Jean DU VERGER Moreana Vol. 48, 183-184 247-257 Fanny MOGHADDASSI, Géographies du monde, géographies de l âme : le voyage dans la littérature anglaise de la fin du Moyen Âge, Paris, Honoré Champion, 2010, 469 p. ISBN 978-2-7453-2007-0 (contient 7 annexes : les résumés de Floris and Blauncheflour, Mandeville s Travels, Saint Brendan, Saint Patrick, Sir Degarre, Sir Orfeo et The Vision of Tundale ; un index nominum, un index locorum et un index rerum) RECENSION Jean Du Verger ENSMM, Besançon Un des nombreux mérites de l ouvrage de Fanny Moghaddassi est le choix du sujet : les travaux sur le voyage à l époque médiévale sont trop rares pour que l on ne s empresse pas de lire cet ouvrage, dans lequel l auteur allie science, littérature, histoire et théologie avec une belle maîtrise. Dans l introduction, l auteur justifie le choix de son corpus et s attache à expliquer scientifiquement sa démarche critique. Puis elle examine à travers la métaphore du miroir les questions de la mimesis, de l ailleurs et du spirituel, portant un regard neuf sur les questions de l écriture et du sens des récits de voyages à l époque médiévale. Le récit de voyage médiéval se présente comme la synthèse des lectures de son auteur ; la représentation du monde qu il fournit nous éclaire sur le contexte dans lequel l œuvre s inscrit. Les textes convoqués dans cette étude, rédigés en moyen anglais, sont d origines variées et proviennent du milieu irlandais, de traductions françaises ou sont le résultat de réécritures de récits antiques, ce qui implique parfois une variation dans les dates d écriture. Plusieurs critères ont présidé à l établissement de ce corpus. Tout d abord la
248 Moreana Vol. 48, 183-184 Jean DU VERGER périodisation : l étude de Fanny Moghaddassi porte sur des œuvres composées aux XIII e et XIV e siècles. Puis la diversité générique des textes étudiés : les œuvres choisies, dont le motif structurant est le voyage, appartiennent en effet à des genres littéraires variés : prose, différentes formes de poésie telle que les lais ou les poèmes narratifs, ainsi qu une romance. Soit : Floris and Blauncheflour, Mandeville s Travels, Kyng Alisaunder, Saint Brendan, Saint Patrick, Sir Degarre, Sir Orfeo et The Vision of Tundale. Selon Fanny Moghaddassi, cette diversité n est qu apparente : ces textes offrent une vision relativement unifiée d une époque historique précise. La thématique du voyage semble donc constituer, par conséquent, l un des moyens d aborder la compréhension qu une société a d elle-même et du monde. L étude de Fanny Moghaddassi s articule autour d un triptyque spéculaire : miroirs de la réalité, miroirs de l ailleurs et miroirs de l âme. Chacune de ces trois parties permet à l auteur de développer la thèse suivante : le récit de voyage, par nature polysémique, est avant tout le reflet historique, social, culturel et spirituel d une époque. * * * La première partie de l ouvrage fournit une introduction historique et intellectuelle précieuse. Fanny Moghaddassi y examine la question de l écriture et de son rapport à la réalité en insistant sur la dimension essentielle du contexte, dans la mesure où la littérature vient s inscrire dans le cadre des connaissances d une époque donnée. Son travail ne porte pas sur la géographie médiévale, ni d ailleurs sur l histoire des voyages, mais sur «l univers mental» (44) de l époque puisque, pour l auteur, la littérature constitue une représentation textuelle du réel. On l aura compris, Fanny Moghaddassi laisse quelque peu de côté l approche historique au
Jean DU VERGER Moreana Vol. 48, 183-184 249 sens où l entend Jacques Le Goff - sans jamais, toutefois, la perdre de vue. A partir du XII e siècle une meilleure connaissance du monde, due notamment au développement des croisades contribue à une approche plus empirique de la géographie. A cela s ajoute les traductions latines des ouvrages de géographie grecs (Ptolémée) et arabes (al Khwarizmi), qui proposent une nouvelle conception du monde, plus rationnelle. Les travaux de Robert Grosseteste et de Roger Bacon contribuent à la revalorisation de l expérimentation qui tient compte des informations fournies par les voyageurs. Par ailleurs, l examen des déplacements médiévaux permet, selon Fanny Moghaddassi, une meilleure appréhension de la proximité ou de l écart qui existe entre la littérature et la réalité, et contribue à définir une représentation du réel à l époque. L auteur s appuie sur les typologies des voyageurs et des différentes formes du voyage médiéval établies par l historien allemand Norbert Ohler (on pourra cependant regretter ici la fluctuation orthographique entre Öhler pages 69, 72, 77, 78 et Õhler, pages 70, 71 et 75). Ces typologies mettent en lumière un environnement hostile et le caractère dangereux des voyages de l époque. Les récits de voyages fourmillent de détails pratiques, les auteurs décrivant le plus précisément possible leur expérience. Cette stratégie narrative contribue à accentuer le réalisme des récits de voyages. En revanche, dans les récits de voyage dans l Au-delà ou les aventures des chevaliers dans des contrées féeriques, les auteurs semblent renoncer à faire référence à la réalité. Mais, comme le rappelle avec raison Fanny Moghaddassi, ces univers n apparaissent pas comme des fictions au Moyen Âge, ce qui contribue à renforcer le concept aléatoire et subjectif de la réalité. Si notre auteur insiste sur cette question
250 Moreana Vol. 48, 183-184 Jean DU VERGER cruciale du réalisme dans les œuvres qu elle étudie, c est qu elle pose de facto le problème du projet et du genre des textes en question. Les voyages dans l Au-delà soulignent l écart qu il y a entre les réalités matérielles et spirituelles. Pour le voyage dans le monde d icibas, on utilise des d informations sur la réalité des voyages de l époque. Les lais qui décrivent des voyages dans des contrées féeriques soulignent les thèmes chevaleresques de la quête et de l errance ; l aspect allusif et imprécis de ces récits démontre le peu d intérêt qu éprouvent les auteurs du genre pour la réalité contemporaine du voyage. Le voyage est plutôt une forme littéraire qu une occasion de décrire le monde réel contrairement aux voyages de Mandeville qui proposent d offrir le récit d une pérégrination réelle et qui, par conséquent, mettent l accent sur l impression de réalité. Pour ce qui est du voyage de saint Brendan, le récit est plutôt une épreuve de foi qu un voyage et son réalisme est, par conséquent, tout relatif. L auteur des Mandeville s Travels prétend décrire la réalité du monde, et le mélange du vrai et du faux qui trame le récit interroge sur la notion même de réalisme. Pour Mandeville (dont l existence même est sujette à caution), il s agit de comprendre le sens du monde et non d en décrire sa réalité ; il échappe ainsi aux catégories modernes. Il appartient donc au narrateur d amener le lecteur à «déchiffrer le sens de l univers» (109) pour en comprendre la structure profonde. Les voyages dans l Au-delà (Saint Brendan, Saint Patrick et The Vision of Tundale) apparaissent aujourd hui comme des fictions, fruits de l imagination d esprits torturés par l obession du péché et de la culpabilité. Ces textes fournissent pourtant, comme le note Fanny Moghaddassi, une cartographie détaillée et cohérente de l Au-delà. Le lecteur est invité à les envisager, non pas comme le fruit de
Jean DU VERGER Moreana Vol. 48, 183-184 251 l imagination de leurs auteurs, mais comme le résultat d une méditation sur la Bible et les textes des grands théologiens. Car la Bible et les récits de visions, un genre qui apparaît véritablement au XII e siècle, contribuent à donner une image précise de l Au-delà. Les récits étudiés par Fanny Moghaddassi se situent à la charnière de deux genres, le récit où l âme se sépare du corps et celui où la personne, dans son intégralité, pénètre dans l Au-delà, entraînant la disparition implicite de la barrière qui sépare l ici-bas de l Au-delà. Comme le souligne l auteur, ce genre de voyage soulève de nombreuses questions d ordre théologique. Pour ce qui est du rôle du merveilleux dans les récits de voyage, le télescopage temporel entraîne le lecteur dans un monde interstitiel situé aux confins de l histoire et de la légende. Le récit oscille en permanence entre le réel et l imaginaire, un monde imaginaire qui fait parfois irruption dans le réel. Le merveilleux joue un rôle de signal dans la littérature en ce qu il annonce une remise en question de l ordre naturel des choses. Or, si de nos jours le merveilleux apparaît comme détaché du réel, il n en allait pas de même au Moyen Âge où «l espace du monde [était] en effet ouvert au surnaturel» (131). * * * La deuxième partie de l ouvrage étudie comment, à travers ces récits, le monde devient objet de spéculation et de réflexion. L écrit permet à l auteur de s approprier l environnement qu il décrit et c est en ce sens que les textes étudiés proposent «une véritable géographie» (141), évoquant les grandes problématiques de la connaissance du monde. Cette connaissance du monde implique une connaissance de soi car, comme le souligne très justement l auteur, l une des caractéristiques essentielles des récits de voyages est qu ils
252 Moreana Vol. 48, 183-184 Jean DU VERGER représentent les «points de passage» (143) entre les différents univers décrits (chrétiens et païens, ici-bas et au-delà, territoires des hommes et domaine des fées). Tout en traduisant l étrangeté du monde, ces récits en structurent l espace qui va peu à peu devenir un «personnage» (144) à part entière de la narration. Les Mandeville s travels proposent même de cartographier le monde : Mandeville cherche constamment à situer les pays les uns par rapport aux autres. L auteur de Kyng Alisaunder fait preuve du même intérêt pour les questions géographiques et, tout comme dans le texte mandevillien, la localisation reste souvent imprécise. La navigation de saint Brendan quant à elle ne donne aucune indication sur la direction suivie par le navire et offre ainsi l image d un monde aux contours incertains. Pour Mandeville, tracer la géographie du monde implique, selon Fanny Moghaddassi, de s interroger sur la question des «points de contact» (159) entre l ici-bas et l Au-delà puisque, à l époque, le monde des vivants est limitrophe de celui des morts. The Vision of Tundale va rompre ce lien : le héros se déplace en esprit et non plus physiquement. Le but de tous ces voyages est le même, il s agit de découvrir le paradis terrestre. Le voyage de Tundale emmène, quant à lui, le héros jusqu au trône de Dieu d où il pourra contempler le monde des vivants et celui des morts. Ces récits insistent tous, à leur manière, sur la «porosité des deux mondes» (165). Une porosité que l on retrouve dans le lai d Orfeo, dans lequel le héros éponyme traverse un rocher pour pénétrer dans le monde des fées, et dans celui de Degarre où tout bascule au détour d un chemin. Ainsi donc la terre contient en elle-même ces mondes juxtaposés. Le voyage requiert une ouverture d esprit qui doit permettre au narrateur et au lecteur d appréhender un monde aux contrastes extrêmes. La nature est présentée comme un lieu ambivalent dans lequel les richesses naturelles côtoient les déserts. Chez Mandeville l ailleurs est décrit
Jean DU VERGER Moreana Vol. 48, 183-184 253 avec précision car il suscite l étonnement perpétuel du voyageur : n est particulièrement décrit que ce qui représente un écart par rapport à la norme, le bizarre est l un des principaux attraits de l ailleurs. Cet ailleurs questionne le lecteur sur ses propres références morales et culturelles. La rencontre avec l autre permet d illustrer aussi la diversité du monde. Il est donc essentiel que le récit soit crédible pour provoquer surprise et étonnement chez le lecteur. Fanny Moghaddassi s ingénie à mettre en lumière les différentes stratégies narratives mises en œuvre par les auteurs de ces récits de voyage qui contribuent à créer cet effet de surprise qui implique le lecteur. Ainsi, l angoisse que peut parfois susciter la lecture de la Vision of Tundale ou le récit d Owen a pour but de provoquer la conversion du lecteur. La confrontation avec l altérité qu offrent Mandeville s travels et Kyng Alisaunder doit interroger le lecteur sur sa propre humanité. Cet ailleurs se définit donc en opposition à l ici, et les stratégies narratives reposent sur les dichotomies suivantes : l inconnu et le connu, l autre et soi, Orient et Occident. Les lais d Orfeo et Degarre, la romance de Floris and Blaunchflour et les voyages de saint Brendan et saint Patrick traitent l espace de façon particulièrement floue, ce qui se traduira dans le domaine cartographique par une grande imprécision. L auteur aurait pu rappeler que les cartographes de l époque, se fondant sur le récit de saint Brendan, placèrent les îles Fortunées tantôt dans l archipel des Canaries tantôt à Madère, parfaite illustration de cette imprécision géographique et de ce télescopage du réel et de la fiction dans la cartographie de l époque. Selon Fanny Moghaddassi, le seul ouvrage qui cherche à faire de l inconnu un univers connu est celui du Chevalier de Mandeville. Dans les lais d Orfeo et Degarre, l espace et le temps n ont que peu de sens ; dans la romance de Floris et Blauncheflour espace et temps sont deux éléments distincts, la
254 Moreana Vol. 48, 183-184 Jean DU VERGER découverte de contrées lointaines n est qu un prétexte qui conduit vers l expérience intérieure dans laquelle l explorateur «se révèle [être] le continent à explorer» (266). En revanche, dans la navigation de saint Brendan, qui se présente comme un déplacement à la fois spatial et temporel, le temps devient un moyen de décrire l espace. En effet les indications temporelles précises abondent (calendrier liturgique, ) et participent à la structuration d un espace dont les contours restent extrêmement flous. * * * Dans la troisième et dernière partie de son étude, Fanny Moghaddasi démontre avec beaucoup de pertinence comment le récit de voyage ramène l homme vers lui-même. La représentation du monde permet, en effet, de réifier l espace intérieur de l homme, cet «univers de l âme» (271). Les récits dans lesquels les descriptions brouillent les limites de l espace et du temps contraignent le voyageur à dépasser les apparences pour se retrouver face à luimême. Par exemple, la romance de Floris et Blauncheflour, décrit un voyage qui mène à la conscience de soi à travers la médiation des autres personnages du récit. La dimension heuristique de ces récits aboutit ainsi, à l image de saint Brendan et d Owen, à une profonde transformation intérieure du héros et, par voie de conséquence, du lecteur. Dans le lai d Orfeo et la Vision de Tundale les héros subissent malgré eux l épreuve du voyage qui aboutira à une révélation identitaire à travers la reconstruction de ce que le personnage avait temporairement perdu. Grâce au regard neuf du héros sur lui-même on assiste à un véritable «dédoublement intérieur» (300). Cependant, l identité du héros est mise à mal dans l Au-delà, un lieu d une nature particulière. En enfer, la remise en cause est radicale
Jean DU VERGER Moreana Vol. 48, 183-184 255 puisque toute notion d individualité y est niée ; le Paradis quant à lui maintient la notion d identité et de sociabilité : il est le révélateur de l identité vaine. Dans le monde fluctuant des fées, l incertitude identitaire est accentuée par le fait que l identité elle-même n est plus une donnée stable. L espace féerique introduit le doute et l incertitude. La rencontre avec l autre entraîne un bouleversement des limites identitaires un questionnement de soi. Ainsi pour Mandeville le voyage est porteur de «changement d opinion» (314). Pour saint Brendan, décrire l autre doit inciter à la ferveur. L ailleurs constitue en quelque sorte un miroir déformant qui contribue à révéler les failles du monde chrétien, l autre devenant ainsi «miroir de soi» (331). A travers une stratégie narrative fondée sur un jeu spéculaire de ressemblances et de distorsions, les auteurs de récits de voyages, tout en rapprochant l ailleurs de l ici, s écartent de lui pour mieux se contempler. Le voyage est conçu alors comme métaphore de la vie, sorte de pèlerinage (Mandeville, Owen, saint Brendan et Tundale) qui doit aboutir à une transformation intérieure. Le voyage devient pour Owen, Tundale et saint Brendan l instrument purificateur dans lequel le Purgatoire, espace de transition, un «sas entre deux mondes» (335), impose une double lecture du monde : littérale et symbolique. Dans le récit de saint Patrick, Owen parcourt un monde physique qui incarne une réalité intérieure, véritable «topographie de l âme» (335), dans laquelle la solitude joue un rôle essentiel. Par ailleurs, l auteur et le lecteur étant membres d une même communauté, le récit de voyage religieux engage la communauté chrétienne toute entière. Le texte mandevillien se présente, selon Fanny Moghaddassi, comme un palimpseste biblique dans lequel se fondent l Ancien et le Nouveau Testament. L espace est alors chargé de significations religieuses. Comme le remarque justement l auteur, la dimension historique de l espace traversé, en
256 Moreana Vol. 48, 183-184 Jean DU VERGER l occurrence la Terre Sainte, permet de ressusciter les événements qui s y sont déroulés. En empruntant cet itinéraire le voyageur s engage donc sur la route du Salut. Le récit ne prend sens que parce qu il s adresse à une communauté religieuse. Le texte mandevillien tout en explorant l ailleurs et le lointain ne cesse de renvoyer à l ici. La dimension spéculaire des Mandeville s travels engage non seulement la communauté mais contribue à la remise en ordre du monde occidental à l image du lai de Degarre, qui en décrivant la porosité des mondes humain et féerique, souligne la «fragilité du monde Chrétien» (363). Dans le contexte des croisades et de la reconquista espagnole, la romance de Floris and Blauncheflour évoque la lutte contre les musulmans et la question de la conversion de l autre. Les récits médiévaux étudiés illustrent le sens spirituel de tout déplacement et la dimension éminemment symbolique du monde médiéval. Ils fonctionnent donc plus comme des mappemondes que comme des portulans : l espace, comme l écrit, n est que la projection spatiale du monde intérieur qui induit des lectures multiples. La littérature du voyage à l époque médiévale s inscrit donc, selon la formule de Fanny Moghaddassi, dans une «dialectique du reflet» (391). Elle constitue un miroir plus ou moins déformant du réel qui permet de rendre compte du monde médiéval. La dimension réaliste de cette littérature implique une représentation relativement fidèle du monde qu elle décrit, à savoir un «univers percé de passages vers des espaces mystérieux» (392). Le monde médiéval est une réalité mouvante à l image de sa diversité et de la surprise qu elle suscite chez le lecteur. L ailleurs, tout en donnant à voir le vaste monde, implique chez le lecteur un questionnement intérieur. Le «texte-miroir» (393) repose sur l oscillation entre deux pôles contradictoires, à la fois reflet objectif du monde et représentation
Jean DU VERGER Moreana Vol. 48, 183-184 257 subjective de l intériorité, reflet de l âme humaine. Parcourir un monde où le physique et le spirituel sont étroitement liés, c est aussi découvrir sa propre intériorité puisque, comme l écrit Nicolas de Cues dans son De visione Dei sive de icona (1453), «voir, c est être», c est avoir prise sur le monde et par conséquent mieux se comprendre soimême. Rappelons que dans la pensée cusaine, le miroir sert en, quelque sorte, de trait d union entre le corps et l âme, entre le monde de l apparence et celui de l essence. Jean Du Verger jeanduverger@gmail.com