ANIMAUX MARINS NI VENIMEUX NI VÉNÉNEUX 233
234
COQUILLAGES, POISSONS ET CRUSTACÉS Dans les mers et les océans une multitude d'animaux ni venimeux ni vénéneux, petits et gros, nous menacent de nombreux dangers : piqûres, coupures, pincements, morsures, chocs, contusions, décharges électriques.toutes ces blessures diverses et variées, superficielles ou profondes peuvent être plus ou moins graves, invalidantes, voire mortelles. Marcher pieds nus sur l'estran paraît anodin, mais sur des rochers tapissés d'huîtres, de moules, de balanes, de patelles, ou dans du sable contenant des débris coquilliers ou coralliens, expose déjà à des petites plaies, le plus souvent sans gravité, à condition qu'elles soient correctement débarrassées des corps étrangers et des sédiments restés incrustés dans la peau, désinfectées et mises à l'abri de l'eau de mer, retardatrice de cicatrisation. Il est judicieux de vérifier à cette occasion, que la protection vaccinale contre le tétanos est toujours efficace. Moules sur l'estran Patelle et balanes sur un rocher Manipuler un poisson ou un crustacé n'est pas toujours une partie de plaisir, un minimum de technique s'impose, car la plupart sont dotés de moyens de défense qui peuvent blesser. Les armes des poissons sont représentées par des dents acérées ou des opercules coupant comme des lames de rasoir, mais surtout par des nageoires équipées de rayons épineux et par des épines pointues et piquantes, érigées en différents endroits du corps, sur les opercules, le dos ou le ventre, près de l'anus. Bar européen ou Dicentrarchus labrax 235
Le Bar, poisson noble par excellence et carnassier à la chair très délicate, cible privilégiée des pêcheurs de la côte atlantique, peut blesser avec sa première nageoire dorsale épineuse ou ses opercules dentelés latéraux très coupants, armés de piquants, repérables facilement grâce à la tache noirâtre bien visible devant les ouïes. De nombreux poissons, communs le long de nos côtes, tels que le Saint-pierre et les Vieilles, peuvent occasionner des piqûres lors d'une manipulation malheureuse, surtout lorsqu'on essaye de saisir un individu fraîchement pêché et que l'on est novice en la matière. Vieille commune Saint-Pierre ou Zeus faber Les crustacés, comme l'araignée de mer, sont protégés par une carapace hérissée de multiples pointes, formant une véritable cuirasse. D'autres sont équipés d'un rostre dur, pointu, cranté en dents de scie, comme la langoustine, la crevette ou le homard. Araignée de mer Langoustine Certains crustacés sont pourvus de puissantes et volumineuses pinces, faites pour saisir, broyer et sectionner une proie ; c'est le cas du homard et du tourteau. Mieux vaut éviter de se faire surprendre, car le pincement est douloureux et laisse un «bleu» dont on se souvient éternellement. Les plus grands individus, surtout les mâles aux pinces énormes, ont suffisamment de force pour amputer le doigt d'un enfant et parfois celui d'une personne adulte. Alors prudence! En fait, les deux pinces sont très différentes dans leur morphologie et leur fonction. La plus grande possède 236
des excroissances arrondies et sert à broyer, l'autre plus petite porteuse de sortes de dents pointues est utilisée pour couper. Homard bleu européen, une des fiertés de la Bretagne Ses pinces Son rostre Tourteau ou Crabe dormeur ou Cancer pagurus Pour éviter les accidents, il faut saisir les crustacés sur les côtés, de part et d'autre de la carapace et en arrière des pinces, avec une ou deux mains en fonction de la taille de l'animal. Si par malheur, avant de se retrouver dans l'assiette, une de ces merveilles de la gastronomie bretonne arrive à nous coincer un doigt, il ne faut surtout pas tirer en force, mais avec un couteau pointu, toujours à portée de main, sectionner le tendon de l'articulation, en passant la lame entre les mors de la pince. 237