Dossier de presse 15 juin au 1 er octobre 2012 Musée de Cahors Henri-Martin L exposition Louttre.B intitulée se tiendra tout l été au Musée de Cahors Henri-Martin. Elle se situe dans la continuité de celle que lui avait dédiée en 1996, la Maison des Arts Georges Pompidou, à Cajarc, mettant en perspective un ensemble d une soixantaine de tableaux réalisés des années 1990 à aujourd hui. L œuvre de Louttre.B s appuie sur les bases exigeantes de la peinture classique. Ses thèmes récurrents - paysages ou nature morte ne sont ni nostalgiques ni passéistes : ils sont les vecteurs de l expression de son sentiment d appartenance au monde. La peinture lui sert à énoncer l étrangeté de ce sentiment allant de la plus intime adhésion au plus profond dépaysement. Cette insistance l écarte de tout régionalisme : il ne peint pas ce qu il voit mais ce qu il ressent. Sa longue fréquentation de l abstraction - du post-cubisme à la non-figuration - l a conduit vers cette synthèse. Dés lors, il s est appuyé sur les archétypes afin de mieux s approcher de cette troublante évidence puisqu il est impossible de décrire une relation au monde toujours en devenir. Louttre.B s achemine vers une approche figurative qui lui permet d affirmer sa conception de la peinture : une interface de la perception du réel. Ses alliés sont la spontanéité et le plaisir à réinventer l usage des techniques et des matériaux. Il implante son œuvre dans une poétique du réel, la plongeant dans la peinture, là où il n y a que matière et couleur, afin de tordre le cou à l indicible. Il fait de la couleur l instrument de cette recherche. Il ne dessine pas. Les formes naissent de la couleur, des stries creusées dans la matière colorée qui laisse apparaître encore d autres couleurs, à l infini. Peinture, gravure, sculpture traduisent pour lui, et à jamais, un éternel retour à l éblouissement premier. Sa palette - terrienne ou solaire - ne respecte que la réminiscence de l émotion d avoir vu. Louttre.B n y est jamais allé par quatre chemins. Rigoureusement sincère sa peinture fraternise avec les recherches les plus contemporaines. Il s en dégage un fort sentiment d unité dans l ensemble de l œuvre de Louttre.B qui questionne l immuable, l intangible et la difficulté de les traduire. 1
De son adolescence vécue dans le Lot, Louttre.B - né en 1926 - garde une prédilection pour la nature. Le besoin de peindre survient très tôt, dans l atelier où il dialogue avec son père le peintre Roger Bissière. Son œuvre dans les années 1950, proche de l abstraction, trouve son identité propre dès le début des années 1960 avec une forme de figuration qu il décline et réactive par cycles, renouvelant en permanence son vocabulaire pictural. Remarquable par sa liberté, son indépendance et son inventivité, Louttre.B se joue des règles établies et s abandonne sereinement à l émoi, préférant la spontanéité à toute conceptualisation. Au début des années 1990, après un bref retour à la peinture à l huile, Louttre.B réintroduit le sable dans sa pratique picturale. Outre la matière, il donne à ce grain une profondeur en mélangeant sable et pigments, dans des compositions où le paysage laisse place à des formes toujours en phase avec une nature rêvée. L exposition «Pages de Sable» au Centre d art contemporain de Mont-de-Marsan (1991) illustre cette évolution qui prend tout son sens lors de la rétrospective organisée en 1996 par la Maison des Arts Georges Pompidou à Cajarc. Ce succèdent alors des séries comme «Campagnes de l An II» (2001) ou «Les Licornes» (2003) dans lesquelles la figure ne semble plus être qu un prétexte à la superposition de plans colorés. Cette dernière série est présentée largement lors de l exposition de 2003 au musée de Sens à qui, dans le même temps, l artiste fait donation de 458 de ses gravures, couvrant la période de 1983 à 2003. Parallèlement, il diversifie ses pratiques et multiplie les expériences. Sculptures monumentales et «fabriques» dans le Lot, commandes publiques, expérimentation de la porcelaine à la Manufacture de Sèvres, gravures sur bois en taille douce, livres d artiste. Depuis 2009, Louttre.B expose dans les galeries Bernard Ceysson à Paris et au Luxembourg, des peintures où le grand format lui permet de déconstruire les éléments formels du paysage en de violents assemblages de couleurs. L'exposition au musée de Cahors Henri Martin s organisera de façon chronologique, avec les tableaux à l huile (1992-1994), puis l'utilisation du sable mélangé au pigment (1995-2005) et enfin l'explosion des couleurs et des formes qui accompagnent le retour à l'acrylique dans les œuvres récentes. Les autres salles aborderont l'œuvre d'une façon plus thématique notamment à travers l'exploration de la forme de l'arbre et la mise en évidence du traitement de la couleur par la juxtaposition violente des plans ou leur dissolution. Un livre est édité à l occasion des expositions de Louttre.B au musée de Cahors Henri Martin (15 juin 1 er octobre 2012) et à la Galerie Bernard Ceysson à Paris (5 avril - 26 mai 2012), Texte critique de Bernard Ceysson, 96 pages, reproductions couleur. 2
Biographie : Né le 15 juillet 1926 à Paris Louttre.B est un peintre français reconnu pour l utilisation d une palette haute en couleur et toujours renouvelée. Également apprécié comme graveur, il imprime en couleurs ses gravures sur bois, s étant rapidement affranchi des pratiques traditionnelles. Sculpteur, il ponctue son parcours de diverses réalisations, surtout à Boissierette, lieu emblématique de son œuvre. Louttre.B passe son enfance à Paris dans une ambiance artistique qui modèle son esprit. Roger Bissière, son père, participe activement à la vie artistique de l époque, notamment en étant une figure de l académie Ranson, et côtoie Georges Braque, Henri Laurens, Louis Latapie et Amédée Ozenfant autour du square Montsouris où, ils se sont tous installé à la fin des années 1920. En 1938, les Bissière quittent définitivement Paris pour s installer à Boissierette, près de Cahors (Lot), où ils vont vivre au plus près de la nature. Au cours de la Guerre, nombre d amis artistes viennent leur rendre visite, parfois se réfugient auprès d eux réfugient, alors que Roger a cessé de peindre et que Louttre s adonne à des travaux agricoles pour subsister. En 1944, démobilisé, il retrouve Boissierette et son père, qui se remet à peindre. S ouvre alors une période marquante pour Louttre.B au cours de laquelle les deux hommes sont inséparables, le père suivant son fils dans les travaux des champs ou de débardage de bois. En peinture, ils partagent le même atelier dans des recherches à quatre mains. En octobre, ils exposent ensemble pour la première fois à la galerie de France à Paris avec plusieurs de ses amis. En 1947,Louttre.B présente une œuvre au Salon de mai et s installe à Paris où il vit grâce à des travaux de peinture en bâtiment. Il côtoie peu le milieu artistique, se lie avec Nicolas de Staël, il revient très régulièrement à Boissierette. Sa démarche s inscrit alors dans des recherches abstraites dans lesquelles les rapports colorés sont sa principale préoccupation. À partir de 1955, Louttre.B expose régulièrement au Salon de mai, Salon des réalités nouvelles et Salon d octobre, et à dans les galeries Nina Dausset (1955), John Craven (1955), Pierre Loeb (1957), Jeanne Bucher (1959). En 1961, il est lauréat de la deuxième Biennale de Paris. Et en 1962 il présente sa première exposition personnelle à la galerie Jeanne Bucher présente qui sera reprise à la galerie Beyeler à Bâle, et accompagnée d un catalogue préfacé par Jacques Lassaigne. À ce moment, Louttre.B éprouve le besoin de faire évoluer sa manière. Il assombrit sa palette et réintroduit des figures sommaires dans ses toiles. Dans le même temps, il découvre, avec Marcel Fiorini, la gravure sur bois de fil où toutes les couleurs sont ancrées sur une seule plaque de bois contrairement à la gravure sur cuivre qui demande un passage en presse par couleur. Il en résulte des tirages lumineux, dont chaque épreuve est différente. En octobre 1962, à la mort de Mousse, sa mère, il revient s installer à Boissierette auprès de son père qui décède deux ans plus tard (décembre 1964). Louttre.B cesse alors de peindre durant près de deux ans et investit un bois proche de la maison familiale où il installe un groupe de sculptures monumentales en béton dont les figures rappellent celles de ses derniers tableaux. Dans le même intervalle, il restaure la chapelle de Boissierette : il recouvre le sol d une mosaïque de galets, peint le plafond, réalise des vitraux et installe une tapisserie composée de fils de laine brodés derrière l autel en béton sculpté. 3
L Insolente nécessité de la peinture De retour d un séjour au Portugal, Louttre.B reprend la peinture et introduit du sable dans ses toiles. La figuration s affirme, tout en restant allusive, la couleur se simplifie. Mais c est par la gravure qu il diffuse son travail, notamment en étant lauréat de plusieurs biennales internationales (Tokyo et Grenchen en 1967, Épinal en 1971), ce qui l amènera à expérimenter le tirage de très grandes planches (200 x 300 cm) qu il exposera à la galerie Jeanne Bucher en 1970. A partir de 1968, sa vie se partagera dès lors entre Paris et Boissierette. Bientôt, Louttre.B entreprend le cycle des Enseignes dans lequel il fait ouvertement référence à l art populaire comme un clin d œil à André Breton, il monte un stand de gaufres au Salon des réalités nouvelles (1972). Il réalise des jeux de cartes (Le Tarot des familles, 1976) et installe ses Girouettes à Boissierette (1978). À partir de 1976, Louttre.B peint à l acrylique des tableaux de format carré sur lesquels l application de jus successifs, souvent poncés, donne un caractère lisse et transparent. Des paysages à peine suggérés, encadrés dans la couleur, accentuent la nature intemporelle de ses peintures. Seuls les titres en forme de calembour semblant rétablir un lien avec la réalité. Dès lors, Louttre.B présente régulièrement son travail dans plusieurs galeries parisiennes, chez Fabien Boulakia en 1979 avec un catalogue préfacé par François Mathey, et au Le Troisième Œil (Bordeaux et Paris) depuis 1988. En 1983, Louttre.B fête ses vingt ans de gravure avec la parution d un livre qui répertorie les quelque 442 planches réalisées depuis ses débuts. Dans le même temps sa peinture évolue. Toujours au format carré, les tableaux, hauts en couleur, sont formés de plans imbriqués liés par un réseau de hachures. Au début des années 1990, dans la Villa Dominique une ruine en contrebas de Boissierette, Louttre.B réalise une mosaïque, un vitrail et une fresque et installe plusieurs sculptures en béton. Après un bref retour à la peinture à l huile, Louttre.B réintroduit le sable dans sa pratique picturale. Outre la matière, il donne à ce grain une profondeur en le mélangeant à des pigments, dans des compositions où le paysage laisse place à des formes toujours en phase avec une nature rêvée. Se succèdent ensuite des séries de tableaux comme Campagnes de l an II (2001) ou Les Licornes (2003). Depuis 2009, des peintures où le grand format lui permet de déconstruire les éléments formels du paysage en de violents assemblages de couleurs. Louttre.B est mort le 6 avril 2012 à Paris. 4
Informations pratiques Exposition du 15 juin au 1 er octobre 2012 Rencontre avec les enseignants, mercredi 13 juin 2012 à 14 h 30. Table-ronde : Figures de l artiste aujourd hui, le peintre 15 septembre après-midi. Visites guidées le lundi aprés-midi à 14h du 30 juillet au 3 septembre inclus. Journées européennes du patrimoine. Visite commentée de Boissierette (Marminiac), maison natale de l artiste, des sculptures monumentales, de l église, le dimanche 16 septembre 2012. Ateliers d arts plastiques pour les enfants du jeudi 2 août au jeudi 30 août inclus de 10h30 à 12h. Contact réservation Sabine Maggiani 05 65 20 88 68 www.mairie-cahors.fr Le musée de Cahors Henri-Martin est ouvert tous les jours de 11h à 18h, le dimanche et jours fériés de 14h à 18h. Fermé le mardi 792, rue Emile Zola - 46000 Cahors Tél : 05 65 20 88 66 Mail : musee@mairie-cahors.fr TARIFS : 3, tarif réduit 1,50 Gratuité selon critères et moins de 18 ans Gratuit le 1 er dimanche du mois Contact presse Claude Postel - 06 70 71 78 78 claudepostel@wanadoo.fr 5
Photos disponibles Haute définition jointe. Légende de la photo : Le Pré carré / 2010 acrylique sur toile, 100 x 100 Jean-Louis Losi Le Merle enchanteur / 2011 Acrylique sur toile, 163 X 130 cm L Arrivée des bleus / 2011 Acrylique sur toile, 150 X 150 cm Le Retour de la colombe / 2011 Sable sur toile, 150 X 150 cm Le Pré carré / 2010 acrylique sur toile, 100 x 100 6