Accidents toxiques et essoufflement Club du CSAR Plongée Sous Marine Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 1 / 16
Introduction Sujets : les accidents liés à la dangerosité des gaz. Objectif du cours : Connaître les causes, les symptômes, la conduite à tenir et la prévention des accidents toxiques et de l essoufflement. Pré requis : connaissance des principes de pressions quelques connaissances d anatomie Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 2 / 16
Accidents - Condition physique En préambule, rappel des principes suivants : Une bonne condition physique est le premier élément de la prévention des accidents. Nul besoin d être un athlète, mais un bon état général est nécessaire. La visite médicale annuelle obligatoire est là pour vérifier cet état de fait. Le certificat médical de non contre indication à la plongée sous marine - de moins d un an - doit être présenté pour toute plongée. Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 3 / 16
Accidents toxiques La narcose (1/3) Accidents toxiques : dus à la toxicité de certains gaz quand ils sont en quantité trop importante ou trop faible pour l organisme Vous allez pouvoir plonger (encadrés ou non) dans l espace lointain (20-40m)! Vous pouvez donc être assujettis à la narcose qui est un trouble du système nerveux provoqué par l azote à partir d une certaine profondeur (différente suivant les individus). Raison : A partir d un certain niveau, la pression partielle de N2 provoque un début de narcose (seuil critique : PPN2 > 4,0). Au-delà d un certain niveau, cela est considéré comme dangereux (seuil de danger : PPN2 > 5,6) Loi de Dalton : Pp(gaz) = Pabs x %(gaz) Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 4 / 16
Accidents toxiques La narcose (2/3) Cause : Application de la loi de Dalton profondeur critique pour la plongée à l air : Pabs = Pp(N2) / %(N2) = 4,0 / 0,8 = 5 bar soit 40 mètres profondeur maximale pour la plongée à l air : Pabs = Pp(N2) / %(N2) = 5,6 / 0,8 = 7 bar soit 60 mètres Remarque : Tout plongeur qui affirme ne jamais avoir subit de narcose est un menteur! Symptômes : Sensation «d être au ralenti» (difficulté à se concentrer, retard à la réponse) Dialogue interne, idées noires, gestes répétitifs, perte de la notion de temps Euphorie, comportement «étrange» Diminution du champ visuel Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 5 / 16
Accidents toxiques La narcose (3/3) Prévention : Effectuer des plongées de réadaptation Descente contrôlée (vitesse adaptée, dès 30m, tête en haut, ou en position de la feuille) Etre bien encadré et surveiller ses camarades de palanquée Respecter la profondeur, ne pas descendre à tout prix Plonger en pleine forme physique et psychique Conduite à tenir (CAT) : En cas d autonomie, REMONTEE ASSISTEE PREVENIR votre guide de palanquée dès l apparition des premiers symptômes pour vous faire REMONTER et ARRETER la plongée. TRAITER les éventuels accidents associés Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 6 / 16
Accidents toxiques L hyperoxie (1/3) L oxygène nous est indispensable. Si on vient à en manquer, on risque l asphyxie! Mais ce que l on sait moins, c est que trop d oxygène nuit aussi. Trop d oxygène entraîne une toxicité neurologique qui peut être très grave, la perte de connaissance liée à l hyperoxie peut malheureusement conduire à la noyade. En tant que niveau 2 plongeant à l air, vous ne devriez pas être exposé à l hyperoxie. Par contre si vous décidez de plonger aux mélanges (NITROX entre autre) vous pouvez être soumis à ce risque. Raison : A partir d un certain niveau, la pression partielle de O2 devient dangereuse (seuil de danger : PPO2 > 1,6). Loi de Dalton : Pp(gaz) = Pabs x %(gaz) Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 7 / 16
Accidents toxiques L hyperoxie (2/3) Cause : Application de la loi de Dalton profondeur maximale pour une plongée à l AIR : Pabs = Pp(O2) / %(O2) = 1,6 / 0,2 = 8 bar soit 70 mètres Pabs = Pp(O2) / %(02) = 1,6 / 0,21 = 7,6 bar soit 66 mètres profondeur maximale pour une plongée au NITROX (40/60) : Pabs = Pp(O2) / %(02) = 1,6 / 0,4 = 4 bar soit 30 mètres Symptômes (effet Paul Bert) : On distingue quatre phases : Phase d alarme (malheureusement pas toujours présente) : Crampes, baisse du champ visuel, palpitations, nausées Phase tonique : Contractions musculaires, spasmes (attention au spasme de la glotte) Phase clonique : Crise convulsive Phase finale post convulsive si baisse de l inhalation d oxygène Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 8 / 16
Accidents toxiques L hyperoxie (3/3) Prévention : Respecter la profondeur maximum par rapport au mélange utilisé Plonger en pleine forme physique et psychique Formation NITROX Conduite à tenir (CAT) : ASSISTER le plongeur en cause, lui maintenir le détendeur en bouche et remonter de manière contrôlée en surface PAS D OXYGENE une fois sorti de l eau TRAITER les éventuels incidents associés Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 9 / 16
Accidents toxiques L hypoxie (1/3) En apnée si le plongeur effectue une hyperventilation, notamment à répétition, l oxygène sera insuffisant lors de la remontée ou à la surface, provoquant une hypoxie entraînant une perte de connaissance. Risque de noyade important. En Apnée, la ventilation étant volontairement bloquée, le stock d O2 diminue pendant que celui de CO2 augmente. La nécessité de respirer intervient lorsque le seuil de CO2 est atteint (=> envie de respirer). Si la quantité d O2 atteint un niveau trop bas : C EST LA SYNCOPE. L organisme se met en veille (état d inconscience). Hyperventilation : risque majeur Cas particulier de la plongée au TRIMIX avec un faible % d O2 Raison : En dessous d un certain niveau, la pression partielle de O2 devient dangereuse (seuil de danger : PPO2 < 0,16). Loi de Dalton : Pp(gaz) = Pabs x %(gaz) Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 10 / 16
Accidents toxiques L hypoxie (2/3) Apnée e : TRIMIX : Application de la loi de Dalton profondeur pour une plongée au TRIMIX (12/40/48) : 48=%He Pabs = Pp(O2) / %(O2) = 0,16 / 0,12 = 1,3 bar soit 3 mètres min avant hypoxie Pabs = Pp(O2) / %(02) = 1,6 / 0,12 = 13,3 bar soit 123 mètres max avant hyperoxie Pabs = Pp(N2) / %(N2) = 4,0 / 0,40 = 10 bar soit 90 mètres sans Narcose Symptômes : Etat de semi conscience voir d inconscience totale Perte de connaissance Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 11 / 16
Accidents toxiques L hypoxie (3/3) Prévention : Eviter les hyperventilations Etre entraîné et connaître ses limites (Attention au lestage) Ne pas plonger seul et sans surveillance (y compris après le retour en surface) Limiter les apnées trop rapprochées et les profondeurs trop importantes Respecter les profondeurs limites par rapport au mélange utilisé Conduite à tenir (CAT) : REMONTER la personne en surface et lui maintenir les voies aériennes hors de l eau car dès l abaissement du taux de CO2, le syncopé a un réflexe inspiratoire. OXYGENE 15 L/mn (si habilité) ALERTER le directeur de plongée pour prévenir les secours SECOURISME (si vous êtes habilité ) Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 12 / 16
Accidents toxiques L essoufflement (1/3) Mécanisme : L essoufflement est la manifestation respiratoire d une intoxication au CO2 (hypercapnie)! L effort nécessite un apport accru d oxygène à l organisme qui en contre partie rejette une plus grande quantité de CO2. Tant que la production de CO2 reste dans des limites raisonnables, l'expiration peut continuer à se faire normalement, et la ventilation, plus ample et plus rapide qu au repos, s'adapte automatiquement et efficacement à l'effort. Dans le cas d'un effort intense, la production de CO2 est importante. Il se produit alors une dérégulation de la respiration qui ne fait qu aggraver le processus. En effet, lorsque le CO2 atteint un certain taux dans l'organisme, le réflexe inspiratoire est stimulé. Les inspirations deviennent très rapides et superficielles, et les expirations très courtes donc inefficaces. Le CO2 produit par l'organisme est mal éliminé. Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 13 / 16
Accidents toxiques L essoufflement (2/3) Cause : La cause habituelle d un essoufflement en plongée est donc un effort important (courant) ou inadapté (surlestage, mauvaise technique de palmage..) Plus rarement, pollution de l air CO2 dans l'air = 0,03% environ. A partir de 2% les premiers troubles apparaissent. A 7%, on considère que la syncope est inévitable! Facteurs favorisants : L augmentation de la viscosité de l air, très significative à partir de 30 à 40 mètres, augmentant le travail ventilatoire. En effet, un litre d air pèse 1.2 g en surface, contre plus de 6 grammes à 40 m. L augmentation des résistances à l expiration (détendeur, diminution de l élasticité pulmonaire liée à l augmentation du volume sanguin pulmonaire) favorisant l accumulation de CO2. Des facteurs émotifs, le stress, à l origine d une respiration superficielle Des problèmes matériels: détendeur mal réglé, trop dur, une bouteille mal ouverte, une combinaison trop serrée Le froid rendant la respiration superficielle Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 14 / 16
Accidents toxiques L essoufflement (3/3) Prévention : Avant la plongée, vérifier le lestage des membres de la palanquée ainsi que le fonctionnement des détendeurs et l ouverture correcte des bouteilles. Avoir une bonne combinaison, convenablement ajustée Eviter les efforts : en surface, laisser les membres de la palanquée reprendre leur souffle avant de s immerger. En cas de courant, demander l installation d une ligne de vie pour rejoindre le mouillage en se déhalant. En immersion, utiliser le relief ou adapter son parcours. Suivre régulièrement la consommation des équipiers. Etre attentif aux bulles produites par les plongeurs. Etre en bonne forme pour aborder les plongées dans l espace lointain Conduite à tenir (CAT) : Cesser tout effort REMONTEE ASSISTEE ATTENTION aux éventuels incidents associés : panne d air, panique, ADD Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 15 / 16
Résumé & conclusion Une bonne condition physique suffit à éviter la plupart des accidents!!! Le respect de quelques consignes de sécurité (et de bon sens) fait le reste. Avez-vous des question? Merci à tous! Bonnes plongées! Cours niveau 2 et 3 PSM - CSA Ruelle 2013 16 / 16