L ORAL EN MATERNELLE - CYCLE 1

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Transcription:

L ORAL EN MATERNELLE - CYCLE 1 «Si la langue est un objet social et culturel, le langage désigne une fonction humaine qui a une triple dimension : psychologique, sociale et cognitive». Ce qu en disent les programmes - Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions (BO n 2 du 26 mars 2015) «Le langage oral : utilisé dans les interactions, en production et en réception, il permet aux enfants de communiquer, de comprendre, d apprendre et de réfléchir.» (Programme 2015). «L objectif est de permettre à chacun de pouvoir dire, exprimer un avis ou un besoin, questionner, annoncer un nouvelle. L enfant apprend à entrer en communication avec autrui et à faire des efforts pour que les autres comprennent ce qu il veut dire». (Ressources Eduscol). Dans les programmes de maternelle de 2015, le langage oral se divise en 4 thématiques: Oser entrer en communication (avec enfants et adultes) Comprendre et apprendre (comptines et poésies) Echanger et réfléchir avec les autres (raconter, décrire, questionner, expliquer, repérer les régularités de la langue). Commencer à réfléchir sur la langue et développer sa conscience phonologique. Le langage oral en maternelle est donc développé dans sa dimension sociale (communication et expression) et dans sa dimension langagière et cognitive (compréhension, production, appropriation des discours et des savoirs). Enseigner l oral DIDACTIQUE Le langage oral à l école ; deux formes à distinguer, deux formes à enseigner : > Les jeunes enfants parlent d abord en situation : en accompagnement de ce qu ils font. > Rapporter une scène support un langage décontextualisé, aussi appelé langage d évocation (élaboré, scriptural) qui s apparente à l écrit en tant que forme produite hors du contexte immédiat. Le rôle de l école maternelle est de passer du langage en situation au langage d évocation. Pour cela, il faut prendre conscience de la rupture entre : - Usages familiaux du langage (para-verbal, phrases inachevées, babillage ) - Usages scolaires du langage (vocabulaire spécifique, syntaxe ) et ses caractéristiques : mise à distance des objets du monde, décentration par rapport à soi ou à son environnement, construction métalinguistique (réfléchir sur la langue), généralisation savoirs et savoir-faire (adapter ce qu on sait à différentes situations), mise en réseau des savoirs, élaboration de nouvelles représentations du monde.

On distingue alors deux approches pédagogiques différentes dans l acquisition du langage en maternelle : > Une approche intégrée : moments où les enfants expérimentent le langage qui n est pas l objet sur lequel on travaille spécifiquement. Ses enjeux : Une dimension psychoaffective : donne à l enfant des outils plus précis pour formuler et partager ses besoins, ses sentiments, ses émotions, lui permettant ainsi de s inscrire dans un processus d individuation et d affirmation de son identité. Une dimension sociale : langage comme moyen d entrer en relation et d exercer un pouvoir sur autrui ; le sentiment d altérité se développe grâce à des interactions au sein d un groupe. Exemples de situations : Situations ordinaires (arrivée en classe, passage aux toilettes, accueil des enfants après la sieste, résolution d un conflit suit à un incident dans la cours ) journée etc). Situations régulières (activités ritualisées, retour en fin d activités, bilan en fin de > Une approche spécifique avec des moments structurés : le langage devient objet d apprentissage, des objectifs langagier ciblés sont travaillés pour eux-mêmes, on vise un apprentissage nouveau, un entrainement etc. Il s agit de faire acquérir un savoir-faire particulier. Ses enjeux : l enfant devient élève lorsqu il est amené à gérer progressivement trois questions fondamentales à propos du langage élaboré utilisé en classe : Une dimension intentionnelle : «Que cherche-t-on à me faire comprendre?» Une dimension du contrat didactique : «Qu attend-on que je réponde?» Une dimension linguistique : «Sous quelle forme précise mot, syntaxe dois-je produire mon énoncé?» Exemples de situations : Situations de communication asymétrique fonctionnelle experts/acteurs. Activités qui permettent aux enfants de montrer qu ils utilisent les termes spécialisés : associer photos et actions et les mettre dans l ordre chronologique. Dictée à l adulte : texte écrit lorsque la syntaxe est correcte, pour cela les enfants procèdent à différentes reformulations. [Le langage oral est également un média : à ce titre il jour un rôle social.] Trois enjeux à prendre en compte : > L oral pour apprendre (l oral comme outil au service d autres discipline et domaines) > L oral à apprendre (l oral comme objet d apprentissage) > L oral socialisant (parler, être compris, écouter vivre avec les autres).

Développement du langage : variabilité individuelle forte En maternelle et plus précisément en PS, le développement langagier est toujours en cours et très hétérogène selon les enfants : - Certains arrivent peu à se faire comprendre (parler «bébé» ; phrases de 2 mots, pas de pronom «je» mais le prénom) - Certains font déjà des phrases structurées. Importance des évaluations diagnostiques en début d année. Nécessité de la communication et des échanges avec différents interlocuteurs pour le développement intellectuel affectif et langagier de l enfant. Ruptures marquées par l école maternelle Dans les interactions langagières (nouvelles interactions à gérer : enfants, adultes, etc). Dans les repères spatio-temporels (lieux nouveaux et inconnus qu il va falloir apprendre à nommer et à connaitre + séparation de la journée en différents temps). Dans l usage familier et l usage scolaire des objets (brosse à dents pour peindre, pinceaux pour coller etc ). Avec l activité quotidienne et familière au profit des pratiques scolaires qui doivent faire l objet d un apprentissage tout au long du C1 : dire des comptines, répéter des mots, écouter ses camarades. Apprendre ce que le maître attend + quels sont les apprentissage en jeu (jouer avec des perles apprendre à compter avec des perles). Favoriser la prise de parole de tous : Créer un contexte d apprentissage du langage favorable aux échanges langagiers scolaires : - Multiples verbalisations - Manifester intérêt pour les paroles prononcées par l enfant et être attentif à capter tout signe d une intention de communication. - Réfléchir aux conditions ayant favorisé la réussite et veiller à les remettre en oeuvre. - Organiser de manière efficace les conditions de l échange, l espace et le temps. Créer une dynamique dans les échanges oraux : - Varier les dispositifs (relation duelle avec le maître, groupes réduits, divers sujets d échange ) - Faire alterner le discours individuel et collectif - Tenir compte du silence et de l auto langage. Ateliers de langage indispensables : réunir les élèves en petits groupes homogènes sans intervention de l enseignant développe prise de parole devant un groupe.

Attendus de fin de cycle 1 pour l oral : Communiquer avec les adultes et avec les autres enfants par le langage, en se faisant comprendre. S exprimer dans un langage syntaxiquement correct et précis. Reformuler pour se faire mieux comprendre. Pratiquer divers usages du langage oral : raconter, décrire, évoquer, expliquer, questionner, proposer des solutions, discuter un point de vue. Dire de mémoire et de manière expressive plusieurs comptines et poésies. Manifester de la curiosité par rapport à l écrit. Pourvoir redire les mots d une phrase écrite après sa lecture par l adulte, les mots du titre connu d un livre ou d un texte. Participer verbalement à la production d un écrit. Savoir qu on n écrit pas comme on parle. Repérer des régularités dans la langue à l oral en français (éventuellement dans une autre langue).

L ORAL A L ELEMENTAIRE - CYCLE 2 & 3 DIDACTIQUE F. Saussure : La langue : ensemble des conventions qui permet l exercice du langage par l individu / un système de rapport entre un ensemble de sons et un ensemble de significations. Le langage : faculté dont disposent tous les hommes. La parole : l acte individuel. Ce qu en disent les programmes - Le langage oral (C2 et C3) (BO du 26 novembre 2015) Comme à l école maternelle, l oral aux cycles 2 et 3 est travaillé dans une grande variété de situations scolaire. Il fait aussi l objet de séances d enseignement spécifiques. Les nouveaux programmes insistent sur la nécessité de hisser les élèves vers un oral scriptural (proche de l écrit) en mettant en évidence les codes et les règles qui régissent un oral élaboré. Ce qui semble nouveau : la volonté de faire adopter aux élèves une distance critique par rapport à l oral fourni notamment par un retour sur les productions (enregistrements). «Une première maitrise du langage oral permet aux élèves d être actifs dans les échanges verbaux, de s exprimer, d écouter en cherchant à comprendre, de réagir en formulant un point de vue ou une proposition. Les compétences acquises en matière de langage oral, en expression et en compréhension, sont essentielles pour maitriser l écrit, et réciproquement» (Cycle 2) «Au cycle 3, la progression dans la maitrise du langage oral se poursuit et en interaction avec le développement de la lecture et de l écriture. La maitrise du langage oral fait l objet d un apprentissage explicite». (Cycle 3). Didactique de l oral : Difficultés de l enseignement de l oral (M. GRANDATY) Beaucoup d oraux différents : oral polygéré ou monogéré (exposé seul ou à plusieurs), oral diffus (discussions informelles dans une séance), oral de discours (argumenter, expliquer), récitation, théâtre, etc. Il est différent selon les cultures (on parle fort, on parle près ). Une pratique transversale (fait partie de toutes les disciplines) d où la difficulté d isoler les objets d enseignement travaillés L oral implique l ensemble de la personne d où un sentiment d insécurité chez certains L oral est profondément marqué par les pratiques sociales de référence Les activités orales sont couteuses en temps et en énergie L oral est difficile à observer et complexe à analyser L oral nécessite pour son étude des enregistrements techniques exigeants L évaluation de l oral nécessite beaucoup de temps et est très difficile car pas de traces Les indicateurs de maitrise de l oral ne sont pas clairement synthétisés.

Trois entrées didactiques de l enseignement de l oral réaffirmées, dans les nouveaux programmes : Une approche communicationnelle : L ORAL SOCIALISANT L école et la classe sont une micro-société dans laquelle on apprend à respecter les autres (règles de prise de parole et efficience de la situation de communication) et à se responsabiliser (compréhension des poser en réception et en production). Une approche discursive : L ORAL POUR APPRENDRE L oral vecteur des apprentissages. Verbalisation et interaction dans toutes les disciplines, d un oral pratique vers un oral scriptural (pensée et langage), l oral dans les séquences d apprentissage (rôles de l erreur, de la confrontation, de l institutionnalisation). Une approche intégrée : L ORAL À APPRENDRE L oral objet d apprentissage / travailler l oral pour lui-même. Lieu d apprentissage sur le langage : oral monogéré (micro exposé, lecture à voix haute, récitation, compte rendu oral, commentaire d image ou de schéma), oral polygéré (questionnements, débats). Un des enjeux essentiels de l enseignement de l oral est d amener l élève vers un oral plus structuré et plus élaboré. Exemple d affichage permanent possible en cycle 2 :

Les obstacles didactique Passer d un oral pratique (quotidien) à un oral scriptural (élaboré et proche de l écrit) Acquérir le statut d interlocuteur (écouter et être écouté) Participer à une tâche langagière collaborative Intégrer le lexique et la syntaxe dans un acte de langage oral Les gestes professionnels de l enseignement de l oral J.BRUNER, les six fonctions principales de l étayage (cf. fiche). L enrôlement. La réduction des degrés de liberté. Le maintien de l orientation. La signalisation des caractéristiques déterminantes de la tâche. Le contrôle de la frustration. La démonstration ou présentation des modèles de solution. J.C CHABANNNE: Rôle de l enseignant : L enrôlement, la finalisation : rappel des acquis, du but. Le balisage des échanges : ouverture, fermeture des développements thématiques. L étayage : prise en charge des difficultés. La régulation : contrôle des frustrations, des tensions des conflits. L évaluation : institutionnalisation. Il insiste sur les gestes professionnels de l enseignant pour l oral : Au niveau «macro» : des gestes professionnels à «grande échelle» : donner une véritable place à l oral en le programmant à différentes échelles (période, année scolaire, cycle ) et en prévoyant le type d oral (formel, informel). Au niveau «méso» : à «échelle moyenne» : au niveau de la séquence et de la séance, quel oral (monogéré ou polygéré), quelle taille du groupe, quelle durée pour préparer, s entrainer, parler Au niveau «micro» : à «échelle fine» : l oral invisible au coeur de l activité, les unités de l interaction, le savoir-faire de l enseignant. Pour cela : - Donner du temps effectif à l oral, - Formaliser son enseignement selon 4 niveaux : genres oraux formels, enseignement formalisé sur la langue orale, oral intégré formalisé (institutionnalisation), oral intégré non formalisé (tutelle). - Concevoir des situations élaborées didactiquement - Expérimenter des outils numériques pour enregistrer, réenregistrer, éditer, monter, diffuser, publier, s écouter et s évaluer.

Quelques notions sur les traits d oralité les plus courants Différentes caractéristiques : Caractéristiques syntaxiques - Syntaxe des interrogative : non inversion du sujet, utilisation de l interrogatif «est-ce que» - Phrases laissées en suspens - Parataxe (juxtaposition des énoncés, absence de subordination). Carctéristiques lexicales - Utilisation d éléments phatiques : interjections «hein», «ben», ou de la locution adverbiale «en fait». - Utilisation de déictiques* : «ici». Caractéristiques phonétiques (sonores, liées aux sons) - Ellipse du pronom «il» - Elision du pronom «il» - Ellipse de l adverbe négatif «ne» : négation incomplète * Déictique = un mot dont on ne peut comprendre la signification qu en situation. + Utilisation du pronom «on» privilégié à l oral sur le «nous». La manière de construire une interrogative ou de mettre en valeur un sujet ou un objet cela relève, en grammaire, de la syntaxe (marques syntaxiques). Ce ne sont pas des fautes, ce sont des éléments qui signalent que l on est dans l oral et pas dans l écrit : il est important d en avoir conscience et d en faire prendre conscience aux enfants (nouveaux programmes de 2015 : insistent sur la distance critique à travailler avec les élèves sur l oral pour qu ils comprennent que l on n écrit pas comme on parle). On ne parle pas de la même manière selon l environnement social dans lequel on se trouve. Différence entre élision et ellipse : avec l ellipse le terme disparait «y a» et avec l élision le terme ne disparait pas complètement «t as». Des termes sont également des appuis du discours à l oral : «ben» : permettent de rester en communication, mais il ne se dit rien, permet de laisser du temps pour réfléchir. Peuvent également marquer une hésitation «hein». On appelle cela les termes phatiques. On est dans un système de co-énonciation : lorsqu une phrase est prise en charge par deux interlocuteurs : un qui la commence (l enseignante) et l autre qui la fini (l élève). Traits d oralité sont propres à toute situation de communication (même en classe) et l enjeu didactique développe des pratiques langagières telles que l appel intonatif et la co-énonciation.