Antenne Clinique de Genève



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Transcription:

Antenne Clinique de janvier 2012 à décembre 2012 Dans le cadre de l Institut du Champ Freudien sous les auspices du Département de Psychanalyse de l Université Paris VIII

Introduction Nulle part au monde il n y a de diplôme de psychanalyste. Et non pas par hasard, ou par inadvertance, mais pour des raisons qui tiennent à l essence de ce qu est la psychanalyse. On ne voit pas ce que serait l épreuve de capacité qui déciderait du psychanalyste, alors que l exercice de la psychanalyse est d ordre privé, réservé à la confidence que fait le patient à un analyste du plus intime de sa cogitation. Admettons que l analyste y réponde par une opération, qui est l interprétation, et qui porte sur ce que l on appelle l inconscient. Cette opération ne pourrait-elle faire la matière de l épreuve? d autant que l interprétation n est pas l apanage de la psychanalyse, que toute critique des textes, des documents, des inscriptions, l emploie aussi bien. Mais l inconscient freudien n est constitué que dans la relation de parole que j ai dite, ne peut être homologué en dehors d elle, et l interprétation psychanalytique n est pas probante en ellemême, mais par les effets, imprévisibles, qu elle suscite chez celui qui la reçoit, et dans le cadre decette relation même. On n en sort pas. Il en résulte que c est l analysant qui, seul, devrait être reçu pour attester la capacité de l analyste, si son témoignage n était faussé par l effet de transfert, qui s installe aisément d emblée. Cela fait déjà voir que le seul témoignage recevable, le seul à donner quelque assurance concernant le travail qui s est fait, serait celui d un analysant après transfert, mais qui voudrait encore servir la cause de la psychanalyse. Ce que je désigne là comme le témoignage de l analysant est le nucleus de l enseignement de la psychanalyse, pour autant que celui-ci réponde à la question de savoir ce qui peut se transmettre au public d une expérience essentiellement privée. Ce témoignage, Jacques Lacan l a établi, sous le nom de la passe (1967); à cet enseignement, il a donné son idéal, le mathème 1 (1974). De l une à l autre, il y a toute une gradation : le témoignage de la passe, encore tout grevé de la particularité du sujet, est confiné à un cercle restreint, interne au groupe analytique; l enseignement du mathème, qui doit être démonstratif, est pour tous et c est là que la psychanalyse rencontre l Université. L expérience se poursuit en France, à Paris, depuis quatorze ans. Elle est à l origine de la création de plusieurs Sections cliniques en France et en Europe. Il me faut dire clairement ce que cet enseignement est, et ce qu il n est pas. Il est universitaire; il est systématique et gradué; il est dispensé par des responsables qualifiés; il est sanctionné par des diplômes. Il n est pas habilitant quant à l exercice de la psychanalyse. L impératif formulé par Freud qu un analyste soit analysé, a été non seulement confirmé par Lacan, mais radicalisé par la thèse selon laquelle une analyse n a pas d autre fin que la production d un analyste. La transgression de cette éthique se paie cher et à tous les coups, du côté de celui qui la commet. 2

Que ce soit à Paris, à Bruxelles ou à Barcelone, que ses modalités soient étatiques ou privées, il est d orientation lacanienne. Ceux qui le reçoivent sont définis comme des participants : ce terme est préféré à celui d étudiant, pour souligner le haut degré d initiative qui leur est donné le travail à fournir ne leur sera pas extorqué : il dépend d eux; il sera guidé, et évalué. nous procéderons pas à pas. Jacques-Alain Miller, 15 août 1988. 1- Du grec mathema, ce qui s apprend. Il n y a pas de paradoxe à poser que les exigences les plus strictes portent sur ceux qui s essayent à une fonction enseignante dans le Champ freudien sans précédent dans son genre: puisque le savoir, s il prend son autorité de sa cohérence, ne trouve sa vérité que dans l inconscient, c est-à-dire d un savoir où il n y a personne pour dire «je sais», ce qui se traduit par ceci, qu on ne dispense un enseignement qu à condition de le soutenir d une élaboration inédite, si modeste soit-elle. On commence, en Espagne comme en Belgique, par la partie clinique de cet enseignement. La clinique n est pas une science, c est-à-dire un savoir qui se démontre; c est un savoir empirique, inséparable de l histoire des idées. En l enseignant, nous ne faisons pas que suppléer aux défaillances d une psychiatrie à qui le progrès de la chimie fait souvent négliger son trésor classique; nous y introduisons aussi un élément de certitude (le mathème de l Hystérie). Les présentations de malades viendront demain étoffer cet enseignement. Le domaine dit en France des études approfondies, et dont le ressort est la rédaction d une thèse de doctorat, s ajoutera plus tard. Conformément à ce qui fut jadis sous la direction de Lacan, 3

Organisation L Antenne Clinique de s inscrit dans le cadre de l Institut du Champ Freudien, sous les auspices du Département de Psychanalyse de l Université de Paris VIII (Jacques-Alain Miller) coordinateur trésorier et secrétaire enseignants sessions journée d étude admission demande prix François Ansermet Marc-Antoine Antille (maantille@hotmail.com) François Ansermet, Lausanne / Jacques Borie, Lyon / Daisy de Avila Seidl, Lausanne / Philippe Lacadée, Bordeaux / Juan-Pablo Lucchelli, Paris 9 sessions de 4 heures, les lundis de 14h00 à 18h00, 30 janvier, 2 avril, 30 avril, 14 mai, 11 juin, 10 septembre, 1 er octobre, 5 novembre, 3 décembre journée d étude de l Antenne Clinique de 1 er décembre 2012, de 9h00 à 17h00 «Incidences de la science sur la clinique psychanalytique» sur dossier et entretien préalable Au-delà de tout critère administratif, les admissions sont prononcées au un par un après un entretien du candidat avec le coordinateur ou un enseignant qu il désigne. D une manière générale, l Antenne Clinique de s adresse à des psychiatres, psychologues, psychothérapeutes en formation, des soignants ou des intervenants du réseau de la santé mentale, ainsi qu à des analysants qui décident d orienter leur pratique à partir de la psychanalyse. à adresser avec lettre de motivation et curriculum vitae à François Ansermet, SPEA, Crêts de Champel 41, 1206 1000 Frs par participant 500 Frs pour les membres de l ASREEP - NLS 4

Programme Le travail est centré sur la clinique, à partir des présentations de patients, d élaborations basées sur la pratique des participants et d exposés théoriques sur le Séminaire XI de Jacques Lacan: «Les quatres concepts fondamentaux de la psychanalyse». 14h00 16h00 Présentation de patient Les présentations seront assumées par le coordinateur et les enseignants invités. Les patients sont des enfants ou des adolescents du service de psyhchiatrie d enfants et d adolescents des HUG, (Prof. François Ansermet). 16h00 17h00 Présentations théoriques Poursuite de la lecture du Séminaire XI de Lacan «Les quatres concepts fondamentaux de la psychanalyse». Chaque chapitre sera l occasion d une discussion à partir de questions issues de la présentation de patient et de l élaboration de la pratique. 17h00 18h00 Elaborations de la pratique Leur but est de permettre à chaque participant de présenter sur dossier un cas de sa pratique, individuelle ou institutionnelle, à partir d un texte préparé à l avance avec l un des enseignants de l Antenne Clinique de. Ce texte, préalablement distribué à l ensemble des participants, est discuté par l enseignant en charge de la session du jour. Ces présentations ont pour visée : - d offrir un repérage structural, fidèle aux énoncés du patient concerné - de s attacher à la construction d un cas en vue de sa transmission - de discuter l implication des cliniciens dans la situation présentée - de permettre l élaboration de questions théoriques et cliniques en rapport avec la lecture du Séminaire XI Journée d étude de l Antenne Clinique de Le 1 er décembre 2012 une journée d étude ponctuera les travaux de l Antenne Clinique de à partir d interventions de participants à l Antenne en présence de Miguel Bassols, psychanalyste à Barcelone, membre de l AMP. 5

Antenne Clinique de Date Lieu * Enseignement 14h00 à 18h00 30 janvier 2012 François Ansermet 2 avril 2012 Juan-Pablo Lucchelli 30 avril 2012 Daisy De Avila Seidl 14 mai 2012 Jacques Borie 1 >>> 11 juin 2012 Juan-Pablo Lucchelli 2 >>> 10 septembre 2012 Marie-Hélène Brousse 3 >>> 1 octobre 2012 Philippe Lacadée 4 >>> 5 novembre 2012 Daisy De Avila Seidl 1 er décembre 2012 Journée d étude 3 décembre 2012 François Ansermet * ** Le lieu exact sera celui de la présentation du patient qui sera communiqué la semaine qui précède la séance de l Antenne Clinique, en fonction de la provenance du patient, en même temps que le texte pour l élaboration de la pratique et les indications pour la lecture théorique. Nouvel auditoire de l Hôpital des Enfants à Accès par l Avenue de la Roseraie 45 Escalier extérieur, 2ème étage 6

Conférences ** 18h30, Hôpital des Enfants, 1 >>> 14 mai 2012 Conférence de Jacques Borie, enseignant à l'antenne Clinique de, coordinateur de la Section clinique de Lyon, psychanalyste à Lyon, membre de l'ecole de la Cause Freudienne, de la NLS et de l AMP, autour de la sortie de son livre " Le psychotique et le psychanalyste", éditions Michèle, Paris, 2012. 2 >>> 11 juin 2012 Conférence de Juan-Pablo Lucchelli, membre de l Ecole de la cause freudienne, de la NLS et de l AMP, enseignant à l Antenne Clinique de, «Amour et changement de discours» autour de la sortie de son livre «Le malentendu des sexes - Freud, Lacan et l amour», PUR, 2011. 3 >>> 10 septembre 2012 Conférence de Marie-Hélène Brousse, Psychanalyste à Paris, AME, membre de l ECF, de la NLS et de l AMP, Maître de conférences au Département de psychanalyse de l Université de Paris 8, coresponsable de l Atelier de psychanalyse appliquée, enseignante à la Section clinique de Paris- Île-de-France, enseignante invitée à l Antenne Clinique de, «Les avatars de l objet dans le champ du visible.» 4 >>> 1er octobre 2012 Conférence de Philippe Lacadée, Psychanalyste à Bordeaux, AME, membre de l Ecole de la Cause Freudienne, de la NLS et de l AMP, enseignant à la Section clinique de Bordeaux, enseignant à l Antenne Clinique de, à partir de son livre «Robert Walser, le promeneur ironique. Enseignements psychanalytiques de l écriture d un roman du réel», éditions Cécile Defaut. Journée d étude ** 9h00-17h00, Hôpital des Enfants, Incidences de la science sur la clinique psychanalytique Avec la participation de Miguel Bassols, psychanalyste à Barcelone, membre de l AMP, responsable d enseignement à la section de Barcelone. 7

La présentation de malades La présentation de malades a été au principe même de la formation, depuis le milieu du 19ème siècle, de générations successives de psychiatres et d infirmiers, puis plus tard de psychologues et de psychanalystes, mais aussi de travailleurs sociaux, bref, de tous ceux que leur fonction destinait à soigner à l hôpital, comme à accompagner hors de l hôpital les malades mentaux. Comment perdre de vue que l essentiel du savoir clinique ordinaire que chacun invoque, les noms des pathologies, leurs signes, leurs chances ou leurs risques, a été élaboré en réunion, dans une discussion comprenant ceux qui, bien qu y assistant silencieusement, évaluaient et jugeaient, tant le patient que ce qui se disait sur le patient? De tout cela, trace est gardée dans toute la littérature scientifique : c est l essence même de la clinique. La «présentation de malades» est donc une pratique psychiatrique très ancienne et très chère, particulièrement à l école française. Traditionnellement, cette activité appartenait au strict champ psychiatrique, mais depuis les années 70 elle était devenue un instrument du travail psychothérapique à l hôpital, mais aussi de formation des psychanalystes dans le cadre des Antennes et des Sections cliniques créées sous les auspices du Département de psychanalyse de Paris VIII. Dans le moment actuel, notamment aux U.S.A., on peut constater un certain déclin de la méthode clinique, dans une psychiatrie qui vise plus une définition de la maladie mentale à partir de l application d une série d échelles qu une référence formelle à la singularité du cas. Au point même qu un auteur comme Nancy Andreassen 1 a pu dire qu il faudrait un «plan Marshall» inversé pour que les «Européens» apprennent aux Américains ce que c est la clinique, le diagnostic, etc. Nous sommes conscients d avoir une bonne mémoire, de ne pas oublier cette clinique, mais toute mémoire doit se maintenir actualisée pour être efficace. Nous sommes conscients aussi que le «plan Marshall» ne concerne pas que les U.S.A., car il y a aussi en Europe une perte de référence à la clinique, tant dans la formation que dans la recherche et dans la pratique, qui se trouvent de plus en plus réduites autour d une nosologie limitée à des constellations syndromiques d items co-occurents, propres aux classifications a- théoriques contemporaines. A l heure actuelle, le Programme d Etudes cliniques de Lausanne, lancé à l initiative de Jacques-Alain MIller dans le cadre de l Institut du Champ Freudien et sous les auspices du Département de Psychanalyse de l Université de Paris VIII, participe du projet général concrétisé en France et dans d autres pays du monde2 depuis plusieurs années, de maintenir vivante la clinique psychanalytique qui se trouve de plus en plus effacée de la psychiatrie actuelle et du champ de la santé mentale. Il ne s agit pas donc d une question d Ecole, mais bien plutôt du soucis de soutenir un type d approche thérapeutique qui reste tout à fait légitime pour la compréhension de la maladie mentale. La démarche est la suivante. Une équipe soignante propose à un psychanalyste de présenter un patient. Qu attendre de cette rencontre? Pour le patient, c est une occasion de venir témoigner de ce qui, pour lui, est «impossible à supporter». Pour l équipe soignante, des éclairages nouveaux peuvent être apportés sur certaines butées que rencontre la prise en charge. De même, 8

des questions concernant les modalités de la stratégie thérapeutique sont soulevées. Pour les participants à l Antenne Clinique de, il s agit de se faire enseigner par les propos du patient à partir des inventions qu il propose et pas seulement dans une perspective de vérification, tout en cherchant cependant à repérer au plus près la structure clinique et le diagnostic. 1- Andreassen, N., Editorial, Am J Psychiatry 155 : 1657-1659, December 1998. 2- D autres Antennes et Sections Cliniques existent déjà dans le monde : Paris, Bordeaux, Marseille, Bruxelles, Buenos Aires, Tel-Aviv, Bruxelles, Athènes, etc. 9

Programme de l année 2012: «Les quatres concepts fondamentaux de la psychanalyse» L inconscient, la répétition, le transfert, la pulsion: tels sont les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse que développe Lacan dans ce séminaire, onzième de la série, qui marque un tournant dans son œuvre. Après une unique séance de son séminaire «inexistant», Les Noms- du Père, il change de cap: ce séminaire peut être vu comme un point charnière dans son retour à Freud, passant des voies du signifiant, parcourues jusque-là, à une orientation à partir du réel qu il suivra désormais. Ce changement de perspective théorique, qui marque le début d une nouvelle élaboration lacanienne, s accompagne aussi d un changement institutionnel: dans un climat de rupture radical, Lacan fonde cette même année son École, l EFP. C est ce qui l amène peut-être à tout revisiter de la psychanalyse, jusqu à se demander dès la première leçon de ce nouveau séminaire, ce qu est finalement la psychanalyse : «Que concernent les formules dans la psychanalyse? Y a-t-il des concepts psychanalytiques d ores et déjà formés? Le maintien presque religieux de termes avancés par Freud pour structurer l expérience analytique, à quoi se rapporte-t-il? S agit-il d un fait très surprenant dans l histoire des sciences que Freud serait le premier, et serait resté seul, dans cette science supposée, à avoir introduit des concepts fondamentaux? Sans ce tronc, ce mât, ce pilotis, où amarrer notre pratique? Sont-ils des concepts en évolution, en mouvement, à réviser?». (1) C est ainsi que dans une élaboration permanente, il débute le cheminement de ce Séminaire qui vise à restituer le tranchant des concepts issus de Freud, tout en les réinterrogeant, en particulier à partir de la façon dont ils opèrent dans la pratique de la psychanalyse. Ce qui l amène à leur ajouter deux autres concepts qui cette fois lui sont propres: le sujet et le réel. Ce qui ne l empêchera pas de les remettre aussi en jeu dans ce Séminaire de façon nouvelle et précisément dans leur relation aux quatre premiers élaborés par Freud. Dans le temps théorique du PECL, on se propose de partir d une question spécifique de Lacan au début de ce Séminaire: «Les deux autres termes inscrits sur le tableau au bout de la ligne, Le sujet et le Réel, c est par rapport à eux que nous serons amenés à donner forme à la question posée la dernière fois-la psychanalyse, sous ses aspects paradoxaux, singuliers, aporiques, peut-elle, parmi nous, être considérée comme constituant une science, un espoir de science?». (2) C est cette interrogation qu il s agira à notre tour de revisiter, à la fois à partir de Freud et de Lacan, en examinant comment Lacan a lu Freud dans ce Séminaire, et en pratiquant d une certaine manière une lecture croisée, en appliquant réciproquement Lacan à Freud et Freud à Lacan, et d en mesurer l enseignement aujourd hui pour la pratique de la psychanalyse. (1) Lacan J. Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (1964), Le Séminaire, Livre XI, Seuil, Paris, 1973, p. 15 (2) Ibid, p. 23 10

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Antenne Clinique de L Antenne clinique de est gérée par l association UFORCA- rattachée en France à UFORCA pour l UPJL (Union pour la Formation Continue en Clinique Analytique pour l Université Populaire Jacques Lacan) Coordinateur: Professeur François Ansermet Rue Verte 2 CH - 1205 téléphone 0041 22 382 89 55 francois.ansermet@hcuge.ch