TRAITÉ D INTERDICTION COMPLÈTE DES ESSAIS NUCLÉAIRES

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Transcription:

TRAITÉ D INTERDICTION COMPLÈTE DES ESSAIS NUCLÉAIRES À sa sixième session, l Assemblée générale a adopté sa résolution 502 (VI) du 11 janvier 1952 par laquelle elle instituait, sous l autorité du Conseil de sécurité, une Commission du désarmement et chargeait celle-ci de préparer des propositions destinées à être incorporées dans un projet de traité (ou de traités) pour la réglementation, la limitation et la réduction équilibrée de toutes les forces armées et de tous les armements, pour l élimination de toutes les principales armes pouvant servir d armes de destruction massive, et pour le contrôle international effectif de l énergie atomique en vue d assurer l interdiction des armes atomiques et de réserver l utilisation de l énergie atomique à des fins pacifiques. À la session de 1954 de la Commission du désarmement, l Inde a adressé à la Commission une lettre sur la question de la suspension des explosions expérimentales d armes nucléaires dans laquelle elle demandait que le Comité de la Commission créé par la résolution 715 (VIII) de l Assemblée générale du 28 novembre 1953 (appelé «Sous-Comité» dans ses résolutions ultérieures sur la question) envisage un accord «de statu quo» tendant à suspendre les explosions expérimentales (document publié sous la cote DC/44 et Corr.1). À la neuvième session de l Assemblée générale, l Inde a présenté un projet de résolution révisé à cet effet à la Première Commission (document A/C.1/L.100/Rev.1). À la même session, sur la recommandation de sa Première Commission (document A/2719) et après avoir examiné le rapport de la Commission du désarmement (documents DC/53 et DC/55), l Assemblée générale a adopté sa résolution 808 B (IX) du 4 novembre 1954, par laquelle elle renvoyait le projet de résolution de l Inde à la Commission du désarmement pour qu elle l examine de façon appropriée. À sa dixième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/3090), a adopté sa résolution 914 (X) du 16 décembre 1955, dans laquelle elle suggérait, entre autres dispositions, que le Sous-Comité de la Commission du désarmement tienne compte de la proposition de l Inde concernant l arrêt des explosions expérimentales d armes nucléaires. À la session de 1957 de la Commission du désarmement, l Union soviétique a soumis au Sous-Comité une proposition par laquelle elle recommandait que la question de la cessation des essais nucléaires soit examinée indépendamment des autres mesures de désarmement (DC/SC.1/49). À la même session, elle a soumis une autre proposition par laquelle elle recommandait d arrêter immédiatement tous les essais d armes nucléaires pour une période de deux ou trois ans et proposait de créer un organe international de contrôle à cet effet (DC/SC.1/60). Dans une lettre adressée au Secrétaire général en date du 20 septembre 1957, elle demandait en conséquence qu une question intitulée «Cessation sous contrôle international des essais d armes atomiques et à l hydrogène» soit inscrite à l ordre du jour de la douzième session de l Assemblée générale (A/3674 et Rev.1). À sa douzième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/3729), adoptait sa résolution 1148 (XII) du 14 novembre 1957, par laquelle elle demandait instamment aux États intéressés, et en particulier à ceux qui étaient membres du Sous-Comité de la Commission du désarmement, de donner la priorité à un accord sur le désarmement qui, entre autres dispositions, prévoirait la suspension immédiate des essais d armes 1

nucléaires, assortie de la mise en place rapide d un système de contrôle international efficace. Par la même résolution, elle priait la Commission du désarmement d inviter son Sous-Comité à constituer un groupe technique d experts qui étudieraient des systèmes d inspection pour les mesures de désarmement sur lesquelles le Sous-Comité parviendrait à un accord de principe. En 1958, suite à un échange de lettres entre l Union soviétique et les États-Unis, une Conférence d experts chargés d étudier la possibilité de déceler les violations d un accord éventuel sur la suspension des essais nucléaires s est réunie à Genève du 1 er juillet au 21 août (A/3897 et Corr.1). À l issue des travaux de cette conférence, les États-Unis, le Royaume-Uni et l Union soviétique sont convenus d ouvrir à Genève, le 31 octobre 1958, des négociations en vue de parvenir à un accord sur un traité de cessation des essais nucléaires placé sous un contrôle international efficace. À sa treizième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de la Première Commission (A/3974), adoptait sa résolution 1252 B (XIII) du 4 novembre 1958, par laquelle elle accueillait avec satisfaction le rapport de la Conférence d experts ainsi que la décision prise par les États qui avaient procédé à des essais d armes nucléaires de tenir à Genève une conférence consacrée à la question des essais d armes nucléaires, et priait les parties intéressées de lui rendre compte de l accord qui pourrait résulter de leurs négociations. En 1962, le Comité des dix-huit puissances sur le désarmement, créé par la résolution 1722 (XVI) du 20 décembre 1961 de l Assemblée générale, s est réuni à Genève et a décidé que la question d un traité sur la suspension des essais nucléaires, qui avait été examinée précédemment par la Conférence sur la cessation des essais d armes nucléaires, serait désormais examinée par un Sous- Comité sur un traité de cessation des essais d armes nucléaires créé à cette fin et composé des États-Unis, du Royaume-Uni et de l Union soviétique (voir le rapport du Comité, publié sous la cote A/5200). À sa dix-septième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/5303), adoptait sa résolution 1767 (XVII) du 21 novembre 1962 par laquelle elle prenait acte des deux rapports intérimaires de la Conférence du Comité des dix-huit puissances sur le désarmement et priait le Comité de lui faire périodiquement rapport sur ses travaux. Le Comité des dix-huit puissances sur le désarmement a repris ses délibérations sur la question d un traité complet d interdiction des essais d armes nucléaires du 12 février au 1 er septembre 1963. Suite à ces délibérations, les États-Unis, le Royaume-Uni et l Union soviétique ont signé le Traité interdisant les essais d armes nucléaires dans l atmosphère, l espace extra-atmosphérique et sous l eau (voir le rapport du Comité, publié sous la cote A/5408). À sa dix-huitième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/5771/Add.1), adoptait sa résolution 1918 (XVIII) du 27 novembre 1963 par laquelle, prenant note avec satisfaction de l entrée en vigueur du Traité sur l interdiction partielle des essais, elle priait la Conférence du Comité des dix-huit puissances de poursuivre d urgence ses négociations en vue de parvenir à un accord sur la cessation de toutes les explosions expérimentales d armes nucléaires. En conséquence, le Comité des dix-huit puissances sur le désarmement a continué de délibérer sur la question de 1964 à 1979, sous les auspices du Comité du désarmement, sans parvenir toutefois à un accord général sur le texte d un traité complet d interdiction des essais nucléaires (voir les rapports du Comité publiés sous les 2

cotes A/5731, A/5986, A/6390, A/6951, A/7189, A/7741, A/8059, A/8457, A/8818, A/9141, A/9627, A/10027, A/31/27, A/32/27, A/33/27 et A/34/27). À sa trente-cinquième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/35/688), adoptait sa résolution 35/145 A du 12 décembre 1980, au titre du point de son ordre du jour intitulé «Cessation de toutes les explosions expérimentales d armes nucléaires». Par cette résolution, elle réaffirmait sa conviction que la conclusion d un traité interdisant toutes les explosions nucléaires expérimentales était une question revêtant la plus haute priorité et priait tous les États membres du Comité du désarmement d appuyer la création par le Comité, dès le début de sa session de 1981, d un groupe de travail ad hoc qui entamerait les négociations multilatérales en vue de la conclusion d un traité interdisant tous les essais d armes nucléaires. À la session de 1981 du Comité du désarmement, les États n ont pas pu parvenir à un accord sur la création de ce groupe de travail ad hoc. À sa trentesixième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/36/744), adoptait ses résolutions 36/84 et 36/85 du 9 décembre 1981 par lesquelles elle demandait instamment que le groupe de travail ad hoc soit créé dès le début de la session de 1982 du Comité du désarmement afin que celui-ci puisse lui transmettre le texte multilatéralement négocié d un traité interdisant tous les essais d armes nucléaires lors de sa douzième session extraordinaire qui était la deuxième session extraordinaire qu elle consacrait au désarmement, qui devait se tenir du 7 juin au 9 juillet 1982. À sa session de 1982, le Comité du désarmement a créé un «Groupe de travail spécial sur une interdiction des essais nucléaires» afin de faciliter les négociations multilatérales envisagées et l a prié de commencer ses travaux par un examen et une définition des questions relatives à la vérification et au respect des dispositions d un futur traité d interdiction complète des essais d armes nucléaires. Il n a cependant pas été possible de parvenir à un accord général sur le texte d un projet de traité avant la tenue de la douzième session extraordinaire de l Assemblée générale (voir le rapport du Comité publié sous la cote A/37/27). À sa trente-septième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/37/654), adoptait ses résolutions 37/72 et 37/73 par lesquelles elle déplorait que ni le Comité du désarmement ni elle-même à sa douzième session n aient été en mesure d élaborer un traité d interdiction complète des essais d armes nucléaires et priait instamment tous les États membres du Comité de désarmement d assigner au Groupe de travail spécial un mandat qui prévoirait l ouverture immédiate de la négociation multilatérale d un traité sur la question. À la session de 1983 du Comité de désarmement, le Groupe de travail spécial a poursuivi ses délibérations sur un futur traité visant l interdiction de tous les essais d armes nucléaires et examiné la possibilité de réviser son mandat. Aucun accord n a cependant pu être dégagé sur la question de savoir si un nouveau mandat permettrait d accélérer la négociation du traité (voir le rapport du Comité, publié sous la cote A/38/27). À sa trente-huitième session, l Assemblée générale, sur la recommandation de sa Première Commission (A/38/622), adoptait les résolutions 38/62, 38/63 et 38/72 du 15 décembre 1983 par lesquelles elle déplorait à nouveau que le Comité du désarmement renommé Conférence du désarmement n ait pas été en mesure d entamer la négociation multilatérale envisagée et notait que la Conférence avait déjà reçu diverses propositions concrètes sur cette question, y compris un projet complet du texte éventuel du traité dans son intégralité. Dans les mêmes résolutions, notant que le Comité du désarmement avait décidé que le mandat du Groupe de 3

travail spécial pourrait être révisé par la suite sur décision du Comité, elle priait la Conférence du désarmement de reprendre la négociation d un traité d interdiction complète des essais nucléaires en prenant en considération tous les projets et propositions existants et toute initiative future, et, à cet effet, d étudier la question de la révision du mandat du Groupe de travail spécial. De 1984 à 1992, la négociation d un traité d interdiction complète des essais nucléaires s est poursuivie sous les auspices de la Conférence du désarmement, mais sans que l on parvienne à un accord sur le nouveau mandat du Groupe de travail spécial (voir les rapports de la Conférence publiés sous les cotes A/39/27, A/40/27, A/41/27, A/42/27, A/43/27, A/44/27, A/45/27, A/46/27 et A/47/27). À sa session de 1993, la Conférence du désarmement s est dotée d un «comité spécial sur une interdiction complète des essais nucléaires» auquel elle a donné pour mandat de négocier une interdiction complète de ces essais. Elle a prié le Président du Comité spécial de mener des consultations pendant l intersession sur le mandat précis de négociation et sur l organisation de cette négociation (voir le rapport de la Conférence, publié sous la cote A/48/27). À sa quarante-huitième session, sur la recommandation de la Première Commission (A/48/671), l Assemblée générale a adopté sa résolution 48/70 du 16 décembre 1993 par laquelle elle se félicitait de la décision de la Conférence de donner mandat à son Comité spécial de négocier un traité universel d interdiction complète des essais, invitait les participants à la Conférence à envisager les consultations intersessions sous un jour positif et constructif et priait instamment la Conférence de rétablir le Comité spécial, doté d un mandat de négociation approprié, au début de sa session de 1994. À sa session de 1994, la Conférence du désarmement a rétabli le Comité spécial, lequel a constitué deux groupes de travail chargés de la vérification pour le premier et des questions juridiques et institutionnelles pour le second. À l issue d intenses négociations, le Comité spécial est parvenu à un accord sur un texte «évolutif» couvrant tous les aspects du futur traité. Il a recommandé à la Conférence du désarmement que ce texte soit utilisé pour poursuivre la négociation et la rédaction du traité, et la Conférence a adopté cette recommandation (voir le rapport de la Conférence, publié sous la cote A/49/27). À sa quarante-neuvième session, sur la recommandation de la Première Commission (A/49/694), l Assemblée générale a adopté sa résolution 49/70 du 15 décembre 1994 par laquelle elle accueillait avec satisfaction l élaboration d un texte évolutif au sein du Comité spécial et invitait la Conférence à avancer les travaux sur la base de ce texte lors des négociations intersessions et à entamer une nouvelle phase de négociations à sa session de 1995. À sa session de 1995, la Conférence du désarmement a rétabli le Comité spécial qui, à l issue de ses délibérations, a présenté une version révisée du texte évolutif. Cette version révisée a été approuvée par la Conférence (voir le rapport de la Conférence, publié sous la cote A/50/27). À sa cinquantième session, sur la recommandation de sa Première Commission (A/50/585 et Corr.1), l Assemblée générale a adopté sa résolution 50/65 du 10 décembre 1995, par laquelle elle accueillait avec satisfaction la poursuite de l élaboration du texte évolutif au sein du Comité spécial et invitait la Conférence à avancer les travaux sur la base de ce texte révisé lors des négociations intersessions afin d entamer la phase finale de négociation au début de 1996. À sa session de 1996, la Conférence du désarmement a rétabli à nouveau le Comité spécial, qui a poursuivi la négociation sur la base du texte évolutif révisé. Le 28 mars 1996, le Président du Comité spécial a présenté un 4

document de travail intitulé «Ébauche d un projet de traité d interdiction complète des essais nucléaires» (voir le rapport de la Conférence, publié sous la cote A/51/27). Le 22 août 1996, bien que le projet de traité n ait pas été transmis par le Comité spécial à la Conférence du désarmement, la Belgique l a soumis à la Conférence (CD/1427). Le même jour, l Australie a demandé, par lettre adressée au Président de l Assemblée générale (A/50/1024), que l Assemblée reprenne l examen de la question d un traité d interdiction complète des essais nucléaires, conformément à sa résolution 50/65. En même temps, l Australie adressait au Secrétaire général un projet de traité d interdiction complète des essais nucléaires dont le texte était identique à celui que proposait la Belgique, en lui demandant de faire distribuer ce projet comme document de l Assemblée générale (A/50/127). À sa cinquante-cinquième session, à l issue d un débat en séance plénière (A/50/PV.123 à 125) et après le dépôt d un projet de résolution intitulé «Traité d interdiction complète des essais nucléaires» (A/50/L.78) dont 128 États Membres s étaient portés auteurs, l Assemblée générale a adopté le 10 septembre 1996 sa résolution 50/245 par 158 voix pour, 3 voix contre et 5 abstentions. Par cette résolution, l Assemblée adoptait le Traité d interdiction complète des essais nucléaires et demandait à tous les États d y devenir parties. Le Traité a été ouvert à la signature le 24 septembre 1996 au Siège de l ONU à New York, et il restera ouvert à la signature jusqu à ce qu il entre en vigueur conformément aux dispositions de son article XI. 5