Protection vs. Innovation ouverte : Comment concilier l innovation et l accès aux nouvelles technologies pour tous?



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Transcription:

Protection vs. Innovation ouverte : Comment concilier l innovation et l accès aux nouvelles technologies pour tous? Salle Notre-Dame des Victoires, 09 septembre 2014 16h30 18h Intervenants: Dominique Buendé, Président-directeur général, QuickDo SAS Rafael Pérez Colón, Directeur monde Organisations internationales, Microsoft Luc Savage, Directeur propriété intellectuelle et valorisation, Orange Labs Karim Sy, Fondateur et chef catalyseur, Jokkolabs Modérateur : Bertrand Charrier, Chargé de mission innovations technologiques et procédés innovants pour le développement, Agence Française de Développement (AFD) PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS L émergence des Technologies de l Information et de la Communication (TIC) peut contribuer au développement des pays les plus pauvres en répondant à leurs besoins en produits, services mais aussi en organisation. Toutefois, la diffusion de ces nouvelles technologies au plus grand nombre n est pas une chose évidente compte tenu du coût qu elles représentent et de leur protection par des brevets ou licences. Permettre l accès aux TIC à tous soulève la question de la rentabilité; les différents acteurs doivent trouver un équilibre savant entre la valorisation des innovations et la performance de leurs structures. L accès au TIC est en train de devenir un véritable droit humain que les pouvoirs publics doivent respecter. Le développement économique va-t-il de pair avec la propriété intellectuelle? Le jeu de la concurrence entre les nouveaux acteurs de l innovation et les grands acteurs comme Apple et Microsoft qui détiennent un quasi-monopole est-il respecté. Accorder des licences libres et favoriser l open source semblent alors constituer les premiers éléments de réponses pour palier à ce problème. RESUME DES INTERVENTIONS Bertrand Charrier Introduction Les TIC sont un bon exemple du foisonnement dans le domaine de l innovation. Chaque jour de nouvelles start-ups et, produits naissent dans des incubateurs, etc. Comment ces innovations peuvent-elles servir les pays en développement et les moins développés alors qu elles sont chères et que leur diffusion est limitée par les brevets et licences qui les protègent? Comment un entrepreneur innovant peut-il trouver unela juste rémunération de sa créativité? Derrière la question de l accès pour tous, se pose celle du modèle économique. Chaque maillon de la chaîne de production doit pouvoir trouver son avantage financier pour que l invention arrive jusqu au consommateur. La question économique se complexifie d une dimension éthique et sociétale lorsque les TIC permettent de répondre à des besoins fondamentaux comme la santé. L accès aux TIC est en train de devenir un droit humain que les pouvoirs publics sont dans l obligation de mettre en œuvre. Est-ce que la protection intellectuelle favorise l accès aux innovations à tous ou au contraire exclut certains? Le développement économique va-t-il de pair avec le respect de la propriété intellectuelle?

Luc Savage : introduit la session en présentant Lle livre blanc : «"Propriété intellectuelle et développement durable»" qui a identifié des pistes d'actions afin de palier au peu de dépôt de brevets dans les pays en développement. Le directeur propriété intellectuelle et valorisation d Orange Labs définit les pays en développement comme les zones où les innovations et la propriété intellectuelle émergent. Sachant que les grandes puissances économiques mondiales (USA, Chine, Japon, Europe) génèrent 85% des brevets dans le monde, le but de ce travail est de définir comment la propriété intellectuelle pourrait se développer davantage dans les zones en développement. Le projet est né de deux principaux constats principaux : - - Ll existence de territoires sur lesquels sont créées des innovations spécifiques : mise au point du système «Lampalion» de protection des troupeaux des attaques d animaux sauvages apportant une grande valeur ajoutée à la communauté, technologie d énergie solaire, services «BonusZone» qui donne la possibilité d appeler à un prix réduit en fonction de la géographie et des horaires auxquelles le réseau est particulièrement disponible. Ces innovations technologiques représentent des défis techniques à résoudre. -Ll existence d initiatives de valorisation des innovations locales mais qui restent insuffisantes :. ll Afrique, qui représente plus de +15% de la population mondiale, est concernée par moins de 1% des brevets délivrés dans le monde. - Des pistes d actions visant à améliorer la protection des innovations dans les pays en développement ont été identifiées. Cela peut se faire en encourageant la «capacité d absorption», autrement dit reconnaître la valeur de la propriété intellectuelle locale et favoriser les sources de génération de propriété intellectuelle. Une autre piste consiste à simplifier l accès à la propriété intellectuelle pour favoriser le dépôt de brevets locaux de qualité dans ces pays. La formation des entrepreneurs aux règles de propriété intellectuelle et plus précisément à la maîtrise des enjeux de la propriété intellectuelle est également une piste. Enfin, partager les succès et approfondir les sujets de réflexion permettrait d améliorer la protection des innovations dans les pays pauvres. Bien que des pistes existent, l ensemble des acteurs devrait être conscient que l étendue des défis autour de la protection et de la valorisation des innovations est encore large. PÉREZ COLÓN Rafael Pérez Colón : souligne le fait que Lles TIC notamment les appareils mobiles et le cloud apportent désormais de nouvelles opportunités pour les entreprises et favorisent de nouveaux usages dans l environnement actuel. L un des éléments clés dans ce nouvel environnement est le big data. Il représente un immense challenge compte tenu du volume de données existants et des usages possibles. Les réseaux sociaux, le cloud, le big data et les appareils mobiles redessinent le paysage technologique et créent de nouvelles opportunités. L existence de celles-ci pousse les individus et les entreprises à créer des innovations. L innovation vient donc de partout ; pays développés et pays en développement, car les individus ont de plus en plus accès à l information, notamment grâce à la technologie. Les gens sont en mesure de partager et d apprendre plus facilement où qu ils soient dans le monde. Une des initiatives lancées par Microsoft s intitule «Microsoft 4Afrika». Elle repose sur 3 piliers : l accès, les compétences et l innovation. Avec l aide des institutions locales, ce projet a pour objectif d inciter les entrepreneurs de différents pays d Afrique à innover en leur fournissant les supports nécessaires pour y parvenir, comme par exemple le cloud.

Cet exemple démontre la volonté de Microsoft de poursuivre son travail à travers la création de partenariat avec les acteurs des pays en développement afin d encourager l innovation et la diffusion de celle-ci dans le monde entier. : Asie, Caraïbes, Afrique. Et «Nnous voulons continuer à développer ce type de partenariats pour les mener à plus grande échelle et avoir un impact réel sur les opportunités offertes aux populations.» Karim Sy : précise que «Ll innovation n est pas une invention» ; il faut qu elle rencontre des besoins et des demandes dans un monde en plein mouvement. Le monde est plus complexe et de nouveaux acteurs arrivent en favorisant la redistribution des pouvoirs économiques notamment au niveau géopolitique. Il insiste sur le fait que «Lle marché de 2050, c est L Afrique, c est l Inde ; il y a tout un nouveau marché à redécouvrir» et la façon de faire des affaires avec les pays en développement diffère fortement de celle utilisée avec lesdes pays tels que le Royaume-Uni, les Etats-Unis, etc. Comprendre les besoins des pays en développement nécessite d échanger en directe avec les concernés en étant sur place. et souligne que «l innovation se nourrit de la diversité». Selon Karim Sy, «on est passé à une innovation par la création d un écosystème» ce qui la rend plus complexe et favorise la co-création à travers la collaboration entre les différents acteurs. Le fondateur de Jokkolabs précise que Ll oon parle maintenant d «écosystème», d «approche ouverte» et que l innovation est désormais abordée comme un business model à implanter. Toutefois, cet écosystème n est pas mature et doit encore être travaillé et organisé compte tenu des différences de niveaux de recherche d une zone à l autre. Cela représente l un des principaux enjeux de l innovation dans les pays en développement afin de converger vers un monde meilleur. Dans ce contexte, la question pour une entreprise va être de savoir comment elle se positionne dans cet environnement de co-création pour répondre à son besoin de performance et concrètement résoudre de grands problèmes. Il y a besoin d impliquer tout le monde dans l innovation, pour comprendre les besoins locaux et collaborer intelligemment. Il faut créer une relation de confiance pour que l environnement soit propice à la co-création. C est l idée de shared value, de croissance partagée. La relation de confiance se crée à partir de là, ou au contraire la relation d opposition. Par exemple chez Jokkolabs nous travaillons actuellement sur un projet open source pour améliorer les services de santé au Sénégal et au Mali avec USAID. Nous avons identifié le besoin d utiliser un système d information géographique (SIG), puis le système adapté à la situation. Notre travail a été de voir comment impliquer des communautés de plus en plus larges et créer un écosystème : des géographes, des personnes travaillant dans le domaine de la santé, des gens intéressé pour répliquer le système dans d autres domaines tels que l agriculture, etc. Quand on crée cette ouverture du savoir, d autres peuvent s en inspirer et cela fait émerger l innovation. «L innovation se nourrit de la diversité». BUENDÉ Dominique Buendé : présente Lla solution QuickDo-BookBox est, née du constat que le marché du livre en Afrique ne fonctionne pas. Est-ce parce que les Africains ne lisent pas? Parce qu ils ne savent pas? Parce qu ils n ont pas le pouvoir d achat? Ou est-ce uneil question de l accessibilité des contenus (manque d infrastructures, rareté énergétique, absence de contenus de qualité produits localement)? Pour celarépondre à ces questions, nous avons donc créé ce qu on appelle un écosystème global, qui s appuie sur les TIC pour apporter un environnement qui bénéficie à tous les acteurs de la chaîne de

production du livre, depuis les producteurs de contenu jusqu aux utilisateurs. Le président-directeur général de QuickDo SAS présente le QuickSDoO-BookBox en expliquant qu unfonctionne grâce à un serveur qui centralise les contenus et des bornes permettent aux habitants de télécharger les contenus. En termes de protection Protection intellectuelle et d innovation ouverte, je ne pense pas que les deux soient ne sont pas incompatibles. L open innovation permet le partage des savoirs avec le plus grand nombre, en demandant par exemple aux éditeurs de vendre à moindre coût aux populations Africaines. La gratuité n est pas non plus incompatible avec profitabilité. Nous proposons des contenus gratuits dans un modèle économique simple : il faut en payer un pour avoir accès à un gratuit. Enfin, si nous demandons aux éditeurs de vendre moins cher, nous protégeons en contrepartie leurs contenus. L entreprise QuickDo se positionne donc dans un schéma assez simple entre : - Une ONG, qui propose une réponse à un besoin fondamental, ici le savoir ; - Une entreprise, puisque nous considérons bien que nous proposons une offre à des clients ; - Une association, qui participe à l amélioration des conditions de vie des individus, par exemple à travers notre programme de mise à disposition de livres scolaires pour les communautés via notre système ; - Une start-up, puisque nous proposons une innovation technologique qui change la vie et est agréable à utiliser. L une des principales difficultés de l open innovation est de permettre à l ensemble des acteurs de dialoguer entre eux. Il s agit de la première étape vers plus de rentabilité, compte tenu du fait quedans la mesure où l innovation ouverte devienne de plus en plusest amenée à devenir un facteur de compétitivité qui se multiplierade plus en plus important avec le temps. Echanges avec la salle La discussion ne devrait-elle pas être dirigée vers les données et la qualité des contenus donc l open data au lieu des outils développés par les différentes organisations? BUENDÉ Dominique Buendé : explique que Lle contrôle des contenus est impossible. Le plus important va être de permettre aux individus d accéder aux contenus. L individu doit être le seul à décider et à filtrer les informations qu il reçoit. Par ailleurs, il faut aller chercher des contenus partout. Nous avons par exemple des écrivains qui ne parviennent pas à trouver d éditeurs mais diffusent sur notre réseau, en plus des éditeurs et institutions de recherche. Où se situe l innovation technologique dans le projet QuickDo? BUENDÉ Dominique Buendé : répond à la question en expliquant que Ll innovation technologique se situe au niveau de l infrastructure de sa solution. Autrement dit, on retrouve cette forme d innovation au niveau software et hardware. Quels sont les facteurs de la confiance autour de l innovation? Luc Savage : précise que Ttous les systèmes que ce soit l open source ou les brevets ont été créés sur la base de la confiance. En tant que licence, l open source contractualise l engagement avec la communauté quant à son utilisation. La création de la confiance doit s effectuer autour du business model. Des outils de création de la confiance sont multiples comme le copyright. Ces outils doivent être adaptés au niveau de croissance de l entreprise. L open source protège le logiciel comme le copyright protège le contenu. Par exemple le Creative Commons permet d utiliser librement et de rediffuser des contenus. Finalement, ce qu Internet nous montre c est que la gratuité est le moyen le plus simple pour faire connaître un outil.

L analogie existe certainement dans le domaine des données. Je pense qu un certain nombre de données peuvent être fournies gratuitement, et les données plus complexes à produire auront besoin d un autre modèle pour continuer à exister. Rafael Pérez Colón : Cette question de la confiance au sein des sociétés, entre les individus, est historique, culturelle et générationnelle. Lorsqu on parle du monde digital, du cloud, etc. il y a des mécanismes qui aident à construire la confiance et sont un succès. Prenez l exemple d e-bay il y a une dizaine d année, il y avait de la méfiance par rapport au fonctionnement : on achète quelque chose que l on n a pas vu à quelqu un que l on ne connait pas. Pourtant cette entité intermédiaire est devenue catalyseur de confiance, qui propose des mécanismes de garantie. Nous avons l opportunité d utiliser ces mécanismes pour construire la confiance dans l écosystème digital. Le défi sociétal prendra surement plus de temps mais les choses que nous avons apprises et développées ces dix dernières années en matière de confiance ont fait leurs preuves. Nous avons tout de même des faiblesses en termes de législation et de politiques publiques. Pour Karim SyY :, «Ccréer la confiance est un art». Rapporteur : Charlène Voltat, L'Atelier BNP Paribas