Témoin : Julie Michalland pour l Association Une Rive, Un Rêve * Peux-tu nous expliquer en quoi a consisté l'association Une Rive, Un Rêve? Quel était votre projet? Avant tout amis depuis longtemps, nous sommes 16 jeunes de 18 à 23 ans originaires d'ardèche (près de Lyon). Nous étions tous ensemble en équipe ES au MEJ et une belle amitié est née entre nous tous. Ces années ont fait grandir en nous des valeurs qui nous sont chères telles que le partage, l écoute, le don de nous-même, le respect et l amour de l autre. Cela nous a ainsi conduits à donner à notre tour, à partager avec d autres notre joie de vivre & notre foi, à offrir nos services auprès des jeunes et pour divers événements paroissiaux (animation de camps, de groupes de MEJ, de veillées, de pèlerinages, services lors de repas, gardes d enfants etc.). Notre projet humanitaire en Tanzanie a été motivé par notre amitié et la volonté de se donner. L association Une Rive, Un Rêve est alors née le 08 Septembre 2012. Le projet de notre association était de construire une école primaire (deux classes de 60m2) pour les enfants les plus pauvres de Bassotu en Tanzanie. Nous avions deux objectifs : Tout d'abord, nous voulions apporter une aide financière de 16000 pour payer les matériaux. Pendant deux ans, nous avons organisé de nombreuses manifestations pour récolter des fonds : vente de châtaignes, concerts de louange, repas moules-frites, vente de bracelets, bols de riz, animation au musée de l'alambic, gardes d'enfants, vente de gâteaux, prospection à Lyon Nous avons également reçu de nombreux dons et nous avons aussi été très généreusement aidé par nos partenaires financiers tel que le Conseil Général de l'ardèche ainsi que d'autres associations. Nous avons eu beaucoup de chance durant ces deux années, nous avons bouclé (et même doublé) notre objectif financier!
Notre deuxième objectif était celui de partir en Tanzanie durant l'été 2014 pour aider à construire cette école. Nous sommes donc partis cet été, du 05 au 26 août, accompagnés d'un prêtre (notre ancien animateur MEJ) et d'un père de famille. Nous avons vécu une expérience extraordinaire! * Comment se sont déroulées vos trois semaines? Je vais essayer de vous faire un petit résumé en quelques mots. Durant ces trois semaines, nous avons principalement travaillé sur le chantier, tous les jours de 8h à 18h30 environ. Cependant, nous avons aussi pu faire quelques visites culturelles et passer du temps avec la population les dimanches. Nous avons également eu la chance de faire deux safaris, un le jour de notre arrivée et l'autre le jour de notre départ. Pour ce qui est du chantier, nous travaillions avec cinq ouvriers locaux, des hommes exceptionnels avec une patience et un savoir-faire exemplaire. Le chantier a bien avancé, il est presque fini, il reste plus que les finitions (portes, fenêtres et carrelage). Nous n aurions jamais espéré achever la construction dans son ensemble et nous avons vécu la fin de ces travaux comme un cadeau...une grâce! L'école devrait ouvrir ses portes à la rentrée prochaine, c'est-à-dire en janvier 2015. Si le pape répond positivement à la demande du P. Abbé de la communauté de Champagne, l'école portera alors le nom du Pape François. Sur nos quelques jours de repos, nous avons pu partager des moments avec les villageois de Bassotu que ce soit à la messe, autour d'un match de foot, pendant des visites culturelles, sur le marché Ces moments ont été des moments privilégiés. Le départ a été très difficile, nous attendons désormais qu'une seule chose... y retourner! L école à notre arrivée : L école à notre départ :
* Que t a apporté cette expérience? Comment t a-t-elle fait grandir? Cette expérience m'a appris à donner, donner sans compter. J'ai été heureuse de me mettre au service des plus pauvres et de ceux qui sont dans le besoin. Nous avions une phrase «slogan» : «Il y a plus de bonheur à donner qu à recevoir». Cette phrase est très belle, elle est très vraie. C'est aussi une ouverture culturelle que nous avons vécue. Elle m a permis de changer mon regard et de relativiser. Nous avons tout pour être heureux, je vous le promets. Je crois vraiment que le bonheur ne se trouve pas dans les biens matériels. Grâce à ce projet, j'ai eu l'occasion d'en faire l'expérience. Ces deux années ont également renforcé ma foi. En effet, nous avons eu de nombreuses grâces durant ces deux années, des petites choses concrètes, oui Dieu existe! Il a été avec nous tout au long de ce projet, que ce soit pendant les deux années de préparation ou bien en Tanzanie. Durant ces trois semaines en Afrique, j ai aussi appris à me dépasser. Lorsque nous étions sur le chantier, c était physique, je n avais jamais construit quoi que ce soit, c était lourd parfois, mais j ai persévéré et j ai vraiment aimé me donner. C était un réel défi pour moi!
* Qu'est-ce qui t'a le plus marqué? Ces trois semaines en Afrique ont été une vraie leçon de vie! Tout d'abord, j'ai été frappée par la différence culturelle qu'il existe, nous vivons dans le luxe. La pauvreté est très présente..! Les jeux, la Wii, internet, la télévision... tout cela n'existe pas encore dans le village où nous étions. Voir des enfants en bas âges travailler dans les champs, s amuser avec quelques bouts de carton et de ferraille ou encore recevoir le témoignage d adolescents qui désirent plus que tout aller à l école... tout cela m'a permis de mesurer la chance et la facilité de vie que nous avons! Malgré cette pauvreté, les gens sont heureux, accueillants et souriants! Nous avons toujours été merveilleusement bien reçus. Puis, je crois que je me souviendrai longtemps de tous les visages d'enfants que nous avons croisés. Nous n'avions pas la même langue mais il suffisait d'un sourire, d'un geste, d'un regard pour que nous arrivions à nous comprendre. C'était beau! Ils étaient très souriants, beaux et heureux de vivre! J'ai été très étonnée par tout ce que l'on peut faire avec peu de choses. A l'exception d'une scie sauteuse, nous n'avions aucune machine sur le chantier. Cela a été pour nous l'occasion d'apprendre à nous débrouiller et à travailler seulement avec ce que nous avions à disposition... un vrai défi à relever! L'entraide, le travail d'équipe et la solidarité entre nous tous ont été une grande force! Nous avons appris à mieux nous connaître les uns et les autres par le travail sur le chantier. Malgré notre manque d'expérience dans ce milieu nous avons réussi à dépasser nos faiblesses par la coopération entre les plus faibles et les plus forts physiquement. Tout au long de ces trois semaines, nous avons vécu dans un climat de fraternité. Enfin, je ne pourrais pas finir sans évoquer les merveilleux paysages que nous avons vus, les paysages de l'afrique avec ses animaux sauvages!