Communes Nouvelles : Modernisation des stratégies de sauvegarde Par Yann Serra En pleine réforme territoriale, l État invite aujourd hui les communes françaises de moins de 10 000 habitants à se regrouper en communautés de communes pour mutualiser au moins la gestion de leur urbanisme, de l eau ou de leurs ressources humaines. Pour les mairies, la mutualisation doit permettre de répondre plus efficacement aux besoins de leurs concitoyens. Pour l État, l enjeu est d optimiser ses 71 milliards d euros de dépenses publiques en promotant la généralisation de la mise en commun des services publics de proximité. Une échéance est fixée au 1er janvier 2017 : à cette date la nouvelle loi NOTRe transférera les compétences des petites communes à des intercommunalités regroupant pour chacune un minimum de 20 000 habitants. Cette transformation de l architecture territoriale par le regroupement des mêmes services entre plusieurs mairies comporte plusieurs défis à relever. Entre autres, un défi technique. Toutes les communes manipulent des données et chacune dans des formats différents, avec une informatique hétérogène. Or, avant même de faire migrer tout le monde vers les mêmes logiciels, ces données vont déjà devoir être sécurisées avec une solution unique par intercommunalité. «Le problème de la sécurité des données dans un contexte de mutualisation est triple. Il faut d'abord centraliser la sauvegarde d informations en tenant compte que celles-ci sont produites sur différents sites. Ensuite, se pose la question de la connexion réseau entre les sites de production des données et celui de leur sauvegarde. En effet, sur le territoire, les débits sont inégaux, pour ne pas dire faibles à certains endroits, ce qui complique énormément la sécurisation de gros volumes de données de manière fréquente. Enfin, centraliser les sauvegardes signifie qu il faut s équiper d une capacité de stockage central importante et cela a un coût», expose Caroline Chantereau, Responsable des Comptes Publics chez Arcserve. Outre l obligation légale de conserver dans le temps des données administratives, la sauvegarde mutualisée des données de chaque mairie représente le point de départ pour pouvoir ensuite mettre ces données en commun au niveau intercommunal. Accessoirement, l actualité récente a montré que les mairies ont le besoin urgent de s équiper de tels moyens de sécurité : ces derniers mois, plusieurs d entre elles ont été victimes du virus Cryptolocker qui chiffre les informations contenues sur les disques durs et ne les rend pas exploitables tant que la mairie ne s est pas acquittée d une douloureuse rançon. «En pareil cas, la seule solution pour la mairie de retrouver ses données, est de les récupérer à partir d une sauvegarde. Encore faut-il avoir les moyens et les compétences pour avoir une bonne protection déjà en place, ce qui est rarement le cas dans les petites communes qui manquent de personnel. Cela devient en revanche possible dès lors que ces petites mairies se réunissent, car elles peuvent alors s organiser autour d une DSI commune» explique Caroline Chantereau. Selon elle, la mutualisation est l opportunité pour les mairies de passer du «save as» à de véritables stratégies de sauvegarde incluant des plans de reprise et continuité d activité, en cas d incident. Arcserve 1
TÉMOIGNAGE Frédéric Turbelin, DSI de Lamballe-Communauté : «Notre défi est d acheminer des sauvegardes sur un réseau rural sans haut débit» «La vocation de la Communauté de Lamballe est de s étendre sur les communes à l est de la baie de Saint- Brieuc. De mon point de vue, le vrai problème est que nous sommes dans un milieu rural, avec un réseau intercommunal en général bas débit et disparate, et avec des systèmes d information hétérogènes qui nécessitent une vraie infrastructure centrale. Celle-ci doit apporter ce qui manque le plus : la sécurité des données en production - c est-à-dire leur sauvegarde - et l archivage de ces données pour être conformes à l aspect réglementaire. Les maires comprennent désormais que leur responsabilité pénale est engagée sur la sécurité des données et ils sont donc très à l écoute d une telle solution mutualisée. Problématique : comment rapatrier tous les jours l équivalent de 2 To de données sans congestionner les connexions intersites? Même en reliant les sites avec des lignes spécialisées, nous n obtiendrons qu un débit maximal de 8 Mbits/s. Dans ces circonstances, une solution de sauvegarde comme UDP d Arcserve présente plusieurs avantages. Tout d abord la déduplication à la source, qui permet de réduire considérablement la taille des sauvegardes avec un taux moyen de déduplication de 60% (dépendant du type de données à sauvegarder) et un taux de compression additionnel de 30% environ. De plus, la déduplication à la source peut s effectuer également au niveau global (WAN), et permet donc de ne pas envoyer sur le site central deux fois le même bloc de données provenant de deux mairies différentes. Ce qui sera encore plus pertinent lorsque, au fur et à mesure, les mairies utiliseront les mêmes systèmes opérationnels et applicatifs. Ensuite, UDP effectue des sauvegardes incrémentielles, ce qui signifie que seules les informations qui ont changé entre deux sauvegardes ne sont acheminées sur le réseau. Cela peut permettre de travailler avec des connexions intersites comme celles que nous avons. Ainsi, nous pouvons envisager l envoi direct des sauvegardes de chaque mairie via VPN sur le site central. Dans un deuxième temps il sera aussi possible de mettre en place une centralisation complète de la sauvegarde avec déduplication à la source globale qui pourra être opérée depuis l UDP central, tout en laissant la possibilité à un administrateur de gérer sa propre sauvegarde localement. De cette manière, les données (systèmes, bases de données, applications et documents bureautiques) de toutes les mairies pourront être sauvegardées plus régulièrement. Toutes ces sauvegardes peuvent être ensuite conservées avec des rétentions différentes, afin de pouvoir revenir suffisamment en arrière en cas d incident. De plus, UDP permet l externalisation sur bande ce qui peut permettre, une fois par mois, d archiver sur bande une sauvegarde dans le but de la conserver au moins un an. Il est à noter que les lignes MPLS auront un coût certain, en échange duquel les mairies nous demanderont de leur offrir un système de sauvegarde de qualité, une solution fiable et pérenne. Je travaille dans le secteur public depuis 1997 et j ai toujours travaillé d une manière ou d une autre avec Arcserve, les solutions ont toujours été adaptées aux besoins de la collectivité, et avec des résultats ne souffrant aucune critique.» Arcserve 2
INTERVIEW Denis Ghesquier, Responsable du Pôle Informatique chez SMA-Netagis : «Les communes doivent évoluer vers des plans de reprise d activité» En tant que prestataire, comment voyez-vous évoluer la demande des communes? Denis Ghesquier : «De plus en plus, les mairies font des appels d offres groupés pour acheter leurs matériels et leurs logiciels, ce qui leur permet de mieux négocier les prix grâce aux volumes mis en jeu. Par ailleurs, nous voyons apparaître des structures intercommunales qui prennent en charge ou conseillent les communes adhérentes pour la sécurisation de leurs données.» les mairies sont-elles sensibles à la nécessité de sauvegarder leurs données? Denis Ghesquier : «Jusqu à il y a peu de temps, les petites mairies se préoccupaient rarement d avoir un système de sauvegarde efficace. Dans les cas les plus fréquents que nous rencontrons, un agent est chargé de changer les cartouches du lecteur de bande, mais s il est absent ou trop occupé par ailleurs le jour de la sauvegarde, celle-ci ne se fait pas. Cependant, depuis l attaque récente du virus CryptoLocker qui a touché quelques mairies sur notre secteur, les mentalités ont fortement évolué. Et faute de moyens internes, il y a désormais une vraie demande pour confier la sauvegarde des données en infogérance. Soit à la DSI d une communauté de communes, soit à un prestataire de services tel que nous. Nous intégrons pour ce faire un logiciel de sauvegarde et nous les administrons de manière centralisée depuis notre datacenter. Bien évidemment, pour que ce soit réalisable, il faut que nous intégrions le même logiciel de sauvegarde dans toutes les mairies d une communauté de communes.» Vers quel modèle la sauvegarde des données doit-elle aller? Denis Ghesquier : «Aujourd hui, nombre de mairies, qui ne passent pas encore par un prestataire tel que nous, se contentent d archiver les données des 7 ou 15 jours précédents sur cartouche. C est très basique, car en cas d incident, il leur faut plusieurs jours pour restaurer les bonnes informations. Or, les communes ou communautés de communes délivrent de plus en plus de services aux citoyens, via l informatisation des services (état-civil, centre de loisirs, SPANC, SIG, Urbanisme). Le citoyen, client du système informatique de la collectivité, ne pourra par exemple pas attendre 2 jours pour que son permis de construire soit enregistré. Les réformes de l État engagent les systèmes informatiques en termes de disponibilité. Les communes doivent désormais réfléchir à de véritables plans de reprise ou de continuité d activité. C est ce que nous pouvons leur proposer avec UDP. Lors de l attaque de CryptoLocker, justement, nous avons pu restaurer 40 Go de données bureautiques en moins d une heure. Dans ce cas très précis, la problématique était de restaurer rapidement des fichiers importants, en période de préparation budgétaire. Nous avons résolu ce problème grâce à UDP, car il dispose nativement de toutes les fonctions pour remonter automatiquement dans le temps.» Arcserve 3
INTERVIEW Christophe Bertrand, Vice-Président Marketing Arcserve «Nos outils permettent de mutualiser et de moderniser tout l existant» Comment Arcserve peut-il aider les communautés de communes à mutualiser les SI? Christophe Bertrand : «Notre solution UDP effectue typiquement une première sauvegarde complète en mairie en éliminant les blocs en double (déduplication à la source), puis en compressant la sauvegarde, ce qui allège considérablement la quantité d informations à transporter vers le site central. Par la suite, les sauvegardes seront encore plus légères : plus aucun bloc déjà présent sur le site central ne sera transféré et ce, même s il s agit de blocs venus d une autre mairie (typiquement lorsque plusieurs sites utilisent le même Windows, les blocs de celui-ci ne seront stockés qu une seule fois). Au final, la taille de la sauvegarde globale sera toujours très inférieure à la quantité de Téraoctets en production. Enfin, nous fournissons des consoles web qui permettent à la fois de restaurer les ordinateurs d une mairie soit depuis le site central, soit depuis la mairie via une interface web très simple.» pouvez-vous tout récupérer? Christophe Bertrand : «Du haut de nos 25 ans d existence, nous savons tout reconnaître : nous sauvegardons des systèmes Unix, Windows, Linux, qu'il s'agisse de machines physiques ou virtuelles, de fichiers ou de bases de données SQL. Nous avons aussi l habitude des applications conçues à façon, comme on en trouve souvent dans les mairies. Et bien entendu, nous savons travailler aussi bien avec des enregistrements sur bande que sur disque. Notez que nous commençons toujours par prendre une photo de l existant (un «snapshot»), de sorte qu il soit possible de revenir à une installation opérationnelle avant mutualisation en cas de problème.» Quelles sont les perspectives d évolution envisageables à partir de vos sauvegardes? Christophe Bertrand : «L avantage de mutualiser une informatique sur la base des sauvegardes effectuées par nos solutions est que cela facilite la modernisation et l homogénéisation du SI final. En effet, nous pouvons, à partir d un backup, automatiser la conversion de machines physiques en serveurs virtuels, au format Hyper-V ou VMware. De telle sorte, il sera possible d héberger dans un Datacenter intercommunal un SI utilisable à distance par chaque mairie tout en étant administré par la DSI de la communauté de communes. Notez que notre procédure de conversion physique à virtuel développée à l origine pour la récupération Bare Metal après sinistre sur environnement hétérogène est souvent plus efficace que les outils livrés à cette fin avec les solutions de virtualisation. En effet, nous avons pris en compte très tôt des éléments qui sont habituellement ignorés, comme les systèmes BIOS ou UEFI ainsi que les types de pilotes spécifiques rencontrés chez les différents constructeurs. Et, ce, afin de générer automatiquement, sans intervention de l administrateur système, une machine virtuelle qui fonctionne à l identique de l originale.» Arcserve 4
CONCLUSION «Cela fait 25 ans que nous maîtrisons les technologies de sauvegarde sur bande, sur disque, avec snaphots et/ou déduplication, de BMR applicatifs ou systèmes dans les environnements hétérogènes. Nous pouvons désormais assurer des plans de récupération très fins et efficaces quelque soit l environnement virtuel ou physique. La mutualisation des ressources des mairies s en trouvera facilitée dans le domaine de la sauvegarde. Elle pourra facilement être implémentée avec toutes les options disponibles au catalogue d Arcserve. De plus les appliances UDP désormais disponibles vont grandement faciliter le déploiement sur différents sites des administrations avec une simplicité accrue. L envoi des réplications des sauvegardes vers un hébergeur agréé de données publiques ou un Cloud privé intercommunal est également envisageable nativement avec nos solutions et ce, tout en restant administrable à distance.» Christophe Bertrand Contact Arcserve: Caroline Chantereau Responsable des Comptes Publics chez Arcserve caroline.chantereau@arcserve.com t. +33 (0) 1 82 88 57 87 ext. 4126 A TECHTARGET WHITE PAPER Arcserve 5