandes sudoripares (sécrétant la sueur) En pratique on distingue deux types de peaux en fonction de l épaisseur de l épiderme, c est-à-dire de l épithélium de surface : la peau fine : l épiderme mesure 0,1 mm d épaisseur. et la peau épaisse : l épiderme mesure entre 0,6 et 1,5 mm d épaisseur Schéma représentant une coupe microscopique de l épiderme avec des colorations standards. Partie la plus superficielle rosée : épiderme Partie bleutée : derme En profondeur avec taches blanches : hypoderme L épaisseur de l épiderme à droite est beaucoup plus importante que dans celle de l épiderme à gauche. La peau fine se retrouve sur tout le corps à l exception de la face palmaire des mains et des doigts, et de la face plantaire des pieds et des orteils où l on retrouve de la peau épaisse. Cette spécificité de localisation de la peau épaisse se comprend mieux quand on sait que la fonction de protection de la peau épaisse est accrue par rapport à la peau fine. La peau épaisse est retrouvée dans les zones sensibles soumises à de fortes pressions. 2/14

B. Structure de l épiderme L épiderme est un épithélium pluristratifié (plusieurs couches), pavimenteux (la couche la plus superficielle est formée de cellules pavimenteuses aplaties) et kératinisé (fonction de protection). CR : L'ensemble de ces trois caractéristiques est spécifique de l'épiderme. Comme tous les épithéliums, l épiderme n est pas vascularisé. Au sein de l épiderme on retrouve 4 types de cellules : les plus nombreuses sont les kératinocytes : > 80 % du contingent épidermique, population cellulaire majoritaire les mélanocytes : 10 % les cellules de Langerhans : peu nombreuses, elles représentent environ 5% des cellules de l épiderme les cellules de Merkel, peu nombreuses elles aussi, représentent 5% du contingent cellulaire de l épiderme. I. Les Kératinocytes Au niveau embryologique, les kératinocytes dérivent de l ectoblaste (feuillet superficiel qui formait le disque embryonnaire). Ils possèdent 2 grandes fonctions : Assurer la cohésion de l épiderme en particulier pour la fonction de protection, de barrière. Elle est permise grâce : aux particularités du cytosquelette des kératinocytes, à des systèmes de jonctions des kératinocytes entre eux d une part, et des kératinocytes entre eux et la jonction dermo-épidermique d autre part. Assurer une barrière entre milieu extérieur et milieu intérieur : ce rôle de barrière sera supporté plus particulièrement par les cellules de la couche la plus superficielle qui est la couche de cellules cornées. Lorsqu on regarde une coupe d épiderme, on observe que celui-ci est formé d un épithélium pluristratifié organisé en 4 couches : 3/14

la couche basale : couche la plus profonde, la plus proche du derme, formée de cellules cubiques ou cylindriques. CR : Elle est relativement fine. la couche épineuse (ou spineuse) : beaucoup plus volumineuse, elle est formée de 3 ou 4 rangées de cellules plu volumineuses. la couche granuleuse où les cellules commencent à s aplatir un peu. C'est une couche plus fine.. la couche cornée : son épaisseur est variable selon si on est en peau fine ou en peau épaisse. Cette organisation de l épiderme en 4 couches est due à l évolution des kératinocytes de la couche basale vers la couche cornée. Le but ultime des kératinocytes est de se kératiniser, c est-à-dire de former des cellules qui vont contenir de la kératine afin de permettre la fonction de protection et de barrière. La kératinisation sera terminée dans les cellules les plus superficielles, au niveau de la couche cornée. Caractéristiques des différentes couches épidermiques : La couche basale : elle est formée d une seule rangée de cellules en général cylindriques possédant un gros noyau. Ces cellules sont en contact direct avec la jonction dermo-épidermique. Au sein de cette couche on a pu mettre en évidence la présence de cellules souches. Au final cette couche basale permet le renouvellement de l épiderme et va permettre aussi aux kératinocytes formés d entrer en différenciation pour atteindre progressivement la kératinisation. La couche épineuse : située au-dessus de la couche basale, plus volumineuse, elle est formée de 3 à 4 rangées de cellules plus volumineuses dites polyédriques et contenant toujours un gros noyau. La couche granuleuse : 1 à 3 rangées de cellules qui commencent à s aplatir avec un noyau plus petit. Les cellules contiennent des granulations basophiles caractéristiques de cette couche. La couche cornée : elle est formée de cellules pavimenteuses (ou aplaties) qui ont perdu leur noyau. On les appelle les cornéocytes. On distingue deux parties dans la couche cornée : une couche compacte en profondeur, proche de la couche granuleuse et une couche desquamante en superficie. Desquamer = cellules se détachent et tombent. La migration des kératinocytes de la couche basale à la couche cornée s effectue en 3 à 4 semaines. Ceci explique une cicatrisation en 3 à 4 semaines en cas de plaie, parfois légèrement moins si la plaie est superficielle. Il existe des pathologies où ce processus est accéléré. Au cours de cette migration, il va y avoir des transformations à la fois au niveau des systèmes d attache des kératinocytes entre eux et au niveau de la morphologie des kératinocytes. 4/14

Les systèmes d attache : Au niveau basal, les kératinocytes sont reliés entre eux par des desmosomes peu nombreux mais très efficaces. On retrouve aussi des kératinocytes reliés à membrane basale par des hémi-desmosomes. CR : il y a une attache solide entre les kératinocytes et avec la membrane basale. Au niveau de la couche épineuse, les kératinocytes sont reliés entre eux par de nombreux desmosomes qui tirent sur les contours cellulaires donnant cet aspect polyédrique, ovoïde à la cellule. Les desmosomes sont bien plus nombreux que dans la couche basale. La présence de ces nombreux desmosomes permet une forte cohésion de l épiderme. Au niveau de la couche granuleuse, les desmosomes sont encore nombreux. Dans la couche cornée, on trouve encore quelques desmosomes dans la couche compacte mais ceux-ci disparaissent dans la couche superficielle ce qui permet la desquamation. Cette desquamation régulière est nécessaire pour la régénération de l épiderme afin de laisser place à de nouveaux kératinocytes. Le processus de kératinisation (3 à 4 semaines) : Au niveau de la couche basale on n observe aucun élément particulier. Les cellules basales sont des cellules souches servant à renouveler l épiderme. Au niveau de la couche épineuse on voit apparaître de nouveaux éléments : les tonofilaments. Ce sont une variété de filaments intermédiaires riches en cytokératine et organisés en trousseau dans le cytoplasme des kératinocytes. Au niveau de la couche granuleuse on retrouve toujours les tonofilaments. Il y a l apparition de nombreux grains de kératohyaline, formés de profilagrine, associés aux tonofilaments. On note également l apparition de kératinosomes, petites vacuoles chargées de lipides permettant la synthèse du cément qui agit comme de la «colle» entre les cellules. 5/14

Les grains de kératohyaline ainsi que les kératinosomes constituent des structures spécifiques de cette couche granuleuse, ce sont donc des marqueurs de la différenciation épidermique. Remarque : en pathologie on se sert de la mise en évidence de ces marqueurs pour identifier certaines structures précises. Au niveau de la couche cornée, les cornéocytes sont des cellules superficielles pavimenteuses qui ne possèdent plus de noyau ni d organites. Elles sont entièrement remplies de kératine et sont entourées d une enveloppe cornée. Elles paraissent mortes. Comment se forme la kératine au niveau de ces cellules? Tout d abord il y a transformation de la profilagrine en filagrine qui permet aux filaments de s agréger entre eux. À ce moment-là, la filagrine et les filaments intermédiaires de kératine sont organisés en réseau assez dense et forment la matrice cytoplasmique des cornéocytes. CR : la kératine occupe la totalité du cytoplasme de ces cellules et elle se forme donc réellement au niveau de la couche cornée. Ensuite les kératosomes, apparus dans la couche granuleuse, déversent leur contenu, des lipides essentiellement, dans l espace extracellulaire autour des cornéocytes. Ces lipides vont former le cément intercellulaire qui a pour rôle, au niveau de la couche compacte de la couche cornée, de sceller les cornéocytes entre eux. Au niveau de la couche superficielle, ces kératosomes déversent des enzymes : des protéases au niveau de la couche superficielle provoquant la lyse du cément intercellulaire et permettant ainsi la desquamation. CR : Celle-ci est donc possible grâce aux protéases et au fait qu'il n'y a plus de systèmes d'attache. Au final les cellules de la couche cornée apparaissent comme des cellules kératinisées, sans noyau, dites «mortes», mais qui ont en fait un rôle fonctionnel très important. - Les cellules proches de la couche granuleuse (cellules de la couche compacte), sont réunies entre elles par le cément : rôle de protection et d imperméabilité. - Les cellules les plus superficielles de la couche cornée desquament grâce à la lyse du cément et des desmosomes ce qui va permettre le renouvellement continu de l épiderme. L ensemble de cette organisation donne à l épiderme sa fonction à la fois de barrière et de protection. II. Les Mélanocytes Les mélanocytes ont une origine embryologique différente des kératinocytes puisqu ils dérivent des crêtes neurales. C est la seconde grande population des cellules de l épiderme (10 %). Ils ont pour fonction la synthèse des mélanines qui permettent d une part la pigmentation de la peau et d autre part la protection de l ADN des kératinocytes contre les rayons UV. Les mélanocytes sont situés uniquement dans la couche basale de l épiderme, entre les kératinocytes. On compte environ 1 mélanocyte pour 10 kératinocytes. En microscopie optique (MO) en coloration standard, les mélanocytes apparaissent arrondis et clairs (ils ne prennent pas la coloration). Les kératinocytes apparaissent en rose. 6/14

En microscopie électronique (ME) (schéma à droite), le mélanocyte a un aspect un peu particulier avec un gros corps cellulaire avec un gros noyau et des prolongements (dendrites) (ressemblance aux neurones). Il n y a pas de système d ancrage particulier avec les kératinocytes ou avec la lame basale sous-jacente. On trouve à l intérieur du mélanocyte de nombreux organites dont le mélanosome (points noirs sur le schéma) qui ont pour fonction essentielle la synthèse des mélanines. III. Les cellules de Langerhans Elles représentent 5% de la population de l épiderme. Elles sont peu nombreuses mais ont un rôle important. Ce sont des cellules présentatrices d antigènes aux Lymphocytes T qui dérivent des monocytes. Elles sont localisées uniquement dans la couche granuleuse. Là aussi, ces cellules sont sans système d attache particulier. En MO, en coloration standard, ce sont des cellules qui apparaissent claires avec un noyau encoché. Les cellules de Langerhans possèdent un rôle immunologique : elles permettent la fonction de protection contre les agents infectieux et notamment un rôle important dans le rejet de greffe. IV. Les cellules de Merkel Les cellules de Merkel sont des cellules neuro-épithéliales. On les retrouve uniquement dans la couche basale de l épiderme, et plus spécialement au niveau des mains, des pieds et des lèvres. Les cellules de Merkel établissent des systèmes de jonction de type desmosome avec les kératinocytes basaux voisins. En MO, en coloration standard, ces cellules ne sont pas visibles. En ME, elles présentent un gros corps cellulaire avec de petites expansions qui font penser à des dendrites ou un axone. Elles ont un rôle important dans la sensibilité : elles servent de mécanorécepteurs (fonction sensorielle de la peau). C est pourquoi on les retrouve particulièrement dans les mains, les pieds et les lèvres, zones où la fonction sensorielle est très développée. V. Les pathologies de l épiderme Les kératinocytes assurent 2 grandes fonctions : Cohésion de l épiderme (via les systèmes d attache : les desmosomes et les hémi-desmosomes) Barrière (couche cornée) 7/14

Altération de ces fonctions dans certaines pathologies : Défaut de cohésion des kératinocytes entre eux : maladies bulleuses intra-épidermiques. Exemple : Pemphigus. On a apparition de bulles sur tout le corps (CR : sur la peau et parfois sur les muqueuses). D un point de vue histologique, il y a un décollement entre la couche basale et la couche épineuse de l épiderme. Il n y a plus de cohésion Ce décollement permet un afflux de liquide à l intérieur de cet espace ce qui forme visuellement des bulles. Altérations de la couche cornée : hyperkératose (cellules de la couche cornée trop kératinisées) Exemple : Psoriasis. Il se traduit par des zones très kératinisées à la surface de la peau. Ces zones sont plus ou moins rouges et blanches, et épaisses. Dans le psoriasis, le temps de migration du kératinocyte à travers l épiderme est nettement raccourci (< 3 semaines) entraînant un trouble de régénération et de renouvellement de l épiderme ce qui produit une hyperkératinisation. C. La jonction dermo-épidermique Elle sépare l épiderme du derme. Elle est petite mais a un rôle fonctionnel important : Support mécanique pour l adhésion de l épiderme au derme Régulation du comportement de l épiderme et notamment le degré de kératinisation (fonction déficiente chez les personnes atteintes de psoriasis) Barrière sélective Rôle très important dans le processus de cicatrisation notamment grâce à la régulation du comportement de l épiderme. On la définit comme une ligne ondulée très fine située à la jonction des kératinocytes basaux et du derme, visible seulement grâce à des colorations et marqueurs spéciaux. Cette ligne forme des ondulations nommées crêtes ou saillies épidermiques. Le derme va suivre ces ondulations et former des renforcements dans l épiderme appelés les papilles dermiques. 8/14

La jonction dermo-épidermique a un rôle très important dans l attachement de l épiderme au derme. Elle a une structure très complexe, surtout au niveau de l organisation de ses mécanismes d ancrage. Les hémi-desmosomes permettent de relier les kératinocytes basaux à la jonction dermo-épidermique. Le système d attache entre la lame basale et le derme va être particulier : On trouve tout d abord un système de filaments d ancrage formés en grande majorité par de la laminine. Il permet un ancrage des kératinocytes basaux à la lame basale. On trouve également un deuxième type de système d attache, formé de filaments de collagène VII qui fixent la lame basale au derme. Ces systèmes d ancrage sont très importants, ils sont constitués d éléments spécifiques qui constituent des marqueurs spécifiques de cette zone, en particulier le collagène VII et laminine 5. Les pathologies spécifiques de cette zone : maladies bulleuses sous-épidermiques dues à un clivage des systèmes d attache au sein de la jonction dermo-épidermique, d origine héréditaire ou auto-immune. Les marqueurs spécifiques de la jonction seront alors utilisés pour réaliser un diagnostic précis de la pathologie. D. Structure du derme et de quelques annexes Le derme est un tissu conjonctif, et comme tout tissu conjonctif il assure le soutien et la nutrition de l épiderme mais pas seulement. Rôles : Soutien et nutrition de l épiderme Régulation du comportement de l épiderme : contrôle la vitesse de régénération, la vitesse de kératinisation des cellules Sensibilité : contient certains récepteurs sensoriels Thermorégulation +++ (contre le chaud ou le froid) : avec une vascularisation particulière (CR : et par l'élaboration de la sueur notamment) Défense immunitaire de la peau. 9/14

Ce tissu conjonctif, comme tous les autres, dérive du mésoblaste. Il mesure en moyenne 1 à 2 mm d épaisseur. C est un tissu conjonctif richement vascularisé et innervé. Le derme contient les annexes cutanées. Au niveau histologique et fonctionnel on distingue 2 zones : Le derme superficiel «papillaire» (dans la zone où se situent les papilles dermiques) qui est du tissu conjonctif relativement lâche Le derme profond «réticulaire» qui correspond à du tissu conjonctif plus fibreux. I. Les constituants du derme Le derme se compose de fibres, de substance fondamentale et de différentes cellules. La nature des fibres diffère entre le derme papillaire et le derme réticulaire. Le derme papillaire est du tissu conjonctif lâche composé de : fibres de collagène, fines fibres de réticuline, fibres d élastine Le derme réticulaire est du tissu conjonctif fibreux composé de : fibres de collagène, plus épaisses, en faisceaux fibres d élastine plus nombreuses (il n y a pas de fibres de réticuline) Le vieillissement cutané correspond à la disparition des fibres élastiques ainsi qu à l épaississement, puis à la fragmentation des fibres de collagène (utilisé en cosmétique ). La substance fondamentale est riche en glycosaminoglycanes et en particulier l acide hyaluronique qui permet à la peau d avoir une certaine souplesse (utilisé en cosmétique ). Diverses cellules composent le derme, (CR : comme tout tissu conjonctif) : Les fibrocytes permettent la synthèse des fibres et de la substance fondamentale Les cellules immunitaires : macrophages, mastocytes, leucocytes On retrouve aussi de nombreux vaisseaux, nerfs et annexes cutanées au sein du derme. II. Les annexes cutanées Seules trois annexes seront traitées ici : les follicules pilo-sébacés, les glandes sudoripares eccrines et les glandes sudoripares apocrines. Ces structures sont toutes situées dans le derme et sont toutes d origine ectoblastique (comme les kératinocytes ce qui explique leurs points communs avec l épiderme). Elles constituent une source de cellules cutanées capables de régénérer l épiderme si besoin (par exemple, elles peuvent jouer un rôle important dans la cicatrisation des brûlures lorsqu il y a eu abrasion de l épiderme). 10/14

Les annexes cutanées sont en fait de natures assez diverses : phanères (poil, cheveux et ongles), glandes sudoripares et glandes sébacées. Le follicule pilo-sébacé Il est formé par l association d un follicule pileux (contient le poil à proprement parler) et de la glande sébacée (annexée au follicule pileux). L ensemble se trouve dans le derme de la peau fine uniquement. Le follicule pileux Le follicule pileux est formé à partir d une invagination de cellules de l épiderme dans le derme. CR : il y a donc une continuité entre l'épiderme et l'annexe cutanée. Dans le derme on observe la tige du poil entourée d une gaine épithéliale. La tige du poil va traverser l épiderme et va être extériorisée à la surface de l épiderme grâce au pore cutané ou orifice du follicule pileux. Par ailleurs le follicule pileux, au niveau du derme, est relié à la partie basale de l épiderme par un petit muscle lisse : le muscle arrecteur du poil. Lorsqu il se contracte, il entraîne un redressement du poil et provoque la fermeture de l'orifice pileux. C est le phénomène d horripilation (phénomène de «chair de poule») qui apparaît sous l influence du froid ou de l émotion. Chez l animal, ce mécanisme permet d agir pour la thermorégulation. Chez l homme, il est nettement moins efficace. Les cellules épithéliales qui s invaginent dans le derme, se regroupent et forment la matrice du poil à partir de laquelle le poil va se former. Cette matrice du poil est une zone riche en cellules souches épithéliales et est très richement vascularisée. CR : elle va donc pouvoir permettre aussi de régénérer l'épithélium sus-jacent. La gaine du poil est formée de cellules épithéliales qui vont se transformer et se spécialiser. À partir de la papille, à l intérieur de la gaine, le poil va se former progressivement. Les cellules épithéliales internes vont progressivement se transformer, se kératiniser pour former le poil qui sortira au niveau de l orifice pileux au niveau de l'épiderme. Le poil est formé de cellules uniquement kératinisées. Entre le poil et la gaine extérieure se trouve une lumière appelée lumière du follicule pileux. L ensemble gaine-tige ne se retrouve alors que dans le derme. Au niveau de la surface de l épiderme, on ne va retrouver que la tige du poil (disparition de la gaine). 11/14

La glande sébacée La glande sébacée est toujours annexée au follicule pileux. Elle permet la sécrétion de sébum : mélange de lipides et de débris cellulaires. Ce sébum se déverse dans la lumière du follicule pileux, entre la gaine et le poil ce qui permet de lubrifier le poil et de protéger l épiderme par la constitution d un film superficiel protecteur. La sécrétion de sébum est hormono-dépendante et en particulier dépendante des androgènes. Cette sécrétion est variable au cours de la vie (abondante à l adolescence du fait de l augmentation d androgènes au cours de cette période (CR : ce qui va entraîner l'apparition de boutons d'acné chez certains)). Structure de la glande sébacée : En MO on observe une structure assez simple. Elle est formée en périphérie de cellules basilaires (cellules cubiques). Ces cellules vont petit à petit gagner l intérieur de la glande sébacée tout en se chargeant de lipides, elles se transforment en cellules sébacées. Une fois pleines de sébum, elles vont se diriger vers le canal excréteur, qui relie la glande sébacée à la lumière du follicule pileux. Arrivées au canal, elles se détachent de la glande sébacée et vont tomber dans la lumière du follicule pileux et ainsi pouvoir déverser tout le sébum qu elles ont synthétisé. La glande sudoripare eccrine Elles permettent l élaboration de la sueur, elles sont donc très importantes dans la thermorégulation (spécifiquement dans la lutte contre le chaud). Très nombreuses, elles sont reparties sur toute la surface de la peau et plus particulièrement au niveau de l épiderme épais (au niveau des mains et des pieds). La glande sudoripare eccrine est une glande exocrine tubuleuse et d un point de vue histologique on distingue 2 portions : une portion sécrétrice pelotonnée profonde qui élabore la sueur et une portion excrétrice rectiligne qui va déboucher à la surface de l épiderme pour pouvoir déverser la sueur au niveau de l épiderme 12/14

D un point de vue structurel, le segment sécréteur est formé d une seule assise de cellules qui élaborent la sueur. Celles-ci sont entourées de cellules myoépithéliales capables de se contracter et permettant ainsi de chasser la sueur produite dans la portion excrétrice. Quant au segment excréteur, il possède une structure très classique, il est formé de deux assises de petites cellules cubiques. C est un simple canal permettant la chasse de la sueur à la surface de l épiderme. Glandes sudoripares apocrines Elles sont toujours annexées à un follicule pilo-sébacé; elles synthétisent un produit de sécrétion opaque et gras dont on ne connaît pas le rôle précis. Attention : elles sont appelées sudoripares mais elles ne produisent pas de sueur. Ces glandes apocrines sont présentes seulement dans certaines régions de l organisme, en particulier dans les régions axillaires, inguinales, ano-génitales, conduits auditifs externes et au niveau des paupières. Ces glandes auraient donc un rôle plus de protection que de thermorégulation. E. Structure de l hypoderme Il correspond à la partie la plus profonde de la peau. L hypoderme est un tissu conjonctif relativement lâche, richement vascularisé et innervé. En pratique, il n y a pas de limite franche entre le derme et l hypoderme (à la différence de la limite entre l épiderme et le derme). Particularité : il contient du tissu adipeux sous forme de lobules graisseux en quantité variable selon la région de l organisme et selon l individu, ce qui permet les réserves énergétiques. Cette particularité du derme permet de le différencier des structures adjacentes. Dès que l on trouve du tissu adipeux au niveau du tissu conjonctif c est que l on est dans l hypoderme. Sa fonction essentielle est de relier la peau aux structures sous-jacentes. Il a également un rôle important dans la thermorégulation. 13/14

Moment émotion, merci de ne pas me juger sur ce que je vais écrire: Dédicace obligeyyyy à mes compagnons d infortune, les fougères, les vraies : A la plus pailletée des licornes, énoooorme cœur sur toi ; à mes yeux larmoyants préférés ; au futur président du TAM et plus grand fan de Kylo Ren ; à Marjooooo et à la fille-qui-n aimait-pas-la-sncf! Wallah comment je vous kiffe ma race les amis <3 <3 <3 J ajoute un gros cœur sur toi Arthur ma biche pour te prouver que je suis trop gentille Dédicace à Cyril et Aurélien! Dédicace à Louis qui me fait bien rire dans la cuisine Dédicace à Mélina en souvenir de la P1 <3 Dédicace au Pika, le plus jaune des bus! Dédicace à Jul, cet être qui m inspire au quotidien #sorslecrossvolé Dédicace à un mec dans le métro qui pensait être laaarge (TMTC Sarah) Une pensée particulière pour tous les P2 qui se sont dit qu à ce quad ci ils allaient vraiment bosser et qui en fait vivent dans le déni Pour bien commencer ce semestre, une petite dédicace du CR à tous ceux qui se sont motivés à aller un peu en cours pendant cette première semaine, et qui déjà se déchauffent! Et un super joyeux anniversaire à Philouuuu, la plus belle, si jamais tu es en état, en ce jour de lendemain de soirée de désinté, de venir chercher ton premier ronéo! Big bisou <3 <3 14/14