ROLES ET USAGES DES RESEAUX SOCIAUX PAR LES ETUDIANTS TUNISIENS DURANT LA REVOLUTION RAPPORT



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Transcription:

SEPTEMBRE 2014 ROLES ET USAGES DES RESEAUX SOCIAUX PAR LES ETUDIANTS TUNISIENS DURANT LA REVOLUTION RAPPORT 1 BRISSOT ALEX FACULTE DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES Tunis

Table des matières Introduction...4 Présentation de l enquête...5 Caractéristiques des jeunes Tunisiens...5 Deux méthodes de collecte...5 Présentation de l échantillon...7 Surreprésentation féminine et des 20-24 ans...7 Une majorité en Lettres & Sciences Humaines et en Licence...7 Les étudiants qui travaillent sont peu nombreux...8 Les femmes plus présentes dans le milieu associatif et syndical, les hommes dans le milieu politique...8 Les étudiants tunisiens et internet... 10 Matériel informatique et connectivité... 10 Près de deux ordinateurs par ménage tunisien... 10 Un accès aux réseaux sociaux généralisé grâce aux nouvelles technologies... 11 Utilisation des réseaux sociaux chez les étudiants... 12 Les réseaux sociaux... 12 La moitié des étudiants maitrisent bien les réseaux sociaux... 12 Les réseaux sociaux, plateformes d expression libre, permettant une transmission rapide des informations entre ses utilisateurs... 13 En contrepartie, l information peut être facilement manipulée et des risques liés à la sécurité sont importants... 13 Les étudiants sont présents sur ces plateformes depuis de nombreuses années... 14 L utilisation des plateformes sociales s est fortement intensifiée pendant la révolution... 15 De nombreuses raisons liées à la révolution dans l utilisation des réseaux sociaux par les étudiants... 16 Les réseaux sociaux facilitent l accès aux informations alternatives... 17 Les réseaux sociaux ont permis aux étudiants de partager des informations sur la révolution.. 18 Facebook... 19 Pratiquement tous les étudiants ont un compte Facebook... 19 Facebook, une plateforme sociale simple et populaire... 19 Les étudiants tunisiens ont un cercle de connaissances important... 20 Des pratiques diverses et variées... 20 De nombreux étudiants ont commenté des posts relatant la révolution... 21 2

Twitter... 22 Une proportion moins importante d étudiants inscrits sur cette plateforme... 22 Twitter permet d avoir un suivi rapide et réactif de l information... 23 Forte utilisation de Twitter pour commenter des événements ou partager des informations... 23 Un cercle de contacts moins important... 23 Autres réseaux sociaux... 24 Les blogs, peu utilisés par les étudiants durant la révolution... 24 De nombreux étudiants ont regardé des vidéos en lien avec la révolution... 24 Le partage de vidéos est très utilisé... 25 La «Révolution de jasmin»... 26 Les sources d information durant la contestation... 26 La crédibilité des médias fortement remise en cause... 26 De nombreux médias utilisés afin de se tenir au courant... 26 La télévision, suivie des réseaux sociaux, sont les sources d information lors d événements importants... 28 Participation aux différentes manifestations et rassemblements durant la contestation... 28 L après révolution... 30 Forte influence des réseaux sociaux sur la révolution... 30 La crédibilité des médias traditionnels n a pas augmenté après la révolution... 30 La moitié des étudiants ont participé à des manifestations depuis la révolution pour un tiers des étudiantes... 31 Les motifs d utilisation des réseaux sociaux ont aujourd hui changé... 32 La fréquence d utilisation des réseaux sociaux est restée la même mais l intensivité a baissé... 32 Deux fois plus d étudiants utilisent les réseaux sociaux pour dénoncer les inégalités... 33 Les réseaux sociaux, fortement utilisés pour se tenir au courant de l actualité... 34 Les atouts déclarés des plateformes sociales changent... 34 Les mêmes sujets commentés sur Facebook et dans des proportions semblables... 35 Les vidéos en relation avec la révolution ne sont plus les plus regardées... 36 Conclusion... 37 3

Introduction Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes, dont la marchandise avait été confisquée par les autorités tunisiennes, s immole par le feu devant le siège du gouvernorat à Sidi Bouzid. Cet acte marquera le début de la révolution tunisienne, également appelée «Révolution de Jasmin» ou «Révolution de la dignité», et aboutira au départ du président de la République de Tunisie Zine el-abidine Ben Ali le 14 janvier 2011. Les manifestations débutent dès le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid et s étendent par la suite à l ensemble du pays. Bien que considérée comme une révolution non violente, les manifestations et sit-in seront fortement réprimés pendant toute la durée de la contestation et feront plusieurs centaines de victimes, 338 morts et 2174 blessés selon un bilan officiel du gouvernement. Ces manifestations sont menées en protestation contre le chômage qui touche une forte proportion de la jeunesse, dont les jeunes diplômés en grand nombre, et contre la corruption et la répression policière. Avant cette révolution, la censure d internet est très importante en Tunisie. En effet, le gouvernement a mis en place un nombre important de lois, de régulations et de systèmes de surveillance pour avoir un contrôle d internet. A cela s ajoute un filtrage du contenu du web dans les domaines touchant la politique et le social principalement. Par exemple, les sites internet de partage de vidéo que sont Youtube et Dailymotion sont bloqués et la plateforme sociale Facebook a été temporairement inaccessible entre août et septembre 2008. Cette censure prendra fin à la fin de la révolution. Cette enquête s intéresse aux liens qui peuvent exister entre la révolution tunisienne et les réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes étudiants tunisiens et les chômeurs diplômés. L enquête est composée de plusieurs volets : d un volet qui porte sur l accès aux réseaux sociaux, un autre volet porte sur l utilisation des réseaux sociaux en général, des parties portant sur les deux plus grandes plateformes sociales que sont Facebook et Twitter ainsi que sur les blogs et les vidéos et enfin des volets sur les rapports des étudiants avec les médias «traditionnels», c'est-à-dire la télévision, la radio, la presse ainsi que sur la participation des étudiants aux différentes manifestations durant la révolution. Cette enquête tente de mesurer l impact et le rôle qu ont joué les réseaux sociaux dans la révolution en s intéressant aux habitudes et utilisations des plateformes sociales par les étudiants à la fois avant, pendant et après la révolution. 4

Présentation de l enquête Lors de la mise en place de l enquête, des quotas ont été mis en place afin de respecter les caractéristiques des étudiants tunisiens ciblés : il s agit de se conformer à la répartition par sexe et âge de l ensemble des étudiants tunisiens Tableau 1 : Caractéristiques des moins de 30 ans en Tunisie Effectifs Répartition par âge Pourcentage 18-19 380 422 15,68% 20-24 1 041 941 42,95% 25-29 1 003 561 41,37% 2 425 924 100,00% Répartition par genre Masculin 1 218 200 50,22% Féminin 1 207 724 49,78% 2 425 924 100,00% Fréquentation scolaire ou formation actuellement Oui 703 949 29,02% Non 1 721 553 70,96% Manquant 421 0,02% 2 425 923 100,00% Niveau d'instruction Aucun 105 189 4,34% Primaire 522 940 21,56% Secondaire 1 257 911 51,85% Supérieur 538 568 22,20% Non déclaré 1 314 0,05% 2 425 922 100,00% Caractéristiques des jeunes Tunisiens Plus d un Tunisien sur cinq est âgé de moins de 30 ans. En effet, en 2010, les moins de 30 ans représentaient plus de 2,42 millions personnes alors que la population tunisienne s élevait à 10,55 millions d individus selon l Institut National de la Statistique de Tunisie, ce qui représente 22,9% de la population totale. Parmi ces Tunisiens de moins de 30 ans, la répartition entre les hommes et les femmes est égale. Près de 30% des Tunisiens de moins de 30 ans suivent actuellement une scolarité ou une formation. Enfin pour ce qui est du niveau d instruction, plus de la moitié des moins de 30 ans ont un niveau du secondaire tandis que plus d un sur cinq ont un niveau supérieur. Une proportion à peu près égale au nombre d individus ayant un niveau primaire. Enfin, moins de 5% des moins de 30 ans n ont jamais été scolarisés et n ont aucun niveau d instruction. Cette enquête se rapporte aux étudiants du cycle supérieur, qu ils soient actuellement en train de poursuivre leurs études ou qu il s agisse de chômeurs diplômés. De ce fait, afin de respecter les tableaux précédents, un tableau de quotas a été mis en place (voir tableau 2). Ces quotas s appliquent pour 200 enquêtés étudiants et chômeurs diplômés et la variable de contrôle est la CSP du père de l interviewé ou le niveau d instruction du père de l interviewé. De plus, les enquêteurs ont reçu la consigne d équilibrer l échantillon et le choix des jeunes à interroger afin qu il respecte les caractéristiques sociodémographiques de la population tunisienne. Deux méthodes de collecte A cette enquête sur support papier, s ajoute une enquête par internet. En effet, le questionnaire papier a été adapté sous deux formats électroniques, Google Doc et Quizmoo. Le questionnaire sous le format Google doc a été choisi car il permet d être tout à fait semblable au questionnaire papier, ce que n autorisait pas le questionnaire Quizmoo. Ce questionnaire a par la suite été transmis aux étudiants de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis à travers les pages 5

Facebook de l Université, l une officielle et l autre non-officielle, comportant respectivement plus de 9 000 et 26 000 membres. Le but de ce questionnaire en ligne était à la fois d étoffer l échantillon des enquêtés ainsi que de comparer les résultats obtenus entre les enquêtés par questionnaire papier et les enquêtés par questionnaire électronique. Pour ce faire, un nombre similaire de réponses en ligne était attendu. Cependant, ces quotas n ont pas été respectés par les étudiants en charge de faire passer le questionnaire. En effet, les 200 étudiants et chômeurs diplômés prévus au départ n ont pas été atteints. Seulement 94 questionnaires en format papier ont été récupérés et ceux-ci ne respectent pas les quotas définis précédemment. De plus, bien que le questionnaire en ligne ait été relayé de nombreuses fois sur les pages Facebook de l Université, le taux de réponse a été très faible. Seuls 17 étudiants ont rempli le questionnaire, ce qui ne permet pas de faire de comparaison entre les deux sortes de questionnaire. Au total, la base de données de l enquête ne contient que 111 réponses, un résultat faible ne permettant pas d être totalement significatif et représentatif de la population des étudiants et chômeurs diplômés de Tunis mais qui permet cependant de faire ressortir certaines tendances quant à l utilisation et au rôle des réseaux sociaux par les étudiants tunisiens durant la période de contestation. Tableau 2 : Quotas enquête Jeunes et réseaux sociaux 18-19 ans 20-24 ans 25-29 ans Hommes Femmes Lettres et Sciences Humaines 3 6 9 11 15 26 11 14 25 60 Médecine 1 2 3 3 6 9 3 5 8 20 Beaux-Arts, Architecture 1 2 3 3 6 9 3 5 8 20 Economie et gestion 2 4 6 7 10 17 7 10 17 40 Chômeurs diplômés 0 0 0 0 0 0 31 29 60 60 7 14 21 24 37 61 55 63 118 200 6

Présentation de l échantillon Tableau 3 : Caractéristiques de l échantillon (1) Répartition par genre Hommes 38,7% Femmes 61,3% 100,0% Répartition par âge 18-24 65,5% 47,6% 76,5% 25-30 34,5% 52,4% 23,5% Statut matrimonial Célibataire 91,8% 93,0% 91,0% Marié(e) 8,2% 7,0% 9,0% Filières Médecine 11,7% 14,0% 10,3% Lettres & SH 44,1% 51,2% 39,7% Eco & Gest. 20,7% 18,6% 22,1% Autres 23,4% 16,3% 27,9% Niveau d'études Licence 60,0% 47,2% 67,8% Master 40,0% 52,8% 32,2% Emploi Oui 22,4% 27,9% 18,8% Non 77,6% 72,1% 81,3% Niveau d'études des parents Aucun 8,3% 4,7% 10,6% Primaire 24,8% 23,3% 25,8% Collège 4,6% 0,0% 7,6% Lycée 22,0% 23,3% 21,2% Supérieur 40,4% 48,8% 34,8% Surreprésentation féminine et des 20-24 ans L échantillon est composé de 111 individus, 43 hommes et 68 femmes. Ces dernières représentent donc 61% des enquêtés pour 39% d hommes. Lors de la mise en place du questionnaire, trois groupes d âge étaient prévus : 18-19 ans, 20-24 ans et 25-29 ans. Cependant, seulement deux étudiants ayant entre 18-19 ans ont répondu à l enquête, ils ont donc été regroupés avec les 20-24 ans afin de disposer de groupes d âges exploitables. Après la fusion de ces deux groupes d individus, 66% des enquêtés ont moins de 24 ans tandis que 34% ont 25 ans ou plus. Les hommes se répartissent équitablement entre les deux tranches d âge (48% pour les 18-24 ans et 52% pour les 25-29 ans) tandis que les femmes sont trois fois plus nombreuses chez les 18-24 ans (76%) que chez les 25-29 ans (34%). Plus de 9 enquêtés sur 10 se déclarent célibataires. Les deux tiers des enquêtés qui se déclarent mariés sont des femmes et pratiquement la même proportion a plus de 25 ans. Une majorité en Lettres & Sciences Humaines et en Licence Parmi les différentes filières suivies par les étudiants, les filières de Lettres et Sciences Humaines sont les plus représentées. En effet, 44% des enquêtés suivent une filière de cette discipline, tandis que 21% sont dans une filière d Economie et de Gestion, 12% en Médecine et 23% suivent une scolarité dans une autre discipline. Cette répartition n est pas la même selon le sexe de l enquêté. Bien que les filières de Lettres et Sciences Humaines soient les plus représentées chez les hommes comme chez les femmes, les proportions ne sont pas les mêmes. Alors que plus de la moitié des femmes suivent une de ces filières, seulement 40% des hommes sont dans le même cas. De même, les femmes sont en proportion plus nombreuses à suivre une filière médicale que les hommes 7

(14% contre 10%). Les hommes quant à eux, sont plus nombreux en proportion à suivre d autres filières. Ainsi, 22% des hommes sont en Economie et Gestion pour 19% des femmes. Dans les autres filières toutes confondues la différence est encore plus marquée : 28% d hommes pour seulement 16% des femmes. Sur l ensemble des enquêtés, 60% suivaient une licence l année dernière et 40% un master. Chez les hommes, cette différence est légère : 47% suivent une licence tandis que 53% suivent un master. En revanche, elle est exacerbée chez les femmes : 68% d entre elles suivent une licence et seulement 32% un master. Un diplôme élevé chez les parents favorise des études supérieures La formation des parents a un impact fort sur la scolarité de leurs enfants. En effet, parmi tous ces élèves du supérieur, quatre sur dix ont au moins un parent diplômé du même niveau, soit une proportion bien supérieure à la proportion de diplômés du supérieur dans la population tunisienne. Un enquêté sur quatre a un parent possédant un niveau équivalent au niveau primaire, plus de deux sur dix un niveau équivalent au lycée et deux sur vingt un niveau collège. Enfin, un peu moins d un étudiant sur dix a des parents qui n ont pas été scolarisés. Les étudiants qui travaillent sont peu nombreux 22% des étudiants déclarent exercer une profession. Parmi les étudiants ayant un travail, ils sont plus nombreux à occuper une profession à mi-temps (54%) qu à plein temps (46%). Les étudiants masculins sont plus nombreux à déclarer exercer une profession que leurs homologues féminins. En effet, 28% d entre eux déclarent travailler alors que seulement 19% des femmes sont dans le même cas. Tableau 4 : Caractéristiques de l'échantillon (2) Profession Oui 22,4% 27,9% 18,8% Non 77,6% 72,1% 81,3% Membre d'une association Oui 17,9% 14,6% 20,0% Non 82,1% 85,4% 80,0% Militant ou sympathisant politique Oui 20,6% 27,9% 15,6% Non 79,4% 72,1% 84,4% Militant ou sympathisant syndicat Oui 36,5% 25,0% 50,0% Non 63,5% 75,0% 50,0% Les femmes plus présentes dans le milieu associatif et syndical, les hommes dans le milieu politique Une proportion semblable d enquêtés déclare être militant ou sympathisant d un parti politique, soit 21%. De la même façon que pour l occupation d une profession, les étudiants masculins sont plus nombreux à déclarer être militant ou sympathisant d un parti politique que les étudiants féminins, 28% pour les hommes et 16% pour les femmes. Moins d un étudiant sur cinq est membre d une association (18%). A l inverse du travail et du militantisme, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à adhérer à une association, 20% d entre elles sont membres d une association et seulement 15% des hommes le sont. 8

Enfin, les étudiants sont en proportion plus nombreux à se déclarer militant ou sympathisant d une organisation syndicale, de jeunes ou professionnelle. Plus d un tiers des enquêtés masculins le sont. Les femmes sont en proportion deux fois plus nombreuses à se déclarer militant ou sympathisant d une organisation syndicale, de jeunes ou professionnelle, soit une sur deux pour un homme sur quatre. Parmi les étudiants militants, plus de 60% déclarent adhérer à l UGET (l Union Générale des Etudiants de Tunisie) et un peu moins de 40% à l UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail). Cependant, près de la moitié des enquêtés n ont pas répondu à cette question, le taux de non réponse est donc très élevé. Du fait du faible échantillon disponible au départ, les statistiques de cette question peuvent ne pas être significatives. 9

Les étudiants tunisiens et internet Matériel informatique et connectivité L enquête s intéressant à l utilisation des réseaux sociaux des étudiants, il est donc important de mesurer la connectivité des étudiants et de leurs foyers. Près de deux ordinateurs par ménage tunisien Tableau 5 : Connectivité des étudiants Possède son propre ordinateur Oui 85,6% 93,0% 80,9% Non 14,4% 7,0% 19,1% Connexion internet dans le ménage Oui 90,8% 97,6% 86,6% Non 9,2% 2,4% 13,4% Accès aux réseaux sociaux Oui 89,1% 93,0% 86,6% Non 10,9% 7,0% 13,4% Graphique 1: Nombre d'ordinateurs par ménage Moyenne : 1,89 46,4 27,8 20,6 5,2 0% 20% 40% 60% 80% 100% Aujourd hui, les ménages tunisiens sont fortement reliés à internet et donc aux réseaux sociaux. Ainsi, 86% des enquêtés déclarent posséder leur propre ordinateur, les étudiants masculins étant plus nombreux à en posséder un que les étudiants féminins, 93% contre 81%. Parmi les foyers disposant d au moins un ordinateur, 46% d entre eux en ont un seul, 28% en possèdent deux, 21% en possèdent trois et 5% en possèdent quatre ou plus. La moyenne d ordinateur par ménage est de 1,89, soit pratiquement deux ordinateurs par ménage. Avoir un ordinateur n implique pas forcément une connectivité à internet, cependant plus de neuf ménages sur dix disposent d une connexion internet. Une fois de plus, la part des hommes déclarant avoir une connexion internet est plus importante que celle des femmes : pratiquement l ensemble des hommes -98%- pour 87% des femmes. Ainsi, du fait de cette connectivité très importante, pratiquement neuf étudiants sur dix déclarent avoir accès aux réseaux sociaux. Cette part est plus importante chez les hommes que chez les femmes, respectivement de 93% et 87%. 1 2 3 4 et plus 10

71,0% 63,6% 75,0% 46,8% 59,1% 40,0% Un accès aux réseaux sociaux généralisé grâce aux nouvelles technologies Tableau 6 : Téléphonie mobile chez les étudiants Possède un smartphone Oui 37,6% 38,1% 37,3% Non 62,4% 61,9% 62,7% Utilise son téléphone pour accéder aux réseaux sociaux Oui 65,5% 62,8% 67,2% Non 34,5% 37,2% 32,8% La connexion internet n est plus, aujourd hui, le seul moyen de se connecter aux réseaux sociaux. En effet, avec le développement rapide de la connexion 3G 1 ainsi qu à l accroissement rapide de la possession de smartphone, les individus ont accès aux réseaux sociaux en tout lieu et en toute circonstance. Ainsi, près des deux tiers des étudiants tunisiens déclarent utiliser leur téléphone pour accéder aux réseaux sociaux en ligne. Cette proportion est plus importante que la part des étudiants possédant un smartphone. Ces derniers représentent 38% des enquêtés. Les étudiantes sont plus nombreuses à utiliser leur téléphone pour accéder aux réseaux sociaux : 67% d entreelles, soit plus de quatre points de plus que les étudiants -63%-. La part des étudiants possédant un smartphone est quant à elle pratiquement égale entre les étudiants masculins et féminins, respectivement de 38% et 37%. Les smartphones ne sont pas les seuls téléphones portables permettant de se connecter aux réseaux sociaux. C est pourquoi, la part des étudiants utilisant leur téléphone portable pour se connecter aux réseaux sociaux est plus élevée que la part des étudiants déclarant avoir un smartphone. Parmi les étudiants ayant accès à la connexion 3G sur leur téléphone, plus de sept sur dix trouvent que cette connexion facilite l accès aux réseaux sociaux, un peu moins de la moitié trouve que cela facilite la circulation instantanée des vidéos et des informations, 8% trouvent un autre avantage à ce mode de connexion. Les femmes sont plus nombreuses à trouver que la 3G facilite l accès aux réseaux sociaux que les hommes, respectivement 75% et 64%. A l inverse, les étudiants sont plus nombreux à trouver que la 3G facilite la circulation instantanée des vidéos et des informations. Alors que six étudiants masculins sur dix sont dans ce cas-là, seulement quatre étudiants féminins sur dix le sont. Enfin, les hommes sont pratiquement trois fois plus nombreux que les femmes à trouver une autre utilité à la connexion 3G, respectivement 13% et 5%. Graphique 2: Utilisation de la connexion 3G 80% 60% 40% 20% 0% Le 3G facilite l'accès aux réseaux sociaux Facilite la circulation instantanée de vidéos et des information Autres 1 La 3G est une technologie mobile permettant à un téléphone de recevoir un débit bien supérieur aux technologies précédentes, que l'on appelle GSM par exemple. 11

Utilisation des réseaux sociaux chez les étudiants Les réseaux sociaux La moitié des étudiants maitrisent bien les réseaux sociaux Graphique 3: Niveau des étudiants dans l'utilisation des réseaux sociaux Femmes 11,3 19,4 53,2 12,9 3,2 Hommes 7,0 14,0 60,5 16,3 2,3 9,5 17,1 56,2 14,3 2,9 0 20 40 60 80 100 Je me sens encore débutant J'ai trouvé un bon rythme d'utilisation Autre Je découvre encore de nouvelles choses Je suis découragé Bien qu un grand nombre des étudiants utilisent les réseaux sociaux, ils ne déclarent pas un même niveau de maîtrise de ces réseaux. 56% des enquêtés déclarent avoir trouvé un bon rythme d utilisation, 17% répondent découvrir de nouvelles choses, 14% s avouent découragés et 10% se sentent encore débutants. Si le niveau de maîtrise des réseaux sociaux par sexe est pris en compte, une différence se remarque. Les hommes sont en proportion plus nombreux à déclarer avoir trouvé un bon rythme d utilisation que les femmes - 61% contre 53% -, cependant ils sont également plus nombreux à déclarer être découragés, 16% pour 13% chez les étudiantes. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à se sentir débutant sur les réseaux sociaux -11% contre 7% - ainsi qu à déclarer découvrir de nouvelles choses, respectivement 19% et 14%. 12

11,7 9,3 11,7 9,0 11,6 7,4 32,4 39,5 27,9 25,2 32,6 20,6 57,7 55,8 58,8 55,9 65,1 50,0 Les réseaux sociaux, plateformes d expression libre, permettant une transmission rapide des informations entre ses utilisateurs Le principal avantage des réseaux sociaux selon les étudiants est la diffusion large et rapide de l information, comme le déclarent 73% des étudiants. 58% des répondants affirment que les réseaux sociaux permettent la mise en relation directe de leurs utilisateurs, il s agit du second intérêt de ce mode de communication et d information. Les réseaux sociaux sont également des plateformes d expression libre et sans contrôle, ce qui est un atout pour 56% des étudiants. L avantage suivant, déclaré par 32% des étudiants, est que les réseaux sociaux permettent de contourner la censure. De plus, 25% des étudiants estiment que ces plateformes permettent de délocaliser la contestation. Enfin, les avantages tels que la mobilisation éclair et l appartenance au groupe de contestation ont été déclarés par environ un étudiant sur dix. 70 60 50 40 30 20 10 0 Contourner laappartenance censure au groupe contestataire Seuls deux avantages sont déclarés de façon égale par les hommes et les femmes. Il s agit de la diffusion large et rapide de l information et la mise en relation directe des individus. Les autres avantages déclarés par au moins un cinquième des étudiants le sont en majorité par les hommes. Cette surreprésentation masculine est d environ 12 points pour le contour de la censure et la délocalisation de la contestation et de 15 points pour l expression libre et sans contrôle. Graphique 4: Avantages des réseaux sociaux Mise en relation directe Expression libre et sans contrôle Mobilisation éclair Délocaliser la contestation En contrepartie, l information peut être facilement manipulée et des risques liés à la sécurité sont importants Le premier des dangers des réseaux sociaux est la désinformation et la manipulation de l information selon deux tiers des étudiants, suivi des problèmes de sécurité et de confidentialité pour 43% des étudiants, puis les poursuites policières pour 22% des individus et enfin le fichage par les autorités policières selon 15% de la population estudiantine. A l inverse des avantages que les hommes déclarent plus que les femmes, ces dernières estiment qu ils y a plus de dangers liés aux plateformes sociales. Elles sont plus nombreuses à déclarer qu il existe un risque de désinformation et de manipulation de l information - 71% contre 61% - ainsi que des risques de sécurité et de confidentialité - 47% contre 37% -. Pour les deux autres dangers, les hommes sont plus nombreux que les femmes à les déclarer, respectivement 26% contre 19% pour les poursuites policières et 19% contre 13% pour le fichage par les autorités policières. 13

21,6 25,6 19,1 15,3 18,6 13,2 43,2 37,2 47,1 66,7 60,5 70,6 Graphique 5: Dangers des réseaux sociaux 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Poursuites policières Fichage par les autorités policières Sécurité, confidentialité Désinformation et manipulation des informations Les étudiants sont présents sur ces plateformes depuis de nombreuses années Femmes Hommes Femmes Hommes Graphique 6: Première utilisation des réseaux sociaux 16,9 12,2 15,1 43,1 46,3 44,3 32,3 36,6 34,0 7,7 4,9 6,6 0 20 40 60 80 100 Plus de 10 ans Entre 2 et 5 ans 21,5 21,4 21,5 Entre 5 et 10 ans Moins de 2 ans Graphique 7: Découverte des réseaux sociaux 67,7 69,0 68,2 10,8 9,5 10,3 0 20 40 60 80 100 Parmi les utilisateurs des réseaux sociaux, 15% ont commencé à utiliser les réseaux sociaux il y a plus de 10 ans, 44% entre 5 et 10 ans, 34% entre 2 et 5 ans et le reste, soit 7% il y a moins de 2 ans donc après la révolution. La part des étudiants ayant commencé à utiliser les réseaux sociaux selon les différentes périodes ne diffère pas énormément en fonction des sexes, les femmes sont un peu plus nombreuses à avoir débuté sur les réseaux sociaux il y a plus de 10 ans ainsi qu il y a moins de 2 ans et les hommes sont plus nombreux sur les deux périodes intermédiaires. Les étudiants étaient donc fortement présents sur les réseaux sociaux pendant la période de contestation. La majorité des étudiants, 68%, ont découvert les réseaux sociaux grâce à leurs amis, 22% sur internet et le reste via d autres moyens tels que la télévision, leurs parents Aucune différence entre les deux sexes n est à signaler. Internet Amis Autres 14

L utilisation des plateformes sociales s est fortement intensifiée pendant la révolution Il existe une différence dans l intensité Avant la révolution d utilisation des réseaux Femmes 15,3 sociaux avant et pendant la Hommes 7,7 contestation. Alors que 12,2 12% des étudiants inscrits sur les réseaux sociaux Femmes 13,1 (Facebook ou Twitter) Hommes 2,6 déclarent ne jamais les 9,0 avoir utilisés avant la contestation, cette proportion baisse à 9% durant la période contestataire. Cette proportion est passée de 8% à 3% chez les étudiants masculins et de 15% à 13% chez les étudiants féminins. A l inverse, la part des étudiants utilisant quotidiennement les réseaux sociaux a connu une augmentation entre la période précédant la révolution et le moment même de la révolution, passant de 61% à 84%. La part des hommes utilisant quotidiennement les réseaux sociaux a augmenté de 69% à 87% entre les deux périodes pendant que celle des femmes passait de 56% à 82%. Le nombre d étudiants utilisant les réseaux sociaux de manière régulière a connu une baisse entre les deux périodes, passant de 10% à 3% pour ceux qui se connectaient une fois par semaine en moyenne, de 2% à 1% pour ceux qui se connectaient deux fois par semaine et de 14% à 3% pour ceux qui se connectaient trois fois 5,1 15,4 12,5 18,8 8,5 16,9 6,3 10,4 6,3 8,8 11,8 2,9 7,3 11,0 4,9 23,1 15,6 19,7 Graphique 8: Fréquence d'utilisation des réseaux sociaux 7,7 Pendant la révolution 5,1 11,9 10,3 10,2 2,0 14,3 16,9 82,0 87,2 84,0 69,2 55,9 61,2 0 20 40 60 80 100 Jamais Deux fois par semaine Tous les jours Graphique 9: Intensivité de l'utilisation des réseaux sociaux chez les utilisateurs quotidiens Avant la révolution Femmes Hommes Pendant la révolution Femmes Hommes 23,1 12,5 18,3 75,0 70,6 73,2 Une fois par semaine Trois fois par semaine par semaine. Ventilées par le genre des individus, ces parts ont baissé dans des proportions plus ou moins importantes. La part des étudiantes ayant utilisé les réseaux sociaux une fois par semaine ou trois fois par semaine entre les deux périodes a diminué de façon considérable, passant respectivement de 12% à 2% et de 17% à 3%. Chez les étudiants, une seule baisse importante est à signaler, la part des hommes ayant employé les réseaux sociaux trois fois par semaine en moyenne est passée de 10% à 3%. De plus, alors que la fréquence de connexion augmente entre les deux périodes, l utilisation des réseaux sociaux se fait simultanément plus intensive. Parmi les étudiants se connectant quotidiennement aux réseaux sociaux, la part de ceux qui y passaient plus de trois heures par jour a pratiquement doublé entre les deux périodes, passant de 41% à 73% faisant baisser la part 33,3 40,6 36,6 0 20 40 60 80 100 Moins d'une heure 1 heure 2 heures 3 heures Plus de 3 heures des étudiants se connectant de façon moins intensive. Enfin, l augmentation des étudiants se connectant aux réseaux sociaux plus de trois heures par jour est plus marquée chez les femmes que chez les hommes, respectivement de 33% à 75% et de 41% à 71%. 15

Il y a donc une évolution de la fréquence d utilisation des réseaux sociaux : celle-ci devient pratiquement quotidienne pour l ensemble des étudiants. La part des étudiantes qui ne se sont jamais connectées avant la période contestataire et pendant est restée à peu près stable, cependant la part de celles qui se sont connectées tous les jours à quant à elle fortement augmenté, augmentation plus forte que chez les hommes. A cette augmentation de fréquentation journalière des réseaux sociaux durant la révolution s ajoute la hausse de l intensivité d utilisation. Les trois quarts des étudiants ayant accès aux réseaux sociaux à cette époque y passaient plus de trois heures par jour. De nombreuses raisons liées à la révolution dans l utilisation des réseaux sociaux par les étudiants Tableau 7 : Raisons d'utilisation des réseaux sociaux durant la contestation Professionnelles Oui 13,8% 23,8% 7,5% Non 86,2% 76,2% 92,5% Ludiques Oui 20,2% 28,6% 14,9% Non 79,8% 71,4% 85,1% Trouver des informations différentes des médias Oui 67,9% 66,7% 68,7% Non 32,1% 33,3% 31,3% Résistance Oui 17,4% 21,4% 14,9% Non 82,6% 78,6% 85,1% Plus grande liberté Oui 40,4% 45,2% 37,3% Non 59,6% 54,8% 62,7% Autres Oui 4,6% 4,8% 4,5% Non 95,4% 95,2% 95,5% Durant la révolution, les étudiants utilisaient les réseaux sociaux pour différentes raisons, que ce soit des raisons personnelles ou des raisons liées à la contestation, ces dernières étant déclarées en plus grand nombre que les premières. Parmi les étudiants ayant accès aux réseaux sociaux, c'est-à-dire qui ont au moins un compte Facebook ou Twitter, trouver des informations différentes de celles des médias publics ou contrôlés est la première raison de l utilisation des réseaux sociaux, déclarée par deux tiers d entre eux. Le deuxième motif d utilisation est le sentiment d avoir une plus grande liberté d expression sur ces réseaux, ce qui est le cas de quatre étudiants sur dix. La dernière utilisation ayant un lien avec la contestation est le motif de résistance, utilisé par un peu moins de deux étudiants sur dix. Les raisons d utilisation des réseaux sociaux n ayant aucun lien avec la résistance ont été déclarées par moins de deux enquêtés sur dix à chaque fois, comme les raisons professionnelles (14% des étudiants) et les raisons ludiques (20% des enquêtés). Les raisons d utilisation des réseaux sociaux n ayant aucun lien avec la révolution sont moins déclarées chez les femmes. En effet, seulement 8% d entre elles déclarent avoir utilisé les réseaux sociaux pour des raisons professionnelles et 15% pour des raisons ludiques alors que les hommes sont respectivement 24% et 27% à déclarer ces raisons. Les raisons ayant un lien avec la révolution sont également données en plus 16

grand nombre par les hommes, où 45% d entre eux déclarent utiliser les réseaux sociaux pour une plus grande liberté quand les femmes sont 37% dans ce cas-là. Il en va de même pour ceux déclarant avoir utilisé les réseaux sociaux dans un but de résistance, ce qui concerte 21% des hommes et 15% des femmes. Enfin, la part des étudiants et des étudiantes qui se servaient des réseaux sociaux pour trouver des informations alternatives est la même entre les hommes et les femmes. Les étudiants masculins sont plus nombreux que leurs homologues féminines à utiliser les réseaux sociaux pour des motifs contestataires, ce qui peut s expliquer par le fait qu ils sont plus nombreux qu elles à avoir participé à des rassemblements ou des manifestations durant cette période. Les réseaux sociaux facilitent l accès aux informations alternatives Pour plus de quatre étudiants sur cinq, les réseaux sociaux ont permis de trouver des informations alternatives lors de la période contestataire, cela représente 88% des hommes et 79% des femmes. Pour la majorité des étudiants (61% des hommes et 43% des femmes), ces réseaux ont également permis d échanger des informations sur la contestation, 15% des étudiants ont pu se coordonner et organiser des rassemblements, proportion qui est la même chez les hommes comme chez les femmes et 22% des étudiants et 9% des étudiantes soit 14% de l ensemble des étudiants les ont utilisé dans la perspective de dénoncer la Hogra 2. Là encore, les étudiants masculins étaient plus nombreux que leurs homologues féminins à utiliser Facebook et/ou Twitter dans une optique contestataire. Tableau 8 : Usages des réseaux sociaux durant la contestation Trouver des informations alternatives Oui 82,4% 87,8% 79,1% Non 17,6% 12,2% 20,9% Echanger des informations sur la contestation Oui 50,0% 61,0% 43,3% Non 50,0% 39,0% 56,7% Se coordonner, organiser des rassemblements Oui 14,8% 14,6% 14,9% Non 85,2% 85,4% 85,1% Dénoncer la Hogra Oui 13,9% 22,0% 9,0% Non 86,1% 78,0% 91,0% Autres Oui 8,3% 16,7% 3,0% Non 91,7% 83,3% 97,0% 2 «Mépris» de la classe politique 17

Les réseaux sociaux ont permis aux étudiants de partager des informations sur la révolution Tableau 9 : Pratiques des étudiants sur les réseaux sociaux Annonce d'événements Oui 37,6% 42,9% 34,3% Non 62,4% 57,1% 65,7% Commente des posts Oui 43,1% 50,0% 38,8% Non 56,9% 50,0% 61,2% Partage d'informations sur la mobilisation Oui 56,9% 57,1% 56,7% Non 43,1% 42,9% 43,3% Publication de vidéos sur la contestation Oui 36,7% 31,0% 40,3% Non 63,3% 69,0% 59,7% Autres Oui 19,3% 16,7% 20,9% Non 80,7% 83,3% 79,1% Les réseaux sociaux permettent à leurs utilisateurs d effectuer diverses tâches, comme discuter entre eux, publier des photos et des vidéos, créer des évènements Durant la contestation, 57% des étudiants ont partagé des informations sur la mobilisation, 43% ont commenté des posts, 38% ont annoncé des évènements, 37% ont publié une ou plusieurs vidéos sur la contestation et 19% ont effectué d autres actions sur ces réseaux sociaux. Les femmes ont été plus nombreuses que les hommes à avoir partagé des vidéos sur la contestation 40% contre 31,%. A l inverse, les hommes étudiants ont été plus nombreux que les étudiantes à commenter les posts 50% contre 39% et annoncer des événements 43% pour 34%. Enfin, les proportions sont les mêmes lorsqu il s agit du partage d informations sur la mobilisation et les autres activités. 18

Facebook Pratiquement tous les étudiants ont un compte Facebook Pratiquement l ensemble des étudiants tunisiens possèdent un compte Facebook, seuls 2% d entre eux n en possèdent pas, la totalité des étudiantes et 95% des étudiants en possèdent un. De plus, seulement 3% d entre eux ignorent comment le paramétrer, c'est-à-dire comment agir sur la visibilité des publications, que ce soit des vidéos, photos ou commentaires (visibles par un groupe restreint de personnes ou par l ensemble des utilisateurs). 95% des hommes et 99% des femmes savent paramétrer leur compte. Que ce soit sur leur ordinateur ou sur leur téléphone portable, les étudiants ayant un compte sur les réseaux sociaux y passent un temps considérable. Ainsi, quatre sur dix d entre eux y passent au moins 3 heures par jour. La part des étudiants masculins et féminins passant plus de 3 heures par jour sur ces réseaux est à peu de choses près semblable, cependant les femmes sont plus nombreuses à y passer en moyenne 3 heures par jour que les hommes, 18% contre 7%. Enfin, un tiers des étudiants déclarent parler de la contestation d une manière plus importante sur Facebook que dans la vie de tous les jours. Cette proportion est plus élevée chez les Tableau 10 : Facebook chez les étudiants Possession d un compte Oui 98,2% 95,3% 100,0% Non 1,8% 4,7% 0,0% Sait paramétrer ce compte Oui 97,2% 95,1% 98,5% Non 2,8% 4,9% 1,5% Accès à Facebook sur le mobile Oui 73,1% 63,4% 79,1% Non 26,9% 36,6% 20,9% Parle plus de la contestation sur Facebook que dans la réalité Oui 37,7% 46,3% 32,3% Non 52,3% 53,7% 67,7% hommes que chez les femmes. Alors que 46,3% d entre eux parlent de la contestation plus souvent sur Facebook que dans la réalité, les femmes sont seulement 32%. Facebook, une plateforme sociale simple et populaire Pour ce qui est des avantages qu apporte cette plateforme sociale, sa simplicité d utilisation est mise en avant par 62% des étudiants dont 68% des étudiants masculins et 58% des étudiants féminins. Le fait de pouvoir partager des liens par la moitié d entre eux, les hommes sont plus nombreux que les femmes à déclarer cet intérêt, 59% contre 46%. La popularité de Facebook arrive en troisième position des atouts, déclarés par 44% des individus et de manière quasiment semblable entre les hommes et les femmes. Enfin, la possibilité de faire des rassemblements via cette plateforme est mise en avant par 22,0% des étudiants et 16,7% des étudiantes soit 19% pour l ensemble. 19

29,9 34,1 27,3 18,7 22,0 16,7 2,4 50,5 43,9 58,5 45,5 46,3 42,4 61,7 68,3 57,6 Graphique 11: Avantages de Facebook 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Partager des liens Marquer des pages Simplicité d'utilisation Appel au rassemblement Popularité Autres Les étudiants tunisiens ont un cercle de connaissances important Plus de quatre étudiants sur dix déclarent avoir plus de 300 amis sur Facebook, 12% déclarent en avoir de 201 à 300, 16% de 101 à 200, 23% de 51 à 100 et le reste, soit 7% Hommes Femmes 7,4 9,8 6,0 Graphique 12: Nombre d'amis sur Facebook 23,1 12,2 29,9 12,2 15,7 12,2 17,9 12,0 11,9 53,7 0% 20% 40% 60% 80% 100% 10 à 50 51 à 100 101 à 200 201 à 300 Plus de 300 d entre eux, déclarent en avoir moins de 50. Les étudiants masculins sont plus nombreux que les étudiants féminins à déclarer plus de 300 amis sur la plateforme. En effet, alors que plus de la moitié d entre eux disent être dans ce caslà, seul un tiers des 41,7 femmes le sont. Les étudiants ont donc en moyenne un cercle d amis 34,3 et de connaissances important avec qui échanger des informations sur la plateforme. Des pratiques diverses et variées Les pratiques les plus courantes sur Facebook sont le partage de liens pour 83% des utilisateurs et de manière égale entre les hommes et les femmes, le marquage de pages pour 67% des étudiants, pratiques plus répandues chez les femmes que chez les hommes 72% contre 60%. Pratiquement deux tiers des étudiants déclarent écrire des commentaires, pratique plus populaire chez les hommes qui sont sept sur dix à le faire contre un peu moins de six femmes sur dix. La moitié des jeunes déclarent inviter des amis, proportion plus élevée chez les étudiants masculins de pratiquement 8 points. Enfin, un peu moins de 20% des enquêtés, hommes comme femmes, déclarent pratiquer d autres activités sur Facebook. 20

18,9 17,5 9,4 10,0 9,1 19,7 41,5 37,9 47,5 62,3 60,0 63,6 Tableau 11 : Pratiques des étudiants sur Facebook Marquer des pages Oui 67,3% 60,0% 71,6% Non 32,7% 40,0% 28,4% Partager des liens Oui 83,2% 83,6% 82,5% Non 16,8% 16,4% 17,5% Poster des commentaires Oui 62,6% 70,0% 58,2% Non 37,4% 30,0% 41,8% Inviter des amis Oui 47,7% 52,5% 44,8% Non 52,3% 47,5% 55,2% Autres Oui 9,4% 7,1% 10,9% Non 80,6% 82,9% 79,1% 70 60 50 40 30 20 10 0 Graphique 13: Sujets commentés sur Facebook Organisation de rassemblements Signature de pétitions Partage de vidéos Actualité vécue De nombreux étudiants ont commenté des posts relatant la révolution Pendant la révolution, les éléments qui ont été le plus commentés par les étudiants sur Facebook sont les vidéos qui ont été partagées sur cette plateforme : cela concerne 62% des étudiants et d une manière semblable entre les deux sexes. 42% d entre eux ont également commenté une actualité qu ils ont vécue lors des manifestations ou rassemblements comme une arrestation, un barrage de police, etc. Les hommes sont pratiquement la moitié à avoir commenté un de ces sujets alors que les femmes sont seulement un peu plus d un tiers dans ce cas. Enfin, 19% des étudiants ont discuté de l organisation de rassemblement via Facebook et cela dans des proportions identiques entre les deux sexes. D une façon générale, les étudiantes sont plus nombreuses sur Facebook et y passent plus de temps que les étudiants. Cependant, ces derniers ont un cercle de personnes plus important avec lesquels ils peuvent échanger des informations et sont plus actifs : ils commentent plus de types d informations tout en effectuant des tâches plus variées que les femmes de manière globale. Cette plateforme permet également aux étudiants de s exprimer sur des sujets sensibles de manière plus simple que dans la réalité, ainsi ils sont plus nombreux à y avoir parlé de la contestation qu en dehors. 21

Twitter Une proportion moins importante d étudiants inscrits sur cette plateforme Tableau 12: Twitter chez les étudiants Possession d'un compte Oui 34,3% 46,2% 27,0% Non 65,7% 53,8% 73,0% Utilisation de Twitter avant la révolution Oui 51,4% Non 48,6% 100,0% Utilisation de Twitter après la révolution Oui 94,3% Non 5,7% 100,0% Accès à Twitter sur le mobile Oui 45,7% Non 54,3% 100,0% Twitter est pratique pour communiquer Oui 45,7% Non 54,3% 100,0% Parle plus sur Twitter que dans la réalité Oui 26,5% Non 73,5% 100,0% Graphique 14: Temps passé sur Twitter 61,8 20,6 11,8 5,9 0 20 40 60 80 100 De 30min à 1h Entre 1h et 2h Entre 2h et 3h Plus de 3h Un autre réseau social répandu est Twitter un outil de microblogage qui permet à ses utilisateurs d envoyer de brefs messages limités à 140 caractères sur internet. Les étudiants tunisiens sont toutefois moins présents sur cette plateforme que sur Facebook. En effet, seulement un tiers d entre eux y sont inscrits, ce qui contraste avec le nombre d inscrits sur Facebook qui est presque de 100%. Les étudiants masculins sont près de deux fois plus nombreux que leurs homologues féminines, respectivement 46% et 27%. Cependant, il est difficile d analyser les caractéristiques des hommes et des femmes par rapport à l utilisation qu ils font de Twitter du fait du faible nombre d utilisateurs de cette plateforme dans l échantillon. Parmi les étudiants inscrits sut Twitter, seule la moitié utilisait cette plateforme avant la révolution. Cependant, pratiquement l ensemble des utilisateurs ont continué à l utiliser après la révolution. Un grand nombre d étudiants se sont donc inscrits durant la période contestataire. 46% des étudiants inscrits sur Twitter y ont accès sur leur téléphone portable. Là encore, cette proportion est moins importante que celle des étudiants ayant accès à Facebook depuis leur téléphone. L utilisation de Twitter se fait également de manière moins intensive, 62% des étudiants y passent moins d une heure par jour et seulement 6% plus de 3 heures par jour. Enfin, un quart des étudiants utilisant Twitter parlent plus de la contestation sur cette plateforme que dans la réalité. Comme pour Facebook, Twitter permet d exprimer ses opinions plus facilement et de manière instantanée. 22

69,2 64,3 92,3 87,0 78,6 Twitter permet d avoir un suivi rapide et réactif de l information Un peu moins de la moitié des utilisateurs trouvent que cette plateforme est pratique pour communiquer. Cependant, même si les étudiants ne trouvent pas dans 100 80 60 40 20 0 Simplification Information des messages rapide et réactive Graphique 15: Avantages de Twitter Suivi instantée de l'actualité Donner des points de ralliements l ensemble que Twitter est pratique pour communiquer, ils lui donnent plusieurs avantages. Tout d abord, pratiquement l ensemble des étudiants mettent en avant l information rapide et réactive, qui va de pair avec le suivi instantané de l actualité «chaude» pour 87% des étudiants. Pour plus de trois quarts des étudiants ayant un compte sur cette plateforme, l un Partager des liens des avantages est de pouvoir partager des liens internet. Enfin, près de sept étudiants sur dix trouvent que la simplification des messages est un atout. Forte utilisation de Twitter pour commenter des événements ou partager des informations Graphique 16: Utilisation de Twitter Partage de liens Faire référence à un article critique ou censuré Commenter un événement en direct Commenter ce qu'il regarde à la télévision 87,5 88,9 88,9 81,8 0 20 40 60 80 100 Les différentes pratiques permises par Twitter sont faites par la même proportion d étudiants. Ainsi, près de neuf sur dix utilisent cette plateforme pour parler d un événement qu ils peuvent commenter en direct, pour faire référence à un article critique ou un lien internet et huit sur dix l utilise pour parler de ce qu ils regardent à la télévision. Un cercle de contacts moins important Sur Twitter, il est possible de suivre n importe quelle personne inscrite, cependant le cercle relationnel des étudiants est moins développé sur Twitter que sur Facebook. En effet, les trois quarts ont moins de 100 contacts sur cette plateforme : 36% moins de 50 et 39% entre 51 et 100. Seulement 9% en déclarent plus de 300, proportion beaucoup moins importante 23 que le nombre d étudiants ayant plus de 300 contacts sur Facebook. Graphique 17: Nombre de contacts 36,4 39,4 6,1 9,1 9,1 0 20 40 60 80 100 10 à 50 51 à 100 101 à 200 201 à 300 Plus de 300

23,6 27,9 20,9 24,5 30,2 20,9 26,4 19,4 24,3 18,6 37,2 27,9 58,2 53,7 65,1 Autres réseaux sociaux Les blogs, peu utilisés par les étudiants durant la révolution Un blog est un journal de bord en ligne selon 46% des étudiants, un forum de discussion selon 26% d entre eux et suivant l avis de 17% un mini site internet. Les étudiants masculins sont plus nombreux que leurs homologues féminins à penser qu un blog est un mini site internet. Et à l inverse, elles sont plus nombreuses à dire qu il s agit d un forum de discussion. Avant janvier 2011, seulement 18% des étudiants avaient visité des blogs parlant de la contestation. Cependant, les hommes sont plus de trois fois plus nombreux que les femmes à avoir visité un de ces blogs : 31% d entre eux l ont fait contre 8% de leurs homologues féminines. De plus, ceux qui le faisaient, se connectaient sur ces sites de manière occasionnelle, un cinquième des étudiants en lisaient un tous les jours. Enfin, un étudiant sur dix possède un blog, proportion presque semblable chez les deux sexes, et seulement 13% de ces blogs parlent de l actualité politique et sociale. La majorité, soit 44%, sont orientés vers l actualité culturelle et artistique. Tableau 13 : Caractéristiques et utilisations de blogs chez les étudiants Hommes Femmes Qu'est-ce qu'un blog pour l'étudiant Un mini site internet 17,1% 20,9% 14,7% Un forum de discussion 26,1% 27,9% 25,0% Un journal de bord en ligne 45,9% 41,9% 48,5% Autre 10,9% 9,3% 11,8% Visites de blogs avant janvier 2011 Oui 17,5% 31,0% 8,2% Non 82,5% 69,0% 91,8% Possession d'un blog Oui 10,7% 11,9% 9,8% Non 89,3% 88,1% 90,2% De nombreux étudiants ont regardé des vidéos en lien avec la révolution Durant la contestation, pratiquement six étudiants sur dix ont regardé des vidéos sur internet en relation avec la résistance et la contestation et environ un quart des étudiants des vidéos de témoignages sur la torture, des témoignages sur la répression ou des vidéos sur la corruption des dirigeants. Les étudiants masculins sont plus nombreux que leurs homologues féminins à regarder des vidéos ayant un rapport avec la 70 60 50 40 30 20 10 0 Graphique 18: Genre de vidéos visionnés pendant la révolution En relation avec la résistance Témoignage surtémoignage sur Corruption des la torture la répression dirigeants Autres 24

contestation. Ainsi, ils sont 65% à regarder des vidéos en relation avec la résistance et la contestation pour seulement 54% des femmes, 28% contre 21% à avoir regardé des témoignages sur la torture, 30% contre 21% à avoir vu des témoignages sur la répression et 37% contre 19% à avoir vu des vidéos sur la corruption des dirigeants tunisiens. A l inverse, les étudiantes sont plus nombreuses à avoir regardé des vidéos n ayant aucun lien avec la révolution pendant cette période. Ainsi, 28% d entre elles ont visionné ce genre de vidéos contre 19% des hommes. Au total, un quart des étudiants ont regardé d autres genre de vidéos tels que vidéos musicales, des documentaires, etc. Parmi les étudiants Hommes Femmes ayant regardé des vidéos pendant cette période, 31% en regardaient tous les jours, 20% trois fois par semaine, 27% deux fois par semaine et 22% une fois par semaine, fréquence semblable chez les deux sexes. Graphique 19: Fréquence de visionnage de vidéos 31,4 33,3 30,2 20,0 17,5 23,8 26,7 30,2 21,4 21,9 21,4 22,2 0 20 40 60 80 100 Tous les jours 3 fois par semaine 2 fois par semaine 1 fois par semaine Le partage de vidéos est très utilisé Tableau 14: Buts pour lesquels les étudiants regardent des vidéos Partager Oui 64,5% 52,4% 72,1% Non 35,5% 47,6% 27,9% Alerter Oui 20,9% 23,8% 19,1% Non 79,1% 76,2% 80,9% Autres Oui 31,5% 41,9% 25,0% Non 68,5% 58,1% 75,0% Réalisation de vidéos pour les publier par la suite Oui 33,3% 42,9% 25,0% Non 66,7% 57,1% 75,0% Les étudiants peuvent regarder des vidéos pour plusieurs raisons. Pratiquement deux tiers des étudiants regardent des vidéos dans le but de partager, deux sur dix dans le but d alerter, 17% dans le but de mobiliser et presque un tiers dans un autre but tel que la distraction, pour le plaisir, pour s informer Alors que regarder des vidéos dans le but de mobiliser et d alerter se fait dans une proportion presque semblable chez les deux sexes, une différence s opère pour ce qui est de du but de partager. Ainsi, bien que ce soit le but le plus déclaré chez les hommes comme chez les femmes, ces dernières sont de 20 points plus nombreuses à le déclarer : 72% contre 52%. Enfin, les hommes sont 42% à déclarer d autres buts lorsqu ils visionnent des vidéos pour 25% des femmes. Finalement, un tiers des étudiants ont réalisé des vidéos sur les révoltes et les ont publiées par la suite sur internet. Un peu plus de quatre étudiants sur dix ont réalisé une ou plusieurs vidéos sur la contestation pour un quart des étudiantes. 25