Le Climat du futur Pascale DELECLUSE
Le climat en 2010
L Observation du Changement Climatique «Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, car il est maintenant évident dans les observations de l accroissement des températures moyennes mondiales de l atmosphère et de l océan, l élévation du niveau moyen mondial de la mer, et la fonte généralisée de la neige et de la glace.» GIEC AR4, 2007
Gaz à effet de serre et impact radiatif CO 2 +36 % Depuis 250 ans CH 4 +30 % Depuis 25 ans 12 ans N 2 0 114 ans GIEC AR4, 2007
Les scénarios d émissions AR4 Bases socio-économiques, développement, géopolitique Economique + Mondial + A1 B1 A2 B2 Régional + Environnemental +
Forçages externes Aérosols Gaz à effet de serre Insolation Les modèles numériques du système climatique Aérosol-Chimie MOCAGE O 3 (MOBIDIC) + GES (IMAGE) Modèles d évolution basés sur les principes fondamentaux de la physique Atmosphère ARPEGE-Climat Surfaces continentales ISBA Biogéochimie Glace de mer Océan OPA Icebergs Calottes GRISLI GREMLINS Fleuves TRIP
Moyennes multi-modèles et intervalles de confiances réchauffement global en surface (GIEC, 2007) 6,4 C 1,1 C GIEC AR4, 2007
Projections en température
Changements de température et précipitations en moyenne annuelle (GIEC, 2007) Climat Moyen 21 modèles scénario A1B, 2080-2099 vs 1980-1999
L évolution des conditions en France
Observations de température = du global au local Température Augmentation de la température globale Global La vitesse de réchauffement augmente 0,13 C/décennie pour les 50 dernières années Soit le double de la pente sur le dernier siècle En France : signal global avec une amplitude près de deux fois plus forte Besoin de régionalisation France
La nécessité d une descente d échelle pour apprécier les impacts Scénarios climatiques globaux ~ 300km Scénarios climatiques régionaux ~ 20-50 km Résultat à l échelle des territoires et meilleure simulation des événements extrêmes, qui ont un poids dominant sur les impacts Modèles d impacts ~qq m - qq km Pour chaque domaine d application, nécessité d une coopération entre les experts pour déterminer les meilleurs modèles d impacts
Changement moyen des températures à la fin du 21 ème siècle pour le scénario A2 Hiver Eté En C
Changement moyen des précipitations à la fin du 21 ème siècle pour le scénario A2 Hiver Eté En mm/jour
Une idée du changement climatique Température moyenne d été Observations et scénario A2 27 26 25 2003 24 Anomalie 3,7 C 23 ( 1 C ~ 200 km NS) 22 21 20 19 18 17 16 1900 1920 1940 1960 1980 2000 2020 2040 2060 2080 2100
Impact sur le glacier de Saint-Sorlin (scénario B1) 2000 2030 2060 2092 Coopération LGGE / Météo-France
IMPACT sur le débit de la haute Durance (GICC Rhône) Débit mensuel de la Hte Durance (m3/s) 3 semaines de décalage environ sur le pic printanier Débits moyens observés Débits moyens simulés pour le climat présent CEMAGREF Météo-France BRGM CNRS EDF Débits moyens simulés en cas de doublement de CO2 par différents modèles
Evolution des précipitations et des débits de juin à novembre 2046-2065/1960-1990 (CNRM CERFACS) Précipitations (%) Débits (%)
Le cas des extrêmes
Nombre de jours de canicule estivale par an (anomalie de +5 pendant au moins 6 jours consécutifs) A2 A1B 2005 2015 2025 2035 2045 B1
Nombre de jours de canicule estivale A2 A1B 2055 2065 2075 2085 2095 B1
SRES A2 Proportion de précipitations >20mm par rapport aux précipitations totales (%) en été SRES AB1 SRES B1 1961-1990 2021-2050 2071-2100
Une chaîne complexe d incertitudes Incertitudes pour les modèles globaux Choix du scénario (SRESB1, SRESA1B, SRESA2, ) Choix du modèle global (21 modèles pour AR4-GIEC) Choix de paramètre physique pour un modèle global particulier Incertitudes pour les modèles régionaux Choix du modèle régional Choix de la température de surface de la mer (projection globale) Choix du modèle global (si modèle à aire limitée) L évaluation exhaustive des incertitudes dans les modèles régionaux est aussi importante que la projection : Des méthodes restent à inventer Certains enjeux sont encore au-delà de nos possibilités de calcul
Conclusions Le changement climatique est maintenant observable dans de nombreuses variables climatiques et son attribution au développement des activités humaines est bien affirmé. Les projections du changement climatique confirment la poursuite du réchauffement sur le siècle, quelque soit le niveau des émissions à venir du fait des réactions lentes, internes au système climatique. L ampleur du signal à la fin du siècle sera cependant fortement dépendante des mesures qui seront prises aujourd'hui. Dans la période 2020-2050, les impacts dépendent peu du scénario d émission : on observera des tendances marquées de réchauffement, plus fortes en été en raison de la continentalité. Les précipitations tendront à diminuer, surtout en été, ce qui se traduira par des périodes d étiages fortes. Malgré cette diminution globale, les événements de précipitations intenses se renforceront. Les tendances pour la fin du siècle se renforceront dramatiquement avec des écarts importants entre les scénarios en terme d amplitude. En matière de projection climatique, il est tout aussi important d évaluer le changement que les incertitudes associées.